Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 00:01

Mise à jour de la notice publiée le 4 octobre 2016.

Paul Purrey naît chez ses grands-parents maternels à Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne) le 2 août 1878. Ses parents, Jeanne Guionnet et son époux Jacques Purrey, tonnelier, résident à Saint-André-et-Appelles (Gironde).

Résidant alors à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), Paul Purrey s’engage dans l’armée pour trois ans au moment où il doit effectuer son service militaire. Il sert au sein du 108e régiment d'infanterie jusqu’à sa démobilisation en mars 1902.

Installé en 1902 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) au 13, rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), Paul Purrey exercera toute sa vie l’activité de marchand de vins en gros. Il épouse en juin 1905 à Paris (18e arr.) Berthe Augustine Bassée, avec laquelle il aura une fille, Madeleine (1903-1993) et dont il divorcera en juillet 1924. Lors des graves inondations de la Marne en 1910, Purrey devient membre de la commission de répartition des secours aux inondés. Franc-maçon, Purrey participe à la loge locale Germinal, qui a inauguré son temple, rue Transversale, en mars 1911. Elle accueille notamment des militaires de l’école de gymnastique.

Proche des radicaux-socialistes qui tiennent alors la municipalité, Purrey va s’engager à l’occasion du conflit qui oppose la majorité du maire Eugène Voisin, de l’adjoint Georges Briolay et de leur idéologue, Louis Rey, à un groupe dissident, conduit par Achille Ernest Mermet et Henri Vel-Durand. Lors d’un scrutin municipal partiel en mai 1911, provoqué par la démission de cinq dissidents, Paul Purrey prend la deuxième place de la liste constituée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville, soutenue par les radicaux-socialistes. Ce sont cependant les dissidents qui l’emportent, avec le soutien des libéraux et des socialistes. L’année suivante, dans la même configuration, les radicaux-socialistes sont battus et Achille Ernest Mermet devient maire.

Pendant la première guerre mondiale, Paul Purrey est brièvement mobilisé en août 1914 au sein du 30e régiment territorial d'infanterie ; mais, dès le 4 septembre, il est réformé pour « obésité » par une commission siégeant à Chartres ; cette décision sera confirmée en juin 1915.

Après le conflit, Paul Purrey mène une action professionnelle, étant vice-président de l’Union des commerçants de Joinville-le-Pont et rejoignant la Chambre syndicale du commerce en gros des vins, spiritueux et cidres de Paris en 1917.

Ayant quitté Joinville pour la capitale, Purrey connaîtra des difficultés économiques, son établissement de vins en gros de Bercy faisant faillite en mai 1925. Il reprendra cependant cette activité, dans la banlieue sud, à Athis-Mons (Seine-et-Oise, act. Essonne). Remarié avec Laure Henriette Lévêque, native de Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1925 à Paris (12e arr.), Purrey s’installe à Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) où il réside en 1937 en compagnie d’une fille de sa nouvelle épouse, issue de son premier mariage.

La loge Germinal ayant disparu, Purrey fréquente la loge Le Niveau social de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) dont il est Honorable en 1938. Pendant la deuxième guerre mondiale, le nom de Paul Purrey figure sur une liste des dignitaires de la franc-maçonnerie relevant du Grand Orient de France, publiée le 23 septembre 1942 par le Journal officiel de l’État français. Les francs-maçons ont fait l’objet de persécution sous le régime de Vichy.

Si leur rôle précis n’est pas encore connu, il est probable que les époux Paul et Laure Henriette Purrey sont engagés dans la Résistance. Laure Henriette Purrey figure d’ailleurs à ce titre dans les Dossiers administratifs de résistants conservés par la Service historique de la Défense français.

À la Libération en 1944, Paul Purrey fait fonction de maire de Wissous ; il prend la suite de Pierre Laffargue, qui avait été nommé par le gouvernement de Vichy en 1941 puis confirmé en juin 1942.

Purrey est élu maire avec l’étiquette socialiste (SFIO) en avril 1945. En septembre 1946, le dirigeant communiste André Marty est l’orateur d’une grande réunion publique organisée par le PCF « pour commémorer le souvenir du grand Lénine, fondateur de l'État socialiste ». Paul Purrey figure à la tribune en tant que maire socialiste de Wissous à côté de personnalités communistes et de M. Labeyrie, maire de Versailles. Purrey exerce son mandat jusqu’aux élections municipales d’octobre 1947 et a pour successeur René Girard-Iametti, maire jusqu’en 1960.

Paul Purrey est décédé le 19 juillet 1950 à Longjumeau (Seine-et-Oise, act. Essonne), il résidait toujours à Wissous, où il est inhumé. Il était âgé de 71 ans.

Mairie de Wissous (photo récente, Wikipédia)

 

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2026 4 16 /07 /juillet /2026 00:01

Jean Baptiste Brutus Vauvray naît probablement le 17 nivôse an 2 (6 janvier 1794) à Paris (3e arr.), selon la date qui figure sur les listes électorales de Joinville-le-Pont en 1848. D’autres sources généalogiques mentionnent une date un peu antérieure, le 27 frimaire an 2 (17 décembre 1793). Il est le fils de Marie Françoise Réaux et de Pierre Vauvray. À sa naissance, comme à celle d’un frère aîné, ses deux parents ne sont pas mariés. Ils se marient le 13 fructidor an 2 (30 août 1794) à Paris. Il se présente aussi bien sous le prénom « Jean Baptiste » que sous celui de « Brutus », qu’il semble toutefois préférer.

Sa mère est éventailliste. Le métier du père n’est pas connu formellement, mais il est très probable qu’il est ferblantier lampiste, de même que l’est un de ses frères. C’est également la profession qu’exerce Brutus Vauvray. La famille compte sept enfants, dont une fille morte très jeune.

Le 22 mai 1813, Brutus Vauvray épouse à Paris (2e arr.), en l’église Notre-Dame de Bonne Nouvelle, Marie Geneviève Vandenbosch, elle aussi parisienne. Ils auront sept enfants.

C’est en 1818 qu’est fondée l’entreprise de ferblanterie Vauvray, installée à Paris (6e arr.) rue Phélipeaux (act. rue Réaumur). Au moins deux de ses fils seront associés et continueront l’activité.

En 1829, Vauvray est réputé pour produire une lampe à huile en cuivre jaune. Il obtient en octobre 1842 un brevet pour des « améliorations apportées à la lampe à régulateur » avec un autre brevet en juillet 1843, il fait protéger un procédé de carbonisation du bois et une nouvelle amélioration de la lampe. L’atelier Vauvray participe, en 1843 à la septième exposition des produits de l'Industrie, à l'Orangerie des Tuileries de Paris. Il présente des lampes mécaniques, des lampes soleil à pied et suspendue, des pendules en bronze et en zinc, mais surtout ses lampes à régulateur et lyres à gaz pour lesquelles il a également un brevet. Ses produits sont également retenus pour l’exposition universelle de 1855 à Paris.

Rue Phélipeaux à Paris (Wikipédia)

Dans un domaine un très différent, Brutus Vauvray reprend, en mars 1847, un brevet pour « un système et un mode mécanique d’enseignement » dénommé « mécanisme de l’éducation ». Le dispositif a fait l’objet d’un brevet accordé en juillet 1841 à Louis Jérôme Napoléon Mouret (1810-1877), greffier devenu agent d’affaires et résidant alors à Saint-Just-en-Chaussée (Oise). Il repose sur la compétition entre de petits groupes d’élèves, réunis dans des petits espaces séparés sous la surveillance d’un seul maître. Il ne semble pas que Brutus Vauvray ait mis en œuvre les méthodes préconisées.

Depuis au moins 1847, les époux Vauvray résident à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Enregistré en tant que propriétaire Brutus Vauvray figure en 18e position parmi les contribuables communaux de l’année, ce qui lui vaut de se situer en 1848 sur la liste des 96 électeurs censitaires (10% de la population de 960 habitants de la commune).

Il est élu conseiller municipal en juillet 1852, le maire étant le grammairien Charles Pierre Chapsal. Il est réélu en juillet 1855, toujours avec le même édile puis en 1861. Auguste Courtin, fils adoptif de Chapsal, a pris sa succession.

En 1856, Vauvray fait partie des 52 habitants de Joinville qui font des dons pour l'armée d'Orient, combattant alors en Crimée (Russie, act. Ukraine).

Brutus Vauvray meurt le 31 mai 1863 à Joinville-le-Pont, à l’âge de 67 ans. Il est enterré dans le nouveau cimetière de la commune, inauguré en 1861 dans le quartier de Palissy.

Les deux fils de Brutus Vauvray ont pris sa succession dans la vente de lampes en 1850.

Schéma du « mécanisme d’éducation » (INPI)

 

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2026 3 08 /07 /juillet /2026 00:01

Jean Baptiste Desmoulins naît le 10 septembre 1755 à Saint-Maur-des-Fossés (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Anne Chicot et d’un père éponyme (comme son grand-père paternel), Jean Baptiste Desmoulins. Il est baptisé le lendemain à la paroisse Saint-Nicolas, et a pour parrain Jean Baptiste Hanot, greffier de Saint-Maur. Ses parents vivent dans le village du Pont-de-Saint-Maur. Son père est huissier à verge au Chatelet de Paris.

Selon son dossier militaire, il fait une taille de cinq pieds trois pouces (1 m 60), a les cheveux blonds, et porte des marques de petite vérole (variole). Tout juste âgé de 16 ans, il s’engage dans les troupes de marine, rejoignant la 5e compagnie de canonniers le régiment de Bayonne du Corps royal d'artillerie de la marine en décembre 1771. Le corps a été constitué deux ans auparavant, sous l'impulsion du chevalier de André de Fautras d'Andreuil (1728-1814). Il est possible que son unité ait été mobilisée dans le cadre du corps expéditionnaire français lors de la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783).

Revenu à la vie civile, Jean Baptiste Desmoulins fils devient, comme son père, huissier au Châtelet de Paris. Il épouse en février 1783 à Saint-Maur, Marie Cuissot, originaire de Pécy (diocèse de Meaux, act. Seine-et-Marne).

Pour une raison qui ne ressort pas du compte-rendu qu’en fait Georges Saouter (Vieux Saint-Maur, 1985), le procureur fiscal Antoine Mélécot demande la révocation de Jean Baptiste Desmoulins fils de ses fonctions, chargeant le greffier en chef Jean Charles Hanot, son parrain, de l’exécution. Mais Jean Baptiste Desmoulins fils va poursuivre son activité au cours de la période révolutionnaire, étant toujours identifié comme huissier public à Saint-Maur en 1798.

Jean Baptiste Desmoulins participe probablement à « l’assemblée primaire générale des citoyens actifs du canton de Vincennes » que se réunit, à partir du 18 octobre 1790, dans les appartements royaux du château de Vincennes. Son père, un des doyens d’âge des représentants de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, est un des scrutateurs de la réunion.

Après avoir vécu, comme ses parents, à Pont-de-Saint-Maur, quai Beaubourg (act. quai du Barrage), les époux Jean Baptiste et Marie Desmoulins résident, à partir de l’an 4 (1796) rue Beaubourg, qui relève de la commune de Saint-Maur-des-Fossés pour les numéros pairs.

Père de sept enfants, Jean Baptiste Desmoulins est veuf depuis fructidor an 6 (septembre 1798). Il est vivant en 1810 au mariage de sa fille aînée Marie Hortense à Pont-de-Saint-Maur. Sans doute est-ce lui qui meurt le 14 janvier 1814 à Paris (3e arr.), noté dans les archives comme Jean Baptiste Demoulin, domicilié rue Sainte-Avoie. Il aurait alors été âgé de 58 ans.

L'ancien Chatelet de Paris (gravure)

 

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2026 6 04 /07 /juillet /2026 00:01

 

Jean Baptiste Desmoulins naît le 23 août 1728 à Saint-Maur-des-Fossés (prévôté de Paris, act. Val-de-Marne) ; il est baptisé le lendemain dans l’église de la paroisse Saint-Nicolas du bourg. Saint-Nicolas. Il est le fils de Jeanne Chaumont et de son époux Jean Desmoulins ; la famille vit dans le village du Pont-de-Saint-Maur, limitrophe de celui de Saint-Maur, et qui deviendra en 1831 Joinville-le-Pont.

Le père Jean Desmoulins (parfois désigné également comme Jean Baptiste) est officier de la Ville de Paris, un agent du pouvoir royal, qui agit sous les ordres de Gabriel Jérôme de Bullion, comte d'Esclimont, prévôt de Paris (1721–1752). Son propre père, François Desmoulins (v 1653-1718) exerçait déjà la même profession et résidait également Saint-Maur. Plusieurs personnes de leur entourage assurent des fonctions juridiques au Châtelet, le tribunal de Paris. C’est le cas des familles Bonot et Baudet, dont certains membres sont les parrains des enfants Desmoulins, notamment de Jean Baptiste et de sa sœur Jeanne Catherine, qui est parrainée par Jean Baudet, huissier à cheval au Chatelet, greffier, notaire, tabellion à Charenton.

À la mort de son père, en février 1738 à Saint-Maur, Jean Baptiste Desmoulins a 9 ans. Il semble avoir subi l’influence de son oncle par alliance Nicolas Cornu, garde des plaisirs du roi de la capitainerie de Vincennes (chargé de la surveillance et de la conservation du gibier dans les domaines royaux).

En mai 1751, Jean Baptiste Desmoulins, est procureur de la prévôté à Saint-Mandé, bourg situé de l’autre côté du parc de Vincennes par rapport à Saint-Maur. Il épouse en novembre 1754 à Villevaudé (act. Seine-et-Marne) Marie Anne Chicot, fille d’un maréchal-ferrant ; il est alors procureur au baillage de Saint-Maur.

Les Archives nationales conservent un acte de juin 1754 (publié par Georges Saouter, dans la revue Le Vieux Saint-Maur, parue en 1984) lequel intervient Jean Baptiste Desmoulins, procureur au baillage de Saint-Maur, résidant à Vincennes et faisant office de greffier. Marie Prout, veuve d’un vigneron Charles Louis Borgat, a été conduite chez Nicolas Cornu, vigneron au Pont-de-Saint-Maur, après avoir été victime d’un accident. La voiture de Charles Contour, vigneron à Vincennes, lui est passée dessus, du fait d’un écart de son cheval. L’audience se tient quatre jours plus tard, après audition des parties, des témoins et d’un médecin. Elle aboutit, selon un acte rédigé par Jean François Hanot, notaire et tabellion au baillage de Saint-Maur, en présence de Jean Baptiste Desmoulins, au désistement de la plaignante, qui reçoit en compensation 200 livres versés par Charles Contour. Ce dernier est le père de Jean Charles Contour (1750-1807), marchand de bois, qui sera maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en 1792, après que le village aura pris son indépendance de Saint-Maur.

Les sources ne citent pas son prénom, mais il est probable que l’avocat Desmoulins qui s’occupe de plusieurs affaires pour des corporations est Jean Baptiste. En 0761, il défend à Paris la communauté des maîtres queux et cuisiniers-traiteurs qui fait saisir des casseroles et autres ustensiles de concurrents irréguliers. En 1766, c’est au profit des maîtres boulangers que Me Desmoulins intervient.

À partir de 1769, Jean Baptiste Desmoulins est identifié comme « huissier à verge au Chatelet de Paris ». La verge, qui est fréquemment en ébène garni d'ivoire permet de signifier un acte officiel et d’exiger l'obéissance de la personne touchée. En juin de cette année, selon ce que rapporte Georges Saouter (Vieux Saint-Maur, 1985), le blanchisseur Nicolas Rousselle, marguillier de la fabrique (gestionnaire de la paroisse) l’accuse, dans le d’être un « coquin, voleur d'une somme de 28 livres 17 sols dans le cabaret de Jean Compoint ». Il veut le faire interdire de ses fonctions et plusieurs autres villageois se mêlent à la querelle. Les auteurs des injures publiques présenteront des excuses.

Répertorié dans sa fonction d’huissier dans l’État de la magistrature en France (Duhamel, 1788), Jean Baptiste Desmoulins est toujours présenté comme exerçant la fonction en 1798.

La révolution française fait de lui un « citoyen actif » de la nouvelle commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, nom adopté par la municipalité qui se constitue en septembre 1790. Le village du Pont-de-Saint-Maur disposait d’un rôle de taille (impôts) particulier, mais restait rattaché à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Le directoire du département a admis cette séparation, et un premier maire, le marchand de bois Edme Lheureux, est élu.

Le village est rattaché au canton de Vincennes (avec Fontenay et Saint-Mandé),  contrairement à Saint-Maur, qui participe à celui de Charenton. « L’assemblée primaire générale des citoyens actifs du canton de Vincennes » se réunit, à partir du 18 octobre 1790 dans les appartements royaux du château de Vincennes. Pierre Langlois en fait le récit dans le bulletin CLIO 94 (1989). Au côté du maire de Saint-Mandé, Edme Gabriel Gendron, désigné comme président provisoire en tant que doyen et du greffier de Vincennes, deux scrutateurs sont désignés, « au bénéfice de l’âge » et parce qu’ils « savent parfaitement lire et écrire » ; l’un vient de Fontenay et l’autre de Pont-de-Saint-Maur. Il est désigné comme « Desmoulins père », certainement parce que son fils éponyme est également présent dans l’assemblée où l’on compte plus de 240 participants. L’assemblée a commencé à 9 heures du matin pour élire d’abord son président définitif. À 20 h, le président de séance se retiré, se disant fatigué, remplacé par Denis Antoine Paul Dallet, chanoine de la Sainte-Chapelle de Vincennes. Peu après, les deux scrutateurs se déclarent fatigués et demandent à être remplacés. Desmoulins cède alors sa place au secrétaire de la municipalité du Pont-de-Saint-Maur Nicolas Jacques Spycket, tandis que le maire Edme Lheureux est désigné en tant qu’assistant.

L’assemblée primaire était la structure véritablement politique, qui devait décider des représentants aux niveaux supérieurs, la municipalité ayant eu, dans une première phase, un rôle plus administratif. Jean Baptiste Desmoulins peut donc être considéré comme ayant été le premier habitant de la commune (qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831) a avoir exercé une fonction politique.

En l’an 10 (1802), les époux Jean Baptiste et Marie Anne Desmoulins vivent dans le village de Pont-de-Saint-Maur, quai Beaubourg (act. quai du Barrage, Joinville-le-Pont). Il est recensé comme rentier.

Jean Baptiste Desmoulins meurt le 20 nivôse de l’an 11 (10 janvier 1803) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il est rentier et âgé de 75 ans. Ce sont deux notables du village qui déclarent son décès : Jean Victor Bainville, artisan du bâtiment, et Jean Louis Ambelouis garde de la porte du Bois de Vincennes.

Père de cinq enfants, son fils aîné éponyme, Jean Baptiste Desmoulins, devient lui aussi huissier, après avoir servi dans la marine de guerre.

L'ancien Chatelet de Paris (gravure)

 

Partager cet article
Repost0
24 juin 2026 3 24 /06 /juin /2026 00:01

Claude Auguste Bossus naît le 23 mai 1851 à Jussey (Haute-Saône). Il est le fils de Françoise Roussey et de son époux Claude Bossus. Ce dernier est, en 1857, facteur rural des postes dans la commune voisine de Noroy-le-Bourg ; la même année, en novembre, la mère de Claude Auguste meurt, alors qu’il a 6 ans.

Il est recensé avec la classe 1871 au titre de ses obligations militaires, mais non tiré au sort pour effectuer le service. Il est cependant possible qu’il se soit engagé dans une unité militaire ou un corps-franc ; Bossus est membre, jusqu’à son décès, de la Société nationale de retraites Les vétérans des armées de terre et de mer dans sa commune de résidence.

Claude Bossus fils vit en 1887 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il est chaudronnier. Il réside route de la Brie (act. avenue Gallieni) dans le quartier de Palissy, créé une dizaine d’années plus tôt sur la rive gauche de la Marne. Il épouse dans cette ville en juillet 1887 Augustine Gougenot, employée de commerce, également native de Jussey. À partir de 1889, ils exploitent l’épicerie – débit de vin située à l’heure adresse, reprise sans doute de Jean Troupel, un des témoins de leur mariage.

Lors de cette même année 1889, Claude Bossus participe à l’organisation d’un banquet qui aura lieu en janvier 1890. Il se tient en l’honneur de Jules Ferdinand Baulard (1827-1910), ancien ouvrier devenu chef d’entreprise de bombage de verre, militant républicain pendant la révolution de 1848 et lors de la Commune de Paris, ancien conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1884-1888) et conseiller général de la Seine (1886-1890). Baulard venait d’être élu député en 1889 et siégeait à l’extrême-gauche de l’Assemblée nationale, dans les rangs radicaux ; il était libre-penseur et franc-maçon.

L’initiative du banquet revient à Marie Henri Brégeot, dit Henry Vaudémont, dit Gringoire (1855-1896), journaliste et éditeur de journaux, écrivain, conférencier économique et scientifique, également libre-penseur et franc-maçon ; il est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire radical Voix des communes. Deux autres commerçants de même tendance participent à la préparation : Alphonse Demeestère (1816-1894), hôtelier-restaurateur, républicain en 1848, conseiller municipal et dirigeant du comité radical-socialiste d’arrondissement, libre-penseur ainsi que Gustave Gobert (1858-1924), marchand de vin et restaurateur.

Suite au décès d’un adjoint au maire de Joinville-le-Pont, Nicolas Chéret, des élections municipales partielles sont organisées en mars 1890 pour pourvoir cinq postes vacants ; Henry Vaudémont constitue une liste radicale-socialiste, sur laquelle figure Bossus. Elle obtient trois des sièges, mais ce dernier n’est pas élu.

Claude Bossus s’implique de nouveau dans les festivités marquant l’élection d’un conseiller général radical-socialiste en mai 180 puis après la réélection de Baulard en tant que député en septembre 1893.

En tant que commerçant, Claude Bossus prend également part aux fêtes de son quartier. Il est ainsi secrétaire de la Commission de la fête des Villas Palissy, en juin 1891 puis trésorier en août 1893. Il se charge de l’organisation des fêtes de l’été 1900, au nom du comité, qui s’élargit au nouveau quartier de Polangis, toujours sur la rive gauche de la Marne,

En 1892, à l’occasion du 22 septembre (centenaire de la République), l’hebdomadaire radical Voix des communes remarque que « La fête a été célébrée assez mollement par le vieux Joinville mais beaucoup plus allègrement par Palissy et Polangis. Les maisons Bossus, Hype, Provost, Maroufin illuminaient la route. »

Le Tribunal correctionnel de la Seine, en mai 1895, condamne Claude Bossus à une amende de 200 francs « pour infraction à la loi sur la vente des beurres. »

Le couple a eu trois enfants, dont les deux filles sont mortes très jeunes. Au décès d’Augustine Bossus, en mars 1903, leur fils a 12 ans.

En octobre 1904, Claude Bossus fut victime d’un vol domestique que le quotidien socialiste L’Humanité (09/10/1904) raconte sous le titre « Une petite bonne qui s'amuse » : « Célestine Bourdinet, bonne chez M. Bossu, habitant route de Bry, trouvait que la vie était monotone. Aussi rêvait-elle de se payer un jour une vraie noce. Malheureusement, l'argent lui manquait. Ayant découvert que son patron possédait une somme de onze cents francs, elle s'en emparait avant-hier et prenait la fuite. Son premier soin fut d'acheter une magnifique couronne de 30 francs, qu'elle porta sur la tombe de son fiancé, décédé l'an dernier puis, pour une somme de 35 francs, elle loua une voiture pour la journée. Avec le véhicule, elle vint à Paris, y fit un souper fin, s'offrit le théâtre, puis songea à rentrer à Joinville mais, au moment de partir, elle décida de rapporter quelque chose à une de ses amies malade et dans un état de dénuement complet. Aussi pensa-t-elle qu'un gigot serait le bien reçu, et elle réveilla un boucher qui, tout en maugréant, lui fournit une pièce de choix. Très gaie, elle reprit sa voiture et, en arrivant à destination, sortait un louis de sa poche pour l'offrir comme pourboire du cocher, quand elle fut cueillie par les agents de M. Rogeaux [commissaire de police], que le patron de la petite bonne avait prévenu. Au commissariat, Célestine Bourdinet ne fit aucune difficulté pour reconnaître son vol, et donna avec beaucoup de gaieté les détails les plus complets sur la noce qu'elle avait faite. M. Rogeaux a envoyé la petite bonne au Dépôt. »

La bonne des Bossus s’appelait Marie Charon en 1901. Il n’est pas possible d’identifier une Célestine Bourdinet. Peut-être s’agit-il de Célestine Bourdenet, née vers 1884 dans le Doubs.

Claude Bossus meurt le 29 avril 1907 Joinville à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 55 ans et toujours marchand de vin, son établissement se situant probablement à l’emplacement de l’actuel café Le Mocca.

Son fils Émile Bossus (1890-1980), enseignant dans une école privée de Joinville puis comptable dans une entreprise d’assurance, est mobilisé pendant la première guerre mondiale. Sergent en septembre 1915, rétrogradé caporal en octobre 1916, il est cassé de son grade en septembre 1917 pour « avoir manqué au travail pendant la journée ». La famille vit toujours à Joinville en 1971.

La route de Brie (act. avenue Gallieni) à Joinville-le-Pont, début du 20e siècle

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2026 7 21 /06 /juin /2026 00:01

Ernest Alfred Cabis naît le 28 avril 1874 à Pithiviers (Loiret). Il est le fils d’Estelle Félicie Duditlieu et d’Eugène Louis Napoléon Cabis. Ses parents résident à Paris (9e arr.), rue de la Chaussée-d’Antin, dans une caserne de gendarmerie et sa mère est venue accoucher chez ses parents, qi résident dans le faubourg de Beauce, où le grand-père, Jean Duditlieu, est menuisier.

Devenu sous-officier, comme brigadier à pied, le père passe en 1878 à la 13e brigade de Paris, rue de Béarn (3e arr.), puis à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine) en juin 1881 et à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en mars 1882 où la famille réside dans la gendarmerie, rue de Paris.

Eugène Cabis fit l’objet, en octobre 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu, le mois précédent, un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction. Il choisit cette dernière option, fut mis en retraite en octobre 1886 et devint concierge-gardien d’un hôtel de Dieppe (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

Devançant son service militaire, Ernest Cabis s’engage en juillet 1892, à l’âge de 18 ans, pour quatre ans dans l’armée. Il est affecté au 4e régiment d'infanterie, où il devient caporal en février 1893 et sergent en février de la même année puis, en novembre 1895, sergent-major. Il prolonge son contrat de deux ans en juin 1896 puis de trois nouvelles années. Il est admis à l’école d’officiers Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en mars 1899. Il en sort, avec le grade de sous-lieutenant, un an plus tard, étant affecté au 114e régiment d'infanterie.

Promu lieutenant en avril 1902, il rejoint la gendarmerie en juin 1905, d’abord affecté à la Garde républicaine à Paris. Il épouse en janvier 1907 à Lorient (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor) Marie Thérèse Joalland. Native du port breton, elle est la fille d’un militaire, alors chef d’escadron et qui deviendra ensuite général, Paul Joalland, qualifié à son décès, en novembre 1940 par Le Petit Courrier de « héros colonial », associé à l’épopée africaine au Sahel, au Tonkin et à Madagascar ; membre de la Société de Géographie, il a été fait commandeur de la Légion d'honneur.

Rejoignant en juin 1907 la 13e légion gendarmerie à Lapalisse (Allier), Ernest Cabis passe en juillet 1909 à 10e légion à Lannion (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Nommé capitaine en juin 1913 capitaine, il rejoint la 9e légion à Cholet (Maine-et-Loire) puis, pendant la première guerre mondiale, la légion de Paris.

Après le conflit, Ernest Cabis obtient en décembre 1921 le grade de chef d’escadron (commandant) dans la 5e légion, stationnée à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il prend sa retraite de l’armée active et, après avoir obtenu une licence de droit, est nommé en octobre 1924 juge de paix à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Il occupera la même fonction dans plusieurs villes de l’ouest de la France, au Morbihan (Sarzeau et Josselin) en Mayenne (Meslay-sur-Loire) et surtout dans la Sarthe (Château-du-Loir, La Chartre-sur-le-Loir, Sablé-sur-Sarthe et Le Lude).

C’est lorsqu’il est en poste dans cette dernière commune qu’il fait valoir, en janvier 1940, ses droits à la retraite ; cependant, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, il est « rappelé à l’activité » en février et redevient donc juge de paix du Lude et Pontvallain. Il quitte cette fonction, probablement fin 1942 mais est, une nouvelle fois, rappelé à l’activité, cette fois pour redevenir juge de paix de Sablé-sur-Sarthe et Brulon, toujours dans la Sarthe. Il prend pour la quatrième et dernière fois sa retraite en janvier 1944, à l’âge de 69 ans.

Ernest Cabis meurt le 7 juillet 1946 à Nice, à l’âge de 72 ans. Il était père de sept enfants.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur au cours de la première guerre mondiale, en décembre 1916 avec les commentaires suivants : « excellent officier de gendarmerie, dévoué et très attaché à ses devoirs. Rend les meilleurs services depuis le début de la guerre ». C’est toujours à titre militaire qu’il est promu, en juillet 1935, officier de la Légion d’honneur en récompense de 42 ans de services, depuis son engagement en 1892.

Voir : Antoine Cabis combat pour l’indépendance de la Belgique (son grand-père)

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre (son père)

Ernest Cabis lors de l’inauguration groupe scolaire la Chapelle-aux-Choux (Sarthe) (Le Petit Courrier 1937/07/07)

 

Partager cet article
Repost0
18 juin 2026 4 18 /06 /juin /2026 00:01

François Antoine Cabis naît le 26 février 1808 à Ribeauvillé (Haut Rhin). Il est le fils de Catherine Krauss et de son époux, également nommé François Antoine Cabis, garde forestier. La famille, dont le nom est fréquemment orthographié Kavis, vit dans les villages voisins de Fortschwihr en 1809 puis de Kaysersberg en 1816. Le père meurt en décembre 1821 dans ce lieu, lorsqu’il a 13 ans et que la mère élève 8 enfants.

Engagé dans l’armée, vers 1827, il sert comme grenadier pendant cinq ans au sein du 52e régiment d'infanterie de Ligne. Il fait notamment la campagne des Dix-Jours (août 1831), pendant la belgo-néerlandaise. Le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier avait envahi la Belgique pour reconquérir les huit provinces qui avaient fait sécession le 4 octobre 1830. Avec l'armée expéditionnaire française, les forces belges repoussent l'assaut néerlandais.

Blessé à la jambe gauche pendant les combats, François Antoine Cabis réside en 1833 à Saint-Dié, sur le versant lorrain des Vosges. Pour son comportement pendant sa période sous les drapeaux, il est décoré de l’ordre belge de Léopold en mars 1833, parmi un groupe de 304 militaires français sont décorés pour leur comportement durant le siège d'Anvers. Il est ensuite fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre la même année.

François Antoine Cabis épouse en août 1834 à Ribeauvillé Marie Lochmannn (ou Lockmann), fille d’un autre grenadier, Jean Jacques Lochmannn (1778-1840), également chevalier de la Légion d’honneur. La famille est importante, puisque 11 enfants nés vivants sont répertoriés entre 1835 et 1852. Ils vivent dans le Haut-Rhin, à Hunawihr, Zellenberg, Sundhoffen et Réguisheim. Dans cette dernière ville, il obtient le bénéfice d’un débit de tabac.

Après l’annexion de la majeure partie de l’Alsace en 1871, la famille s’installe à Saint-Dié-des-Vosges, dans le quartier de Foucharupt. N’ayant pas de ressources personnelles et disposant d’une retraite limitée de 300 francs, il obtient des secours de la chancellerie.

En mars 1872, il s’installe à Lezay (Deux-Sèvres) avec son fils cadet, Xavier Ernest, où il reprend également un bureau de tabac. Il transfère la gestion de l’établissement à son fils peu après. Les époux Cabis optent en juillet 1872 à Lezay pour la nationalité française, refusant de devenir citoyens de l’empire allemand.

Début 1884, quittant les Deux-Sèvres, Marie et Antoine Cabis rejoignent Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où vit un autre de leurs fils, Eugène, sous-officier de gendarmerie. Ils vivent dans la caserne, rue de Paris.

Marie Cabis y décède en juin 1884. François Antoine Cabis meurt également à Joinville-le-Pont le 12 février 1885, à l’âge de 76 ans.

Son fils aîné, prénommé aussi François Antoine selon la tradition familiale, avait servi pendant 21 ans dans l’armée, notamment comme tambour-major, et était, comme lui, chevalier de la Légion d’honneur.

Un autre de ses fils, Eugène, chez lequel il vivait à Joinville, connaîtra un parcours moins glorieux. Il fit l’objet, en 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction, ce qu’il fit. Une partie du Bois de Vincennes, lieu du meurtre, fut dénommée « Bois Cabis » ; elle est aujourd’hui lotie et correspond à un espace situé à Joinville-le-Pont, autour des rues de la Paix et Aristide Briand, bordé par l’avenue Jean-Jaurès et la rue Chapsal.

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre

L’ancien Bois Cabis à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 00:01

Elépo Adelakun (aka Elepo) est probablement né au cours des années 1780, à Iyé selon plusieurs historiens dont, en France, Paul Marty dans son Étude sur l’islam au Dahomey. Il faut peut-être identifier cette localité avec Ijaiye, ville du royaume d’Oyo (act. État d’Osun, Nigéria), de peuplement Yorouba, qui constitua une entité séparée entre 1836 et 1861. Dans le sud-ouest de l’actuel Nigéria, on trouve également deux autres localités qui peuvent l’avoir vu naître, Ile Elépo ou Ilé-Ifé (act. État d’Osun).

Selon la tradition familiale, Elépo serait issu d’une branche de la famille royale Yorouba. Son nom fait référence à Exu-Elepô, dieu du palmier à huile dans la religion traditionnelle Yorouba.

Devenu chef de son village, qui dépendait du royaume d'Ibadan, Elépo aurait voulu au début du 19e siècle, s’en émanciper, et pour cela il fait allégeance au roi d'Oyo, alors en conflit avec celui d'Ibadan. Les troupes d'Ibadan détruisirent le village et vendirent la plupart de ses habitants aux négriers européens de la côte, probablement à ceux de Ouidah (royaume de Porto-Novo, act. Bénin).

Ayant changé d’allégeance et devenu un chef militaire respecté du royaume d’Ibadan, Elépo permet à la ville de résister à un siège par les peuls, maîtres de la ville d’Ilorin, en 1837, au cours duquel il est blessé. Pour l’historien des Yoroubas, Samuel Johnson, Elépo fut « le plus grand général produit par la ville d’Ibadan », vainqueur notamment de la bataille d’Osogbo.

Après des complots contre lui de l’aristocratie d’Ibadan, Elépo, rompt avec les dirigeants du royaume et part avec un millier d’hommes à Ipara. Il s’installe ensuite à Ijaiye et aurait été tué, vers 1840, des suites de combats contre les alliés d’Ibadan.

Son fils unique, Odio, fut parmi les captifs après la prise de son village natal ; embarqué pour le Brésil, il y il est vendu comme esclave en 1810. Il y sera renommé José Piquino Paraïso et reviendra en 1849 sur la côte de Dahomey (act. Bénin). Il est esclave du roi de Porto-Novo qui l’affranchit et en fait son conseiller, après qu’Elépo a refusé de reprendre le titre de son père. Ses descendants, sous le nom de Paraïso, sont fort nombreux, au Bénin, en France mais également en Afrique de l’Ouest et Centrale francophone, aux États-Unis et au Canada.

Deux souverains traditionnels d'Osogbo ont porté le nom d’Elépo : Elépo Ier (1901-1907) et son fils Elépo II (1952-1966).

Voir aussi Fernand Paraïso, issu de princes et esclaves africains (1/2)

Carte du territoire de peuplement Yorouba en Afrique de l’Ouest

 

Partager cet article
Repost0
10 juin 2026 3 10 /06 /juin /2026 00:01

Suite de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Pendant la deuxième guerre mondiale, Fernand Paraïso est mobilisé en septembre 1939 et affecté au 224e régiment d'infanterie et participe à la campagne contre l’Allemagne. Ses supérieurs émettent un avis positif mais réservé à son sujet en avril 1940 : « Officier de bonne valeur moyenne. Parfois un peu mou, ayant besoin d’être stimulé, n’ayant pas l’envergure nécessaire pour accéder au grade de capitaine. »

Il est démobilisé le 27 août 1940 au centre de Geaune, à Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, où son unité était arrivée ; il se retire à Villemomble.

Fernand Paraïso s’implique dans la résistance à l’occupation allemande. Son dossier au Service historique de la Défense situe le début de son activité clandestine en janvier 1942. Il aide un caporal à sortir du centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ; dans cet ancien sanatorium, étaient internés tous individus désignés par le préfet, « sans enquête ni jugement », considérés comme suspects ou dangereux pour la défense nationale. Les investigations après-guerre assure qu’il a « porté secours à des israélites, entre autres à M. Wolf, habitant allée Franklin à Villemomble. »

Une enquête de voisinage faite par la gendarmerie de Rosny-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en juillet 1948 insiste sur sa « très bonne conduite et moralité », remarquant que « durant l’occupation, il n’a jamais entretenu de relation avec des Allemands, au contraire, il a toujours été hostile à l’occupant. »

Son adhésion au réseau Libération-Vengeance est donnée le 6 juillet 1943 à Legault-Demare, secteur Est de la région parisienne. Il contribue à la création des groupes Forces françaises de l’intérieur (FFI) du secteur Est et à leur instruction militaire, répandant également les communiqués de Londres. Appartenant au groupe de Raincy-Villemomble, Paraïso est l’adjoint du commandant Étienne Védère, alors capitaine commandant militaire secteur Est n° 2, sous les ordres du commandant Alexandre, chargé du secteur. En mai 1944, le lieutenant-colonel Le Lorrain-Cruze nomme Fernand Paraïso commandant de compagnie et instructeur avec le grade de capitaine.

Le commandant Alexandre constitue le bataillon de sécurité 107/22, qui se charge d’opérations de « nettoyage » de la région du 19 au 27 août 1944. Paraïso mène des reconnaissances à Gagny, Chelles, Vaujours, Montfermeil, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan. Le 21 août 1944, le capitaine Paraïso porte secours au groupe du commandant Henry pris à partie par les Allemands à Villemomble, il participe à la poursuite de l’ennemi en accompagnement des chars américains.

Fernand Paraïso qui avait été rayé des cadres de l’armée active en février 1942 ; il signe cependant le 8 septembre 1944 un nouvel engagement « pour la durée de la guerre » et est affecté au 1er régiment Armor puis, en février 1945, devient commandant d’armes à la place de Meaux (Seine-et-Marne). Son grade de capitaine d’infanterie coloniale est confirmé en mars 1945 quand il est muté au CATC pour participer à la relève en Afrique Occidentale Française. Il est démobilisé en mars 1945 et son grade est définitivement homologué le 18 mai la même année.

Le général Achille Dassonville (1890-1967), alors commandant de la subdivision de Seine-et-Marne où est basé Paraïso commente ainsi sa proposition d’avancement « officier de réserve qui, quoique de couleur, a toutes les qualités d’un très bon officier. Aime sa troupe qui le lui rend bien. Proposition très appuyée. »

S’il quitte le service actif, la capitaine Paraïso, qui réside toujours à Villemomble, boulevard d’Aulnay, poursuit son œuvre pédagogique jusqu’en septembre 1948, commandant le centre n° 9 du Raincy, section du service prémilitaire où son rôle est apprécié par les autorités : « officier instructeur, très dévoué, consciencieux ». Il fait partie de la troisième commission d’étude sur l’organisation de la Défense nationale.

Fernand Paraïso meurt le 2 août 1977 à Château-Landon (Seine-et-Marne). Il était âgé de 84 ans.

Décoré de la Croix de guerre depuis octobre 1916, avec deux étoiles d’argent et de vermeil, il était également porteur des médailles de la Victoire, Interalliée et commémorative de la Grande-Guerre ainsi que des services militaires volontaires. Il a reçu en mars 1947 la Médaille de la Résistance française. Chevalier de la Légion d’honneur depuis juin 1929, il a été promu officier en décembre 1958.

Son fils Michel Paraïso et plusieurs de ses neveux ont adopté le patronyme de Fernand-Paraïso, qui est porté par leurs descendants.

Fin

La demeure familiale des Paraïso à Porto-Novo (Bénin), dite maison Crespin

Partager cet article
Repost0
8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 00:01

Début de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi (ou Cheffiatou) et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. À défaut d’état-civil précis, un jugement supplétif de naissance du 16 avril 1951, rendu par le tribunal de Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin), atteste de son origine ; il est signé par Amoussi Landou, 70 ans, maître coranique, Léon Lopez, 72 ans, et Abassi Marcos, 65 ans, menuisier, tous résidents de Porto-Novo.

Conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était devenu une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natal au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficie d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intégre en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis sergent en avril 1915. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a valu deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé le 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affecté Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville-le-Pont, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Poursuivant une activité militaire d’instruction, Fernand Paraïso fait l’objet, en janvier 1939, d’une appréciation sur son livret militaire : « Bon officier, consciencieux et zélé, animé d’un évident désir de bien faire, mais qui semble éprouver quelques difficultés à assimiler les connaissances très variées de l’instruction militaire actuelle. A fait des travaux d’une valeur médiocre et ne dénotant aucun progrès. Apte à un emploi d’officier comptable. Inapte au grade supérieur. »

À suivre

Société de préparation militaire du Parangon ; Fernand Paraïso est probablement à gauche des moniteurs

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens