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8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 00:01

Guillaume Le Foullon naît vers 1670 à Paris. Il est le fils de fils Julienne Duval et de son époux Jacques Le Foullon. La famille paternelle, dont le nom s’orthographie aussi Foulon, Foullon, Le Foulon, Lefoulon ou Lefoullon, comprend des artisans du bâtiment, entrepreneurs de maçonnerie réputés dans la capitale depuis au moins 1600. Elle est peut-être originaire de Normandie. Robert Le Foullon, maître maçon, intervenait ainsi en 1602 pour Marie de Luxembourg, duchesse de Mercœur et de Penthièvre.

Après son mariage avec Marie Jeanne Geoffroy, en juin 1696 à Paris, Guillaume Le Foullon devient l’année suivante des deux enfants mineurs de ses beaux-parents disparus.

Il se présente comme maître maçon et entrepreneur puis se définira également comme architecte. Il reconstruit une maison rue Saint-Thomas-du-Louvre en 1700 pour un chanoine de l'église royale de Saint-Nicolas et mène de nombreuses opérations dans la capitale. La famille de son épouse est spécialisée dans la plomberie.

Son épouse meurt en novembre 1724, lui léguant ses biens tout en réservant un diamant, évalué à deux-cents livres tournoi, à son exécuteur testamentaire, un maçon qui figure parmi leurs alliés.

En 1731, Guillaume Le Foullon achète le domaine de Polangis, situé sur les bords de Marne, relevant alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. L’espace où se situait maison et la ferme sont incluses aujourd’hui dans la commune de Joinville-le-Pont, les terres agricoles continuant sur une partie de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Pour probablement examiner les modifications à faire sur ces bâtiments, Le Foullon fait appel à un architecte expert parisien, M. Quiriot. Polangis

Polangis était la propriété de la famille de la Grange d’Arquien. Jean Jacques la Grange l’avait achetée en 1639 puis elle était passée, après son décès vers 1642 à son fils aîné, François, qui l’occupait en 1667. Peut-être l’a-t-il transmise à ses descendants ; cependant, les sources connues actuellement ne permettent pas d’identifier le vendeur avec lequel Le Foullon fait affaire.

En mars 1733 à Paris, Guillaume Le Foulon contracte une nouvelle union avec Marie Michelle de Moye. Il meurt l’année suivante, le 4 mai 1734 à Paris. Il résidait alors rue Saint-Jacques de la Boucherie. Il était père de deux enfants, né de ses premières noces.

Selon l’historien de l’art français, Olivier Meslay, qui décrit le milieu dans lequel vivent les Le Foullon, assurant qu’ils disposent d’une « large aisance » : « On devine aux noms de propriétés ou de seigneurie qui allongent le nom de Le Foullon (de Polangis, du Plessis) que la famille est prête à s’établir dans la noblesse après avoir accédé à la bourgeoisie parisienne. Les Le Foullon sont avant tout une famille d’architectes et d’entrepreneurs. »

Le fils aîné, qui porte le nom de Guillaume Élie Le Foullon, poursuit l’activité du père et reprend, en 1748, le domaine de Polangis.

Plan du domaine de Polangis

 

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6 octobre 2025 1 06 /10 /octobre /2025 00:01

François de la Grange-d’Arquien naît, sans doute vers 1605, peut-être dans l’actuel département de l’Aube. Il est le second fils de Gabrielle de Rochechouart et de Jean Jacques de la Grange-d’Arquien. Sa mère est dame de Bréviande, fille de Gabrielle d’Allonville et de Gui de Rochechouart, seigneur de Chatillon-le-Roi et gouverneur de Blois. Elle meurt probablement en 1619, donc quand François doit être adolescent.

Son grand-père paternel et son père ont tous deux été gouverneurs de Calais (1610). Remarié avec Catherine d’Esterlin, Jean Jacques de la Grange achète en 1639 le domaine de Polangis, qui relève alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et est inclus dans la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. Les terres sont situées sur la rive gauche de la Marne, principalement, sur l’espace actuel de Joinville-le-Pont et partiellement de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).

Son frère aîné, Antoine de la Grange comte d’Arquien, vicomte de Soulangis, gouverneur de Mont-Cassel est à la tête d’un régiment où François est lieutenant-colonel.

Comme son père, François de la Grange porte le titre de marquis de Bréviande ainsi que ceux de seigneur de Prely (probablement Presly, Cher), de la Bretoche (probablement Villeneuve-sur-Yonne) et Senan (act. Yonne). À la mort de celui-ci, sans doute vers 1642, il hérite du château de Polangis.

Vers 1640, il épouse Anne Brachet fille de Marie du Puys et de Gilles Brachet, seigneur de Palluau, qui porte le titre de dame de Senan. Elle meurt aux alentours de 1656 et François de la Grange se remarie autour de 1657 avec Marie Le Roy, qui sera appelée dame de Poulangy (Polangis).

Selon ce que rapporte l’historien Georges Bousquié, François de la Grange reçoit en 1667 au château de Polangis sa cousine Marie Casimire, fille de Françoise de La Châtre et d’Henri Albert de la Grange-d’Arquien (1613-1707), qui devient cardinal après son veuvage. Marie Casimire Louise de La Grange d'Arquien (1641-1716) avait épousé un prince polonais, Jean Zamoyski, mort en 1665. Elle se remaria la même année avec le maréchal Jean Sobieski, qui deviendra en juin 1674 roi de Pologne sous le nom de Jean III et règnera jusqu’en juin 1696.

La date de décès de François de la Grange-d’Arquien n’est pas connue. Il était père de cinq enfants. Il est probable que l’un d’eux ait hérité de Polangis, mais la transmission n’est pas connue.

Portrait de Marie Casimire de la Grange d’Arquien, reine de Pologne

 

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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 00:01

Jean Jacques de la Grange-d’Arquien naît sans doute en 1586 dans le Nivernais, d’où sa famille est originaire. D’autres sources situent sa naissance aux alentours de 1580. Il est le fils Antoine de la Grange-d’Arquien et de sa première épouse, Marie de Cambrai. Le nom d’Arquien se réfère au village d’Arquian (act. Nièvre).

Sa mère est la fille de Geneviève Le Maréchal et de Jean de Cambrai, seigneur de Villemenard ; elle porte le titre de dame de Soulangis (nom d’un village act. du Cher). Son père est le second fils de Louise de Rochechouart et de Charles de la Grange, seigneur de Montigny. Il porte les titre de marquis d’Arquian, seigneur de Prie et Imphy (Nièvre), Villemart, Chevenon (Charente) et de gentilhomme ordinaire à la chambre du roi. Il exerce les fonctions gouverneur de Metz (1603), Calais (1618), de Sancerre et de Gien ; il sert comme lieutenant-colonel du régiment des Gardes françaises (1589-1610). Son frère aîné, François de La Grange, est maréchal de France. Après la mort de sa première épouse, Antoine de la Grange se remaria d’abord avec Louise de La Châtre puis avec Anne d'Ancienville.

Jean Jacques de la Grange épouse, en juin 1602, une cousine Gabrielle de Rochechouart, dame de Bréviande, fille de Gabrielle d’Allonville et de Gui de Rochechouart, seigneur de Chatillon-le-Roi et gouverneur de Blois.

Jean Jacques de la Grange, qui est comme son père gentilhomme ordinaire à la chambre du roi, prend le titre de marquis de Bréviande (act. Bréviandes, Aube), qu’il ajoute aux seigneuries de Preli, la Bretoche (probablement Villeneuve-sur-Yonne) et Senan (act. Yonne).

Avant son père, Jean Jacques de la Grange fut lui aussi gouverneur de Calais en 1610, ville revenue à la France en 1598 lors de la paix de Vervins, signée avec l’Espagne. Il succèdait à Dominique de Vic. Le duc de Saint-Simon estime dans ses Mémoires, qu’il « ne fit pas grand figure », alors qu’il disait de son père qu’il « servit bien et fidèlement. »

Après la mort de sa première épouse en 1619 à Soulangis, Jean Jacques de la Grange se remarie vers 1622 avec Catherine d’Esterlin fille d’Anne Chaslin et d’Antoine d’Esterlin, seigneur de Pigny.

Il prend possession en 1639 du domaine de Polangis, qui relève alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et est inclus dans la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. Les terres sont situées sur la rive gauche de la Marne, principalement, sur l’espace actuel de Joinville-le-Pont et partiellement de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). L’achat se fait suite à une adjudication, organisée après la saisie en 1635, à la demande de la famille de Condé (titulaire de la baronnie de Saint-Maur et propriétaire du château éponyme), du domaine qui était alors la propriété de Marie de Valliech, née Rouillard, veuve d’un ancien secrétaire du duc d’Épernon.

Jean Jacques de la Grange-d’Arquien meurt vers 1642. Il était âgé d’environ 56 ans et père de quatre enfants. C’est son fils aîné, François, qui reprend le domaine de Polangis.

Le frère de Jean Jacques, Henri Albert de la Grange-d’Arquien (1613-1707) est devenu, après deux veuvages, cardinal sans avoir été ordonné ; il est le père de Marie Casimire Louise de La Grange d'Arquien (1641-1716), reine de Pologne par son mariage avec Jean III Sobieski.

Portrait de Jean Jacques de la Grange d’Arquien

 

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2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 00:01

Marie Rouillard, dont le nom est parfois orthographié Roillard, Roillart, Roullard ou Roislard, naît à une date inconnue, peut-être au cours des années 1580.

En 1602, elle épouse Charles de Valliech, qui devient en 1615 secrétaire du duc d’Épernon, riche et puissant aristocrate.

En décembre 1623, Charles de Valliech acquiert le domaine de Polangis, situé dans le ressort de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et qui a appartenu à l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés. La vente est assurée définitivement en juillet 1624. Ultérieurement, le terrain, dont le nom est désormais Polangis, relèvera de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés puis sera rattaché à la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, devenue en 1831 Joinville-le-Pont (act. Val-de-Marne). Selon l’écrivain Georges Bousquié, l’achat se serait fait auprès des Minimes du Bois de Vincennes, dont le couvent se trouve dans le Bois de Vincennes. Cependant les archives notariales ou de la famille de Condé assurent que le vendeur est Antoine Fayet, curé de l’église Saint-Paul à Paris. L’abbé Fayet est également chanoine de Paris, chantre et chanoine de Saint-Maur-des-Fossés ; il a hérité la propriété de Polangis de son frère, Martin Fayet, contrôleur des guerres, qui l’avait achetée lors d’une adjudication en 1604.

En juin 1626, les époux de Valliech obtiennent de l’abbaye de Saint-Maur le droit d'avoir une chapelle domestique dans leur château. Charles meurt probablement en 1929.

Marie de Valliech est désormais la seule propriétaire de Polangis. À la requête du prince de Condé, qui est le titulaire du château de Saint-Maur, la maison de Polangis est saisie le 16 juillet 1635. Le domaine est probablement cédé à Emmanuel de Vignault, receveur-général en la généralité de Soissons.

La fille du couple, Marguerite de Valliech, épouse de Pierre d'Ollone, conseiller, notaire et secrétaire du Roi, tente d’empêcher cette vente, assurant que le domaine lui avait été apporté en dot dans son contrat de mariage selon les pièces mentionnées par Georges Bousquié. Cependant, le mariage date de février 1618, cinq ans avant l’acquisition de Polangis par les de Valliech.

Marie de Valliech serait morte en 1639.

La revue Le Vieux Saint-Maur fait paraître deux articles de Georges Bousquié, intitulés Deux familles d'aventuriers à Polangis au 17e Siècle. Sorti en 1948, le premier concerne la famille de Valliech ; l’année suivante, le second, traite de propriétaires ultérieurs, les de la Grange d’Arquien.

Vue du château de Polangis (ultérieure à la période de propriété de Marie de Valliech)

 

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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 00:01

Les sources du 16e et du 17e siècle identifient deux Charles de Valliech (ou Charles Valliech) à Paris. Le nom est rare et semble provenir du midi toulousain. Il est possible qu’il s’agisse de la même personne, mais il est imaginable que ce soient des individus apparentés, par exemple un père et un fils éponymes. De nombreuses variations orthographiques existent, comme Valliez, Vallier, Valtech, Vualiech, Valiech ou Valdir.

L’historienne Béatrice Véniel (Une histoire de peaux et de laines, les mégissiers parisiens, CTHS, Paris, 2008) rapporte : « Les mégissiers traitaient en blanc les peaux - achetées aux bouchers - pour approvisionner les artisans du cuir. Surtout, ils triaient et nettoyaient la laine et la vendaient. Ils étaient donc à la fois des artisans - mécaniques - et des marchands ». Dans le contexte de la crise des industries de la laine, le roi Henri IV en besoin d’argent « pour subvenir à ses grandes et urgentes affaires », procède à l’affermage du contrôle de cette activité « à un bourgeois de Paris, Charles de Valliech ou Vallier pour 100 000 écus (300 000 livres). »

Ce dernier, demeurant rue Saint-Honoré, sous-traite le contrôle, comme en 1587 où il charge « Guillaume Regnault, marchand peaussier teinturier de cuirs, rue de la Tabletterie (paroisse Saint-Opportune), du droit de marque des cuirs et magis qui arriveront en la ville de Paris. »

Aucune source ne permet actuellement de connaître les données d’état-civil de Charles de Valliech, mais on supposera que, pour avoir pu contractualiser avec le souverain en 1587, il est probablement né au moins au cours des années 1560.

On rencontre ensuite Charles de Valliech, peut-être le même, en tant que secrétaire du duc d’Épernon. Jean-Louis de Nogaret, duc d'Épernon (1554-1642), gouverneur de Guyenne, Amiral de France et colonel général de l’infanterie. Selon l’historien Georges Bousquié, qui a publié un article consacré à Charles de Valliech (Deux familles d'aventuriers à Polangis au 18e siècle, revue Vieux Saint-Maur, 1948), le duc d'Épernon est le « plus riche seigneur de France, une des plus grandes figures de l'époque » et Valliech est son homme de confiance.

Charles de Valliech épouse en 1602 Marie Rouillard. Il entre en 1615 au service d'Épernon, où il a la charge de régler l'administration de la maison, les recettes et les dépenses. Le duc assiste, en février 1618 à Paris, au mariage de Marguerite de Valliech avec Pierre d'Ollone, fils d’un secrétaire du roi.

En décembre 1623, Charles de Valliech acquiert le domaine de Poulangis, situé dans le ressort de la paroisse de Fontenay-sous-Bois. Ultérieurement, le terrain, dont le nom est désormais Polangis, relèvera de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés puis sera rattaché à la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, devenue en 1831 Joinville-le-Pont (act. Val-de-Marne). La vente se serait faite auprès des Minimes du Bois de Vincennes, dont le couvent se trouve dans le Bois de Vincennes, selon Bousquié ; cependant, les archives du château de Chantilly mentionnent que la vente est assurée définitivement en juillet 1624, entre Valliech et Antoine Fayet, curé de Saint-Paul à Paris ; à cette date, Valliech est toujours qualifié de premier secrétaire du duc. Le prêtre, qui est également chanoine de Paris, chantre et chanoine de Saint-Maur-des-Fossés, a hérité cette propriété de son frère, Martin Fayet, contrôleur des guerres, qui l’avait acquise lors d’une adjudication en 1604.

En juin 1626, Charles de Valliech obtient de l’abbaye de Saint-Maur le droit d'avoir une chapelle domestique dans son château.

Guillaume Girard, autre ancien secrétaire du duc d'Épernon qui publie en 1655 sa biographie, rapporte que, en décembre 1623, « Valliech, son ancien secrétaire, ayant employé sous lui des gens qui n'avaient pas été très soigneux ou très honnêtes, lui manqua de plus de cinquante mille livres, ce que ce bon maître lui pardonna franchement ». Une vingtaine d’années plus tard, après la mort du duc, ses héritiers essaieront, sans succès, de demander le remboursement de cette somme aux héritiers de Valliech.

Selon Bousquié, qui relativise les appréciations de Girard, Charles de Valliech est « Un valet de comédie, un héros picaresque qui fait ce que fait et qui vaut ce que vaut son maître ». Il le présente comme « dévot et dénué de scrupules », « ambitieux, aussi roué que cupide, aimant le luxe et la dépense ». Il assure qu’il s'endette partout et est « toujours en procès avec ses créanciers » et mentionne huit condamnations à partir de 1623.

Bousquié mentionne une dernière condamnation en 1629, auprès d’un apothicaire de Paris. Il en conclut « Il est vraisemblable qu'à ce moment il est quasi ruiné et fort malade ». Il situe son décès cette même année.

En 1635, la propriété de Polangis est mise en adjudication, malgré la tentative de leur fille, Marguerite d’Olonne, pour la conserver. Le château, qui était mentionné au 13e siècles, a été détruit en 1904.

Deux articles de Georges Bousquié sont publiés dans la revue Le Vieux Saint-Maur sous le titre Deux familles d'aventuriers à Polangis au 17e Siècle. Le premier, sorti en 1948, concerne la famille de Valliech ; le second, l’année suivante, traite des de la Grange d’Arquien.

Vue de l'emplacement château de Polangis (1750)

 

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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 00:01

Antoine Fayet naît vers 1575. Il est le fils de Jeanne Le Bossu et de son époux Antoine Fayet. Sa mère est la fille d'un receveur général des monnaies. Son père est sieur de Margency (act. Val-d'Oise). Il est conseiller du roi et trésorier de l'extraordinaire des guerres, c’est-à-dire gestionnaire des fonds nécessaires pour les activités militaires et non prévues au budget ordinaire. En 1563, il est nommé secrétaire du roi, titre qui reconnaît son appartenance à la noblesse. Les Fayet ont une origine ancienne dans le Gévaudan (act. Lozère, Occitanie).

La famille compte quatre garçons et une fille. L’aîné, Olivier, est président de la première chambre des enquêtes du Parlement de Paris ; Nicolas, est secrétaire d’État (directeur d’une administration centrale) et président en mars 1616 de la Chambre des comptes de Paris ; Martin est trésorier provincial des guerres.

Antoine Fayet fils fait des études de théologie à l’université de Paris, dite de Sorbon. Il en sort avec le titre de docteur et assure la fonction de conseiller au parlement de Paris. Il est nommé curé de l’église Saint-Paul de Paris en 1597. Il conservera cette fonction jusqu’à 1627. L’église sera reconstruite au 19e siècle et prend alors le nom de Saint-Paul-Saint-Louis.

En 1604, Martin Fayet, frère d’Antoine, avait acquis le domaine de Polangis, comprenant notamment une maison et une ferme sur un vaste terrain, situé sur la rive gauche de la Marne, dans l’actuel territoire de la commune de Joinville-le-Pont et, pour une petite partie, également de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). À son décès, Antoine Fayet en hérite. Il transmettra lui-même une part à leur frère Olivier et à sa fille Bonne, le moulin à eau situé sous l’arche du pont de Saint-Maur (act. pont de Joinville). En décembre 1623, Antoine Fayet vend le domaine de Polangis à Charles de Valliech, premier secrétaire du duc d’Épernon.

Il y a sans doute un lien entre la propriété du domaine de Polangis et le fait que l’abbé Antoine Fayet est nommé chantre et chanoine de l’église de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés. L’abbaye de Saint-Maur, dont l’église était une fondation, avait été jusqu’en 1482 propriétaire du domaine. Il était également chanoine de Paris.

C’est en sa qualité de docteur de la Faculté de théologie de l’Université de Paris (la Sorbonne) qu’Antoine Fayet est nommé en décembre 1612 à la tête d’une députation de quatre docteurs. Ils sont chargés par le doyen de la faculté, P. Bottereau, d’examiner un livre de Martin Bécan (1563-1624), dit Becanus, intitulé La Controverse d’Angleterre touchant la puissance du Roi et du Pape. L’auteur est un jésuite des Pays-Bas espagnols, théologien catholique de la Contre-Réforme. Les conclusions sont présentées à la reine régente, Catherine de Médicis, au chancelier et garde des sceaux Nicolas Brûlart de Sillery et au cardinal Jean de Bonzi, évêque de Béziers. Les rapporteurs considèrent que « le livre renfermait quantité de choses dangereuses et d’une grande importance » et en recommandent la censure. Le cardinal de Richelieu témoigne dans ses mémoires : « Un orage s’éleva (…) contre les jésuites pour un livre composé par un des leurs, nommé Becanus (…). Ce livre fut vu en France en novembre [1612], et accusé par aucuns docteurs en leur assemblée du premier de décembre, comme proposant le parricide des rois et des princes pour une action digne de gloire ». La reine préféra attendre l’avis de Rome, où siège la papauté, avant de décider de ladite censure.

Le débat s’inscrit dans les débats en France sur la primauté de l’autorité des rois sur celle du pape. Pour l’historien Nicolas Sanders, la dénonciation vient de ce que les docteurs parisiens estiment que les doctrines du jésuite sont dangereuses, Becanus professant le pouvoir temporel des papes sur les rois.

En novembre 1623, sollicite l’acquisition d’un terrain situé dans le Faubourg Saint-Antoine à Paris, pour y construire une chapelle qui soit une succursale de l’église Saint-Paul, destinée aux résidents du quartier, en forte croissance démographique. Il achète, probablement avec les moyens qu’il a retiré de la vente du domaine de Polangis, un terrain en octobre 1624 auprès de Jean de Vitry, seigneur de Reuilly.

La construction de l’édifice se fait en 1625 rue Saint-Bernard et il est nommé Sainte-Marguerite. Cependant, les demandes de Fayet et des habitants du Faubourg pour en faire une église succursale se heurtent à l’opposition des marguilliers de Saint-Paul, laïcs élus par l’assemblée de notables de la paroisse, chargé de la gestion du conseil de fabrique paroissial. Le parlement de Paris jugea, en juillet 1629, que le bâtiment devait rester une simple chapelle, devant servir de sépulture aux membres de la famille Fayet. Mais, une seconde décision de la même instance décida, en août 1631 (confirmée par deux arrêts d’août 1632 et mai 1633), que la chapelle serait érigée en succursale. L’abbé Fayet, qui avait abandonné la cure de Saint-Paul en 1627, fait alors célébrer un service dominical dans le nouveau temple. L’extension du bâtiment se fait en 1634.

Antoine Fayet meurt le 10 février 1634 à Paris. Il était âgé d’environ 69 ans et est enterré dans l'église Sainte-Marguerite. Ses héritiers continuèrent à financer les travaux de l’église. Un plaque apposée dans l’édifice mentionne qu’il en fut, en 1634 le curé fondateur. Son portrait est accroché dans la sacristie de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, dont il avait été le cinquième curé, avec l’indication « Fayet Antoine 1597-1627 » et l’inscription « Messire Antoine Fayet, conseiller au Parlement de Paris et curé de Saint-Paul, mort le 10 février 1634. »

Portrait de l’abbé Antoine Fayet, sacristie de l’église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris

 

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22 septembre 2025 1 22 /09 /septembre /2025 00:01

Martin Fayet naît aux alentours de 1560. Il est le fils de Jeanne Le Bossu et de son époux Antoine Fayet. Sa mère est la fille d'un receveur général des monnaies. Son père est sieur de Maugarny, domaine actuellement inclus dans la commune de Margency (Val-d'Oise). Il est conseiller du roi et trésorier de l'extraordinaire des guerres, c’est-à-dire gestionnaire des fonds nécessaires pour les activités militaires et non prévues au budget ordinaire. En 1563, il est nommé secrétaire du roi, titre qui reconnaît son appartenance à la noblesse. Les Fayet ont une origine ancienne dans le Gévaudan (act. Lozère, Occitanie).

La famille compte quatre garçons et une fille. L’aîné, Olivier, est président de la première chambre des enquêtes du Parlement de Paris ; Nicolas, est secrétaire d’État (directeur d’une administration centrale) et président en mars 1616 de la Chambre des comptes de Paris ; le cadet, Antoine, est prêtre catholique à Paris.

Pour sa part, Martin Fayet portera les titres d’écuyer, seigneur de Gascourt et sieur du Couldray. Le nom de Gascourt se réfère sans doute au hameau éponyme de la commune de Luzarches (act. Val-d'Oise). Couldray est éventuellement à rapprocher du château du Coudray à Saint-Denis-du-Maine (act. Mayenne).

Il est trésorier provincial et contrôleur des guerres dans la région d’Île-de-France. Il est chargé de tâches d'administration, de comptabilité, d'intendance et de logistique militaires. En tant qu’agent du pouvoir central, le commissaire des guerres matérialise la séparation entre l’administration et le commandement des troupes.

Martin Fayet épouse Marie Briçonnet, fille de Marie Hesselin et de son époux, François Briçonnet, seigneur de Sermoises, capitaine d’une compagnie d’infanterie en Piémont et gentilhomme servant.

Il achète une maison à Paris, rue Beautreillis, qu’il occupe en 1604 et met en location en 1608. Il acquiert également, en septembre 1604, par adjudication, la maison et ferme de Poulangis, située sur le territoire actuel de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Le domaine appartenait à Emmanuel de Vignault, receveur-général des impôts à Soissons (act. Aisne) et avait été saisi.

Martin Fayet meurt avant 1624, année au cours de laquelle le domaine de Polangis est la propriété de son frère Antoine.

Il ne doit pas être confondu avec Martin Fayet, imagier et imprimeur à Paris au Faubourg Saint-Jacques, originaire de Chauny en Picardie, actif au début du 17e siècle.

Vue du château de Polangis (ultérieure à la période de propriété de Martin Fayet)

 

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 00:01

Emmanuel de Vignault (dont le nom est fréquemment également orthographié Vignau) naît probablement au cours des années 1550 ou 1560, vraisemblablement dans le sud-ouest de la France. Il est sans doute le fils de Bertrand de Vignault, jurat de Libourne (act. Gironde) en 1557, et maire de la ville en 1565. Dans cette région, les membres du collège municipal (maire et jurats) sont élus, en général pour un mandat d’un an. En tant que maire, Bertrand de Vignault participe, le 15 avril 1565 à la réception organisée par le roi Henri IV à Bordeaux (act. Gironde).

En 1597 et 1598, c’est Emmanuel de Vignault qui assure la fonction de maire de Libourne. Il a alors le titre de conseiller du roi et exerce la charge de receveur général des taillons en Guyenne. Il succède à la mairie à François de Sauvanelle. En juillet 1599, Émeric David est élu pour le remplacer.

En tant que conseiller du roi, il est possible qu’il siège au parlement de Bordeaux, créé en 1451, suspendu en 1453 puis relancé en 1462. Les taillons sont un impôt institué en 1549 par le roi de France Henri II en vue de subvenir aux besoins financiers liés au maintien des armées. Il s’ajoute à la taille, principale contribution perçue par le souverain.

Conséquemment à sa fonction municipale, Emmanuel de Vignault est en 1598, président de l'hôpital de Libourne, comme l’avait été en 1565 Bertrand de Vignault.

On retrouve Emmanuel de Vignault exerçant toujours la charge receveur des aides, tailles et taillon à Étampes (act. Essonne) en 1598. Il réside alors à Paris, rue Saint-Germain l’Auxerrois. Il est devenu receveur général dans la généralité de Soissons en 1601. Créée en 1595, cette circonscription administrative et fiscale correspond grosso modo à l’actuel département de l’Aisne.

En octobre 1598, Emmanuel de Vignault donne à Nicole de Poncellet, son épouse, une rente de 200 écus « sur un moulin situé sur la première arche du pont de Saint-Maur-des-Fossés » (act. Val-de-Marne).

Selon les archives de la famille de Condé, conservées au château de Chantilly (act. Oise), un décret du 25 septembre 1604 mentionne « la saisie de la maison et ferme de Poulangis près le pont de Saint-Maur, sur Emmanuel de Vignault ». Le domaine de Poulangis (act. Polangis) se situe le territoire de l’actuelle commune de Joinville-le-Pont et pour une partie sur celle adjacente de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). À la même date, l’adjudication est prononcée au profit de Martin Fayet, contrôleur des Guerres.

Ni la date de décès d’Emmanuel de Vignault ni ses éventuels enfants ne sont connus.

Armes de Libourne

 

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 00:01

Un document, conservé aux Archives nationales et provenant du Châtelet de Paris, le tribunal de l’ancien régime, mentionne un acte daté du 30 avril 1561. Selon la transcription de cet acte François Dony transmet à son père, Gilles Dony, contrôleur de l'extraordinaire des guerres, ses droits en la succession d'Anne Morin, sa mère, sur une maison, jardin granges, bergerie à Polangis (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) et au terroir de Polangis (act. Joinville et Champigny-sur-Marne), sur des terres au terroir de Champigny, sur une maison et jardin à Noisy-le-Grand près le cimetière et l'église, sur des terres au terroir du Poncelet (près Tournan), sur des terres et une maison à Moisenay (près Melun) et sur des rentes à Charonne (près Paris).

La fonction de contrôleur de l'extraordinaire des guerres correspond un officier financier chargé de gérer des dépenses militaires non prévues dans le budget ordinaire, notamment en temps de guerre.

Le domaine de Polangis, entré en 1482 dans le patrimoine de la famille Valton, était passé le siècle suivant, par mariage, dans celui des Le Caron.

Ni Gilles ni François Dony, pas plus qu’Anne Morin, n’ont pu être identifiés dans la période concernée du 16e siècle.

Peut-être s’agit-il de membres de la famille d’Ongnies, dont Louis Le Caron dit Charondas, héritier de Polangis, était proche. En effet, en tant que lieutenant général, il faisait fonction d’adjoint de Louis d’Ongnies, comte de Chaulnes, bailli de Compiègne, dans la seconde moitié du 16e siècle. Les prénoms Gilles et François étaient fréquents dans la famille d’Ongnies.

Blason des d’Ongnies

 

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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 23:22

Louis Le Caron naît le 25 novembre 1536 à Paris (certaines sources mentionnent 1534). Il est le fils d’Anne Valton et de son époux Pierre Le Caron. Sa mère est dame de Vaux et reçoit en dot le domaine de Polangis (situé actuellement sur les communes de Joinville-le-Pont et Champigny-sur-Marne, Val-de-Marne). Son père, seigneur de Caulx a eu une carrière militaire comme héraut puis roi d'armes, avant de prendre la fonction de maître des eaux et forêts de Meaux et Crécy (act. Seine-et-Marne). Louis Le Caron prendra le titre de signeur de Canly, qui était déjà en usage dans sa famille paternelle plus d’un siècle auparavant.

Après avoir fait de brèves études de droit à Bourges et à Orléans, Louis Le Caron est reçu avocat à Paris en 1552, c’est-à-dire probablement à 16 ans. Il publie des ouvrages littéraires, une Poésie (1554) en l’honneur d’une certaines Claire puis, l’année suivante, une Philosophie, dédiée à Marguerite, duchesse de Berry et des Dialogues (1556) où il se confronte notamment à Ronsard ou Rabelais ; dans l’un d’eux, De la tranquillité d'esprit ou du souverain bien, retrace des discussions qu’il a eues avec son oncle, Jourdain Valton, dans le domaine de Polangis.

S’étant inventé une origine grecque, Louis Le Caron adopte le pseudonyme de Charondas, assurant descendre d’une famille catholique venue en France à la suite du concile de Ferrare. Lors de son mariage, en 1561 avec Jeanne Le Valloys (ou Levallois), ses parents lui transmettent la seigneurie de Canly, en Picardie, une maison à Paris, rue Saint-Antoine, et le domaine de Polangis. Après le décès de sa première femme, il se remarie en avril 1568 à Compiègne (act. Oise) avec Marie de Hénault.

Dans ses Panégyriques (1566-1567), il se plaint, selon Lucien Pinvert qui lui consacre un article dans la Revue de la Renaissance (septembre 1901), d’avoir une « charge ennuyeuse », peut-être celle de et greffier des Eaux et forêts de Château-Thierry. Recommandé par Renaud de Beaune, qui a été archevêque de Bourges et de Sens, auprès de la reine-mère, Catherine de Médicis, il est nommé lieutenant-général de Clermont en Beauvaisis, dont le bailli est Louis d'Ongnies, comte de Chaulnes. Il s’installe à Clermont, où il rédige plusieurs ouvrages de droit, qui auront une longue influence comme les Pandectes du droit français (1593), le Coutumier de Paris (1595) ou le Droit civil parisien (1605). À plusieurs reprises, notamment dans les Pandectes, il s’oppose aux opinions de Montaigne.

Fin 1588, Louis Le Caron Charondas est député du tiers état pour le comté de Clermont aux États généraux convoqués à Blois par le roi Henri III. Il démissionne de sa fonction de lieutenant en 1595.

Louis Le Caron Charondas meurt le 18 septembre 1613 à Clermont. Il était probablement âgé de 76 ans. Il avait une fille de son mariage avec Jeanne Le Valloys et sans doute dix enfants de son union avec Marie de Hénault.

Portrait de Louis Le Caron

 

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