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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 00:01

Début de la biographie de Marcel Guyon

Marcel Jules Guyon naît le 5 octobre 1892 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Camille Eugénie Fourquet et de son ancien mari Théophile Eugène Guyon. Les époux sont en effet divorcés depuis le mois de juin. Le père, qui est cuisinier, retourne vivre dans son village natal, Bouray-sur-Juine (Seine-et-Oise, act. Essonne) où il devient agriculteur. Il n’est pas présent pour l’accouchement ni pour la déclaration de naissance. La mère est originaire de Nainville-les-Roches (Seine-et-Oise, act. Essonne) et travaille comme couturière. Elle reste vivre à Joinville, avec un nouveau compagnon, luis aussi venant de Bouray-sur-Juine, Jules Victor Maleine, qui déclare la naissance de Marcel.

En 1901, Camille Fourquet vit à Joinville en compagnie des deux plus jeunes des quatre enfants de son mariage (dont Marcel) et avec les trois suivants, nés de son compagnonnage. Ils résident dans le quartier de Palissy, avenue du Rond-Point ; les grands-parents maternels vivent à proximité.

Effectuant son service militaire à partir d’octobre 1913, Marcel Guyon est affecté au 29e régiment de dragons, une unité dont les soldats, normalement, se déplacent à cheval mais combattent à pied.

Après le déclenchement de la première guerre mondiale, en août 1914, Marcel Guyon reçoit sa première citation, à l’ordre de la division, dès le mois d’octobre pour sa participation à des combats à Aix-Noulette (Pas-de-Calais) : « a chargé avec son escadron contre l’infanterie ennemie, a traversé devant son officier la première ligne ; arrêté par la seconde, a montré le plus grand sang-froid, s’efforçant de rattraper les chevaux des cavaliers démontés, est rentré à cheval dans nos lignes. »

Il va se voir confier des responsabilités. Il est nommé brigadier en novembre 1914 puis maréchal des logis en octobre 1915. Devenu officier en octobre 1916, comme sous-lieutenant, il est d’abord rattaché au 220e régiment d'infanterie puis, en décembre, au 2e régiment de zouaves et de tirailleurs, unité d'infanterie légère où sont notamment présents des soldats venant d’Afrique.

Rien qu’au cours de l’année 1917, il se voit décerner cinq citations. En avril, la division met en exergue : « Gradé d’un courage remarquable. Au cours de la nuit du 3 au 4 avril, a séjourné pendant cinq heures dans la première ligne allemande et a rapporté des renseignements importants ». Puis son régiment parle d’un « Officier d’une bravoure exceptionnelle, en assurant son service de quart sous un bombardement très violent » en mai où il est blessé ; il le sera une deuxième le mois suivant, toujours lors de la bataille du Chemin des Dames. En novembre, c’est le corps d’armée qui remarque un « Officier d’un entrain et d’une bravoure remarquable ; a dirigé sur le Chemin des Dames une série de reconnaissances très hardies qui lui ont permis d’entrer jusqu’à la première ligne allemande et de ramener prisonnier un sous-officier. »

Affecté en juillet 1918 au 13e régiment de marche et de tirailleurs, il est de nouveau cité à l’ordre du corps d’armée : « Chef de section remarquable de courage et de sang-froid. A été pour ses hommes pendant deux jours pénibles, un modèle d’énergie et de bravoure ». Il est promu, en octobre, au grade de lieutenant et est désigné alors à la 10e armée :« Au cours de l’attaque du 23 août, a entraîné sa section à l’assaut de positions fortement tenues, s’est emparé de haute lutte d’une crête garnie de mitrailleuses, capturant la garnison et s’emparant de plusieurs mitrailleurs ».

Peu avant la fin du conflit, le Grand Quartier Général met en avant son comportement le 3 octobre : « Avec une poignée d’hommes à l’assaut d’un blockhaus ennemi garni de mitrailleuses et, après un combat acharné, a réduit la garnison capturant 20 prisonniers de la garde dont un officier. Poursuivant ensuite sa marche en avant, et arrêté par un réseau de fil de fer défendu âprement, n’a pas hésité à se frayer un passage à la cisaille et a atteint l’objectif qui lui était assigné et l’a conservé. »

Au cours de l’année, il est deux fois blessé par balle, en février au bras gauche, puis en août au poignet gauche également. Il est démobilisé en août 1919.

À suivre

1914, soldat devant le château d’Aix-Noulette (Wikipasdecalais)

 

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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 00:01

Suite de la biographie d’Arsène Boblet

Au déclenchement de la première guerre mondiale, en août 1914, les élèves de l'école normale de gymnastique et d'escrime de Joinville-le-Pont rejoignent leur unité. Il en est de même pour les instructeurs et pour les cadres, dont le directeur Arsène Boblet. L’école ferme, mais réouvrira partiellement en 1916.

Le lieutenant-colonel Boblet rejoint le 118e régiment d'infanterie (RI) et prend le commandement de son unité sœur, le 318e RI, composé principalement de réservistes. Il est à la tête de son unité et, dès le premier engagement, le 26 août 1914 à Sailly-Saillisel (Somme), il est blessé d’une balle dans la poitrine. Malgré la gravité de la blessure, il reprend très vite son poste. Une citation, à l’ordre de la brigade en mars 1915, met en exergue le fait qu’il « a rejoint le front de la brigade 28 septembre, étant à peine guéri ». Il combat ensuite dans l’Aisne.

Après sa mutation au 262e RI en novembre 1914, Boblet participe en juin 1915 à la bataille de Quennevières à Moulin-sous-Touvent (Oise), dans le cadre des combats du Chemin des Dames.

En 1916, il embarque avec l’armée d’Orient et va participer aux batailles de Pisoderi-Florina ; en octobre puis de Gradesnica-Velisma en novembre, en Serbie. Il contribue ce même mois à la prise de Monastir (act. macédoine du Nord) puis au cours du premier semestre 1917 aux combats aux alentours. Nommé, à titre temporaire, colonel, en octobre 1916, il est confirmé dans le grade en décembre et se voit confier, en juillet 1917, le commandement des troupes d’infanterie de la 76e division.

Son comportement de mars à mai 1917lui vaut une citation à l’ordre du corps d’armée d’Orient : « A fait preuve des plus belles qualités militaires : courage, coup-d’œil, sang-froid et énergie. A apporté à la préparation des attaques dont il était chargé une méthode et une précision parfaites. A su communiquer à ses subordonnés la confiance qu’il avait dans le succès. »

Toujours dans les Balkans en septembre 1918, où l’on se bat encore nord de Monastir, il est de nouveau cité, à l'ordre de l'armée : « après s’être distingué dans les combats, a préparé, puis exécuté de vive force sous le feu de l'artillerie et des mitrailleuses ennemies le passage du Danube, opération rendue des plus délicates par le peu de moyens dont il disposait. »

Après la fin du conflit, le colonel Boblet est mis à la retraite et passe dans le cadre de réserve en septembre 1919. Il est promu, en juin 1923/ au grade de général de brigade. Il se voit confier une mission de « contrôleur des bénéfices de guerre ». Comme il touche, à ce titre, un traitement civil, il se voit privé de la solde des officiers généraux de réserve. Il conteste cette diminution, mais le Conseil d’État rejette sa requête en février 1930.

Jouissant toujours du prestige de son ancienne fonction de direction de l’école de Joinville et de l’expertise qu’il y a développée, le général Boblet assure une fonction de représentation pour l'Union des sociétés d'éducation physique et de préparation au service militaire de France (USEP). Ainsi, il la représente en novembre 1924 à Bar-le-Duc (Meuse) ou à Paris devant la Société de topographie à la Sorbonne en janvier 1925. Il participe, au côté d’Adolphe Chéron, ancien ministre, à l’assemblée générale de l’USEP en novembre 1925, toujours à Paris. Il est également présent en mars 1927 pour la fête des Jeunesses Laïques et Républicaines de France, qui rassemble près de 3 000 personnes au Gymnase Japy à Paris ; le mouvement est présidé par Émile Kahn, également secrétaire général de la Ligue des droits de l'homme.

Domiciliés en 1926 à Paris (16e arr.) dans le quartier d’Auteuil, rue La Fontaine, les époux Boblet s’installent, vers 1927, à Montbazon (Indre-et-Loire), rue Nationale, laissant l’appartement parisien à leur fille Étiennette et à leur gendre Marius Baleye, officier d’artillerie et décoré de la Légion d’honneur.

Arsène Boblet meurt le 5 octobre 1932 à Montbazon (Indre-et-Loire) où il résidait avec son épouse en 1931. Il était âgé de 71 ans et père de deux enfants.

L’Association des poilus d'Orient lui rend hommage en janvier 1933.

Décoré en mai 1916 de la Croix de guerre, Arsène Boblet est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1908 puis officier en mai 1916 et commandeur en juillet 1917. Il porte plusieurs décorations étrangères : ordre royal du Cambodge (mars 1907), ordre de l’épée de Suède, ordre de l'Étoile de Karageorge (Serbie), grand commandeur du Sauveur de Grèce. Dans le domaine civil, il a été distingué avec les Palmes académiques comme officier d'académie (juillet 1910) puis officier de l’instruction publique (février 1914) ainsi que par une médaille de bronze de la Mutualité (février 1906) suivie d’une médaille d’argent (août 1910).

Fin

Le colonel Boblet (à dr.) à Monastir (Macédoine du Nord, février 1917) avec le général Jacquemot (Arch. mil.)

 

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8 décembre 2025 1 08 /12 /décembre /2025 00:01

Début de la biographie d’Arsène Boblet

Arsène Henri Auguste Boblet naît le 18 décembre 1860 à Boursay (Loir-et-Cher). Il est le fils de Véronique Honorine Olivier et de son époux Louis Alphonse Boblet. Sa mère est cultivatrice, son père est meunier ; il exploite en 1866 le moulin de la Gaudinière, appelé actuellement de la Gaudinerie, édifice bâti au 13e siècle et qui fait l’objet d’un projet de rénovation, conduit en 2025 par la Fondation du patrimoine au titre du petit patrimoine rural lié à l’eau.

La famille réside en 1880 à Vendôme, où le père est grainetier. Pour sa part, Arsène Boblet est étudiant ecclésiastique, probablement au séminaire diocésain qui se trouve à Blois. À ce titre, il est dispensé de service militaire qu’il aurait dû effectuer en 1881.

Il renonce à cette disposition en mars 1882 et est affecté, comme soldat, au 131e régiment d'infanterie (RI)°. Il est nommé caporal en octobre puis sergent en novembre 1883. Après son admission à l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), il signe en avril 1885 un engagement dans l’armée. Il sort de l’école, classé 30e sur les 450 élèves officiers, et est affecté comme sous-lieutenant au 76e RI.

Promu lieutenant en décembre 1889, il passe au 109e RI puis rejoint en août 1895 le 68e RI, basé à Issoudun (Indre) où il reçoit le grade de capitaine en novembre 1896.

Il épouse à Paris (9e arr.) Madeleine Louise Baillif, native de la Sarthe. Ils vivent en 1902 à Nanteuil (Deux-Sèvres), car il est revenu à l'école militaire d'infanterie de Saint-Maixent, en tant qu’instructeur.

Accédant en juin 1907 au grade de chef de bataillon, le commandant Boblet relève désormais du 104e RI. Tout en conservant cette affectation, il est nommé, en décembre 1909, directeur de l'école normale de gymnastique et d'escrime, établissement installé dans la partie du Bois de Vincennes qui appartient, à ce moment-là, à la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). L’ensemble du bois sera annexé à la Ville de Paris en 1929.

Jusqu’à l’été 1914, Arsène Boblet va rester en fonction dans l’école de Joinville, poste qui lui assure une visibilité certaine. Il est, à ce titre, désigné, en novembre 1912, pour intégrer la commission chargée de l'éducation physique au ministère de l’instruction publique.

La presse parisien apprécie le rôle de Boblet, « qui dirige avec compétence et tant de distinction l’École de Joinville ». Le président de la République, Raymond Poincaré lui adresse ses félicitations après une visite du stand de l’école en juin 1913, lors du Congrès international d’éducation physique qui a lieu à Paris.

En 1914, l’école de Joinville accueille une vingtaine de lieutenants (âgés 28 ans ou moins), une centaine de sous-officiers et une vingtaine de caporaux et soldats, pour des cours de cinq mois à l'issue desquels sont décernés des prix et des récompenses. Le cours d'escrime s’adresse à des brigadiers et sous-officiers déjà titulaires du brevet et dure onze mois. En outre, elle forme cette même année plus de 1500 instituteurs. Boblet s’efforce d’acclimater la méthode de gymnastique suédoise, segmentée et démonstrative. Il promeut une collaboration étroite avec la Ligue de l’enseignement et l’Union des sociétés de préparation militaire.

À suivre

Le moulin de la Gaudinerie à Boursay (Fondation du Patrimoine)

 

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6 décembre 2025 6 06 /12 /décembre /2025 00:01

Hyacinthe René Miot naît le 5 messidor an 3 (24/06/1795) à Paris. Il est le fils d’Adélaïde Joséphine Arcambal et de son époux, André François Miot. Ses parents sont tous deux originaires de Versailles (act. Yvelines). Son père, haut fonctionnaire au ministère de la guerre, avait échappé de peu à une arrestation en août 1792. Rentré dans la carrière après la fin de la Terreur, il devient secrétaire général du ministère des affaires étrangères puis ministre, sous l’appellation de commissaire aux relations extérieures (an 3 – an 4). Il rejoint ensuite différents postes diplomatiques en Italie à Florence, Rome et Turin, mène plusieurs missions en Corse et en Hollande, redevient ministre, mais cette fois dans le Royaume de Naples où il est fait comte de Mélito par le souverain, Joseph Bonaparte en 1808. René devient en conséquence le chevalier de Mélito. La famille suit le roi Joseph qui accède à un nouveau trône, celui d’Espagne ; le père est surintendant de la maison royale, tandis que la mère est Dame du palais de la princesse.

Après la défaite de l'armée française de Napoléon à la bataille de Vitoria, le 21 juin 1813, la famille quitte l’Espagne avec les Bonaparte. Les Mélito s’installent dans une propriété qu’ils acquièrent en 1814 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), le château de Polangis.

René Miot de Mélito s’engage dans l’armée, servant comme sous-lieutenant dans la cavalerie. Après le retour de Napoléon Ier de l’île d’Elbe, où il avait été exilé, René Miot est aide de camp du général Jamin de Bermuy, époux de sa sœur. Il se fait, selon ses biographes, « remarquer par ses qualités brillantes » et est créé chevalier de la Légion d’honneur.

Il combat pendant la bataille de Waterloo (Belgique) en juin 1815. Il est au côté du général Jamin, qui est tué, et lui-même est grièvement blessé. Il retourne dans la demeure familiale du château de Polangis. Le comte de Miot de Mélito raconte son retour le 23 juin : La blessure de mon fils, qui, au jugement des gens de l'art, quoique grave, n'avait pas, dans le premier moment, paru mortelle, prenait de jour en jour un aspect plus inquiétant. L'os des iles [iliaque, des hanches], qu'on n'avait pas cru attaqué, l'avait été ; la gangrène s'y manifesta, et après avoir langui pendant près de six mois, malgré tous les soins et tous les secours qui lui furent prodigués, il expira le 5 décembre 1815. Il n'avait pas encore atteint sa vingtième année, quand il reçut le coup mortel sur le champ de bataille de Waterloo. »

Selon le registre d’état-civil, Hyacinthe René Miot, chevalier de Mélito, membre de la Légion d’honneur, lieutenant de cavalerie, est décédé le 6 décembre 1815 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, au château de Polangis. Il est inhumé à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.

René Miot de Mélito, portrait 1796

 

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4 décembre 2025 4 04 /12 /décembre /2025 00:01

Suite de la biographie de Marcel Mayer

Le management de Marcel Mayer est critiqué par L’Humanité en novembre 1924. Le quotidien communiste range son usine dans la catégorie « Les sales boîtes » et reproche « Un procédé barbare chez Pathé à Joinville », à savoir une limitation de l’accès aux toilettes pour les ouvrières de l’usine. Le journal remarque que M. Mayer, directeur, est un « homme très Bloc des gauches », critiquant sa proximité supposée avec l’alliance formée par les radicaux-socialistes avec les socialistes SFIO et indépendants.

Parallèlement à ses fonctions de gestion des usines Pathé-Cinéma de Joinville-le-Pont, Marcel Mayer publie en 1926 un ouvrage, Tirage et développement des films cinématographiques. Il assure également un enseignement technique, notamment pour l’association Philomathique, structure d’enseignement professionnel pour le cinéma, la photo et la radio.

Lors de l’Exposition nationale du Travail, qui se tient à Paris en juillet 1927, Mayer fait partie du bureau de la section Cinématographe. Il préside en février 1929 le bureau du groupe la Cinématographie, photographie et instruments de précision de la section française à l’Exposition générale et internationale de Barcelone.

Très impliqué dans les diverses manifestations locales autour de l’usine qu’il dirige, Marcel Mayer est élu en février 1931 président de la Société symphonique de Joinville. Il siège également au conseil d’administration de de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville-le-Pont, constitué en avril la même année.

Vivant à Saint-Maur-des-Fossés, dans le quartier de La Varenne-Saint-Hilaire, boulevard de Champigny, dispose en 1933 de parts sociales dans une société basée à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dénommée Agences immobilières de la banlieue du Sud-Est.

La famille dispose, au moins depuis 1929, d’un résidence secondaire à Guignes-Rabutin (Seine-et-Marne).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Marcel Mayer est exposé aux persécutions raciales, l’origine Juive de sa famille étant bien établi au cours du 19e siècle. Deux tableaux de l’école impressionniste appartenant figurent sur le Répertoire des biens spoliés en France pendant la Guerre 1939-1945, publié en 1947. Il s’agit d’une Vue de la Seine d’Albert Lebourg, et d’une Rue de Montmartre de Maurice Utrillo. Il n’est cependant pas établi que le propriétaire Marcel Mayer soit bien celui qui est l’objet de cette notice, car il existe plusieurs homonymes.

Marcel Ernest Gustave Mayer meurt le 7 février 1945 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), où il était probablement hospitalisé. Il était toujours domicilié à Saint-Maur-des-Fossés, boulevard de Champigny. Âgé de 61 ans, il était père de quatre enfants.

Marcel Mayer a été décoré en septembre 1917 de la Croix de guerre avec étoile de bronze, en février 1938 de la Croix du Combattant volontaire ; il avait été proposé en 1928 pour avoir la Médaille militaire mais ne semble pas l’avoir obtenue. À titre civil, il était officier du Mérite agricole depuis juillet 1927. Il a eu plusieurs décorations de la Mutualité : mention honorable en août 1925, médaille d'argent en décembre la même année, médaille d'or en mars 1932. Il avait obtenu la médaille d'argent du travail en tant que « créateur du service de bains-douches aux usines Pathé-Cinéma à Joinville » en janvier 1929 puis la médaille d'or en mars 1932. Il avait reçu les Palmes académiques comme officier d'académie en février 1926 pour services rendus aux arts.

Une importante documentation a été remise aux Archives départementales du Val-de-Marne (le fonds Marcel Mayer). La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé conserve un ensemble de notes, dénommé Le répertoire Mayer, considéré comme l’un des témoins clés de l’histoire de l’industrie cinématographique.

Fin

Marcel Mayer dans l’usine de Joinville-le-Pont (Fondation Jérôme Seydoux Pathé)

 

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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 00:01

Début de la biographie de Marcel Mayer

Marcel Ernest Gustave Mayer naît le 20 juin 1883 à Paris (17e arr.). Il est le fils de Louise Columeau et de son époux Frédéric Marie Mayer, résidant rue Nollet, tous deux photographes.

La famille Mayer fait partie des pionniers de la photographie. En avril 1848, les frères Mayer fondent, sous le patronage de Louis Daguerre l’Athénée de photographie. Ils s’associent à partir de 1855 à Pierre Louis Pierson dans une société florissante. Ils ont le statut de « photographes de sa majesté l’empereur » Napoléon III. Les frères Mayer, à l’origine du studio, sont le grand-père de Marcel, Gustave Adolphe (1811-1867) et ses cadets Louis Frédéric (1814-1885) et Ernest Léopold (1817-1895).

En 1901, la famille habite à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris. Marcel Mayer est, comme son père et ses aïeux, photographe. Il devance l’appel au service militaire et signe un engagement pour quatre ans en novembre 1902. Il sert au sein du 13e régiment d’artillerie et est nommé musicien en août 1903. Il est démobilisé en novembre 1906.

Pendant sa période sous les drapeaux, il reconnaît, en octobre 1903, être le père d’un garçon, né à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) de sa compagne Blanche Suzanne Renaud, orfèvre. L’enfant, Raymond Marcel Mayer, meurt en janvier 1904.

Au sortir de l’armée, fin 1906, Marcel Mayer est embauché par la firme Pathé-Cinéma, qui dispose notamment d’usines à Vincennes et Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il a le statut de voyageur.

Il est chargé, par le directeur, Charles Pathé, de suivre les succursales étrangères de la la firme à partir de 1911, et notamment de la représenter en Allemagne. Il réside à Berlin dans la Friedrichstrasse en octobre 1912 puis, en avril 1913, dans le quartier de Tempelhof et la Dreibundstrasse. Il s’y rend probablement avec sa nouvelle épouse, Juliette Bigler, lingère, leurs noces ayant eu lieu une semaine avant son départ, en avril 1913, à Saint-Maur-des-Fossés.

Au déclenchement de la première guerre mondiale, Marcel Mayer est toujours à Berlin ; en tant que citoyen d’un pays ennemi, son mobilier est placé sous séquestre. Il réussit à quitter la ville et à rejoindre la France, ce qui lui vaudra d’être considéré comme un combattant volontaire. Il rejoint son unité le 12 août 1914. Il est affecté en septembre 1915 au 62e régiment d’artillerie (RA), où il est nommé brigadier en janvier 1917 puis maréchal des logis (sous-officier) en avril la même année. Il est affecté au 63e RA en octobre. Au cours du mois de mars 1918, il est « intoxiqué légèrement par les gaz » selon son livret militaire et rejoint, en août, le 68e RA. Après la fin du conflit, il est démobilisé en janvier 1919.

Son comportement militaire a valu à M. Mayer une citation à l’ordre du régiment en septembre 1917 : « Excellent gradé et courageux. Rentré d’Allemagne en France après la déclaration de guerre pour rejoindre son corps. »

Ayant repris son activité chez Pathé-Cinéma, Mayer s’occupe notamment de la restitution des biens de Pathé saisis par les autorités allemandes. Il prend, en juillet 1923, la succession de Victor Dosse (1863-1946) à la direction de l’usine de Joinville. Il intègre le comité de direction de la société et exerce sa fonction jusque 1932. Il est alors remplacé par René Nadal (1886-1939), également directeur des Studios de Saint-Maurice.

À suivre

Marcel Mayer (à gauche) dans l’usine de Joinville-le-Pont (Fondation Jérôme Seydoux Pathé)

 

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 00:01

Suite de la biographie de Georges Capgras

À la sortie de la guerre, la situation du peintre Georges Capgras change beaucoup. Il se sépare de sa seconde épouse et son fils, revenu d’Amérique pour combattre pendant le conflit, d’abord dans l’Est de la France puis dans les zouaves avec l’armée d’Orient, est grièvement blessé. Après un bref retour aux États-Unis, il revient en France et meurt, en décembre 1919 des suites de ses infirmités de guerre. Il est enterré à Saint-Maur-des-Fossés, ville de ses grands-parents paternels. En matière professionnelle, Georges Capgras ne fait plus mention de son emploi au Crédit foncier et paraît se consacrer exclusivement à ses activités artistiques. Il vit de nouveau à Paris (9e arr.), dans le quartier Saint-Georges, rue Gaillard renommée ensuite rue Escudier.

Il entreprend des randonnées, en particulier en Alsace, qu’il parcourt à pied et sac au dos. Outre sa participation systématique au Salon des artistes français à Paris, il a des expositions personnelles, comme en novembre 1920 à la galerie Allard, rue des Capucines à Paris mais aussi à Lille, Nancy, Tokyo ou Copenhague. Récompensé par la médaille d'or au Salon des artistes français en 1923 pour le triptyque Terre d’Alsace, il est mis hors compétition dans les salons suivants.

Un des éléments marquants de l’évolution du peintre, c’est son adhésion au spiritisme où, selon ses compagnons, « il trouva la consolation » de la disparition de son fils. Il devient vice-président de l’Union spirite de France (USF) et reste membre du comité de l’association jusqu’à son décès. Il participe activement aux travaux, donne en avril 1936 une conférence sur Le spiritisme et l’art à Paris. Il fait également cadeau à l’USF de son triptyque, Vers la lumière pour sa salle de réunion.

Après avoir eu en 1926 une compagne, Jeanne Chaumon, veuve et employée de commerce, Georges Capgras épouse en novembre 1927 à Paris (6e arr.) l’artiste peintre Henriette Louise Emma Desportes. Parmi les témoins du mariage, on compte Paul Doumer, alors président du Sénat, qui deviendra président de la République en 1931 et sera assassiné l’année suivante. Autres témoin, le peintre Paul Chabas (1869-1937), qui était comme Capgras un ancien élève de Bouguereau ; un autre artiste peintre, Marcel Baschet (1862-1941), malade le jour de la noc, s’était fait excuser. Avec Henriette Desportes, Géo Capgras s’intéresse à la Bretagne, notamment à la ville de Dinan (Côtes-d'Armor) où son épouse réside. Leur union est dissoute par un troisième divorce en juillet 1930 à Paris.

Paul Doumer (1857-1937), qui deviendra président de la République en 1931 et sera assassiné l’année suivante, avait « une très profonde affection », selon la présentation faite en en septembre 1937 par la Revue spirite. Leurs sentiments mutuels s’étaient resserrés leurs deuils cruels : le Président perdit quatre de ses fils à la guerre et Capgras, son fils unique. Ce dernier avait fait le portrait de Paul Doumer qui était présenté au Salon de 1927, et la présidence du Sénat avait acquis le triptyque Terre d’Alsace pour l’exposer dans son salon d’honneur. Paul Doumer avait reçu Georges Capgras dans sa résidence officielle de Rambouillet (Seine-et-Oise, act. Yvelines).

Même si Capgras n’enseigne pas, des artistes se réfèrent à lui, notamment Hélène Benoit-Courcier (1891-1982), peintre versaillaise, originaire du Pas-de-Calais. Selon des sources qu’il n’a pas été possible de vérifier, il aurait également eu une influence sur les peintres Paul-Albert Laurens, Albert Malet, Marcel-Lenoir, Georges Pacouil, Alexander Ossipovich Orlowsky, Renée Unik, Louis, Ludovic et Henri Louis Vallée ainsi qu’Yves Pallies.

Sociétaire des Artistes français depuis 1898, Georges Capgras était également en 1928 membre du comité directeur de la Société des peintres de montagne. En tant que membre du comité de l’Association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs, c’est lui qui présente le rapport annuel lors de l’assemblée générale de cette association, en mai 1939 dans l'École des beaux-arts de Paris.

Georges Capgras meurt le 5 août 1947 à Paris (16e arr.), dans la pension de la rue Chardon-Lagache où il résidait. Il était âgé de 81 ans et père de deux enfants.

Le peintre a été décoré des Palmes académiques comme officier d'académie en janvier 1905 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1909, en tant qu’artiste peintre. Il est fait chevalier du Mérite agricole en septembre 1913 pour sa contribution en tant que dessinateur du Crédit foncier de France. En avril 1925, il devient chevalier de la Légion d’honneur. Son nom est inscrit, sous la forme Géo Capgras, sur la liste des bienfaiteurs de la ville de Saint-Maur, figurant sur une plaque installée dans la mairie.

Georges Gonzalès lui rend hommage en novembre 1947 dans le bulletin de l’Union spirite de France, Survie. Dans le même numéro, le président de l’union, André Dumas, consacre un article intitulé « Géo Capgras se manifeste » au sujet d’une « apparition » qui serait survenue à Paris et qui est racontée par Mlle Leguet, adhérente à l’association.

Plusieurs expositions ont présenté des tableaux de Géo Capgras au 21e siècle. C’est la cas en particulier du musée de Saint-Maur (Val-de-Marne) qui a présenté, en février 2014 une maquette du triptyque Terre d’Alsace, qui est conservé au musée du Luxembourg à Paris, dans la collection du Sénat. Une conférence de Carine Delaporte, attachée de conservation et médiatrice du musée, a été consacrée au peintre, dont une quarantaine d’œuvres sont conservées dans la commune. Dans la même ville, une exposition lors de l’hiver, 2019-2020. Montre La nature sous la neige. « Art/Enfer. Créer à Verdun, 1914-1918 », organisée en novembre et décembre 2022 au Mémorial de Verdun-Champ de bataille à Fleury-devant-Douaumont (Meuse), a affiché L’Enlisé (1917).

Les œuvres de Géo Capgras figurent dans les collections de musées internationaux, notamment en Argentine, à Buenos-Aires ; au Brésil, à la Pinacothèque de São Paulo ; au Danemark, au musée de Copenhague et aux États-Unis, au musée des beaux-arts de San-Francisco (Californie). En France, ses toiles sont conservées par les musées des beaux-arts de Calais (Pas-de-Calais) et de Dijon (Côte-d'Or) et par le musée de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) ; à Paris, on garde sa production au Musée du Luxembourg au Musée de l'armée aux Invalides et à l’hôtel de ville.

Fin

 

Portrait publié dans la Revue moderne 15/09/1922

Portrait de la Revue moderne retouché par intelligence artificielle (ChatGPT) – la coupe de cheveux paraît très irréaliste

 

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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 00:01

Début de la biographie de Georges Capgras

Georges Capgras naît le 16 mai 1866 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Julienne Germaine Malice et d’Antoine Capgras, le quatrième et dernier de leurs enfants. Sa mère est la fille d’un entrepreneur carrier et propriétaire foncier de Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville. Son père est boulanger dans le village de Poigny (Seine-et-Marne), où la famille vit dans le lieudit Les Forges ; il est originaire de cultivateurs de Caumont (Tarn-et-Garonne).

Les parents vivent ensuite séparés et, en 1880, lors du décès du fils aîné, le domicile du père est déclaré comme « ignoré » dans l’état-civil. Georges vit alors avec sa mère et ses deux sœurs à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), route de Flandres puis dans le 9e arrondissement de Paris rue Rodier et ensuite, dans le 18e, rue Ordener. Il fait un service militaire, sans doute de 1887 à 1889.

Lorsqu’il se marie en février 1893 à Paris (9e arr.), Georges Capgras est employé au Crédit foncier de France, une fonction qu’il continuera au moins jusqu’en 1913, alors comme dessinateur industriel. Il épouse une brésilienne, Joséphine de Barros, native de Bahia, fille d’un importateur de machines pour la navigation fluviale. Ils vivent cité Gaillard (act. rue Paul Escudier).

Parallèlement à ses activités administratives, Georges Capgras suit une formation en peinture à l'école des Beaux-arts de Paris. Il a pour professeurs le peintre réaliste et académique William Bouguereau (1825-1905) ; Georges Callot (1857-1903), spécialiste de tableaux de nus et également décorateur ; Émile-Charles Dameron (1848-1908), artiste vagabond inspiré par la Bretagne ; Charles Hermann-Léon (1838-1907), auteur de d’œuvres animalières. Il fréquente également l'Académie d’Auguste Joseph Delécluse (1855-1928) et se rapproche de Gustave Moreau (1826-1898), représentant du courant symboliste, imprégné de mysticisme. Fin 1896, il fait partie des illustrateurs de La Revue de France, lancée par Georges Rocher et qui cesse de paraître trois ans plus tard.

À partir de 1897, Georges Capgras séjourne au Brésil. Il passe probablement par la Guyane. Sa première exposition connue a lieu à Sao-Paulo en 1898. Il rentre ensuite à Paris, adhère à la Société des artistes français et commence en 1899 à participer au Salon des artistes français, où il sera présent chaque année jusqu’à la fin de sa vie.

Il représente principalement des animaux, notamment des taureaux, dans des paysages du Brésil, de Guyane, de Belgique, de Hollande ou de Bretagne qui lui valent un certain succès et la réputation de peintre animalier. Il adopte la signature de « Géo Capgras ». En juillet 1902, il obtient le divorce. Il restera cependant lié à son fils, Jean Rodolphe Raoul Capgras, né en avril 1895 et qui, en 1914, réside à Lutz (Floride, États-Unis) où il ‘est horticulteur.

Pour sa part Georges Capgras vit dans le 18e arrondissement de Paris, rue Damrémont, rue Paul-Féval, rue Caulaincourt et rue de l'Orient. Il se remarie en octobre 1909 à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) avec Augustine Louise Brulin, employée de commerce.

Outre la peinture, Georges Capgras assure la décoration de la chambre à coucher royale, les plafonds et des panneaux du palais d'Abedin, au Caire, pour le roi d’Égypte Fouad 1er ; il a été reconstruit et agrandi par l'architecte Antonio Lasciac entre 1909 et 1911. Il aménage également le salon de musique du paquebot Gallia, lancé le 26 mars 1913, appartenant à la Compagnie de Navigation Sud-Atlantique, qui desservait l’Amérique latine depuis Bordeaux ; réquisitionné pour transporter des troupes pendant la première guerre mondiale, il fut torpillé par un sous-marin allemand et coulé en octobre 1916 en Méditerranée, entre l’Italie et la Tunisie, faisant environ 1 740 victimes.

Au cours de la première guerre mondiale, le couple s’installe à Fontenay-sous-Bois, rue des Charmes et dans la commune voisine de Saint-Mandé, rue de la Fraternité (Seine, act. Val-de-Marne). S’il n’est pas mobilisé pour porter les armes, du fait de son âge, Georges Capgras est « envoyé au front en tant que peintre officiel aux armées » selon l’écrivaine et chercheuse Jacqueline Chénieux-Gendron. Il est un des rares à s’intéresser aux tranchées, notamment avec L'Enlisé, toile immense, qui décrit l’agonie d’un homme se noyant dans la boue. Il réalise également Verdun, terre sainte, les Muletiers allant vers Douaumont ou une étude de cheval mort. Selon Clément Morro, critique d’art de la Revue moderne, « il remarque dans un entonnoir, un crâne humain ; dans chaque orbite une fleur a poussé ! »

À suivre

Pinacoteca de São Paulo, Géo Capgras, Arredores de São Paulo, 1898

 

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8 novembre 2025 6 08 /11 /novembre /2025 00:01

Anne Adélaïde Favray naît le 16 février 1783 à Paris, paroisse Saint-Barthélemy (île de la Cité). Elle est la fille de Marie-Étiennette Renault et de son époux Jean-François Favray, miroitier opticien. La famille vit quai de l’Horloge.

En mars 1808, toujours domiciliée chez ses parents, elle épouse Charles Pierre Chapsal qui se déclare alors employé et devient un grammairien et auteur célèbre en publiant, en 1817, une Nouvelle grammaire française, qui va connaître un grand succès et assurer la richesse du couple. Anne Adélaïde aurait été une ancienne élève de Charles Pierre Chapsal, professeur au lycée Louis-le-Grand ; l’établissement n’était pas mixte, mais Chapsal avait peut-être des élèves privés.

Le couple vit rue de la Cerisaie (4e arr.) puis boulevard Beaumarchais (3e arr.). au cours du mois de septembre 1835, ils acquièrent une résidence secondaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune alors rurale sur les bords de Marne. Le château de Polangis, situé sur la rive gauche de la Marne, alors très peu peuplée, appartient alors à Jean-Claude Moynat Jean Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9, puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837).

Inscrit sur la liste censitaire des électeurs de la commune de Joinville en 1837, Charles Pierre Chapsal figure alors en 49e position sur 61, par ordre de revenu. Mais en 1838, il est l’électeur le plus imposé et le restera jusqu’en 1848. Élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1840, il provoque en 1843 le renversement du maire en place Laurent Nicolas Pinson, et prend sa place jusqu’en 1848 ; il est à nouveau élu en 1852 jusqu’à sa mort en 1858 et siège en outre au conseil d’arrondissement à partir de 1855.

La commune de Joinville était une des rares du département à ne pas disposer d’un établissement de culte paroissial. Une église est construite à partir de 1856 sur des plans de l'architecte Claude Naissant, avec un financement communal et un prêt sans intérêt des époux Chapsal. Inaugurée en 1860, après la mort de Charles Pierre Chapsal en janvier 1858, elle prend le nom de « Saint-Charles-Borromée ». Dans les vitraux, on trouve des représentations de saint Charles Borromée et de sainte Adélaïde. Plus tard, la deuxième église de la ville, située sur le territoire de Polangis, portera le nom de Sainte-Anne (1910).

Restée seule propriétaire du domaine de Polangis, Anne Adélaïde Chapsal y vit en compagnie d’Auguste Courtin (1825-1908), fils naturel de Charles Pierre Chapsal, dont elle fera son fils adoptif ; il est élu maire de Joinville après le décès de Charles Pierre Chapsal. Il avait figuré dans les recensements communaux de Joinville sous le nom d’Émile Chapsal. Anne Adélaïde et Charles Pierre Chapsal avaient eu un enfant ensemble, François Charles Chapsal (1809-1831), mort à Hyères (Var) lors d’un déplacement en février 1831.

La veuve Chapsal continue une activité caritative, qui était celle du couple, par exemple en souscrivant en faveur de victimes d’inondations en novembre 1866.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, le territoire de Polangis est, avec celui adjacent du Tremblay, le lieu de la bataille de Champigny. Toute la population de Joinville quitte le territoire. Le château de Polangis, qui a été vidé de ses meubles, devient le logis du général Ducrot, qui tente d’assurer la défense de l’Est de la capitale ; il y tient un conseil de guerre le 30 novembre 1870. La veuve Chapsal avait, en septembre 1870, participé à une souscription de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) organisée par la commune de Joinville-le-Pont ; elle fournir une aide de 1 000 francs, équivalente à celle de l’ensemble du conseil municipal, sur les 3 029 francs récoltés dans la ville.

Anne Adélaïde Chapsal meurt le 16 février 1880 à Joinville, jour de son 97e anniversaire, dans son château de Polangis. Son décès est déclaré par son adoptif Joinville, Auguste Courtin, et par Jules Guillet (1831-1905), vétérinaire militaire en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et exploitant de la ferme du domaine de Polangis. Elle est inhumée au cimetière de Joinville. Une rue de la commune porte le nom de « rue Chapsal ».

Par testament, Anne Adélaïde Chapsal lègue l’importante somme de 36 000 francs qui est répartie également entre le bureau de bienfaisance de Joinville-le-Pont, la fabrique de l'église de Saint-Charles-Borromée et la commune. En octobre 1911, lors de l’inauguration d’un agrandissement de la mairie de Joinville, une plaque est apposée pour les « bienfaiteurs de la commune » ; la veuve Chapsal y figure chronologiquement en troisième position, son mari étant le premier en date.

Un an après le décès, en février 1881, Auguste Courtin, héritier unique du château de Polangis, vend le domaine à la Société immobilière de Polangis, qui va le lotir et démolir le château en 1904.

Auguste Courtin avait démissionné, en cours de mandat, de ses fonctions municipales en 1876 et quitté Joinville l’année suivante. Il s’installe à Salbris (Loir-et-Cher), où il acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et devient, en 1884, maire de Salbris, fonction qu’il exerce jusqu’en 1900. Il siège de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher. Son fils André Courtin (1859 - après 1942), né au château de Polangis, ingénieur agronome, exploitant agricole devient aussi maire libéral de Salbris (1900-1912) et élu départemental (1901-1907) ; syndicaliste et mutualiste, il est chevalier de la Légion d’honneur.

Tombe Chapsal au cimetière de Joinville

Voir aussi :

Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)

Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 00:01

Marie Arabelle Slooper naît vers 1780 à Rumford, dans l’Essex, en Angleterre. Son nom est généralement écrit Sloper, mais également parfois Hoper. Elle utilisera quant à elle la graphie Slooper. Elle est la fille de William Sloper et de son épouse Marguerite Bell.

Au moment de son décès, le registre d’état-civil mentionne qu’elle est née « aux Indes ». Il est possible que son père soit l’officier anglais se rendant aux Indes, qui a procédé à la « Capture de deux noirs malais fugitifs de l’Ile de France » (act. Île Maurice). Une correspondance est envoyée à ce sujet par le poste français au Cap de Bonne-Espérance (act. Afrique-du-Sud) en direction du bureau des Colonies rattaché au secrétariat d'État à la Marine.

En août 1818, Marie Arabelle Slooper, qui est protestante, est mariée avec Jean Grillard.

En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,

Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.

Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.

Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.

En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an 9, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834 ; il est aussi père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.

Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon. Jean Grillard devient maire du village en 1826 et meurt en avril 1828.

Seule héritière de Jean Grillard, Marie Arabelle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle dispose de fonds à hauteur de 289 680 francs.

Marie Arabelle épouse en mai 1829 à Paris (10e arr.) un notaire, Gilbert Juge. Ils s’installent à Ollainville, dans la maison de La Roche, où ils ont trois domestiques à demeure. Son second mari y décède en novembre 1849.

Au début des années 1850, Marie Arabelle séjourne dans ses deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université. Elle négocie des prêts et acquiert d’autres biens immobiliers à Paris, comme une maison rue Lemercier, dans le quartier Batignolles-Monceau et un hôtel rue de Londres. Elle achète également des terres à Ollainville.

Marie Arabelle Slooper meurt le 9 octobre 1856 à Soisy-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Essonne), village à 25 kilomètres d’Ollainville. Elle était deux fois veuve, âgée d’environ 76 ans et n’avait pas eu d’enfant.

Le hameau de La Roche à Ollainville (Essonne)

 

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