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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 01:01

Henri Georges Vardinal naît le 2 décembre 1893 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Louise Eugénie Charbonneix et de son mari, Édouard Henri Vardinal, monteur en bronze. Il exerce le même métier que son père lors de son incorporation au titre du service militaire en novembre 1913. Il vit chez ses parents qui se sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Le comportement de Vardinal pendant la première guerre mondiale, où il est téléphoniste dans le 32e régiment d’artillerie, lui vaut trois citations, à l’ordre du régiment en juillet 1916, à l’ordre du corps d'armée en janvier 1917 et à l’ordre du grand quartier général en août 1918.

Blessé une première fois d’un éclat d’obus à la tête et à l’œil en septembre 1914, Vardinal est de nouveau très gravement atteint en juillet 1918 par un éclat d’obus au bras en réparant une ligne près de la ferme de Montrambeuf, Aisne. Il est amputé du bras gauche. À ce titre, il sera pensionné puis éligible à un emploi réservé.

Ses actions valent à Vardinal de recevoir la croix de guerre avec étoile de bronze et la médaille militaire en août 1918.Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1933 puis officier en juin 1947.

Après-guerre, Vardinal réside toujours à Joinville-le-Pont et devient commis de serrurerie. Il épouse Juliette Eugénie Hébrard et séjourne à Nîmes (Gard) où naît sa fille Yvonne en 1927.

La famille est de retour à Joinville en 1931, demeurant avenue Jean-d’Estienne-d’Orves, dans le quartier de Polangis, mais faisant régulièrement des séjours dans le Gard.

À partir de février 1943, Vardinal est employé comme auxiliaire du ministère du travail, détaché au bureau de placement de Joinville, qui s’occupe de la gestion du chômage dans la commune. Il devient agent dans la même fonction en 1948 avant de faire valoir ses droits à la retraite en novembre 1957. Pendant l’occupation, une enquête de voisinage conduite en 1947 témoigne qu’il « n’a pas fréquenté les allemands » et « leur était très hostile. »

Son père, Édouard Vardinal, devient brièvement conseiller municipal communiste de la commune en mars 1953. Son frère Roger est cantonnier à la mairie.

Henri Georges Vardinal meurt le 1er août 1966 à Créteil, où il était hospitalisé. Il résidait toujours à Joinville et était âgé de 72 ans.

Son épouse rejoint, en 1967, sa fille qui vit aux États-Unis à Chicago, Illinois.

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 01:01

Édouard Henri Vardinal naît le 10 février 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Adélaïde Rousseau et de son époux Constant Vardinal, sellier.

Vivant toujours dans le même arrondissement, Édouard Vardinal devient monteur en bronze. Il fait un service militaire raccourci en 1891-1892, du fait du décès de son père, et épouse en février 1893 à Paris (10e arr.) Louise Eugénie Charbonneix, fille d’un maçon.

Entre 1897 et 1904, la famille vit aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis) puis revient dans à Paris (19e arr.), square Bolivar, en 1907. À partir de 1913, la famille est définitivement installée à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Pendant la première guerre mondiale, Vardinal est d’abord affecté au 29e régiment d’artillerie, basé à Laon (Aisne), puis, à partir de juin 1916 détaché au sein de la maison Vachette, rue du Chemin-Vert à Paris (11e arr.).

Après le conflit, Vardinal travaille à la maison Thibault où il est chef de fabrication pour le montage de bronze.

En novembre 1947, lors des élections municipales à Joinville-le-Pont, Édouard Vardinal figure sur la liste Union républicaine et résistante, qui rassemble des communistes, des radicaux et d’autres personnalités de gauche. La liste obtient une moyenne de 3 017 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44,4%), étant légèrement devancée par la liste gaulliste du RPF avec 3 066 votes (45,1%). Cependant, les deux listes ayant chacune 13 élus, c’est le socialiste SFIO Berthet, seul de sa liste, qui permet au maire sortant Robert Deloche de retrouver son poste.

En 1950, c’est probablement Édouard Vardinal (ou son fils Henri), qui participe en tant que responsable des Vieux travailleurs au 6e anniversaire de la Libération de la ville.

Non élu en 1947, Édouard Vardinal va être appelé à siéger au conseil municipal le 16 mars 1953, en remplacement de Robert Deloche, démissionnaire. Amélie Trayaud, communiste également, est élue maire. Son mandat prit fin dès le 26 avril 1953.

Édouard Vardinal meurt le 1er octobre 1953 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 83 ans. Il avait eu deux enfants.

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 00:01

Marie Victor Robin naît le 14 octobre 1784 Bard (act. Bard-lès-Époisses, Côte-d'Or). Il est le fils de Reine Martin et de son époux Jean Robin, vigneron. Présenté comme salarié, il épouse en septembre 1811 à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) Claudine Foignot, également salariée et fille de vignerons.

Peut-être faut-il le rapprocher de son homonyme, victime lors de la révolution de juillet 1830. La commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés attribue en effet en 1832 une aide à Robin (Marie Victor), après l’avoir inscrit dans la 1e classe des blessés de Paris (1er arr.)

Au moment du décès de celle-ci, en juin 1834, Marie Victor Robin et son épouse vivent à la ferme de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils sont cultivateurs. Avec son fils, Robin est également grainetier.

En février 1838, Marie Victor Robin se remarie avec Élisabeth Clémentine Guillet, fille du fermier de Polangis, Jean Simon Guillet. Lors du mariage, comme lors du décès de sa première femme, tous les témoins exercent ou vont exercer des responsabilités politiques : Pierre Ursin Marcellis, Louis Théodore Eugène Benoit, Eugène Napoléon Rozier, Jean Marie Molette et Louis Alphonse Chéret.

Marie Victor Robin devient lui-même membre du conseil municipal en août 1840. Il en démissionne en août 1843. Il est alors marchand de bois et réside rue du Pont, sur la rive droite de la Marne, ayant quitté la plaine de Polangis. Il quitte la commune, sans doute après 1848.

Marie Victor Robin meurt le 24 mai 1867 à Chelles (Seine-et-Marne) où il résidait, rue Saint-Georges, avec sa seconde épouse. Il avait 62 ans.

Il n’avait aucune parenté avec Jean Joseph Robin, qui fut maire de Joinville-le-Pont.

Vue de Polangis

 

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 00:01

Jean Joseph Robin naît le 4 juillet 1769 à Lésigny (Seine-et-Marne). Il est le fils de Marie Jeanne Lebourlier et de son époux Joseph Robin, cordonnier.

Il épouse en brumaire an 2 à Paris (novembre 1793) Marie Madeleine Guichot. Ayant prêté serment en tant qu’avocat en l’an 12 (1804), Jean Joseph Robin exerce cette activité à Paris, disposant d’un cabinet dans son domicile du 102, rue du Temple.

À partir de 1818 au moins, il dispose également d’une résidence secondaire à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), présentée comme une maison de campagne.

En avril 1818, le maire Jean Baptiste Louis Besançon étant démissionnaire, le préfet nomme par arrêté Jean Joseph Robin qui est signalé comme ayant un enfant et une fortune de 6 000 francs.

Le rôle des maires fait question sous la Restauration. Lors d’un débat au parlement en 1818, le ministre de l’Intérieur Joseph Henri Joachim Lainé, qui appartient au parti des ultras, défend la conception du maire en tant que fonctionnaire, chef de localité. Face à lui, le chef de file des libéraux, François Guizot, considère qu’il s’agit d’un notable, porte-parole qu’il faut choisir parmi les conseillers municipaux élus au suffrage censitaire.

Pendant le mandat de Jean Joseph Robin, les parcelles du territoire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, séparées par la Marne, ne sont plus reliées par un pont. La rive gauche, qui comprend notamment la ferme et château de Polangis est séparée du bourg, depuis la destruction, le 30 mars 1814, du pont lors des combats avec armées d’Autriche, du Wurtemberg et les cosaques de Russie. Le pont sera reconstruit à partir en 1822.

Robin présente, comme son prédécesseur, sa démission en septembre 1821, dans une lettre au sous-préfet en charge de l’arrondissement de Sceaux, où il signale être en mauvais état de santé. Il est remplacé par Claude Pierre Jacmart. Il quitte également sa résidence pour s’installer à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne).

Cependant, en avril 1825, son successeur, Jacmart, propose sa candidature pour un poste de conseiller municipal suite au décès d’un ancien maire, Jacques Roch Vingdlet. Le sous-préfet répond que, s’il reprend sa résidence, il veut bien le nommer car « il le regarde comme un homme très méritant ». Il reprend un poste de conseiller dans l’assemblée communale.

Ayant alors cessé son travail d’avocat agréé au tribunal de commerce de la Seine, Robin est de nouveau désigné en septembre 1828. Il est élu, au suffrage censitaire, en septembre 1831 dans le premier conseil municipal constitué sous la monarchie de Juillet. La commune vient d’adopter le nouveau nom de Joinville-le-Pont.

Jean Joseph Robin meurt, en fonction de conseil municipal le 10 février 1837 à Paris (6e arr.). Il était âgé de 67 ans. Son gendre, Pierre Éloi Durand, également avocat auprès de la cour royale puis de la cour d’appel, utilisera le nom de Durand-Robin.

 

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 00:01

Laurent François Pinson est né le 8 avril 1755 à Lizy-sur-Ourcq (actuellement en Seine-et-Marne). Il est le onzième des douze enfants de Marie Jeanne Le Blond (1715-1760) et Laurent Pinson, marinier (né en 1707) et le dix-septième des dix-huit enfants qu’aura eu ce dernier dans ses deux mariages.

Il épouse en 1788 Jeanne Marguerite Mathieu (1764-1843) avec laquelle il aura quatre enfants : Laurent Nicolas (1788-1867), Marie Marguerite (née en 1790), Charles Hyppolite (1793-1881) et Jean François (né en 1805). Il exerce la profession de marchand de bois.

En 1790, les habitants du hameau du Pont de Saint-Maur, rattaché à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur, proclament leur commune indépendante de celle de Saint-Maur. Les 409 résidants en 1793, conduits par Edme Lheureux, marchand de bois, arguent de l'existence d'un lieu de culte, la chapelle Saint Léonard et de la nécessité de défendre le pont sur la Marne. Le maire de Saint-Maur proteste et adresse une plainte à la municipalité de Paris, le 5 mai 1791. Des démarches identiques seront renouvelées jusqu'en 1830.

S’il ne figure pas dans l’exécutif de la municipalité de facto constituée en février 1790, Laurent Pinson est le deuxième officier municipal de la commune après les élections municipales de novembre 1790, Edme Lheureux étant maire. Il est également prudhomme assesseur du juge de paix. Laurent Pinson signe le registre d’état-civil communal le 20 janvier 1993 en tant que membre du conseil général de la commune ; il ne figure pas dans la municipalité élue le 4 avril 1793.

En fonction de la loi du 28 pluviôse an 8, un conseil municipal est élu en 1800. Laurent Pinson est désigné en tant que maire par le préfet de la Seine, Nicolas Frochot. Il est à nouveau nommé en 1808 et 1813.

Le 30 mars 1814, quatre cents conscrits et huit pièces d'artillerie défendent le pont de Saint Maur contre les régiments autrichiens, wurtembourgeois et cosaques, qui l'emportent. La bataille fait 265 morts. Des cadavres sont retirés de la Marne pendant deux mois. Le pont, principale ressource de la commune, est détruit et ne sera restauré qu’à partir de 1822.

Il mourra en fonction le 27 décembre 1814 dans sa commune et aura pour successeur Jean-Mathurin Lemaire (1771–1850), épicier, qui est assure l’intérim puis est maire en mars 1815. Laurent Pinson a été décoré de la Légion d’honneur pendant le Premier empire.

Son fils aîné, Laurent-Nicolas, puis son arrière-petit-fils, Gabriel, seront également maires de la commune. Son deuxième fils, Charles Hippolyte, sera maire adjoint. Un autre arrière-petit-fils, Albert Bocquentin, sera également conseiller municipal de Joinville.

 

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 00:01

Suite de la biographie de Gabriel Pinson

C’est sous le mandat de Gabriel Pinson que la zone de Polangis sur la rive gauche de la Marne, jusqu’ici peu habitée, va devenir le principal quartier pavillonnaire de Joinville. Elle avait été, en 1870, le théâtre d’une bataille meurtrière entre les forces françaises et prussiennes. Le château de Polangis, qui appartenait aux héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire, est vendu par eux en 1881. En 1883, un lotissement est réalisé dans le parc du château, et le bâtiment du château sera démoli en 1902. En 1886, un canal, appelé également ru de Polangis (ou Petit-Bras) est creusé, pour attirer les canotiers parisiens et les inciter à acheter les parcelles mises en vente.

À partir de fin 1887, Pinson continue son activité publique, présidant les séances du conseil municipal et participant aux cérémonies publiques. Il semble cependant réduire sa présence en mairie, probablement suite à une dégradation de sa santé, puisqu’il ne signe plus les registres d’état-civil à compter du 15 décembre.

Les radicaux-socialistes critiquent la gestion du maire, un incident éclatant lors de la session du conseil de février 1888 entre Albert Bleunard et Pinson, ce dernier menaçant de se retirer parce que Bleunard lui reproche de ne pas appliquer la règlementation à propos de l’école maternelle. L’hebdomadaire radical Voix des communes lui reproche son attitude : « Quelle sensitive vous êtes, excellent M. Pinson ! C’est de l’autoritarisme cela, et du plus détestable pour vos administrés, ils ne veulent pas vous faire de la peine, et pourtant ils voudraient pouvoir vous présenter des observations comme à une personne naturelle ! »

En avril, le comité radical-socialiste convoque les élus sortants pour leur poser cinq questions : 1) vous représentez-vous ? 2) avez-vous voté les poursuites contre le curé ? 3) êtes-vous partisan d’un sénat ? 4) en cas de changement législatif, êtes-vous favorable au maintien des appointements du curé ? 5) réunions du conseil municipal le soir ou l’après-midi ? Pinson et dix autres membres de sa majorité refusent de répondre à la convocation.

Les élections de mai 1888 opposent une liste républicaine modérée, conduite par Pinson, à une liste radical-socialiste, dirigée par Alphonse Demeestère. Les premiers obtiennent 18 élus, dont 17 dès le premier tour, les seconds en ont 3. Pinson recueille 353 voix, moins que Rousseau, Voisin et Chéret, mais est reconduit dans sa fonction de maire par 17 voix sur 21.

Gabriel Charles Eugène Pinson meurt le 20 juin 1888 à Joinville, un mois et demi après sa réélection, à l’âge de 53 ans. Son ancien adjoint, Eugène Voisin, le remplace. Pinson avait été décoré en juin 1883 d’une médaille d'argent pour actes de courage et de dévouement : « s'est signalé maintes fois par sa belle conduite, notamment lors des inondations qui ont eu lieu de 1878 à 1883. »

Avec sa mort, disparaît du conseil municipal de Joinville le nom de Pinson, qui était présent – quasiment sans interruption – depuis 1791 avec trois maires (Laurent François, Laurent Nicolas puis Gabriel et un maire adjoint, détenteur du record de présence avec 47 ans de mandat (Hippolyte).

Cependant, ce n’en est pas encore fini avec la descendance de Laurent François Pinson. Un autre de ses arrière-petits-fils, cousin de Gabriel Pinson, est élu au cours d’une élection municipale partielle en mars 1890. Albert Louis Bocquentin (1842-apr. 1903), négociant et industriel, conservateur, siègera deux ans au conseil municipal jusqu’en 1892.

Fin

Vue de Polangis

 

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 00:01

Suite de la biographie de Gabriel Pinson

Le scrutin municipal de mai 1884 voit la victoire des candidats républicains, qui recueillent environ 85% des suffrages exprimés, contre 15% pour les conservateurs. Au sein des républicains, on note le retour d’éléments de la gauche radicale, y compris plusieurs des anciens élus écartés en 1881 comme Demeestère et Diot ou une personnalité radicale parisienne, Jules Ferdinand Baulard. Pinson lui-même est élu dès le premier tour avec 387 voix, un peu moins que ses adjoints Nicolas Chéret et Eugène Voisin.

Le renforcement du nombre des élus radicaux, joints à l’apparition d’un hebdomadaire de cette tendance, Voix des communes, couvrant l’actualité du canton de Charenton, va amener à des relations politiques plus tendues. Ainsi, une proposition de suppression de l’octroi en août 1884 met face-à-face les commerçants, qui aimeraient augmenter leurs marges, et les contribuables bourgeois, qui redoutent une hausse de leurs impôts. Elle est abandonnée. En novembre la même année, certains élus de gauche veulent que les séances du conseil municipal se tiennent en soirée, pour permettre aux public et aux élus travaillant en dehors de la ville d’y participer, mais Pinson refuse au nom de la tradition qui les fait se réunir l’après-midi.

Pinson se rapproche cependant de certains des élus les plus engagés sur la question de l’anticléricalisme, car il est lui-même franc-maçon. Ainsi, le conseil municipal entre en conflit en juillet 1884 avec le curé et le conseil de fabrique, qui gère les moyens de la paroisse. Il supprime l’indemnité de logement accordée au desservant de l’église Saint-Charles, la seule de la commune.

La lutte entre d’une part le prêtre Ernest Jouin, un intellectuel en pointe dans la lutte contre la franc-maçonnerie, et d’autre part les libres-penseurs de l’assemblée communale, va atteindre un pic en avril 1885. Suite à des irrégularités dans la comptabilité des recettes des pompes funèbres, le maire avait obtenu du ministre de l’intérieur et des cultes la dissolution du conseil de fabrique. La reconstitution d’un conseil nécessitait que le préfet et l’archevêque de Paris désignent chacun deux représentants, en sus du maire et du curé, membres de droit. Sur la suggestion de Pinson, le préfet désigna Honoré Jullien et Jules Ferdinand Baulard, deux conseillers municipaux notoirement francs-maçons et franchement anticléricaux.

Ayant besoin de faire approuver les comptes de l’exercice précédent et de voter le nouveau budget, le curé convoqua le conseil de fabrique pour le 11 avril 1885. Le maire s’y présenta accompagné de Baulard, mais il eut la surprise de voir les membres révoqués de l’ancien conseil. Il s’en étonna et, en réponse, on lui rétorqua que, le cardinal-archevêque n’ayant pas nommé ses délégués, le nouveau conseil n’était pas entièrement constitué ; par ailleurs, Ernest Jouin soutenait que, puisqu’il s’agissait d’apurer les comptes antérieurs, c’était aux fabriciens sortants de le faire.

Des échanges très tendus s’ensuivirent, les partisans de l’abbé Jouin exigeant le départ de Baulard qui avait traité le trésorier de « voleur ». Ils distribuèrent des noms d’oiseaux : « Canailles, voleurs, francs-maçons, buveurs d'absinthe » et, le maire ayant rappelé la décision préfectorale concernant le conseil dissous, le curé déclara : « je me fiche du préfet… » Les élus municipaux allaient quitter la salle quand Gabriel Pinson, qui marchait mal du fait de la goutte dont il était atteint, fut saisi au collet par le trésorier, Victor Durand, et jeté à terre.

La justice fut saisie et plusieurs procès furent organisés. S’agissant des voies de fait, Durand fut, en première instance, condamné à six jours de prison et un franc de dommages et intérêt, mesure réduite, en appel, à 16 francs d’amende. Sur la question de la légalité de la réunion du conseil de fabrique, c’est un jugement de janvier 1886, confirmé en mars par la Cour d'appel de Paris, chambre correctionnelle puis par la Cour de cassation en octobre de la même année. Les membres révoqués furent condamnés chacun à 25 francs d'amende.

À suivre

L'église Saint-Charles à Joinville

 

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 00:01

Suite de la biographie de Gabriel Pinson

En septembre 1879, un conflit va éclater au sein du conseil municipal, opposant d’un côté les plus radicaux, derrière Alphonse Demeestère, et de l’autre la droite, derrière Gabriel Pinson.

Adolphe Morandy, ancien officier de la Commune de Paris, gracié et rentré du bagne en août 1879, est hospitalisé à l'Hôtel-Dieu, hôpital de Paris, dont il sort le 13 septembre pour s’installer à Joinville, dans un dénuement absolu selon Demeestère. Ce dernier, qui fut un révolutionnaire de 1848, décide de lui venir en aide et lance une souscription en sa faveur dans la commune. Mais le commissaire de police de Joinville le fit appeler et lui dit avoir reçu une lettre du maire ordonnant d'empêcher cette souscription. Il considère dans une lettre reprise par les quotidiens Le Petit Parisien et Le Rappel « inouï d'un maire se disant républicain qui ne voulant rien faire pour les amnistiés, empêche ses administrés de venir au secours d'un malheureux en interdisant le seul moyen de lui venir en aide d'une manière efficace. »

Demeestère raconte que, lors d’une séance du conseil municipal, il avait fait la proposition de former un comité de secours aux amnistiés. Selon lui, sa demande « fut repoussée vivement par le maire, l'adjoint et un grand nombre de [ses] collègues. »

Suite à ses interventions dans la presse, Pinson fait voter par le 27 septembre un blâme contre Demeestère, qu’il fait afficher dans Joinville. Outre Demeestère, sept autres élus locaux refusent de se prononcer en faveur du texte de Pinson qui « loue M. le maire, dont les opinions républicaines ne peuvent être suspectées, pour sa bonne administration, l'énergie avec laquelle il sait, dans une juste mesure, faire respecter ses droits, et l'impartialité avec laquelle il dirige les travaux du conseil. »

Lors des élections municipales générales de janvier 1881, Gabriel Pinson est réélu avec la majorité de ceux qui l’avaient soutenu en 1879. Par contre, ses opposants sont tous éliminés de l’assemblée communale.

Le journaliste Henry Vaudémont commentera, en juin 1884, l’élection de 1881 : « C’est inouï quelle consommation ces 4 000 habitants font de calomnies, de médisances, d’insinuations perfides, d’enquêtes sournoises. (…) On a choisi [pour le conseil municipal] des commerçants qui ne se sont même pas donné la peine de rédiger un programme. (…) Le maire, M. Pinson, n’est pas un méchant homme, il s’occupe des affaires de la commune avec autant d’ardeur que si c’étaient les siennes propres. C’est même le seul défaut que l’on ait à relever dans son caractère : il est trop zélé à faire ce qu’il croit être le bien et ne supporte pas assez la contradiction. Or comme tout homme est susceptible, il est nécessaire qu’une opposition – non point systématique, mais courtoise – lui rappelle de temps en temps qu’un excès de zèle est un défaut. Le noyau de cette opposition existe dans le conseil et nous ferons de notre mieux pour diriger ses efforts et le faire grossir si faire se peut. »

En mars 1881, Pinson est amené à témoigner au procès d’un de ses conseillers municipaux, Jean Ferdinand Lucot (1831-1885). Ce dernier, entrepreneur riche et estimé, est jugé par le tribunal de la Seine sous l’accusation de tentative d’escroquerie au préjudice de la ville de Paris. Il aurait demandé, en  novembre 1880, le paiement de travaux effectués l’année précédente. Or, sa facture avait déjà été réglée en avril. Après que Pinson ait déclaré qu’il le considérait comme « au-dessus de tout soupçon », l’ancien maire Courtin assura qu’il était d’une « exquise probité ». Un médecin vint expliquer que Lucot, à la suite d’une chute faite autrefois du haut d’un échafaudage, est resté sujet à des absences de mémoire. Il considère qu’il était dans une crise d’amnésie. Le tribunal l’acquitta.

De fin novembre 1882 à janvier 1883, la commune de Joinville fait face à une importante inondation de la rivière Marne, qui restera la crue de référence jusqu’à celle de 1910. Dans le seul quartier de Palissy, 120 maisons, sous les eaux, sont évacuées, tandis que les usines du quartier du Canal (usine des eaux de Paris, forges de Saint-Maur) sont à l’arrêt, mettant 300 ouvriers au chômage. Plusieurs journaux récoltent des fonds pour les inondés, que la mairie réceptionne.

À suivre

Marchands de fleurs à Joinville

 

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 00:01

Début de la biographie de Gabriel Pinson

Gabriel Charles Eugène Pinson naît le 31 mai 1835 à Joinville-le-Pont, commune dont son grand-père Laurent Nicolas Pinson est alors le maire, et dont son arrière-grand-père, Laurent François Pinson fut lui-même premier magistrat quand elle portait encore le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il est le fils de Louise Esther Paquet et de son époux, Marie Eugène Pinson, marchand de bois.

En octobre 1857 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Gabriel Pinson se marie avec Adélaïde Émelina Préaux. Ils sont alors restaurateurs dans cette commune et y résident encore en 1866.

Revenu dans sa ville natale, Gabriel Pinson prend en novembre 1874 la succession au sein du conseil municipal de Joinville d’un grand-oncle, Hippolyte Pinson, qui avait siégé pendant 47 ans au sein de l’assemblée locale. Le maire réélu est le conservateur Auguste Courtin. Pinson se situe pour sa part dans la droite modérée, soutenant un candidat de cette tendance (Gauche républicaine) lors du scrutin législatif de mars 1876. En septembre de cette même année, Courtin démissionne de sa fonction et de l’assemblée ; il quitte également Joinville. Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, son ancien adjoint le remplace.

Lors du scrutin municipal de janvier 1878, Rousseau et sa majorité conservatrice sont balayés ; les seuls sortants réélus sont trois républicains, Eugène Voisin, Gabriel Pinson et Alphonse Pilté. Ils sont rejoints par plusieurs autres radicaux, comme François Blaize, Honoré Jullien ou Alphonse Demeestère. Gabriel Pinson est élu maire, tandis qu’Eugène Voisin et Jules Marchais deviennent ses adjoints.

À une époque où les monarchistes croient encore être en mesure de reprendre le pouvoir, Pinson organise en décembre 1878 une manifestation en faveur de la République à l’occasion des élections sénatoriales. Le contraste avec la municipalité précédente est salué par la presse de gauche, comme le quotidien Le Rappel.

À suivre

Joinville, la rue du Pont où demeure Pinson

 

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 00:01

Louis Théodore Eugène Benoit naît le 28 avril 1832 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Thaïs Destouches et de son époux Louis Théodore Eugène Benoit, restaurateur et marchand de vins en gros. S’il porte les mêmes prénoms que son père, il semble se faire désigner préférentiellement comme Louis Eugène (ou Eugène) tandis que ce dernier utilise plutôt Louis Théodore.

Devenu boucher, il exerce d’abord à Houilles (Seine-et-Oise, act. Yvelines) où il réside en 1856 puis à Montmartre, qui devient en 1860 un quartier de Paris (18e arr.), où il réside en 1866.

En mars 1856 à Melun (Seine-et-Marne), Louis Eugène Benoit épouse Éléonore Julienne Lagrange. Probablement après la guerre franco-prussienne de 1870, Benoit vient s’installer de nouveau dans son village natal.

Son arrière-grand-père, François Joseph Benoit (1753-1802), perruquier, fut le secrétaire-greffier de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, ancien nom de Joinville pendant la période révolutionnaire. Son père fut conseiller municipal de Joinville sous monarchie de Juillet (1834-1840). Lui-même participe en novembre 1874 une réunion de soutien à une liste républicaine, qui s’oppose à celle du maire sortant, Auguste Courtin, conservateur. Si plusieurs des promoteurs de cette liste sont battus (Alphonse Demeestère, Victor Moignard, Pouzet et Valéry), Benoit entre lui dans l’assemblée locale en compagnie de Cambier et Pilté. Courtin réélu, laissera la place en cours de mandat à Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste.

Ce dernier est battu lors des élections suivantes, en janvier 1878, les monarchistes sont battus et un maire républicain, Gabriel Pinson, est élu. Louis Eugène Benoit est réélu. Il semble cependant ne plus siéger au conseiller municipal en 1879 et fait peut-être partie des démissionnaires remplacés au cours d’une élection partielle cette année-là. Il s’était engagé comme sapeur-pompier dans la compagnie de Joinville.

Louis Eugène Benoit va s’installer à Crépy-en-Valois, Oise, lieu d’origine de sa mère.

Il s’y remarie, en mars 1897 avec Marie Héloïse Delabove. La cérémonie se déroule en application de l’article 75 du Code civil (mariage in extremis) qui permet, « en cas de péril imminent de mort de l'un des futurs époux » de le célébrer en dehors de la maison commune, en l’occurrence au domicile de Benoit, 58, rue Nationale. L’acte précise qu’il en est ainsi « à cause de l’état de santé du futur époux. »

Louis Eugène Benoit meurt le 7 mai 1897 à Crépy-en-Valois, un mois et demi après les noces. Il était âgé de 65 ans. Il avait été décoré d’une médaille d’argent en mai 1880 pour avoir, en Joinville de cette année « bravé tous les dangers de la débâcle des glaces de la Marne, pour porter secours aux personnes surprises par la crue subite des eaux. »

La Marne prise par les glaces (coll. Arch. dép. Val-de-Marne)

 

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