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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 00:01

Début de la biographie de Georges Capgras

Georges Capgras naît le 16 mai 1866 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Julienne Germaine Malice et d’Antoine Capgras, le quatrième et dernier de leurs enfants. Sa mère est la fille d’un entrepreneur carrier et propriétaire foncier de Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville. Son père est boulanger dans le village de Poigny (Seine-et-Marne), où la famille vit dans le lieudit Les Forges ; il est originaire de cultivateurs de Caumont (Tarn-et-Garonne).

Les parents vivent ensuite séparés et, en 1880, lors du décès du fils aîné, le domicile du père est déclaré comme « ignoré » dans l’état-civil. Georges vit alors avec sa mère et ses deux sœurs à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), route de Flandres puis dans le 9e arrondissement de Paris rue Rodier et ensuite, dans le 18e, rue Ordener. Il fait un service militaire, sans doute de 1887 à 1889.

Lorsqu’il se marie en février 1893 à Paris (9e arr.), Georges Capgras est employé au Crédit foncier de France, une fonction qu’il continuera au moins jusqu’en 1913, alors comme dessinateur industriel. Il épouse une brésilienne, Joséphine de Barros, native de Bahia, fille d’un importateur de machines pour la navigation fluviale. Ils vivent cité Gaillard (act. rue Paul Escudier).

Parallèlement à ses activités administratives, Georges Capgras suit une formation en peinture à l'école des Beaux-arts de Paris. Il a pour professeurs le peintre réaliste et académique William Bouguereau (1825-1905) ; Georges Callot (1857-1903), spécialiste de tableaux de nus et également décorateur ; Émile-Charles Dameron (1848-1908), artiste vagabond inspiré par la Bretagne ; Charles Hermann-Léon (1838-1907), auteur de d’œuvres animalières. Il fréquente également l'Académie d’Auguste Joseph Delécluse (1855-1928) et se rapproche de Gustave Moreau (1826-1898), représentant du courant symboliste, imprégné de mysticisme. Fin 1896, il fait partie des illustrateurs de La Revue de France, lancée par Georges Rocher et qui cesse de paraître trois ans plus tard.

À partir de 1897, Georges Capgras séjourne au Brésil. Il passe probablement par la Guyane. Sa première exposition connue a lieu à Sao-Paulo en 1898. Il rentre ensuite à Paris, adhère à la Société des artistes français et commence en 1899 à participer au Salon des artistes français, où il sera présent chaque année jusqu’à la fin de sa vie.

Il représente principalement des animaux, notamment des taureaux, dans des paysages du Brésil, de Guyane, de Belgique, de Hollande ou de Bretagne qui lui valent un certain succès et la réputation de peintre animalier. Il adopte la signature de « Géo Capgras ». En juillet 1902, il obtient le divorce. Il restera cependant lié à son fils, Jean Rodolphe Raoul Capgras, né en avril 1895 et qui, en 1914, réside à Lutz (Floride, États-Unis) où il ‘est horticulteur.

Pour sa part Georges Capgras vit dans le 18e arrondissement de Paris, rue Damrémont, rue Paul-Féval, rue Caulaincourt et rue de l'Orient. Il se remarie en octobre 1909 à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) avec Augustine Louise Brulin, employée de commerce.

Outre la peinture, Georges Capgras assure la décoration de la chambre à coucher royale, les plafonds et des panneaux du palais d'Abedin, au Caire, pour le roi d’Égypte Fouad 1er ; il a été reconstruit et agrandi par l'architecte Antonio Lasciac entre 1909 et 1911. Il aménage également le salon de musique du paquebot Gallia, lancé le 26 mars 1913, appartenant à la Compagnie de Navigation Sud-Atlantique, qui desservait l’Amérique latine depuis Bordeaux ; réquisitionné pour transporter des troupes pendant la première guerre mondiale, il fut torpillé par un sous-marin allemand et coulé en octobre 1916 en Méditerranée, entre l’Italie et la Tunisie, faisant environ 1 740 victimes.

Au cours de la première guerre mondiale, le couple s’installe à Fontenay-sous-Bois, rue des Charmes et dans la commune voisine de Saint-Mandé, rue de la Fraternité (Seine, act. Val-de-Marne). S’il n’est pas mobilisé pour porter les armes, du fait de son âge, Georges Capgras est « envoyé au front en tant que peintre officiel aux armées » selon l’écrivaine et chercheuse Jacqueline Chénieux-Gendron. Il est un des rares à s’intéresser aux tranchées, notamment avec L'Enlisé, toile immense, qui décrit l’agonie d’un homme se noyant dans la boue. Il réalise également Verdun, terre sainte, les Muletiers allant vers Douaumont ou une étude de cheval mort. Selon Clément Morro, critique d’art de la Revue moderne, « il remarque dans un entonnoir, un crâne humain ; dans chaque orbite une fleur a poussé ! »

À suivre

Pinacoteca de São Paulo, Géo Capgras, Arredores de São Paulo, 1898

 

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6 septembre 2025 6 06 /09 /septembre /2025 00:01

Maurice Gustave Bisson naît à Paris (12e arr.) le 13 mai 1885 Paris. Il est le fils d’un comptable. Gustave Bisson, et de son épouse, Blanche Marvie, couturière. Il exerce d’abord la profession de courtier en librairie puis, comme son père celle de comptable et deviendra négociant en vins et directeur administratif de la Société des entrepôts Morel et Lefort, fonction qu’il exerce toujours en 1946.

Maurice Bisson épouse Rosa Zapel à Meaux (Seine et Marne), en février 1909. Ils auront trois enfants. Elle est la sœur cadette de Réparate Zapel, qui s’était mariée en août 1905 avec Léon Lesestre, futur maire de Joinville.

Après avoir effectué d’octobre 1906 à septembre 1908, un service militaire dans le 4e régiment de hussards, Maurice Bisson est mobilisé lors de la première guerre mondiale en août 1914 dans le 22e section de commis et ouvriers de l’armée (COA). Bien que classé comme pouvant effecteur un service armé, il est déclaré inapte à servir dans d’autres unités que les COA du fait de l’aggravation de sa myopie, mesurée à 9 en septembre 1917. Il rejoint la 24e section de COA en juin 1915 puis la 4E en mars 1916. Il est nommé caporal en septembre 1917 et promu sergent en octobre 1918. Il est démobilisé en mars 1919.

En 1923, Maurice Bisson, qui réside rue Bobillot, dans le quartier de la Butte-aux-Cailles, est président de la section de la ligue d’Action française du 13e arrondissement et le reste jusqu’en 1932. Il assure en outre la présidence de la section d’Ivry-Vitry (Seine, act. Val-de-Marne). En juin 1932, après avoir quitté son domicile parisien, il est remplacé dans le 13e arrondissement et devient président de la section de Joinville-le-Pont en remplacement de Pernot ; il l’est toujours en 1936. Il s’est installé avenue de la République, à la même adresse que Léon Lesestre. En 1939, il envoie une nouvelle contribution volontaire au mouvement royaliste de Charles Maurras.

La section joinvillaise, issue d’un groupe de la région nogentaise existant en 1920, est active depuis 1925. Elle semble cependant en sommeil en 1931 et reprend de l’activité après l’arrivée de Bisson. Son siège est dans le café Georges, rue du Pont. De 1932 à 1934, Bisson est membre du comité pour la banlieue parisienne de la fédération de la ligue pour Paris et la banlieue.

Léon Lesestre, beau-frère de Maurice Bisson, est élu maire de Joinville sur une liste de droite en 1935. Il reste maire de la commune en 1942 et pendant toute la seconde guerre mondiale ; le conseil municipal, nommé par arrêté préfectoral du 20 février 1942, comprend un des fondateurs de l’Action française à Joinville, le Dr Georges Bitterlin.

En 1942, Maurice Bisson devient membre de la Société d'histoire ecclésiastique de la France. Il y est toujours actif en 1948.

Maurice Bisson décède à Joinville-le-Pont le 5 novembre 1957. Il était âgé de 72 ans.

Sa fille aînée, Claire (1909-2002) est religieuse et avait cotisé à l’Action française (1938) ; son fils Marcel (1913-1991) est technicien du bâtiment et sous-lieutenant du génie lors de la guerre en 1939. Le plus jeune, Pierre (1920-1940), sert pendant la deuxième guerre mondiale dans le 4e régiment de hussards, où son père avait fait son service militaire ; il est déclaré Mort pour la France à La Croix-Saint-Leufroy (act. Clef-Vallée-d'Eure), Eure.

Affiche de promotion du quotidien l’Action française en 1931 (Wikipédia)

 

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 00:01

Le nom de « Polangis » désigne un territoire, actuellement situé sur les communes de Joinville-le-Pont (principalement) et Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), qui a relevé successivement de la paroisse de Fontenay-sous-Bois puis de celle de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés avant d’être rattaché aux deux villes de Joinville (anciennement La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur jusqu’en 1831) et Champigny.

Le nom a connu diverses formes mentionnées dans les textes anciens : Poleng, Poulange, Poulangis… L’abbé Lebeuf, historien du diocèse de Paris, le relie au nom du pont sur la rivière Marne (actuel pont de Joinville), dont l’appellation ancienne était Pons Olini en latin, ou Pont Olins. Lebeuf traduit Pouleng par « champ cultivé dans un creux. »

Il est possible également de rechercher une hypothèse latine, notamment le substantif bas latin pullamen qui désigne un jeune animal, et particulièrement un poulain. Plusieurs noms de lieux sont apparentés, comme Poulangy (Haute-Marne), Poligny (Jura) ou Polminhac (Cantal) et peuvent éventuellement être reliés à cette racine.

La base Mérimée, du ministère de la culture, assure que le manoir de Polangis est attesté en 1207. Un château, comprenant également une chapelle, un parc et la ferme, est construit au début du 18e siècle puis agrandi à la fin de la même période. Il est détruit en 1904, le terrain étant loti.

Plusieurs des propriétaires du château de Polangis ont joué un rôle significatif dans l’histoire locale, voire dans l’histoire nationale. Quatre d’entre eux ont d’ailleurs donné leurs noms à des voies de la commune de Joinville (Chapsal, Courtin, Jamin et Oudinot). L’avenue du Parc garde le souvenir du domaine, mentionné aussi dans le boulevard de Polangis (partagé entre Joinville et Champigny) et la quai de Polangis, dans la première cité.

Nous examinerons dans de prochains articles ce qu’il est possible de savoir sur la trentaine de personnes, actuellement identifiées, parmi les propriétaires dudit domaine, en commençant par Jean Valton (Jehan Valleton) en 1482.

Polangis dans la carde l'abbé Delavigne, 1740

 

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2 août 2025 6 02 /08 /août /2025 00:01

Jules Florentin Royer naît le 30 mars 1842 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Flore Charbonnet et de son époux Félix Eugène Royer. Ils vivent rue L’Évêque (act. rue Boissy-d’Anglas Paris 8e arr.) et son père est coutelier.

En 1858, il fréquente l’atelier de Tissier, professeur d'architecture, situé rue des Fossés du Temple à Paris (act. rue Amelot, 11e arr.) et réside alors rue Léon à La Chapelle-Saint-Denis (act. Paris, 18e arr.). Il réussit le concours d’entrée et intègre, en novembre 1859, l’École des Beaux-Arts de Paris.

Installé comme architecte boulevard du Prince-Eugène (act. bd Voltaire, Paris 11e arr.), Jules Royer épouse Marie Thonille Rigoulot, fille d’un entrepreneur de menuiserie parisien. Tout en maintenant son activité principale et sa résidence à Paris, Jules Royer acquiert une propriété dans le nouveau quartier de Palissy, sur la rive gauche de la Marne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils y résident principalement l’été et leur fille y naît en octobre 1871, peu après que les troupes d’occupation allemandes ont quitté la cité. Probablement c’est lui le Royer qui est en 1868 membre répartiteur du bureau de bienfaisance de Joinville.

Employé comme vérificateur au service permanent d'architecture de la Ville de Paris, Jules Royer devient en février 1892 réviseur des travaux d’architecture de la ville. À partir de 1896, Royer installe son bureau personnel à Joinville, avenue du Château (act. av. Foch).

Lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville, trois listes se présentent. Les radicaux-socialistes soutiennent le maire sortant, Eugène-Voisin ; les socialistes révolutionnaires présentent une candidature incomplète ; et une partie des sortants ayant rompu avec le maire, ainsi que les conservateurs, constituent le troisième pôle. Jules Royer figure parmi les candidats, étiquetés comme nationalistes.

Au premier tour, la liste radicale de Voisin obtient 50,2% des suffrages exprimés et 15 sièges, la droite suivant avec 31,9% tandis que les socialistes sont à 14,9%. Les radicaux récupèrent sept des huit siège en ballotage, en laissant un à la droite. Royer a recueilli 337 voix, soit 30,1% ; il n’est pas élu. Le maire Eugène-Voisin est réélu.

Jules Florentin Royer meurt le 24 octobre 1909 à Joinville. En janvier de cette même année 1909, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants. Son fils aîné Félix est aussi architecte à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Le cadet, Jules, est dessinateur.

Certificat d’admission de Jules Royer à l’École des Beaux-Arts de Paris (coll. INHA)

 

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28 juillet 2025 1 28 /07 /juillet /2025 00:01

André François Martin naît le 4 juin 1900 à Chatillon-sous-Bagneux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.

En 1901, André François séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand André a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).

En novembre 1918, André Martin, qui exerce le métier de tourneur mécanicien, est incarcéré à la prison de Fresnes pour une raison qui n’est pas connue. Début janvier 1919, il signe un engagement dans l’armée pour quatre ans et est affecté au 7e régiment de dragons. Il est envoyé en Allemagne, dans les troupes d’occupation françaises. Le 25 février, il manque à l’appel et, le 25, il est déclaré déserteur ; mais comme il est revenu le 26, l’armée note dans son dossier militaire que c’est « à tort » que cette déclaration a été faite mais il est placé en locaux disciplinaires. Toujours en Allemagne, il manque une nouvel fois à l’appel le 14 juin 1919, s’étant évadé, et est de nouveau déclaré comme étant en désertion. Il est arrêté le 1er août. Le 7 août 1920, les faits pour lesquels il avait été condamné sont amnistiés. Il poursuit son service militaire au sein du 9e régiment de dragons. En février 1921, il est sur l’île d’Oléron (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime), dans le 57e régiment d'infanterie pui de nouveau dans une unité de dragons, le 4e, en septembre 1921. Il obtient un congé libérable en novembre 1922.

De nouveau domicilié chez sa mère à Joinville-le-Pont, il épouse en novembre 1928 dans cette ville Blanche Marie Joséphine Aribaud, fille d’épiciers de Luc-sur-Orbieu (Aude).

À l’instar de sa sœur, de son frère et sans doute de sa mère, André Martin s’engage dans l’action politique au sein du parti communiste (PCF). Il est candidat élections municipales de 1929 et 1935 ainsi qu’au scrutin municipal complémentaire de 1934.

En mai 1929, les frères René et André Martin figurent tous deux sur la liste du Bloc Ouvrier-Paysan, appellation des candidatures communistes de l’époque. Au premier tour, il obtient 340 voix pour 1715 votants (19,8%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.

En octobre 1934, des élections partielles pour pourvoir dix postes rendus vacants par suite de décès ou démissions ; quatre groupes sont en lice, deux regroupant des libéraux et conservateurs avec des radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et le PCF. André Martin figure en sixième position. Il recueille au premier tour 408 suffrages pour 2297 exprimés (17,8%) et 2360 votants sur 3225 inscrits. Devancés de quelques voix, les socialistes se retirent de même qu’une des autres listes. Au deuxième tour, Martin est gratifié de 745 votes pour 1903 exprimés (39,1%) et 1964 votants. Aucun des candidats communistes n’est élu.

Lors des élections municipales de mai 1935, pour le renouvellement normal du conseil municipal, on retrouve quatre listes, les radicaux-socialistes et les libéraux-conservateurs ayant chacun leur propre rassemblement, la SFIO et le PCF concourant de nouveau séparément. André Martin, qui indique être métallurgiste, figure en onzième position derrière Robert Deloche. Son score du premier tour est de 671 voix sur 2856 suffrages, soit 23,5%. Les socialistes et les communistes se rassemblent pour le second tour et Martin est alors crédité de 1103 bulletins à son nom pour 2899 exprimés (38%). Il n’est pas élu, mais, pour la première fois, deux communistes entrent au conseil.

Employé par la société Gnome et Rhône, qui fabrique des moteurs d’avions, fait l’objet d’une affectation spéciale dans le cadre de la réserve de l’armée. Il conserve cette affectation au début de la deuxième guerre mondiale en septembre 1939 puis est réaffecté, le mois suivant, au dépôt d’artillerie 341 de Fontainebleau. Avec la défaite, il quitte l’armée le 2 août 1940.

Le 19 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne contre les forces allemandes, André Martin est tué boulevard Sébastopol à Paris, alors que se déroulent des combats entre les Forces françaises de l’intérieur (FFI) et les soldats du Reich. Il vivait à proximité, rue de Montmorency et était toujours employé par Gnome et Rhône en tant que tourneur-outilleur.

Selon l’historien de la Libération de Paris, Gilles Primout, André Martin était peut-être un des membres du groupe FFI, mais il n’a pas été formellement identifié. Les archives du Service historique de la Défense mentionnent son décès en tant que « victime civile ». Son acte de décès ne porte pas la mention « Mort pour la France ». Il était âgé de 44 ans et n’avait semble-t-il pas eu d’enfant. Il est inhumé au cimetière parisien de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

André Martin (Arch. fam.)

 

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 00:01

René Jean Martin naît le 2 décembre 1897 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.

Ils vont vivre à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, René Jean séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand René a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).

Alors menuisier pendant la première guerre mondiale, René Martin s’engage en juillet 1916, à l’âge de 18 ans, devançant de deux ans l’appel de sa classe. Il signe un contrat de trois ans et est affecté dans la marine. Il sert sur le croiseur-cuirassé Ernest-Renan. Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1916, le Renan faisant route sur Salonique, aborde à vingt nœuds le vapeur italien Helvetia et le coupe en deux. Le naufrage fait, selon Il Naufragio dell'Helvetia, 15 morts, 115 personnes sont secourues. La plupart des passagers étaient des soldats italiens rentrant en permission. En juillet 1917, il devient matelot timonier, toujours sur le Ernest-Renan. Il est affecté en janvier 1918 à un bâtiment de servitude de Corfou (Grèce) puis en novembre la même année au Tourville, navire-école servant à l’apprentissage du canonnage. Le Ernest-Renan fait partie des bateaux menaçant de leurs canons en janvier 1919 le port de Sébastopol, qui font face à une révolte des marins, dont notamment André Marty, future icône du parti communiste ; René Martin n’y a probablement pas participé, contrairement à une légende propagée dans sa famille.

Après-guerre, René Martin sera libéré des obligations militaires en novembre 1932 et réformé, classé invalide à 100%, du fait d’une tuberculose pulmonaire. Il travaille en 1921 comme employé de chemin de fer. Il vit avec sa mère, sa sœur et le fils de cette dernière, encore dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont, avenue Jamin.

Signalé dans son livret militaire comme résidant à Meaux (Seine-et-Marne) en 1925, route de Varreddes, il est cependant présent à Joinville, où il est, en compagnie de son frère André, candidat sur la liste du parti communiste lors de élections municipales de mai 1929. Au premier tour, il obtient 345 voix pour 1715 votants (20,1%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste du Bloc Ouvrier-paysan se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu tandis que la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.

Indiquant vivre dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en 1930, René Martin est de retour à Joinville en 1932, où il se met en couple avec Suzanne Henriette Robichon (1898-1968), alors mariée mais séparée ; ils résident rue des Lilas (act. rue Pierre-Allaire).

En 1933, René et Suzanne sont installés à Meaux, de nouveau route de Varreddes. Il est redevenu menuisier biseauteur de glaces. Lors d’une querelle avec des voisins, en juillet 1933, « pour un motif sans grande importance » selon le Journal de Seine-et-Marne, René et Suzanne sont, de même que leurs deux adversaires, condamnés pour voies de fait réciproques, à 25 francs d’amende.

René Jean Martin meurt le 29 juin 1938 à Meaux. Il était toujours menuisier et âgé de 40 ans.

René Martin sur le croiseur cuirassé Ernest-Renan, 1916 (Arch. fam.)

 

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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 00:01

Marie Thérèse Martin naît le 3 mars 1895 à Bordeaux (Gironde). Elle est la fille de Marie Louise Puisay et de Jean Martin, employé de commerce. Sa naissance sera légitimée par le mariage de ses parents en février 1896 à Bordeaux. Ils vivent rue d’Aviau.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux. Marie Thérèse est l’aînée des trois enfants.

Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, Marie Thérèse séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses deux frères. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand Marie Thérèse a 15 ans.

En 1911, la famille a déménagé dans le quartier voisin de Polangis, toujours à Joinville, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves) ; Marie Thérèse est ouvrière dans l’usine cinématographique Pathé, construite à proximité.

Le mariage de Marie Thérèse Martin avec Adrien Charles Boscheron (1883-1971) se fait en février 1920 à Joinville. Son mari, parisien de naissance, est ajusteur mécanicien ; ils vivent au domicile des Martin, désormais avenue Jamin, encore dans le quartier de Polangis à Joinville. Sept mois après la naissance du fils qu’il a avec Marie Thérèse, en février 1921, Adrien Boscheron indique en septembre 1921 résider à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) et déclare la naissance d’une fille ; la mère est sa première compagne, qui avait déjà accouché d’un garçon de lui en mars 1919. Marie Thérèse Martin obtient le divorce en mars 1922.

Continuant à vivre avec son fils chez sa mère, Marie Thérèse Martin se remarie en septembre 1925 à Joinville avec Édouard René Jean Baptiste Lizot (1899-1965). Son mari a été condamné à plusieurs reprises pour divers délits, notamment en avril 1918 par la cour d’assises de Riom (Puy-de-Dôme) à cinq ans de prison pour vol. Ils vont travailler tous deux comme miroitiers à Paris.

Édouard Lizot quitte son épouse peu après leur mariage, s’installant à Montreuil-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Marie Thérèse accouche d’une fille à Joinville en février 1926, et Édouard Lizot lui verse alors un secours de 50 francs par semaine. En juin 1926, il refuse de payer sa contribution ; Marie Thérèse se rend alors dans l’atelier de miroiterie où il travaille, rue de Montreuil à Paris, et tire à trois reprises sur lui avec un revolver. Il est légèrement blessé à l'avant-bras gauche et été admis à l'hôpital Saint-Antoine. Marie Thérèse est arrêtée et conduite devant le commissaire de police du quartier Sainte-Marguerite. Elle est cependant laissée en liberté provisoire, du fait de ses deux enfants en bas-âge et n’est pas poursuivie, Lizot ayant refusé de porter plainte.

Les deux époux vivent ensuite de nouveau ensemble chez la mère de Marie Thérèse à Joinville et ayant un nouvel enfant en mai 1929. Ils divorcent en décembre 1934. Ils participent en octobre 1928, en compagnie des frères de Marie Thérèse, à une souscription lancée par le syndicat CGTU, proche du parti communiste, « À l’aide des combattants du textile ».

Selon la généalogie familiale, Marie Thérèse aurait travaillé comme pianiste de cinéma muet et été employée dans les studios Pathé de Joinville et l'usine de fabrication de films Kodak de Vincennes. Cependant, entre 1921 et 1931, elle est notée comme sans profession dans les recensements. En 1936, toujours chez sa mère avec ses trois enfants, elle se déclare couturière.

S’appuyant sur des sources de presse qui n’ont pas pu encore être consultées, l’arrière-petit-fils de Marie Thérèse, Quentin Rodriguez, mentionne qu’elle a été arrêtée, sans doute en octobre 1942. Elle fait parmi d’un groupe de 227 « internées communistes » en provenance du dépôt (Paris) et de la caserne des Tourelles qui sont conduites au camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire). Après avoir reçu des Juifs en 1940 et 1942, le camp de La Lande devient la destination des femmes communistes poursuivies par les autorités du régime de Vichy et les Allemands. On retient aussi au camp des femmes poursuivies pour des délits de droit commun et des prostituées. Les dernières incarcérées à La Lande sont transférées en janvier 1944 au camp de Poitiers (Vienne).

Le frère de Marie Thérèse, André Martin, tourneur-outilleur, militant communiste et engagé dans la Résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, est tué le 21 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne dans le quartier des Halles.

D’après la généalogie de la famille Martin-Rodriguez, Marie Thérèse vit de nouveau à Joinville-le-Pont, avenue Jamin, après le conflit et est comptable à l'usine des Tréfileries et laminoirs du Havre, située à Saint-Maurice, en bordure de Joinville, jusqu’en 1960.

Elle prend alors sa retraite et va vivre à Quiers-sur-Bézonde (Loiret) jusqu’en décembre 1978. À cette date, elle est hébergée à quelques kilomètres de là, dans la maison de retraite L'Heure mauve, qui dépend du centre hospitalier Paul-Cabanis à Beaune-la-Rolande. Elle y fête son centenaire en mars 1995.

Marie Thérèse Martin meurt le 22 août 1997 à Beaune-la-Rolande (Loiret). Elle était âgée de 102 ans. Mère de trois enfants, l’aîné était né de son premier mariage, les deux autres du second.

Un bâtiment du camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire)

 

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 00:01

Marie Louise Puisay naît le 23 juillet 1866 à Gençay (Vienne). Elle est la fille de Rose Diot et de son époux Célestin Puisay, maçon. Le couple a huit enfants et elle est la plus jeune. Ils vivent rue de l’Échelle.

Lors du recensement de 1881, elle a alors 14 ans, Marie Louise est notée comme exerçant la profession de couturière. En 1891, elle est à Bordeaux (Gironde) en tant que domestique. Elle donne naissance en avril à une fille d’un père non dénommé, qui, lors de son décès, en janvier 1892, est indiquée comme venant des Enfants assistés et est inhumée au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux.

Après avoir donné naissance à une nouvelle fille en mars 1895, encore à Bordeaux, elle épouse en février 1896 à Bordeaux, le père qui a reconnu l’enfant, Jean Martin, employé de commerce bordelais.

Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, elle séjourne de nouveau dans son village maternel chez ses parents avec ses trois enfants. Puis les époux Martin s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910.

En compagnie de ses trois enfants, Marie Louise Martin déménage dans le quartier proche de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Elle indique en 1911 exercer de nouveau le métier de couturière, tandis que sa fille aînée, Thérèse, est employée à l’usine cinématographique Pathé, implantée également à Polangis.

Pendant la première guerre mondiale, l’aîné de ses fils, René (1897-1938) s’engage dans la marine en juillet 1916, devançant son service militaire obligatoire. Il sert dans la marine, sur le croiseur-cuirassé Ernest Renan qui, après la fin du conflit, navigue en mer Noire.

Après-guerre, les trois enfants de Marie Louise Martin, qui vivent toujours avec elle ou à proximité, vont avoir un engagement militant à gauche, au parti communiste. Lors des élections municipales générales de mai 1929, les deux frères René et André figurent sur la liste communiste qui se présente à Joinville-le-Pont, tandis que son gendre et sa fille participent à des appels relayés dans le quotidien L’Humanité.

Le contexte rend probable qu’on puisse assimiler Marie Louise Martin à la « camarade Martin », désignée sans plus de précision dans la presse communiste, qui est candidate lors des élections municipales complémentaires de septembre et octobre 1928 à Joinville, rendues sont nécessaires pour remplacer le maire, Henri Vel-Durand, décédé, et deux autres sièges vacants.

Les femmes n’ont alors pas le droit de vote, bien qu’un mouvement en faveur de leur droits de citoyennes ait existé avec, par exemple, Astié de Valsayre, résidente à Joinville-le-Pont. Mais, faute de pouvoir siéger, avaient-elles le droit d’être candidates à une élection ? Le débat juridique a lieu et plusieurs formations présentent des femmes lors de scrutins locaux, certaines étant même déclarées élues, comme Joséphine Pencalet à Douarnenez en 1925.

Le parti communiste (Pcf) présente donc à l’automne 1928 une liste de Bloc ouvrier-paysan dirigée par Roger Benenson (1900-1945), mécanicien, futur député de Seine-et-Marne (1937-1940), comprenant Jules Guervin (1889-1956) ébéniste et donc la « camarade Martin ». Elle s’oppose à une liste de la gauche républicaine, associant des radicaux et des socialistes SFIO et à une autre de l’Union républicaine, qui a le soutien de la majorité municipale.

Pour le Pcf, il s’agit d’affirmer « l’opposition de classe » à « toutes les ligues féministes de pacotille. »

Aucune loi n’interdit de présenter une candidate, mais la préfecture envoie à la municipalité de Joinville une note pour que soient annulées toutes les voix qui se portent sur le nom de Mme Martin. La municipalité de droite obéit à la demande des autorités. Le nombre de suffrages qui se sont prononcés en faveur de la candidate communiste n’est donc connu que de manière approximative et L’Humanité l’estime à 286, soit 16% des votants.

Les communistes protesteront. Ils qualifient le refus de compter les votes « d’acte arbitraire » et « d’abus de pouvoir » et titrent que « Préfecture et municipalité truquent le scrutin de Joinville ». Pour eux, il n’appartient pas à un maire de se substituer aux tribunaux administratifs pour apprécier la validité des suffrages émis. Au second tour, les communistes présentent les mêmes candidats, tandis que la liste de centre-gauche emporte les trois sièges.

Après la mort de son fils aîné, René, en 1938, Marie Louise reste à Joinville avec sa fille Marie Thérèse et son fils cadet André. Les deux sont résistants à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. André est tué en août 1944 lors des combats pour la Libération de Paris, boulevard de Sébastopol.

Marie Louise Martin meurt le 4 mars 1945 à Joinville. Elle était âgée de 78 ans.

L’Humanité (1er et 8 octobre 1928) relate la candidature de « la camarade Martin » à Joinville-le-Pont

 

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4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 00:01

Constant Henri Paul Armand Chavignot naît le 11 décembre 1864 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Ernestine Louise Clotilde Battarel et de son mari, Constantin Ernest Chavignot.

En 1881, ses parents s’associent à ses deux oncles maternels, Arthur et Pierre Ernest Battarel pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. La famille Chavignot réside à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château.

Probablement après avoir fait un service militaire, puisqu’il est recensé avec la classe 1884, Henri Chavignot entre à l’École centrale des arts et manufactures de Paris. Il obtient, en août 1889 le certificat de capacité en tant que constructeur puis le diplôme d’ingénieur l’année suivante. Comme son père, il va travailler en tant qu’architecte et entrepreneur dans le bâtiment.

Le château, bâti en 1696 selon les chroniques, est détruit en 1904 pour achever l’aménagement du quartier de Polangis.

En juillet 1905 à Saint-Mandé, Henri Chavignot épouse Louise Marie Henriette Guary. Elle est native de Marchienne-du-Pont (Belgique). Sa mère est originaire du Pas-de-Calais où son père, ingénieur des arts et manufactures, est devenu directeur des mines d’Anzin, bien que né dans le Lot. Le couple vit à Paris (6e arr.) avenue de l’Observatoire puis boulevard Henri IV (4e arr.) avant de s’installer rue de Grenelle (7e arr.) où ils résident dans les années 1930.

Fondé en 1870, le Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) compte 25 membres en 1902, dont Chavignot. Il y adhère toujours en 1926, tandis que le comité s’est élargi à plusieurs communes alentour.

Présenté comme « très sportif » par le quotidien L’Auto, Chavignot met à disposition en mai 1902 du Club Amical Sportif de Saint-Mandé un terrain pour tracer une piste d’athlétisme de 400 mètres.

La Société française des planchers Bremer et de constructions industrielles est constituée en juillet 1906 avec plusieurs personnes de son entourage familial et professionnel. Henri Chavignot en est administrateur. Elle est dissoute en janvier 1909.

Resté propriétaire des terrains de Polangis, M. Chavignot souhaite que la municipalité y enlève les ordures ménagères. La mairie est prête à intégrer les nouvelles rues du quartier dans son domaine communal, à condition qu’elles lui soient remises en bon état de viabilité. Le conseil municipal accepte d’entrer en pourparlers avec lui en février 1911, mais assure qu’en attendant, c’est au propriétaire des terrains qu’incombe l’enlèvement des déchets.

Pendant la première guerre mondiale, pour faire face à l’absence de ravitaillement des habitants, un Comité d’action agricole est constitué à Joinville-le-Pont. Présidé par le maire, Ernest Mermet, Chavignot en est la vice-président. Il compte des maraîchers et jardiniers ainsi que l’agriculteur exploitant de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, Jodelay. Chavignot met à disposition douze hectares des terrains de Polangis pour créer des jardins potagers. Le ministre de l'agriculture les visite en juillet 1917. Au total, 200 jardins sont attribués, dont 198 sur les terres de Chavignot. Un important travail de surveillance est nécessaire, pour éviter les vols, tandis que des conseils sont également fournis aux néo-jardiniers, les semences arrivant toutefois difficilement.

Après la fin de la guerre, les négociations entre la mairie et Chavignot concernant le domaine de Polangis finissent par aboutir en février 1924. Le conseil municipal du 12 3ù accepte l’incorporation dans le domaine public communal des voies du domaine de Polangis. Il accepte l’offre de versement à la commune par M. Chavignot d’une contribution de 60 000 francs pour l’enlèvement des ordures ménagères à Polangis.

Pour mieux commercialiser le domaine, les promoteurs Battarel et Chavignot avaient décidé de créer un canal, dit rivière de Polangis, permettant de le traverser en canot. Cependant, sa faible pente fait qu’il s’envase régulièrement. La question du curage fait l’objet de réclamations des riverains, qui souhaitent que la mairie et Chavignot en supportent les frais ; 125 riverains, rappelant au maire en poste, Georges Briolay (radical-socialiste) ses promesses de campagne, envoient une pétition dans ce sens en janvier 1931.

Finalement, les trois ponts sur la rivière de Polangis seront remis à la commune en octobre 1936 par les héritiers Chavignot.

Henri Chavignot meurt le 6 mai 1934 à Paris (7e arr.), dans son appartement de la rue de Grenelle. Les obsèques ont lieu en l’église Saint-Thomas d'Aquin et il est inhumé au cimetière des Batignolles. Âgé de 69 ans, il n’avait pas d’enfant, son épouse a élevé avec lui la fille posthume de son premier mari, Geneviève Dunod, épouse d’un médecin célèbre, André Marion.

Le château de Polangis, seule vue connue

 

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30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 00:01

Constantin Ernest Chavignot naît le 7 mai 1830 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils d’Aglaé Cécile Seignoret et de son époux. Son père, Martin Benoit Chavignot (1803-1868) était maître charpentier et est devenu entrepreneur de maçonnerie, réputé avoir construit plus de « cent maisons dans Paris ». Il était un des fondateurs et administrateurs d’une société financière, le Sous-comptoir des entrepreneurs. Ils vivent à Paris (9e arr.), boulevard des Capucines.

Comme son père, Constantin Chavignot devient entrepreneur de bâtiment, avec le titre d’architecte. Il épouse en avril 1860 à Paris (10e arr.) Ernestine Louise Clotilde Battarel, fille d’un avocat. Ce même mois, les Chavignot père et fils constituent, avec un autre architecte constructeur, Armand Desnues, la société immobilière Chavignot père, fils & Desnues.

Ils vivent à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), dans la Grande-Rue où résident les Battarel.

En 1881, les deux frères de son épouse, Arthur et Pierre Ernest Battarel s’associent à Constantin Chavignot, pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. Les époux Chavignot résident à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château avec leurs deux enfants.

Dans le quotidien La Lanterne, en octobre 1885, en compagnie d’autres propriétaires voisins, s’insurge dans une lettre ouverte d’une campagne menée dans un autre journal, Le Pays, suite à un accident, critiquant les cheminots de la ligne du chemin de fer de Vincennes. Les signataires indiquent : « nous n'avons toujours eu qu'à nous louer de l'urbanité des chefs et de la complaisance des agents. »

Au sein d’un hebdomadaire local, Voix des communes, les Battarel et Chavignot s’opposent au tracé prévu pour le tramway devant relier Vincennes à Joinville et Chennevières, présentant un contre-projet par rapport à celui soutenu par le conseil municipal, qui sera mis en œuvre.

Les associés Battarel et Chavignot créent en 1894 la Société civile immobilière de Polangis, à laquelle ils vendent une partie du terrain afin de le lotir, commençant l’urbanisation de cette partie du territoire, jusqu’à ce moment très peu peuplé puisqu’il ne comptait guère qu’une ferme, une auberge et leur demeure. Les frères Battarel meurent en septembre 1900 et juillet 1901, tous deux célibataires et sans enfants. Les époux Chavignot deviennent les seuls propriétaires du domaine de Polangis.

Constantin Chavignot meurt le 22 mars 1900 à Joinville, dans son château de Polangis. Il était âgé de 69 ans et avait eu deux enfants. Son fils Henri sera ingénieur architecte et poursuivra l’aménagement du domaine.

Plan du château de Polangis à Joinville-le-Pont

 

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