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29 mars 2023 3 29 /03 /mars /2023 02:01

Anne Clotilde Cécile Suzanne Lebrun naît le 17 septembre 1877 à Sancerre (Cher). Elle est la fille d’un employé, Paul Lebrun, et de son épouse, Marie Aragon. Elle passe son enfance chez ses grands-parents maternels à Vinon dans le même département.

Elle épouse à Vinon en avril 1903 l’écrivain et publiciste Paul Edmond Alexandre Mathieu. Son mari signe ses ouvrages et articles du nom de Paul de Garros et elle-même fait usage du nom de Suzanne de Garros. Ils vivent à Garches (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine) d’abord boulevard Michel-Brézin puis avenue de Lorraine et boulevard de la Station.

Paul de Garros (1867-1923) est un journaliste et surtout un romancier populaire. Suzanne de Garros collabore à son œuvre abondante.

Après la mort de son mari, elle va travailler avec un autre écrivain, Henri de Montfort, homme de presse et futur résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, pour publier des romans qui mentionnent deux noms d’auteurs : ce dernier et, à titre posthume, son époux. Pour l’universitaire Ellen Constans, Suzanne de Garros fait partie des « ouvrières des lettres », qui sont souvent femme ou fille de feuilletonistes assez connus.

À la fin des années 1920, Suzanne de Garros commence à signer des romans populaires de son propre nom. Le Fardeau du Mensonge, paru en 1935, connaîtra un certain succès ; il est présenté comme un « roman très bien charpenté, dramatique et d'une haute portée morale ». Le quotidien L'Ouest-Éclair, qui publie le livre en feuilleton, estime qu’il s’agit d’une « analyse délicate et fouillée de la jeune fille d'aujourd'hui. »

Elle publiera une demi-douzaine d’œuvres sous sa signature, en feuilleton ou en volume et adhère en 1928 à la Société des gens de lettres.

Toujours avec Henri de Montfort, qui est également historien et collabore avec les associations baltes et polonaises en France, Suzanne de Garros crée en 1929 une Agence littéraire polono-française.

En 1929, Suzanne de Garros, qui réside alors à Paris, place de Clichy, est grièvement blessées par un véhicule automobile près de son domicile.

Suzanne de Garros adapte ensuite des œuvres écrites en anglais par Stacy Aumonier, Sheila Kaye-Smith et Albert Dorrington. Elles paraissent en feuilleton dans le Journal des débats.

Elle meurt le 8 mars 1952 à Neuilly-en-Sancerre. Elle était âgée de 74 ans

 

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27 mars 2023 1 27 /03 /mars /2023 02:01

Paul Edmond Alexandre Mathieu naît le 12 mars 1867 à Châteauneuf-sur-Cher au château de Rousson. Il est le fils d’Edmond Mathieu, propriétaire, et de son épouse, Éléonore Quignon.

Il utilise le nom de « de Garros », affirmant ainsi une appartenance à la noblesse. L’Annuaire de la noblesse de France (1923) le classe dans cette catégorie. L’origine de la famille de Garros se situe dans le Sud-Ouest de la France (Lot-et-Garonne et Gers).

Paul de Garros épouse en avril 1903 à Vinon (Cher) Anne Clotilde Cécile Suzanne Lebrun. Elle prendra ensuite le pseudonyme de Suzanne de Garros. Ils vivent à Garches (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine) d’abord boulevard Michel-Brézin puis avenue de Lorraine et boulevard de la Station.

La collaboration de Paul de Garros avec de nombreux journaux porte principalement sur le placement de romans, contes ou nouvelles qui sont publiés en feuilleton. Il travaille notamment avec Le Soleil du Dimanche, L'Intransigeant, Le Petit Parisien, La Lanterne, La Nouvelle Revue internationale, Journal des débats, L'Estafette, L'Univers, L'Événement, Le Peuple français, La Liberté, Le Petit Moniteur, La Libre parole, Le Siècle. Les quotidiens Le Figaro et La Croix accueillent aussi ses textes. On trouve également des publications dans la presse de province ou d’outre-mer : La Dépêche coloniale, La Dépêche du Berry, Le Journal du Cher, L’Ouest éclair (Rennes), Le Centre (Montluçon), L’Express du Midi (Toulouse), Le Petit marseillais.

À partir de 1907 et au moins jusqu’en 1909, Paul de Garros est le propriétaire et le directeur de l’hebdomadaire Le Courrier du Berry, fondé en 1891 sous le titre Le Petit Saint-Amandois et publié à Saint-Amand (Cher). Le journal est présenté comme « républicain libéral ». Il se définit comme un « journal régional absolument, indépendant ». Pour cette fonction, de Garros élit domicile à Vinon, commune où réside en 1906 sa mère.

Paul de Garros publie de très nombreux romans à partir de 1892 ; on en compte une trentaine selon sa nécrologie, parmi plus de 70 titres, incluant des nouvelles courtes. Il s’agit de littérature, cultivant un genre sentimental.

La plupart de ses œuvres sont signées Paul de Garros, mais il utilise également les pseudonymes de Gilles Rosmont et R. Duclos-Brétigny. Ce dernier pseudonyme lui sert notamment pour trois ouvrages illustrés, parus pendant la première guerre mondiale, dans la collection Gauloise des éditions Prima à Paris. Elle est destinée à « distraire le poilu. »

Ses œuvres paraissent habituellement en feuilleton dans la presse. Elles sont publiées en volume dans des collections populaires à petit prix comme Le Livre de Poche et Les Romans célèbres de drame et d'amour des éditions Jules Tallandier ou Le Roman du dimanche des éditions J. Ferenczi.

Pour Dorian Bell, de l’université Stanford, La Revanche de l’honneur est un roman antisémite. Il a paru, en 1897 dans le journal La Libre Parole, dirigé par Édouard Drumont.

Si les textes de Paul de Garros n’ont pas fait l’objet de réédition au format papier au cours du XXIe siècle, plusieurs publications sous la forme de livre audio ou de livre numérique ont été réalisées. Le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France met en ligne des livres de Paul de Garros.

Paul de Garros, était membre de la Société des gens de lettres, et est élu à deux reprises à son comité de direction. Il obtient plusieurs distinctions littéraires, notamment le prix du Louvre, délivré par la Société des gens de lettres en 1897, le prix Taylor, attribué également par la même institution en 1904 ainsi que deux fois le prix Montyon décerné par l'Académie française d’abord en 1912 puis à titre posthume en 1926.

Il meurt à Garches le 14 janvier 1923 à l'âge de cinquante-cinq ans.

Son épouse, Suzanne de Garros, publiera également plusieurs romans, dont Le Fardeau du mensonge. Elle coopère à l’édition des œuvres de son époux avec l’historien, homme de presse et futur résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, Henri de Montfort. Ce dernier signe plusieurs ouvrages de son nom et de celui de Paul de Garros, ils sont publiés après la disparation de celui-ci.

 

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17 mars 2023 5 17 /03 /mars /2023 00:01

Louis Édouard Burgard naît le 11 janvier 1888 à Troyes (Aube). Il est le fils de Sophie Mathern et de son mari Louis Napoléon Burgard, employé de la compagnie des Chemins de fer de l’Est. Ils résident rue Traversière. Ses parents sont originaires d’Alsace, ayant quitté le pays suite à l’occupation allemande de 1870. Ils sont germanophones et profondément catholiques.

Inscrit au Petit-Séminaire de Troyes, Édouard Burgard se classe chaque année en première ou deuxième place des élèves et est reçu, avec mention, au baccalauréat en juillet 1905. Il avait obtenu en 1904 un accessit en version latine au concours général de l’institut catholique de Paris.

Le 30 juin 1907, Édouard Burgard est ordonné prêtre dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes par Mgr Sébastien Herscher, évêque de Langres. Il devient professeur au Collège Urbain IV, établissement catholique privé de Troyes.

D’octobre 1909 à septembre 1911, il fait son service militaire au sein du 37e régiment d'infanterie. Il devient caporal en avril 1910 puis sous-officier, comme sergent, en septembre la même année.

Édouard Burgard s’implique dans le mouvement catholique progressiste La Jeune République, fondé après la dissolution du Sillon, dans la fidélité aux idées de Marc Sangnier. Il signe, en septembre 1912 dans l’hebdomadaire de la formation politique un article intitulé Élections d’autrefois où il entend « calmer un peu les irréductibles de l’Action française », parti royaliste et antisémite. Il illustre la corruption des mœurs politiques sous la Restauration.

Il livrera plusieurs articles, de février à juin 1914, consacrés à la situation de l’Alsace, en utilisant le pseudonyme d’Édouard Oberlé. Parlant de la région d’origine de sa famille, il estime qu’elle « remplirait, dans la liberté, ce qui semble bien être sa mission providentielle, sa vocation : rapprocher et réunir deux grands peuples, deux races, deux génies ». Il considère qu’elle « se vengera du pangermanisme en semant la Liberté ! » Il qualifie la politique allemande comme une « oppression économique de l’Alsace-Lorraine. »

Poète, il a obtenu au premier semestre 1914 une lyre d’or au concours du Palinod pour À l’Alsace éternelle.

Son frère cadet, Raymond, lui est manifestement lié. Il suit également ses études secondaires au Petit-Séminaire (transféré à Saint-Dizier, après la séparation de l’église et de l’État en 1905) et est également, à compter de 1914, engagé dans La Jeune République.

Les deux frères se rendent à l’enterrement de leur grand-père paternel, François Michel Burgard, cultivateur, âgé de 83 ans, décédé le 22 juillet 1914 à Niederlauterbach où il était né, dans le nord de l’Alsace. Ils sont toujours en Allemagne le 1er août, quand fut publié l’ordre français fixant le premier jour de la mobilisation générale au 2 août.

Comme ce fut le cas en France à la même date pour les sujets Allemands et Autrichiens, les Français présents sur le territoire de l’empire n’ont plus le droit de le quitter et sont internés dans des camps. C’est le cas de Raymond, qui sera conduit à Holzminden, dans le Brunswick. Par contre, Édouard put, non sans difficulté selon les témoignages, regagner la frontière et rentrer en France.

Immédiatement, il fut réincorporé à son ancien régiment, le 37e d’infanterie qui est alors divisé, lui-même étant incorporé au 237e. Il est envoyé sur la frontière lorraine, toujours comme sergent. Le 25 août 1914, il participe à la contre-attaque initiée par le général Édouard de Castelnau. Il est déclaré disparu.

Il a été tué dans des circonstances racontées par un officier, non nommé, dont la lettre est publiée par la Revue catholique de Troyes (1915/04/24) : « Arrivés à 600 mètres de la lisière ouest du bois, nous sommes tombés sous un feu intense de mitrailleuses. Burgard, qui se trouvait en serre-file, la section placée à ma gauche, s’est détaché pour venir m’offrir ses bons offices. Ceci était le résultat de conversations antérieures au cours desquelles je luis avais dit : « Le jour où ça chauffera, bien qu’en temps ordinaire je ne sois pas pratiquant, je compte sur vous pour me mettre en règle avec ma conscience ». Esclave du devoir, mon brave sergent s’est donc rapproché de moi. Je me trouvais en ce moment à genoux, face au bois. Burgard se mit face à moi, me couvrant, pour ainsi dire de son corps. Il commença la conversation. (…) Je ne lui avais pas encore répondu qu’il ouvrit les bras, ouvrit de grands yeux que je revois encore, et, tombant sur moi, il eut la force de me dire : Ils m’assassinent ! Il avait reçu, par derrière, à travers son sac, une balle qui était allée droit au cœur. Il n’a pas souffert. Je suis convaincu que, dans la circonstance, il m’avait peut-être sauvé la vie puisque j’étais sur la trajectoire. (…) Voilà ce que, encore tout contristé, je puis vous dire sur les derniers moments du fidèle et loyal soldat que nous avons le devoir de pleurer. »

La missive est reprise par différents organes de presse, comme La Croix, Courrier breton, La Grande guerre du XXe siècle.

Le date de son décès diffère selon les sources : son livret militaire et le Journal officiel mentionnent le 10 octobre 1914 ; ce dernier organe précisant, pour l’attribution de la Médaille militaire, qu’il est « mort glorieusement pour la France au combat de Champenoux » qui ont lieu à cette date. Cependant, un jugement du tribunal civil de Troyes, rendu le 11 septembre 1917, précise que cette date est celle de la découverte de son corps et fixe la mort au jour de sa disparition, le 25 août 1914. C’est cette même date qui était déjà, antérieurement à la décisions judiciaire, mentionnée dans la presse et par sa famille.

Le lieu du trépas est lui aussi variable dans les mentions qui en sont faites, qui le situent toutes dans le département de Meurthe-et-Moselle. En accord cette fois avec les sources militaires, le jugement le fixe à Champenoux. Cependant, le témoignage de l’officier parle de la ferme Saint-Libaire, dans la commune de Serres. La famille cite le village limitrophe de Courbesseaux, situé à huit kilomètres de Champenoux. Il est probable que cette commune fut celui où le corps fut transporté et la mort constatée, les combats du 25 août s’étant déroulés principalement autour de Courbesseaux. Le décès eut donc probablement lieu dans cette commune ou dans celle de Serres.

À titre posthume, Édouard Burgard a été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et, en avril 1921, de la Médaille militaire. Il est mentionné dans le Livre d'or du clergé et des congrégations. Son nom est sur le monument aux morts de la ville de Troyes.

Le quotidien La Croix considère qu’il s’agit d’une « Belle figure de prêtre soldat ». En septembre 1918 dans Nos annales de guerre, publié par La Jeune République, son frère Raymond, libéré et transféré en Suisse, lui rend hommage : « Il fut prêtre, Alsacien et démocrate. Et il fut fout cela passionnément, car une âme ardente se cachait sous son masque tranquille et parfois un peu sévère. C’est pour ce triple idéal, d'ailleurs, qu’il mourût. Il fut frappé d’une balle au moment où il protégeait de son corps son capitaine, afin de pouvoir entendre sa confession, et il tomba dans cette guerre où nos soldats veulent conquérir, à la pointe de leurs baïonnettes, et la liberté du monde et cette Alsace qu’il chérissait d’un amour filial. Tempérament fortement trempé et d’un parfait équilibre, esprit largement ouvert et très cultivé, heureux de vivre, parce que vivre c’est agir, il avait devant lui une vie pleine de promesses. »

En juin 1973, la Société académique de l'Aube, consultée pour proposer Des noms pour les rues de Troyes mentionna « Les frères Burgard : l'un, Raymond, résistant, a été exécuté à la hache à Cologne en 1944 ; le second, Edouard, sergent, a été tué en Lorraine en 1914 ». la ville ne retint que celui de Raymond pour le nommage d’une de ses voies.

Édouard Burgard (arch.)

 

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15 mars 2023 3 15 /03 /mars /2023 00:01

Jean Jacques Raymond Burgard naît le 20 juin 1926 à Fort-de-France, en Martinique, alors colonie française. Il est le fils de fils Clémentine Thérèse Marie Francey, originaire de Suisse et docteure ès-lettres, et de son mari, Raymond Burgard, professeur de lettres au lycée Victor-Schoelcher.

À partir de l’automne 1928, la famille vit à Tunis, État sous protectorat de la France, le père enseignant au lycée Carnot. Professeur agrégé, il obtient un poste au lycée parisien Buffon et ils résident rue Pérignon (7e arr.).

Jean Jacques Burgard est élève dans l’établissement où professe son père, comme son frère aîné Marc Édouard. Ce dernier est arrêté, en compagnie d’une centaine d’étudiants, pour avoir manifesté à l’Arc de Triomphe le 11 novembre 1940, relâché, il s’engagera dans la résistance à l’occupation allemande. Leur père, fondateur du réseau Valmy et collaborateur de La France continue en fut un des pionniers ; il est fait prisonnier en avril 1942, condamné à mort et exécuté en Allemagne en juin 1944. La sœur aînée, Georgette Epiney-Burgard, est aussi une résistante active.

Ayant obtenu son bac à tout juste 17 ans, en juillet 1943, Jean Jacques Burgard fait des études à l’Université de Paris, obtient une licence de droit puis un diplôme de troisième cycle d’économie politique et de sciences économiques. Il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (Science Po) puis Élève à l’École nationale d’administration (ENA), reçu quatrième au concours d’entrée. Son mémoire porte sur la Politique administrative du peuplement pour le département du Morbihan.

À sa sortie, après un service militaire comme élève-officier, il intègre l’Inspection des Finances. Ses premiers postes le voient en Afrique, auprès des autorités coloniales de la Haute-Volta, au sein de la Caisse centrale de la France d’outre-mer puis s’occupant de l’équipement public à la Caisse d’équipement pour le développement de l’Algérie. Après l’indépendance, il continue à suivre ce pays, en tant que chef du service de la coopération économique et financière au secrétariat d’État aux Affaires algériennes jusqu’en 1964. Passant brièvement par la préfecture de la région Nord, il retourne en 1965 en Afrique, conseiller économique et financier auprès du Premier ministre congolais à Léopoldville (act. Kinshasa).

D’abord marié à Nicole Lepoutre, qui meurt très jeune en 1962, Jean Jacques Burgard épouse ensuite Monique Verhille. La cérémonie religieuse a lieu à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor) en mai 1965. La famille vit à Paris (15e arr.), square Charles-Laurent. Ils auront cinq enfants.

Travaillant désormais sur le territoire métropolitain, Jean Jacques Burgard est adjoint au chef du service de l’Inspection générale des finances en 1966 puis secrétaire général de la Commission des opérations de Bourse de 1968 à 1974. Il publie en 1970 un ouvrage, L’Information des actionnaires (Dunod).

À la fin de son mandat, Burgard intègre la Société nationale des chemins de fer français, dont il est secrétaire général jusqu’en 1980. Devenu inspecteur général des Finances en 1977, il est désigné en tant que délégué général de l’Association française des banques quand il quitte la SNCF et le reste jusqu’en 1992, quand il prend sa retraite. Il avait rédigé en 1988 La Banque en France (Dalloz), un livre régulièrement réédité.

Parallèlement à ses fonctions principales, il est professeur à Sciences Po de 1980 à 1988. Il publie plusieurs articles, comme celui sur le Crédit pour l'Encyclopædia Universalis‎, L'inspection des finances a cent cinquante ans (Le Monde, 31/10/1966) ou Le crédit cher (Revue des Deux Mondes, avril 1987).

Très engagé dans les milieux chrétiens, Jean Jacques Burgard y affiche des opinions conservatrices. Ainsi, en septembre 1971, contestant l’expression publique de Christian Kerboull, ancien prêtre qui s’est marié, il considère que « cet abbé est un parjure. »

Il assume d’importantes responsabilités dans des organisations confessionnelles. Administrateur du Secours catholique depuis 1988, il en est vice-président en 1992 puis président en 1997-1998. Il devient ensuite président de l'Office chrétien des personnes handicapées (1998-2001). Il a également assumé de nombreuses fonctions dans des organismes caritatifs ou hospitaliers. Dans le domaine culturel, il fut vice-président de l’Union des arts décoratifs de 1967 à 1992.

Jean Jacques Burgard meurt le 23 novembre 2003 à Paris (14e arr.). Commandeur de l’ordre national du Mérite, il est promu officier de la Légion d’honneur en juillet 1988.

 

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13 mars 2023 1 13 /03 /mars /2023 00:01

Marc Édouard Burgard naît le 22 janvier 1923 à Sarreguemines (Moselle). Il est le fils de Clémentine Thérèse Marie Francey, originaire de Suisse, docteure ès-lettres et de son mari Raymond Burgard, professeur au lycée de la ville, natif de Troyes (Aube) et issu d’une ascendance alsacienne.

La famille quitte la Lorraine en 1925 pour la Martinique, puis en 1928 pour la Tunisie, où Raymond Burgard enseigne aux lycées de Fort-de-France et de Tunis. Il obtient un poste de professeur agrégé au lycée Buffon de Paris en 1932. Ils s’installent alors rue Pérignon dans le quartier École militaire (7e arrondissement).

Élève de ce même établissement, Marc Édouard Burgard effectue en 1938 un séjour à New York (États-Unis), ayant voyagé sur le paquebot Champlain, de la Compagnie générale transatlantique. Il obtient son baccalauréat en août 1940. Il poursuit ses études au lycée Saint-Louis, intègre l’Université de Paris pour préparer une licence de droit. Il entre à l'École libre des sciences politiques (Sciences Po, section finances privées).

Le 15 novembre 1940, Marc Édouard Burgard est incarcéré à la prison de la Santé. Il fait partie d’un groupe de 92 personnes, dont 79 étudiants, accusées d’avoir participé à une manifestation place de l’Etoile le 11 novembre 1940, pour commémorer la fin de la première guerre mondiale. Son registre d’écrou précise que, le 9 décembre 1940, il est remis aux autorités allemandes qui vont le libérer.

Comme son père, fondateur du réseau Valmy, et sa sœur Georgette, Marc Édouard Burgard est activement engagé dans des activités de résistance à l’occupation allemande. Il écrit des tracts, diffusés à Sciences Po.

Il commence à travailler comme fonctionnaire, en tant que rédacteur auxiliaire au secrétariat d'État à la production industrielle (1942-1943).

Selon son dossier conservé par le Service historique de la Défense, il rejoint la résistance organisée en février 1944 au sein du réseau Samson, dont il est reconnu comme agent P2 le 1er juin la même année. Cette catégorie répertorie les « membres ayant une activité permanente, consacrant la totalité de leur temps au service et se soumettant à une discipline totale, en particulier quant au lieu d'emploi et genre d'activité à exercer ».

Son pseudonyme est Marc. Le réseau Samson, créé en 1943 par Robert Masson (Compagnon de la Libération), a pour mission de collecter des renseignements militaires sur l’armée d’occupation et de rendre compte au BCRA de la France Libre.

Pas encore informé de la mort de son père, décapité à Cologne (Allemagne) le 15 juin 1944, Marc Édouard Burgard s’engage dans l’armée en novembre 1944. Avec le grade d’aspirant, il rejoint le 5e régiment de chasseurs d’Afrique, qui dépend de la Première armée. Il participe à la libération de l’Alsace.

Revenu à la vie civile, Marc Édouard Burgard est, en 1946, rédacteur principal à la direction des finances tunisiennes, le pays étant alors sous protectorat français. Il rejoint cette même année comme secrétaire de direction le Groupement de la construction navale.

Il quitte le service public en 1948 pour devenir fondé de pouvoir de la compagnie commerciale Optorg en Extrême-Orient jusqu’en 1953. Il reprend une activité militaire en 1950, étant affecté aux troupes coloniales servant dans le nord de l’Indochine puis participe à la guerre entre les forces communistes vietnamiennes et celles d’occupation françaises.

Après l’évacuation de l’Indochine par la France, Marc Édouard Burgard revient en France en 1953, comme adjoint au directeur administratif et financier de la Snecma (moteurs d’avions) puis, l’année suivante, en tant qu’attaché à la direction générale du groupe Unilever en France. Il quitte cette fonction en 1960 pour celle de secrétaire général de la Compagnie Continentale France (import). En parallèle, il est de 1955 à 1962 maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po).

Il reprend une carrière internationale en tant qu’administrateur de sociétés. Il dirige ainsi la Societè de Sucreries Brésiliennes en 1967 à São Paulo, la société Goldschmidt (café, cacao, bois) en Afrique de 1969 à 1972 avant de collaborer avec la même entreprise de nouveau au Brésil, tout en étant administrateur de l'Union financière pour l'Europe et l'Afrique (1971).

Auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont plusieurs sous le pseudonyme de B. La Marque, Marc Édouard Burgard signe des œuvres de fictions, comme La croisière de l'Arcturus, « roman scout » en 1948 ou Laura ou le Marais profond, roman (1999). Il produit des recueils de poésie tels Mirliton (1989) et De Cœur et de carreau (1995). Son œuvre comprend également des essais : l'Économie des mandarins (1956), Paris brûlera (1963), l‘Économie de la corruption (1976), Les taxis et les anges (1991) ou 1995-2065 : prévisions pour un siècle à venir (1994). Parlant du premier, l’économiste Alfred Sauvy en parle comme étant « Un livre troublant, disons même vertigineux » qui y voit « pour le lecteur un excellent exercice, qui lui permettra parfois de sourire, souvent de communier, toujours de s'inquiéter ». Il produit aussi un récit, les Chroniques de la Pergola (1985).

Dans ses livres, Marc Édouard Burgard donne une vision du monde marquée par son engagement patriotique, sa critique de l’intervention administrative et du syndicalisme sur le fonctionnement de l’entreprise et une attention à la montée de l’Asie et de la Russie dans l‘économie et les relations internationales.

Membre de l'Automobile-Club de France, décoré de la Croix de guerre 1939-1945, Marc Édouard Burgard était également chevalier de la Légion d’honneur. Il avait épouse Nicole Baudez dont il avait eu cinq enfants et s’en était séparé.

Marc Édouard Burgard meurt le 1er octobre 1999 au Brésil. Il était âgé de 76 ans et avait été domicilié avenue Mozart à Paris (16e arr.).

Marc Édouard Burgard en 1961 (arch. Brésil)

 

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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 00:01

Georgette Burgard naît le 19 juin 1921 à Estavayer-le-Lac (act. Estavayer, Fribourg, Suisse), localité située au bord du lac de Neuchâtel. Elle est la fille de Clémentine Thérèse Marie Francey (1891-1948), de nationalité suisse, native de Cousset, dans le même canton, et de Raymond Burgard (1892-1944), de nationalité française, professeur alors en poste à Sarreguemines (Moselle).

En 1925, la famille s’installe en Martinique, où Raymond Burgard enseigne les lettres au lycée Victor-Schœlcher. Ils rejoignent en 1928 Tunis, le père étant désormais affecté au lycée Carnot. Il réussit cette année-là l’agrégation et est nommé en 1932 au lycée Buffon, à Paris. Les Burgard vivent rue Pérignon (7e arrondissement).

Thérèse et Raymond Burgard sont tous deux germanophones ; ils traduisent ensemble en 1922 un ouvrage de Carl Einstein, La sculpture africaine.

Dès le début de l’invasion de la France par les troupes allemandes à l’été 1940, Raymond Burgard s’engage dans la résistance. Il est un des fondateurs et le dirigeant du réseau Valmy, largement constitué par des membres du mouvement chrétien de gauche La Jeune République et notamment de sa section du 15e arrondissement de Paris. il collabore aussi au journal clandestin La France continue, créé par Paul Petit, lui aussi d’inspiration catholique. Arrêtés à Paris en avril 1942, Raymond Burgard, Paul Petit et Marietta Martin sont transférés en Allemagne, jugés à Sarrebruck et condamnés à mort. Burgard et Petit sont exécutés en juin et août 1944, Martin meurt d’épuisement en prison.

À l’instar de son père et de son frère cadet, Marc Édouard, Georgette Burgard s’engage dans la résistance. Son appartenance aux Forces françaises combattantes est reconnue après le conflit.

Reçue à l’agrégation d’allemand en 1945, Georgette Burgard épouse en avril 1947 Jean Epiney. Ils vivent à Romont, dans le canton de Fribourg, en Suisse. Après avoir donné naissance à probablement cinq enfants, au cours des deux décennies suivantes, elle prépare un doctorat ès-lettres qu’elle soutient en 1970 avec une thèse sur Gérard Grote et les débuts de la Dévotion moderne (Devotio moderna). Grote ou Groote (1340-1384), natif des Pays-Bas, est à l’origine d’une rénovation des pratiques religieuses, et fut l’organisateur d’une congrégation, les Frères de la vie commune.

Georgette Epiney-Burgard centrera ses travaux ultérieurs sur les mystiques du Moyen-Âge, comme Jean de Ruysbroeck, Jean Eck ou Henri Herp (Harphius). Ses travaux sont évoqués notamment dans la Revue des Sciences Religieuses et les Cahiers de civilisation médiévale.

Mais c’est surtout sur le rôle des femmes que se concentre Georgette Epiney-Burgard. Elle documente notamment l’influence sur Ruysbroeck du mouvement des béguines. Deux d’entre elles, la poétesse Hadewijch d'Anvers et la religieuse Mathilde de Magdebourg, sont particulièrement étudiées.

En collaboration avec la théologienne Émilie Zum Brunn, elle publie en 1988 Femmes troubadours de Dieu, livre qui sera traduit en anglais et en espagnol.

Délaissant parfois le cadre ancien, Georgette Epiney-Burgard rédige en 1956 un avant-propos à la publication posthume des Cahiers de Marietta Martin, poète mystique et résistante, condamnée à mort dans le même procès que son père. En 1957, elle traduit l’ouvrage d’Adolf Busemann sur le Rôle de la petite enfance dans l'édification de la personnalité humaine. Elle prépare la version française d’un livre sur la faune d'Europe en 280 images, la Féerie animale de F. A. Roedelberger et Vera I. Groschoff, sortie en 1961. Elle anime, en septembre 1977, une session consacrée à Madeleine Delbrêl, assistante sociale à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), essayiste et poète mystique catholique.

Depuis 1964, Georgette Epiney-Burgard était membre de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève.

Elle meurt le 13 avril 2003 à Genève, âgée de 81 ans, possédant la double nationalité française et suisse.

Femmes troubadours de Dieu, de Georgette Epiney-Burgard

 

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9 mars 2023 4 09 /03 /mars /2023 00:01

Clémentine Thérèse Marie Francey naît le14 novembre 1891 à Cousset (canton de Fribourg, Suisse). Elle est la fille de Séraphine Madeleine Grémaud et de son mari Jacques Alexandre Francey ; elle utilise habituellement le prénom de Thérèse.

Elle est le septième enfant du couple ; sa mère, qui en aura eu probablement trois de plus, décède en septembre 1915, toujours à Cousset, actuellement localité de la commune de Montagny, dans le district de la Broye. Son père, qui avait été agent de la banque d’État de Fribourg puis professeur, est député au Grand conseil fribourgeois entre 1887 et 1917. Il sera ensuite préfet de la Broye 1917 à 1923.

Thérèse Francey suit des études à Fribourg. C’est dans la faculté des lettres de l’université de cette ville qu’elle rencontre Raymond Burgard, originaire de Troyes et d’une famille alsacienne, qui avait été prisonnier civil en Allemagne pendant la première guerre mondiale. Il y obtient une licence qui lui permet d’enseigner en France à partir de 1919. Thérèse Francey réside à Estavayer-le-Lac (act. Estavayer, Fribourg), où elle épouse Raymond Burgard en juin 1920 et où naît sa fille Georgette un an plus tard. Elle obtient son doctorat ès-lettres à Fribourg en 1921 en soutenant une thèse sur Les idées littéraires de Saint-Augustin dans le De doctrina christiana.

Thérèse Francey-Burgard (arch. fam.)

Thérèse Burgard rejoint son époux à Sarreguemines (Moselle), où ils vivent rue de Nomeny ; son fils Marc Édouard y naît. 1921. Les éditions Hofer, de Sarrebruck, publient des extraits de sa thèse en 1923.

Germanophone comme son mari, Thérèse Burgard traduit, avec lui, Afrikanische Plastik, livre paru en 1921 à Berlin, de l’historien de l'art Carl Einstein (1885-1940), né dans une famille juive et qui sera militant anarchiste, engagé dans les brigades internationales pendant la guerre d’Espagne. Leur ouvrage paraît en 1922 aux éditions Georges Crès à Paris, sous le titre La sculpture africaine.

Raymond Burgard est affecté comme professeur au lycée Victor-Schœlcher de Fort-de-France, en Martinique, à ce moment colonie française. Il s’y rend, accompagné de Thérèse et de ses deux enfants, sur le paquebot Pérou, au départ de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) 1er octobre. Ils restent trois ans dans l’île et leur dernier fils, Jean Jacques, y naît en juin 1926.

Après que Raymond Burgard ait été reçu, en août 1928, au concours de l’agrégation en grammaire, il est nommé au lycée Carnot, à Tunis, alors sous protectorat français. Ils y résident quatre ans, Raymond s’implique, comme en Martinique, dans la vie littéraire locale, et il en est de même, semble-t-il, de Thérèse.

Raymond Burgard obtient un poste au lycée Buffon, à Paris, et la famille rentre en métropole à l’été 1932. Elle s’installe rue Pérignon (7e arr.).

Ayant poursuivi une activité historique, Thérèse traduit de l’allemand un livre de l’historien suisse Gustav Schnürer, Kirche und Kultur im Mittelalter. Elle le fait avec Gaston Castella, professeur à l'université de Fribourg et président de la société d'histoire du canton. Conformément à l’usage suisse, elle signe Thérèse Francey-Burgard le livre paru à Paris chez Payot en 1933 sous le titre L'église et la civilisation au moyen âge.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, la famille Burgard va s’engager dans la résistance à l’occupation allemande. Raymond le fait dès l’été 1940 ; il fonde, le 21 septembre, le réseau Valmy, qui édite le journal clandestin éponyme. S’appuyant sur les militants du mouvement catholique La Jeune République du 15e arrondissement, il a un fort écho parmi les lycéens de Buffon (dont font partie ses deux fils) qui manifestent, à son instigation, le 11 novembre 1940. Il collabore à une autre publication clandestine, La France continue, éditée par le diplomate Paul Petit, et est lié au réseau du Musée de l’Homme, fer de lance de la lutte intellectuelle à Paris.

Outre Raymond Burgard, leur fille Georgette et l’aîné des garçons, Marc Édouard, seront tous deux reconnus comme membres des Forces françaises combattantes après le conflit. L’appartement familial sert, à plusieurs occasions, de lieu pour des réunions secrètes. Arrêté le 2 avril 1942, transféré à la forteresse de Sarrebruck, il est condamné à mort par un tribunal allemand puis décapité à Cologne le 15 juin 1944. Le 16 avril 1942, une manifestation de protestation contre son arrestation par des lycéens de Buffon avait conduit à ce que cinq d’entre eux soient fusillés.

Selon des sources généalogiques reprises dans la biographie de son mari publiée sur Wikipédia, Thérèse Burgard aurait posé « pour La femme assise de René Iché représentant l'intense désespoir d'une jeune femme, la tête penchée et le visage enfoui dans sa paume droite ». Le sculpteur est lié aux réseaux du Musée de l’Homme et Valmy.

Thérèse Burgard meurt le 21 février 1948 à Paris (15e arr.) à l’hôpital Necker. Elle était toujours domiciliée dans l’appartement familial de la rue Pérignon. Elle est inhumée le 25 au cimetière parisien du Père-Lachaise. Son mari y sera transféré en septembre 1953.

Sa fille Georgette, épouse Epiney, fut comme elle docteure ès-lettres ; elle s’est, à l’image de son père engagée dans la résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. C’est le cas aussi de son fils Marc Édouard, fonctionnaire en France et en Tunisie, administrateur de sociétés en Europe et au Brésil, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, décoré de la Croix de guerre, chevalier de la Légion d’honneur. son troisième enfant, Jean Jacques, fut inspecteur général des Finances, administrateur d’organismes publics ou financiers (Société nationale des chemins de fer français, Commission des opérations de bourse, Association française des banques), professeur également à l'Institut d'études politiques de Paris, écrivain, président du Secours catholique (1997-1998), responsables d’organismes humanitaires et d’organisations professionnelles, officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite.

Sculpture de René Iché

 

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7 mars 2023 2 07 /03 /mars /2023 00:01

Caroline Raymonde Marie Amiel naît le 28 août 1849 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Laurence Céleste Soudry et de son époux Charles Amiel. Sa mère est la fille de négociants bretons. Son père est employé et propriétaire. Ils vivent à Paris mais s’installent à la belle saison à Joinville où le grand-père Jean Baptiste Amiel a acquis une vaste maison avec un grand jardin, dans le centre, rue de Paris.

Charles Amiel siège au conseil municipal du village. Il a été élu au suffrage censitaire en 1846, ayant pris la suite de son père qui exerçait la même fonction de 1837 à son décès en 1839. Charles Amiel est toujours membre de l’assemblée communale lors de sa propre disparition en 1868. Son frère, Louis-Félix Amiel, qui vécut aussi à Joinville, est un célèbre peintre portraitiste.

La famille a compté probablement neuf naissances entre 1829 et 1849, dont les sept enfants vivants sont tous des filles. Elle réside l’hiver dans le 3e arrondissement de Paris et, à la belle saison, à Joinville. Caroline est la cadette et, comme son aînée de trois ans Céleste, restera célibataire. Toutes deux vont et vivre ensemble dans la maison familiale de Joinville après la mort de leur mère en 1879. Elles disposent de ressources suffisantes pour avoir deux employés domestiques à leur domicile, une bonne et un jardinier.

Caroline Amiel s’investit dans la vie locale avec la nomination en juillet 1882 d’Ernest Jouin en tant que curé de saint Charles-Borromée, alors paroisse unique de Joinville. Originaire d’Anjou, le père Jouin avait d’abord fréquenté un couvent dominicain puis était devenu prêtre régulier à Angers et avait été transféré dans le diocèse de Paris en tant que vicaire de Saint Étienne du Mont, dans le quartier latin (5e arr.) puis à Arcachon (Gironde) où il séjourne en convalescence.

Devenu docteur en théologie, l’abbé Jouin est accompagné de l’abbé Joseph Sauvêtre, qui sera son biographe. Il va débuter sa carrière d’essayiste et polémiste à Joinville, où il s’oppose tout de suite aux élus locaux, comme le maire, Gabriel Pinson, le restaurateur Honoré Jullien ou Jules-Ferdinand Baulard, futur député, ancien ouvrier devenu industriel, un temps communard et ardent défenseur de la cause laïque. Le nouveau curé leur reproche de vouloir contrôler la gestion des fonds par la fabrique paroissiale et engage des instances juridiques contre eux. Il les attaque, dénonçant le fait qu’ils soient francs-maçons. Si E. Jouin se plaint de l'indifférence générale de la population, il trouve, selon J. Sauvêtre, « un peu de consolation » grâce à « quelques femmes pieuses — telles les saintes demoiselles Amiel. »

Parallèlement à son combat contre les autorités communales, l’abbé Jouin obtient l’installation, en novembre 1883, d’une communauté de Servantes des pauvres, venues d’Angers, sous la conduite de mère Agnès (Modeste Bondu). Les trois premières sœurs, en plus de leur fonction de garde-malades, auraient obtenu des conversions : « des agnostiques, une protestante, des juifs, un franc-maçon » selon Joseph Sauvêtre.

Inquiet de la tournure prise par l’affrontement politique entre le curé et les élus, l’archevêque de Paris nomme E. Jouin vicaire de l’église Saint-Augustin à Paris en juillet 1886. Une pétition demande son maintien ; elle est diffusée en particulier par les sœurs Servantes des pauvres et les demoiselles Amiel et aurait eu 900 signatures.

Après son départ, l’abbé Jouin revenait à Joinville célébrer l'anniversaire de la fondation des Servantes des Pauvres et retrouvait à cette occasion Céleste et Caroline Amiel.

Céleste Amiel meurt pendant la première guerre mondiale le 17 mars 1915 à Quimper, Finistère, ville d’origine de sa mère. Son décès est déclaré par son cousin, Alphonse Massabian. Elle était âgée de 66 ans et est inhumée à Joinville.

Louis-Félix Amiel, peintre représenté par Eugène Dévéria, oncle de Céleste Amiel

 

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5 mars 2023 7 05 /03 /mars /2023 00:01

Julienne Henriette Céleste Amiel naît le 31 mars 1846 à Paris (3e arr.). Elle est la fille de Laurence Céleste Soudry et de son époux Charles Amiel. Sa mère est la fille de négociants bretons. Son père est employé et propriétaire. Ils vivent à Paris mais s’installent à la belle saison à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où le grand-père Jean Baptiste Amiel a acquis une vaste maison avec un grand jardin, dans le centre, rue de Paris.

Charles Amiel siège au conseil municipal du village, où il a été élu au suffrage censitaire en 1846, ayant pris la suite de son père qui exerçait la même fonction de 1837 à son décès en 1839. Charles Amiel est toujours membre de l’assemblée communale lors de sa propre disparition en 1868. Son frère, Louis-Félix Amiel, qui vécut aussi à Joinville, est un célèbre peintre portraitiste.

La famille a compté probablement neuf naissances entre 1829 et 1849, dont les sept enfants vivants sont tous des filles. Elle réside l’hiver dans le 3e arrondissement de Paris et, à la belle saison, à Joinville.

Si les cinq premières sœurs Amiel se marient, Céleste et sa cadette Caroline vont rester célibataires et vivre ensemble dans la maison familiale de Joinville après la mort de leur mère en 1879. Elles ont manifestement des rentes conséquentes, puisqu’elles disposent à leur domicile de deux employés domestiques, un jardinier et une bonne.

Céleste Amiel va s’impliquer dans la vie locale après la nomination en juillet 1882 d’Ernest Jouin en tant que curé de saint Charles-Borromée, alors paroisse unique de Joinville. Originaire d’Anjou, le père Jouin avait d’abord fréquenté un couvent dominicain puis était devenu prêtre régulier à Angers et avait été transféré dans le diocèse de Paris en tant que vicaire de Saint Étienne du Mont, dans le quartier latin (5e arr.) puis à Arcachon (Gironde) où il séjourne en convalescence.

Devenu docteur en théologie, l’abbé Jouin est accompagné de l’abbé Joseph Sauvêtre, qui sera son biographe. Il va débuter sa carrière d’essayiste et polémiste à Joinville, où il s’oppose tout de suite aux élus locaux, comme le maire, Gabriel Pinson, le restaurateur Honoré Jullien ou Jules-Ferdinand Baulard, futur député, ancien ouvrier devenu industriel, un temps communard et ardent défenseur de la cause laïque. Le nouveau curé leur reproche de vouloir contrôler la gestion des fonds par la fabrique paroissiale et engage des instances juridiques contre eux. Il les attaque, dénonçant le fait qu’ils soient francs-maçons. Si E. Jouin se plaint de l'indifférence générale de la population, il trouve, selon J. Sauvêtre, « un peu de consolation » grâce à « quelques femmes pieuses — telles les saintes demoiselles Amiel. »

Parallèlement à son combat contre les autorités communales, l’abbé Jouin obtient l’installation, en novembre 1883, d’une communauté de Servantes des pauvres, venues d’Angers, sous la conduite de mère Agnès (Modeste Bondu). Les trois premières sœurs, en plus de leur fonction de garde-malades, auraient obtenu des conversions : « des agnostiques, une protestante, des juifs, un franc-maçon » selon Joseph Sauvêtre.

Inquiet de la tournure prise par l’affrontement politique entre le curé et les élus, l’archevêque de Paris nomme E. Jouin vicaire de l’église Saint-Augustin à Paris en juillet 1886. Une pétition demande son maintien ; elle est diffusée en particulier par les sœurs Servantes des pauvres et les demoiselles Amiel et aurait eu 900 signatures.

Après son départ, l’abbé Jouin revenait à Joinville célébrer l'anniversaire de la fondation des Servantes des Pauvres et retrouvait à cette occasion Céleste Amiel, dont la sœur, Caroline, décède pendant la première guerre mondiale.

Céleste Amiel meurt le 16 mai 1932 à Joinville. Elle était âgée de 86 ans. Elle a légué à l'Archevêché de Paris sa maison et son jardin, contigus à l'église, pour devenir le presbytère des curés de la paroisse saint Charles-Borromée.

Mgr Jouin, qui mourut lui-même en juin 1932, vint lui rendre hommage. Il écrivit un article faisant son éloge dans le Bulletin paroissial de Joinville-le-Pont, cité par J. Sauvêtre : « Comme les sept titulaires qui m'ont succédé, tous ont appelé Mlle Céleste Amiel la grande bienfaitrice de l'église paroissiale de Joinville (…) Au terme de cette longue existence, on lui applique encore cette autre parole dite du Sauveur : « Il a passé en faisant le bien ». Elle fut la bienfaitrice de Dieu et du prochain. De Dieu par sa fidélité exemplaire à la communion quotidienne, à l'assistance aux offices, au zèle de la maison de Dieu. Elle s'occupait des linges sacrés, elle soignait ses fleurs pour les porter à l'autel. Durant mes quatre ans de cure à Joinville, que de décorations à l'église, que de jolies crèches nous avons faites ensemble ! C'était le rayonnement de son cœur et de sa piété. »

L’église de Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont et à droite la propriété Amiel

 

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17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 00:01

Début de la biographie de Robert Deloche

Robert Deloche naît le 20 novembre 1909 à Lyon (2e arr.). Il est le fils de Marie Eugénie Deloche, couturière, et d’un père non dénommé. Sa mère, qui est veuve depuis avril 1906, le reconnaît le 1er décembre ; ils résident place de la Miséricorde.

En 1924, Robert Deloche est apprenti ouvrier fourreur à Lyon, âgé de 14 ans. Selon les historiens René Lemarquis et Claude Pennetier (auteur de sa biographie dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, dit le Maitron), il quitta Lyon en 1928 et travailla quelques mois dans une société de fourrures, place de la République à Paris. En 1929, il fut manœuvre dans quelques scieries puis retrouva en novembre un emploi dans la fourrure rue de Vaugirard.

C’est également en 1929 que, devant effectuer son service militaire, Robert Deloche s’engage dans l’armée pour deux ans. Affecté au 2e régiment de spahis, il sert au Maroc. Dans le Maitron, on mentionne qu’il quitte l’armée connaissant un peu la langue arabe et avec le grade de brigadier. L’hebdomadaire l’Union régionale lui attribue celui de sergent, c’est-à-dire sous-officier, le terme équivalent en usage dans la cavalerie étant de maréchal des logis.

D’après Lemarquis et Pennetier, à son retour, probablement fin 1931 ou début 1932, Robert Deloche habitait chez sa mère, à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier du Parc, avenue Curti, jusqu'en 1935.

Selon sa notice publiée sur la base AJPN (Anonymes, Justes et persécutés durant la période nazie), il fut commis de bibliothèque au journal communiste l’Humanité, avant de rejoindre le service de propagande du Parti communiste. Lemarquis et Pennetier remarquent qu’il ne cite pas cette fonction dans son autobiographie de 1933, mais peut-être l’exerça-t-il ultérieurement.

C’est en tout cas en 1932 que Deloche s’engage dans l’action publique, en adhérant en mai 1932 au parti communiste. Il est membre de la cellule 1306 de Saint-Maur, qui appartient au rayon de Charenton. L’Humanité le cite, le 11 novembre, comme étant le responsable du départ depuis Saint-Maur des participants à une manifestation à Paris des Comités de lutte contre la guerre.

Présenté comme chômeur, il est élu, en février 1933, trésorier du Syndicat des ouvriers et ouvrières fourreurs de la Seine, membre de la confédération CGTU (proche des communistes). Inscrit en tant que demandeur d’emploi à Saint-Maur, il est membre du comité de chômage de Champigny-sur-Marne, dont il est trésorier puis secrétaire. Lemarquis et Pennetier mentionnent son rôle lors de la grève de la fourrure aux Galeries Lafayette en mai 1933 ; alors secrétaire de la Fédération unitaire du vêtement, il est arrêté pour distribution de tracts et prise de parole. Cette même année, les historiens signalent sur la base de son autobiographie, qu’il est membre du Secours ouvrier, des Amis de l'Union soviétique et du Secours rouge international. Il représente le comité local de cette organisation lors de meeting à Saint-Maur en mars puis juillet 1934.

À partir d’avril de la même année, il est désormais présenté habituellement comme un responsable du parti communiste. Délégué à la conférence régionale communiste de l'Est-Parisien en janvier 1933, il suit une école régionale de formation du CPF et est inscrit à un Cercle d'études marxiste. Il intègre la commission d'agit-prop (propagande) du rayon communiste de Charenton-le-Pont (qui inclut Saint-Maur) et devient, à partir d’avril 1934, un orateur régulier du parti communiste lors de réunions internes ou avec des partenaires. Ainsi, il est un des intervenants d’un « Grand meeting d'unité » à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en août 1934 aux côtés de responsables socialistes. Il est également un des négociateurs, le même mois, d’un accord entre la Fédération socialiste de Seine-et-Marne et la région Est-Parisien du Parti communiste. S’inscrivant dans la lignée du pacte d'unité d'action signé par les organismes centraux des deux partis, les fédérations se sont engagées « à mener d'un commun accord l'action contre la guerre et le fascisme et de s'abstenir, au cours de cette action commune d'attaques et de critiques contre les organisations et militants participant loyalement ». Deloche intervient, le 15 août, à une réunion d'unité d'action à Villeparisis (Seine-et-Marne), organisée conjointement par la SFIO et le PCF.

On retrouve Deloche à l’affiche de réunions publiques au Pré-Saint-Gervais (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en août 1934, « contre les manœuvres de guerre » ; en septembre à Charenton pour la libération du militant communiste allemand Thaelmann ; en octobre aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis) pour le compte-rendu de mandat du député socialiste de la Seine Marsais ; et en novembre à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne) contre la menace l'interdiction de l'Etoile Nord-Africaine d’Algérie.

À suivre

Robert Deloche, 1945

 

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