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17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 00:01

Début de la biographie de Robert Deloche

Robert Deloche naît le 20 novembre 1909 à Lyon (2e arr.). Il est le fils de Marie Eugénie Deloche, couturière, et d’un père non dénommé. Sa mère, qui est veuve depuis avril 1906, le reconnaît le 1er décembre ; ils résident place de la Miséricorde.

En 1924, Robert Deloche est apprenti ouvrier fourreur à Lyon, âgé de 14 ans. Selon les historiens René Lemarquis et Claude Pennetier (auteur de sa biographie dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, dit le Maitron), il quitta Lyon en 1928 et travailla quelques mois dans une société de fourrures, place de la République à Paris. En 1929, il fut manœuvre dans quelques scieries puis retrouva en novembre un emploi dans la fourrure rue de Vaugirard.

C’est également en 1929 que, devant effectuer son service militaire, Robert Deloche s’engage dans l’armée pour deux ans. Affecté au 2e régiment de spahis, il sert au Maroc. Dans le Maitron, on mentionne qu’il quitte l’armée connaissant un peu la langue arabe et avec le grade de brigadier. L’hebdomadaire l’Union régionale lui attribue celui de sergent, c’est-à-dire sous-officier, le terme équivalent en usage dans la cavalerie étant de maréchal des logis.

D’après Lemarquis et Pennetier, à son retour, probablement fin 1931 ou début 1932, Robert Deloche habitait chez sa mère, à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier du Parc, avenue Curti, jusqu'en 1935.

Selon sa notice publiée sur la base AJPN (Anonymes, Justes et persécutés durant la période nazie), il fut commis de bibliothèque au journal communiste l’Humanité, avant de rejoindre le service de propagande du Parti communiste. Lemarquis et Pennetier remarquent qu’il ne cite pas cette fonction dans son autobiographie de 1933, mais peut-être l’exerça-t-il ultérieurement.

C’est en tout cas en 1932 que Deloche s’engage dans l’action publique, en adhérant en mai 1932 au parti communiste. Il est membre de la cellule 1306 de Saint-Maur, qui appartient au rayon de Charenton. L’Humanité le cite, le 11 novembre, comme étant le responsable du départ depuis Saint-Maur des participants à une manifestation à Paris des Comités de lutte contre la guerre.

Présenté comme chômeur, il est élu, en février 1933, trésorier du Syndicat des ouvriers et ouvrières fourreurs de la Seine, membre de la confédération CGTU (proche des communistes). Inscrit en tant que demandeur d’emploi à Saint-Maur, il est membre du comité de chômage de Champigny-sur-Marne, dont il est trésorier puis secrétaire. Lemarquis et Pennetier mentionnent son rôle lors de la grève de la fourrure aux Galeries Lafayette en mai 1933 ; alors secrétaire de la Fédération unitaire du vêtement, il est arrêté pour distribution de tracts et prise de parole. Cette même année, les historiens signalent sur la base de son autobiographie, qu’il est membre du Secours ouvrier, des Amis de l'Union soviétique et du Secours rouge international. Il représente le comité local de cette organisation lors de meeting à Saint-Maur en mars puis juillet 1934.

À partir d’avril de la même année, il est désormais présenté habituellement comme un responsable du parti communiste. Délégué à la conférence régionale communiste de l'Est-Parisien en janvier 1933, il suit une école régionale de formation du CPF et est inscrit à un Cercle d'études marxiste. Il intègre la commission d'agit-prop (propagande) du rayon communiste de Charenton-le-Pont (qui inclut Saint-Maur) et devient, à partir d’avril 1934, un orateur régulier du parti communiste lors de réunions internes ou avec des partenaires. Ainsi, il est un des intervenants d’un « Grand meeting d'unité » à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en août 1934 aux côtés de responsables socialistes. Il est également un des négociateurs, le même mois, d’un accord entre la Fédération socialiste de Seine-et-Marne et la région Est-Parisien du Parti communiste. S’inscrivant dans la lignée du pacte d'unité d'action signé par les organismes centraux des deux partis, les fédérations se sont engagées « à mener d'un commun accord l'action contre la guerre et le fascisme et de s'abstenir, au cours de cette action commune d'attaques et de critiques contre les organisations et militants participant loyalement ». Deloche intervient, le 15 août, à une réunion d'unité d'action à Villeparisis (Seine-et-Marne), organisée conjointement par la SFIO et le PCF.

On retrouve Deloche à l’affiche de réunions publiques au Pré-Saint-Gervais (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en août 1934, « contre les manœuvres de guerre » ; en septembre à Charenton pour la libération du militant communiste allemand Thaelmann ; en octobre aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis) pour le compte-rendu de mandat du député socialiste de la Seine Marsais ; et en novembre à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne) contre la menace l'interdiction de l'Etoile Nord-Africaine d’Algérie.

À suivre

Robert Deloche, 1945

 

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15 février 2023 3 15 /02 /février /2023 00:01

Marguerite Kundmann naît le 23 novembre 1914 à Paris (12e arr.). Elle est la fille de Bension Kundmann et de Chaïna Peila Frankenstein. L’orthographe des noms et prénoms des parents est variable ; on trouve notamment Koutmann et Frankestein pour les patronymes et Benzion ou Chaïna Pula pour les prénoms. Ils font également usage des formes francisées de Benjamin et Pauline.

Bension Kundmann est casquettier, originaire de Berëzovo, dans l’oblast de Tcheliabinsk, en Russie, au sud du massif de l’Oural et en limite de la Sibérie. De confession juive et disposant alors de la nationalité russe, il a pu divorcer d’un premier mariage conclu en France en décembre 1904 sur décision de l’autorité rabbinique de Paris. Il n’est pas remarié, du point de vue de l’état-civil français, à la naissance de Marguerite mais épousera sa mère en juillet 1930 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), ce qui légitimera son origine. Toute la famille (dont Marguerite) obtient, en mars 1927 par décret la nationalité française. 1935

En mai à Paris (17e arr.), Marguerite Kundmann, qui travaille comme sténodactylographe, donne naissance à Hélène Deloche, fille reconnue par Robert Deloche. Ils sont installés ensemble, avec leur fille, en 1936 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue du Canal, dans le quartier du Centre.

Il est probable qu’il faille l’identifier avec Koudmann qui fait partie d’une liste de 24 collaborateurs du comité central du parti communiste français, qui participent à une souscription « Pour chasser Laval, les fascistes et les renégats » publiée en août 1935 dans le quotidien communiste L’Humanité. Parmi les autres personnes mentionnées figure Deloche.

À partir de juin 1937, Marguerite Kundmann, qui prend désormais le nom de Marguerite Deloche, devient une oratrice fréquemment mobilisée, en tant que représentante du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. Fondé à Paris en 1934 lors du Congrès mondial des femmes, présidé par Gabrielle Duchêne. Sa section française compte alors 200 000 adhérentes. Le Comité se situe dans la continuité du Mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel et fait campagne en faveur du Front Populaire en France ainsi que pour les républicains espagnols.

Élu conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont en mai 1935, Robert Deloche devient le représentant du PCF auprès des mouvements communistes en Afrique du Nord ; il est également candidat, sans succès, aux élections législatives de 1936. Un hebdomadaire local très anticommuniste, l’Union régionale, mentionne en octobre 1937 qu’il a « déménagé, laissant femme et enfant seuls » et que ces dernière « vont aller habiter à Montreuil », où résident les parents de Marguerite.

On retrouve Marguerite Deloche à Mâcon (Saône-et-Loire) en juin 1937 puis à Bourges (Allier) en décembre la même année. Dans cette dernière ville, elle intervient au sein de l’hôtel des Syndicats pour dénoncer « le grand malheur de l’Espagne, conséquence de la préméditation fasciste ». Elle relie la situation à « une série d’attentats et d'assassinats » qui a précédé « aussi bien en Italie et en Allemagne qu’en Espagne, la révolution fasciste » et appelle à « la vigilance républicaine. »

En janvier 1938, Marguerite Deloche participe à un « grand meeting avec les orateurs de Front populaire » à Franconville (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Cette année-là, elle prend en décembre la parole dans une assemblée organisée par le Secours populaire à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine) où elle demande « la libération des papas pour les rendre à leurs enfants à l'occasion des fêtes de Noël. »

L’année suivante, elle participe à plusieurs manifestations du mouvement Paix et Liberté en janvier à Sevran (Seine-et-Oise, act. Seine-Saint-Denis) et Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis), dans cette dernière ville avec Charles Tillon, député et futur ministre. Elle contribue à des meetings du pour l'aide à l’Espagne républicaine en février à Paris (10e arr.) et en mars à Vendôme (Loir-et-Cher).

Le Comité mondial des femmes se dissout après le déclenchement de la deuxième guerre mondiale en octobre 1939. Le mois suivant, Marguerite et Robert Deloche se marient à Pontault-Combault (Seine-et-Marne).

Sur son attitude pendant le conflit, on dispose du témoignage de sa fille Hélène, devenue Mme Robineau et celui de Christiane Dormois, vice-présidente nationale Fédération nationale autonome des pupilles de la nation et des orphelins de guerre (FNAPOG). Du fait que Robert Deloche a été Interné pour faits de Résistance au camp de Châteaubriant, puis s’en est évadé et parce qu’elle est d’ascendance juive par sa mère, Hélène doit vivre « cachée avec sa grand-mère dans la mansarde d’un cabaretier, place de Verdun à Joinville-le-Pont. »

Christiane Dormois décrit Marguerite Deloche comme une « grande résistante parisienne », devenue agente de liaison des Francs-tireurs et partisans (FTP), mouvement de résistance proche du parti communiste.

À la Libération, d’après le récit d’Hélène Robineau, Marguerite Deloche et elle-même accueille avec sa mère les survivants de la Shoah à l’hôtel Lutétia à Paris en 1945. Elles rencontrent l’écrivain Louis Aragon dont Marguerite Deloche devient la secrétaire. Renate Lance–Otterbein, docteur en littérature, indique que c’est Marguerite Deloche qui a tapé Les Communistes, roman d’Aragon paru en 1949.

Elle publie, dans la revue Femmes françaises, proche des communistes, en juillet 1946, une nouvelle sur l’expérience de la déportation.

En tant que responsable de l’association des Amies de La Paix, Marguerite Deloche est une des organisatrices de la journée du souvenir et de la paix organisée le 11 novembre 1947 conjointement avec l’Amicale des Veuves Orphelins, Ascendants, Victimes de deux guerres, l’Association des familles des fusillés massacrés de la Résistance, le CRL, l’ARAC, les Anciens FTP-FFI, Comité Parisien de la FNDIRP, Association départementale des déportés du Travail, Association départementale des anciens prisonniers de guerre.

À Joinville-le-Pont, Robert Deloche, qui a libéré la mairie le 25 août 1944 à la tête d’un groupe de FTP, est devenue président du comité local de Libération et désigné comme faisant fonction de maire, avant d’être élu dans ce poste en 1945 puis réélu en 1947, devenant également conseiller général de la Seine la même année. Il démissionne de ce mandat en janvier 1953, est exclu du parti communiste qui met en cause « les écarts de sa vie privée », puis renonce en mars à son poste de maire ; il est remplacé par Amélie Trayaud, deux mois avant l’échéance électorale.

C’est ce même mois de mars 1953 que le divorce de Marguerite et Robert Deloche est prononcé par le tribunal civil de la Seine.

Marguerite, qui reprend son nom de Kundmann, exploite la librairie Ars Una, située boulevard Malesherbes à Paris (17e arr.) jusqu’en 1967. Elle participe à une souscription publiée en mars 1998 par L’Humanité, qui indique qu’elle réside à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Marguerite Kundmann meurt le 10 janvier 1999 à Paris (8e arr.). Elle était âgée de 84 ans et mère d’une fille.

Portrait présumé de Marguerite Kundmann-Deloche (arch. fam.)

 

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13 février 2023 1 13 /02 /février /2023 00:01

Ernest Léon Hecquet naît le 25 juin 1919 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Joséphine Rachel Boulard, employée de commerce et de son mari Léon Hecquet, plombier. Ils résident dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes puis dans celui du Centre, rue de Paris.

L’oncle d’Ernest Hecquet, Henri Boulard, ajusteur, a été un des responsables de la section de Joinville du parti socialiste SFIO et candidat dans cette commune aux élections municipales de 1912. Son père, Léon Hecquet, (1887-1959), fut candidat communiste aux élections municipales dans la même ville en 1929 et a été décoré de la Croix de guerre.

En 1936, la famille a quitté Joinville pour la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avenue Garibaldi.

Selon des archives familiales, Léon Hecquet est mobilisé en tant que soldat pendant la deuxième guerre mondiale. Il devient ensuite résistant à l’occupation allemande au sein des Francs-tireurs et partisans, mouvement de résistance proche du parti communiste. Il est d’abord artisan plombier, poursuivant la tradition familiale puis contremaitre chez dans une entreprise de matériels roulants de chantiers, Caterpillar.

Après-guerre, Ernest Hecquet vit toujours à Saint-Maur, rue Georges-Clemenceau, dans le quartier de La Varenne Saint-Hilaire. Il épouse en juillet 1956 dans cette ville Paulette Léone Reytinat.

Ernest Hecquet meurt le 6 novembre 1998 à Saint-Maur. Il est inhumé au cimetière Rabelais 1 dans cette ville. Âgé de 79 ans, il était père d’au moins un enfant.

Tombe Hecquet à Saint-Maur-des-Fossés (Arch. familiales)

 

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11 février 2023 6 11 /02 /février /2023 00:01

Léon Hecquet naît le 11 avril 1887 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Marie Céline Jolimoy, blanchisseuse et de François Jules Hecquet, plombier. Ils vivent rue Durantin. Il est légitimé par le mariage de ses parents en juin 1891 dans le même arrondissement.

Ayant perdu son père en juillet 1904, il est considéré comme étant sans résidence fixe en 1907 au moment de son recensement pour ses obligations militaires. Il exerce également le métier de plombier chaudronnier. Il épouse en juin 1908 à Paris (18e arr.) Joséphine Rachel Boulard, employée de commerce. Ils s’installent allée Verte à Paris (11e arr.) puis résident, en 1912, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier Palissy, avenue des Platanes.

Mobilisé pour le service militaire en octobre 1908 au 4e régiment de génie (RG), basé à Grenoble, Léon Hecquet est affecté en janvier 1909 au 1er RG puis démobilisé en septembre 1910.

Son épouse est la sœur de Henri Boulard (1873-1921), monteur en bronze, membre de la commission exécutive de la section de Joinville du parti socialiste SFIO et candidat de cette formation aux élections municipales de 1912 dans la commune.

Au cours de la première guerre mondiale, il rejoint en août 1914 le10e RG et est libéré de ses obligations en mars 1919. Selon les archives familiales, il combat au Chemin des Dames et aurait fait l’objet d’une citation à l’ordre du régiment en juillet 1917.

Résidant de nouveau à Joinville, cette fois dans le quartier du Centre, rue de Paris, il est candidat en onzième position sur la liste communiste du Bloc ouvrier et paysan, conduite par Roger Benenson, pour les élections municipales de cette ville en mai 1929. Elle obtient une moyenne de 18,4% face à la Concentration des gauches (radical-socialiste, socialiste SFIO et socialistes indépendants) qui a 42,8% et à l’Union nationale (droite, municipalité sortante de Stephen Durande), 38,8%. Hecquet recueille 338 voix pour 2 126 suffrages exprimés (15,9%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, les communistes voient leur score se réduire à 12,5%, le cartel des gauches emportant 22 sièges avec 45,9%, les 5 autres allant à la droite (41,6%). Georges Briolay (radical-socialiste) est élu maire.

Travaillant comme plombier pour la banque du Crédit foncier à Vincennes, Léon Hecquet déménage avec sa famille pour s’installer dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés. Il y est domicilié rue Garibaldi en 1937.

Léon Hecquet meurt le 13 avril 1959 à Saint-Maur. Les archives familiales mentionnent qu’il serait décédé d’un cancer, inhumé au cimetière Rabelais 1 dans cette commune et qu’il a été décoré de la Croix de guerre. Son fils Ernest a été résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale.

Léon Hecquet (Arch. familiales)

 

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9 février 2023 4 09 /02 /février /2023 00:01

Marcel Henri Langat naît le 23 juillet 1896 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Joséphine Recher, blanchisseuse et de son mari Eugène Langat, mécanicien.

En 1906, la famille habite à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue Daumesnil. Il devient mécanicien tourneur.

Pendant la première guerre mondiale, Marcel Langat est mobilisé en avril 1915 6e régiment d’artillerie. Du fait de ses compétences techniques, il est détaché en juin la même année aux Ateliers de construction d'armements de Bourges (Allier) pour six mois avant de reprendre un service armé. Il rejoint en mai 1917 le 8e régiment d’artillerie lourde puis le 83e de la même arme en janvier 1918. Il est ensuite, en mars, transféré au 3e régiment d’artillerie coloniale et démobilisé en septembre 1919.

Après-guerre, Marcel Langat reprend d’abord son activité de mécanicien. Il épouse, en octobre 1922 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) Anaïs Antoinette Castan, commerçante, auvergnate, originaire de Lozère. Avec elle, il entreprend l’exploitation d’un commerce de vin dans cette ville, rue Pinet. Elle lui vaudra, en octobre 1926, une condamnation à 1 700 francs d’amende pour « fabrication et vente de vin falsifié et fraude aux droits de régie. »

C’est son frère ou lui qui découvrent, en juin 1924 dans la Marne, à Saint-Maur, le corps d’un habitant de Maisons-Alfort qui se serait suicidé.

Ayant repris son activité de mécanicien, il travaille pour la société Gnome-et-Rhône, qui construisait des moteurs d’avions. Il s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves), dans le quartier de Polangis.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Marcel Langat s’engage dans la résistance à l’occupation allemande. Il poursuit son activité de mécanicien après le conflit.

Marcel Langat meurt le 27 mai 1962 à Joinville. Il était âgé de 65 ans et père de six enfants. Son fils aîné, André, également résistant, tourneur sur métaux, fut adjoint au maire puis conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont (1947-1959).

Le pavillon Langat à Joinvlle-le-Pont

 

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7 février 2023 2 07 /02 /février /2023 00:01

Georges Edmond Maréchal naît le 22 février 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maria Apolline Joséphine Caüet, originaire du Pas-de-Calais, ouvrière dans l’usine Pathé de Joinville (cinéma), et de son mari, Daniel Edmond Maréchal, ouvrier dans la même entreprise. La famille vit dans le quartier du Centre, rue du Pourtour-des-Écoles.

Pendant la première guerre mondiale, son père est prisonnier en Allemagne (1914-1916). Ses parents se séparent après le conflit.

Devenu électricien, Georges Maréchal s’installe à Joinville rue du Chemin-Creux (quartier du Centre) et y épouse en août 1936 Berthe Henriette Bray, couturière.

À la fin de la deuxième guerre mondiale, Maréchal représente le Mouvement de libération nationale (MLN) au sein du comité local de Libération de Joinville, conjointement avec Georges Moutenot. Le MLN regroupe en 1944 plusieurs mouvements, dont Combat (issu lui-même d’un premier MLN, fondé en 1940 par Henri Frenay), les Mouvements unis de la Résistance, Défense de la France, Résistance et Lorraine. Outre des partis politiques (PCF, SFIO, radicaux-socialistes), le syndicat CGT, l’association d’anciens combattants ARAC, le comité local de Libération comprend aussi des représentants du Front national (proche des communistes) et de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Lors des élections municipales de mai 1945 à Joinville, Maréchal est, comme Moutenot, candidat sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Robert Deloche, maire communiste. La liste remporte les 27 sièges à pourvoir, avec une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés. Moutenot et Maréchal figurent parmi les 9 indépendants de gauche que compte le conseil municipal, aux côtés de 7 communistes, 6 socialistes SFIO et 5 radicaux-socialistes.

Le mandat de Maréchal prend fin en novembre 1947. Georges Moutenot deviendra, en 1953, adjoint au maire de Joinville-le-Pont en tant que membre du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien).

Après son divorce en janvier 1946, Georges Maréchal épouse en juin cette même année, toujours à Joinville, Anne Marie Alice Brunel.

Georges Edmond Maréchal meurt le 28 décembre 1964 à Joinville. Il était âgé de 55 ans et père de trois enfants issus de son deuxième mariage.

Célébration de la Libération à Joinville-le-Pont, août 1944

 

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5 février 2023 7 05 /02 /février /2023 00:01

Roger Georges Albert Gallas naît le 29 mars 1917 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Émilie Bourrier et de son époux, Louis Henri Désiré Gallas, avocat. Louis Gallas est conseiller municipal de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) de 1912 à 1919 et militant conservateur actif. Au moment de la naissance de Roger, il est caporal au 116e régiment d’infanterie, blessé et en convalescence.

C’est en janvier 1940 à Dijon (Côte-d'Or) que Roger Gallas épouse Henriette Marie Poisson ; il est à ce moment étudiant et mobilisé en tant que soldat. Il se remarie, en décembre 1945 à Falaise (Calvados) avec Colette Mauricette Marcelle Massot.

Il revient à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) et reprend la maison familiale, située avenue de Joinville.

En mars 1971, il devient conseiller municipal de cette ville, comme l’avait été son père. Il est élu sur la liste de l’Union pour la gestion des affaires municipales, conduite par le maire sortant, Georges Defert (divers-droite), qui l’emporte dès le premier tour avec 64,2 % des suffrages exprimés face à une liste communiste. Georges Defert est réélu maire. Roger Gallas est démissionnaire en 1973. Après le décès de Defert en 1975, des élections municipales partielles sont organisées ; Gallas est remplacé à cette occasion. Jean-Pierre Garchery (divers-droite), succède à Defert comme maire.

Roger Gallas meurt le 17 octobre 1977 à Aspres-sur-Buëch (Hautes-Alpes). Il était âgé de 60 ans.

Joinville-le-Pont, pavillon Gallas, avenue de Joinville

 

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3 février 2023 5 03 /02 /février /2023 00:01

Jules Célestin Guervin naît le 29 décembre 1889 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marguerite Dell, journalière et de son mari Nicolas Guervin, ébéniste. Ils vivent rue d’Avron dans un quartier dédié au travail du bois et à la production de meubles.

À l’instar de son père, Jules Guervin devient ébéniste. Appelé pour faire son service militaire, il est incorporé au 11e régiment d’artillerie basé à Briançon (Hautes-Alpes). En janvier 1913, il est arrêté dans cette ville et transféré par la gendarmerie à Grenoble (Isère) où il est incarcéré et accusé de « désertion en temps de paix. »

Il est possible qu’il ait été, au moins partiellement, relevé de cette accusation car il est mobilisé au cours de la première guerre mondiale, qui débute en août 1914, au sein du 6e régiment d’artillerie de campagne et non dans un bataillon disciplinaire. Il combat au front en janvier 1916 quand il obtient une permission pour épouser, à Valence (Drôme), Henriette Dubreuil, journalière dans cette ville.

Après le conflit, Jules Guervin s’engage dans l’action syndicale. Le Congrès des fabriques de l'ameublement parisien est lancé en juillet 1923 dans le cadre de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), qui rassemble notamment des communistes et des anarcho-syndicalistes, dissidents de la CGT. Il vise à regrouper les différents syndicats de métier et se tient en avril 1924 à Paris (20e arr.) dans la salle de la Bellevilloise. En mars et avril, Jules Guervin est l’un des orateurs désigné pour animer des réunions concernant les ouvriers de trois maisons (Mougelis ou Mangelis, Magno et Aubert ainsi que Pivo et Prince).

C’est Guervin qui collecte, en mai 1925, une souscription auprès du personnel de la maison Foucaud en faveur de Clerc et Bernardon, deux ouvriers communistes inculpé de meurtres rue Damrémont à Paris de membres des Jeunesses Patriotes, organisation d’extrême-droite, qui sont qualifiés de « manifestants fascistes » par le quotidien L’Humanité.

En 1926, séparé de son épouse, Jules Guervin vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Lucie Devilliers, doreuse puis brunisseuse, et un fils de cette dernière. Ils résident impasse Jules-Rousseau, dans le quartier du Centre.

À Joinville, Guervin est militant du parti communiste. Il est candidat en septembre et octobre 1928 à une élection municipale partielle organisée pour pourvoir à trois sièges vacants, suite au décès du maire, Henri Vel-Durand (droite, radical dissident). La liste communiste, qui porte le titre de Bloc ouvrier et paysan, est dirigée par Roger Benenson, ouvrier mécanicien, futur député de Seine-et-Marne, déporté en Allemagne et mort dans en camp de concentration pendant la deuxième guerre mondiale. Elle comprend en outre Jules Guervin et une candidate, Mme Martin. Les voix en faveur de cette dernière seront annulées, les femmes n’étant alors ni éligibles ni électrices. Guervin obtient, au premier tour, 298 voix pour 1 524 suffrages exprimés sur 1 538 votants (19,6%) et 2 995 inscrits. La liste du groupement des gauches (radical-socialiste, socialiste SFIO et socialiste indépendant) arrive en tête avec 40,5% devant l’Union nationale (droite, 39,1%). Au second tour, Benenson et Guervin sont de nouveau candidats, mais leur score régresse, tandis que les trois postulants du cartel des gauches l’emportent.

Lors des élections municipales générales de mai 1929, Guervin est de nouveau présent, en cinquième position, sur la liste de Roger Benenson. Il obtient 345 voix pour 2 267 suffrages exprimés (15,2%) sur 2 290 votants et 2 969 inscrits. Maintenue au second tour, la liste communiste perd de nouveau des voix, tandis que la gauche radicale et socialiste emporte 22 des 27 sièges à pourvoir, les cinq autres allant à la droite. Georges Briolay (radical-socialiste) est élu maire.

Jules Guervin meurt le 15 décembre 1956 à Antibes (Alpes-Maritimes). Il était âgé de 66 ans.

Vue du port de Joinville-le-Pont

 

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1 février 2023 3 01 /02 /février /2023 00:01

François Jean Quéré naît le 26 novembre 1891 à Brest (Finistère). Il est le fils de Marie Yvonne Hamon et de son mari, François Quéré, matelot, en mer au moment de sa naissance.

En 1906, François Quéré est candidat pour devenir apprenti des constructions marines à Brest, établissement dépendant de la marine nationale. Il y rentre sans doute en 1908. Il s’engage au moment d’effectuer son service militaire, probablement dans la marine.

Exerçant la profession de tourneur sur métaux, François Quéré rejoint sa sœur qui est employée dans la firme Pathé (cinéma) à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et vit dans cette ville dans le quartier de Polangis. Il vit d’abord avenue du Parc puis quai de Polangis et épouse, en mars 1914, Berthe Conchard, polisseuse.

Au cours de la première guerre mondiale, François Quéré est probablement mobilisé dans la construction maritime et retourne à Brest.

Après-guerre, il revient à Joinville, dans le même quartier, d’abord avenue Jamin puis avenue Pauline et enfin avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire).

En août 1921, le quotidien signale qu’il est membre du parti communiste, nouvellement créé en décembre précédent par l’adhésion de la majorité des adhérents de la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) aux conditions posées par la Troisième internationale ; à Joinville, tous les membres du parti socialiste SFIO rejoignent la nouvelle formation.

C’est probablement lui, mentionné sous le nom de Quéri, qui, en juin 1922, participe à la souscription du Comité d'assistance à la Russie soviétique en compagnie des Fêtes populaires de Joinville, groupement culturel monté par les communistes dans la commune.

Peut-être est-il aussi le contributeur, mentionné en tant que Quéré, à une ou plusieurs des souscriptions du journal en 1927 (élections législatives) puis entre 1929 et 1930 « Pour L’Humanité de Lénine. »

Sans doute malade, François Quéré est mentionné comme étant « sans profession » dans les recensements effectués à Joinville en 1931 et 1936. Il meurt le 16 mars 1938 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), où il était hospitalisé. Son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville, où il résidait toujours. Âgé de 46 ans, il était père de quatre enfants, dont trois étaient vivants à sa disparition.

Avenue Pierre-Allaire, ex-avenue des Lilas à Joinville-le-Pont

 

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30 janvier 2023 1 30 /01 /janvier /2023 00:01

Robert Camille Xavier Villiot naît le 8 août 1901 à Paris (3e arr.). Il est le fils d’Anastasie Flühr et de son époux Camille Armand Villiot, employé. Ils vivent rue Notre-Dame de Nazareth. Sa mère, native en 1869 de Riedseltz (Bas Rhin, act. Alsace), est certainement germanophone. C’est ce qui facilitera le fait qu’il devienne traducteur interprète d’allemand.

Robert Villiot fait son service militaire en avril 1921 au 168e régiment d’infanterie, unité de l’armée du Rhin, en Allemagne occupée. Il est musicien. Dans la réserve, il est nommé caporal en 1938.

En avril 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Robert Villiot épouse Marie George alors employée de banque et qui sera plus tard institutrice. Ils s’installent chez les beaux-parents, dans le quartier de Polangis de cette ville, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire).

En mai 1935, Robert Villiot est candidat sur la liste de l’Union des républicains, qui rassemble la droite locale, face aux radicaux-socialistes de la municipalité sortante, aux socialistes SFIO et aux communistes. Il figure en dernière position des 27 candidats. Au premier tour, la liste de droite arrive en tête avec 32,6% devant le Groupement des gauches (26,8%), les communistes (23,5%) et la SFIO (12,3%). Villiot obtient 890 voix pour 2 856 suffrages exprimés (31,2%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les communistes et la SFIO font alliance au sein d’une liste dirigée par André Blocher, responsable de la Ligue des droits de l’Homme et d’une association d’anciens combattants, les radicaux maintenant également leur candidature. Avec une courte avance, l’Union des républicains (40%) emporte 25 sièges, devançant le Front populaire (39,7%), qui a deux élus, alors que les radicaux-socialistes (19,5%) n’en ont aucun. Le score de Villiot est de 1122 voix pour 2 899 suffrages exprimés (38,7%) sur 2 924 votants. Il est un des deux seuls de sa liste à ne pas être élu. Léon Lesestre est élu maire.

En juillet 1938, Villiot est commissaire aux comptes de la Caisse des écoles de Joinville.

Robert Villiot meurt le 12 juillet 1973 à Créteil (Val-de-Marne). Il est inhumé à Joinville, où il résidait probablement toujours. Âgé de 71 ans, il était père de deux filles.

Des canots à Joinville-le-Pont

 

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