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12 avril 2023 3 12 /04 /avril /2023 02:01

Maurice Simkine naît le 10 juin 1913 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Léa Gelman, couturière, et de son mari, Joël Simkine, ferblantier. Ses parents sont d’origine juive et tous deux natifs d’Ukraine. Ils vivent à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue Diderot.

Ayant déménagé dans la commune proche de Joinville-le-Pont, la famille y réside rue du Pont à partir de 1920. Son père, devenu ouvrier tourneur puis comptable, y est militant socialiste SFIO.

Les Simkine quittent Joinville à la fin des années 1920.

Inscrit au lycée Voltaire de Paris, Maurice Simkine suit le Cours préparatoires aux écoles nationales d’arts et métiers. Il est primé au Concours général en 1929 puis en 1930. Ayant acquis la nationalité française, il est appelé au service militaire, probablement en 1934-1935. Il est instituteur en 1937. Il poursuit cependant un cursus au Conservatoire national des arts et métiers, qui lui vaut une récompense en janvier 1939.

À partir de 1937, il réside rue Maurice-Berteaux à Paris (20e arr.). C’est cette même année qu’il épouse, en mai à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Madeleine Marie Mermet.

Il est sans doute mobilisé au début de la deuxième guerre mondiale.

Sa mère est déportée par le convoi n° 12 au départ de Drancy le 29 juillet 1942. Elle est décédée le 3 août 1942 à Auschwitz (Pologne). Le convoi compte 1001 déportés, dont 216 sont gazés à leur arrivée au camp ; il y aura 5 survivants en 1945.

Son père est déporté par le convoi n° 47 au départ de Drancy le 11 février 1943. Il est décédé le 16 février 1943 également à Auschwitz. Le convoi compte 998 déportés, dont 182 enfants ; il y aura 10 survivants en 1945.

Après le conflit, Maurice Simkine réagit à un éditorial du journaliste conservateur et résistant, Émile Buré, qui avait combattu, dès avant-guerre, l’antisémitisme et les accords de Munich. Dans le quotidien qu’il dirige, L’Ordre, Buré, disait le 12 janvier 1946, s’inquiéter « des hitlériens qui restent puissants dans notre pays » et « souhaiter que la Constitution s’inquiète de leurs menées, interdise toute propagande raciale subversive, assassine ». Selon l’éditorialiste, « il n’est que deux moyens, nous en sommes sûrs maintenant, de résoudre le problème juif : assimiler Juifs et « aryens » par le moyen de mariages mixtes, c’est notre solution ; ou assassiner les Juifs, c’est la solution, des hitlériens. »

Dans une lettre que publie le journal le 23 janvier, M. Simkine conteste vivement l’argumentation. « On pourrait dire qu’en somme seule une différence de méthode vous sépare des fascistes, puisque vous ne voyez de solution à l’antisémitisme que dans la disparition des juifs ». Il reconnaît que « Avant la guerre, je pensais comme vous, et je me suis marié à une ‘aryenne’, je ne le regrette pas, mais j’ai ‘reconsidéré’ le problème comme solution. »

Il s’interroge sur « Que sommes-nous ? Une religion ? Une race ? Un peuple ? » Il s’insurge : « Comment pouvez-vous imaginer que les survivants d’une religion, d’une race ou d’un peuple qu’on a voulu supprimer approuvent ce massacre en parachevant eux-mêmes le travail que le temps n’a pas permis d’amener à son terme ? » Et il explique : « Je crois à présent que les survivants (on conserve bien les Indiens, les Maoris) ont le devoir religieux ou social de s’efforcer de ne pas disparaître totalement de l’histoire ». En conclusion, il offre aussi une solution : « C’est la société socialiste. »

Divorcé en mai 1963, il se remarie, en septembre 2002 à Paris (5e arr.) avec Colette Derivry ; il est alors âgé de 89 ans. Il meurt le 10 juin 2005 à Paris (10e arr.).

Il avait eu un fils de son premier mariage. Son petit-fils, Antoine Simkine, est producteur de cinéma en France.

Emile Buré, avec lequel Maurice Simkine polémique (cl. Wikipédia)

 

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10 avril 2023 1 10 /04 /avril /2023 02:01

Ruchla Dwora Widnicki naît le 23 janvier 1923 à Varsovie (Pologne). Elle est la fille de Chaja Glowinska et de son mari Israël Widnicki, tailleur.

Après la naissance de sa sœur Zandla en 1924, les Widnicki quittent le pays et émigrent en France. Son frère Léon voit le jour à Paris en décembre 1928 dans le 12e arrondissement.

La famille vit ensuite en 1931 rue d’Hauteville, dans le quartier de la Porte-Saint-Denis (10e arr.). En 1936, ils logent dans le 11e arrondissement, rue Basfroi, au sein du quartier Roquette. Israël Widnicki est tailleur, dans la maison Granet.

Âgée de 17 ans, Ruchla Widnicki, qui est alors couturière, épouse en avril 1940 à Paris (10e arr.) Abraham Widerker, commerçant couvreur, également natif de Pologne et issu d’un milieu juif.

Son mari est arrêté, probablement lors de la rafle dite du Vel d'Hiv qui se déroule les 16 et 17 juillet 1942. Interné à Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis), il est déporté le 22 juillet 1942 vers le camp d’extermination d’Auschwitz, géré par l’Allemagne et situé aujourd’hui en Pologne. Il figure dans le convoi numéro 9. Sa date de décès n’est pas connue.

Le père de Ruchla, Israël Widnicki, avait été arrêté plus tôt. Il fut aussi déporté à Auschwitz où il décéda le 14 juin 1942. Sa mère Chaja et son frère Léon, pris dans la rafle du Vel d'Hiv, gardé au camp de Pithiviers (Loiret) furent eux aussi envoyés à Auschwitz où ils moururent, respectivement le 4 août et le 12 août 1942 ou le 1er avril 1943 pour Léon.

Pour sa part, Ruchla Widerker se procura une fausse pièce d’identité au nom de Régine Castellane, avec laquelle elle loua une chambre avenue Pauline à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis.

Elle s’engagea dans la résistance à l’occupation allemande aux côtés d’Anna Stockhamer et de Mayer List. Ce dernier, également né en Pologne, avait été militant communiste en Argentine puis militant au sein des Brigades internationales en Espagne avant, revenu en France, de prendre la direction d’un détachement des Francs-tireurs et partisans de la Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI), composé de parlant Yiddish venant d’Europe orientale. Il résidait également à Joinville, rue Chapsal.

C’est en se rendant à Paris chez Anna Stockhamer, rue des Petites-Écuries, le 2 juillet 1943, que, selon l’ouvrier, militant communiste et écrivain Daniel Grason, Ruchla Widerker fut arrêtée. Les policiers de la Brigade spéciale n° 2 de la préfecture de police occupaient l’appartement. Elle portait sur elle une somme de six mille francs ainsi qu’un engagement de location au nom de Lucie Casanova, fausse identité d’Anna Stockhamer.

Niant savoir l’activité de Mayer List, mais reconnaissant l’avoir rencontré, Ruchla Widerker admit être en infraction avec la législation sur les juifs car elle ne portait pas l’étoile jaune. La fouille de son domicile de Joinville ne donna rien. La chambre qu’elle occupait être peut-être la propriété d’Hermance et de Prosper Bonge, menuisier, domiciliés à cette adresse en 1936 et dont la fille, Andrée Louise, avait épousé Roger Rouvet, métreur en peinture, qui sera conseiller municipal communiste de Joinville après-guerre (1947-1950).

Ruchla Widerker fut internée au camp de Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis) sous le matricule 3204. Elle fut déportée le 31 juillet 1943 dans le convoi 58 à destination d’Auschwitz. Sur un millier de déportés, il y eut vingt-huit survivants dont dix-huit femmes. Elle-même fut considérée comme morte, et son nom figure sur le Mur des noms du Mémorial de la Shoah (dalle 50, colonne 17, rangée 2), rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (4e arr.).

Cependant, selon Daniel Grason, qui cite son fils, elle aurait survécu, serait venue en Argentine, à Buenos-Aires, vers 1948-1949 et y serait morte en 1995.

Mayer List fut fusillé le 1er octobre 1943 au Mont-Valérien à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine) avec trois autres résistants. Anna Stockhamer, déportée dans le même convoi que Ruchla Widerker, mourut à Auschwitz.

Peut-être l’idée de l’Argentine est-elle venue à Ruchla Widerker de ses échanges avec Mayer List, ou de ceux qu’elle aurait eu avec ses voisins de la rue Basfroi à Paris, Fajga et Isanas Wulfmann, originaires aussi de Pologne, mais ce dernier ayant déclaré, lors d’un recensement de 1936, venir d’Argentine. Ils furent eux aussi exterminés à Auschwitz, partis par le convoi 68 du 10 février 1944.

Abraham et Ruchla Widerker (arch. fam., Maitron)

 

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8 avril 2023 6 08 /04 /avril /2023 02:01

Abraham Widerker naît le 12 septembre 1908 à Mosty Małe, village situé au sud-est de Lublin (Pologne). De confession juive, il est le fils de Mordcha Widerker et de son épouse Basia Ruchla Karfenkel.

Il émigre en France, où il est enregistré en 1937 au Fichier central de la Sûreté nationale.

En avril 1940, il épouse à Paris (10e arr.) Ruchla Dwora Widnicki, également originaire de Pologne et d’une famille juive. Elle est alors âgée de 17 ans, lui en ayant 31. Ils vivent rue d’Hauteville dans cet arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Abraham Widerker exploite, en tant qu’artisan fourreur, un magasin situé rue des Petites-Écuries.

En application d’une loi du 10 septembre 1940, « prévoyant la nomination d'administrateurs provisoires des entreprises privées de leurs dirigeants » et d’un décret de janvier 1941, il est privé, en date du 12 juin 1941, du droit d’exploiter son activité, « Vu l'impossibilité où [il] se trouve […] d'exercer [ses] fonctions ». Un voisin, M. Theveny, demeurant rue de Paradis, en est chargé.

Il est peut-être arrêté lors de la rafle dite du Vel d'Hiv qui se déroule les 16 et 17 juillet 1942, en même temps qu’une partie de la famille de son épouse. Interné à Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis), il est déporté le 22 juillet 1942 vers le camp d’extermination d’Auschwitz, géré par l’Allemagne et situé aujourd’hui en Pologne. Il figure dans le convoi numéro 9.

Sa date de décès n’est pas connue. Également déportée à Auschwitz l’année suivante, après avoir œuvré dans la résistance à l’occupation allemande, son épouse a survécu. Le couple aurait eu deux enfants selon l’ouvrier, militant communiste et écrivain Daniel Grason.

Le nom d’Abraham Widerker figure sur le Mur des noms du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l'Asnier (Paris, 4e arr.), inauguré le 27 janvier 2005 par le président Jacques Chirac et Simone Veil, ancienne déportée, ministre et académicienne française (dalle n° 118, colonne n° 40, rangée n° 1).

Probable ancien atelier de Widerker, rue des Petites-Ecuries à Paris

 

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6 avril 2023 4 06 /04 /avril /2023 02:01

Léon Widnicki naît le 14 décembre 1928 à Paris (12e arr.) ; son nom est noté Wodnicki sur l’état-civil. Il est le fils de Chaja Glowinska et de son mari, Israël Widnicki, tous deux natifs de Pologne, comme ses deux sœurs aînées, Ruchla et Zandla. La famille a quitté Varsovie dans la deuxième moitié des années 1920. Si le nom de Wodnicki est mentionné sur la plupart des pièces le concernant, les membres de la famille utilisent toujours la graphie Widnicki.

À Paris, elle réside dans des lieux où se retrouve une forte communauté juive venant d’Europe orientale. En 1931, elle est rue d’Hauteville, dans le quartier de la Porte-Saint-Denis (10e arr.) puis entre 1936 et 1940 dans celui de La Roquette, rue Basfroi (11e arr.). Son père est déporté vers le camp d’extermination d’Auschwitz en juin 1942.

Comme 630 enfants du 11e arrondissement, âgé de 13 ans, Léon Widnicki est arrêté lors de la rafle dite du Vel d'Hiv qui se déroule les 16 et 17 juillet 1942. Il est transféré au camp de Pithiviers, où il est interné dans la baraque 7 (ou la 8). Sa mère est également incarcérée dans ce site, d’où elle est déportée vers Auschwitz le 31 juillet. L’association Les Fils et filles des déportés Juifs de France, signalent qu’il fait partie des 630 enfants du 11e arrondissement arrêtés lors de la rafle du Vel d'Hiv, parmi lesquels 33 sont domiciliés rue Basfroi.

Léon Widnicki quitte Pithiviers à destination d’Auschwitz le 7 août 1942 dans le convoi n° 16. Il décède à son arrivée, le 12 août, selon l’arrêté du 17/04/2012 ; le site MémorialGenWeb précise qu’il a été tué au camp de Birkenau. Mais le Service historique de la Défense mentionne pour sa part qu’il meurt le 1er avril 1943, dans un lieu non précisé.

Son nom figure sur la plaque commémorative apposée le 15 octobre 2005 dans le collège Anne Frank, rue Trousseau (Paris, 11e arr.) en tant que Léon Wodnicki. Le texte précise que « Arrêtés par la police du gouvernement de Vichy, complice de l'occupant nazi, plus de 11 000 enfants furent déportés de France de 1942 à 1944 et assassinés dans les camps de la mort parce que nés juifs. Plus de 1200 de ces enfants vivaient dans le 11e arrondissement. Ne les oublions jamais. »

Il est également répertorié sur le monument commémoratif de la rafle du Vel' d'Hiv' situé place des Martyrs Juifs du Vélodrome d'Hiver (Paris, 15e arr.), inauguré le 17 juillet 1994 par le président François Mitterrand, qui mentionne « Widnicki Léon, 13 ans. »

Le Mur des noms du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l'Asnier (Paris, 4e arr.), inauguré le 27 janvier 2005 par le président Jacques Chirac et Simone Veil, ancienne déportée, ministre et académicienne française, mentionne également Léon Widnicki (sous la forme Wodnicki, Léon, dalle n° 119, colonne n° 40, rangée n° 2).

Souvenir des enfants juifs pris lors de la rafle du Vel-d'hiv'

 

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4 avril 2023 2 04 /04 /avril /2023 02:01

Chaja Glowinska naît le 10 septembre 1896 à Lowicz, Pologne, commune actuellement dans la voïvodie de Lodz, qui abritait une importante communauté juive.

Elle épouse, probablement au début des années 1920, Israël Widnicki, natif de Varsovie (Pologne également), de 21 ans son aîné.

Ils ont deux filles qui naissent en Pologne : Ruchla en 1923 à Varsovie et Zandla en 1924. Ils quittent ensuite le pays et émigrent en France. Leur troisième enfant, un garçon prénommé Léon, voit le jour à Paris en décembre 1928 dans le 12e arrondissement.

La famille vit ensuite en 1931 dans le quartier de la Porte-Saint-Denis (10e arr.), rue d’Hauteville. En 1936, ils logent dans le 11e arrondissement, rue Basfroi, au sein du quartier Roquette. Israël Widnicki est tailleur, dans la maison Granet.

Comme beaucoup d’autres Juifs, et comme son mari, sa fille aînée et son fils, Chaja Widnicki est arrêtée et déportée dans le camp d’extermination d’Auschwitz, géré par l’Allemagne et situé aujourd’hui en Pologne. Un arrêté d’août 1993 fixe la date de son décès au 4 août 1942 à Auschwitz et prévoit l’apposition de la mention Mort en déportation sur son état-civil ; elle était âgée de 45 ans. Des documents antérieurs avaient établi son décès au 30 juillet 1942 à Pithiviers (Loiret). Internée au camp d’internement de cette ville, elle partit avec le troisième convoi à quitter ce lieu le 31 juillet ; son fils Léon, arrêté lors de la rafle du Vel d'Hiv (16-17 juillet), y était aussi incarcéré. Entre juin et septembre 1942, six convois emmenèrent 6 079 Juifs vers Auschwitz pour y être assassinés. Il n'y eut que 115 survivants à la Libération.

De la famille, seule sa fille Ruchla, résistante à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, reviendra de déportation ; le sort de sa seconde fille, Zandla, n’est pas connu.

Le nom de Chaja Widnicki figure (sous l’orthographe de Chaja Wodnicki) sur le Monument commémoratif du camp de Pithiviers (Loiret).

Plaque souvenir de la rafle du Vel-d'hiv

 

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2 avril 2023 7 02 /04 /avril /2023 02:01

Israël Widnicki naît le 14 juillet 1875 à Varsovie (Pologne). Il épouse au début des années 1920 Chaja Glowinska, native de Lowicz (Pologne également), de 21 ans sa cadette.

Ils ont deux filles qui naissent en Pologne : Ruchla en 1923 à Varsovie et Zandla en 1924. Ils quittent ensuite le pays et émigrent en France. Leur troisième enfant, un garçon prénommé Léon, voit le jour à Paris en décembre 1928 dans le 12e arrondissement.

La famille vit ensuite en 1931 à Paris (10e arr.), dans le quartier de la Porte-Saint-Denis, rue d’Hauteville. En 1936, ils logent dans le 11e arrondissement, rue Basfroi, au sein du quartier Roquette. Israël Widnicki est tailleur, dans la maison Granet.

Comme beaucoup d’autres Juifs, et comme son épouse, sa fille aînée et son fils, Israël Widnicki est arrêté et déporté dans le camp d’extermination d’Auschwitz, géré par l’Allemagne et situé aujourd’hui en Pologne. Un arrêté d’août 1993 fixe la date de son décès au 14 juin 1942 à Auschwitz et prévoit l’apposition de la mention Mort en déportation sur son état-civil ; il était âgé de 66 ans. Son épouse fut déportée plus tard depuis le camp d’internement de Pithiviers en juillet 1942 ; son fils Léon quitta le même camp en août ; sa fille Ruchla, résistante à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, partit de Drancy en juillet 1943. De la famille, seule cette dernière reviendra de déportation ; le sort de la seconde fille, Zandla, n’est pas connu.

Rue Basfroi à Paris

 

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31 mars 2023 5 31 /03 /mars /2023 02:01

Paul Jean Marie Bénit naît le 10 mars 1856 à Belleville (Seine, act. Paris). Il est le fils de Marguerite Charre et de son époux Alexandre Modeste Bénit, alors bronzier, plus tard marchand de journaux. Ils vivent rue des Jardins Saint-Paul à Paris (4e arr.), dans le quartier du Marais. Sa mère meurt quand il a quatre ans.

En décembre 1878 à Paris (15e arr.), Paul Jean Bénit épouse Émelie Julienne Zoé Blanchet, couturière. Ils vivent passage des Fourneaux dans cet arrondissement. Ils habitent en 1891 rue d’Angoulême (11e arr.) puis, à compter de 1896, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de Joinville.

Paul Jean Bénit travaille en tant qu’opticien. En 1878, il est employé à la Société des lunetiers (SL). La SL est l’ancêtre du groupe Essilor, fondée en tant que coopérative en 1849 avant d’évoluer progressivement vers une structure de société plus classique. Il est voisin en 1901 à Joinville d’un autre opticien de la SL, Eugène Duhamel. En 1926, Bénit est toujours mentionné comme travaillant à la Société des lunetiers.

Une dizaine de personnalités de Joinville ont été associés à la Société des lunetiers : François Blaize, une des fondateurs et conseiller municipal ; Eugène Videpied, Pierre Jules et Stéphane Albert Tireau, ainsi qu’Eugène Thybaut, militants radicaux-socialistes ; Maurice Poitevin, tué lors de la première guerre mondiale ; Émile Cornu et Eugène Duhamel. Plus tard, Bernard Maitenaz, également joinvillais, sera aussi un des piliers d’Essilor, qui héritera d’une unité industrielle dans la commune, provenant de son autre ancêtre, SILOR.

Au mois d’août 1880, Bénit souscrit avec 81 autres personnes de la Société des lunetiers pour l'érection d'une statue d’Alexandre-Auguste, avocat et républicain progressiste, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire institué lors de la révolution de février 1848, qui proclame la Deuxième République. Il fit notamment adopter le suffrage universel masculin.

La famille quitte Joinville, d’abord pour le boulevard Voltaire à Paris (11e arr.) en 1906 puis pour Saint-Maur-des-Fossés, commune limitrophe de Joinville en 1909. Ils résident avenue de Marinville et hébergent en 1926 les deux enfants de leur fils aîné, Paul Louis, devenu opticien, comme le cadet, Gaston Henri. Leur petit-fils, Roger Paul (fils de Paul Louis) le sera lui aussi.

Paul Jean Bénit meurt le 13 juin 1937 à Saint-Maur. Il était âgé de 81 ans.

 

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29 mars 2023 3 29 /03 /mars /2023 02:01

Anne Clotilde Cécile Suzanne Lebrun naît le 17 septembre 1877 à Sancerre (Cher). Elle est la fille d’un employé, Paul Lebrun, et de son épouse, Marie Aragon. Elle passe son enfance chez ses grands-parents maternels à Vinon dans le même département.

Elle épouse à Vinon en avril 1903 l’écrivain et publiciste Paul Edmond Alexandre Mathieu. Son mari signe ses ouvrages et articles du nom de Paul de Garros et elle-même fait usage du nom de Suzanne de Garros. Ils vivent à Garches (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine) d’abord boulevard Michel-Brézin puis avenue de Lorraine et boulevard de la Station.

Paul de Garros (1867-1923) est un journaliste et surtout un romancier populaire. Suzanne de Garros collabore à son œuvre abondante.

Après la mort de son mari, elle va travailler avec un autre écrivain, Henri de Montfort, homme de presse et futur résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, pour publier des romans qui mentionnent deux noms d’auteurs : ce dernier et, à titre posthume, son époux. Pour l’universitaire Ellen Constans, Suzanne de Garros fait partie des « ouvrières des lettres », qui sont souvent femme ou fille de feuilletonistes assez connus.

À la fin des années 1920, Suzanne de Garros commence à signer des romans populaires de son propre nom. Le Fardeau du Mensonge, paru en 1935, connaîtra un certain succès ; il est présenté comme un « roman très bien charpenté, dramatique et d'une haute portée morale ». Le quotidien L'Ouest-Éclair, qui publie le livre en feuilleton, estime qu’il s’agit d’une « analyse délicate et fouillée de la jeune fille d'aujourd'hui. »

Elle publiera une demi-douzaine d’œuvres sous sa signature, en feuilleton ou en volume et adhère en 1928 à la Société des gens de lettres.

Toujours avec Henri de Montfort, qui est également historien et collabore avec les associations baltes et polonaises en France, Suzanne de Garros crée en 1929 une Agence littéraire polono-française.

En 1929, Suzanne de Garros, qui réside alors à Paris, place de Clichy, est grièvement blessées par un véhicule automobile près de son domicile.

Suzanne de Garros adapte ensuite des œuvres écrites en anglais par Stacy Aumonier, Sheila Kaye-Smith et Albert Dorrington. Elles paraissent en feuilleton dans le Journal des débats.

Elle meurt le 8 mars 1952 à Neuilly-en-Sancerre. Elle était âgée de 74 ans

 

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27 mars 2023 1 27 /03 /mars /2023 02:01

Paul Edmond Alexandre Mathieu naît le 12 mars 1867 à Châteauneuf-sur-Cher au château de Rousson. Il est le fils d’Edmond Mathieu, propriétaire, et de son épouse, Éléonore Quignon.

Il utilise le nom de « de Garros », affirmant ainsi une appartenance à la noblesse. L’Annuaire de la noblesse de France (1923) le classe dans cette catégorie. L’origine de la famille de Garros se situe dans le Sud-Ouest de la France (Lot-et-Garonne et Gers).

Paul de Garros épouse en avril 1903 à Vinon (Cher) Anne Clotilde Cécile Suzanne Lebrun. Elle prendra ensuite le pseudonyme de Suzanne de Garros. Ils vivent à Garches (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine) d’abord boulevard Michel-Brézin puis avenue de Lorraine et boulevard de la Station.

La collaboration de Paul de Garros avec de nombreux journaux porte principalement sur le placement de romans, contes ou nouvelles qui sont publiés en feuilleton. Il travaille notamment avec Le Soleil du Dimanche, L'Intransigeant, Le Petit Parisien, La Lanterne, La Nouvelle Revue internationale, Journal des débats, L'Estafette, L'Univers, L'Événement, Le Peuple français, La Liberté, Le Petit Moniteur, La Libre parole, Le Siècle. Les quotidiens Le Figaro et La Croix accueillent aussi ses textes. On trouve également des publications dans la presse de province ou d’outre-mer : La Dépêche coloniale, La Dépêche du Berry, Le Journal du Cher, L’Ouest éclair (Rennes), Le Centre (Montluçon), L’Express du Midi (Toulouse), Le Petit marseillais.

À partir de 1907 et au moins jusqu’en 1909, Paul de Garros est le propriétaire et le directeur de l’hebdomadaire Le Courrier du Berry, fondé en 1891 sous le titre Le Petit Saint-Amandois et publié à Saint-Amand (Cher). Le journal est présenté comme « républicain libéral ». Il se définit comme un « journal régional absolument, indépendant ». Pour cette fonction, de Garros élit domicile à Vinon, commune où réside en 1906 sa mère.

Paul de Garros publie de très nombreux romans à partir de 1892 ; on en compte une trentaine selon sa nécrologie, parmi plus de 70 titres, incluant des nouvelles courtes. Il s’agit de littérature, cultivant un genre sentimental.

La plupart de ses œuvres sont signées Paul de Garros, mais il utilise également les pseudonymes de Gilles Rosmont et R. Duclos-Brétigny. Ce dernier pseudonyme lui sert notamment pour trois ouvrages illustrés, parus pendant la première guerre mondiale, dans la collection Gauloise des éditions Prima à Paris. Elle est destinée à « distraire le poilu. »

Ses œuvres paraissent habituellement en feuilleton dans la presse. Elles sont publiées en volume dans des collections populaires à petit prix comme Le Livre de Poche et Les Romans célèbres de drame et d'amour des éditions Jules Tallandier ou Le Roman du dimanche des éditions J. Ferenczi.

Pour Dorian Bell, de l’université Stanford, La Revanche de l’honneur est un roman antisémite. Il a paru, en 1897 dans le journal La Libre Parole, dirigé par Édouard Drumont.

Si les textes de Paul de Garros n’ont pas fait l’objet de réédition au format papier au cours du XXIe siècle, plusieurs publications sous la forme de livre audio ou de livre numérique ont été réalisées. Le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France met en ligne des livres de Paul de Garros.

Paul de Garros, était membre de la Société des gens de lettres, et est élu à deux reprises à son comité de direction. Il obtient plusieurs distinctions littéraires, notamment le prix du Louvre, délivré par la Société des gens de lettres en 1897, le prix Taylor, attribué également par la même institution en 1904 ainsi que deux fois le prix Montyon décerné par l'Académie française d’abord en 1912 puis à titre posthume en 1926.

Il meurt à Garches le 14 janvier 1923 à l'âge de cinquante-cinq ans.

Son épouse, Suzanne de Garros, publiera également plusieurs romans, dont Le Fardeau du mensonge. Elle coopère à l’édition des œuvres de son époux avec l’historien, homme de presse et futur résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, Henri de Montfort. Ce dernier signe plusieurs ouvrages de son nom et de celui de Paul de Garros, ils sont publiés après la disparation de celui-ci.

 

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17 mars 2023 5 17 /03 /mars /2023 00:01

Louis Édouard Burgard naît le 11 janvier 1888 à Troyes (Aube). Il est le fils de Sophie Mathern et de son mari Louis Napoléon Burgard, employé de la compagnie des Chemins de fer de l’Est. Ils résident rue Traversière. Ses parents sont originaires d’Alsace, ayant quitté le pays suite à l’occupation allemande de 1870. Ils sont germanophones et profondément catholiques.

Inscrit au Petit-Séminaire de Troyes, Édouard Burgard se classe chaque année en première ou deuxième place des élèves et est reçu, avec mention, au baccalauréat en juillet 1905. Il avait obtenu en 1904 un accessit en version latine au concours général de l’institut catholique de Paris.

Le 30 juin 1907, Édouard Burgard est ordonné prêtre dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes par Mgr Sébastien Herscher, évêque de Langres. Il devient professeur au Collège Urbain IV, établissement catholique privé de Troyes.

D’octobre 1909 à septembre 1911, il fait son service militaire au sein du 37e régiment d'infanterie. Il devient caporal en avril 1910 puis sous-officier, comme sergent, en septembre la même année.

Édouard Burgard s’implique dans le mouvement catholique progressiste La Jeune République, fondé après la dissolution du Sillon, dans la fidélité aux idées de Marc Sangnier. Il signe, en septembre 1912 dans l’hebdomadaire de la formation politique un article intitulé Élections d’autrefois où il entend « calmer un peu les irréductibles de l’Action française », parti royaliste et antisémite. Il illustre la corruption des mœurs politiques sous la Restauration.

Il livrera plusieurs articles, de février à juin 1914, consacrés à la situation de l’Alsace, en utilisant le pseudonyme d’Édouard Oberlé. Parlant de la région d’origine de sa famille, il estime qu’elle « remplirait, dans la liberté, ce qui semble bien être sa mission providentielle, sa vocation : rapprocher et réunir deux grands peuples, deux races, deux génies ». Il considère qu’elle « se vengera du pangermanisme en semant la Liberté ! » Il qualifie la politique allemande comme une « oppression économique de l’Alsace-Lorraine. »

Poète, il a obtenu au premier semestre 1914 une lyre d’or au concours du Palinod pour À l’Alsace éternelle.

Son frère cadet, Raymond, lui est manifestement lié. Il suit également ses études secondaires au Petit-Séminaire (transféré à Saint-Dizier, après la séparation de l’église et de l’État en 1905) et est également, à compter de 1914, engagé dans La Jeune République.

Les deux frères se rendent à l’enterrement de leur grand-père paternel, François Michel Burgard, cultivateur, âgé de 83 ans, décédé le 22 juillet 1914 à Niederlauterbach où il était né, dans le nord de l’Alsace. Ils sont toujours en Allemagne le 1er août, quand fut publié l’ordre français fixant le premier jour de la mobilisation générale au 2 août.

Comme ce fut le cas en France à la même date pour les sujets Allemands et Autrichiens, les Français présents sur le territoire de l’empire n’ont plus le droit de le quitter et sont internés dans des camps. C’est le cas de Raymond, qui sera conduit à Holzminden, dans le Brunswick. Par contre, Édouard put, non sans difficulté selon les témoignages, regagner la frontière et rentrer en France.

Immédiatement, il fut réincorporé à son ancien régiment, le 37e d’infanterie qui est alors divisé, lui-même étant incorporé au 237e. Il est envoyé sur la frontière lorraine, toujours comme sergent. Le 25 août 1914, il participe à la contre-attaque initiée par le général Édouard de Castelnau. Il est déclaré disparu.

Il a été tué dans des circonstances racontées par un officier, non nommé, dont la lettre est publiée par la Revue catholique de Troyes (1915/04/24) : « Arrivés à 600 mètres de la lisière ouest du bois, nous sommes tombés sous un feu intense de mitrailleuses. Burgard, qui se trouvait en serre-file, la section placée à ma gauche, s’est détaché pour venir m’offrir ses bons offices. Ceci était le résultat de conversations antérieures au cours desquelles je luis avais dit : « Le jour où ça chauffera, bien qu’en temps ordinaire je ne sois pas pratiquant, je compte sur vous pour me mettre en règle avec ma conscience ». Esclave du devoir, mon brave sergent s’est donc rapproché de moi. Je me trouvais en ce moment à genoux, face au bois. Burgard se mit face à moi, me couvrant, pour ainsi dire de son corps. Il commença la conversation. (…) Je ne lui avais pas encore répondu qu’il ouvrit les bras, ouvrit de grands yeux que je revois encore, et, tombant sur moi, il eut la force de me dire : Ils m’assassinent ! Il avait reçu, par derrière, à travers son sac, une balle qui était allée droit au cœur. Il n’a pas souffert. Je suis convaincu que, dans la circonstance, il m’avait peut-être sauvé la vie puisque j’étais sur la trajectoire. (…) Voilà ce que, encore tout contristé, je puis vous dire sur les derniers moments du fidèle et loyal soldat que nous avons le devoir de pleurer. »

La missive est reprise par différents organes de presse, comme La Croix, Courrier breton, La Grande guerre du XXe siècle.

Le date de son décès diffère selon les sources : son livret militaire et le Journal officiel mentionnent le 10 octobre 1914 ; ce dernier organe précisant, pour l’attribution de la Médaille militaire, qu’il est « mort glorieusement pour la France au combat de Champenoux » qui ont lieu à cette date. Cependant, un jugement du tribunal civil de Troyes, rendu le 11 septembre 1917, précise que cette date est celle de la découverte de son corps et fixe la mort au jour de sa disparition, le 25 août 1914. C’est cette même date qui était déjà, antérieurement à la décisions judiciaire, mentionnée dans la presse et par sa famille.

Le lieu du trépas est lui aussi variable dans les mentions qui en sont faites, qui le situent toutes dans le département de Meurthe-et-Moselle. En accord cette fois avec les sources militaires, le jugement le fixe à Champenoux. Cependant, le témoignage de l’officier parle de la ferme Saint-Libaire, dans la commune de Serres. La famille cite le village limitrophe de Courbesseaux, situé à huit kilomètres de Champenoux. Il est probable que cette commune fut celui où le corps fut transporté et la mort constatée, les combats du 25 août s’étant déroulés principalement autour de Courbesseaux. Le décès eut donc probablement lieu dans cette commune ou dans celle de Serres.

À titre posthume, Édouard Burgard a été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et, en avril 1921, de la Médaille militaire. Il est mentionné dans le Livre d'or du clergé et des congrégations. Son nom est sur le monument aux morts de la ville de Troyes.

Le quotidien La Croix considère qu’il s’agit d’une « Belle figure de prêtre soldat ». En septembre 1918 dans Nos annales de guerre, publié par La Jeune République, son frère Raymond, libéré et transféré en Suisse, lui rend hommage : « Il fut prêtre, Alsacien et démocrate. Et il fut fout cela passionnément, car une âme ardente se cachait sous son masque tranquille et parfois un peu sévère. C’est pour ce triple idéal, d'ailleurs, qu’il mourût. Il fut frappé d’une balle au moment où il protégeait de son corps son capitaine, afin de pouvoir entendre sa confession, et il tomba dans cette guerre où nos soldats veulent conquérir, à la pointe de leurs baïonnettes, et la liberté du monde et cette Alsace qu’il chérissait d’un amour filial. Tempérament fortement trempé et d’un parfait équilibre, esprit largement ouvert et très cultivé, heureux de vivre, parce que vivre c’est agir, il avait devant lui une vie pleine de promesses. »

En juin 1973, la Société académique de l'Aube, consultée pour proposer Des noms pour les rues de Troyes mentionna « Les frères Burgard : l'un, Raymond, résistant, a été exécuté à la hache à Cologne en 1944 ; le second, Edouard, sergent, a été tué en Lorraine en 1914 ». la ville ne retint que celui de Raymond pour le nommage d’une de ses voies.

Édouard Burgard (arch.)

 

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