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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 00:01

Bernard Fernand Robert Crétin-Maitenaz naît le 26 septembre 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Fernande Neveu et de son époux André Joseph Célestin Crétin-Maitenaz. Ils vivent dans le quartier de Polangis, avenue Pauline. Adulte, Bernard utilisera uniquement le patronyme de Maitenaz. Son père est originaire de Morez, dans le Jura, berceau de la lunetterie française.

La commune de Joinville est un site important en matière d’optique ; plusieurs des fondateurs puis responsables de la Société des lunetiers (SL puis Essel) ont vécu à Joinville. La société Télégic, qui deviendra Silor après sa fusion avec Lissac, est implantée dans la commune ; En fusionnant avec SL, le groupe s’appellera Essilor. Peut-être André Crétin-Maitenaz y est-il employé ; pendant la première guerre mondiale, il a été blessé et décoré de la Croix de guerre pour son comportement en août 1915 et cité à l’ordre de la brigade : « sous-officier d’un grand courage et d’une modestie remarquable. »

En 1931, Bernard Maitenaz vit chez ses grands-parents maternels, Marthe et Frédéric Neveu ; ils résident avenue Foch, dans le quartier de Polangis, toujours à Joinville. Frédéric Neveu est le directeur de l’usine métallurgique du Bi-Métal située dans la commune, quartier du Canal. En 1936, il est de nouveau avec ses parents, dans le même quartier, avenue Henri. Pendant les vacances cette année-là, il gagne un prix à un concours de devoirs organisé par le quotidien Le Petit Marseillais. Ils résident encore à Joinville en 1939.

Poursuivant son cursus scolaire pendant la deuxième guerre mondiale, Bernard Maitenaz entre, en septembre 1943 à l’école nationale d'Arts et Métiers de Paris. il en ressort ingénieur en 1946 puis intègre l'École supérieure d'optique, toujours dans la capitale, dont il sort major en 1947. Il sera également diplômé de l’Institut de contrôle de gestion.

Il fait son service militaire en 1947-1948, puis est embauché par Essel, nouveau nom de la Société des lunetiers. D’abord ingénieur d'études, il devient rapidement chef des services d'études puis directeur technique en 1953. Cette même année, il épouse Geneviève Élise Simonard, fille d’un jockey, originaire de la Marne et résidant également à Joinville-le-Pont. Son frère aîné, Paul Maitenaz, avait épousé lui aussi la sœur aînée de sa femme, Marie Louise Simonard.

Les lunettes à double-foyers utilisées par son père apparaissent à Bernard Maitenaz comme « une hérésie qui altère le champ de vision » selon le compte-rendu qu’en fait l’association Valoptec. À partir de 1951, il conduit des recherches pour la mise au point d’un « verre à foyer variable de façon continue » ; elles aboutissent avec la commercialisation du verre progressif Varilux en 1959, qui constitue, selon les milieux professionnels, « une révolution dans le monde de l’optique ». Il est nommé en 1966 directeur du département industriel.

Lors de la fusion d’Essel et de Silor en 1972, qui voit la naissance du groupe Essilor, Bernard Maitenaz est nommé directeur des recherches et du développement. Il est président du directoire de BBGR, filiale d’Essilor, de 1977 à 1980. En 1979, il est nommé directeur général du groupe, puis prend le poste de président-directeur général en 1980. Il le quitte pour sa retraite en 1991. Pendant son mandat, il a conduit une importante expansion internationale de l’entreprise.

Héritée de ses origines (la Société des lunetiers avait été fondée en 1849 à Paris sous le nom d’Association fraternelle des ouvriers lunetiers avec une forme coopérative), une société, baptisée Valoptec, rassemble une partie des cadres de l’entreprises et dispose d’une participation significative au capital. L’association disposait de 25 % du capital et 39 % des droits de vote avant la fusion qui a donné naissance au groupe franco-italien EssilorLuxoticca. En janvier 2020, Valoptec est encore, avec 11 000 membres et 4,2% des titres, le deuxième actionnaire du groupe, derrière la société financière de la famille Del Vecchio, Delfin.

Parallèlement à son poste, Bernard Maitenaz fut président de la commission innovation et recherches du Centre national du patronat français (CNPF, act. MEDEF) de 1984 à 1994, membre du Conseil supérieur de la propriété industrielle de 1985 à 1994, et administrateur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de 1992 à 1995.

Bernard Maitenaz meurt le 22 janvier 2021 à Paris (7e arr.). Il était âgé de 94 ans et père de trois enfants. Commandeur de l’ordre du Mérite, chevalier des Palmes académiques, il avait été fait officier de la Légion d’honneur en juillet 1989. Il avait également reçu le grand prix de la Ville de Paris dans la catégorie Technique en juin 1976, le prix Nessim-Habif de la Société des ingénieurs Arts et Métiers en 1995 ainsi que le prix Apollo décerné par l’Association américaine d’optométrie en juin 2014. Il était docteur honoris causa des universités de Boston (Massachusetts, États-Unis) et Montréal (Québec, Canada).

Bernard Maitenaz dans son laboratoiore

 

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9 décembre 2022 5 09 /12 /décembre /2022 00:01

Frédéric Charles Albert Neveu naît le 25 juin 1875 à Paris (14e arr.). Il est le fils de Julie Mina de la Barre (ou Delabarre), confectionneuse, et de son époux, Frédéric Joseph Neveu, serrurier. Ils vivent avenue d’Alésia. Sa mère est très jeune (17 ans) et mourra en janvier 1881, alors qu’il a 5 ans.

Alors mécanicien constructeur, Frédéric Neveu fait son service militaire à partir de novembre 1896 au 7e escadron du train des équipages. Nommé brigadier, il sert en Afrique depuis novembre 1897 jusqu’à son retour en France en novembre 1899.

Vivant avenue d’Orléans à Paris (14e arr.), il se marie avec Marthe Marie Hartemann, repasseuse, dont le père est originaire d’Alsace et la mère du Nord.

En 1903, le couple s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Marronniers (act. rue Eugène Voisin) puis rue de Paris. Frédéric Neveu travaille probablement dès cette date pour l’usine métallurgique du Bi-Métal, dont il est certainement l’employé en tant que fondeur en 1911.

Le Bi-Métal est une des plus importantes entreprises industrielles de la commune, employant jusqu’à 200 personnes à certaines périodes, pour produire notamment du fil télégraphique puis téléphonique.

Au début de l’année 1910, alors qu’une grande partie de la commune (dont l’usine Bi-Métal) est sous les eaux du fait des inondations de la Marne, une grande grève organisée par le syndicat CGT des tréfileurs va paralyser l’usine, avec des manifestations violentes. Plusieurs syndicalistes seront condamnés.

La presse signale la présence d’un certain Neveu, peut-être Frédéric, lors d’une réunion du comité intercommunal des inondés, qui se tient à Joinville en octobre cette année-là.

Pendant la première guerre mondiale, en août 1914, Frédéric Neveu est mobilisé mais placé en sursis d’appel et détaché auprès de la Compagnie française du Bi-Métal. Il est maintenu à son poste jusqu’à sa démobilisation en février 1919. L’usine produit des fils pour l’armée française et voit son activité se développer considérablement pendant le conflit.

Après-guerre, on retrouve un Neveu, peut-être aussi Frédéric, qui est désigné comme électeur sénatorial en décembre 1919 par le conseil municipal élu en novembre. L’assemblée locale comprend des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. Le maire est Henri Vel-Durand (radical dissident).

La famille s’installe après-guerre dans le quartier de Polangis, toujours à Joinville, d’abord avenue du Parc, puis avenue Pauline et enfin avenue Foch. En 1926, Frédéric Neveu est le directeur de l’usine du Bi-Métal de Joinville, et il l’est encore en 1936. Il souscrit, en 1930, en faveur des victimes des inondations dans le Midi de la France, avec le comité qui s’est formé à Joinville. En 1931, le préfet de la Seine le nomme membre du conseil d’administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville qui vient de se constituer.

Il est victime en juin 1936 d’un accident de circulation dans la commune voisine de Maisons-Alfort. La voiture qu’il conduisait est heurtée et renversée par l'ambulance municipale de cette ville.

Frédéric Neveu meurt le 20 mai 1961 à Joinville. Il était âgé de 85 ans et père d’une fille.

L’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont

 

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7 décembre 2022 3 07 /12 /décembre /2022 00:01

Henri Serre naît le 8 janvier 1884 à Paris (13e arr.). Il est le fils d’Antoinette Serre, 32 ans, sans profession et d’un père non dénommé. Elle vit rue Baudricourt. Elle le reconnaît, en même temps que ses deux frères en décembre 1904 à Paris (11e arr.). La famille vit rue Alexandre-Dumas.

Travaillant alors comme imprimeur, Henri Serre a une dispense, en tant que soutien de famille, qui fait qu’il n’effectue qu’un an de service militaire entre octobre 1905 et septembre 1906, au sein du 4e régiment d’infanterie.

Se présentant alors comme cartonnier, Henri Serre épouse en novembre 1908 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Marguerite Pauline Henriette Gillon, également cartonnière. Ils s’installent dans cette commune où ils vivent d’abord rue Chapsal puis, dans le quartier de Palissy, avenue Dagoty et enfin rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz), en centre-ville.

En avril 1912, Serre est candidat en onzième position sur la liste du parti socialiste SFIO pour les élections municipales à Joinville. Le maire sortant Eugène Voisin ne se représentant pas après 25 ans de mandat, la lutte électorale a été vive. Derrière Georges Briolay, la majorité sortante radicale-socialiste arrive en tête, mais les trois autres listes passent un accord de représentation proportionnelle au second tour. La liste de coalition regroupe alors dix radicaux dissidents, sept socialistes et six libéraux et conservateurs. Du fait de sa position, Serre n’est pas présent au second tour, qui voit le groupement l’emporter avec 23 sièges contre aucun pour les radicaux. C’est la première fois que des socialistes sont élus sous l’étiquette SFIO à Joinville ; cependant, s’ils sont solidaires du nouveau maire, Ernest Mermet, radical dissident, ils ne participent pas à l’exécutif municipal.

Après le scrutin, la section SFIO de Joinville renouvelle son bureau, en remplaçant les nouveaux élus. Fernand Grandhomme, typographe, est le nouveau secrétaire, le serrurier Antoine Duranthon son adjoint et Serre est à fois trésorier et délégué au comité fédéral, auprès des instances départementales de la SFIO. Lors de la constitution d’un nouveau bureau en janvier 1913, Serre est toujours trésorier mais Grandhomme est devenu secrétaire-adjoint, remplacé dans son ancienne fonction par Émile Graillat, comptable.

Par contre, Serre ne figure plus dans le bureau mis en place en mai 1913.

C’est probablement lui qui est recruté comme commis ambulant à l'octroi de Paris par arrêté du préfet de la Seine en septembre 1913. Le Journal officiel porte en effet la mention « Serre (Henri), imprimeur ».

Pendant la première guerre mondiale, Henri Serre est d’abord mobilisé en août 1914 au sein du groupe cycliste du 89e régiment d’infanterie. Il est affecté, en décembre 1915, au 10e bataillon de chasseurs à pied où il est nommé caporal en avril 1916.

Henri Serre meurt le 31 août 1916 à Soyécourt (Somme) lors de combats. Son décès est transcrit à l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 32 ans. Il est cité à l’ordre de la brigade en octobre 1916 : « A fait son devoir jusqu’au bout. Gradé remarquable par son allant et son courage. »

Son nom figure sur le monument aux morts de Joinville sous la forme « Serre H. ». Il est inscrit sur le Livre d'Or du ministère des pensions, qui comprend 288 noms pour Joinville. Il est également mentionné dans l’Historique du 10e bataillon de chasseurs à pied (Remiremont, 1920).

En novembre 1920, la médaille militaire lui est attribuée à titre posthume.

Rue du Pont à Joinville-le-Pont

 

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5 décembre 2022 1 05 /12 /décembre /2022 00:01

Georges Camille Hamon naît le 17 novembre 1901 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Lucie Delphine Couvreur, papetière et de son mari Jules Hamon, alors employé de commerce et après-guerre également papetier. La famille va avoir plusieurs domiciles successifs dans la Grande-Rue de cette commune.

Son père, né Jules de Drouard de la Croisette, est le fils naturel d’une aristocrate de la Sarthe. Il exerce des responsabilités dans le parti socialiste SFIO à Saint-Maurice à partir de 1914 et est également impliqué dans la grande coopérative de consommation locale, l’Avenir de Gravelle. Sa mère est aussi une enfant illégitime au sens du droit. Georges Hamon et ses deux frères Léon, l’aîné et Jules, le cadet, resteront manifestement proches de leurs parents, vivant ensemble, jusqu’au début des années 1930.

Convoqué pour son service militaire en avril 1921, Georges Hamon incorporé au 153e régiment d’infanterie. Il est envoyé dans l’armée d’occupation des Pays rhénans (Allemagne) en août la même année. Il revient en France en mai 1923 pour sa démobilisation. La famille s’est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune riveraine de Saint-Maurice, dans un pavillon de la rue de la Liberté (Centre). Georges Hamon est chauffeur de machines à l’Usine des eaux de la Ville de Paris, située à Joinville.

Condamné en mars 1924 par la 15e chambre du tribunal correctionnel de la Seine à 16 francs d’amende pour « port d’arme prohibée », il est amnistié en janvier l’année suivante. En septembre 1924, le même jour que son frère aîné et dans le même lieu, Georges Hamon se marie avec Léontine Clémence Lafferrière, mécanicienne.

En même temps que son frère Léon, conformément aux opinions de leur père, Georges Hamon est candidat communiste pour les élections municipales de mai 1929 à Joinville. Il figure en vingtième position sur 27 sur la liste du Bloc ouvrier et paysan (BOP), conduite par Roger Bénenson, ouvrier mécanicien, futur député de Seine-et-Marne en 1936.

Le scrutin oppose un groupe d’Union nationale et la Concentration des gauches. Le premier est composé de libéraux et conservateurs, dirigé par le maire sortant, Stephen Durande (divers droite), qui a succédé en cours de mandat à Henri Vel-Durand, radical dissident, décédé. Le cartel des gauches, conduit par Georges Briolay (radical-socialiste), rassemble le parti radical-socialiste, le parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants.

À l’issue du premier tour, la droite est en tête avec une moyenne de 42,6%, devant les gauches (35;9%) et les communistes (16%), avec des divers pour 5,9%. Le second tour se fait dans la même configuration, mais une partie des votes divers ou communistes se sont reportés sur le cartel des gauches, qui emporte 22 des 27 sièges à pourvoir avec 45,9%, tandis que la droite se contente de 5 élus avec 41,6%, le maire sortant étant battu. Le BOP communiste recule à 12,5%

Au premier tour, Georges Hamon a obtenu 336 voix pour suffrages 1 715 votants (19,6%) et 2 491 inscrits. Il n’est pas élu.

Le couple Hamon est installé rue de la Fraternité, toujours à Joinville, à proximité de l’usine des Eaux.

En juin 1939, Georges Hamon intègre l'école militaire d'administration (EMA) située dans le château de Vincennes à Paris (12e arr.). Le cursus de formation des officiers d'administration du service de l'Intendance dure 70 jours, mais le déclenchement de la guerre en septembre 1939 fait qu’il ne fait qu’une partie du cursus (21 jours) et n’est donc pas nommé à ce grade. Le 7 juillet 1940, il est démobilisé à Mirepoix (Ariège).

Georges Hamon meurt le 12 juin 1981 à Créteil. Il était âgé de 79 ans et père de deux enfants. Il résidait peut-être à Maisons-Alfort.

Joinville-le-Pont, pavillon 5, rue de la Fraternité

 

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3 décembre 2022 6 03 /12 /décembre /2022 00:01

Léon Henri Hamon naît le 21 juin 1899 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Lucie Delphine Couvreur, papetière et de son mari Jules Hamon, alors employé de commerce et après-guerre également papetier. La famille s’installe vers 1900 dans la commune proche de Saint-Maurice où elle aura plusieurs domiciles successifs dans la Grande-Rue.

Jules Hamon, né Jules de Drouard de la Croisette, est le fils naturel d’une aristocrate de la Sarthe. À partir de 1914, il exerce des responsabilités dans le parti socialiste SFIO à Saint-Maurice et en tant que responsable de l’importante coopérative de consommation de cette commune, l’Avenir de Gravelle. Sa mère est également fille d’une célibataire. A contrario, Léon Hamon et ses deux frères Georges et Jules, resteront manifestement proches de leurs parents, vivant ensemble, avec leurs épouses, jusqu’au début des années 1930.

Alors mouleur en cuivre, Léon Hamon est appelé pour faire son service militaire à 18 ans, pendant la première guerre mondiale. Il est incorporé en avril 1918 au 46e régiment d’infanterie. Après la fin du conflit, il passe en juillet 1919 dans la 7e section d’infirmiers militaires puis en août au 6e régiment de tirailleurs marocains. Il est affecté au Maroc, alors sous mandat français, en décembre 1919. Nommé caporal en avril 1920 au 1er régiment de zouaves, il est chargé de l’encadrement des troupes marocaines. Démobilisé en février 1921, il rentre en France le mois suivant avec le grade de sergent.

Peu après, la famille s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont (également Seine, act. Val-de-Marne), rue de la Liberté, dans le quartier du centre. Léon Hamon se marie dans cette ville avec Angèle Mansfeld, couturière, en septembre 1924, le même jour que son frère cadet Georges.

Toujours en compagnie de son frère Georges, et dans la continuité de l’engagement de son père, Léon Hamon est candidat sur la liste communiste pour les élections municipales joinvillaises de mai 1929. Il figure en vingt-sixième position sur 27. Les communistes ont pris le nom de Bloc ouvrier et paysan (BOP) et sont conduits par Roger Bénenson, ouvrier mécanicien, qui sera député de Seine-et-Marne en 1936.

Le scrutin a également pour concurrents un groupe d’Union nationale et la Concentration des gauches. Le premier est composé de libéraux et conservateurs, dirigé par le maire sortant, Stephen Durande, qui a succédé en cours de mandat à Henri Vel-Durand, radical dissident, décédé. Le cartel des gauches, conduit par Georges Briolay (radical-socialiste), rassemble le parti radical-socialiste, le parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants.

À l’issue du premier tour, la droite est en tête avec une moyenne de 42,6%, devant les gauches (35;9%) et les communistes (16%), avec des divers pour 5,9%. Le second tour se fait dans la même configuration, mais une partie des votes divers ou communistes se sont reportés sur le cartel des gauches, qui emporte 22 des 27 sièges à pourvoir avec 45,9%, tandis que la droite se contente de 5 élus avec 41,6%, le maire sortant étant battu. Le BOP communiste recule à 12,5%

Au premier tour, Léon Hamon a obtenu 334 voix pour suffrages 1 715 votants (19,5%) et 2 491 inscrits. Il n’est pas élu.

Au cours des années 1930, il devient tireur de films, très probablement dans l’usine Pathé-Cinéma du quartier de Polangis, à Joinville. en 1936, il vit toujours, avec son épouse, son fils, son frère et sa belle-sœur, dans le pavillon de ses parents.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Léon Hamon rejoint d’abord en septembre 1939 la 1e demi-brigade d’infanterie légère, avant d’être transféré très rapidement à son dépôt de rattachement. Il est fait prisonnier peu avant la cessation des combats, le 15 juin 1940. Il est transféré au stalag XVII-B, camp de prisonniers allemand à Krems-an-der-Donau, en Basse-Autriche. À une date inconnue, il est rapatrié et soigné à l’hôpital Saint-Jacques de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Léon Hamon meurt le 18 avril 1969 à Menetou-Couture (Cher). Il était âgé de 69 ans et père d’un enfant. Il était décoré de la médaille coloniale, avec une agrafe Maroc.

Joinville-le-Pont, pavillon 14, rue de la Liberté

 

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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 00:01

Jules de Drouard de la Croisette naît le 17 juin 1867 à Beaumont-sur-Sarthe, Sarthe. Il est le fils naturel de Marie Joséphine Louise de Drouard de la Croisette et d’un père non dénommé.

À la naissance de Jules, Marie Joséphine est domiciliée chez Louis Mathieu, baron de Drouard de la Croisette (1781-1867), son grand-père, ancien employé supérieur du ministère des finances et gestionnaire du domaine privé du roi Louis-Philippe, époux de Louise Jeanne Joséphine de Bastriés. Elle est alors veuve, son premier mari, Félix André Charles Prosper de Pozac étant mort en avril 1866. En avril 1889 à Paris (17e arr.), elle épouse Auguste François Hamon, officier, qui le reconnaît alors pour son fils. Il porte désormais son nom.

Alors employé de commerce et vivant rue de Rome à Paris (11e arr.), Jules Hamon épouse dans cet arrondissement en mai 1894 Lucie Delphine Couvreur, papetière, elle aussi fille d’une mère célibataire.

Ils vivent dans les 10e et 19e arrondissements, rue du faubourg du Temple et boulevard de La Villette, avant de s’installer en 1899 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), rue du Bois-Lhuillier puis en 1901 à Saint-Maurice (également Seine, act. Val-de-Marne), où ils ont plusieurs domiciles successifs dans la Grande-Rue.

En mars 1914, Hamon est élu au sein du bureau de la section de Saint-Maurice du parti socialiste SFIO. Il est délégué à l'Union des sections de la circonscription de Charenton-le-Pont ; Émile Gambon en est secrétaire depuis au moins 1909.

Pendant la première guerre mondiale, Jules Hamon, qui semble ne pas avoir fait de service militaire et a dépassé l’âge mobilisation, reste à Saint-Maurice. Il est actif, en 1915, au sein de la coopérative L’Avenir de Gravelle, important établissement installé à la limite du Bois de Vincennes, dans la commune de Saint-Maurice. La coopérative de consommation, créée en 1901, compte plus d’une centaine de membres. Elle joue un rôle dans les mouvements sociaux, comme la grande grève du Bi-Métal au début de l’année 1910 et accueille le siège de la section socialiste SFIO.

Toujours avec Gambon, Hamon constitue, en juillet 1915, un Comité de défense des intérêts des familles de mobilisés, qui a son siège à la coopérative.

En octobre 1918, Jules Hamon est désigné comme secrétaire de la section SFIO de Saint-Maurice ; il assure, en outre, la fonction de trésorier. Comme beaucoup d’autres, la structure locale a été très réduite du fait de la guerre.

Lors de la préparation du congrès de Tours de la SFIO, en décembre 1920, c’est toujours Hamon qui assume la fonction de secrétaire. L’approbation de l’adhésion à la troisième internationale est très majoritaire et, sur les 21 adhérents de la section, seuls deux restent dans la SFIO maintenue, les 19 autres, dont Hamon, rejoignant le nouveau parti communiste (qui porte initialement le nom de parti socialiste SFIC).

Pour le renouvellement du bureau de la section communiste, en mars 1921, Émile Gambon redevient secrétaire tandis que Jules Hamon est trésorier. Jusqu’en 1930, c’est lui qui verse les collectes faites suites aux appels à souscription lancées dans le quotidien L’Humanité.

La famille a déménagé en 1924 dans la commune limitrophe de Joinville-le-Pont, rue de la Liberté, dans le quartier du centre. Jules Hamon est devenu papetier, à l’instar de son épouse. Bien qu’issus tous deux de familles monoparentales, les Hamon conservent d’étroits liens familiaux ; les trois garçons survivants (les deux premiers enfants sont morts très jeunes) vivent avec les parents, même après leurs mariages. Les deux aînés se marient d’ailleurs, le même jour, en septembre 1924 à Joinville. Et Jules Hamon partage, avec ces deux derniers (Léon et Georges) le même engagement politique : ils sont tous deux candidats sur la liste communiste lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville.

Pour le scrutin suivant, en mai 1935, c’est Jules Hamon qui figure sur la liste des candidats du parti communiste pour les municipales de Joinville, conduite par Robert Deloche. Il est possible que ce soit son fils éponyme, Jules Hamon, cependant ce dernier, papetier comme son père, ne réside plus dans la commune en 1936, contrairement au reste de la famille.

Il paraît donc plus probable que ce soit Jules Hamon père qui recueille au premier tour 668 voix pour 2 856 suffrages exprimés (23,4%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, la liste communiste, arrivée en troisième position derrière les conservateurs et les radicaux-socialistes, fusionne avec les socialistes dans le contexte de la mise en place du Front populaire. La liste unifiée est conduite par un indépendant, André Blocher, mais comporte une majorité de membres du PCF. Elle échoue de peu et emporte deux sièges sur les 27 à pourvoir. Jules Hamon ne figure pas sur la liste fusionnée pour la deuxième partie du scrutin, bien qu’il ait été en neuvième position au premier tour et que 16 communistes se soient présentés. Le conservateur Léon Lesestre est élu maire.

Jules Hamon meurt le 17 janvier 1943 à Joinville. Il est inhumé le 20 dans le cimetière communal. Âgé de 75 ans, il avait eu cinq enfants.

La coopérative Avenir de Gravelle à Saint-Maurice en 1907

 

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 00:01

En septembre 1923, Vladimir Tchernikoff, alors âgé de 23 ans selon le quotidien Le Petit Journal et résidant à Joinville-le-Pont, rue de Paris, est arrêté pour avoir collé des affichettes, en compagnie d’un jeune militant communiste, Louis Vincent. Les papillons antimilitaristes avaient été posés vers minuit, au sortir d’une réunion, sur les murs de Joinville. Ils engageaient les jeunes du deuxième contingent de la classe 1923, alors appelés pour leur service militaire, à ne pas se rendre à la caserne. Le commissaire de police avait fait lacérer les placards.

Le quotidien communiste L’Humanité indique qu’ils étaient membres de la Jeunesse communiste de Joinville, et précise qu’ils ont été « brutalisés et emprisonnés ». Ils furent inculpés pour « provocation de militaires à la désobéissance dans un but de propagande anarchiste » ; le quotidien socialiste Le Populaire estime qu’il s’agissait de l’application de « lois scélérates ». Mais l’organe communiste La Dépêche de l’Aube se réjouissait : « La répression gouvernementale est la preuve évidente que la propagande antimilitariste dans l’armée donne d’excellents résultats. »

L’affaire fut jugée le 9 octobre 1923 devant la 12e chambre correctionnelle du tribunal de la Seine à Paris, présidée par M. Mangin-Bocquet. Vincent était en liberté provisoire tandis que Tchernikoff, probablement eu égard à sa nationalité russe, était maintenu en détention. Leur avocat est Me André Berthon, député communiste de la Seine ; il contesta la compétence du tribunal, sans succès, et fit remarquer que le texte reproduisait un ancien appel d’Aristide Briand, devenu ensuite ministre radical-socialiste. Le substitut, M. Lehmann, dénonça l’attitude du Russe envers « la. France hospitalière ». Les deux furent condamnés à deux mois de prison et 50 francs d'amende. Tchernikoff avait déjà purgé les deux-tiers de sa peine préventivement.

Deux journaux évoquèrent le passé de Tchernikoff en Russie. Selon Le Matin, il était un « ancien soldat de l'armée Wrangel » et pour Bonsoir, un ancien officier de ladite troupe. Le général russe Piotr Nikolaïevitch Wrangel avait combattu avec les armées blanches, opposées aux bolchévistes, durant la guerre civile russe après la révolution de 1917.

Après sa libération de prison, Tchernikoff fut invité à présider une réunion des Jeunesses communistes de Joinville, le 1er novembre 1923.

La Sûreté nationale (police) avait constitué un dossier sur lui, inscrit dans le fichier central et qui est resté en usage pendant la période 1924-1927.

L’activité professionnelle, de même que le devenir de Tchernikoff après 1923 ne sont pas connus.

La Caserne, bimensuel antimilitariste publié par la fédération des Jeunesses communistes

 

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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 00:01

François Joseph Andrès naît le 10 mars 1863 à Erstein (Bas-Rhin). Il est le fils aîné des sept enfants de Madeleine Willmann et de son époux, François Antoine Andrès, pécheur. La famille réside toujours en Alsace en 1872, après l’annexion allemande de 1870. Par contre, en 1881 elle est installée à Paris (18e arr.), rue Bonnet. Sa mère meurt en septembre cette année-là et le père est cantonnier.

François Joseph Andrès, qui exerce le métier de plombier épouse en juin 1886 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Pierrette Feydel, journalière.

Le couple est installé en 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et demeure dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire). François Joseph Andrès est membre de la Société symphonique de Joinville, fondée en octobre 1908. Il est également membre du comité radical et radical-socialiste de Joinville.

Les élections municipales de mai 1912 à Joinville sont marquées par la fin du mandat de 25 ans du maire, Eugène Voisin, malade, qui se retire, et par la division des radicaux-socialistes qui le soutenaient. La liste radicale-socialiste officielle est conduite par un adjoint, Georges Briolay et Andrès en fait partie. Les trois autres listes ont passé un accord de fusion au second tour sur la base de leurs résultats : radicaux dissidents, socialistes SFIO et libéraux-conservateurs.

Les résultats du premier tour ne sont pas connus précisément, mais la liste radicale dissidente arrive en tête, tandis que la liste officielle obtient entre 25 et 30 % des suffrages exprimés. Au second tour, la coalition emporte les 27 sièges à pourvoir et Achille Mermet (radical dissident) est élu maire. Andrès n’est pas élu.

À la déclaration de guerre, en août 1914, François Joseph Andrès était en Alsace en visite dans sa famille. Ancien soldat français, il est interné pendant dix-huit mois, s’évade et revient à Joinville.

Selon une « rumeur », rapportée par l’hebdomadaire radical Voix des communes en mars 1915, il aurait été dénoncé comme s’étant rendu en Allemagne et considéré comme un espion ; son épouse indique qu’elle compte porter plainte. Il est de retour à Joinville en avril 1916 et rencontre alors Georges Briolay, président du comité radical-socialiste officiel.

François Joseph Andrès meurt le 8 septembre 1920 à Joinville. Il était alors employé et âgé de 57 ans. Il n’a pas eu d’enfants.

Inondation de la Marne à Joinville-le-Pont en 1919

 

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25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 00:01

Jean Louis Barberet naît le 4 mars 1919 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Lucie Marie Reverso, comptable, et de son époux Louis Bernard Barberet, alors serrurier. Son père produira ensuite de la literie puis dirigera une usine. Sa mère adhérera au parti communiste après la deuxième guerre mondiale. En 1936, la famille vit dans la ville voisine de Saint-Maur-des-Fossés, boulevard Maurice-Berteaux.

Après des études à l'École normale d'instituteurs de Paris, Jean Barberet, qui se présentera ultérieurement comme ayant été anticommuniste à cette période, adhère au Syndicat national des instituteurs (SNI) en 1937 ; il assure avoir condamné le pacte germano-soviétique de 1939. Il est appelé pour son service militaire au début de la deuxième guerre mondiale et sert dans la cavalerie de novembre 1939 à octobre 1942. En avril 1943, il épouse à Saint-Maur Marcelle Dehaye, également institutrice à Paris. Il dirige un centre d'enfants évacués dans le Doubs ; l’établissement, selon lui, serait devenu un dépôt d'armes et une infirmerie ayant hébergé des résistants.

Ayant repris un poste d’enseignant en région parisienne après la Libération, Jean Barberet adhère au parti communiste en janvier 1946. Il devient un cadre de son organisation syndicale, défendant la tendance unitaire, c’est-à-dire partisane du maintien dans la Confédération générale du travail (CGT) après le départ de cette organisation de Force ouvrière. Il regrette le passage de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) à l’autonomie et tout en restant adhérent du SNI (partie constitutive de la FEN), il est un des fondateurs de la FEN-CGT, dont il devient à la fois le secrétaire général permanent au plan national et dans le département de la Seine.

Jean Barberet participe à la création de la tendance Unité et Action, qui rassemble principalement des communistes au sein du SNI, en décembre 1948. Toujours partisan de la double appartenance à la FEN et à la CGT, Barberet émit des réserves quand le bureau politique du parti communiste invita en janvier 1954 les instituteurs à militer exclusivement au sein du SNI.

La famille Barberet vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où Marcelle Barberet est institutrice et responsable de la section locale du SNI. En mai 1965, Jean Barberet figure en huitième position sur la liste d'union démocratique pour l’élection municipale de Joinville, conduite par Henri Bideaux, ancien conseiller municipal et commerçant. Comme celui-ci, il figure parmi les 24 communistes de cette liste, aux côtés d’un socialiste SFIO, d’un radical-socialiste et d’un indépendant de gauche. Au premier tour, la liste obtient une moyenne de 2 316 voix pour 7 758 suffrages exprimés (29,9%) sur 7 974 votants et 10 441 inscrits, derrière la liste du maire Georges Defert (divers-droite). Au second tour, elle est battue par cette dernière en recueillant 2 818 votes pour 7 406 suffrages exprimés (38,1%) sur 7 622 votants ; elle n’a aucun élu.

Sur le plan professionnel, Jean Barberet devient le directeur de l'école de la rue Le Vau à Paris (20e arr.) dont il fait un établissement expérimental en s’impliquant dans le Groupe français d'éducation nouvelle (GFEN). Il en est le secrétaire général de 1968 à 1971. Il prend sa retraite en 1974.

Après avoir vécu à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis), la famille Barberet s’installe en 1972 à Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Il est élu conseiller municipal en mars 1977, devient président du groupe communiste et adjoint au maire socialiste, chargé des délégations à l'enfance et à l'immigration. Réélu conseiller municipal en 1983, il démissionne en 1985 pour raisons de santé. Il quitte le parti communiste en 1986, faisant part d’un désaccord sur les formes d'organisation.

En 1982, Jean Barberet est membre de la Société mycologique de France.

Jean Barberet meurt le 16 avril 1998 à Férolles-Attilly (Seine-et-Marne). Il était âgé de 79 ans, père d’un enfant et résidait toujours à Pontault-Combault.

Il est l’auteur de deux ouvrages pédagogiques : L'école, nouveau milieu de vie (1969) et, avec Robert Gloton, À la recherche de l'école de demain (1970). Une école maternelle publique de la commune de Pontault-Combault a été baptisée du nom de Jean Barberet.

Pontault-Combault école maternelle Jean Barberet (cl. FCPE)

 

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23 novembre 2022 3 23 /11 /novembre /2022 00:01

Suite de la biographie d’Henri Bideaux

Commerçant à Joinville-le-Pont, résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, Henri Bideaux siège dans les instances municipales depuis la Libération en août 1944. Élu communiste sur les listes de Robert Deloche, il reste au conseil municipal quand ce dernier, exclu du PCF, démissionne et est remplacé en février 1953 par Amélie Trayaud.

Pendant vingt années, Bideaux va être la principale personnalité publique des communistes à Joinville-le-Pont, se présentant à tous les scrutins municipaux ou départementaux. Il figure ainsi en mai 1953, en huitième position sur la liste communiste pour les élections au conseil général de la Seine dans l’arrondissement de Sceaux, conduite par le maire d’Ivry-sur-Seine, Georges Marrane ; il n’est pas élu.

Au sein du conseil municipal, Bideaux n’hésite pas à faire preuve d’une opposition bruyante. La nouvelle majorité ayant décidé de supprimer en mai 1935 l’usage d’un baraquement dans le parc du dispensaire à l’Union des vaillants et vaillantes (mouvement de jeunesse communiste), Bideaux proteste et entonne le chant révolutionnaire la Jeune Garde en compagnie de deux autres élus communistes, Langat et Grésy-Aveline.

Sous la cinquième République, le régime électoral change pour faire place au scrutin majoritaire tant aux élections municipales que cantonales (pour le département). En mars 1959 est ainsi candidat dans le 40e canton de la Seine, celui de Joinville-le-Pont, qui comprend également une partie de Saint-Maur-des-Fossés. Bideaux arrive en tête dans cette dernière ville mais est distancé à Joinville par le maire, Defert. Sur tout le canton, il recueille 4 512 voix pour 14 827 suffrages exprimés (30,4%) sur 15 369 votants et 21 457 inscrits, derrière Defert (32,5%), mais devant le RPF, le MRP et le parti socialiste SFIO. Au second tour, il est distancé avec 5 155 voix pour 15 302 suffrages exprimés (33,7%) sur 15 655 votants, derrière Defert, qui est élu, et devant le socialiste.

Les élections municipales concomitantes voient la liste conduite par Bideaux obtenir au premier tour 2 412 voix pour 7 488 suffrages exprimés (32,2%) sur 7 780 votants et 10 276 inscrits, toujours derrière Defert (41,2%) et devant une union de l’UNR (gaulliste), du MRP et de la SFIO (23,5%). Au second tour, Defert renforce son avance à 52,4% et emporte les 27 sièges, les communistes ne progressant guère avec 2 587 voix pour 7 580 suffrages exprimés (34,1%) sur 7 747 votants, la coalition reculant à 13,1%.

Ne disposant plus d’un mandat municipal, c’est en tant que secrétaire de la section de Joinville du PCF que Bideaux envoie, en octobre 1964, une lettre ouverte au maire de Joinville sur la sécurité devant l’école Oudinot, celle de son quartier de Polangis.

Lors des élections municipales de mars 1965 à Joinville, Henri Bideaux est à la tête d’une liste d’Union démocratique qui comporte 24 communistes mais également un socialiste (Robert Gente), un radical-socialiste (Charles Le Goff) et un indépendant (André Blocher). Avec 2 316 voix pour 7 762 suffrages exprimés (29,8%) sur 7 974 votants et 10 441 inscrits, elle est de nouveau devancée par Defert (43,6%) et talonnée par les gaullistes de l’UNR (26,5%). Après le retrait de ces derniers, les 27 colistiers de Defert sont élus contre ceux de Bideaux, qui ont 2 818 voix pour 7 406 suffrages exprimés (38,1%) sur 7 622 votants.

Le découpage des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise, avec la création en 1967 notamment du nouveau département du Val-de-Marne, entraîne une nouvelle géographie cantonale. Joinville est le 31e des 33 cantons, qui comprend désormais, outre le chef-lieu, une partie de la commune voisine de Champigny. Les premières élections ont lieu en septembre et octobre 1967. Dans sa déclaration de candidature, Henri Bideaux, qui indique qu’il est secrétaire de la section de Joinville du PCF, assure que « L’aménagement des bords de Marne et la lutte contre la pollution retiennent toute mon attention ». Il est président du syndicat des riverains du canal de Polangis, qui longe le quai d’Anjou où il réside, et s’inquiète du gel des ventes de logement et des aménagements du quartier de Polangis qui feront suite à la construction annoncée de l’autoroute de l’Est (act. A4).

En tête à Champigny, Bideaux est presqu’à égalité avec Defert après le premier tour avec 2 485 voix pour 7 756 suffrages exprimés (32%) sur 7 910 votants et 14 656 inscrits quand le candidat de droite à 2 491 votes (32,1%). Bénéficiant au second tour du désistement de la FGDS (socialistes et radicaux-socialistes), Bideaux échoue cependant avec 4 219 voix pour 8 780 suffrages exprimés (48,1%) sur 8 958 votants. Defert est réélu.

Au cours du mois d’avril 1968, Bideaux se plaint que le maire de Joinville lui a refusé de lui prêter une salle pour organiser la conférence de la section PCF ; il la réunit alors à Champigny.

Dans l’hebdomadaire communiste Le Réveil, il considère comme président de l’association de propriétaires du canal de Polangis qu’il y a un mécontentement justifié dans ce quartier, mentionnant la voirie et le tout-à-l’égout. Il propose la constitution d’un comité de défense du quartier.

Les élections municipales de mars 1971 constitueront la dernière occasion d’un affrontement électoral entre Defert et Bideaux, tournant une fois encore en faveur du premier. Henri Bideaux est à la tête d’une liste Union pour une gestion sociale, moderne et démocratique qui recueille une moyenne de 35,8% des suffrages exprimés, la droite remportant dès le premier tour les 27 sièges avec 64,2%.

Suite au décès de Defert en octobre cette année-là, dans un contexte où l’union de la gauche se développe, l’élection municipale partielle de décembre 1975 voit le PCF faire appel à Guy Gibout, journaliste et élu local de Champigny. Il constitue pour les quatre postes à pourvoir une liste en association avec le nouveau parti socialiste, le mouvement radical de gauche (MRG) et le parti socialiste unifié (PSU), qui est battue par celle soutenue par Jean Pierre Garchery (divers-droite), élu maire.

C’est le même Gibout qui conduit, en mars 1977, une liste d'union de la gauche, composée de 14 PC, 9 PS, 2 PSU et 2 MRG. La division de la majorité sortante en quatre listes donne à la gauche une majorité relative. Au second tour, la gauche emporte les 27 sièges à pourvoir devançant la liste de Georges Derou avec 4 035 voix (51,3%) contre 3 836 (48,7%). Guy Gibout est élu maire et Henri Bideaux redevient conseiller municipal au sein du groupe communiste.

Les élections municipales ayant été annulées, un nouveau scrutin est organisé à l’automne 1978. La liste Gibout est intégralement réélue et Henri Bideaux siège comme conseiller municipal jusqu’en mars 1983 ; il aura siégé pendant 21 ans depuis 194. Guy Gibout n’est pas réélu maire.

Henri Bideaux meurt le 30 décembre 1994 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 85 ans, toujours domicilié à Joinville et père d’une fille. Il est inhumé au cimetière municipal de Joinville.

Fin

Henri Bideaux, photo Le Réveil

 

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