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15 novembre 2022 2 15 /11 /novembre /2022 00:01

Ambroise Denis naît le 04 décembre 1870 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Rosalie Ernot, chapelière et de Guillaume Denis, tourneur qui vivent rue de Montreuil et ne sont alors pas mariés. Ils s’épouseront en mai 1875 à Paris (12e arr.).

Son père est de nationalité belge puis acquit la nationalité française après la loi de juin 1889. En conséquence, Ambroise Denis est appelé à faire son service militaire en 1893, mais obtient un sursis de trois mois en novembre cette année-là, étant malade. Il est incorporé en février 1894 au 115e régiment d’infanterie mais réformé en novembre, sa tuberculose ayant été détectée.

Il exerce la profession de tourneur sur bois et vit d’abord dans le 11e arrondissement de Paris, rue Saint-Bernard, puis dans le 12e rue de Reuilly, ensuite passage Montgallet et enfin rue Érard. Il a pour compagne Marie Louise Moerman, corsetière de nationalité belge, avec laquelle il a trois enfants entre 1897 et 1901, dont il reconnaît être le père.

Devenu débitant de boisson et restaurateur, Ambroise Denis gère en 1909 un établissement situé avenue Pauline à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Entre cette date et 1914, la salle Denis accueille notamment cinq réunions du parti socialiste SFIO et une autre d’une coopérative, La Travailleuse de Champigny-Joinville.

Lors de la constitution de la société de secours mutuels Assurance fraternelle de Joinville-Nogent, en octobre 1909, Denis en est le trésorier. Le président est Chéri Arnaud, industriel, alors conseiller municipal et futur adjoint au maire de Joinville.

En 1911, Marie Louise Moerman et Ambroise Denis sont installés tous deux à Joinville, mais dans des résidences séparées, elle rue du Cimetière, dans le quartier de Palissy, lui avenue Pauline, dans le quartier de Polangis. Leurs enfants sont recensés aux deux adresses.

Au cours de la première guerre mondiale, Ambroise Denis est mobilisé pour effectuer un service non armé, d’abord à Joinville-le-Pont puis à Vincennes. Il a cessé d’exploiter le restaurant, qui est repris par Nouyrit en 1915 et continue d’abriter des réunions d’associations et de formations politiques, socialistes et communistes. Après sa reprise par Masson puis par Raymond Vialatelle, l’établissement restera toujours un lieu important de la vie politique locale jusqu’en 1936.

Après-guerre, Ambroise Denis reprend son activité de tourneur sur bois. Il vit toujours en 1921 avenue Pauline, avec son frère aîné Henri, également tourneur sur bois. Puis il s’installe dans le centre-ville, avenue Molette où il est installé en 1931 et 1936. Il est sans emploi à cette dernière date.

Ambroise Denis meurt le 16 avril 1950 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il résidait probablement encore à Joinville.

Un autre établissement a porté le même nom, la Maison Denis, située rue Chapsal, dans le centre-ville de Joinville et accueillait également des réunions du parti socialiste SFIO entre 1927 et 1929. Elle était exploitée par Émile Denis, qui n’a pas de lien familial avec Ambroise Denis.

La Maison Denis, avenue Pauline à Polangis (Joinville-le-Pont)

 

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13 novembre 2022 7 13 /11 /novembre /2022 00:01

Théodore François Santerre (fils) naît le 8 février 1776 à Paris, paroisse Saint-Paul (act. Saint-Paul-Saint-Louis, 4e arr.). Il est le fils de Marie Marguerite Sallé et de son époux Théodore François Santerre (père), raffineur de sucre, domicilié à Bercy (Seine, act. Paris 12e arr.).

Pendant la Révolution française de 1789, son père et un de ses oncles, jouent des rôles politiques significatifs dans les instances républicaines. Son père est administrateur du département de Paris et officier municipal de la commune de Bercy (Seine, ac. Paris 12e arr.). Le général Antoine Joseph Santerre participe à la prise de la Bastille, commande une partie de la garde nationale à Paris et pendant la guerre de Vendée.

Comme son père, Théodore François Santerre (fils) est d’abord raffineur de sucre au Faubourg Saint-Marcel à Paris. Puis, en l’an 10 (1802), il est propriétaire de deux moulins sur le Pont-de-Saint-Maur, sur la Marne, dans le village qui porte le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Il exerce la profession de meunier, avec trois employés. À cette date, il a pour compagne une certaine Marie Claire selon les données du recensement.

Les moulins du Pont-de-Saint-Maur étaient construits sur deux étages et couverts de chaume. Ils reposaient sur les premières arches, rive droite. L’un d’eux, qui existait en 1553, était un moulin à blé, servant à moudre le grain. L'autre, daté de 1678, actionnait une machine hydraulique, dite pompe de Gourville ; elle avait notamment alimenté en eau, sous l’ancien régime, les jardins du prince de Condé, à Saint-Maur.

Dans le même village de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, Théodore François Santerre épouse en vendémiaire an 13 (octobre 1804) Marie Thérèse Opportune Dupuis, dont les parents marchand de bas. Parmi les témoins figure le général Santerre.

En septembre 1807, Théodore François Santerre vend les deux moulins du Pont-de-Saint-Maur à François Trotier, meunier. À partir de la même année, la famille vit à Paris puis, en 1814, à Bercy, lieu des activités de son père. En 1829 on le retrouve à Ivry (Seine, act. Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne), de nouveau raffineur de sucre, résidant route de Choisy. Il est fabricant de gélatine en 1837.

Théodore François Santerre meurt le 24 avril 1843 à Vaugirard (Seine, act. Paris 15e arr.). Il était âgé de 67 ans et père de cinq enfants.

À gauche, les deux moulins du Pont-de-Saint-Maur sur la Marne (actuel pont de Joinville) ; gravure du 17e siècle ; à droite, l’actuelle île Fanac (repr. Pouvereau)

 

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11 novembre 2022 5 11 /11 /novembre /2022 00:01

Théodore François Santerre père naît en 1753 à Paris, dans la paroisse Notre-Dame de Lorette. Il est le fils de Marie Claire et Antoine Santerre. Ce dernier, brasseur à Cambrai (Nord) est venu s’établir à Paris en 1747 où il acquiert de l’aisance. Il meurt en 1770, son épouse également et c’est la fille aînée, Marguerite, âgée de 20 ans, qui élève les quatre plus jeunes enfants, âgés de 11 à 17 ans, tandis que l’aîné, Baptiste, 19 ans, prend la suite du père à la tête de la brasserie de la rue Censier.

Théodore François Santerre épouse Marguerite Sallé en mai 1777 à l’église Saint-Étienne-du-Mont de Paris (act. 5e arr.). Il fonde à Essonnes, près de Corbeil (act. Essonne), une usine pour polir les glaces. Ensuite, il constitue une raffinerie de sucre rue Grange-aux-Merciers à Bercy (act. rue Nicolaï, Paris 12e arr.). Il réside à la Grand'Pinte, quartier de Bercy.

Pendant la Révolution française, trois des quatre garçons Santerre joueront un rôle politique : le second Antoine Joseph, qui sera général de division, le cadet Jean François, qui prit part à la prise de la Bastille et devint commandant de la Garde nationale ainsi que Théodore François lui-même.

Le 4 septembre 1792, Théodore François Santerre est secrétaire de l’assemblée des électeurs du canton de Vincennes.

Le 25 septembre 1792, Servan de Gerbey, ministre de la guerre, écrit à Jérôme Pétion de Villeneuve, président de la convention nationale, pour lui faire part de la situation militaire dans l’Est de la France. La communication entre Châlons (act. Châlons-en-Champagne, Marne) et les armées étant alors interceptée par les alliés coalisés contre la France révolutionnaire, le ministre se réfère aux informations transmises par le général Antoine Joseph Santerre à l’un de ses frères, qu’il désigne sous le prénom de François (qui peut être Jean François ou Théodore François). Il indique que, malgré la proximité de l'ennemi, les nouvelles « sont très bonnes. »

Théodore François Santerre n’est pas élu député à la Convention nationale mais devient administrateur du département de Paris le 9 janvier 1793. Il siège dans cette instance aux côtés notamment de Collot d’Herbois, président, Robespierre, vice-président et Marat. Ces trois derniers quittent rapidement l’assemblée locale et Jean Rousseau est nommé président. Santerre est chargé de préparer une adresse à la Convention sur les indemnités dues aux électeurs.

Il doit déposer comme témoin, le 18 ventôse, lors de l'instruction du procès des Hébertistes. Devant la cour, il conteste qu’il y ait eu des entraves au ravitaillement de Paris et dit ne pas avoir connaissance de menées suspectes dans sa commune. Un mandat d'arrêt est lancé contre lui par le conseil général de Bercy (conseil municipal) ; il est annulé par décret de la Convention, le 19 thermidor an 2.

En l'an 2, il est membre du comité de surveillance de la commune de Bercy (ultérieurement rattachée à Paris et, pour partie, à Charenton-le-Pont) et devient officier municipal (adjoint au maire). Théodore Santerre est, avec le commandant de la garde nationale de Bercy, un des partisans de la déchristianisation en brumaire an 2. Mais son projet d'adresse à la Convention pour y porter l'argenterie de l'église, est repoussé par l'assemblée générale des électeurs de Bercy. Ses partisans ont affaire à des citoyennes qui les poursuivaient à coups de parapluie selon l’historienne Raymonde Monnier.

Pour ne pas pouvoir être accusé d’être un accapareur de sucre, Santerre cesse de raffiner cette denrée et devient fabricant de salpêtre en l’an 3. Il reviendra ensuite à sa production initiale.

Au printemps an 12 (1804), Théodore François Santerre rachète à sa famille le manoir de Beauchery (act. Beauchery-Saint-Martin, Seine-et-Marne). Il exploite le domaine en tant qu’agriculteur.

Théodore François Santerre père meurt le 2 mai 1835 à Beauchery, dans son château de La Tour. Il était âgé de 82 ans et père de cinq enfants. Son deuxième fils, qui se prénommait également Théodore François, fut meunier à Joinville-le-Pont.

Le général Antoine Joseph Santerre, frère de Théodore François Santerre (père).

 

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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 00:01

Louis Nectoux naît le 5 octobre 1857 au Creusot, Saône-et-Loire. Il est le fils de Philiberte Pernin et de son époux Joseph Nectoux, ouvrier mouleur, qui vivent dans le quartier des Alouettes. Le père ne sait pas signer.

Devançant son service militaire, Louis Nectoux s’engage dans l’armée pour cinq ans en mai 1876, toujours au Creusot. Il est affecté au dans l’infanterie au 13e régiment de Ligne. Démobilisé en septembre 1880, il effectue deux périodes de réserve en 1883 et 1884 puis est réformé définitivement en mai 1886 après la découverte d’une « bronchite suspecte. »

Alors employé et résidant alors cité Griset à Paris (11e arr.), Louis Nectoux épouse dans cet arrondissement en juillet 1886 Marguerite Michel, mécanicienne et fille de tailleurs.

Au cours des années 1890, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, sur la rive gauche de la Marne.

Marguerite Nectoux est, en 1903-1904, membre de la section de Joinville de la société de l’Allaitement maternel, principale association humanitaire locale, qui compte alors 76 membres, dont 71 femmes. Une grande partie des épouses ou filles de personnalités politiques locales y adhèrent, à l’image de sa présidente Jeanne Bitterlin. Elle est une des trois visiteuses de l’organisation, se rendant au domicile des jeunes mères sollicitant une aide.

Pour sa part, Louis Nectoux s’engage dans l’action politique. C’est très probablement lui qui figure parmi les trois orateurs de la réunion publique organisée en mai 1902 par Pierre Dalbavie, tailleur d’habits, conseiller municipal et responsable conservateur dans la commune, en faveur de Léon Fatoux, candidat nationaliste à l’élection législative. Sous l’égide de La Patrie française, mouvement boulangiste, Maitrot, Nectoux et Maignier auraient « exécuté comme il convenait l’ignoble équipe gouvernementale, les agissements des sectaires francs-maçons, des dreyfusards et des sans-patrie » selon la presse qui rend compte de la rencontre, et auraient conclu la séance aux cris de « ‘Vive la Patrie ! Vive la République nationale ! Vive la liberté ! »

En 1904, sous le pseudonyme de « Paul Angis », Nectoux collabore au journal le Travailleur français, publié dans le canton de Saint-Maur. Il attaque, en février 1908, la décision, prise en avril l’année précédente, de retirer la croix du cimetière communal. Le maire, Eugène Voisin (radical-socialiste) lui répond que c’est en application de la loi du 9 décembre 1905 que les conseillers municipaux ont décidé à l’unanimité de supprimer tout emblème religieux. Son adjoint, Georges Briolay, également radical-socialiste, propose de « céder gratis » ladite

Chroniqueur dans le Républicain libéral, autre organe conservateur dans le même canton en 1908 assure, en février 1908 n’être pas « réfractaire aux idées de progrès ». Critiquant la liste du comité radical-socialiste, qui soutient le maire, il tente de mettre en place, en mars 1908, sa propre liste pour les élections municipales. Il échoue cependant à trouver un terrain d’entente avec le comité socialiste évolutionniste, composé notamment d’anciens socialistes et de radicaux dissidents, et n’est pas candidat. La liste Voisin emporte 21 des 23 sièges à pourvoir, un socialiste évolutionniste et un indépendant complétant le tableau.

Devenu ingénieur des Arts et Métiers et comptable, Nectoux quitte Joinville et s’installe boulevard Voltaire à Paris (11e arr.). Il remplace en 1917 le chef du service commercial de la Société d'électrochimie et d'électrométallurgie d'Ugine (Savoie), qui est mobilisé pour la première guerre mondiale. Après la fin du conflit, il représente l’usine dans l’Ouest de la France et s’établit à Nantes où il réside, en 1926, à l’angle de l’avenue Botrel et de l’avenue des Orphelins. Il prend sa retraite en 1932.

Louis Nectoux meurt le 18 mars 1941 à Nantes, âgé de 83 ans. Il est inhumé sur place puis, en février 1944 exhumé ; les archives de Nantes ne précisent pas sa nouvelle sépulture.

Les époux Nectoux ne semblent pas avoir eu d’enfant ; ils adoptent cependant et élèvent André Henri Marie Belleuvre (1919-2008), fils d’une sœur de Louis Nectoux.

L'usine d'Ugine

 

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 00:01

Honoré Jean Genevay naît le 26 novembre 1888 à Villeurbanne (Rhône, act. Lyon métropole), Il est le fils d’Anne Félicie Parret, enjoliveuse, et de son époux Aimé Genevay, passementier. Ils vivent cité Delassalle.

Alors employé de commerce, Honoré Genevay devance son service militaire et s’engage dans l’armée pour trois ans en décembre 1906 à Lyon. Il est affecté au 19e escadron du train des équipages, où il est promu brigadier en juillet 1907, brigadier-fourrier en septembre la même année puis maréchal des logis un an après. Démobilisé en décembre 1909, il devient dans la réserve sergent-major, chef du train régimentaire du 157e régiment d’infanterie.

Quittant la région lyonnaise pour celle de Paris, Honoré Genevay vit d’abord à Paris (11e arr.), boulevard Voltaire puis s’installe, avec son père, en 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis. Il est devenu comptable et épouse en juin 1914 à Paris (6e arr.) Jeanne Marie Lidie Cabour, modiste ; ils s’installent à Joinville.

Son père, vénérable d’une loge maçonnique en 1911, possède une petite usine à Joinville de fabrication de sommiers et literie, mais fait faillite en 1923.

Pendant la première guerre mondiale, Genevay est mobilisé au sein du 159e régiment d’infanterie puis du 14e régiment de tirailleurs et sert comme sergent-major. Son comportement lui vaut une citation à l’ordre du régiment en novembre 1917 : « Sous-officier très dévoué. Pendant la période du 15/08 au 28/10/1917, a assuré le ravitaillement des compagnies de premières lignes, sans se laisser arrêter ni par les bombardements violents, ni par les gaz toxiques ». Il sort du conflit blessé, avec de plaies multiples de la face, suite à une chute de cheval.

Après le conflit, Genevay est fabricant de literie en 1921. La famille est installée avenue du Château, voie qui sera renommée plus peu après avenue Foch, toujours à Polangis. En 1926, il est employé commercial dans la firme cinématographique Pathé, installée à Joinville-le-Pont dans le même quartier. À partir de 1931, il est artisan tapissier et son épouse l’accompagne comme matelassière.

À l’occasion des élections municipales de mai 1929, Genevay se porte candidat sur la liste de Concentration des gauches, conduite par Georges Briolay, qui comprend des radicaux-socialistes, des socialiste indépendants et des membres du parti socialiste SFIO. Elle arrive en tête au premier tour, avec 42,8% des suffrages exprimés devant le maire sortant, Stephen Durande (droite) à 38,8% et les communistes (18,4%). Au second tour, les gauches emportent 22 des 27 sièges à pourvoir en obtenant 45,9%, les conservateurs ayant les cinq autres avec 41,6% tandis que le PCF n’a pas d’élu (12,5%). Au premier tour, Genevay avait obtenu 749 voix pour 1 715 suffrages exprimés (43,7%) sur 2 491 inscrits. Il est élu au second tour et Briolay devient maire.

Au sein du conseil municipal, si Genevay figure dans la majorité solidaire du maire, il se prononce cependant en juin 1929 contre le changement d’appellation de la rue du Cimetière qui devient, sur proposition du premier adjoint socialiste, Georges Roger, rue de l’Égalité.

Dans la ville, Genevay prend une part active à la vie locale. Il est entre 1934 et 1938, président de la commune libre de Polangis, structure d’animation du quartier. Il est administrateur de la caisse des écoles en 1935. Représentant sa commune, il est désigné en août 1934 membre de la Commission administrative de l'hôpital intercommunal de Créteil. Il fait également partie en mars 1933 des initiateurs d’une Mutuelle de l'Union fraternelle d'anciens combattants de Joinville-le-Pont, présidée par Henri Fraissange.

La vie municipale est agitée, le parti socialiste SFIO retirant son appui à la municipalité. Un accord électoral avec les libéraux et conservateurs permet la conservation de la majorité lors d’élections municipales partielles en octobre 1934, mais la rupture de cette alliance conduit à une compétition élargie pour les élections municipales de mai 1935.

Pour cette échéance, Genevay est élu en avril 1935 vice-président du Groupement des gauches républicaines, présidé par le radical Gabriel Vélard et qui comprend aussi des socialistes indépendant, dont l’adjoint au maire sortant, Roger, dissident de la SFIO.

Il participe avec le maire à la liste qui revendique au bilan de la municipalité d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement. Elle concède avoir dû augmenter les impôts, mais assure qu’il s’agit de charges imposées à la commune (contingent d’incendie, indemnités de chômage, moins-values sur les recettes).

La liste radicale obtient 26,8% au premier tour, largement devancée par l’Union des républicains (droite, 32,6%) et talonnée par les communistes (23,5%), qui fusionnent entre les deux tours avec les socialistes SFIO (12,3%). La droite, avec 40% et 25 sièges, devance légèrement la gauche communiste et socialiste (39,7%, 2 élus), tandis que les radicaux sont distancés (19,5%, pas d’élu).

Honoré Genevay, qui est alors artisan tapissier, a obtenu 791 voix pour 2 856 suffrages exprimés (27,7%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits au premier tour. Il est crédité au second tour de 607 voix pour 2 899 suffrages exprimés (20,9%) sur 2 924 votants.

Honoré Genevay meurt le 4 février 1942 à Joinville. Il était âgé de 53 ans et père de trois enfants, dont deux morts très jeunes. Décoré de la Croix de guerre, il était également titulaire des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis février 1939. Son père, qui l’avait rejoint à Joinville en 1934, meurt sur place trois mois plus tard.

Le pont de Joinville en 1939

 

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 00:01

Aimé Genevay nait le 27 novembre 1864 à Lyon (5e arr.). Il est le fils de Jeanne Genevay, épouse d’Alexis Vergnais, cultivateur à Collonges-au-Mont-d’Or (Rhône). Il naît chez une sage-femme de la rue Saint-Jean, qui effectue la déclaration à l’état-civil sous le nom de Vergnais. Cependant, le mari de sa mère ne le reconnaît pas. En mai 1865, une ordonnance du tribunal civil du Rhône le déclare « étranger à Alexis Vergnais » et à sa famille ; il doit alors porter le nom de Genevay.

Après la mort de son beau-père en octobre 1875, étant le fils d’une veuve, Aimé Genevay effectue un service militaire d’un an à partir de novembre 1885 dans l’infanterie au 96e régiment de Ligne.

Il est passementier et vit ensuite entre Villeurbanne et Lyon. Il épouse en décembre à Lyon (6e arr.) Anne Félicie Parret, enjoliveuse. Cette dernière reste cependant vivre à Lyon tandis qu’Aimé Genevay s’installe à Paris (11e arr.), boulevard Voltaire. Ils divorceront en mars 1920.

En janvier 1911, Aimé Genevay est le vénérable de la loge maçonnique Étienne-Marcel, rattachée au Grand-Orient de France, basée chez lui, boulevard Voltaire. Il organise la tenue solennelle d’installation en présence de l’industriel Georges Bouley, président du conseil de l’Ordre. Il est également actif dans L'Union Amicale de Solidarité, structure parallèle qui permet d’organiser des banquets et sert pour l’action laïque.

Il est, en juin 1914, représentant de commerce, et toujours franc-maçon, membre de la loge L’Évolution économique.

Après-guerre, Aimé Genevay exploite la société Genevay et Cie, en association avec Marcel Senac. Elle fabrique des sommiers et de la literie avec un magasin rue Charlemagne à Paris (4e arr.), et une usine à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis où ils s’est installé.

L’entreprise fait faillite et janvier 1923 mais la procédure se termine par un concordat en novembre la même année et Aimé Genevay, qui se présente comme industriel et s’est installé rue du Trésor à Paris (4e arr.), se remarie dans cet arrondissement avec Fernande Adèle Coppé en août 1924.

Aimé Genevay meurt le 18 mai 1942 à Paris (12e arr.), où il était hospitalisé faubourg Saint-Antoine. Il était âgé de 77 ans et de nouveau domicilié à Joinville, dans l’ancienne résidence de son fils, mort sur place trois mois plus tôt. Il s’y était installé en 1934, sans sa seconde épouse.

Une guinguette à Joinville-le-Pont

 

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3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 00:01

Jules Édouard Roiné naît le 24 octobre 1857 à Chantenay-sur-Loire (Loire-Inférieure, act. Nantes, Loire-Atlantique). Il est le fils de Julienne Marie Brizé, revendeuse, et de son mari Julien Roiné, tailleur de pierres ; ce dernier ne sait pas signer.

Selon le quotidien Le Siècle, Édouard Roiné montre ses talents artistiques en sculptant des sabots dans son village natal. Après une formation en dessin auprès du peintre Alexandre-Jacques Chantron à Nantes, Roiné travaille dans l’atelier de sculpture de Léopold Morice (1843-1920), auteur notamment du Monument à la République, situé au centre de la place éponyme à Paris. En 1881, Édouard Roiné entreprend un voyage aux États-Unis et s’installe à New-York. Il travaille à la décoration d’églises et de salles de spectacle. À partir de 1886, il rencontre des sculpteurs new-yorkais, dont les frères Henri et Félix Weil, avec lesquels il se lie.

Pour améliorer sa technique artistique, Roiné effectue des expériences chimiques. Il s’intéresse à la commercialisation du courant électrique, qui débute en 1889, et s’initie à l’électro-galvanisation. Il en est le pionnier en Amérique, produisant sa première plaque commémorative en 1894 à l’effigie de sa modèle, Marguerite Delpech.

La même année, Édouard Roiné rentre en France, réside d’abord à Paris rue Vauquelin puis à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), rue du 14-Juillet. Il a pour compagne Agathe Bergeron, avec laquelle il a eu une fille, Alice, née à New-York en 1886. Il se spécialise dans la gravure en médailles.

Signature de Roiné

Exposant pour la première fois au Salon des artistes français en 1895, il y participe ensuite régulièrement. Il est membre de la Société des artistes français. Il reçoit une mention honorable en 1897, une médaille de deuxième classe en 1898 puis une médaille de première classe en 1900. La même année, il est récompensé d’une médaille d'or lors de l’Exposition universelle de Paris pour L'Aurore du XXe siècle, bas-relief en plâtre dont une édition en bronze argenté est exposée au Metropolitan Museum of Art de New-York tandis que l’original est au musée du Luxembourg, à Paris.

De retour en Amérique en 1904, Édouard Roiné vit à New-York, d’abord dans la 37e rue, puis dans la 23e. Il s’associe avec les frères Weil en formant la Medallic Art Company qui deviendra en 1908 la Roiné, Weil and Company. Devenu membre du Salmagundi club de New-York en 1906, Roiné adhère à la National sculpture society de New-York et à l’American Numismatic Society en 1908. Il participe aussi à l’Architectural League of New-York.

Avec les frères Weil et deux amateurs d’art américains, Charles DeKay et Robert Hewitt Jr., il constitue en 1909 le Circle of Friends of the Medallion (cercle des amis de la médaille), qui comprendra environ 400 membres, dont l’inventeur Alexander Graham Bell, le banquier J. Pierpont Morgan ou des personnalités politiques et des sculpteurs.

Après son retour, sa première réalisation est la décoration de l’église épiscopalienne Grace church de Manhattan. À partir de 1905, Roiné réalise la statue qui orne le palais de justice du Bronx (Borough Courthouse), intitulée Lady Justice qui sera terminée en 1915. Il est chargé de faire une plaque commémorative en l’honneur de l’ancien président Abraham Lincoln pour le centenaire de sa naissance en 1909.

Roiné expose en 1908 lors du salon d’hiver de la National Academy of Design à New-York puis en 1913 à l’exposition d’art moderne Armory Show, toujours dans la même ville. Ses travaux aux États-Unis lui valent d’être présenté comme « un des grands médailleurs du monde. »

Atteint de la maladie de Bright (insuffisance rénale), Édouard Roiné doit cesser l’essentiel de sa production artistique et rentre en France définitivement probablement en 1913. Il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Sa fille Alice avait épousé Paul Rousseau, qui deviendra procureur de la République à Valenciennes (Nord). Il est le fils du docteur Henri Rousseau et de son épouse, l’écrivaine Léonore Rousseau. Le médecin dirige l’institution du Parangon, installée dans un vaste parc, rue de Paris à Joinville, qui est devenue une école pratique coloniale. Jules Roiné participe à la distribution des prix aux élèves de l’école en été 1913 et 1914. Il est également membre du jury du Salon de Artistes français.

Jules Édouard Roiné meurt le 11 avril 1916 à Joinville. Il était âgé de 58 ans.

La médaille commémorative d'Abraham Lincoln, réalisée par E. Roiné

 

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1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 00:01

Ernestine Léontine Camus naît le 17 mars 1870 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Ses parents exploitent une charcuterie dans cette ville, boulevard de Créteil, et résident dans la commune voisine de Saint-Maurice, Grande-Rue.

En mai 1891, elle épouse, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, Émile Baptiste Lecuirot, comptable. Ils installent à Joinville, dans le quartier du Centre, d’abord rue de Paris puis rue du Pont, ensuite villa Rousseau et enfin dans le quartier de Polangis avenue du Château (act. avenue Foch).

Son mari, devenu directeur d’agence bancaire, sera également le dirigeant d’un important club sportif basé à Joinville, la Société nautique de la Marne, ainsi que le responsable d’un groupement des formations de droite et conseiller municipal de la ville (1929-1934).

Comme un nombre important d’épouses de notables joinvillais, Ernestine Léontine Lecuirot devient, en janvier 1901, une des visiteuses de la Société de l’allaitement maternel. C’est une association humanitaire laïque, dont la section de Joinville est particulièrement active. Sa belle-mère est également adhérente. Elle est alors présidée par Jeanne Bitterlin, épouse d’un médecin et homme politique local.

Cette dernière, en conflit avec le comité directeur de Paris et une partie du conseil d’administration de la section, s’en sépare et constitue en mai 1913 l’Union des mères de Joinville-le-Pont, qui prendra ultérieurement le nom de Mutualité maternelle. Ernestine Léontine Lecuirot est la vice-présidente de la nouvelle association en décembre 1918. Du fait de la première guerre mondiale, elle a étendu ses services aux orphelins, veuves de guerre et réformés pour tuberculose, soit 30 familles secourues en 1918.

En 1939, une propriété à Saint-Maurice, qu’Ernestine Léontine Lecuirot avait héritée de ses parents, est expropriée pour permettre d’assurer la liaison entre le boulevard de Gravelle, dans le Bois de Vincennes, et la ville de Saint-Maur-des-Fossés.

Ernestine Léontine Lecuirot meurt le 12 mars 1941 à Joinville. Elle était âgée de 70 et mère de deux enfants. Son fils, Émile Lecuirot, devint entre les deux-guerres champion d’Europe d’aviron et fut, à deux reprises, sélectionné pour les Jeux olympiques en 1928 et 1936. Le gymnase des quartiers de la rive gauche de la Marne, à Joinville, a été baptisé de son nom en 1982.

Gymnase Lecuirot à Joinville-le-Pont

 

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 01:01

Simone Marguerite Lahaye naît le 11 janvier 1906 à Reims (Marne). Elle est la fille de Marie Léonie Lobry, lingère, née à Bruxelles (Belgique) et de son compagnon Édouard Théodore Lahaye, ouvrier boulanger, qui la reconnaît. Ses parents se marient à Reims en janvier 1907.

Pendant la première guerre mondiale, son père est mobilisé dans une section de commis et ouvriers. Il est condamné pour « désertion à l’intérieur en temps de guerre » par le 2e conseil de guerre le 21 septembre 1917 ; du fait que des circonstances atténuantes lui sont accordées, sa peine est limitée à deux mois de prison.

À la fin de ses obligations militaires, en février 1919, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Gille, dans le quartier de Palissy ; ils s’installent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue Arago. Le père est toujours boulanger puis sera manœuvre, la mère est lingère et nourrice.

Simone Lahaye fait un apprentissage en tant que dactylographe et devient ensuite ouvrière dans une usine. En avril 1926, elle épouse à Joinville Jean Savu ouvrier ébéniste, syndicaliste et militant du parti communiste qui vivait dans la même ville, quai Moisson (act. quai Gabriel-Péri). Ils s’installent après leur mariage dans la commune voisine de Champigny, avenue d'Alsace-Lorraine, rue Diderot puis rue de Port-Arthur (act. Eugène-Pottier).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Jean Savu s’engage comme résistant à l’occupation allemande dans les Francs-Tireurs et Partisans, mouvement clandestin proche du parti communiste. Arrêté en juillet 1943 par la police française, il est condamné à mort le 15 octobre par un tribunal allemand et fusillé le 23 octobre de la même année au Mont-Valérien à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Son épouse est la destinatrice d’une de ses deux dernières lettres, datée du 23 octobre : « Ma pauvre petite chérie, Je viens d’apprendre la triste nouvelle : nous avons été condamnés à mort le 15 courant et apprenons aujourd’hui que nous allons être exécutés à midi. Ma Simone chérie, écoute ma prière : je t’en supplie, sois courageuse. Le seul regret que j’emporterai dans la tombe, c’est de te faire de la peine en te quittant. Tu ne méritais pas cela. Tu m’as rendu très heureux et t’en remercie. Si tu savais comme je t’aimais. Je n’ai pas toujours su te le faire comprendre malheureusement. Surtout ma petite chérie, soit forte et élève bien Jeannot. Fais-en un homme comme je l’ai été et qu’il n’oublie jamais son Papa et pourquoi il est mort, pour sa Patrie et pour son Parti. Je te lègue notre petit avoir. Cette lettre te suffira, je l’espère, pour aplanir les difficultés qui pourraient survenir, mais je crois que la Patrie ne vous abandonnera pas. C’est ton image, ma Simone, que je verrai au dernier moment et je saurai mourir courageusement, crois-moi. (…) Je finis cette lettre, la dernière, en te bénissant. Je t’aimais tant. »

Après-guerre, Simone Savu témoigna par écrit des violences faites à son mari et porta plainte selon les historiens Annie et Claude Pennetier, témoignant qu’il avait « été violemment frappé à coup de nerf de bœuf par les inspecteurs de la BS2 », les policiers français qui l’avaient interpellé. Elle est adhérente du parti communiste, dans une cellule de Champigny qui porte le nom de « Jean Savu ». Selon l’historien Paul Boulland, elle est candidate aux élections municipales de sa commune en mai 1945 et novembre 1947 sur la liste d’Union républicaine et résistante, soutenue par les communistes. Il y voit la volonté du PCF de « valoriser des figures au fort pouvoir d’évocation symbolique », remarquant qu’une autre veuve de fusillé est également présentée à Joinville (Juliette Derrien). La fille d’un autre fusillé campinois, Taravella, figure également sur les mêmes listes les deux années.

Les archives de la fédération communiste, consultées par Paul Boulland, contiennent ces appréciations de deux responsables de la section « bonne camarade, veuve d’un fusillé, mère d’un enfant en bas âge, candidate sur la liste de notre Parti à Champigny » et « Pas très forte politiquement étant au Parti depuis la Libération. Camarade très dévouée. »

Si Simone Savu n’est pas élue à l’issue des scrutins de 1945 et 1947, elle intègre le conseil municipal de Champigny en avril 1951, remplaçant une démissionnaire. Elle est réélue toujours sur les listes communistes, en mai 1953, en juin 1959 puis en mars 1965. Pendant toute la durée de son mandat, le maire de la commune est le communiste Louis Talamoni, élu de 1950 à 1975.

En mai 1960, Simone Savu, qui réside toujours à Champigny, avenue Guy-Môquet, se remarie avec Georges Mesnard, ancien résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale et également conseiller municipal de Champigny. En application du code électoral, il dut démissionner de son mandat après leurs épousailles.

Simone Mesnard meurt le 18 février 2001 à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), où elle était probablement hospitalisée. Elle était âgée de 95 ans et avait eu au moins un enfant de son premier mariage, dénommé également Jean Savu.

Portrait de Jean Savu, époux de Simone Savu [ph. Maitron]

 

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28 octobre 2022 5 28 /10 /octobre /2022 00:01

Jean Savu naît le 11 juin 1904 à Montreuil-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Louise Marie Boussard, et de son époux, Jean Savu, ébéniste, qui vivent rue de la République.

Sa mère est couronnière, c’est-à-dire confectionneuse de couronnes mortuaires avec des perles enfilées sur du fil-de-fer. Son père est natif en 1874 de Bucarest (royaume de Hongrie, act. Roumanie) et est ébéniste. Il obtient (pour son fils aussi) la nationalité française en mai 1910. Pendant la première guerre mondiale, Jean Savu père est réformé à cause de sa surdité.

À partir de 1910, la famille, qui compte six enfants, est installée à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Jean Savu est, comme son père, ébéniste en 1921. En 1926, il est installé dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, quai Moisson (act. quai Gabriel-Péri), dans le quartier de Palissy. Il épouse dans cette commune, en avril 1926, Simone Lahaye, ouvrière, qui vivait dans le quartier voisin de Polangis.

L’usine de meubles dans laquelle il travaille, sise avenue Racine, à Joinville, prend feu en 1933. En juillet, le conseil général lui accorde un secours de cent francs du fait que l’incendie l’a réduit au chômage pendant une période. Il s’est alors installé de nouveau à Champigny.

Selon les historiens Annie et Claude Pennetier, Jean Savu est en 1930 membre du parti communiste et recevait du matériel de propagande destiné à des communistes italiens avec qui il était en contact. Il était également inscrit à l’Amicale sporting club de Champigny, club affilié à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Jean Savu fait partie de l’Organisation spéciale, mouvement clandestin créé par le parti communiste qui intègre ensuite les Francs-Tireurs et Partisans. D’après A. et Cl. Pennetier, Jean Savu est le responsable technique de la section des FTPF de Champigny. Il gère notamment une machine de reprographie (ronéo) à main installée dans le pavillon de Simone Lambre à Champigny.

Arrêté en juillet 1943 par la police française dans l’atelier d’Auguste Taravella, autre résistant communiste campinois, il est porteur d’un tract intitulé Défense de la France et de deux certificats de recensement en blanc et une copie du cachet humide de la mairie de Montreuil. Il est Interné à la prison de la Santé (Paris, 14e arr.). Lors d’une visite dans cette prison, son épouse témoignera que Jean Savu « a été violemment frappé par des inspecteurs de la BS2 [Brigade spéciale no 2] à coups de nerf de bœuf sur les reins ». Il est ensuite transféré à celle de Fresnes (Seine, act. Val-de-Marne).

Il est condamné à mort le 15 octobre par le tribunal allemand du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (Paris, 8e arr.) pour « activité en faveur de l’ennemi ». Il est fusillé à 12 h 41 en même temps que vingt autres personnes le 23 octobre de la même année au Mont-Valérien à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), Jean Savu et trois autres fusillés campinois (Pierre-Marie Derrien, Maurice Pirolley et Augustin Taravella) furent transférés le 2 décembre 1944 au cimetière de Champigny-sur-Marne.

Par décret du 28 décembre 1945, il avait été nommé, à titre posthume, officier dans l’armée de terre au grade de sous-lieutenant. Un autre décret, le 6 novembre 1960, lui octroie la dignité de chevalier de la Légion d’honneur. Une rue du quartier du Tremblay, à Champigny, reliant les avenues du Général de Gaulle et Pierre-Brossolette, est baptisée « Jean-Savu ». Son nom figure sur les monuments aux morts de Champigny ainsi que sur celui du Mont-Valérien. Il figure également sur une plaque au sein de la Bourse du Travail de Paris « À la Mémoire des dirigeants de Syndicats tombés dans les combats contre le nazisme pour la libération de la France - Lorsqu'on ne tuera plus ils seront bien vengés et ce sera justice - Paul Éluard. »

Le matin de son exécution, Jean Savu a écrit deux lettres. Une à son frère Louis et l’autre à son épouse Simone, qui l’a publiée : « Fresnes, le 23 octobre 43. Ma pauvre petite chérie, Je viens d’apprendre la triste nouvelle : nous avons été condamnés à mort le 15 courant et apprenons aujourd’hui que nous allons être exécutés à midi. Ma Simone chérie, écoute ma prière : je t’en supplie, sois courageuse. Le seul regret que j’emporterai dans la tombe, c’est de te faire de la peine en te quittant. Tu ne méritais pas cela. Tu m’as rendu très heureux et t’en remercie. Si tu savais comme je t’aimais. Je n’ai pas toujours su te le faire comprendre malheureusement. Surtout ma petite chérie, soit forte et élève bien Jeannot. Fais-en un homme comme je l’ai été et qu’il n’oublie jamais son Papa et pourquoi il est mort, pour sa Patrie et pour son Parti. Je te lègue notre petit avoir. Cette lettre te suffira, je l’espère, pour aplanir les difficultés qui pourraient survenir, mais je crois que la Patrie ne vous abandonnera pas. C’est ton image, ma Simone, que je verrai au dernier moment et je saurai mourir courageusement, crois-moi. J’écris également à Louis car nous avons droit à deux lettres. Je vous confie, toi et mon cher petit Jeannot, à lui. Il saura, j’en suis sûr faire son devoir. Dis aussi, ma poulette, à tous les amis, que je leur envoie ma dernière pensée, surtout à Mr et Mme Bazin et tous les autres. Je vais terminer, mon amour, en te demandant pardon de te causer de la peine. Embrasse pour moi ma mère : elle va avoir aussi beaucoup de chagrin mais ce n’est que toi qui comptais pour moi, ma Simone et je finis cette lettre, la dernière, en te bénissant. Je t’aimais tant. Ton Jean. (Je suis avec Louis Noger, il partage mon sort.) »

Portrait de Jean Savu [Société d’histoire de Champigny]

 

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