Pierre Eymas naît le 25 décembre 1874 à Campugnan (Gironde) ; il se fera ensuite appeler Henri. Il est le fils Marguerite Élie et de son époux, Jean Eymas ; ses parents sont cultivateurs dans le village de Sabaron.
En 1895, Henri Eymas est recruté par l’administration des Postes comme commis surnuméraire et affecté au bureau de Blaye (Gironde).
Ajourné en 1895 pour faiblesse, il est finalement déclaré bon pour le service militaire en 1896 et part, en novembre au sein du 2e régiment de génie pour une campagne de deux ans en Algérie. À son retour en octobre 1898, il est affecté au bureau de Montargis (Loiret), où il devient commis titulaire. Peut-être est-ce lors de son séjour sur les bords de Loire qu’il rencontre Marie, originaire d’Ouzouer-sur-Loire (Loiret), présentée ensuite comme son épouse.
Rejoignant la région parisienne, Henri Eymas devient en 1903 commis à la Poste centrale de Paris. Il est probablement mobilisé pendant la première guerre mondiale avec une affectation spéciale auprès des Postes.
Après le conflit, il est nommé contrôleur à Paris en 1920 puis contrôleur principal, dans le 16e arrondissement, en 1927. C’est peut-être son expérience du contrôle qui lui vaut d’être désigné comme receveur du bureau de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En effet, le receveur titulaire, Paul Mourlam, puise depuis 1926 dans la caisse du bureau pour jouer aux courses ; il est arrêté en septembre 1928 après la découverte d’un trou de 300 000 francs dans sa comptabilité.
Le vieux bureau de Poste du quai du Barrage (anc. quai Beaubourg), jugé depuis longtemps trop petit, est remplacé en août 1930 par un nouvel hôtel des Postes situé en face de la mairie, rue de Paris. En 1931, M. Eymas est un des lauréats du concours lancé par le Touring-Club de France destiné à récompenser les receveurs « qui se sont distingués par l'excellente tenue des bureaux dont ils ont la direction. »
Des cambrioleurs s’attaquent, de nuit en novembre 1932, au nouvel établissement. Les deux coffres installés dans le bureau du receveur vont cependant résister à leurs trois heures de tentative au chalumeau et les voleurs repartent, juste avant l’arrivée de la police, avec un butin de dix-neuf sous (moins d’un franc) et quelques timbres.
Parallèlement à son activité professionnelle, Henri Eymas est percepteur de l’association Amicale des PTT, société de secours mutuels. Il prend sa retraite en juillet 1934 et est alors remplacé par François Alphonse Renom.
Pierre Eymas meurt le 24 décembre 1955 à Joinville-le-Pont, veille de ses 81 ans. il était titulaire de la médaille de bronze de la mutualité depuis septembre 1932. Peut-être a-t-il eu un fils.
Marie Alexandrine Troussard naît le 29 octobre 1851 à Montmartre (act. Paris 18e arr.). Elle est la fille de Marie Alexandrine Paris et de Jean Mathurin Troussard.
Devenue employée des Postes et télégraphe en 1876, elle est receveuse de bureaux de poste de petite dimension, d’abord à Roissy (peut-être Roissy-en-France, Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise ou Roissy-en-Brie, Seine-et-Marne), où elle est signalée en 1883, puis à Gonesse, en 1888.
Elle épouse à Paris (4e arr.) en août 1888 Alfred Henri Girod, instituteur à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). En 1896, Marie Alexandrine Girod devient la troisième femme d’affilée à diriger le bureau de poste de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle prend la succession d’Antonine de La Chassaigne de Sereys, veuve Potrolot de Grillon, épouse Broutta, qui le dirigeait depuis 1865.
Un sac de dépêches à destination du bureau de Saint-Mandé ayant été repêché à Joinville dans la Marne, en novembre 1900, Mme Girod est entendue à titre de renseignements par le commissaire de police.
Une sanction est prise en 1903 à l’encontre de Mme Girod qui est d’abord mutée à Rosny-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en octobre puis rétrogradée comme dame employée à la direction de la Caisse nationale d’épargne, officiellement « sur sa demande ». Sa situation est évoquée, en mars 1906, à la Chambre des députés par Gustave Rouanet, journaliste et député socialiste SFIO de Paris. Il interpelle le sous-secrétaire d’État aux Postes et télégraphe, Alexandre Bérard sur sa situation : « Mme G..., receveuse des postes à Joinville-le-Pont, a été déchue de son emploi sans même passer au conseil de discipline, sans avoir eu connaissance du rapport et des dénonciations qui ont provoqué sa rétrogradation. »
L'Union des dames de la Poste reprend l’interpellation, souhaitant que le personnel soit désormais représenté au sein des conseils de discipline et qu’il soit permis aux agents, lorsqu'ils sont l’objet d’une accusation, à se disculper devant le conseil de discipline.
En octobre 1906, Marie Alexandrine Girod se voit accorder une retraite anticipée pour « infirmités. »
Probablement est-ce son mari qui, tout en continuant son métier d’instituteur, adhère en 1906 à la Société Botanique de France, y présente en novembre un Essai de vulgarisation de la botanique, devient membre fondateur de la Société des amis de l'arbre et édite un ouvrage sur Les Arbres. Il est décoré comme chevalier du Mérite agricole en février 1913.
Lors du mariage de leur fils, en septembre 1915, les époux Girod vivent à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne). Lui est âgé de 59 ans et elle de 64. L’unique enfant du couple, Marcel Louis Girod, rédacteur à l’Agence Havas (act. Agence France-Presse, AFP), est adjudant dans l’infanterie lorsqu’il meurt de blessures de guerre à l’hôpital de Beauvais (Oise) en avril 1918.
La date de décès de Marie Alexandrine Girod n’est pas connue.
Photo du bureau de poste de Joinville vers 1900, avec deux facteurs, trois employés aux fenêtres et probablement Mme Girod sur le trottoir
Marie Marguerite Angèle Pagès naît le 8 janvier 1877 à Uchaud (Gard). Elle est la fille de Marie Adèle Balmayer et de Jean Antoine Pagès.
En novembre 1896 à Anduze (Gard), elle épouse Julien Bonnal, employé des Postes. Ils rejoignent la région parisienne où Julien Bonnal travaille au service du télégraphe, tandis que Marguerite Bonnal est d’abord employée au bureau Paris central à partir de 1898 puis, en 1906, à la direction de la Caisse nationale d’épargne.
Elle est nommée en mai receveuse du bureau de Moisselles (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise), village de 700 habitants puis en août 1909, elle est transférée au bureau Sarcelles (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise), commune de près de 2 800 habitants. Elle y reste jusqu’en 1923.
En décembre 1923, Marguerite Bonnal est nommée receveuse du nouveau bureau de poste créé pour Polangis et Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Les deux quartiers sur la rive gauche de la Marne ont connu un rapide développement et comptent, en 1926 près de 6 000 habitants, soit plus de la moitié des résidents communaux. Le bureau est fréquenté également par une partie des habitants de Champigny, le territoire de Polangis étant partagé entre les deux villes.
La création du bureau, décidée en 1919, avait été déclarée d'utilité publique en mars 1923. Il est installé au 48, avenue Galliéni, où réside également la receveuse et sa famille. Le journal L'Ère nouvelle critique, en mai 1924, qui remarque que le terrain était propriété de Félix Soulié (1858-1934), négociant en tissus, également président du comité d’Union républicaine de Joinville-le-Pont, l’organisation qui regroupe l’essentiel de la droite républicaine dans la commune, dont les amis du maire, Henri Vel-Durand.
En 1936, Mme Bonnal est toujours receveuse du bureau de Polangis Palissy, mais son mari, devenu contrôleur des Postes, avait pris sa retraite en octobre 1933.
Marguerite Bonnal meurt le 22 juillet 1970 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Elle était âgée de 93 ans et mère de deux enfants.
Devenu docteur ès-lettres, Géraud Venzac va désormais publier près d’un livre par an, organiser de nouveaux voyages sur les pas d’écrivains, en Grèce notamment, participer à des conférences en province et à Paris et écrire plusieurs articles pour des revues.
Gardant un lieu étroit avec la Haute-Auvergne, le chanoine Venzac préside à plusieurs reprises des banquets de Cantaliens à Paris, qui rassemblent à chaque fois plus de trois cents personnes, par exemple avec les Aurillacois en décembre 1953, ou avec les originaires de Vic-sur-Cère et novembre 1954. Il entretient également une correspondance nourrie avec des intellectuels ou des prêtres du département, comme Abel Beaufrère, conservateur des antiquités du Cantal, l’historien Antoine Trin, Pierre Vermenouze, fils du poète occitan ou le docteur Henri Mondor. Mais il a également d’autres correspondants, comme l’écrivain Paul Claudel ou surtout Mgr Jean Calvet, son prédécesseur à la chaire de littérature de l’Institut catholique de Paris.
Le premier livre publié après-guerre est, en décembre 1955, sa thèse sur Les origines religieuses de Victor Hugo, qualifié de « passionnante enquête » par l’écrivain Raymond Cortat. Elle inaugure une collection, les Travaux de l'Institut catholique de Paris et reçoit un bon accueil dans la presse. La revue Études montre que le livre « renverse diamétralement la perspective » sur Victor Hugo qui était celle d’un chemin depuis une enfance « royaliste et catholique » en allant « vers toujours plus d'agnosticisme, voire d'athéisme. »
Dans la même collection, le deuxième ouvrage reprend en février 1956, sa thèse complémentaire, Les premiers maîtres de Victor Hugo. Géraud Venzac fait justice à l’opinion, fondée sur les vers du poème À propos d'Horace :
Marchands de grec ! marchands de latin ! cuistres ! dogues !
Philistins ! magisters ! je vous hais, pédagogues !
Le chanoine Venzac montre que Victor Hugo a déformé, plus ou moins sciemment, sa propre histoire, car son éducation première ne fut nullement cléricale.
Après deux gros livres reproduisant ses recherches universitaires, Géraud Venzac retourne à ses travaux sur les lieux de vie et la jeunesse des écrivains romantiques, avec des ouvrages de plus petite taille. Il fait rééditer en 1956 l’ouvrage écrit vingt ans auparavant, sous le nouveau titre Aux pays de leur enfance: Chateaubriand, Lamartine, Renan, Taine et Barrès.
Au pays de Madame Bovary, paru en juin 1957, est vu par la Revue de la Haute-Auvergne comme « un livre fort divertissant » où Géraud Venzac joue au « détective privé ». Le journaliste du Monde, Robert Coiplet, est plus circonspect et y voit un « travail confus ». Les Cahiers naturalistes concluent que « Ce livre pourrait bien être la démonstration humoristique de l'inanité de certaines querelles littéraires : M. Venzac invite sagement au calme. »
Toujours en 1957, au mois de novembre, Jeux d'ombres et de lumière sur la Jeunesse d'André Chénier paraît dans la collection Vocations, que dirige le professeur Henri Mondor. Raymond Cortat estime, dans L'Auvergnat de Paris, que Venzac « est devenu le spécialiste, dans la géographie littéraire, de ces espaces laissés en blanc sur les atlas, et qu’on appelle des terres inconnues ». La Revue de la Haute-Auvergne le loue de « restituer la jeunesse d'un poète dont on aurait pu penser jusqu'à ce jour qu'il n'en avait pas eue... »
Dans un autre petit ouvrage, également de 1957, En Grèce, le professeur Venzac commente les hauts lieux de légende et d'histoire de l'Hellade des héros et des dieux, en suivant les pèlerinages en Orient de Chateaubriand et de Lamartine.
Une remise à jour de l’Abrégé du Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, publié en 1875 par Amédée Beaujean, est publiée par Géraud Venzac en 1958. Il ajoute 108 auteurs aux 77 retenus par Littré et Beaujean. Si la parution est saluée, le linguiste Robert Le Bidois reproche l’emprunt d’une partie des citations à un autre dictionnaire, Le Robert. Il s’étonne aussi de certains oublis, comme celui du mot Dieu.
En tant que conférencier, Géraud Venzac intervient en avril 1952 à l'Institut catholique de Paris sur le thème « Hugo est-il chrétien ? » pour cent-cinquantenaire de l’écrivain. En novembre la même année, dans le même lieu, il disserte sur Leconte de Lisle et ses Poèmes antiques. Il contribue, en mars 1953 au salon littéraire Lutétia, à un débat sur le thème : Le prêtre dans le roman. En octobre 1953, la Chaîne Nationale de la radiodiffusion française retransmet sa conférence sur « Leconte de Lisle, témoin de l’échec religieux et politique du Romantisme ». Il évoque, en juin 1955 à la Société de l’Histoire de Paris et de l’Ile-de-France, l’enfance de Victor Hugo dans ses domiciles parisiens. La Société des Amis de Notre-Dame de Paris lui donne, en novembre 1957, l’occasion de commenter la Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo alors que vient de sortir le film de Jean Delannoy.
Il est présent à Aurillac en octobre 1954 et à Toulouse en janvier 1959. De nouveau à Aurillac, en novembre 1959, il réunit de nombreuses personnalités de la région pour parler de « Barrés à la découverte de l’Auvergne ».
Un projet important est préparé en 1960 : une enquête sur la religion des grands maîtres de la littérature au 19e siècle, pour laquelle il cherchait des collaborateurs. Cependant, en 1961, il renonce à tous ses projets et à son enseignement et décide de devenir moine trappiste. Il demande à rejoindre l’abbaye du Sainte-Marie-du-Mont-des-Cats, à Godewaersvelde (Nord). Son choix n’est pas admis par tous, y compris par les moines trappistes. Leur supérieur, Dom André Louf, témoignera : « Ici au Mont-des-Cats, en un premier moment nous ne comprenions pas et nous avions voulu barrer le chemin à une telle vocation — car le cas du Frère Géraud était exactement à l'opposé des critères de vocation qui étaient ceux du Père-maître de l'époque. Mais nous avons dû nous rendre à une évidence qui ne venait pas de lui, mais de Dieu en lui. Nous avons fini par être vaincus et séduits par la transparence d'une telle humilité et d'un tel amour. »
Désormais cloîtré, frère Géraud continue cependant quelques travaux intellectuels. Il collabore notamment à une traduction de La Philocalie des Pères neptiques, anthologie de textes traditionnels sur la prière, réalisée en grec par Nicodème l'Hagiorite et Macaire de Corinthe en 1782. Sous la direction d’un théologien orthodoxe, Jacques Touraille, contribue aux premiers volumes de cette publication, qui démarre en 1979. Il considère que ces vieux monastiques lui transmettaient la science évidente et concrète de Jésus qu'il était venu chercher au monastère, selon Dom André.
Même s’il n’y contribue sans doute plus, certains de ses travaux antérieurs continuent d’être publiés ; ainsi, il est un des co-auteurs du Guide littéraire de la France, paru dans la collection des Guides bleus Hachette en 1964.
En 1976, une cérémonie est organisée au sein du monastère pour célébrer ses cinquante ans de sacerdoce. Sa santé et sa vue se sont détériorées.
Géraud Venzac meurt le 30 avril 1981 à Godewaersvelde (Nord). Il était âgé de 79 ans. Il avait obtenu en juin 1956 le prix Gustave Le Métais-Larivière de l’Académie Académie pour son ouvrage sur Les Origines religieuses de Victor-Hugo. Il avait été décoré, en août 1936, de la Croix des services militaires volontaires. En juillet 1959, au titre des Arts et lettres, il était devenu chevalier de la Légion d’honneur.
Son oraison funèbre fut prononcée par Dom André Louf, supérieur de l’abbaye du Mont-des-Cats. Il assure que « Ses frères moines qui l'ont connu en ce dernier quart de sa vie répondraient qu'il était véritablement humble et pauvre selon l'esprit, avec la même assurance sans doute avec laquelle répondraient ses anciens collègues de l'Université qu'il était un chercheur et un savant consciencieux et compétent. »
Géraud Jean Marie Venzac naît le 9 juin 1901 à Raulhac (Cantal). Il est le quatrième des dix enfants de Marie Pichot et Antoine Venzac. Son père est vacher, cultivateur et garçon de ferme tandis que sa mère est modiste. En 1921, ses parents sont devenus boulangers, toujours à Raulhac.
Géraud Venzac entame des études ecclésiastiques au séminaire de Saint-Flour, siège du diocèse historique de la Haute-Auvergne. À ce titre, il aurait pu obtenir un sursis pour le service militaire mais il y renonce. Il est donc incorporé en octobre 1921 au 92e régiment d’infanterie. Il est nommé caporal en mars 1922 puis caporal-fourrier en juin. En mai 1923, il devient sous-officier comme sergent-fourrier. Démobilisé en octobre, il suivra ultérieurement dans la réserve les cours de l’école de perfectionnement des sous-officiers de réserve, sera nommé sergent-chef en janvier 1933 et recevra des témoignages de satisfaction du général commandant de la région militaire et du ministre de la défense.
Ordonné prêtre du diocèse de Saint-Flour en mars 1926, il devient professeur à l'Institution Saint-Eugène d'Aurillac. Il y reste deux ans.
Il rejoint ensuite Paris où il étudie les lettres classiques, à l'Institut catholique de Paris. Il est diplômé au titre des études grecques en juin 1930 avec la mention Bien.
Le premier ouvrage important de Géraud Venzac paraît en février 1936. Intitulé De Chateaubriand à Barrés, au pays de leur enfance. La Revue des lectures considère qu’il peint les paysages et les âmes de la Bretagne, la Bourgogne, les Ardennes, la Lorraine où il recherche également les traces de Lamartine, Renan, Taine et Victor Hugo. Mgr Calvet, qui préface le livre, le félicite : « Ce qui fait la valeur et le charme prenant de vos études, c'est le don barrésien de déceler le spirituel dans la gaine de la matière ». Même si Maurice Barrès, lui aussi lié au Cantal, est alors passé de mode, le livre est réédité en 1952 et obtient un soutien critique très marqué.
Au début de la deuxième guerre mondiale, Géraud Venzac est mobilisé en septembre 1939 au sein du 404e régiment de pionniers. Après sa démobilisation, il devient pour l’année 1941-1942, maître de conférences de littérature française à la Faculté des Lettres de l'Institut catholique. Il supplée Mgr Jean Calvet, titulaire de la chaire, notamment dans l’apprentissage du latin. Il est nommé professeur en 1946. La même année, Mgr Henri Pinson, évêque de Saint-Flour, le nomme chanoine honoraire de la cathédrale Saint-Pierre.
L’abbé Venzac vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris, dans le domaine du château du Parangon, utilisé alors par les Petites Sœurs de l’Assomption, qui y ont installé un centre infantile. Géraud Venzac s’implique dans la vie intellectuelle locale, contribuant notamment à la revue historique Le Vieux Saint-Maur, quartier tout proche qui abrite l’ancienne abbaye de Rabelais.
En 1949, il adhère à la Société d’histoire ecclésiastique de la France. Venzac publie des articles sur des sites religieux, comme sur l’abbaye Sainte-Scholastique de Dourgne (Tarn) ou des comptes-rendus bibliographiques, tels celui sur L’Amour de Jésus chez sainte Thérèse de Lisieux publié par le théologien André Combes.
Au début des années 1950, le chanoine Venzac, devenu titulaire de la chaire de littérature de l’Institut Catholique, se consacre à l’écriture de sa thèse, commencée vers 1939, et dirigée par le poète et agrégé de lettres, Maurice Levaillant. Elle comporte deux parties : la principale, Les origines religieuses de Victor Hugo et la secondaire, Les premiers maîtres de Victor Hugo. Il la soutient en juin 1954 à l’université de la Sorbonne à Paris et devient docteur ès-lettres avec la mention très honorable et les félicitations du jury.
Dans Les origines religieuses de Victor Hugo, le professeur Venzac assure que « Victor Hugo n’a jamais été catholique au sens profond du terme, il n’a jamais communié, ne s’est jamais confessé, et, qui plus est, il n’a probablement jamais été baptisé ». L’auteur établit ainsi une jeunesse assez différente du tableau, classique à cette époque, d’un Hugo né dans un milieu traditionnaliste et catholique. Mgr Calvet, constatant que Géraud écarte l’idée d’une confession à Félicité Robert de Lamennais, prêtre, philosophe et député républicain, et commente : « Il faut renoncer à cette image romantique du poète des tonnerres absous par l'archange foudroyé. »
Avec Les premiers maîtres de Victor Hugo, il établit l’identité et l’histoire des enseignants qui influencèrent Hugo, à rebours de certaines lignes du poète, les qualifiant de vieux prêtres.
La prestation de Géraud au cours de sa thèse est remarquée par la presse. Le Monde relève que c’est Hugo lui-même qui avait écrit « J'ai commencé, comme tout le monde, par être catholique et royaliste » et avait parlé de l'éducation cléricale qu'il aurait reçue, ce qui avait amené ses biographes à croire en une phase catholique de la pensée de Victor Hugo, qui aurait marqué sa philosophie ultérieure ; le quotidien parisien remarque que, en établissant que l’enfance de Hugo a baigné dans une indifférence religieuse totale et un entourage voltairien, Venzac réduit en poussière une légende, en tant que « pourfendeur de haute classe et de grand mérite. »
Tout aussi favorable au professeur, Le Figaro Littéraire est dithyrambique et le philologue Maurice Rat écrit : « Jamais peut-être, je le dis tout de suite, exposé plus lumineux, plus sincère, plus neuf, n'emporta plus vite l'adhésion. L'amphithéâtre Quinet était plein ». Il remarque la durée de la soutenance, cinq heures, les applaudissements nourris, et relève la formule de Maurice Levaillant : « Il avait la religion de sa mère, laquelle n'en avait pas. »
Dardja Nimboucheff naît le 28 mai 1875 à Novo-Alekseevskaya, village de la région du Don, en Russie.
Le village de Novo-Alekseevskaya est aujourd’hui extérieur à la République de Kalmoukie, constituée au sein de la fédération de Russie, et, selon le recensement russe de 2002, ne comprend plus de population kalmouke notable. Cependant, à l’époque de sa naissance, il était largement peuplé de Kalmouks.
Son prénom a plusieurs variantes orthographiques (Darja ou Dordji), mais il est également désigné comme Namajal. Son nom est également translittéré de différentes façons (Nimbouchoff, Nimbouchev, Nimbousheff ou Nimbushov) ; la graphie utilisée ici est celle de sa pierre tombale.
La majorité de la population kalmouke, peuple d’origine mongole, établie dans les steppes entre la plaine du Don et la mer Caspienne, est de religion bouddhiste et de rite tibétain. Nimboucheff suit une formation théologique et entreprend, en février 1911, un pèlerinage qui devait le conduite au Tibet, où réside l’autorité suprême du bouddhisme tibétain, le Dalaï-Lama. Il voyage en compagnie de deux autres étudiants, Lubsang Sharab Tepkin et Dzhamnin Umaldinov. Cependant, contrairement à Tepkin, Nimboucheff et Umaldinov n’atteignent pas Lhassa et se rendent à Urga (act. Oulan-Bator), capitale de la Mongolie et autre centre important du bouddhisme tibétain. Il y reste pendant un an.
À son retour en Kalmoukie, en 1912, Dardja Nimboucheff exerce un ministère bouddhique dans sa région d’origine. Il sera désormais désigné par le titre de Bakcha (ou Baqsi).
La révolution bolchévique de 1917 en Russie est combattue par les forces kalmoukes réunie autour du Noyon (prince) Toundoutoff, qui se range aux côtés des armées blanches. Après leur défaite en 1920, une partie de la population, et notamment les élites politiques et militaires, quittent la région et se réfugient dans divers pays d’Europe. Tous les moines bouddhistes auraient été envoyés dans des camps ou exécutés, et les temples (khourouls) détruits.
La France accueille plusieurs centaines de réfugiés, dont le prince Toundoutoff et sa mère, ainsi que Chamba Balinov, originaire du même village de Novo-Alekseevskaya, et Nimboucheff.
Présenté comme « supérieur de couvent bouddhique au Turkestan », Nimboucheff participe en décembre 1925 à la création à Paris (5e arr.) de l'Association pour l'étude des civilisations orientales, dont le siège est rue des écoles. Elle organise une fête orientale à Paris en février 1926.
C’est en tant que principal responsable bouddhiste kalmouk en Europe que Nimboucheff organise une collecte pour la construction de ce qui sera, à ce moment-là, le premier temple lamaïste en Europe, à Belgrade, où s’est installé son camarade de l’expédition en Mongolie, Umaldinov. C’est Nimboucheff qui préside la consécration de ce temple en décembre 1929.
À partir de 1923, une partie de cette communauté va s’installer sur les bords de Marne, principalement à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).
En 1931, on compte 200 personnes de nationalité russe résidant à Joinville, dont plusieurs dizaines on des noms à consonance kalmouke. Présenté dans la presse comme le grand prêtre, Nimboucheff a installé dans son logement de Joinville « un misérable khouroul » (selon Marianne), seul lieu de culte bouddhiste en région parisienne, avec un temple construit en grande banlieue à l'intention des Annamites de Seine et Seine-et-Oise, mais ne relevant pas du rite tibétain.
En décembre 1937, Nimboucheff y célèbre une cérémonie religieuse en l’honneur du prince Toundoutoff, qu’il a organisée avec Chamba Balinov.
Dardja Nimboucheff meurt le 17 janvier 1944 à Couëron (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il résidait cité Bessonneau, dans cette ville industrielle où un autre groupe important de Kalmouks s’était implanté. L’annonce nécrologique publiée dans Le Phare de la Loire par M. & Mme Zacharow, ses neveu et nièce, au nom « du clergé bouddhiste, du Comité national des Kalmouks de Couëron, de l’Organisation nationale des Kalmouks Kh. T. I. et de ses fidèles », le présente comme « évêque Kalmouk bouddhiste ». Il était âgé de 68 ans et est inhumé au cimetière de Couëron.
Sonia Ounkouroff naît le 6 novembre 1930 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Badina Nikitine et de son mari, Basan Ounkouroff, tous deux manœuvre à Saint-Maurice et originaires Denisowska, alors dans la région du Don, en Russie. Ils résident dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, quai Beaubourg (act. quai du Barrage).
Avant-guerre, la commune de Joinville-le-Pont a accueilli de nombreux réfugiés venus de Russie, et notamment une communauté kalmouke significative. La Kalmoukie, aujourd’hui République autonome de Russie, située en Europe, dans la plaine du Don, est majoritairement peuplée de Kalmouks, d’origine mongole et principalement de religion bouddhiste. Les élites de la région ont pris les armes contre la révolution bolchévique après 1917 et une partie a fui en Europe centrale (Bulgarie, Allemagne) puis plus à l’Ouest (France, États-Unis).
Parmi les personnalités les plus marquantes de la communauté kalmouke de Joinville figurent le prince Nicolas Toundoutoff et sa mère, la journaliste Xénia Toundoutoff ainsi que Chamba Balinov, également journaliste. Ce dernier fut, pendant la deuxième guerre mondiale, responsable d’organisations kalmoukes alliées du régime hitlérien.
Dans les environs immédiats de la demeure des Ounkouroff à Joinville vivait une demi-douzaine d’autres personnes d’origine russe, certaines venant de la même ville.
Sonia Ounkouroff épousa Nicolas Bembinoff, probablement au début des années 1950. Ils vécurent à Joinville, avenue Émile-Moutier, dans le quartier du Centre.
En 1997, Sonia Bembinoff est la vedette d’un magazine, diffusé en seconde partie de soirée par la chaîne de télévision française TF1 et présenté par Jean Bertolino dans le cadre du magazine 52 sur la Une. Réalisé par Thierry Fournet et Patrick Schmitt, il est intitulé « Sonia, fille de la steppe et des bords de Marne ».
Le Forum des images fait la présentation suivante de l’émission : « "A la fois très Kalmouke et très banlieusarde" selon ses dires, Sonia Bembinoff est la descendante de Mongols qui ont fui leur région du Caucase, la Kalmoukie, au lendemain de la révolution de 1917, pour s'exiler à... Joinville-le-Pont. En compagnie de cette émouvante grand-mère, profondément attachée à sa double culture, une rencontre insolite et chaleureuse avec la petite communauté kalmouke des bords de Marne. »
Sonia Bembinoff meurt le 12 septembre 2018 à Saint-Martin-du-Tertre (Val-d’Oise). Elle est inhumée à Joinville-le-Pont et était âgée de 87 ans. Elle était probablement mère de quatre enfants.
Lucien Henri Cochain naît le 16 septembre 1905 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Valérie Philippot et de son mari Fernand Cochain, boucher. La famille vit rue de Paris.
Appelé au service militaire en 1925, il en sort en novembre 1926 en tant que sous-lieutenant au 56e régiment de tirailleurs, basé à Ancenis (Loire-Inférieur, act. Loire-Atlantique). Dans la réserve, il est promu lieutenant en juin 1930, puis capitaine en juillet 1939. Il est commandant en 1954.
Lorsqu’il est démobilisé en 1926, Lucien Cochain poursuit ses études à l’université de Paris. À l’École pratique des hautes études, il a comme professeurs Marcel Cohen, Lefranc et Oscar Bloch. Il est élève de l’École coloniale et de l'Institut d'ethnologie, qui lui accorde en 1929 une subvention de 4 000 francs pour un voyage d'études au Maroc. Il est diplômé de l'École des langues orientales en berbère en 1930 puis en arabe magrébin en 1931. La famille a déménagé de Vincennes à Joinville-le-Pont, dans le même département, où les parents exploitent une boucherie rue de Paris.
Lucien Cochain revient de son voyage avec une publication sur le droit coutumier chez les Ida-ou-Tanan S’il est domicilié à Joinville, Lucien Cochain séjourne principalement en Afrique du Nord. En 1932, il étudie la création d’un musée d’ethnographie à Rabat (Maroc).
Ayant traversé le Sahara d’Alger à Gao (Soudan, act. Mali) en 1931, Lucien Cochain épouse Reine Céleste Jouve en avril 1933 Lambèse (act. Tazoult, Algérie), site archéologique romain. Au cours de ses explorations au Maroc et en Algérie, Cochain réalise une importante collection de photos, conservée au Musée du quai Branly Jacques Chirac à Paris.
En 1934, Lucien Cochain a un poste d’instituteur dans l’école musulmane de Demnate (région de Kenitra). Il exerce la même fonction à l’école de fils de notables musulmans de Meknès, toujours au Maroc, en 1937.
Après la deuxième guerre mondiale, Lucien Cochain est inspecteur de la Jeunesse et des sports au Maroc, rattaché à la Direction de l'instruction publique du royaume. Après l’indépendance en 1956, il rejoint la métropole et est nommé inspecteur principal de la même institution en octobre 1957. Il est domicilié à Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville où ses parents avaient déménagés.
Lucien Henri Cochain meurt le 19 novembre 1991 à Chinon (Indre-et-Loire). Il était âgé de 86 ans. en 1954, il avait été décoré, à titre militaire, en tant que chevalier de la Légion d’honneur. Depuis 1930, il était membre de la Société des Africanistes.
Fernand Cochain, père de Lucien, est-il la personne homonyme listée, sans plus de précision, par le Service historique de la défense dans les Dossiers administratifs de résistants (GR 16 P 134756) ? Né le 31 octobre 1874 à Lorrez-le-Bocage, il était mort le 26 novembre 1947 à Saint-Maur-des-Fossés.
Georges Clément Constant Chotard naît le 29 avril 1875 à Mayenne (Mayenne). Il est le fils de Marie Antoinette Redet et de son mari, Prosper René Chotard, bourrelier qui vivent rue Saint-Martin.
Travaillant alors comme bourrelier, l’ancien métier de son père, décédé, à Servon (Ille-et-Vilaine), Georges Chotard est mobilisé pour un service militaire raccourci en tant que fils unique de veuve. Il intègre en novembre 1897 le 130e régiment d’infanterie et est démobilise en septembre 1898. Après un passage par Neuilly-le-Vendin (Mayenne), il rejoint Élancourt (Seine-et-Oise, act. Yvelines) où il séjourne à l’orphelinat.
En octobre 1901, Georges Chotard est à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines), au grand séminaire catholique diocésain. Après son ordination comme prêtre, sans doute en 1905, il est nommé vicaire de la paroisse de Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Il séjourne rue de l’Église, avec sa mère et sa tante, sœur de celle-ci.
Au cours du mois de mars 1907, la commune de Villeneuve-Saint-Georges est le théâtre d’un conflit religieux. Joseph-René Vilatte, prêtre catholique français, missionnaire au Québec (Canada), élevé à l’épiscopat en 1892 à Colombo (Ceylan, act. Sri-Lanka) par un évêque de rite jacobite, s’opposait à certaines règles de l’église catholique romaine, notamment le dogme de l’infaillibilité pontificale. Il constitua l'Église vieille-catholique, qui rejoignit l’Union d’Utrecht, avec plusieurs autres groupes en Angleterre, Pays-Bas ou Suisse notamment. Ayant été excommunié, n’ayant pu s’implanter à Paris, Mgr Vilatte tenta de constituer une association cultuelle, conformément à la toute récente loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l’État.
Cette implantation n’était pas du goût du clergé catholique, notamment du curé de Villeneuve, M. Péprié et de son vicaire, l’abbé Chotard. Ce dernier, selon le quotidien La Patrie, déclare que « les catholiques de Villeneuve sont décidés à chasser, par tous les moyens possibles » les schismatiques. Le curé souligne le caractère « sectaire » du conseil municipal, qui avait baptisé la rue de l’Église du nom de rue Étienne-Dolet, un imprimeur, accusé d’avoir édité des textes hérétiques et soupçonné d’athéisme, qui eut la langue coupée puis fut étranglé et conduit au bûcher à Paris en 1546. Une manifestation, estimée à cinq cents protestataires par le journal bonapartiste L'Autorité, fait que la conférence projetée, qualifiée par ce quotidien de « comédie-bouffe ridicultuelle », est annulée, Mgr Vilatte retournant à Paris.
En juin 1907, toujours à Villeneuve-Saint-Georges, l’abbé Chotard célèbre une messe, à la demande du groupe d'action catholique et patriotique de la commune, pour Hippolyte Debroise, jeune parisien du quartier des Batignolles à Paris, mortellement blessé au Bourget (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en revenant d’une procession de la Fête-Dieu à Dugny. Le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole accusait « des anarchistes avinés ». Les dirigeants de la Ligue d’action catholique et patriotique étaient présents. Dans son allocution, l’abbé Chotard fustigea « l’apathie des catholiques », et, refusant d’appartenir à « l'Église dormante » ou à « l'Église gémissante », il se revendiqua de « l'Église militante. »
À partir de 1909, Georges Chotard réside à Puiseux (peut-être Puiseux-lès-Louvres, act. Puiseux-en-France ou Puiseux-Pontoise, toutes deux en Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise).
Mobilisé au début de la première guerre mondiale, Georges Chotard est réformé en décembre 1914 pour gastro-entérite, ce qui est confirmé par la commission de réforme de Versailles en avril l’année suivante. Bien que dispensé, Chotard souscrit un engagement spécial pour la durée guerre en décembre 1916 ; il est affecté à la 24e section d’infirmiers puis démobilisé en février 1919. Il retourne alors à Puiseux.
Il devient curé d’Essonnes (act. Corbeil-Essonnes, Essonne) vers novembre 1919. Il réside ruelle du Chêne, d’abord avec sa tante, puis ensuite avec une de ses cousines et les deux enfants de cette dernière, devenue veuve. Il exerce toujours son ministère sur place en 1926 et réside ruelle des Chênes.
Quittant le diocèse de Versailles, Georges Chotard rejoint celui de Paris et est prêtre à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1928. Il deviendra en 1936 vicaire de la paroisse Sainte-Anne, qui couvre les quartiers de Palissy et de Polangis (Joinville et Champigny) et dont le curé est le syndicaliste Victor Simonard.
Installé d’abord rue du Pont, l’abbé Chotard prend en location en novembre 1930 un appartement avenue Gallieni, à Palissy. Il se plaint du prix fixé par la propriétaire, et le tribunal d’appel lui donne raison, jugeant qu’il contrevenait à une loi d’avril 1926, destinée à lutter contre la cherté de la vie et la crise du logement. Il réside toujours avec sa cousine et ses petits-cousins.
En octobre 1932, le père Chotard organise une kermesse pour terminer la construction de la salle paroissiale de Polangis. Il célèbre dans ladite église, en décembre 1936, la messe à la mémoire des cinéastes, sous la présidence du cardinal Verdier, archevêque de Paris.
Peut-être l’abbé Chotard doit-il assurer l’intérim du curé Émile Simonard, décédé en janvier 1937 et remplacé par l’abbé Lucien Lachambre en avril la même année. En mars 1938, le poste de vicaire à Polangis est confié à l'abbé Mégrot.
Georges Chotard meurt le 3 octobre 1953 à Paris (2e arr.). Il était âgé de 78 ans et résidait rue Saint-Denis. Il est inhumé au cimetière parisien de Bagneux (Seine, act. Hauts-de-Seine).
Louis Ernest Olivier Labiouse naît le 17 juillet 1884 à Paris (7e arr.) ; son nom est fréquemment orthographié « Labiouze ». Il est le fils de Louise Caroline Haran, ouvrière en dentelles, et de son mari Irénée Benoit Adolphe (dit René) Labiouse, employé de commerce au grand magasin Le Printemps. Ils vivent rue Oudinot. Sa mère, qui ouvrira son atelier, est réputée dans les milieux chrétiens. Son père acquiert des responsabilités dans la Société Philanthropique de l'Union du Commerce à Paris en 1886.
Entré au séminaire catholique de Paris, il effectue une première partie de service militaire entre octobre 1904 et septembre 1905 au 104e régiment d’infanterie puis une seconde de novembre 1907 à juillet 1908. Il rejoint alors la maison d’accueil de la Congrégation du Saint-Esprit (spiritains) à Chevilly-Larue (Seine, act. Val-de-Marne).
Ordonné prêtre du diocèse de Paris, il est envoyé en mission en Guinée française. La hiérarchie catholique estime que dans ce territoire, « un splendide champ d'évangélisation s'ouvre. »
Dans une lettre de mai 1914, datée de Kindia, station fondée trois ans auparavant dans le Sud-Ouest du pays, le père Labiouse donne son point de vue sur la vie en brousse. « J’ai à m’occuper de 15 ou 16 villages situés aux quatre points cardinaux de la Mission ! (…) Dans chacun de ces villages, 15, 20, 30 enfants apprennent prières, catéchisme et cantiques à l’école de notre catéchiste. Sont-ils intelligents ? En général, oui ; certains même semblent dépasser la moyenne et font espérer ; mais dès que l’âge critique arrive, l’orgueil, les passions, souvent tout s’écroule ! (…) Les Noirs sont perfectibles comme tous les hommes ; mais on s’en apercevra seulement dans un siècle ou deux. (…) La grande difficulté est que nous avons affaire, en maint endroit de la Basse-Guinée, à des Musulmans, en général cependant pas fanatiques puisqu’ils nous confient assez facilement leurs enfants… »
Au début de la première guerre mondiale, Louis Labiouse est mobilisé à Conakry (Guinée). Devenu caporal en juillet 1915, il intègre le bataillon de l’Afrique occidentale française et est intégré dans l’expédition franco-anglaise qui se bat, en 1916, contre les troupes allemandes au Cameroun. La défaite des troupes coloniales de l’Empire amène le départ des missionnaires catholiques allemands pallottins de la société de l'Apostolat Catholique. Ceux-ci demandent aux autorités militaires françaises d’affecter des religieux catholiques pour éviter que des protestants américains ne prennent la relève. Les forces d’occupation décident donc d’accorder un sursis spécial à sept prêtres servant comme combattants dans l’armée, et parmi eux quatre spiritains, dont le père Labiouse. Il rejoint la mission de Ngovayang (act. département de l'Océan), dans une zone montagneuse du Sud du pays. Il termine la construction de l'église dédiée à saint François-Xavier que les pallottins avaient commencé. Démobilisé en mars 1919, le père Labiouse rejoint brièvement la métropole.
Il retourne, en janvier 1921 depuis Marseille, pour la Guinée française. Il est affecté à Boké (act. Guinée-maritime), sur les bords du Rio Nunez. Il circule régulièrement sur ce fleuve en baleinière et y fait naufrage en novembre 1933. Sans dommage corporel, il regrette cependant la perte de ses notes sur la langue tchappy, au sujet de laquelle il avait noté des conversations, proverbes et prières.
Retourné en France, l’abbé Labiouse est nommé vicaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Jusqu’en 1937, le curé est Victorin Martin, remplacé alors par Augustin Baudot.
Louis Labiouse meurt le 17 octobre 1949 à Chevilly-Larue, dans la maison d’accueil de la Congrégation du Saint-Esprit. Il était âgé de 64 ans.