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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 00:01

Suite de la biographie de Gustave Teissonnière

Gustave Teissonnière, qui travaille dans l’entreprise de porcelaine familiale à Limoges, fait enregistrer un brevet, publié en juin 1908 sur une « Machine à calibrer la cazetterie pour la cuisson de la porcelaine et de la faïence », la cazetterie représentant le matériel d'enfournement de la céramique. Il diversifie la production en s’intéressant à l’imprimerie. Avec des briquettes lithographiques.

Il est mobilisé pendant la première guerre mondiale mais les archives militaires le concernant n’ont pas encore pu être consultées. Il entreprend en 1918 un voyage en Amérique, en compagnie de son épouse et de son neveu René Dudognon, alors âgé de 11 ans. Ils débarquent à New-York en juin à bord du navire La Lorraine, au départ Bordeaux. Un petit neveu, Cyrille, raconte : « Gustave Teissonnière et son épouse Rose sont partis au Mexique avec leur neveu, René Dudognon, fils d’une sœur de Rose ; ils ont été en prison en arrivant au Mexique pendant 8 jours car il ne portait pas le même nom qu’eux et les autorités ont pensé que c’était un enfant volé. Rose était à la base la compagne de son frère Jules (et "enlevée" par Gustave) d'où les différents familiaux... »

Après le conflit, son épouse Valérie et lui vivent, en 1927, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident dans le centre-ville, avenue Jean-Jaurès. À cette date, il se présente comme céramiste. En 1931, il se déclare directeur d’une entreprise de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis) qui produit des poupées.

En soutenant plusieurs causes, Gustave Teissonnière montre, avec sa femme, sa proximité avec le parti communiste. Ainsi, il participe en janvier 1933 à une souscription de la Ligue contre l’impérialisme en faveur de Madagascar, relayée par le Secours rouge. Il soutient également les efforts humanitaires pour l’Espagne républicain en janvier 1939, avec le programme « Pain, lait, santé » puis en février la même année, en faveur du financement d’un dispensaire mobile.

Pendant la deuxième guerre mondiale, son activité n’est pas connue. Sur le plan professionnel, il fait de nouveau breveter, en octobre 1943, un « Procédé de fabrication d'articles en caoutchouc ».

Après la deuxième guerre mondiale, Gustave Teissonnière s’inscrit pour une souscription lancée par le parti communiste en septembre 1945 « pour l’écrasement de la réaction ». C’est à la fin de ce même mois que décède son épouse, hospitalisée.

Gustave Teissonnière meurt le 6 janvier 1949 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 72 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant. Sa succession mentionne la vente de parts sociales d’entreprise.

Fin

Gustave Teissonnière (arch. fam.)

 

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12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 00:01

Début de la biographie de Gustave Teissonnière

Gustave Émile Teissonnière naît le 7 septembre 1876 à Limoges (Haute-Vienne). Il est le fils de Valérie Fraisse et de son époux Pierre Teissonnière. Ses parents habitent ancienne route d’Aixe, et travaillent dans l’industrie de la porcelaine, elle comme mouleuse et lui en tant que couleur de moules. La famille comprenait quatre garçons, dont Gustave était le dernier, et une fille plus jeune.

Le père, Pierre Teissonnière (1850-1931), a été conseiller municipal de tendance socialiste (1885-1892 puis 1896-1904), dans les municipalités d’Adrien Tarrade et d’Émile Labussière.

Frère aîné de Gustave, Émile Teissonnière (1870-1929), mouleur en porcelaine puis employé de commerce, fut un militant du Cercle républicain socialiste de Limoges, membre du Parti ouvrier français, un des ancêtre du Parti socialiste SFIO. Il fut également élu municipal, en même temps que son père, de 1900 à 1904. En décembre 1903, au nom de son groupe socialiste révolutionnaire, il invita l'abbé Desgranges, membre de la section de Limoges du Sillon (mouvement chrétien de gauche) à tenir une conférence « sur le sujet qu’il lui plairait » ; il choisit de traiter de l’existence de Dieu. Le quotidien La Gazette du Centre s’étonna de voir les « tigres révolutionnaires » devenus de « gracieux moutons », écoutant calmement le prêtre.

En juillet 1900, Gustave Teissonnière est mouleur en plâtre et vit rue du Clos Augier. Il emprunte une bicyclette pour se rendre dans une fête dans le voisinage, la range chez une aubergiste mais constate, quand il veut rentrer, qu’elle a été dérobée. Sur sa plainte, la gendarmerie mène aussitôt des recherches, restées alors infructueuses.

La vie familiale est marquée, en décembre 1908, par une très vive querelle. Elle est racontée notamment par le quotidien La Charente : « Les quatre frères Teissonnière, Pierre, Gustave, Jules, Émile et leur père, ancien conseiller municipal, qui exploitent, chemin des Trois-Châtains, à Limoges, une petite industrie de porcelaine, ont eu avant-hier soir une discussion violente qui a dégénéré en pugilat. Après une mêlée terrible, tous les combattants constatèrent qu'ils étaient plus ou moins grièvement blessés. L'un d'eux, Émile, âgé de trente-huit ans, avait une côte fracturée et un œil perdu. À cette scène malheureuse devait succéder un duel féroce. Gustave et Pierre, qui avaient gardé des ressentiments des regrettables violences de la veille, se rencontrèrent samedi, soir sur la vieille route d'Aixe. S'étant mesurés du regard et défiés, ils sortirent leurs revolvers et le duel commença. Les deux frères ennemis tirèrent cinq cartouches, mais les balles, par un hasard extraordinaire, n'atteignirent personne. On a retrouvé trace des projectiles sur les murs des voisins. Le parquet instruit l'affaire. »

Le journal de Limoges, La Gazette du Centre, relativise les blessures reçues par Émile. Il titre « Frères ennemis » et attribue le début des incidents à Gustave, qui aurait cherché dispute à sa mère et à sa sœur, braqué sur elles un revolver, puis aurait tiré sans les atteindre trois coups de feu sur son père et son plus jeune frère, Jules. Celui-ci, armé également, aurait aussi tiré, sans non plus toucher personne, trois projectiles. Émile Teissonnière déposa une plainte et refusa de la retirer, se plaignant des manœuvres des « jésuites rouges ». Il fut condamné en juin 1909 par la cour d’appel de Limoges à 50 francs d’amende pour « coups et blessures, violences et voies de fait volontaires. »

C’est en janvier 1910 à Limoges que Gustave Teissonnière se marie avec Rosalie Joséphine Querroy. Il était de nouveau domicilié chez ses parents, mais aucun de ses frères ne comptait parmi les témoins.

À suivre

La famille Teissonnière (1879). Gustave est assis devant à droite (arch. fam.)

 

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10 avril 2025 4 10 /04 /avril /2025 00:01

Louis Eugène Verhaeghe naît le 11 mars 1865 à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils d’Élisabeth Painteaux et de son mari Charles Louis Verhaeghe. Ils vivent à proximité du casernement de la Garde nationale. Sa mère est originaire des Ardennes et son père, cordonnier, est natif du Nord.

Travaillant comme ébéniste, vivant passage Alexandre-Lécuyer, à Paris (18e arr.), Louis Verhaeghe épouse dans cet arrondissement en juin 1894 Marie Lavaud, crémière, originaire de Corrèze. Ils divorcent deux ans plus tard, en décembre 1896.

Installé rue des Cloÿs, toujours dans le 18e arrondissement, Louis Verhaeghe se remarie en juillet 1897 avec Sylvie Henriette Gabrielle Couderc, couturière et parisienne. Ils sont apparemment séparés lorsqu’elle meurt, en février 1907. Il contracte un 3e mariage en juillet la même année, toujours dans le 18e, avec Marie Éléonore Leprévost, cuisinière, native de l’Orne, elle aussi divorcée.

Après la première guerre mondiale, le couple s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Joinville, voie limitrophe de Saint-Maur-des-Fossés. Louis Verhaeghe est devenu antiquaire brocanteur. Il semble apprécier les grosses voitures, puisqu’il se sépare, en novembre 1923, d’une automobile Cottin-Desgouttes, Torpédo type D.

Des élections municipales partielles d’octobre 1934, sont rendues nécessaires du fait de dix sièges vacants suite à des décès et démissions dans un climat politique tendu. Le maire Georges Briolay (radical-socialiste), élu en mai 1929 à la tête d’une coalition de cartel des gauches avec des socialistes SFIO, a perdu leur soutien. Il se met d’accord avec son opposition de droite pour appuyer une liste de Concentration républicaine, tandis que socialistes et communistes présentent chacun leurs candidatures. Louis Verhaege figure sur la liste des Républicains indépendants, qui compte (comme la Concentration républicaine) des radicaux-socialistes, en désaccord avec le regroupement parrainé par le maire. Elle est conduite par Henri Pélissier, constructeur de bateaux.

Au premier tour de scrutin, les Républicains indépendants arrivent en deuxième position, avec 25,5%, distancés par la Concentration républicaine qui a 37% des suffrages exprimés. Les deux partis de gauche arrivent presqu’à égalité, les communistes ayant 17,8% devant les socialistes à 17,6%. Ces derniers se retirent, appelant à voter pour la liste communiste. Les Républicains indépendants ne se représentent pas non plus, et la Concentration républicaine

Alors en retraite, Louis Verhaeghe meurt le 27 février 1944 dans son domicile de Joinville. Il était âgé de 78 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant.

La Marne en aval de Joinville (Arch. dép. Val-de-Marne)

 

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8 avril 2025 2 08 /04 /avril /2025 00:01

Louis Théodore Gérard naît le 6 mars 1843 à Montmorency (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise). Il est le cinquième enfant de Marguerite Françoise Cyprienne David et de son époux Louis Claude Gérard. Ses parents sont coloristes et vivent rue des Gallerands. Leur métier correspond à celui d’imprimeur lithographe et tous les fils et filles semblent avoir également contribué à l’activité.

La famille s’installe ensuite avec l’atelier d’imprimerie à Paris rue des Noyers (act. 5e arr., boulevard Saint-Germain). Elle ouvre ensuite un établissement de lithographie à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Lors de la guerre franco-allemande de Paris en 1870, pendant le siège de la capitale, toute la population des communes des bords de Marne, dont Joinville, quittent leurs domiciles et se réfugie à Paris et l’imprimerie familiale de Joinville est ruinée.

Louis Théodore Gérard réside alors rue Saint-Antoine (4e arr.) et s’engage dans la Garde nationale. Il sert dans la première compagnie de marche du 50e bataillon. Le chirurgien du bataillon est le docteur Élie Bitterlin, qui fonde la section de Saint-Maur-des-Fossés – Joinville-le-Pont de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge).

L’insurrection de mars 1871, a lieu parce que la population parisienne refuse de rendre ses canons aux autorités de Versailles qui ont signé en février la reddition devant les armées allemandes. Elle provoque l’installation d’un gouvernement révolutionnaire, la Commune de Paris. Louis Théodore Gérard continue à œuvrer au sein de la Garde nationale, où il est nommé sous-lieutenant le 24 avril 1871. À la fin du mouvement, lors de la Semaine sanglante, il est basé au couvent de Picpus. Il est arrêté le dernier jour des combats, le 28 mai, et jugé 13 mai 1872 par le 14e conseil de guerre. Il est condamné à un an de prison, peine considérée comme légère au vu des « renseignements très favorables » recueillis sur lui. Il obtient le remise de sa peine le 13 septembre 1872.

Après sa libération, Louis Théodore Gérard reprend son activité de lithographe à Paris rue Fessart (19e arr.), tandis que ses parents ont réouvert l’atelier de Joinville-le-Pont. Il se marie en mai 1875 à Paris (19e arr.) avec Aline Pinson, culottière. Elle donne naissance, deux semaines après les noces, à une fille. La famille s’installe rue d’Angoulême (5e arr.).

Alors qu’il était hospitalisé, Louis Théodore Gérard meurt le 11 juillet 1877 à Paris (5e arr.). Il était âgé de 34 ans. Son épouse, Aline, est internée dans l’asile psychiatrique de Perray-Vaucluse, situé à Épinay-sur-Orge (Seine-et-Oise, act. Essonne) et serait morte en 1879.

Leur fille, Blanche Eulalie, est enregistrée sur le Registre des enfants assistés de la Seine en janvier 1880 comme ayant été abandonnée du fait de l’internement de sa mère. Elle est placée « à la campagne » autour de Fougères (Ille-et-Vilaine). Lors de son mariage en février 1900 à Mayet (Sarthe) avec un cultivateur, elle déclare ignorer la situation de ses parents. Elle aura neuf enfants.

Le Pont de Joinville détruit pendant la guerre de 1870

 

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6 avril 2025 7 06 /04 /avril /2025 00:01

Selon la liste des électeurs de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) pour 1848, Pot Naast, tonnelier, est né le 6 août 1819.

Le scrutin censitaire prévoyait qu’un dixième des habitants de la commune soient inscrits sur les listes électorales, par ordre décroissant d’impôts payés. Comme ils étaient 960, le nombre d’électeurs a été fixé à 96. Sur la base de son imposition pour 1847, Pot Naast figurait en 96e (et donc dernière) position.

Le prénom Pot viendrait de Potamia, martyre décapitée à Lyon en 177, honorée le 2 juin dans l’église catholique.

Il n’y a aucune trace de Pot Naast ni de sa famille dans le recensement de 1841 à Joinville pas plus que dans l’état-civil de la commune. Par ailleurs, aucune indication de son existence n’a été trouvée dans la presse ou les sources généalogiques.

Une voie de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Palissy, est dénommée « avenue Naast ». Son existence est mentionnée dans le recensement de la population pour l’année 1891. Dans cette zone, plusieurs voies portent le nom de propriétaires de terrains : Gille ou Hugedé notamment. C’est le cas également dans d’autres parties de la ville (Bernier, Bourguignon, Vautier, etc.).

En 1848, le quartier n’était pas habité et il est donc probable que Pot Naast n’y résidait pas, mais il avait pu y acquérir un terrain et il aurait été logique qu’il utilise la Marne pour son activité de tonnelier. La zone a été aménagée à partir de 1860 par un porcelainier, Jean Marie Gille, conseiller municipal de Joinville, qui la dénomma « Villas Palissy » en hommage à Bernard Palissy.

Au cours des années 2000, un groupe de rock a porté le nom Les Naast. Formé en 2004, il a connu un certain succès avec leur disque Anti-chambre, des concerts au Gibus et la Une du magazine Rock & Folk... Il a également eu une notoriété plus problématique, avec des bagarres lors d’une représentation à Bègles (Gironde). Le groupe s’est dissout en 2009. C’est l’origine joinvillaise de certains membres du groupe qui explique qu’il ait pris son nom de cette voie de la commune.

Plaque de l’avenue Naast (Wikipédia)

 

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4 avril 2025 5 04 /04 /avril /2025 00:01

Le 20 janvier 1881, selon au moins sept journaux de l’époque, un évènement spectaculaire se passait à Joinville.

Le quotidien La Lanterne raconte l’affaire. « M. H., demeurant rue du Canal (act. rue Henri-Barbusse), à Joinville-le-Pont, a tué d'un coup de fusil un jeune loup qui s'était introduit dans le jardin d'un fruitier voisin, avenue des Marronniers (act. rue Eugène-Voisin), et qui procédait à un massacre des lapins de ce dernier. »

Dans un autre titre national, Gil Blas, le journaliste Paul Ginisty rappelle que, en 1880, « au moment des grands froids, un de nos confrères prétendit très sérieusement avoir vu une bande de loups dans le bois de Boulogne ! » selon lui, « cette assertion était peut-être un peu hardie », mais le tir d’un jeune loup à Joinville est selon lui « très certain ». Pour le rédacteur, cet « exploit cynégétique » a causé une grande émotion dans la ville. Il conclut que « le loup de Joinville restera légendaire ! »

Selon les études sur le loup en France, il n’y en avait pas en Île-de-France en 1878. Mais, dans le pays tout entier, 1 035 loups ont été tués en 1884, soit un nombre comparable à la population lupine totale dans l’hexagone au 21e siècle.

Il existe bien, entre Nogent-sur-Marne et Le Perreux une île des Loups, qui accueille un club d’aviron, et constitue un espace boisé classé. Mais le seul animal protégé qu’on y trouve est le hérisson blond.

L’île des Loups (France nature environnement, 2020)

 

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2 avril 2025 3 02 /04 /avril /2025 00:01

Alexandre Robard nait le 28 avril 1791 selon la liste des électeurs communaux pour l’année 1848 de la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il avait donc alors 57 ans.

Ce document est constitué sur la base de l’imposition à laquelle ont été soumis les citoyens au cours de l’année 1847. La population étant de 960 habitants, il y a 96 électeurs inscrits sur ces listes selon les règles du suffrage censitaire établies sous la monarchie de Juillet, à savoir la partie des contribuables les plus imposés représentant 10% de la population totale. Avec une contribution de trente francs, Alexandre Robard y figure, sa profession indiquée étant celle de maraicher.

Il faut sans doute l’identifier à Alexandre Rouard, époux de Félicité Auvray, tous deux jardiniers (désignation souvent synonyme de maraîchers). Ils sont recensés à Joinville-le-Pont en 1841 comme étant domiciliés au lieu-dit du Bout du Pont, dans le quartier de Polangis. Cette zone est alors très peu peuplée, avec une quarantaine d’habitants. À leur domicile, ils hébergent une domestique et son fils.

Aucune autre source connue (état-civil, recensements, presse, ouvrages) ne permet de compléter les informations sur Alexandre Robard ni sur Alexandre Rouard.

Une voie de Joinville-le-Pont reliant la rue de Paris au boulevard du Maréchal Leclerc (anc. rue de Créteil), porte le nom de « rue Robard » ; elle longe le parc du Parangon. En l’absence de tout autre homonyme, il est probable que son origine soit celle d’une ancienne propriété d’Alexandre Robard.

Plaque de la rue Robard à Joinville-le-Pont (Wikipédia)

 

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31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Guy Pascal Hirsch Montmartin

Parallèlement à la fonction de consul général honoraire d'Autriche à Paris qu’il exerce depuis octobre 1934, qui n’est pas rémunérée, Guy Pascal Hirsch Montmartin reprend une activité industrielle en France. Il crée en juin 1936 la société Amplilux, qui adopte comme slogan « plus de lumière pour moins d’argent ». Il dépose des brevets en France et aux États-Unis, notamment pour des ampoules à réflecteur annulaire mais aussi pour de la peinture, des instrument d’optique ou des dispositifs et d'ornementation. Il devient également administrateur de la Compagnie des Lampes.

Après avoir appris à piloter à Orly (Seine, act. Val-de-Marne) en juin 1936, Hirsch-Montmartin achète un avion Potez 585 qu’il utilise notamment pour se rendre dans sa résidence secondaire de La Baule (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il connaît deux problèmes de navigation en moins d’une semaine. Le 5 janvier 1937, alors qu’il se rendait à Vienne (Autriche), son pilote a dû atterrir dans un champ à Juan-les-Pins (Antibes, Alpes-Maritimes). Le consul général n’a pas été blessé et a pris le train pour Marseille, pour prendre la ligne régulière Air-France. Autre incident le 11 janvier. Parti de Cannes, ayant fait escale à Lyon, piloté cette fois par Hirsch Montmartin, l’avion – à cause du brouillard – s’est posé dans un champ près de Villepinte (Seine-et-Oise, act. Seine-Saint-Denis).

Comme l’avait fait son père, Guy Pascal Hirsch Montmartin s’intéresse à la presse. Il appuie le projet du journaliste Robert Pecquery dit Jacques La Brède de transformer son hebdomadaire, Demain, qu’il avait lancé pour promouvoir l’association qu’il avait constituée, Confédération générale des classes moyennes. Ils le transforment en juin 1937 en quotidien du soir à Paris. Une enquête sur des trafics d’armes figure dans les premiers numéros. Mais le journal arrête sa publication journalière dès le mois de juillet et son édition de semaine peu de mois après.

Au début de la deuxième guerre mondiale, Hirsch Montmartin signale aux autorités militaires qu’il a évacué avec sa famille dans la villa Kirye, à Peuchateau, commune de Le Pouliguen (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il dirige un garage situé à la Baule, avenue de Chambord. Il embauche des réfugiés juifs, notamment Hélène Komorner.

L’entreprise d’Hirsch Montmartin à La Baule lui est retirée en juin 1943, au nom de la loi du 22 juillet 1941 relative aux entreprises, biens et valeurs appartenant aux Juifs. La famille est, à ce moment, déjà réfugiée en Amérique, sans doute à New-York (États-Unis).

Après la fin de la guerre, toujours résident à New-York, Hirsch Montmartin se rend régulièrement à Montréal (Québec, Canada). Il quitte la métropole étatsunienne en septembre 1946 en compagnie de Pierre Mendès-France et du cinéaste Julien Duvivier sur un vol de la compagnie TWA. Il fait de fréquents séjours à Paris mais revient à New-York où il a le statut de résident permanent et, en 1948, de citoyen des États-Unis.

Allié à une société canadienne, il achète en 1947 la mine d’amiante de Château-Ville-Vieille (Queyras, Hautes-Alpes) et constitue la société Les Amiantes de France. Bénéficiant d’un financement a titre des dommages de guerre, il investit dans la construction d’un téléphérique de 5,4 km et dans une station de traitement du minerai au Clôt du Riou. [Difficultés techniques] La société est mise en liquidation en 1953.

Toujours dans l’exploitation de ce minerai, conjointement avec son gendre canadien Léon Hoffman, Hirsch Montmartin crée à Genève la société Absestospray en août 1958.

Pascal René Guy Laurent Salomon meurt le 29 décembre 1972 à Nice (Alpes-Maritimes). Il était âgé de 78 ans et père de deux filles. Sa nécrologie est publiée, sous la signature de sa veuve et de sa fille cadette Vivianne par La Presse, quotidien de Montréal (Québec, Canada), ville où il résidait probablement. Il est désigné sous le nom de Guy Pascal Hirsch Montmartin et les deux fonctions mentionnées sont « ancien consul général d'Autriche et président des commissaires généraux de l'Exposition de 1937. »

Selon le journaliste Henry Coston, Hirsch Montmartin appartenait, comme son père, à la franc-maçonnerie.

Fin

Guy Pascal Hirsch Montmartin en 1938

 

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Guy Pascal Hirsch Montmartin

Après ses ennuis judiciaires du début des années 1920, Pascal Hirsch Salomon ne semble avoir qu’une activité en France ; peut-être voyage-t-il à l’étranger. Il s’inscrit en 1927 sur la liste électorale de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), se déclarant comme représentant, et réside avec sa famille avenue des Ailantes.

En 1931, il est domicilié à La Celle-Saint-Cloud (Seine-et-Oise, act. Yvelines), rue de L’Étang-Sec, avec son épouse et des deux filles ; il se déclare administrateur de sociétés et deux domestiques résident chez eux. Il se fait appeler Guy Pascal Hirsch Montmartin, préférant généralement raccourcir en Guy Pascal Montmartin, adoptant le nom de sa belle-famille.

Ayant un temps abandonné les affaires, Guy Pascal Montmartin commence en octobre 1934 une carrière diplomatique. Il est nommé consul général honoraire d'Autriche à Paris. S’il exerce bien la fonction consulaire, la titulature honoraire signifie qu’il n’est pas rémunéré. Il adhère en décembre 1934 au comité du Développement des Relations artistiques entre l'Autriche et la France et assure à partir de 1935 de nombreuses représentations protocolaires et mondaines. Il organise, dans les salons du consulat, une exposition commerciale et artisanale d'Autriche en mai 1935.

La résidence familiale est, en 1936, l’avenue Victor-Hugo à Paris (16e arr.), dans le quartier de la Porte Dauphine. Trois domestiques résident chez eux.

La partie la plus marquante du mandat de Hirsch Montmartin va être liée à l'Exposition universelle de 1937 à Paris. Officiellement dénommée Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne, elle se tient à Paris du juin à novembre 1937. Il est nommé en janvier 1936 commissaire général du gouvernement autrichien pour cette manifestation. En septembre la même année, il est désigné président par l’assemblée générale des commissaires généraux des nations ayant accordé leur participation à l'Exposition, devenant ainsi leur interlocuteur pour les discussions avec le gouvernement français. Le pavillon autrichien est, le 11 juin 1937, l’un des premiers (avec celui du Portugal) à ouvrir.

Après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, le 13 mars 1938, toutes les représentations diplomatiques de la République autrichiennes sont sommées de se soumettre aux autorités allemandes. À Paris, Hirsch Montmartin répond à la chancellerie fédérale à Vienne : « Je reçois votre télégramme me donnant ordre arborer le drapeau allemand à croix gammée sur le consulat général d'Autriche. Je vous informe que je refuse d'arborer un autre drapeau que le drapeau autrichien constitutionnel et vous confirme ma démission ». Plusieurs autres diplomates prennent la même attitude, comme le baron Pflugl, délégué permanent de l'Autriche auprès de la Société des nations à Genève ou le consul d'Autriche à Sao-Paulo (Brésil). Le quotidien Paris-soir estime que « Le Consul général à Paris reste fidèle à ses convictions républicaines. »

Le 17 mars, après que l’ambassade d’Allemagne à Paris lui eut donné l’ordre d’amener le pavillon fédéral autrichien qui flottait sur ses bureaux, Hirsch Montmartin publie une note : « j’ai remis les documents consulaires entre les mains de l’envoyé de l’ambassade d’Allemagne. Je crois que c’est un évènement historique sans précédent que de voir disparaître la représentation totale d’un pays dont l’existence constitutionnelle et légale était reconnue par le monde entier. (…) J’ai déclaré que l’on se battait encore en Autriche il y a quelques jours et je crois savoir que les combats continuent. Le régime de terreur institué implique que ces informations sont exactes. Les arrestations en masse dans tous les milieux prouvent bien que l’enthousiasme et l’unanimité ne sont pas tels qu’on les déclare sans quoi les arrestations seraient des persécutions trop tragiques. Bruno Walter, qui n’a fait d’autre politique que celle de l’Art, a été impitoyablement emprisonné ; la princesse Starhemberg, mère du prince, octogénaire, est en prison ; le baron Louis de Rothschild y est aussi et tant d’autres dont on ignore le sort ; en effet, les nouvelles de Vienne ne parviennent plus, les journalistes ne pouvant tout voir, mais seulement dire ce qu’ils apprennent. Un grand nombre d’Autrichiens ne reconnaîtront pas la mainmise sur leur patrie et tant parmi ceux qui sont en Autriche que ceux qui sont à l’étranger, un mouvement national est en formation. Des comités se forment dans les grandes capitales, à Londres notamment sous la présidence du baron Frankenstein, dernier ambassadeur d’Autriche dans la capitale britannique. À New-York et à Paris, d’autres comités se créent. Je me suis personnellement chargé de coordonner tous ces efforts. Aujourd’hui même, je reçois une délégation d’Autrichiens d’Amérique. Il est à souhaiter que tous ces efforts trouvent un appui auprès des gouvernements et qu’on finisse par apprendre la vérité sur les sentiments réels de l’Autriche afin que les gouvernements étrangers du monde entier viennent au secours du droit et de la liberté des peuples et assurent le respect des traités sur lesquels figure leur signature. La paix si menacée du monde en dépend plus que jamais. L’Autriche redeviendra autrichienne. »

Dans la presse, il déclare encore : « Si je n’ai pas arboré le drapeau à croix gammée c’est que la plus grande partie de l’Autriche n’est pas nazie, contrairement à toutes les informations parues dans la presse. Je n’en veux pour preuve que cette information que je reçois de source très sûre : de la frontière suisse on entend nettement la mitraillade dans le Tyrol. En effet, des combats ont lieu sur certaines parties du territoire autrichien. Quant à l’entrée des troupes allemandes en Autriche, elle ne s'est pas effectuée comme on l’a dit au milieu de l’enthousiasme mais à grand renfort de formations nazies, on est parvenu à créer une fausse allégresse. Comme consul général d’Autriche à Paris, je ne connais que l’Autriche qui a été définie par les traités et par la Société des Nations. L’annexion de l’Autriche n’a pas été officiellement reconnue. Telle est la cause de mon refus d'arborer l’emblème du Reich. Au surplus, la logique m’interdisait de faire une telle chose. S'il y a encore une Autriche il n’y a qu'un seul drapeau, s’il n’y a plus d’Autriche, je ne suis plus consul. »

Dans Le Petit Provençal, Camille Ferdy apprécie sous le titre « Un geste » : « Le consul d'Autriche à Paris, M. G.-P. Hirsch Montmartin a refusé de remplacer par le drapeau allemand à croix gammée le drapeau national autrichien flottant sur la façade du consulat et naturellement il a ensuite démissionné. (…) Nous savons bien qu’en réalité, si nobles soient-ils, de tels gestes ne changent rien à la marche des événements. Un ambassadeur et un consul qui ne consentent point à se courber sors le joug et qui sacrifient les avantages de leur situation au sentiment de leur dignité ont immédiatement des successeurs à l'échine plus souple. Les dictateurs n'ont pas de peine à trouver de dociles serviteurs. Mais, pour l'honneur de l'humanité, il n'est pas mauvais que les attentats contre le droit provoquent parfois ces gestes d’indépendance attestant qu'il y a encore quelques esprits fiers et quelques consciences libres en notre époque ou tant de gens et tant de nations semblent se ruer avec un allègre enthousiasme à la plus lourde et la plus dégradante des servitudes. »

Lorsqu’une Entraide autrichienne est fondée à Paris, Hirsch Montmartin la domicilie chez lui, boulevard Malesherbes, et fait partie de son bureau.

À suivre

Le drapeau autrichien maintenu sur le consulat d’Autriche après l’Anschluss en mars 1938

 

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27 mars 2025 4 27 /03 /mars /2025 00:01

Début de la biographie de Guy Montmartin

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Pascal René Guy Laurent Salomon naît le 21 avril 1894 à Paris (8e arr.). Il est le fils de Léa Strauss et de son mari Hirsch Salomon, qui résident avenue de Friedland. Le père, négociant et industriel, est également un homme de presse et une personnalité politique influente du parti radical-socialiste. Vers 1891, il a adopté le nom d’usage « Hirsch », faisant de Salomon un prénom d’usage. Pascal utilisera également la même désignation, qui n’aura toutefois pas un caractère officiel, les actes d’état-civil continuant de mentionner le patronyme de Salomon.

Sa mère est la fille d’un homme d’affaires Juif américain natif de Granville (New-York, États-Unis).

La famille s’installe ensuite boulevard Pereire puis, toujours dans le 8e arrondissement, avenue de Wagram. Elle va ensuite résider à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, actuellement Val-de-Marne), dans le quartier du Parc Saint-Maur, avenue des Ailantes, où le père installe son usine de production de papier. En 1914, le quotidien La Dépêche coloniale décrira l’environnement familial « où se retrouve quelque chose des mœurs patriarcales d’autrefois, sous la douce autorité de la vénérable mère [Clara Strauss, mère de Salomon Hirsch]. »

La famille est de religion israélite et Pascal Salomon fait sa Bar Mitzwa à la grande synagogue de Paris, rue de la Victoire (9e arr.) en avril 1907. En 1914, il se présente comme représentant de fabriques, ayant donc une activité commerciale sans doute dans les entreprises de son père.

Alors âgé de 20 ans, âge normal de la convocation pour le service militaire, Pascal Hirsch (puisqu’il utilise désormais cette dénomination) intègre l’armée dès septembre 1914, du fait du déclenchement de la première guerre mondiale. Il est affecté au 13e régiment de dragons, où il est nommé en novembre brigadier. Il devient sous-officier en tant que maréchal des logis en février 1915. La même année en juillet, il est promu, à titre temporaire, sous-lieutenant, et rejoint le 158e régiment d’infanterie. Transféré au 9e régiment de hussards en avril 1916, son grade d’officier n’est pas confirmé et il redevient maréchal des logis. En août, il passe 146e régiment d’infanterie. Il participe avec son unité à la bataille de la Somme, d’où il est évacué de Sailly-Saillisel (Somme) en novembre 1916 avec les pieds gelés. Du fait de l’état de ses poumons, il est réformé définitivement en février 1919.

Il se lance dans les affaires, avec une maison de commission-exportation, Établissements PSH (Pascal Salomon Hirsch), qui fait faillite en janvier 1921. La procédure se conclut par un remboursement des créanciers en février 1925.

En novembre 1921 à Paris (16e arr.), Pascal Hirsch Salomon épouse Yvonne Henriette Montmartin, originaire de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique).

Il fait face, en décembre 1923, une deuxième fois à la justice, devant la douzième chambre du tribunal correctionnel de la Seine sous des accusations d’abus de confiance. Il lui est reproché un emprunt obtenu pour un prétendu projet et non remboursé, pour lequel il se présentait comme le « baron Hirsch ». Il est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, à 30 000 fr. d’amende et à 200 000 fr. de dommages-intérêts envers la partie civile.

À suivre

Guy Pascal Hirsch Montmartin 1935 (à droite)

 

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