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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 01:01

Francis Louis Albert Maeder naît le 11 août 1879 à Paris (18e arr.). Il prend le nom de Carrouet (parfois orthographié Carrouët) après le mariage en mai 1882 de ses parents Marie Françoise Maeder, domestique, et Jacques Louis Carrouet, maître d’hôtel.

En août 1903, il épouse à Paris (10e arr.) Jeanne Élise Charlotte Maroche avec laquelle il aura une fille.

Peut-être est-ce lui qui souscrit « pour la propagande électorale » avec un groupe signant « pour l’affranchissement du prolétariat » dans le quotidien socialiste L’Humanité en avril 1906. Francis Carrouet s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) vers 1913. Il y milite au sein de la section socialiste SFIO, qui a fait élire 7 conseillers municipaux sur 23 en 1912, dans le cadre d’un accord électoral au second tour avec des radicaux dissidents et des libéraux, permettant de faire tomber la majorité radicale-socialiste. Les édiles socialistes (Laruelle, Lebègue, Flambard, Périn, Lacroix, Petit et Scornet) ne participent pas au bureau municipal, contrôlé par les radicaux dissidents (dont le maire Achille Ernest Mermet) et les libéraux. Carrouet est l’un des 4 socialistes sur les 9 délégués du conseil municipal pour l’élection sénatoriale de mai 1914.

En juin 1914, Carrouet remplace Mibord en tant que secrétaire de la section SFIO. Avec l’entrée en guerre en août, et la mobilisation très probable de Carrouet, celle-ci va cependant cesser de fonctionner, jusqu’à sa relance en août 1916 par Flambard, conseiller municipal, revenu du front blessé.

Après-guerre, Carrouet s’installe de nouveau à Paris et milite dans la 12e section du nouveau parti communiste SFIC.

Francis Carrouet meurt le 26 décembre 1922 à Paris (12e arr.). Il résidait avenue Daumesnil et est Incinéré au cimetière du Père-Lachaise le 28 décembre. Il était âgé de 43 ans.

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 01:01

Alphonse Louis Mibord naît le 15 décembre 1883 à Sotteville-lès-Rouen Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il est le fils de Blanche Aimée Leprêtre, journalière, et de son époux François Ernest Mibord, journalier également.

Marié une première fois à Rouen en avril 1904 avec Hélène Anaïse Tocqueville, Alphonse Mibord se remarie à Joinville en février 1911 avec Marie Louise Seitz. Il réside d’abord avenue Jamin (quartier de Polangis) puis dans le hameau de Polangis (act. les Guinguettes).

D’abord garçon de magasin en 1911, Mibord est doreur ensuite en 1914.

En mai 1913, Mibord devient secrétaire de la section socialiste SFIO de Joinville-le-Pont ; il ne siégeait pas jusqu’ici dans cette instance. Il remplace Émile Graillat, qui avait été désigné comme secrétaire en janvier 1913. Grâce à une alliance de second tour avec des radicaux dissidents et des libéraux, les socialistes ont eu pour la première fois 7 élus sur 23 au conseil municipal de la commune (Laruelle, Lebègue, Flambard, Périn, Lacroix, Petit et Scornet). Mibord est l’un des 3 socialistes sur les 9 délégués du conseil municipal pour l’élection sénatoriale de mars 1914. Il quitte sa fonction de secrétaire de section en juin 1914, remplacé par Carrouet.

La section socialiste cesse de fonctionner pendant la première guerre mondiale, avant sa relance par Flambard, conseiller municipal revenu blessé du front, en août 1916.

Après la première guerre mondiale, Alphonse Mibord est candidat en 9e position sur la liste socialiste unifiée (SFIO) pour les élections municipales de novembre 1919, conduite par Georges Laruelle, ancien conseiller. Il obtient au premier tour 502 voix sur 1518 suffrages exprimés (33,1%) pour 1537 votants et 2491 inscrits. Sur la liste socialiste maintenue, qui est battue au second tour par une liste rassemblant des radicaux dissidents et officiels ainsi que des socialistes indépendants, Mibord recueille 495 votes soit 29,2% des 1694 suffrages exprimés sur 1715 votants. La liste conduite par Henri Vel-Durand (radical dissident) emporte les 23 sièges.

En février 1920, Mibord est désigné comme membre de la commission exécutive de la section SFIO dont Flambard est toujours le secrétaire. Sans doute adhère-t-il comme l’ensemble des adhérents joinvillais au nouveau parti communiste SFIC en décembre 1920.

On retrouve Mibord en 1937 et 1938 comme président de la 33e section l’association nationale des vieux travailleurs. Créée à Saint-Etienne en juillet 1929, elle regroupe les non pensionnés, exclus des assurances sociales. Lors de son assemblée générale d’avril 1938, la section revendique une retraite définie dans une loi claire et précise, d’un montant minimum 8 000 francs par an.

Alphonse Mibord meurt le 27 septembre 1959 à Lude (Sarthe). Il était âgé de 75 ans.

Avenue Oudinot, Polangis

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 01:01

Émile Marie Victor Guérin naît le 2 avril 1876 à Montargis (Loiret). Il est le fils d’Émelie Sophie Alexandrine Chambolle et de son mari Arthur Alcide Guérin, comptable.

Devenu employé de commerce, Guérin s’installe à Paris, rue Saint-Dominique (7e arr.), et y épouse en avril 1902 Justine Massé, employée, originaire de Chabanais (Charente). Il fait un service militaire dans les troupes coloniales, et devient officier de réserve de l'infanterie coloniale, comme lieutenant, en septembre 1908. Il est décoré en tant que chevalier dans l’ordre du Nicham-El-Anouar en mai 1913 pour avoir participé à une campagne au Tonkin (Indochine).

S’étant installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Guérin est devenu chef de service aux établissements Pathé, entreprise cinématographique qui dispose d’usines à Joinville et Vincennes où il est entré en 1907.

En mai 1912, Guérin est élu conseiller municipal de Joinville au second tour sur une liste regroupant des radicaux dissidents, des socialistes SFIO et des libéraux et issue de la fusion sur une base proportionnelle des listes candidats de ces trois tendances au premier. La liste, conduite par Achille Ernest Mermet, radical dissident, qui devient maire, l’emporte face aux radicaux-socialistes officiels de l’ancien adjoint Georges Briolay. Émile Guérin figurait sans doute sur la liste des radicaux dissidents au premier tour.

Pendant la première guerre mondiale, Guérin signale par courrier qu’il n’est pas en mesure de siéger, « faisant son devoir de Français. »

En août 1914, Guérin reprend du service dans les troupes outre-mer. Il rejoint 6e régiment colonial du Maroc stationné près d’Agadir. Il est nommé à titre temporaire capitaine dans le 139e régiment territorial d'infanterie en février 1917 puis confirmé dans ce grade à titre définitif en mai 1918 et affecté au 17e bataillon de tirailleurs sénégalais.

Ne se représentant pas aux élections municipales de 1919, Guérin est chargé de tenir le bureau de vote n° 2 aux écoles de Polangis.

En décembre 1927, il obtient une médaille et une gratification de 5 000 francs pour ses 20 ans de services chez Pathé-Cinéma. En septembre 1935, Émile Guérin, qui réside avenue Henri, dans le quartier de Polangis à Joinville, s’inscrit comme expert-comptable.

Émile Guérin meurt le 1er mars 1956 à Joinville. Il était âgé de 79 ans. Il avait eu au moins un enfant, nommé également Émile Guérin, né en 1917.

Usines Pathé

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 01:01

Albert Jean Grosbois naît le 16 juin 1840 à Richelieu (Indre-et-Loire). Il est le fils de Radegonde Gueritault et de son mari François Grosbois, couvreur.

Il s’installe comme coiffeur à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune qui grandit vite passant de 850 habitants en 1851 à 1 750 dix ans plus tard.

En avril 1863, Albert Jean Grosbois épouse à Paris (13e arr.) Joséphine Ninérailles. Ils élèveront sept enfants. Son commerce va prospérer, malgré la guerre franco-prussienne de 1870 qui voit la destruction du pont sur la Marne, l’évacuation de la population et l’occupation par les troupes allemandes.

Suite aux inondations de 1875 en France, Grosbois contribue par deux fois en juillet et septembre avec ses employés à des souscriptions en faveur des sinistrés.

Il organise aussi, en septembre 1879 une collecte plus politique, en faveur des anciens communards amnistiés. Une quinzaine de personnes et un groupe d'ouvriers y contribuent.

La vie de la famille va changer avec le paiement suite à un tirage au sort, en 1881, d’une obligation de la ville de Paris qui lui rapporte 10 000 francs. Avec cette somme, il fait construire une villa, crée un second salon de coiffure dans le quartier nouvellement loti de Palissy, sur la rive gauche de la Marne et fait quelques prêts à des voisins. En 1884, il acquiert à la Varenne-Saint-Hilaire (dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés), un fonds de commerce de marchand de vins, qu’il embellit rapidement. Mais son capital initial étant épuisé et les prêts qu’il a fait ayant du mal à rentrer, Grosbois n’arrive pas à payer plus de 2 000 francs sur les 11 000 que coûte l’acquisition du commerce de boissons. Il tente de se renflouer en acquérant des marchandises à crédit mais, sous la pression de ses fournisseurs, il doit déposer son bilan dès septembre 1884. Un perquisition dans son jardin permet de découvrir d’importantes quantité de vin qu’il cache sous des plantations de choux. Emprisonné en novembre, il est inculpé de banqueroute frauduleuse, avec détournement de marchandises, ce qui lui vaut de comparaître en mars 1885 devant la cour d'assises de la Seine. Selon la presse, le jury prend en compte son importante famille, dans un réflexe patriotique lié à la récente défaite face à la Prusse et son avocat réussit une brillante plaidoirie. Cependant, les manœuvres d’intimidation qu’il avait conduites contre certains de ses créanciers font qu’il est tout de même condamné, avec des circonstances atténuantes; à trois ans de prison pour banqueroute simple. L’hebdomadaire local Voix des communes plaint sa famille mais rapporte que le public estimait que « ça valait ça. »

La famille quitte Joinville pour s’installer à Vincennes.

Le devenir d’Albert-Jean Grosbois ainsi que la date de son décès ne sont pas connus.

La rue du Pont

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 01:01

Charles Raphaël Ythier naît le 2 janvier 1864  à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) ; inscrit comme Ithier, son nom est rectifié par jugement en août 1882. Il est le fils de Justine Zo, couturière et de QueveutDieu Ythier, charpentier.

Avec son père et son frère Gustave, Charles Ythier, qui a alors 15 ans, participe en septembre 1879 à une souscription pour les amnistiés de la Commune de Paris, lancée par le journal Le Rappel, et collectée à Joinville-le-Pont par Grosbois, coiffeur. Beaucoup des anciens communards sortent de prison ou du bagne avec des problèmes de santé ou de ressources.

Comme son père et ses deux frères aînés, Charles Ythier est charpentier. Il vit d’abord 24, rue de Paris avec son père en centre-ville puis en 1891 sur l’île Beaubourg (auj. disparue), toujours sur la rive droite de la Marne, à côté de son frère Gustave. Quelques mois après ce dernier, il s’installe dans la commune voisine de Saint-Maurice.

S’il ne semble pas s’être marié, Charles Ythier a reconnu être le père de Pauline Justine Ythier, née en mars 1891 et fille de Maria Sophie Véron, 22 ans, journalière. Il vit avec elle, et reconnaît un autre enfant né d’elle en 1887, Georges Victor. Cependant, en novembre 1896 Maria Sophie Véron se marie avec Eugène Jules Roy à Saint-Maur, légitimant ainsi ses deux enfants ; elle divorcera en 1912.

La date de décès de Charles Raphaël Ythier n’est pas connue.

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 01:01

QueveutDieu Gustave Ythier naît le 10 octobre 1856 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils aîné de Justine Zo et de son époux QueveutDieu Ythier, charpentier.

Comme son père et ses deux frères Ernest et Charles, Gustave sera charpentier. Son premier prénom qu’il partage avec son père est d’autant plus surprenant que la famille est liée à des militants de la libre-pensée et de la franc-maçonnerie, par exemple Eugin Thime, cordonnier à Joinville, dont Gustave épouse une des filles en août 1883, Antoinette Thime, plumassière, tandis que son frère Ernest avait contracté une union avec la sœur de celle-ci, Alexandrine Thime en 1880.

Avec son père et son frère Charles, Gustave Ythier participe en septembre 1879 à une souscription pour les amnistiés de la Commune de Paris, lancée par le journal Le Rappel, et collectée à Joinville-le-Pont par Grosbois, coiffeur. Beaucoup des anciens communards sortent de prison ou du bagne avec des problèmes de santé ou de ressources.

Ythier (probablement Gustave) prend part à une réunion publique de compte-rendu de mandat du parlementaire Jules Ferdinand Baulard le 6 octobre 1894 à Joinville. Il est un des signataires de l’ordre du jour de confiance qui est voté en faveur du député radical, aux côtés de Tireau, Videpied, Brisson-Joly, Lhote, Boileau, Thime, Vinçard et Pauret.

En avril 1893, Gustave Ythier perd sa fille de 4 ans puis en juillet 1894 sa femme (34 ans) et quitte Joinville pour s’installer dans la commune voisine de Saint-Maurice. Son deuxième fils, alors âgé de 10 ans et qu’il avait placé chez sa sœur, Justine Eugénie épouse Cailleux à Alfortville, décède en février 1898. Seul survit son fils aîné Léon Gustave qui est batelier et récompensé d’une médaille de bronze pour actes de courage après les inondations de la Marne en 1910.

La date de décès de QueveutDieu Gustave Ythier n’est pas connue.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 01:01

Lucien Achille Zo naît le 20 mai 1881 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), commune où il résidera toute sa vie. Il est fils de Lucie Henriette Charlier et de son mari Edmond Zo, oiseleur dans la ville.

Domicilié avec sa mère, blanchisseuse, 2, rue Pinet, il épouse en août 1904 toujours dans la commune de la boucle de la Marne Léontine Émilie Schmidt, blanchisseuse également. Il semble qu’ils n’aient pas eu d’enfants.

Il travaille comme lamineur à l’usine métallurgique du Bi-Métal, située à Joinville-le-Pont – à proximité de Saint-Maur et Saint-Maurice.

Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; la Cgt a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Leurs demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le langage de la presse de l’époque est fleuri. Le quotidien socialiste L’Humanité, fondé par Jean Jaurès en 1905, donne la parole au syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller (1876-1960, résidant à Paris). C’est lui qui dirige la grève joinvillaise, en tant que secrétaire de l’Union des métaux.

« Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

« Des groupes se, constituèrent et administrèrent aux malades en question une potion énergique qui les remit immédiatement sur pied. Un de ces malpropres individus, marchand de vins à Joinville, ayant eu vent des dispositions préventives, se fit accompagner par deux agents qui le conduisirent à l'usine. Dans la région, toute la population se figura que c'était un pillard pris en flagrant délit, que nos excellents policiers conduisaient au violon. Il paraîtrait même que son fonds à la suite de cet incident, perdrait de sa valeur.

« Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, par suite de l'excellence de la méthode adoptée, la grève se poursuit d'une façon unanime dans les quatre usines en lutte. Un gendarme ayant voulu s'emparer d'un superbe nerf de bœuf qu'un métallurgiste tenait à la main, ce dernier lui fit observer que, se trouvant en grève, il ne possédait que cet instrument de travail, le seul propre à mettre en pression la machine à frictionner qui avait fonctionné à merveille dans la journée.

« En résumé, situation excellente au point de vue de la résistance. »

Les syndicalistes se félicitent que, après trois semaines, « aucune défection se soit produite ». Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

Les grévistes n’ont pas repris le travail fin mars. La direction, qui a tenté de faire appel à une organisation de non-grévistes, le syndicat des jaunes, a dû y renoncer. Mais la tension ne baisse pas pour autant. Au sein du personnel, un certain essoufflement apparaît après presque trois mois de conflit ; des ouvriers ont des entrevues avec les directeurs de l'usine au sujet d’une reprise du travail et une pétition est lancée par quelques-uns d’entre eux.

L'usine du Bi-Métal était gardée par la gendarmerie et la police, mais devant la violence des affrontements, le gouvernement juge que c’est insuffisant et fait appel à l’armée : chasseurs à pied et dragons viennent donc faire la garde à Joinville, à partir du 11 avril.

Le 12 avril, Gaspard Ingweiller, est arrêté après une course poursuite. Il se rendait à la gare de Joinville pour y prendre le train pour Paris. Au moment où il pénètre dans la salle de distribution des billets, il y reconnaît quelques inspecteurs de police en civil. Il sort alors, et veut prendre le tramway qui rejoignait la porte de Vincennes, mais un policier à bicyclette lui barre le passage. Ingweiller tenta alors de se perdre dans le bois de Vincennes, mais un autre agent en civil se mit à sa poursuite et l'arrêta. Il était porteur d'un revolver. Conduit au commissariat, puis envoyé au dépôt, il est inculpé d'entraves sérieuses à la liberté du travail.

La 9e chambre correctionnelle de la Seine juge le 29 juillet les prévenus pour « entraves à la liberté du travail avec violence. »

Zo est une des pièces maîtresse de l’accusation, qui l’a fait citer. Mais, en réponse aux avocats des grévistes, dont le petit-fils de Karl Marx, Jean Longuet (1876-1938), député socialiste de la Seine (Sceaux, Villejuif) et Me Chesné, il déclare, selon L’Humanité, que s'il avait fait à l'instruction la déposition dont on prétendait tirer un si grand parti contre les accusés, c'était « qu'il y avait été forcé par le commissaire de police ». Des applaudissements éclatèrent dans tout l'auditoire en présence de cette déclaration significative, ce qui valut naturellement au public la menace des foudres du président. La rétractation de Zo conduit à l’abandon des poursuites contre trois accusés, les autres recevant des peines variant de quinze jours de prison avec sursis à un mois de prison sans sursis. Gaspard Ingweiller, en tant que dirigeant de la grève, est condamné à six mois fermes.

Lucien Achille Zo meurt le 26 septembre 1949 à Saint-Maur. Il était âgé de 68 ans.

Sortie usine Bi-Métal 1904

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 01:01

Alexandre Isidore Hénocq naît le 2 février 1858 à Douai (Nord). Il est le fils de Marie Hemery et de son époux, Benoit Eusèbe Hénocq, ajusteur mécanicien, domiciliés hameau de Dorignies.

Il s’installe dans la banlieue sud de Paris où, d’abord forgeron puis machiniste, il séjourne d’abord à Maisons-Alfort (1879), Ivry (1880), de nouveau Maisons-Alfort, sur le territoire de l’actuelle commune d’Alfortville (1881-1884) puis, à partir de 1886 et jusque sa mort, à Joinville-le-Pont, où il réside rue du Canal. Toutes ses communes sont dans le département de la Seine (act. Val-de-Marne).

Marié en août 1879 à Maisons-Alfort avec Louise Virginie Lavaux, couturière, ils auront au moins cinq enfants, dont trois meurent en bas âge. Sans doute avant 1891, Hénocq est chauffeur machiniste à l'usine élévatoire des eaux de la ville de Paris à Joinville. En 1912, il travaille dans un autre établissement hydraulique municipal à Bercy (12e arr.). Il est placé en retraite en mai 1915.

Hénoch fait partie des 36 souscripteurs de l'usine des eaux de Joinville « Pour les affamés de Carmaux » en septembre 1895. Il est proche du militant socialiste-révolutionnaire Gustave Charton et est cité, au moment de son enterrement en février 1900, comme membre du parti ouvrier.

Le parti ouvrier était représenté à Joinville depuis 1896 par un groupe qui porte alors le nom de  « Les Prolétaires de la rive gauche » et est membre de l’Union socialiste révolutionnaire. Il avait été précédé, à partir d’août 1887, par un groupe d’études sociales et d’action politique de Joinville-Gravelle, rassemblant des habitants de Joinville et de Saint-Maurice, basé dans le quartier du Canal, et déjà animé par Gustave Charton.

Alexandre Isidore Hénocq meurt le 9 janvier 1924 à Joinville. Il était âgé de 65 ans.

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 01:01

Édouard Clément naît le 17 juin 1843 à Beaumont-sur-Oise, actuellement dans le Val-d’Oise et alors dans la Seine-et-Oise. Il est le fils d’un cordonnier. Il vit dans le village au moins jusqu’en 1846 puis sans doute à Paris. En 1901, il réside à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il restera jusqu’à la fin de sa vie. Il y est propriétaire et rentier.

Il épouse en 1901 Anne Laury (née en 1843 à Saint-Germain-de-Modéon, Côte-d'Or), divorcée. Il réside 15, avenue du Parc, dans le quartier de Polangis. Le couple, qui n’a pas d’enfants, semble disposer d’une certaine aisance ; il emploie une bonne en 1911.

En 1904, Édouard Clément fonde la Société symphonique de Joinville et la préside toujours en 1919. En 1916, Clément milite avec succès pour qu’une rue de son quartier soit baptisée du nom d’un des membres de la société, le lieutenant Émile Moutier, tué au combat en juillet de la même année et présenté comme un héros.

Toujours en 1904, Clément est candidat sur une liste de droite opposée au maire sortant, Eugène Voisin, radical-socialiste. Au premier tour, Clément obtient 321 suffrages sur 1119 votants (28,7%) et se situe en 43e position sur les 51 candidats. Il n’est pas élu au 2e tour, sa liste remportant un seul siège sur les 23 du conseil municipal.

S’il ne participe pas au renouvellement général de 1908, Clément figure lors d’un scrutin partiel en mai 1911 sur une liste soutenue par le maire Eugène Voisin et les radicaux-socialistes. Sa liste est de nouveau battue, cette fois par une coalition comprenant des radicaux-socialistes dissidents ainsi que des libéraux et soutenue par les socialistes unifiés (SFIO).

Nommé membre du bureau de bienfaisance de la commune, sans doute au cours du dernier mandat d’Eugène Voisin comme maire de la commune (1908-1912), il est révoqué en février 1915 à la demande du nouveau maire, Ernest Mermet (radical dissident).

Comme beaucoup d’épouses de notables, Anne Clément, femme d’Édouard, était membre de la section de Joinville de l'œuvre de l'Allaitement maternel au début des années 1900.

Édouard Clément décède le 11 mars 1922 à Joinville. Il était âgé de 79 ans.

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 01:01

Alexandre Victor Édouard Burgain naît au Havre (Seine-Inférieure) le 29 ventôse an 9 (15 mars 1801). Il vit d’abord à Ingouville, commune qui devient en 1852, quand il y réside toujours, un quartier du Havre. Commis de négociant, il épouse en 1828 Joséphine Clérisse et aura deux enfants.

À la fin du second empire, installé à Joinville-le-Pont où il est recensé comme propriétaire, il entame une activité sociale et politique. En 1868, il exerce une fonction de répartiteur de l’aide sociale communale. Le 20 janvier 1869, il est nommé membre du conseil municipal aux côtés d’un maire conservateur, Auguste Courtin. Il est élu à la même assemblée lors du premier scrutin municipal de la troisième République, les 25 et 28 septembre 1870. Burgain est réélu le 23 juillet 1871 puis les 22 et 29 novembre 1874, toujours avec Courtin comme premier magistrat. Il ne siège plus dans le conseil élu en 1878.

La guerre franco-prussienne provoque 2000 morts, essentiellement militaires, en Marne et sur le territoire de Polangis ou la Plaine du Tremblay pendant la bataille de Champigny du 30 novembre au 3 décembre 1870. Les dégâts civils dus aux bombardements sont importants, le pont de Joinville est détruit par l’armée française qui veut empêcher le passage des troupes allemandes. La population se réfugie à Paris et la municipalité est transférée, d’abord en septembre 104, rue du Bac, (7e arr.) puis en novembre 105, boulevard Voltaire (11e arr.). Le conseil municipal réinvestit la mairie, qui a subi d’importantes dégradations, pendant la Commune de Paris, le 1er avril 1871. La ville reste occupée par des troupes badoises, prussiennes et bavaroises jusqu’au 24 septembre de la même année ; la municipalité doit gérer les relations difficiles des habitants avec les occupants.

Lors des inondations de la Marne en novembre et décembre 1872, Burgain est avec Louis Ferdinand Rousseau, adjoint au maire, et un autre conseiller municipal, Charles Brillaux, en charge de la répartition puis de la distribution des secours.

Burgain meurt le 12 novembre 1880 à Joinville-le-Pont ; il était âgé de 79 ans et résidait rue du Pont, dans le centre-ville.

Le pont de Joinville détruit en 1870

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