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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 01:01

Louis Marie Auguste Émile Albinhac naît le 1er août 1876 à Paris (19e arr.). Il est le fils de Marie Antoinette Virginie Céline Belvaux et de son époux Louis Alexandre Albinhac, employé.

Ordonné prêtre en 1904, il va être affecté au clergé paroissial dans le diocèse de Paris, parfois en banlieue, mais principalement à Paris. Il est d’abord nommé vicaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il assiste l’abbé Amédée Lassier, curé de la paroisse Saint-Charles-Borromée qui venait prendre la succession de l’abbé Alfred Roustan, mort en fonction.

La paroisse compte un seul vicaire et Louis Albinhac prend la suite de l’abbé Husson dans cette fonction. Pendant cette période, les deux prêtres vont vivre la séparation de l’église et de l’État en 1905. Les opérations d'inventaire des biens contenus dans les églises se déroulent à Joinville le 19 février 1906 ; elles ont lieu sans incident, alors que dans la ville voisine de Saint-Maur-des-Fossés, des catholiques ont empêché l'agent du fisc d'accomplir sa mission. Par décret du 20 mai 1912, les biens inventoriés furent partagés entre la ville et son bureau de bienfaisance.

En février 1908, l’abbé Seneuze devient vicaire de Joinville tandis que Louis Albinhac a été nommé vicaire à Saint-Jean l'Évangéliste de Montmartre (Paris, 18e arr.). Il y reste peu, car dès octobre, il devient vicaire à Saint-François Xavier, toujours à Paris (7e arr.).

En août 1914, Albinhac est mobilisé avec le grade de caporal au 64e régiment d’infanterie territoriale (RIT). Il devient sergent en décembre, est transféré en décembre 1915 au 81e RIT, où il est promu sous-lieutenant en juin 1916. En septembre cette année-là, il est cité à l’ordre de la brigade : « Officier très méritant, a montré beaucoup de bravoure et de sang-froid en organisant sa tranchée, attaquée par une patrouille ennemie qui laissa entre nos mains deux prisonniers. »

Devenu adjoint au chef de bataillon en mai 1917, Albinhac passe au grade de lieutenant en juin 1918 et est démobilisé le 25 janvier 1919. Son parcours est inscrit dans le Livre d'or du clergé et des congrégations 1914-1922, paru en 1925.

Au début de la guerre, Louis Albinhac avait séjourné à Baccarat au domicile de la famille Sigvard, qui raconte ainsi la situation dans cette petite ville très proche de la ligne de front : « Nous vivions toujours sous la menace de voir revenir les allemands. Nous avons dû déménager nos matelas pour aller nous installer sous les fours de la Cristallerie, dans de grandes galeries souterraines. C’était obligatoire durant les nuits. Les matelas étaient alignés par quartier, avec un responsable. Et, chaque matin, nous rentrions déjeuner à la maison. Parce que si nous n’étions pas rentrées, la maison pouvait être réquisitionnée pour loger des soldats de l’armée française. Surtout depuis l’annonce de l’arrivée des américains. De toute façon, il fallait déclarer les pièces que nous avions libres. Nous avons logé un aumônier militaire, l’Abbé Albinhac. Il était curé de Saint-François-Xavier de Paris. »

Après-guerre, l'abbé Albinhac reprend son service pastoral à Saint-Jean de Montmartre. Il célèbre notamment deux messes en 1920 pour la Ligue patriotique des Françaises, association féminine proche à sa fondation de l’Action libérale populaire puis réorientée vers l'éducation sociale, les interventions de bienfaisance et l'action sociale.

En octobre 1922 l'abbé Albinhac devient vicaire à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) puis à l’église de l'Immaculée-Conception à Paris (12e arr.) en avril 1924. En mars 1929, il retourne à Saint-François-Xavier comme premier vicaire. Dans cette paroisse d’un des quartiers les plus huppés de Paris, il célèbre des cérémonies mondaines, comme les obsèques de la marquise de Montebello en février 1930, du marquis de Moy de Sons en mars 1932, du comte Edgard de Villefranche en novembre la même année ou du baron Jurien de la Gravière en novembre 1933.

En mai 1933, l'abbé Albinhac avait également conduit la cérémonie mortuaire du chanoine Paul Coqueret, ancien aumônier de la 60e division d’infanterie, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre et curé de l'église de l’Immaculée-Conception, dont il était l’exécuteur testamentaire.

Après 19 ans passés à Saint-François-Xavier, le père Albinhac va consacrer 18 ans à une paroisse beaucoup plus populaire, Saint-Antoine des Quinze-Vingts Paris (12e arr.). Il y est nommé curé en mai 1934. Lors de la fête corporative de l'Union catholique du personnel des chemins de fer, en juillet de cette année, on assure qu’il est appelé « curé du P.-L.-M. », la compagnie qui gère la liaison ferroviaire Paris-Lyon-Marseille depuis la gare de Lyon. Il est présent au banquet du cinquantenaire des syndicats chrétiens, organisé par la CFTC en octobre 1937.

L’activité militaire d’Albinhac fait qu’il est partie prenante de la constitution, en mai 1936, avec 50 autres religieux de l’association des Prêtres anciens combattants (PAC), une organisation présidée par le chanoine Filleux, curé de Saint-Louis de Vincennes et dont l'abbé Albinhac est trésorier. L’association organise notamment des congrès-pèlerinage, à Lourdes en 1936 puis à Vienne (Autriche) en 1937. En lien avec cette fonction, le curé organise plusieurs cérémonies commémoratives. Il est nommé chanoine honoraire en janvier 1938.

Un service à la mémoire des disparus du sous-marin Phénix, qui coule au large de l’Indochine le 5 juin 1939, est organisé en juillet de cette année à la demande du Parti social français (PSF), pour honorer André de Saint-Martin, un de ses membres ; le colonel François de la Rocque, fondateur du parti d’extrême-droite, y participe. Le chanoine Albinhac célèbre la messe dans son église.

L’abbé Louis Albinhac meurt le 22 juillet 1952 à Paris (12e arr.). Il était âgé de 75 ans et toujours titulaire de la cure de Saint-Antoine des Quinze-Vingts.

Saint-Antoine des Quinze-Vingts, photo MBZT, Wikipédia

 

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 01:01

Suite de la biographie d'Emile Simonard.

C’est en novembre 1921 que l'abbé Simonard prend en charge une cure, étant nommé à la tête de la paroisse Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il remplace l'abbé Seneuze, premier curé de Polangis, nommé à la création de la paroisse en 1910.

Lors d’une rencontre de l’Association catholique des hommes de son ressort, Simonard prononce une allocution en faveur de « l’Union sacrée pour le bien et le bonheur de notre France ». Chaque année, début décembre, une cérémonie est organisée en souvenir des combattants de 1870-1871 morts lors de la bataille de Champigny, en général à l’église Saint-Saturnin ; l'abbé Simonard en est souvent le prédicateur. En 1923, son intervention est publiée par le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole : « A ne prendre que l’apparence, nos morts de Champigny n’ont pu triompher de l’adversaire ; leur héroïsme paraît comme inutile. Apparence trompeuse, car pendant près de quarante années, Champigny a été une de ces claires lumières où l’âme de France venait chercher Les directives d’action qui lui étaient nécessaires, pour garder le tenace et irréductible espoir des revanches de la justice et du droit ». Il poursuit avec une tonalité plus politique : « Nous devons donc associer dans un même mouvement de reconnaissance les morts de 1914-1918 à ceux de 1870 ; tous nous apportent la même éloquente et nécessaire leçon de discipline et d’obéissance consciente qui est l’indispensable leçon de l’heure présente (…) Nos grands chefs étaient des croyants catholiques pratiquants (…) Ils ont défendu la Justice divine, la Vérité ! Suivons-les et acceptons l’autorité. Il y a de l’ordre, de l’harmonie dans la Nature ; il doit y en avoir dans la Société ! »

L’abbé Simonard est souvent mobilisé comme prédicateurs de carême : à Saint-Hippolyte en 1920, Saint-Eloi en 1922, dans son ancienne paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Belleville en 1923, à Charenton en 1926, Saint-Honoré d'Eylau en 1929, Saint-Eugène en 1933, etc.

Il fait partie des premiers abonnés du quotidien d'inspiration démocrate-chrétienne l'Aube, fondé en 1932 par Francisque Gay et codirigé par Gaston Tessier, secrétaire général de la Cftc.

L’église de Polangis, avant son érection en paroisse, portait le nom de « chapelle des usines », étant proche des établissements Pathé-Natan. Elle était de fait très liée aux métiers du cinéma. L'association l’Entraide du Cinéma demande à l’abbé Simonard de célébrer, le 1er décembre 1934, un service funèbre â la mémoire de tous les cinématographistes morts dans l'année : producteurs, éditeurs, distributeurs, metteurs en scène, industriels, artistes, auteurs, directeurs, opérateurs, ouvriers, employés ; le quotidien culturel Comoedia en compte 237 pour les onze premiers mois de l’année. Simonard assure : « C'est de grand cœur que j'ai accueilli cette demande (…) comme curé d'une paroisse où est établi le premier studio de France. »

La messe des morts du cinéma accueille, en 1936 et 1938 à Sainte-Anne de Polangis le cardinal Verdier, archevêque de Paris. En décembre 1938, la dernière des messes du type est déplacée à l’autre édifice cultuel joinvillais, Saint-Charles-Borromée, de plus grande contenance.

Émile Simonard va s’intéresser de manière plus concrète au 7e art. Lors du tournage aux studios de Joinville d’un film de Jean Dréville, Les Petites Alliées, en janvier 1936, Madeleine Renaud et Constant Rémy se plaignaient du jeu peu crédible d’un figurant supposé les marier. Un régisseur alla chercher l’abbé de Polangis qui fit la scène et avoua : « Voici longtemps que j'avais envie de tourner. »

Le figurant partagea le cachet qu’on lui avait remis entre son enfant de cœur et un chômeur du voisinage.

Émile Simonard meurt le 22 janvier 1937 à l’âge de 61 ans ; son décès est transcrit dans l’état-civil de Joinville. Le journal syndical L'Employé, qui lui rend hommage en disant qu’il « avait su se faire aimer et respecter, notamment des cinéastes », assure qu’il a été « écrasé par une tâche trop lourde. »

 

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 01:01

Suite de la biographie d'Amédée Lassier

Nommé curé d’une des plus grandes églises de Paris, même si la population paroissiale est relativement limitée, l'abbé Lassier va donner à son ministère une autre dimension. La presse catholique et conservatrice l’apprécie manifestement. Le chroniqueur religieux du Figaro, Julien de Narfon, estime dès sa prise de fonction, que c’est « un prêtre fort intelligent, très distingué, très affable ». La Croix loue son zèle. Un de ses camarades de séminaire, l'abbé Adam, procède à son installation en l’avertissant que son rôle serait non seulement d’évangéliser, mais de convertir : « Elles sont nombreuses encore les paroisses parisiennes qui n'ont pas une église proportionnée par ses dimensions au chiffre des habitants. Ici, ce n'est pas l’église qui manque aux fidèles, ce sont les fidèles qui manquent à l'église ». L'abbé Adam compare le vaste édifice de Saint-Eustache à une « nécropole ». Le Figaro se réjouit de « l'éloquence, pleine de charme » de l'abbé Lassier. Le quotidien Le Soleil voit en lui un « apôtre aimable, persuasif, conquérant. »

La première modification substantielle qu’apporte M. Lassier en octobre 1910 est le retour à des récitals d'orgues pendant la messe dominicale de 11h. L’autre innovation est l’appel à un missionnaire apostolique, orateur réputé, l'abbé Dien. Le Figaro apprécie la messe en musique et juge que « l'église de Saint-Eustache, sous l'énergique impulsion de son nouveau et zélé curé M. l'abbé Lassier, s'éveille décidément de son long sommeil ».

Dès mars 1911, le même journal peut affirmer que « la paroisse Saint-Eustache est redevenue l'une des plus vivantes de la capitale ». C'est devant « un immense auditoire », chiffré par Julien de Nafon à 3 000 personnes, que l'abbé Dien fit une conférence sur « la femme contemporaine », toujours accompagnée de musique religieuse. Les paroissiens, satisfaits, offrent à l'abbé Lassier une statue de Jeanne d'Arc. Continuant sur le même thème, un mois plus tard, le quotidien conservateur voit alors 4 000 participants, essentiellement des femmes. Il s’agit d’une société choisie : « cet auditoire se recrute principalement dans les paroisses riches où l'abbé Dien a prêché avec un succès dont témoigne la file d'équipages stationnant au dehors et qui se prolonge parfois, à travers les halles, jusqu'à la Seine ». Une chorale, la Schola Sanctae Ceciliae, dirigée par Félix Raugel, et un organiste, Joseph Bonnet, sont mobilisés. En mai, c’est La Croix qui note « une foule considérable » lors d’une une messe de requiem. En juin, l'église Saint-Eustache accueille un congrès parisien et régional de chant liturgique et de musique d'église.

En mars 1912, Le Figaro signale de nouveau que pendant les conférences de l'abbé Dien, le mercredi pour les « femmes du monde » Saint-Eustache « est toujours archi-comble ». Mais il note « par contre la paroisse ne compte ni parmi les plus riches, ni parmi les plus pieuses et il entre donc dans le magnifique auditoire de l'abbé Dien beaucoup d'éléments étrangers. »

Pour les hommes, on fait appel, à l'abbé Mathieu qui répond, le mardi soir, « aux accusations portées contre l'Église » dans des « conférences dialoguées » où l’abbé Lassier prend toutefois soin qu’il n’y ait pas de contradiction ; Le Figaro y voit du « tact. ».

Conférences et concerts continuent pendant et après la guerre, notamment à l’occasion de commémorations.

Cependant, quand il quitte sa fonction en 1922, plusieurs journaux, relayés par le quotidien La Presse parlent de la « misère de la paroisse », qui serait « hors d'état d'assurer même le chauffage de l'église » et évoque une « grève perlée » du clergé. L'abbé Carcoux, successeur de Lassier, dément la grève et assure que « la vérité est que la paroisse de Saint-Eustache se dépeuple, les habitants, victimes de la crise des loyers, cédant chaque jour la place aux maisons de commerce, aux banques, aux bureaux. De là une diminution des ressources de la paroisse. »

Chanoine titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris à partir de juillet 1932, l'abbé Lassier semble avoir, une activité publique bien plus réduite. Il a à ce moment 69 ans et fait de réguliers séjours à Brunoy (Seine-et-Oise, act. Essonne).

Amédée Lassier meurt le 21 février 1937 à Paris (14e arr.). Il était domicilié rue Denfert-Rochereau et avait 84 ans.

Saint Eustache vers 1900

 

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 01:01

Henri Louis Eugène Seneuze naît le 3 février 1862 à Paris (15e arr.). Ses parents sont Jenny Françoise Chenue et son époux Édouard Jean Baptiste Antoine Seneuze, employé.

Prêtre du diocèse de Paris, il est d’abord vicaire à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis) puis est nommé en 1890 vicaire à Saint-Nicolas des Champs à Paris (3e arr.). En 1900, il devient vicaire à Saint-François-Xavier à Paris (7e arr.). Avec d’autres prêtes de la paroisse, il fera des voyages à Merquel, lieudit de la commune de Mesquer (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) sur la presqu’île de Guérande. Il contribue à y créer la colonie Saint-Clément qui permit à de nombreux enfants de la paroisse Saint-François-Xavier de découvrir la mer. En 1926, il écrit un court livre : Merquel et ses environs.

Seneuze est nommé en août 1908 premier vicaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), et administrateur de la chapelle Sainte-Anne de Polangis. Construite en 1906 par l’abbé Lassier, elle était baptisée « chapelle des usines » parce qu’elle jouxtait les établissements Pathé-Natan. Implantée avenue Oudinot, dans le nouveau quartier de Polangis, elle dessert aussi celui de Palissy, également sur la rive gauche de la Marne. L'abbé Seneuze fait agrandir l’édifice qui, construit après 1905, n’appartient pas à la ville, en lui adjoignant deux collatéraux.

Pendant les inondations de la Marne, de janvier à mars 1910, qui voient les deux-tiers du quartier de Polangis et une partie de celui de Palissy sous les eaux, l’abbé Seneuze a logé une quinzaine de personnes ruinées. Le rédacteur anticlérical du journal radical Voix des communes Louis Rey, également conseiller municipal, qui avait omis de le citer parmi les personnes mobilisées pour aider pendant l’inondation, s’en excuse publiquement.

Après le départ de l'abbé Lassier en mai 1910, Sainte-Anne de Polangis est érigée en église paroissiale en juin de la même année, avec un territoire groupant environ 10 000 habitants à Joinville et dans quelques rues voisines de Champigny.

L’abbé Seneuze cède sa cure en novembre 1921 à l'abbé Simonard pour devenir aumônier des Sœurs Sainte-Marie de la Famille, rue Blomet dans son quartier natal de Paris (15e arr.).

Henri Seneuze meurt le 26 novembre 1938 à Paris (15e arr.). Il résidait rue de l’Abbé-Groult et était âgé de 76 ans.

 

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 01:01

Joseph Marie Moutardier naît le 21 septembre 1877 à Sens (Yonne). Il est fils d’Eulalie Bertrand, lingère, et de son mari Edme René Moutardier, domestique puis tanneur.

Devenu serrurier et résidant alors toujours chez ses parents à Sens, Moutardier épouse en septembre 1899, à Paris (11e arr.), Louise Mathilde Vaillant, domestique. Ils reconnaissent à cette occasion un enfant né en mai 1898 dans le même arrondissement. Leur divorce sera prononcé en mars 1917.

C’est en février 1903 que Joseph Moutardier devient professeur de serrurerie à l'école Diderot à Paris.

Ayant reçu son permis de conduire des véhicules automobiles en avril 1905, il est mobilisé dans le 5e escadron du Train comme conducteur automobile en août 1914 ; il est détaché dans une usine comme ouvrier en mai 1915 et y reste jusque février 1919.

Suite à sa séparation juridique avec sa première épouse, Joseph Moutardier se remarie en mai 1918 à Paris (20e arr.) avec Gabrielle Céline Maillot

Après la première guerre mondiale, il est professeur d'enseignement technique à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il a fixé son domicile rue Vautier. Il s’établira ensuite en 1925 rue Chapsal, toujours dans le quartier du centre de la commune.

L’activité politique publique de Moutardier est documentée à partir de 1924. Le 5 janvier de cette année-là, il préside une réunion de la section de Joinville de la Ligue de la République, qui ambitionne d’assurer un groupement des gauches, autour des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

Alors que les bords de Marne subissent leur plus forte inondation après celle de 1910, Moutardier qui se présente comme un « plongeur par nécessité », écrit une lettre ouverte à Yves Le Trocquer, ministre des travaux publics, pour se plaindre que les mesures prises pour préserver Paris des inondations ont eu pour conséquence d’inonder les riverains de la Marne et de la Haute Seine. En janvier 1925, Moutardier est candidat pour être électeur sénatorial sur une liste radicale-socialiste, mais la majorité municipale de droite l’emporte. Lors des élections municipales de mai 1925, Moutardier est probablement présent sur la liste du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay ; elle recueille 28,4 % des suffrages exprimés, devant les communistes, 21,1 % et dernière l’Union républicaine (droite), 47,5%. Au second tour, malgré le retrait des communistes, la liste du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident) emporte les 27 sièges à pourvoir.

Moutardier est élu, en décembre 1928, trésorier du comité radical-socialiste de Joinville dont Féret est le président.

Lors des élections municipales de mai 1929, Moutardier figure de nouveau sur la liste de concentration des gauches conduite par Georges Briolay, comprenant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, la liste de gauche arrive en tête, devant la liste d’Union républicaine du maire sortant, Stephen Durande, qui a remplacé Henri Vel-Durand, décédé en cours de mandat, et la liste communiste conduite par Bénenson. Moutardier obtient 795 voix sur 1 715 votants (46,2%) pour 2 491 électeurs inscrits. Au second tour, la liste des gauches obtient 22 sièges, contre 5 à celle de la municipalité sortante et aucun aux communistes.

Moutardier devient le quatrième adjoint du nouveau maire, Georges Briolay (radical), aux côtés de Maxe, Scornet (socialiste indépendant) et Roger (socialiste SFIO).

En l’absence de Briolay, malade, c’est Moutardier, trésorier, qui assure la présidence du comité radical-socialiste le 26 janvier 1931. Il est réélu à la même fonction et il en est de même en janvier puis en novembre 1933.

Au cours d’un conseil municipal le 18/12/1934, Moutardier défend un vœu pour qu’il soit interdit aux commerçants de vendre des produits sans rapport avec l’activité principale exercée.

Maxe s’étant retiré et Scornet étant décédé, Moutardier figure en troisième position sur la liste de la municipalité sortante, derrière Briolay et Roger, devenu socialiste indépendant, pour les élections municipales de mai 1935. Elle fait face à une liste de droite, à une liste socialiste SFIO et à une liste communiste.

Le groupement des gauches républicaines met en avant son bilan, revendiquant d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement, dont l’installation d’un éclairage public, qui justifient l’augmentation des impôts, également liée à l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). Leur programme s’oppose à celui de la liste de droite, soulignant qu’une « réduction d’impôts, au demeurant assez modeste, ne serait possible que par le retour à la politique du moindre effort ». La liste préconise de faire  pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau) et veut réaliser des cours de natation d’aviron gratuits pour les élèves.

Au premier tour, la liste radicale arrive en seconde position, distancée par l’Union républicaine (droite). Moutardier obtient le meilleur score parmi ses colistiers, avec 807 voix pour 2 856 suffrages exprimés (28,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, après la fusion des listes communiste et socialiste, la liste radicale échoue. Recueillant 646 voix pour 2 899 suffrages exprimés (22,3%) et 2 924 votants, Moutardier est une nouvelle fois très nettement devant les autres candidats radicaux-socialistes. La liste de droite obtient 25 sièges, complétée par deux élus communistes et Émile Lesestre est élu maire.

Refusant de suivre la majorité des radicaux-socialistes, Moutardier prend part à la création à Joinville, le 11 mars 1936, d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature d’Adolphe Chéron, radical dissident, contre un candidat radical-socialiste officiel, Gabriel Vélard. L’ancien maire, Georges Briolay, et une grande partie du comité radical soutiennent également Chéron, comme Herluison, ancien président du comité radical-socialiste de Joinville. Chéron est battu par le communiste André Parsal.

Depuis son installation à Joinville, Moutardier a exercé des responsabilités dans plusieurs associations locales. En septembre 1929, il devient président de la société de pêche Le Gardon de Joinville. Il est administrateur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1933 et le reste en 1938. Moutardier exerce la même fonction au sein de la caisse des écoles en 1935.

La Chorale de Joinville est fondée en novembre 1930 par Moutardier, qui la préside, compte 30 participants à son démarrage, 40 un an plus tard et 50 l’année suivante. Elle s’appuie sur les directeurs d’écoles, notamment sur Demeester de l’école de garçons du Centre, qui la dirige. Moutardier préside toujours la chorale en 1938.

Le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole, mentionnait, en mai 1912, l’appartenance de Moutardier à la franc-maçonnerie, signalant qu’il était membre de la loge lsis-Montyon, affiliée au Grand-Orient de France.

Décoré des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie en août 1913 puis officier de l’instruction publique en juin 1923, Moutardier avait également reçu une mention honorable pour son rôle dans la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1936.

Joseph Marie Moutardier meurt le 12 avril 1958 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 80 ans et avait eu un enfant de chacun de ses deux mariages.

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 01:01

Paul Eugène Henry Jodelay naît le 5 avril 1884 à Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est  fils d’Alix Jeanne Charlot, couturière, et de son époux Eugène Jean Baptiste Paul Jodelay, piqueur des ponts et chaussées.

Embauché en décembre 1899 par la préfecture de la Seine, à l’âge de 15 ans, Paul Jodelay y travaille comme commis dessinateur au service des chemins de fer métropolitains. Il est en 1920 au Service de la voie publique, du nettoiement, de l'éclairage et des plantations puis en 1921 au service d'Architecture. Il réussit le concours de conducteur des travaux de Paris en 1927, affecté au bureau de la comptabilité de la direction des services d'Architecture et des Promenades.

Ayant effectué un service militaire en 1903-1904, Paul Jodelay est lieutenant de réserve en 1934. Son frère, Jean Isidore, a été tué pendant la première guerre mondiale.

Installé avec ses parents dans le Bois de Vincennes à la Ferme de la Faisanderie de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1902, Jodelay dispose d’un logement personnel dans la commune, rue de Paris, en 1909. Il se marie en avril de cette année à Paris (19e arr.) avec Rachel Amélie Massé, puis est veuf dès novembre 1911. Il se remarie avec Lucie Isabelle Guillaume.

Le club cycliste Joinville Sportif confie en avril 1924 le poste de secrétaire général à Jodelay, en remplacement de René Henri Graillat. Ses deux frères, Eugène et Henri, seront eux-aussi administrateurs du club. Il est vice-président en 1929 et réélu à ce poste en octobre. Il en est le président en 1933.

C’est sans doute son père Eugène Jodelay (mais ce peut également être Paul) qui est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant conduite par Jules Beauvais, conseiller municipal. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour, qui voit la victoire d’Henri Vel-Durand, élu maire.

Lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, Paul Jodelay est candidat sur la liste des républicains indépendants, proche de la majorité municipale de cartel des gauches, et menée par Antoine Liou. Elle s’oppose à une liste de concentration républicaine, plus marquée à droite, et à deux listes communiste et socialiste. Jodelay recueille 602 voix sur 2 297 suffrages exprimés (26,2%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour devant celle de concentration républicaine.

L’année suivante, avec les élections municipales générales de mai 1935, Jodelay rejoint la liste de l’Union des républicains, dont Frédéric Bautsch est le promoteur. Face à la municipalité sortante de centre-gauche, dirigée par Georges Briolay, et aux listes communiste et socialiste, l’Union des républicains, nettement marquée à droite, est en tête au premier tour. Jodelay obtient 937 voix sur 2 856 suffrages exprimés (32,8%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Elle emporte au second tour, marqué par l’union des candidatures de gauche, 25 des 27 sièges à pourvoir, les communistes en ayant deux. Jodelay est élu après avoir enregistré 1 171 voix sur 2 899 suffrages exprimés (40,4%) pour 2 924 votants. Emile Lesestre est élu maire.

Paul Eugène Jodelay décède le 6 décembre 1936 à Joinville. Il était âgé de 52 ans et veuf de sa deuxième épouse depuis mars 1934. Il vivait dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. Son fils Roger Eugène Paul (né en 1913), orphelin, obtient un secours du conseil municipal de Paris 1937. Sergent pendant la deuxième guerre mondiale, il est fait prisonnier et détenu au camp de Charleville dans les Ardennes françaises. C’est probablement lui qui, ingénieur chimiste, rejoint en 1958 l’Association des anciens de la météorologie militaire. Est-ce lui le Roger Jodelay, décorateur de cinéma sur plusieurs films (La Communication, de Domingue Rollin ou Topaze, de Marcel Pagnol) et productions télévisuelles (Vieille France d’André Michel  ou Les Enquêtes du commissaire Maigret) ?

Paul Jodelay était titulaire de plusieurs décorations : médaille d’honneur communale en décembre 1927, chevalier du Nichan el-Anouar au titre de l’exposition coloniale en mai 1933, médaille d'argent de l’éducation physique en septembre 1934.

Le bureau de Joinville Sportif en 1933

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 01:01

Eugène Jean Baptiste Jodelay naît le 16 février 1853 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Appoline Mottu, couturière, et de son époux, Félix Alexandre Jodelay, jardinier, originaire de l’Indre.

Devenu piqueur des ponts et chaussées pour la mairie de Paris (agent technique, surveillant de travaux), Jodelay épouse en mai 1876 à Paris (1er arr.) Marguerite Orlhac, lingère ; elle décède en janvier 1880, après avoir donné naissance à une fille. Jodelay se remarie, en avril 1881 à Paris (7e arr.) avec une cousine germaine, Alix Jeanne Charlot, couturière. Elle met au monde 12 enfants entre février 1882 et avril 1896, dont trois fois des jumeaux.

Travaillant d’abord au service de la Voie publique il passe à celui des Promenades et plantations en 1886, devient agent comptable du dépôt de matériaux de la rue des Bernardins en 1890, à la direction des services d'Architecture en 1901 et prend sa retraite en 1903 en qualité d’adjoint technique principal des Promenades et plantations.

Si son salaire est celui d’un contremaître de la fonction publique, Jodelay semble avoir des difficultés à loger sa grande famille. Il réclame et obtient plusieurs secours entre 1899 et 1901. Les Jodelay déménagent fréquemment, puisqu’on leur connaît douze adresses entre 1876 et 1902, dans les arrondissements du sud de Paris, à Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine), à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils se fixent dans la Ferme de la Faisanderie, au sein du Bois de Vincennes. Eugène Jodelay y élève ses enfants après le décès de sa femme en 1909 ; son frère, Jules Alexandre, également ancien piqueur des ponts et chaussées pour la mairie de Paris, réside avec lui.

Parallèlement à son activité d’employé, Jodelay est également un inventeur. Il est félicité et récompensé par le conseil municipal de Paris en mai 1894 pour avoir mis au point un nouveau collier de joints de tuyaux d'arrosage à la lance, invention dont il laisse le bénéfice à la Ville, ne voulant en tirer aucun profit personnel. C’est le fournisseur de la commune, Dalifol et Cie, qui prend, en son propre nom, un brevet d’invention. Il fonde en 1895 la société Laurens, Jodelay et Tournel, qui exploite un système d'arrosage antiseptique (brevet d’avril 1894) et un procédé de mélange automatique de liquides avec de l'eau sous pression (brevet de juillet 1894). Les brevets sont protégés dans de nombreux pays (États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Espagne). Ils font l’objet de commentaires favorables lors du premier congrès d’assainissement et de salubrité, tenu à Paris en 1897.

Pendant la première guerre mondiale, Jodelay devient vice-président du Comité d’action agricole, mis en place à l’initiative de Chavignot, ingénieur et propriétaire du domaine de Polangis à Joinville. Formé en avril 1917, le comité attribue des parcelles de 300 à 400 m² aux habitants de la commune souhaitant mettre en place des jardins potagers. Toutes les demandes ont pu être satisfaites et environ 200 jardins sont établis dont 198 sur les terres de Chavignot. Ils couvrent 6,16 ha, plus 5,58 ha attribués aux soldats soit au total près de 12 hectares. En juillet la même année, le ministre de l’agriculture, Fernand David, vient visiter les jardins et leur fait attribuer du fumier de l’armée.

Eugène Jodelay participe à la distribution des lots et prodigue des conseils notamment dans l’hebdomadaire la Gazette de l’Est, où il tient une rubrique régulière. Il était, depuis juillet 1911, chevalier du mérite agricole.

C’est sans doute Eugène Jodelay (mais ce peut également être son fils Paul) qui est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant conduite par Jules Beauvais, conseiller municipal. La liste s’oppose à celle d’Henri Vel-Durand, radical dissident, qui rassemble des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, et à celle de parti socialiste SFIO. Au premier tour, Jodelay a 431 voix sur 1 694 suffrages exprimés (25,4%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour, qui voit la victoire d’Henri Vel-Durand, élu maire.

Eugène Jodelay meurt le 13 février 1927 à Joinville. Il était âgé de 73 ans. Parmi ses 13 enfants les 4 garçons auront un rôle public.

L’aîné de ses fils, Paul (1884-1936), préside le club Joinville Sportif, se présente à plusieurs reprises lors d’élections municipales et est élu en 1935. Son deuxième garçon, Jean Isidore (1891-1914), comptable, meurt au début de la première guerre mondiale le 10 décembre 1914 à Zillebeke, en Flandre-Occidentale (Belgique).

Ses deux derniers fils, les jumeaux Henri Marcel (1896-1969) et Eugène André (1896-1968) seront tous deux également administrateurs de Joinville Sportif. Le premier est, comme son père, un inventeur, faisant breveter en avril 1930 un moteur à explosion à propulsion circulaire. Le second est fonctionnaire au ministère des affaires sociales, au secrétariat général de la main-d’œuvre.

La Ferme de la Faisanderie en 1912

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 01:01

Antoine Honoré Boireau naît le 10 janvier 1872 à La Motte-Saint-Jean (Saône-et-Loire). Il est le de fils Jeanne Benoîte Frangy et de son époux, Pierre Boireau, meunier au village du Sarroux. Leur milieu est modeste car le père comme ses témoins, vignerons, ne savent pas signer.

Devenu boulanger Antoine Boireau vit à Paris d’abord rue de Charonne puis rue des Fossés-Saint-Marcel, où il se marie en août 1898 avec Marthe Amélie Marcelline Dumont. Ils résideront ensuite boulevard Arago, rue Saint-Sabin et rue Daval.

Du fait du décès de son père et de l’incorporation de son frère aîné, Boireau n’avait fait qu’un service militaire de moins d’un an en 1893-1894. Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé mais placé en sursis d’appel comme boulanger et continue d’exercer son métier à Paris.

Installé quai de la Marne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) après-guerre, ayant cessé son activité commerçante, Antoine Boireau est candidat aux élections municipales de mai 1925 sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par le maire sortant, Henri Vel-Durand, radical dissident. La liste s’oppose au cartel des gauches et aux communistes. Au premier tour, elle obtient 1 078 voix en moyenne, soit 47,5% des 2 275  suffrages exprimés pour 2 310 votants sur 2 761 inscrits. Les 27 candidats sont élus second tour.

Siégeant de manière régulière au conseil municipal et s’occupant des affaires de son quartier, Boireau ne se représente pas en 1929.

Antoine Honoré Boireau meurt le 9 mars 1934 à Joinville alors qu’il se rendait aux obsèques de Charles Provin, adjoint au maire. Il était âgé de 62 ans et avait un fils et une fille. Il était apparenté à Adolphe Boireau, également résident de Joinville ; c’est probablement ce dernier qui avait contribué à créer des jardins potagers dans le quartier de Polangis pendant la première guerre mondiale, dans le cadre d’un comité d’action agricole.

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 01:01

Henry René Blancart naît le 24 juillet 1894 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Marie Alexandrine Neyen, tapissière de 23 ans et de Jean Baptiste Louis Joseph Blancart, tapissier également et de 30 ans son aîné.

Pendant la première guerre mondiale, Blancart sert dans la 24e section d'infirmiers militaires, à l’hôpital militaire VR 62 d’Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est décoré en mai 1916 de la médaille d’honneur des épidémies.

Devenu éleveur de chevaux de course au trot et journaliste dans la presse hippique, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue Bernier, à proximité de l’hippodrome de Vincennes. En 1923, il est un des responsables du Club athlétique de Joinville (CAJ), principale structure omnisports de la commune qui organise notamment une course célèbre, la Traversée de Joinville à la nage. Il épouse, en janvier 1926 à Paris (11e arr.) Marie Angèle Pierrot, de 14 ans son aînée.

Henry Blancart est réélu secrétaire de L’association des propriétaires-éleveurs de chevaux de course au trot en France lors d’une assemblée générale tenue à Joinville en février 1927. Il est l’un des fondateurs du syndicat d’initiative de Joinville en décembre 1930, sous l’impulsion de Georges Scornet, adjoint au maire et président du CAJ.

Lors des élections municipales de mai 1929, Blancart est candidat à Joinville sur la liste de l’Union républicaine et démocratique du maire sortant, Stephen Durande. Il obtient au premier tour 877 voix pour 2 126 suffrages exprimés (41,2%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, la liste de droite avec 41,6%, perd du terrain face au cartel des gauches de Georges Briolay, qui est en tête avec 45,9% tandis que les communistes, qui se sont maintenus, sont à 12,5%. Les gauches ont 22 élus tandis que la droite se contente de 5 et que la liste communiste n’en a pas. Blancart n’est pas élu.

Henry René Blancart meurt le 24 janvier 1996 à Saint-Maurice (Val-de-Marne). Il était âgé de 101 ans.

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 01:01

Jacob Gozlan naît le 11 juillet 1885 à Constantine, Algérie. Il est le fils de Rachel Chemama et de son mari, Haï Gozlan, tailleur d'habits juif originaire de Souk-Ahras. La famille est nombreuse, comptant 12 enfants. C’est probablement en Algérie qu’il acquiert le surnom de Sidi Hiaco (M. Jacques), qu’il conservera.

Il est à Paris en 1905 exerçant l’activité de négociant et domicilié rue du Faubourg-du-Temple (10e arr.). Il est alors appelé au service militaire, qu’il effectue à partir d’août 1906. La commission de révision le classe pour remplir un service auxiliaire, et il est affecté à la 10e section d’infirmiers. Sur sa demande, il est transféré en septembre 1907 par la commission de réforme de Rennes (Ille-et-Vilaine) au sein du 158e régiment d'infanterie. Il est promu caporal en mars 1908 et démobilisé en septembre la même année.

Il est de retour en Algérie à Souk-Ahras en octobre 1908 puis est installé à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) en février 1910. Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Jacob Gozlan sert d’abord dans la 24e section d’infirmiers. Il rejoint de nouveau en février 1917 le 158e RI ; blessé en juillet 1917, il est évacué et reprend son poste, après convalescence, en février 1918. Il est transféré en juin la même année au 500e régiment d’artillerie où il est de nouveau blessé début juillet ; il reprend son poste à la fin du même mois. Gozlan est démobilisé en mars 1919.

Jacob Gozlan se marie en janvier 1917 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) avec Georgette Marie Brochard. Il exerce une activité de marchand forain. Ils résident après-guerre dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île. Il est, en 1934, vice-président de l’Union des commerçants et industriels de la ville, présidée par Lucien Girard. C’est lui organise la braderie organisée en mars et transmet au comité des chômeurs local une aide collectée par les commerçants.

Manifestement connu et apprécié, Sidi Hiaco est qualifié en septembre 1934 par l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, de « duc de Polangis. »

C’est en utilisant sa réputation que Jacob Gozlan va se présenter aux élections municipales. Il est candidat une première fois, en mai 1929, en tant que socialiste indépendant. Se présentant seul à côté des listes de droite du maire sortant Stephen Durande, du cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants) et des communistes, Sidi Hiaco va obtenir un nombre de voix appréciable, soit 210 pour 2 126 suffrages exprimés (9,9%) sur 2 969 inscrits. Aucune autre candidature isolée n’approche ce niveau.

En mai 1935, face aux listes de droite, radicale-socialiste, socialiste et communiste, Sidi Hiaco s’aligne à nouveau de manière isolée. Il est crédité de 147 votes pour 2 856 exprimés (5,1%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

La situation de sa famille pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue. Jacob Gozlan meurt le 19 mars 1948 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) et résidait toujours à Joinville à cette date. Son épouse y décède en 1952.

 

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