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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 01:01

Ernest Édouard Delmarle naît le 22 décembre 1872 à Sceaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Victorine Delmarle et d’un père non dénommé. Sa mère se marie en mai 1888 à Paris (11e arr.) avec Eugène Gillot, entrepreneur d’ébénisterie, qui le reconnaît.

Le service militaire d'Ernest Gillot se déroule dans un régiment d’infanterie à Sens (Yonne) entre 1893 et 1896. Il est nommé caporal en septembre 1894 puis versé dans la réserve en tant que vélocipédiste dans le 5e régiment de génie (Versailles).

Devenu ébéniste, comme son père, et résidant à Paris (11e arr.), rue Oberkampf, Ernest Gillot épouse en septembre 1899 à Douai (Nord) Marie Désirée Guillon, fille d’un capitaine d’artillerie.

Pendant la première guerre mondiale, Gillot va servir dans les activités automobiles. Il est classé dans un service auxiliaire, toujours lié à l’automobile, à partir de septembre 1916 pour obésité et emphysème, ce qui le rend inapte à la conduite. Nommé maréchal des logis en octobre 1917, il est libéré de ses obligations militaires en octobre 1919.

Après la première guerre mondiale, la famille Gillot vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ernest Gillot est devenu électricien en 1921 et ses deux filles, nées en 1902 et 1903 à Paris (11e arr.), sont devenues dactylographes.

En 1925, Gillot est membre actif de l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, qui regroupe la droite à Joinville. Il est trésorier du groupe et participe aux réunions pour la constitution de la liste municipale, conduite par le maire sortant, Henri Vel-Durand. Au premier tour, la liste sur laquelle se présente Gillot obtient en mai 1925 1 080 voix en moyenne, soit 47,5% des suffrages exprimés, devançant le cartel des gauches (socialistes et radicaux-socialistes) à 28,4% et les communistes à 21,1% ; tous les candidats sont élus au 2d tour faces aux radicaux, après le retrait des communistes.

Le programme de la liste, sur laquelle Gillot figure sous la mention ancien commerçant et résidant avenue du Bac, dans le quartier de Polangis, est axé sur l’application des lois de laïcité « sans rigueur et sans sectarisme », sur le maintien de l’octroi pour les marchandises entrant dans la commune ainsi que l’économie dans les dépenses budgétaires.

Selon le journal radical-socialiste Voix des communes, « le conseiller Gillot n’aime pas les fonctionnaires, surtout les petits » ; cet hebdomadaire, opposé à la municipalité joinvillaise, cite un propos qu’il aurait tenu : « le premier boueux pourrait remplir les fonctions d’employé municipal. »

C’est sur proposition de Gillot de la décision qu’en juin 1927 est abrogée une décision, pourtant prise par la même municipalité deux ans plus tôt, assimilant le personnel communal à celui de la ville de Paris et du département. Il s’oppose le même jour, contre la majorité locale, au réajustement des salaires des employés de la mairie.

Au cours des séances de l’assemblée locale, Gillot intervient régulièrement : sur la largeur des trottoirs de son avenue en novembre 1925 ; sur l’entretien de l’éclairage public un an plus tard ; sur la création d’une police du canotage « avec des contraventions, pour réduire les accidents » en décembre 1926 ; sur l’apprentissage de la natation dans les écoles en août 1927 et sur la création, qu’il n’obtiendra pas, d’un poste de professeur de dessin pour les écoles en janvier 1928.

En juillet 1927, Gillot participe à une réunion de propagande des Jeunesses patriotes, ligue d'extrême droite fondée par Pierre Taittinger qui s’affirment républicaines, mais dénoncent la carence du gouvernement contre le communisme. Tenue à Joinville, la réunion aurait rassemblé 400 selon l’hebdomadaire Gazette de l’Est.

Lors des élections municipales de mai 1929, Gillot ne figure pas sur la liste de droite conduite par Stephen Durande, qui a succédé à Henri Vel-Durand, mort en cours de mandat. Comme son collègue Antoine Liou, avec lequel il a défendu plusieurs positions lors de son mandat, Gillot se présente cependant de manière isolée, avec l’étiquette « radical indépendant ». Il obtient 195 suffrages exprimés pour 1 715 votants (11,4%) sur 2 491 inscrits au premier tour de scrutin. Au second tour, la liste du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay, l’emporte avec 22 sièges sur celle de la municipalité sortante (5 élus) et sur les communistes.

En novembre 1932, Gillot est membre de la commission de propagande du Comité d’union républicaine et d’action sociale, structure de la droite locale, qui soutient Adolphe Chéron, député.

Toujours à Joinville, Gillot, est président de la Mutualité scolaire au moins à partir de 1927. Il exerçait toujours la fonction en 1946 et sans doute jusqu’à son décès. La Mutualité scolaire est une des principales sociétés de secours mutuels de la commune, fondée en 1912. Elle vise à assurer aux parents de ses membres participants des secours en cas de maladie ou blessures ainsi qu’à constituer des pensions de retraites à ses adhérents. Elle comptait 165 adhérents en 1916-1917.

Ernest Édouard Gillot meurt le 14 février 1947 à Joinville. Il était âgé de 74 ans. Il avait obtenu plusieurs récompenses : une médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement en février 1927 ; pour son activité en faveur de la mutualité, une mention honorable en septembre 1930 puis une médaille de bronze en septembre 1933.

Sa femme, Adeline Marie Désirée Guillon est née le 16 août 1867 à Sailly-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), fille d’un capitaine d’artillerie, chevalier de la Légion d’honneur. Elle fut membre, en 1928, du bureau de la section de Joinville Saint-Maurice de la Mutualité maternelle de Paris. L’association est issue d’une scission de la société de l’Allaitement maternel ortée par son ancienne présidente, Jeanne Bitterlin, et fondée à Joinville sous le nom d’Union des mères de Joinville-le-Pont en mai 1913. C’était une de principales organisations humanitaires de la commune. Adeline Gillot meurt le 24 novembre 1932 à Joinville. Elle était âgée de 65 ans et avait eu deux filles.

 

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 01:01

Suite de la biographie de Georges Piot.

Une réception en l’honneur des champions joinvillais, le 28 janvier 1924, met en valeur François Decrombecque (marche), Philippe Bonnardel (international de football), Bébé Lavogade (natation, CAJ), Le Mesle (cyclisme JS) et Georges Piot.

Cette année 1924 sera celle du sommet de la carrière sportive de Piot. Il fait partie de l’équipe de la SN Marne qui triomphe lors du 36e match annuel qui oppose le Rowing club de Paris à la SN Marne en « huit » en avril puis s’impose de nouveau dans la traversée de Paris à quatre avec Bouton, Cremnitz et Bocahut. Il est qualifié pour les Jeux olympiques, qui se déroulent à Paris en juillet. Aligné avec Maurice Bouton (vice-champion olympique à Anvers en 1920) dans l’épreuve du Deux sans barreur sur le bassin d’Argenteuil (Seine, act. Val-d’Oise), Georges Piot échoue en finale contre les hollandais Antonie Christiaan Beijnen et Wilhelm Rösingh avec un temps de 8 min 39 s contre 8 min 19 s. Ils obtiennent la médaille d'argent. En tête pendant la majeure partie du parcours de deux mille mètres, l'équipe française se fit rattraper quelques mètres avant la ligne d'arrivée par les Hollandais.

L’année 1925 voit de nouveau Demaré, Bouton, Cremnitz et Piot s’adjuger la Journée des Fondateurs en mai, cependant, en 8, ils échouent dans le annuel face au Rowing ledit mois. Ils prennent leur revanche la saison suivante. En juillet 1926, la SN Marne gagne la course à 8 des championnats de Paris, alignant Lecuirot, Piot, Demaré, Biestro, Guilbert, Souche, Morin et Bocahut. Piot est de nouveau champion de France et l’est encore l’année suivante en « quatre » barré.

Bouton, Piot, Demaré et Bocahut en 1923

En juin 1927, il est gagnant des grands prix de Paris d’aviron à 4 puis en août des championnats de France. Il participe en septembre à la course des trois sports qui combine cyclisme (6 kilomètres), course à pied,(3 kilomètres) et aviron (6 kilomètres). Il se classe 5e.

Piot et Souche, 1926

Pendant la saison 1928, Piot, bien que toujours membre de la SN Marne, est associé avec trois rameurs du Rowing club parisien, Ruffier, Gatieau et Lecornu. Il remporte avec eux la Journée des Fondateurs en juin et se qualifie de nouveau pour les Jeux olympiques qui se déroulent à Anvers (Pays-Bas). Son équipe ne se qualifie pas pour la finale. Elle prend cependant la première place lors des championnats de France d’aviron en septembre et au cours des championnats de la Seine le même mois. Il participe aux championnats d’Europe en juillet 1930 à Bruxelles, mais ne s’aligna plus ensuite dans des courses importantes.

À suivre.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 01:01

Jacques Raymond Marcel Gaucher naît le 16 août 1920 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Raymonde Mathilde Rigaud et de son mari, Marcel Gaucher, alors contremaître dans un atelier de découpe de verre et ensuite fonctionnaire à la préfecture de police de Paris.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Jacques Gaucher s’engage dans la Résistance à l’occupation allemande, probablement dans le réseau Hector, mouvement de résistance fondé par Alfred Heurteaux et lié au service de renseignement de l’armée de l’air française.

En compagnie de son père, également résistant, Jacques Gaucher est arrêté le 9 octobre 1941, jour de l’opération Porto qui voit les services de renseignement allemands détruire le réseau Hector qu’ils avaient infiltrés. Il est déporté depuis la gare de l’Est à Paris le 10 décembre 1941, cinq jours avant son père. Il est successivement interné dans les prisons de Hagen, de Cologne et de Sonnenburg (Prusse Occidentale, act. Słońsk, Pologne). Il est ensuite transféré au camp de concentration de Sachsenhausen (Oranienburg, Brandebourg, Allemagne) puis à celui de Buchenwald (Thuringe, Allemagne), où il est affecté au commando de Langenstein, qui creusait des galeries souterraines.

Jacques Gaucher meurt le 16 avril 1945 à Torgau (Saxe, Allemagne), une semaine après la libération du camp de Buchenwald et de ses satellites. Il était âgé de 24 ans. Son père était mort également en déportation en décembre 1944.

Au nom de son engagement dans la Résistance, et à titre posthume, Jacques Gaucher a obtenu la médaille de la Résistance en avril 1946.

Le nom de Jacques Gaucher figure sur la plaque commémorative des victimes civiles, située au carrefour des Martyrs-de-la-Résistance à Fontenay-sous-Bois (sous la forme J. Gaucher). La même commune a baptisé une de ses voies « rue Marcel et Jacques Gaucher » ; il s’agit d’une ancienne partie de la rue Castel, où il résidait. Un arrêt de bus de la RATP porte le nom « Mallier-Gaucher » ; il est desservi par la ligne 524.

 

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 01:01

Paul Gaubert naît le 12 novembre 1881 à Valenciennes, Nord. Il est le fils d’Élise Maria Douchy et de son mari Étienne Gaubert, professeur d’académie de musique.

À l’âge de 18 ans, Paul Gaubert s’engage dans l’armée pour quatre ans. Il intègre le 1er régiment d’infanterie et devient sergent en janvier 1902. Après la fin de sa période, il intègre en avril 1904 l’école militaire d’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Il en sort en avril 1905 comme sous-lieutenant 67e au 67e régiment d’infanterie.

En avril 1909 à Valenciennes, Paul Gaubert, alors domicilié à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), épouse Madeleine Jeanne Joséphine Simonet.

Devenu lieutenant en avril 1907, Gaubert est nommé en novembre 1909 instructeur à l’École normale de gymnastique et d’escrime, dite École de Joinville, située dans le Bois de Vincennes, sur la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Le couple s’installe dans la ville voisine de Saint-Maurice, rue de Presles, puis à Joinville, dans le quartier de Palissy, avenue Gille.

Dans un article paru en juin 1913 dans l’hebdomadaire La vie au grand air, Gaubert présente sa conception en matière éducative « l'entraînement n'est pas uniforme : chaque catégorie d'élèves a son entraînement particulier ». Pour la formation des moniteurs, qui devront ensuite intéresser les jeunes, la méthode de Gaubert fait une large place aux jeux, rompant avec une tradition axée sur la gymnastique pure.

Pendant la première guerre mondiale, Gaubert retrouve l’infanterie au 123e RI. Il devient capitaine en février 1915. Au cours des combats, il est blessé deux fois en septembre 1914 et en mai 1915, ce qui lui vaudra une reconnaissance d’invalidité de 10%.

Gaubert participe à de nombreuses opérations de guerre, comme en 1914 la retraite de Charleroi, la bataille de Guise, l’offensive de la Marne et la bataille de l’Aisne ; en 1915 la bataille d’Ypres et l’offensive de l’Artois ; en 1917, l’offensive de l’Aisne ; enfin en 1918, les combats de Verdun-Les Chambrettes et autour d’Amiens. Cette dernière année, il est affecté en octobre à l’état-major de la 18e division d’infanterie.

Son comportement pendant la guerre lui vaudra quatre citations : à l’ordre de la brigade en septembre 1914 pour le combat de Montceau-lès-Provins ; à l’ordre de la division en mai 1915 ; à l’ordre de l’armée en octobre 1916 ; à l’ordre du corps d’armée en mai 1917.

Après la fin du conflit, Gaubert est de nouveau affecté à l’instruction et l’entraînement physique, d’abord comme chef de section subdivisionnaire pour les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise. Il a alors en charge les établissements de Corbeil, Étampes, et Rambouillet. Il retourne à l’École de Joinville après sa réouverture et en est le trésorier en 1921.

Nommé chef de bataillon (commandant) en avril 1928, Paul Gaubert est de nouveau dans l’infanterie, au 46e RI. En octobre de cette année, il doit rejoindre les troupes du Maroc. Cependant, en novembre, il est de nouveau affecté à l'état-major de l'infanterie. Il quitte l’armée en mars 1930 après 30 ans de service.

Résidant toujours à Joinville, il est installé d’abord quai de la Marne, ensuite dans le quartier de Palissy (avenues Gille puis Galliéni) et enfin vers 1930 chez la veuve de l’ancien maire Ernest Mermet, Émilie Mermet, née Quirot, héritière d’un des fondateurs de l’école du Parangon et présentée comme sa marraine.

Comme son père, Paul Gaubert s’intéresse à la musique. Il fonde en 1912 une chorale dans l’École de Joinville. Lors de la fête du 46e RI à la caserne de Reuilly en juin 1926, il fait représenter une revue musicale en trois actes de sa composition, En revenant de Mailly. Il est membre du bureau de la Chorale municipale de Joinville en décembre 1930.

Après avoir quitté l’armée, Gaubert est employé par l’entreprise Vandevalle, qui gère des chantiers et constructions pour la Ville de Paris. Il y a des responsabilités commerciales aux achats.

Lors des élections municipales de mai 1935, Paul Gaubert rejoint la liste des Gauches républicaines du maire sortant, Georges Briolay, qui a le soutien des radicaux-socialistes et de socialistes indépendants. La liste plaide sur ses réalisations, assurant avoir fait d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement mais attribue la hausse des impôts locaux à « l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). »

Pour le nouveau mandat, la liste radicale propose l’amélioration de la voirie et des transports ainsi que l’installation d’un éclairage public. Elle souhaite faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation de grands travaux (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau) et la création d’un fonds national de chômage. Elle propose la création d’un nouveau groupe scolaire à Polangis.

Au premier tour, Gaubert obtient 756 suffrages sur 2 856 exprimés (26,5%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au deuxième tour, il reçoit 549 votes sur 2 899 exprimés (18,9%) pour 2 924 votants. La liste radicale (26,8%) est devancée au premier tour par la droite de l’Union des républicains (32,6%). Elle est dépassée au second tour par la liste de Front populaire regroupant les communistes et les socialistes SFIO et n’obtient aucun siège. Le nouveau maire est Léon Lesestre (droite).

Paul Gaubert était en 1937 et 1938 président de la Société amicale des isolés, une société de secours mutuels gérant une mutuelle-retraite des anciens combattants et victimes de la guerre de France et d'outre-mer.

Appartenant à la franc-maçonnerie, Paul Gaubert est mis en cause publiquement à deux reprises à ce titre. En juin 1914, le quotidien d’extrême-droite La Libre parole mentionne qu’il est affilié à la loge Germinal de Joinville, dans laquelle on retrouve plusieurs officiers de l’École de Joinville comme le capitaine Paul André Giansilj (1880-1914).

On retrouve son nom sur une « Liste des dignitaires (hauts gradés et officiers de loges) de la franc-maçonnerie » publiée au Journal officiel le 6 septembre 1941, Paul Gaubert étant signalé comme membre de la loge Pro Solis.

Paul Gaubert meurt le 3 novembre 1949 à Joinville. Il était toujours domicilié au 60, rue de Paris et était âgé de 67 ans.

Pour ses activités civiles et militaires, Paul Gaubert a reçu de nombreuses décorations : les Palmes académiques comme officier d’académie en mars 1911 ; la médaille d'argent de l’Union des sociétés de préparation militaire de France en août 1912 ; le Mérite agricole en tant que chevalier en février 1914 ; la Croix de guerre française avec palmes en octobre 1916 ; la Croix de guerre belge en avril 1920 ; la médaille d'or de l’Éducation physique en janvier 1934 ; le Mérite social comme chevalier en septembre 1937 ; la Légion d’honneur comme chevalier en octobre 1916 puis officier en juin 1937.

 

 

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11 juin 2019 2 11 /06 /juin /2019 01:01

Victorine Deschamps naît le 15 mai 1846 à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Louise Antoinette Bénard et de son mari Antoine Deschamps, charpentier.

En novembre 1868 à Paris (12e arr.), Victorine Deschamps épouse Louis Auguste Trubert, peintre en bâtiment. Ils s’installent à Brunoy (Seine-et-Oise, act. Essonne). Après la guerre franco-prussienne de 1870-1871, ils s’installent à Paris rue de Bercy puis résident en 1885 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Après e décès de son mari en janvier 1899, Victorine Trubert prit un emploi de concierge. Elle l’exerçait toujours en 1926, alors âgée de 80 ans, rue de Créteil (act. rue du maréchal Leclerc).

Malgré son statut social peu favorisé, Victorine Trubert va exercer des responsabilités associatives. Elle est membre de l’Union des mères, association créée en 1913 et issue d’une scission de la société de l’Allaitement maternel. En 1918, Trubert est visiteuse pour cet organisme humanitaire, présidé par Jeanne Bitterlin. Elle vient d’étendre son activité pour se consacrer également aux orphelins, veuves de guerre et réformés pour tuberculose ; 30 familles sont secourues en 1918.

En avril 1928 Mme Trubert est membre du bureau de ce qui est devenu la section de Joinville Saint-Maurice de la Mutualité maternelle de Paris.

Son activité lui vaut d’être décorée de la médaille de bronze de la mutualité en juillet 1928.

Victorine Trubert meurt le 23 juin 1937 à Joinville. Elle était âgée de 91 ans et mère de trois enfants, dont deux morts dans leur enfance. Elle résidait alors rue du Viaduc.

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 01:01

André Victor Giboin naît le 6 janvier 1876 à Paris 6e arr.). Il est le fils Léonie Louise Baron et de son époux Amédée Raimond Giboin, tapissier.

Faisant des études de médecine vétérinaire à Alfort (Seine, act. Maisons-Alfort, Val-de-Marne) il est diplômé en septembre 1897 puis est incorporé au service militaire, mais, du fait de sa profession, pour dix mois seulement. Il effectue par contre plusieurs périodes de réserve. Il s’installe en 1899 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) et y restera ensuite.

En janvier 1900 Giboin épouse à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) Jeanne Mathilde Pétillon. Il est, en 1904, directeur d’une société d'assurances mutuelles contre la mortalité des chevaux.

Vers 1904, il devient régisseur de l’ancienne ferme impériale, devenue ferme de la Faisanderie, qui se situe dans la partie du bois de Vincennes dépendant alors de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). La Ville de Paris, qui en est propriétaire, l’a mise en location et un officier de cavalerie, le comte Gilbert Bandy de Nalèche, est l’attributaire du bail selon l’historien Georges Bousquié.

En août 1906, ayant fait un pari avec son propriétaire, Giboin doit constater que la jument Lumière, une irlandaise rouanne âgée de neuf ans et appartenant au vicomte de Vaucelles, éleveur aux Genêts, à Donjeux (Haute-Marne), a été capable de franchir les 252 kilomètres qui séparent ce village de la gare de Joinville-le-Pont en 60 heures, arrêts et repos compris. Elle était en parfait état.

Il abandonne sa fonction dans la ferme de la Faisanderie, sans doute vers 1907, et Louis Caillon devient le régisseur. Giboin redevient vétérinaire à Vincennes.

Pendant la première guerre mondiale, Giboin est d’abord vétérinaire aide-major (sous-lieutenant) puis vétérinaire-major de 2e classe (lieutenant) dans des unités du train puis à l'abattoir de Dijon et ensuite à Orange. Après sa démobilisation, il devient vétérinaire honoraire, avec le grade de capitaine.

Moïse Louis Lignères, fabricant de voitures de course hippomobiles à Saint-Maurice, s’associe avec Giboin en mai 1928 pour créer une société, Lignères et Cie, qui produit des sulkys. Giboin détient 10% des parts ; il les revend à Lignères en mai 1931.

En 1941, lors de courses à Vincennes, Giboin, qui est le vétérinaire de la société du demi-sang officie au pesage des animaux.

André Victor Giboin meurt le 28 avril 1947 à Vincennes. Il était âgé de 71 ans. Il disposait de plusieurs décorations : chevalier du mérite agricole en août 1904 puis officier en janvier 1910 ; médaille de bronze de la mutualité en mars 1907 ; médaille de bronze du sauvetage pour avoir secouru un baigneur au large d'Arromanches (Calvados) en janvier 1908 ; Palmes académiques comme officier d’académie en janvier 1909.

Ferme de la Faisanderie

 

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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 01:01

Françoise Gilberte Chauvin naît le 19 avril 1891 à Paris (9e arr.). Elle est la d’un père non dénommé et de Marie Thérèse Chauvin, qui la reconnaît comme telle en janvier 1901. Son père, Gilbert Bandy de Nalèche, en fera de même en mars 1936, juste avant ses 45 ans.

Françoise sera désignée sous divers noms : celui de sa mère, Chauvin, son nom de naissance ; le pseudonyme de sa mère, Sylviac (sous lequel elle est connue au conservatoire et jusqu’en 1911) ; le patronyme de son mari, Frédérix (à partir de 1917) ; le pseudonyme de son mari, Feyder ; le nom de son père, Bandy de Nalèche ou plus fréquemment de Nalèche (à partir de 1936) ; et enfin, surtout, son propre pseudonyme, Rosay (à partir de 1911). Par contre, elle ne porta pas semble-t-il le nom de son éphémère beau-père, Léon Osterrieth, ni son pseudonyme d’auteur, Noël Retso.

Selon l’animateur de télévision Jean Nohain, Françoise Rosay était un enfant chétif, placé par sa mère en nourrice. Elle rêva de devenir cantatrice ; mais sa mère exigea qu’elle devînt comédienne. Finalement, elle fit les deux, obtenant un premier accessit de comédie au Conservatoire de Paris en 1910 puis un accessit de chant en 1916 et enfin un premier prix de déclamation lyrique en 1917, qui fit qu’on l’engagea à l'Opéra. En 1969, elle figurait toujours dans l’annuaire téléphonique parisien sous la mention « Françoise Rosay, de l’Opéra. »

C’est d’ailleurs à l’opéra de Lyon qu’elle rencontre Jacques Frédérix (dit Jacques Feyder), un artiste dramatique alors mobilisé dans l’armée belge. Ils se marient en juillet 1917 à Paris (7e arr.). Parmi leurs témoins, on compte le romancier et auteur dramatique Tristan Bernard et le compositeur Henri Büsser.

Ayant démarré au théâtre dès ses 15 ans, en 1907, elle joue à Saint-Pétersbourg en 1912 et chante à l'Opéra de Paris de 1916 à 1918.

Cependant, l’essentiel de sa carrière artistique va se dérouler au cinéma. En 1911, elle figure au générique de Falstaff d’Henri Desfontaines et Clément Maurice. On la voit ensuite dans environ 107 films, dont plusieurs chefs-d’œuvre comme ceux de son mari Le Grand Jeu (1934), La Kermesse héroïque (1935) ou Pension Mimosas (1935). Julien Duvivier la sélectionne pour Un carnet de bal (1937). Elle est aussi une actrice appréciée de Marcel Carné, dans Jenny (1936) ou Drôle de drame (1937), qu’elle tourne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans les studios Pathé, ville où son père avait obtenu à bail la ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, à la fin de la première guerre mondiale. Elle tient le principal rôle féminin, celui de Margaret Molyneux, aux côtés de Louis Jouvet et Michel Simon.

Elle n’abandonne pas l’art lyrique, créant en 1932 aux Bouffes-Parisiens une opérette, la Pouponnière de Casimir Oberfeld et Henry Verdun.

Pendant la deuxième guerre mondiale Françoise Rosay, elle quitte avec son mari la France pour la Suisse, puis rejoint en 1941 Tunis, où elle donne des cours de théâtre et anime des émissions de propagande à la radio. Elle s'enfuit de Tunisie à l'arrivée des Allemands et poursuit son travail radiophonique, à Constantine puis Alger, où elle animé une émission quotidienne s'appelle « Une française parle aux françaises ». Elle s’installe enfin à Londres en 1944, jusqu’à la fin de la guerre, mobilisée sur le poste français de la BBC, tournant des films et jouant au théâtre.

En 1945, Françoise Rosay fut nommée chevalier de la Légion d’honneur « pour avoir servi efficacement la cause de la Libération ». Elle obtint en 1957 la croix d’officier de la Légion d’honneur.

Après-guerre, revient au théâtre en 1950 avec Oncle Harry de Thomas Job, Il est important d'être aimé d'Oscar Wilde (1954), Cher Antoine ou l'Amour raté de Jean Anouilh (1970) et La Soupière de Robert Lamoureux (1971).

Elle tourne de nombreux films, dont Maria Chapdelaine de Marc Allégret (1950), l'Auberge rouge de Claude Autant-Lara pour (1951), La Reine Margot de Jean Dréville (1954), Le cave se rebiffe de Gilles Grangier (1961), La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre (1965). Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages de Michel Audiard (1968) tourné à Saint-Maurice (Val-de-Marne), chez Franstudio, la voit en compagnie de Bernard Blier et Marlène Jobert.

Un de ses derniers longs-métrages fut Pas folle la guêpe de Jean Delannoy (1972).

On retrouve également Françoise Rosay dans une quinzaine de films ou feuilletons télévisés.

En 1956, elle crée un cours d'art dramatique, qu'elle dirige jusqu'en 1967.

Françoise Rosay meurt le 28 mars 1974 à Montgeron, Essonne. Elle était âgée de 83 ans et résidait toujours à Paris, rue de l’Université. Elle est enterrée à Sorel-Moussel, Eure-et-Loir et sa tombe porte la mention Françoise Bandy de Nalèche dite Françoise Rosay.

Ses trois fils travaillèrent tous dans le cinéma et utilisèrent des noms différents : Marc Frédérix (1919-2004) fut décorateur. Paul Feyder (1922-1999) était réalisateur. Enfin, Bernard Farrel (1926-1999) a été auteur, scénariste, réalisateur et comédien.

 

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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 01:01

Marie Thérèse Chauvin naît le 30 juillet 1863 à Bordeaux, Gironde. Elle est la fille de Thérèse Denucé et de son mari Arthur-Émile-Alfred Chauvin, négociant.

Issue de la bourgeoisie bordelaise, ancienne élève du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, dont elle obtient un premier accessit en 1887, Marie Thérèse Chauvin adopte le pseudonyme de Sylviac dès le début de son activité de comédienne de théâtre. Elle pratique également le piano.

Participant aux débuts du Théâtre-Libre à Paris elle joue sur de nombreuses scènes dans la capitale française, ainsi qu’à Bruxelles et Saint-Pétersbourg ou en province (Lyon, Marseille, Luçon, Cauterets…). Son répertoire est principalement dans la comédie. Très active jusque 1909, elle aura une présence plus limitée ensuite, remontant sur les tréteaux entre 1922 et 1925. Elle tourne dans au moins deux films en 1926 et 1935, Pension Mimosas de son gendre, Jacques Feyder.

En tant qu’auteur, Sylviac est à l’origine de six pièces jouées avant la première guerre mondiale qui sont remarquées par la critique et dont certaines ont du succès à Bruxelles (Le Trait d'Union) ou à Paris (L'Eau qui dort). Elle publie également un court roman, Marchandes de Chichis, développement d’un texte paru dans la presse. L’accueil n’est pas enthousiaste, mais le talent de Sylviac est salué.

Dans la presse, Sylviac tient une chronique dans le Jardin des modes nouvelles (1912-1914) et publie plusieurs articles dans Le Journal, Le Figaro, Comoedia ou Vogue.

Selon l’écrivain Jean Lorrain (1855-1906), « Il y a deux femmes dont la société m'enchante, parce que ce sont les deux plus rosses de Paris : Balthy et Sylviac ». Sylviac consacra d’ailleurs un texte à la chanteuse Louise Balthy (1867-1925).

Pour Sacha Guitry, « Mme Sylviac est la bonté même. Elle ne peut pas souffrir qu'on débine les gens devant elle. Prononcez un nom, vous verrez immédiatement Mme Sylviac s'en emparer, le traîner dans la plus spirituelle des boues, rendant désormais impossible toutes les calomnies. » Sylviac était également très sportive.

Si l’activité artistique de Sylviac lui vaut une certaine réputation, ce sont cependant ses démêlés avec l’administration des Postes qui lui apporteront une réputation considérable.

En avril 1904, Sylviac se plaint, auprès de la surveillante du central téléphonique qu’elle a dû attendre 55 minutes pour obtenir une réponse, tandis que la communication n’aboutit pas. Elle lui déclare que les demoiselles « s’expriment comme des vachères ». L’administration porte plainte pour « outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions » et « imputation calomnieuse » et interrompt son abonnement pour 17 jours. Deux procès vont suivre. Dans le premier, en correctionnelle, Sylviac est acquittée. Dans le second, qui va jusqu’au Conseil d’État, elle ne réussit pas à obtenir ni le remboursement de son abonnement pendant la période concernée, ni l’abrogation de l’article 52 du règlement qui autorisait la coupure des communications ; cependant, l’administration du téléphone cesse de l’utiliser. L’affaire fait l’objet de plus de 1 300 articles, dans les quotidiens ou hebdomadaires nationaux et en province, ainsi que dans les revues juridiques, y compris au plan international. Sylviac, qui était défendue par l’Association des abonnés au téléphone, est présentée comme une héroïne voire comme une nouvelle Jeanne d’Arc. La procédure engagée permis de reconnaître que les employés du téléphone étaient des employés chargés d’un service public, susceptibles donc de se syndiquer.

Sylviac eut, en 1890, une liaison avec un comte limousin, alors lieutenant dans un régiment de cuirassier, Gilbert Bandy de Nalèche. Une fille naquit en 1891 de leur union, Françoise. Elle fut reconnue par son père en 1936.

En 1907-1908, Sylviac fut impliquée dans une autre affaire judiciaire. En juillet 1899, elle avait discrètement épousé, dans le quartier du Strand, à Londres (Royaume-Uni) Léon Osterrieth, officier belge, issu d’une très riche famille francophile d’Anvers. Léon Osterrieth fut administrateur du théâtre des Variétés d’Anvers, propriété de sa famille, et auteur sous le pseudonyme de Noël Retso.

La mère de Léon Osterrieth, née Léonie Mols, avait attaqué devant les tribunaux belges le mariage de son fils pour défaut de consentement parental. En effet, les codes civils français et belge exigeaient cette formalité, ce qui n’était pas le cas de la loi anglaise. Le procès était annoncé comme devoir être sensationnel par la presse parisienne. Cependant, elle ne fit jamais part de ses résultats ; il est donc possible qu’il y ait eu un désistement.

Léon Osterrieth (1870-1924) fut pendant la première guerre mondiale attaché militaire de Belgique à Washington, aux États-Unis, où il sera décoré de la Army Distinguished Service Medal. Il y rencontra peut-être Gilbert de Nalèche, comme lui officier de cavalerie et en poste à la mission diplomatique française dans la capitale américaine.

Françoise Bandy de Nalèche dite Françoise Rosay (1891-1974), fut chanteuse lyrique, actrice de théâtre et de cinéma, résistante pendant la deuxième guerre mondiale et décorée comme officier de la Légion d’honneur. Elle porta le même pseudonyme que sa mère au début de sa carrière, jusque 1911.

Malgré des relations difficiles, la mère et la fille jouèrent à plusieurs reprises ensemble au théâtre, dans sa propre pièce Coiffeur pour dames à la Comédie-Royale en 1909 et au cinéma, dans Pension Mimosas.

Les trois fils de Françoise Rosay et Jacques Feyder travaillèrent tous dans le cinéma : Marc Frédérix (1919-2004) fut décorateur. Paul Feyder (1922-1999) était réalisateur. Enfin, Bernard Farrel (1926-1999) a été auteur, scénariste, réalisateur et comédien.

Sylviac est morte à Paris le 31 décembre 1947 Paris résidait 46, rue La Bruyère. Elle était âgée de 84 ans et fut incinérée au cimetière du Père-Lachaise.

 

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 01:01

François Louis Gilbert Bandy de Nalèche naît le 26 décembre 1863 à Moutier-Rozeille, dans la Creuse. Il est le fils de Berthe Louise Gabrielle Lafond et de son mari, Louis Charles Léonard Bandy de Nalèche, avocat, homme de lettres, maire du Monteil-au-Vicomte et futur et député.

La famille de Nalèche, d’origine limousine et implantée dans la Creuse, connut une notoriété constante pendant près de deux siècles. François de Nalèche porte le titre de comte, obtenu par son père auprès du pape en 1861. Son frère cadet, Étienne, porte également le même titre.

Ayant rejoint la carrière militaire en 1884, comme plusieurs de ses aïeux, au 4e régiment de dragons, de Nalèche intègre en septembre 1888 l'école militaire d'application de cavalerie à Saumur, Maine-et-Loire. Il rejoint ensuite le 3e régiment de cuirassiers. En 1900, alors lieutenant, il est officier d’ordonnance du général commandant la 5e brigade de dragons. Passé par les 27e, 23e et 18e régiments de dragons, il est capitaine en 1904. Il démissionne en 1905.

Selon le professeur d'histoire Daniel Dayen, Gilbert Bandy de Nalèche était charmeur et bon vivant.

Vers 1890, Gilbert Bandy de Nalèche eut une relation avec l’actrice Sylviac, alias Marie-Thérèse Chauvin (1863-1947). Actrice de théâtre et auteur dramatique, originaire de Bordeaux et ancienne élève du Conservatoire national, Sylviac devint célèbre en 1904 pour ses aventures avec l’administration des téléphones. Ils eurent une fille, Françoise Gilberte qui devint cantatrice et actrice de cinéma célèbre sous le nom de Françoise Rosay, née en avril 1891. Gilbert de Nalèche la reconnut comme sa fille en mars 1936.

En septembre 1896, Gilbert de Nalèche avait épousé Marie-Anne Blanche Violette de Jannel de Vauréal, la sœur cadette de la femme de son frère Étienne. Ils auront deux enfants, Henri et Solange. Séparés de corps et de biens en 1916, ils divorcent en 1936.

Dès la période de son activité militaire, de Nalèche dispose de chevaux de course. Il en engage au moins sept dans des compétitions entre 1892 et fin 1912.

La ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), propriété de la Ville de Paris, est mise en location en 1904. De Nalèche en obtient le bail, selon l’historien Georges Bousquié ; il confie l’exploitation à un vétérinaire de Vincennes, André Victor Giboin.

Pendant la première guerre mondiale, Gilbert de Nalèche s’engage de nouveau malgré son âge de 51 ans. Il fut affecté au dépôt de remonte de nouveaux chevaux à Mâcon puis à celui de Fontenay-le-Comte, avant d'être envoyé comme acheteur au Haut-Commissariat de la République française aux États-Unis où il se rend, via New-York, en 1915. Il y rencontra peut-être Léon Osterrieth, attaché militaire de Belgique en 1918, comme lui officier de cavalerie, qui avait épousé en 1899 à Londres Sylviac, mère de sa fille aînée.

Après le conflit, il devient contrôleur des régions libérées de la Somme auprès de la préfecture de ce département. À ce titre, il accueille un groupe de 82 jeunes anglaises en août 1923.

Reprenant ses activités dans la remonte des chevaux, de Nalèche devient chef d'escadrons (commandant) en 1924. Il quitte l’armée en mars 1925.

Après en avoir fait la demande en avril 1919, de Nalèche obtient du préfet de la Seine, avec l’approbation du conseil de Paris, un nouveau bail de location de la ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il doit prendre en charge les fermages courus pendant la période de guerre. Il devait également engager des travaux de remise en état de l’ancienne ferme impériale. Cependant, il n’est pas certain que de Nalèche ait réellement assumé son rôle de fermier. En effet, en 1931, c’est le régisseur du domaine, Louis Caillon, qui est présenté comme le locataire, et qui proteste contre son éviction par la ville de Paris qui veut installer l’école d’horticulture sur son domaine.

La Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, en 1912

 

 

 

Pendant la deuxième guerre mondiale, il réside dans son château familial de Nalèche. Sa fille Françoise y séjourna un mois. Il épouse, en septembre 1941 à Paris (9e arr.) Andrée Léonie Louise Laillet. À la fin de la guerre, le château de Nalèche est pillé « par des résistants de la dernière heure », selon le quotidien La Montagne (2013/05/31).

Gilbert Bandy de Nalèche meurt le 26 février 1949 à Paris (18e arr.) ; il résidait ave sa seconde épouse place Adolphe-Max à Paris (9e). Son frère Étienne (1865-1947), n’eut pas de descendance. Sa fille Solange, née en 1905 était morte en 1933. Son fils Henri (1902-1979) fut le dernier à porter le titre comtal. Il n’eut semble-t-il pas d’enfant lui non plus. Seule la fille aînée de Gilbert de Nalèche, Françoise Rosay, eut trois garçons et des petits-enfants.

Gilbert Bandy de Nalèche était, depuis décembre 1918, chevalier de la Légion d’honneur.

Gilbert Bandy de Nalèche

 

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 01:01

La famille de Nalèche, d’origine limousine et implantée dans la Creuse, connut une notoriété constante pendant près de deux siècles.

Léonard Bandy de Lachaud, seigneur de Lachaud, Noizat et Nalèche (1729-1803), marchand tapissier à Felletin, est député du tiers état par la sénéchaussée de Guéret aux États généraux en 1789, où il défend des positions républicaines. Il est maire de Felletin en 1801.

Gilbert Bandy de Nalèche (1756-1820), fils du précédent, militaire, prend la tête du 1er bataillon de volontaires de la Creuse, contribuant à la libération de Thionville, en septembre 1792. Devenu génal en 1793, il est reversé dans la gendarmerie en 1797. Hostile au coup d'État du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte, il vote contre le consulat à vie, ce qui lui vaut d'être mis en réserve. Il rentre en grâce en 1809 et est nommé chef de brigade dans la cavalerie. Il devient commandant supérieur des îles de la Zélande en 1814 (aux actuels Pays-Bas). En 1812, il reçoit le titre de baron et est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1813. Pendant les Cent-Jours en 1815, il est élu par l'arrondissement d'Aubusson à la Chambre des représentants.

Auguste François Léonard Bandy de Nalèche (1789-1868), fils du précédent, également militaire, fut avocat, sous-préfet d'Aubusson en 1830 et inspecteur général des établissements de bienfaisance en 1844.

Louis Bandy de Nalèche (1828-1879), fils du précédent, également avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, fut homme de lettres, publiant des travaux historiques : La Moldo-Valachie (1856), Poésies complètes du chancelier Michel de L'Hospital (1857), Les Maçons de la Creuse (1859). Nommé maire du Monteil-au-Vicomte en 1852, il reçoit du pape Pie IX le titre de comte en 1861. Il rallie la République lors de sa proclamation le 4 septembre 1870. En 1874, il est élu conseiller général du canton de Felletin. En février 1876, il est élu député républicain de l'arrondissement d'Aubusson. Siégeant sur les bancs de la gauche modérée, il vote l'amnistie partielle des communards en mai 1876, et fut l'un des 363 députés républicains opposés au coup de force présidentiel du 16 mai 1877. Réélu en octobre de cette année, il meurt en fonctions.

Les deux fils de Louis Bandy de Nalèche et de son épouse Berthe Lafond vont également connaître une place significative dans la vie publique. Ils épousent deux sœurs, filles du comte Henri de Vauréal.

Le cadet, Étienne Bandy de Nalèche (1865-1947), fut d’abord diplomate puis journaliste. Après son mariage, il devient administrateur puis directeur en 1898 du Journal des débats, quotidien dont sa femme était l'héritière. Il joue un rôle important dans les instances professionnelles, comme vice-président puis président du Syndicat de la presse parisienne. Membre de l’Institut, il est commandeur de la Légion d’honneur.

L’aîné, Gilbert Bandy de Nalèche (1863-1949), officier de cavalerie fut propriétaire de chevaux. Il prit à bail la Ferme de la Faisanderie dans le Bois de Vincennes (Joinville-le-Pont, act. Paris).

La fille de ce dernier avec l'actrice Sylviac, Françoise Bandy de Nalèche (1891-1974), dite Françoise Rosay, fut une chanteuse lyrique, actrice de théâtre et de cinéma, résistante. Elle était officier de la Légion d’honneur.

Henri Bandy de Nalèche (1902-1979), fils de Gilbert et demi-frère de Françoise Rosay, ingénieur agronome, fut l’actionnaire principal du quotidien Le Petit Journal, dont la société éditrice confia la direction politique au colonel La Rocque, dirigeant du parti social français (PSF, extrême-droite). Il avait résidé en 1929 à Brazzaville (Moyen Congo) et en 1942 à Vichy, Allier, siège de l’administration de l’État français.

Nous reprendrons dans des articles suivants les biographies de Gilbert Bandy de Nalèche, Sylviac et Françoise Rosay.

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