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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 00:01

Turenne Louis Jean Caron naît le 14 juillet 1893 à Saint-Georges-Buttavent (Mayenne), dans le village de Fontaine-Daniel. Il est le fils d’Augustine Victorine Routhier et de son mari Louis Gilbert Caron, commerçant à Paris, rue de la Butte-aux-Cailles.

En 1911, Turenne Caron habite chez sa tante, Marie Louise Godard, rue Vautier à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre. Il est employé comme mécanicien dans l’entreprise de cinéma Pathé, principal employeur de la commune. Il dispose d’un permis de conduire. Sans doute à la demande de Pathé, il obtient un sursis d’incorporation au service militaire en 1913 puis est incorporé au début de la première guerre mondiale au sein du 46e régiment d’infanterie.

Il est blessé à trois reprises au cours du conflit : d’abord par un éclat d’obus en septembre 1914 dans la Meuse qui entraîne la perte de son gros orteil gauche. Il souffre d’une gelure superficielle des deux pieds puis décembre 1914 dans le ravin des Menissons en Argonne (Meuse). De nouveau en mars 1915, il a les pieds gelés sur la butte de Vauquois (Meuse). Du fait de ses infirmités, il est affecté entre décembre 1915 et avril 1917 à un service auxiliaire. Il l’est de nouveau en juillet 1918 du fait d’une bronchite suspecte. Il est démobilisé en avril 1919 et obtient en septembre de la même année une pension d’invalidité de 10%. Il est cité à l’ordre du régiment en août 1919 et décoré de la médaille militaire en février 1936.

Après-guerre, Turenne Caron épouse en mai 1920 à Paris (7e arr.) Anne Marie Godard, qui est probablement sa cousine. Ses témoins sont d’anciens combattants décorés. Il a repris son travail chez Pathé et vit alors rue de Paris, encore à Joinville, avant de revenir rue Vautier où il est en 1926 puis allée des Tilleuls en 1931.

En 1921, il est embauché à l’usine des Eaux de la ville de Paris, implantée dans le quartier du Canal à Joinville. Il y est mécanicien conducteur de machines.

Lors des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Turenne Caron est candidat sur la liste socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Il figure en 11e position des 14 titulaires de la liste, pour 27 poses à pourvoir. Un autre machiniste, Hector Charamon, est un de ses colistiers. La liste socialiste avec 12,3 % des suffrages exprimés arrive en quatrième position derrière l’Union des républicains (droite) qui recueille en moyenne 32,6 %, les radicaux-socialistes du Groupement des gauches républicaines du maire sortant Georges Briolay qui en ont 26,7 % et les communistes de Robert Deloche avec 23,5 %. Caron recueille 345 votes sur 2 856 exprimés pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec 10 socialistes, 16 communistes et un indépendant, le secrétaire de la section de l’association d’anciens combattants ARAC, Louis Blocher, promu tête de liste. Les 9 premiers socialistes figurent sur la liste unifiée, mais ni son prédécesseur, Joseph Bernard, ni Caron ne sont candidats, remplacés par le 12e, Jules Dubreuil.

Tandis que les radicaux-socialistes sont battus, la gauche gagne deux sièges pour les communiste Robert Deloche et Paul Rouhaud, tandis que l’Union des républicains gagne la mairie avec les 25 autres conseillers municipaux. Léon Lesestre est élu maire.

En juillet 1945, Turenne Caron, qui est toujours conducteur de machines au service des eaux et assainissement de Paris, est décoré de la médaille d’honneur d'argent départementale et communale. Il a alors 52 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants. Sa date de décès n’est pas connue.

Usine Pathé de Joinville en 1924

 

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 00:01

 

Nicolas Jules Théodore Quirot naît le 28 novembre 1832 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Catherine Nicole Lavenue et le fils posthume de son mari Adrien Théodore Quirot, professeur ; mort le 9 août 1832. Il réside avec sa mère dans l’institution d’enseignement de Jean-Marie Molette, qui a adopté sa mère.

Cette dernière épousera en mai 1835 Ferdinand Rousseau, autre enseignant de l’école Molette, futur créateur de l’école du Parangon et maire de Joinville-le-Pont. Quirot devient, comme son père, professeur dans l’école, qui est reprise à la mort de ce dernier en 1851 par son beau-père, Ferdinand Rousseau.

En septembre 1857 Théodore Quirot épouse à Joinville Jeanne Henriette Charlotte Amiel. Le père de son épouse, Charles Amiel, comme son grand-père, Jean Baptiste Amiel, ont tous deux été conseillers municipaux de Joinville-le-Pont et propriétaires. Son oncle, Louis Félix Amiel, est un célèbre portraitiste.

C’est en cette même année que Ferdinand Rousseau déménage l’école Molette dans la propriété qu’il a achetée, toujours rue de Paris à Joinville, dans le parc du Parangon. L’ancien château, qui fut un temps la résidence de Mme de Lafayette, était doté d’un vaste parc. Le nombre d’élèves augmenta jusqu’à 300 personnes. En 1865, Théodore Quirot devient le directeur de la section classique, tandis que le fils de Ferdinand Rousseau, Jules, est nommé directeur de la section professionnelle. L’existence de cette seconde filière est une innovation, assez rare dans l’enseignement. L’établissement, laïque, jouit d’une bonne réputation.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l’établissement Rousseau-Quirot du Parangon accueille une ambulance (hôpital auxiliaire) qui recueille 270 blessés. Situé à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny entre novembre 1870 et janvier 1871, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont sont l’objet d’une « véritable pluie de fer » selon l’historien Jean Roblin. Le Parangon, arborant sur son toi le drapeau de la Croix-Rouge, fut épargné au début. Cependant, le 9 janvier, un obus vint éclater au-dessus de l’appartement occupé par Mme Quirot et ses enfants. On se hâta de faire rentrer à Paris femmes et enfants.

À la rentrée scolaire de l’automne 1871, alors que les troupes d’occupation allemandes viennent juste de quitter la commune, il n’y a que trois élèves dans l’école du Parangon. Mais l’activité reprend progressivement, avec la reconstruction des bâtiments.

Théodore Quirot est, en décembre 1874, membre du conseil d’administration de la Société des chefs d'institution, qui regroupe les dirigeants d’établissements d’enseignement privés laïques ; un de ses voisins, Gustave Lebègue, à la tête d’une école de Nogent-sur-Marne, siège dans la même instance. En janvier 1878, Quirot est vice-président de la société. Il exerce encore la même fonction jusque fin 1881.

Une société en nom collectif, sous le nom de Quirot-Rousseau, est formée en décembre 1881 pour l’exploitation du pensionnat de garçons dénommé Institution du Parangon.

À partir de 1885, la cérémonie annuelle de remise des prix de l’école du Parangon, au mois d’août, devient un évènement bénéficiant d’une importante couverture dans la presse nationale et locale. Cette même année, Quirot est membre du conseil départemental de l’instruction publique de la Seine, présidé par M. Catalo, maire de Charenton-le-Pont.

À la rentrée scolaire 1888, Quirot se sépara du fondateur de l'école, son beau-père Ferdinand Rousseau, et l’exploitation du Parangon fut provisoirement divisée en deux établissements.

Théodore Quirot meurt le 1er février 1889 à Joinville. Il était âgé de 56 ans et était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier de l’instruction publique. Il était veuf depuis août 1881 et père de trois filles.

Sa deuxième fille, Berthe, fut l’épouse du colonel Émile Gauchotte, membre de l’état-major particulier du président de la République pendant la première guerre mondiale, mort pour la France en décembre 1914, chevalier de la Légion d’honneur.

La cadette, Émilie, se maria avec Achille Ernest Mermet, enseignant à l’école du Parangon puis professeur de chimie, maire de Joinville-le-Pont (1912-1919), également chevalier de la Légion d’honneur.

Le château du Parangon à Joinville-le-Pont en 1860

 

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 00:01

 

Adrien Théodore Quirot naît le 13 mai 1808 à Paris (9e arr.). Il est le fils de Louise Laurence Favre et de son époux Jean Louis Quirot, propriétaires, qui vivent rue Cadet.

En 1831, il est professeur dans l’institution de Jean Marie Molette, école laïque d’enseignement libre de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’agit probablement du premier établissement d’éducation dans la commune, qui n’a pas alors d’école publique. Molette, chevalier de la Légion d’honneur, fut conseiller municipal de Joinville.

Le 8 novembre 1831, il épouse à Joinville Désirée Catherine Nicole Lavenue, fille adoptive de Molette. Ils sont les deux premiers mariés de Joinville-le-Pont : en effet, en le 19 août 1831, une ordonnance du roi Louis-Philippe a autorisé la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, créée en 1790, à changer de nom pour devenir Joinville-le-Pont. La mention de cette décision sur le registre d’état-civil est datée du 21 septembre 1931 et signée du maire Louis Nicolas Pinson. Aucun autre acte (ni naissance, ni mariage, ni décès) n’ayant eu lieu avant cette date, ils sont donc les premiers enregistrés avec la mention « Joinville-le-Pont. »

Adrien Théodore Quirot meurt le 9 août 1832. Il était âgé de 24 ans. Il aura un fils posthume, Nicolas Jules Théodore Quirot, futur dirigeant que l’institution du Parangon, qui prit la succession de l’école Molette.

Sa veuve se remaria avec Louis Ferdinand Rousseau, professeur dans la même école, fondateur de l’institution du Parangon et conseiller municipal puis adjoint et maire de Joinville-le-Pont.

Ordonnance royale de 1831 changeant le nom de la commune en Joinville-le-Pont

 

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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 00:01

Louis Albéric Fleury Bisson naît le 27 février 1820 à Houdan (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Louise Rosalie Grippierre et de son époux Fleury Bisson, notaire royal. Une grande partie de sa famille est dans le notariat.

En avril 1850 à Paris (6e arr.), il épouse Marie Adelaïde Héloïse Geneviève Bertrand. Après la mort de son frère, Hector Bisson, en novembre 1858, Albéric Bisson reprend la charge de notaire de ce dernier à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne).

Comme son frère également, Albéric Bisson est élu conseiller municipal de Nogent sans doute en 1860 et réélu en 1865. Il est nommé en 1866 adjoint au maire, qui est alors Antoine Bauyn de Perreuse depuis 1834.

Il est membre du Cercle des arts et contribue en 1865 à l’aménagement du tombeau de Watteau à Nogent-sur-Marne.

Pour le canton de Charenton-le-Pont, qui regroupe une grande partie des communes de l’Est parisien, Bisson est juge suppléant de la justice de paix.

Albéric Bisson meurt le 4 août 1868 à Nogent. Il était âgé de 48 ans et père d’une fille.

Nogent-sur-Marne

 

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 00:01

Marie Gabriel Hector Bisson naît le 27 août 1811 à Gambais (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Louise Rosalie Grippierre et de son époux Fleury Bisson, notaire royal. Une grande partie de sa famille est dans le notariat.

À partir de 1838, Hector Bisson prend une charge de notaire à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il épouse en mai 1839 à Paris Françoise Rose Angilbert.

En 1852, Hector Bisson il est chef de bataillon dans le 28e bataillon de la Garde nationale, qui couvre le territoire des communes de Nogent, Joinville-le-Pont, Saint-Maur-des-Fossés, Bry-sur-Marne et Champigny-sur-Marne. Son unité prend le nom de 50e bataillon de la garde nationale de la Seine en 1853. Il en est toujours l’officier commandant en 1858.

Au moins à partir de l’été 1855, il est conseiller municipal de Nogent-sur-Marne. le maire, depuis 1834, est le marquis Antoine Bauyn de Perreuse.

Hector Bisson meurt le 30 novembre 1858 à Paris (6e arr.). Il était âgé de 47 ans et avait eu quatre enfants.

Son frère cadet Albéric Bisson (1820-1868) reprit sa charge de notaire et fut également élu conseiller municipal de Nogent-sur-Marne puis désigné comme adjoint au maire.

Il intervenait très régulièrement comme notaire, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, exemple pour la vente en 1850 de la très vaste propriété de la famille de Bray de Valfresne. Elle était également incluse dans le périmètre de son bataillon de la garde nationale.

Joinville baptisa une de ses voies de son nom, le quai Hector-Buisson, dans le quartier de Palissy. Il donnait accès au port de commerce sur la Marne et accueillit au tournant du siècle les usines de cinéma Pathé. La dénomination fut conservée jusqu’après la deuxième guerre mondiale puis, avec le quai voisin, nommé d’après un autre notaire, Moisson, il fut rebaptisé d’après un résistant tué pendant le conflit, Gabriel-Péri.

Les usines Pathé sur le quai Hector-Bisson

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin, après avoir quitté Joinville-le-Pont, s’installe à Salbris (Loir-et-Cher). Il y acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et, en 1884, il devient maire de Salbris, fonction qu’il exercera jusqu’en 1900. Il siège également, de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher.

La mairie de Salbris

Les opinions politiques de Courtin font de lui un « monarchiste impénitent » dont la « vie tout entière » est « consacrée à combattre la République » constatait le quotidien progressiste La Lanterne en août 1893. Selon le Journal de l'agriculture (1908), Auguste Courtin était « un des meilleurs agriculteurs de la Sologne ». Le journal catholique La Croix en fait « un des premiers rénovateurs de la Sologne » dans sa nécrologie. Il aura exercé des mandats poltiques pendant 37 ans (18 ans à Joinville, 19 à Salbris).

Auguste Courtin meurt le 15 avril 1908 à Salbris, dans sa propriété du Chesne. Il était âgé de 82 ans. Une rue du quartier de Polangis à Joinville porte le nom d’avenue Courtin.

Comme il le fit lui-même avec son propre père, c’est son fils André Courtin qui lui succéda, mais cette fois de son vivant, à la mairie de Salbris de 1900 à 1912 et qui reprit son poste de conseiller général du canton de Salbris de 1901 à 1907.

Fin

Le château du Chesne à Salbris

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est maire de Joinville-le-Pont depuis 1858 et le reste jusqu’à la fin du second empire. Les maires sont alors nommés par le préfet. Il est reconduit dans cette fonction, puis élu au même poste au début de la Troisième République en 1870, puis en 1871 et en 1874. Au début de la troisième République, Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, a remplacé Hippolyte Pinson en tant qu’adjoint.

En juillet 1868, il est nommé membre du conseil de l'arrondissement de Sceaux pour le canton de Charenton par décision gouvernementale.

La population de la commune fait plus que doubler pendant le mandat d’Auguste Courtin. Elle passe de 1207 habitants en 1856 à 2901 en 1876.

Pendant le siège de Paris au cours de la guerre de 1870, la municipalité de Joinville est déplacée dans la capitale, avec l’ensemble de la population. Elle siège d’abord au 104, rue du Bac à Paris (7e arr.). Les locaux provisoires sont ensuite fixés au 105, boulevard Voltaire (11e arr.). Les très violents combats de la bataille de Champigny en novembre et décembre 1870 entraînent la mort de plusieurs milliers de soldats, notamment sur le territoire de Joinville-le-Pont. Le pont de Joinville est détruit.

Le retour des Joinvillais se fait en janvier 1871. La commune est ensuite occupée par les troupes bavaroises et wurtembergeoises jusqu’au 24 septembre 1871.

Au cours de l’insurrection de la Commune de Paris, trois cents membres des conseils municipaux du département de la Seine adoptent le 22 avril 1871 une « Adresse des municipalités suburbaines » : « L'assemblée des maires, adjoints et conseillers municipaux des communes suburbaines de la Seine, navrée de la guerre civile actuelle, réclame une suspension d'armes. Elle affirme, pour toutes les communes, la revendication complète des franchises municipales, avec l'élection par les conseils de tous les maires et adjoints, et demande l'installation définitive de la République en France. Elle proteste contre l'envahissement et le bombardement pour la cessation des hostilités. L'assemblée surtout demande qu'il n'y ait pas de représailles ». Dix délégués sont nommés pour présenter l’adresse, dont Courtin.

Après avoir mis fin, avant terme, à ses fonctions municipales en 1876, pour des raisons inconnues, Courtin quitte Joinville en 1877. Son adjoint, Louis Ferdinand Rousseau lui succède, mais il échoua à se faire élire en 1878. Courtin vend le domaine de Polangis en février 1881 à la Société immobilière de Polangis qui lotit le terrain et démolit le château.

À suivre

Auguste Courtin

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 00:01

Début de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est présumé né le 25 décembre 1825 à Rennes, Ille-et-Vilaine. Il faut cependant attendre un jugement du tribunal civil de la Seine, à Paris, en janvier 1846 pour que son état-civil soit établi et que le registre des naissances de Rennes soit modifié avec une mention marginale, mentionnant sa date et le lieu présomptifs de son origine, avec la mention de « parents inconnus ».

L’historien de Joinville Georges Bousquié indique qu’il était le fils adoptif du grammairien Charles-Pierre Chapsal et de son épouse Anne-Adélaïde, née Favray ; cette mention figure dans la déclaration faite à l’état-civil pour le décès de sa mère adoptive. Il hérite du domaine familial, le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), mais aussi de la fonction de maire de ladite commune au décès de Chapsal en 1858. Un autre historien, Gérard Blanc-Césan, qualifie Auguste Courtin d’enfant naturel de Chapsal. L’acte d’état-civil de son mariage en mai 1848 mentionne des « parents non dénommés. »

Il faut certainement assimiler Auguste Courtin avec l’enfant désigné sous le nom d’Émile Chapsal dans les recensements conduits à Joinville en 1836 et 1841 et qui a le même âge. Les travaux généalogiques conduits par un de ses descendants, André Forgeot, lui attribuent le prénom d’usage d’Auguste Émile. Aucun « Émile Chapsal » n’est par ailleurs attesté.

Le château de Polangis avait été acquis en 1835 par Charles Chapsal auprès Jean-Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9 et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837). Auguste Courtin en sera l’héritier au décès de Mme Chapsal en février 1880. À l’époque, la rive gauche de la Marne à Joinville est très peu peuplée et le château en occupe une grande partie.

Riche, Charles Chapsal utilise ses moyens pour asseoir son autorité locale,

En mai 1848 à Joinville, c’est Charles Chapsal, en tant que maire, qui célèbre le mariage d’Auguste Courtin avec Anna Caroline Spooner, fille d’un chimiste citoyen des États-Unis. Parmi les témoins on compte Charles Favray, frère de sa mère adoptive, et Hippolyte Pinson, inamovible adjoint au maire de la commune. Ils auront cinq enfants.

À suivre

Auguste Courtin

 

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 00:01

Apollon Jean Baptiste Delaherche naît le 10 ventôse an 13 à Méru (Oise), soit le 1er mars 1805. Il est le fils de Marie Catherine Sophie Grenier et d’Apollon Delaherche, marchand épicier.

Avec son père, il a repris en décembre 1828 le commerce de Durosne jeune, distillateur du Roi, rue Saint-Martin à Paris (4e arr.) dans un établissement désigné comme « la maison gothique ». Ils commercialisent notamment un punch préparé avec du rhum de la Jamaïque.

En mai 1828 à Paris, Apollon Delaherche épouse en l’église Saint-Merry Louise Elisabeth Hanot.

La distillerie et fabrique de sirops est déplacée en 1837 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, dans le même arrondissement et se spécialise ensuite dans la production d’amidon et de fécule de pommes de terre. Déplacée rue Poliveau à Paris (5e arr.) en 1839, la fabrique de fécule est transférée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1841. En décembre cette même année, Apollon Delaherche a constitué une société avec Pierre Doucet, épicier à Paris, pour son activité de production d’amidon ; elle sera dissoute en mai 1844.

Toujours à Joinville-le-Pont, Delaherche exploite en 1847 une fabrique de glace.

En mars 1846, lors des élections générales des gardes nationales du département de la Seine, Delaherche est élu sous-lieutenant du 3e bataillon de chasseurs, une composante de la 4e légion de la banlieue, qui couvre Joinville-le-Pont. Le capitaine, réélu dans cette fonction, est Jean Louis Nicolas Lucot, conseiller municipal et entrepreneur de maçonnerie. M. Dufour a été promu lieutenant tandis qu’Auguste Courtin est élu comme Delaherche est élu sous-lieutenant.

La Garde nationale est composée des hommes Français âgés de 20 à 60 ans mais seuls sont appelés au service ordinaire ceux qui ont les moyens de supporter les frais d'habillement et d'armement et disposent du temps nécessaire pour le service. De fait, elle est donc réservée aux hommes aisés, ce qui lui donne un caractère de milice bourgeoise, rempart des propriétaires contre le désordre. L’élection des responsables des structures locales donne lieu à de véritables campagnes électorales.

Lors des élections municipales de Joinville de juin 1846, organisées au scrutin censitaire sous le régime de la monarchie de Juillet, Apollon Delaherche qui est la sixième personne la plus imposée du village, est élu conseiller municipal par 29 voix pour 50 votants sur 67 inscrits. Le maire est le grammairien Charles Pierre Chapsal.

Il est réélu, cette fois au suffrage universel masculin, en juillet 1848 lors du premier scrutin de la deuxième République. Charles Pierre Chapsal est réélu maire et Hippolyte Pinson est toujours adjoint au maire. Pour une raison inconnue, Chapsal cesse d’exercer la fonction de maire en décembre 1848 ; il est remplacé, à titre intérimaire, par Delaherche en tant que « conseiller municipal délégué », Pinson continuant d’être adjoint.

En mars 1850, après 15 mois d’intérim, Delaherche est élu maire.

La commune disposait, à un endroit inconnu, peut-être rue du Pont, d’un bâtiment faisant office de mairie. Delaherche fait demander, en janvier 1849 par la préfecture de la Seine,  de déclarer d'utilité publique la construction d'un bâtiment destiné à recevoir la mairie, les écoles et une salle d'asile. Le terrain fait 1 371 m². Le financement prévoit la vente de l’ancienne mairie, mise à prix pour 10 000 francs, et un budget supplémentaire de 6 000 francs. Le projet est approuvé par décret du ministère de l’intérieur en juillet 1849. Le terrain d’implantation appartient à Mathurin Lemaire, commerçant et ancien maire, ainsi qu’à Mmes Pommier et Acher. L’inauguration est faite en octobre 1851, en présence de Merruau, secrétaire général du département de la Seine et Reyneau, sous-préfet de Sceaux. La bénédiction est faite par le curé de Saint Maur, car il n’y a pas encore de paroisse à Joinville. Delaherche organise une distribution de livres et un banquet pour la population.

La mairie de Joinville, construite en 1851

Lors des dernières élections municipales de la République, qui est déjà sous le régime du prince-président Louis Napoléon Bonaparte, futur empereur Napoléon III, en juin 1852, Chapsal est de nouveau élu maire de la commune. La composition du conseil municipal n’est pas connue.

Delaherche semble avoir de bonnes relations avec lui, car il est associé en août 1852 à une cérémonie de mariage doté par le prince-président de 3 000 francs entre deux jeunes gens de Joinville et de la commune voisine de Saint-Maur choisis par les maires sur les critères « de l'honnêteté, de la probité et de la moralité ». Il est également témoin de la naissance en 1862 d’Alix Charles Émile Courtin, né d’Auguste Courtin, fils adoptif de Charles Chapsal.

Apollon Delaherche meurt le 11 octobre 1866 à Joinville. Il était âgé de 61 ans et résidait rue du Pont. Son décès est déclaré par Hippolyte Pinson, qui fut son adjoint au maire et était toujours en fonction. Il avait eu trois enfants.

Signature de Delaherche en 1849

 

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 00:01

Jean Arthur Combalet naît le 4 janvier 1855 à Saint-Cyprien (Dordogne). Il est le fils d’une lingère, Marie Combalet et d’un père inconnu ; sa mère le reconnaîtra comme son fils en 1888. La première année, il est élevé par Marguerite Bézat, boulangère à Saint-Cyprien.

En 1868, âgé de 13 ans, il fut envoyé à Bordeaux comme clerc d’huissier puis devint premier clerc. Il s’inscrit dans la classe de Gaston Sarreau, professeur de piano et de chant au conservatoire Sainte-Cécile. D’autres chanteurs réputés ont fréquenté le même enseignement, comme Jean-Alexandre Talazac, ténor et Solve, baryton du Théâtre-Lyrique.

Adoptant désormais le pseudonyme de Cobalet, il obtint le premier prix de chant en 1876. La conscription pour le service militaire se faisant par tirage au sort, Cobalet est incorporé, pour cinq ans, au 3e régiment d’infanterie de marine à Rochefort (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Dans la réserve, Cobalet est nommé sous-lieutenant en janvier 1888 puis lieutenant au début de l’année 1891.

Il poursuit cependant ses exercices lyriques durant sa période dans la marine puis, revenu à Bordeaux en 1881, il se perfectionne au conservatoire, chantant notamment la Damnation de Faust de Berlioz et le Paradis et la Péri de Schumann.

Cobalet par Nadar

Rejoignant son camarade de cours de chant, Talazac, il se rend à Paris, obtient une audition à l’Opéra-comique auprès de son directeur, Léon Carvalho, et est tout de suite engagé pour trois années. Il débute, en septembre 1881 dans le rôle de Max, dans l’opéra-comique d’Adolphe Adam, Le Chalet. Selon Charles-Emmanuel Curinier, rédacteur du Dictionnaire national des contemporains, il eut un rapide succès « amplement justifié par la puissance et la souplesse d’une superbe voix de basse-chantante-baryton, par ses qualités de diction, ses innovations savamment nuancées et par un jeu d’acteur très étudié et pourtant naturel. »

Il créa ensuite à l’Opéra-comique Lakmé de Léo Delibes (rôle de Nilakanta), la Perle du Brésil de Gabriel et Sylvain Saint-Étienne (l’Amiral), Manon de Massenet (le comte des Grieux), Proserpine de Camille Saint-Saëns (Renzo) et le Roi d’Ys de Lalo (le Roi). Il interpréta Mignon de Thomas (Lothario) qu’il joua près de 300 fois ; Carmen de Bizet (Escamillo, 200 fois) ; Esclarmonde de Massenet (l’Évêque) ; Roméo et Juliette de Gounod (Capulet) ; l’Étoile du Nord de Meyerbeer (Peters) ; la Damnation de Faust de Berlioz, etc.

Dimitri (le Prieur) ; Benvenuto Cellini (l’Évêque) ; le Déserteur (Courchemin) ; Philémon et Baucis, Mireille, la Jolie fille de Perth, le Barbier de Séville, la Dame Blanche, etc.

Le 25 mai 1887, un violent incendie détruisit pour la seconde fois dans l’histoire la salle Favart où était implanté l'Opéra-Comique. Le sinistre s’est déroulé pendant une représentation de Mignon, œuvre d’Ambroise Thomas. Il fit 84 morts, tandis que Cobalet en ressort blessé. Il conservera toute sa vie une claudication assez prononcée.

Le mariage de Cobalet avec Cécile Solve, elle-même cantatrice et fille d’un baryton issu de la même école bordelaise, eut lieu en août 1889 à Mérignac (Gironde) et fut un évènement mondain, largement évoqué par la presse.

Cobalet quitta l’Opéra-comique en 1891, pour entamer une carrière internationale et tourner en province. Son engagement au Grand-Théâtre de Marseille à l’automne 1891 tourna court rapidement. Il joua à Londres au théâtre de Covent-Garden, puis en Russie, en Roumanie, en Turquie, etc. Il interpréta pour la première fois en France, le rôle du Hollandais dans le Vaisseau-Fantôme de Wagner à Lille en 1892. Il se consacra principalement au répertoire du grand opéra à Anvers ou à Nice où, en 1895, il contribue à la création française d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski. En novembre 1896, il est au Théâtre des Arts de Rouen. Il joua aussi avec la troupe d'opéra d'Angoulême (Charente).

Dès 1885, Cobalet souffrait d’une maladie du cerveau. Sa santé et sa voix s’étant ensuite détériorées, il dut abandonner le théâtre. Vers 1895, il avait acquis une propriété à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier Schaken, avenue de Joinville. Il la baptisa « villa Lackmé ».

En novembre 1897, Cobalet s’était porté candidat à l’exploitation, en régie du Théâtre lyrique municipal auprès du conseil de Paris, mais il ne l’obtint pas.

Il avait commencé à donner des cours de chant, de déclamation lyrique, d’opéra et d’opéra-comique depuis 1893. Il fit partie de l’équipe de lancement du Nouveau cours, rue des Mathurins à Paris en 1899 mais réduisit son activité.

Lors des élections municipales de mai 1900 à Joinville-le-Pont, Cobalet fit partie de la liste présentée par la maire sortant, Eugène Voisin, républicain de tendance radicale-socialiste. Elle emporta, dès le premier tour, les 23 sièges à pourvoir.

En juin, c’est Cobalet qui organise un concert de la municipalité réunie chez Jullien, guinguette suitée sur l’île Fanac, au milieu de la Marne, tenue par l’adjoint au maire Honoré Jullien.

Arthur Cobalet mourut le 18 mai 1901 à Joinville. Il était âgé de 47 ans et n’avait pas d’enfant. Il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis mai 1889.

Le peintre Raoul Boudier a réalisé un portrait de Cobalet, présenté au Salon des artistes français en 1886. Plusieurs photographes, dont Nadar, ont également réalisé son portrait.

Cobalet par Ferrand

 

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