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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 00:01

Jean Arthur Combalet naît le 4 janvier 1855 à Saint-Cyprien (Dordogne). Il est le fils d’une lingère, Marie Combalet et d’un père inconnu ; sa mère le reconnaîtra comme son fils en 1888. La première année, il est élevé par Marguerite Bézat, boulangère à Saint-Cyprien.

En 1868, âgé de 13 ans, il fut envoyé à Bordeaux comme clerc d’huissier puis devint premier clerc. Il s’inscrit dans la classe de Gaston Sarreau, professeur de piano et de chant au conservatoire Sainte-Cécile. D’autres chanteurs réputés ont fréquenté le même enseignement, comme Jean-Alexandre Talazac, ténor et Solve, baryton du Théâtre-Lyrique.

Adoptant désormais le pseudonyme de Cobalet, il obtint le premier prix de chant en 1876. La conscription pour le service militaire se faisant par tirage au sort, Cobalet est incorporé, pour cinq ans, au 3e régiment d’infanterie de marine à Rochefort (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Dans la réserve, Cobalet est nommé sous-lieutenant en janvier 1888 puis lieutenant au début de l’année 1891.

Il poursuit cependant ses exercices lyriques durant sa période dans la marine puis, revenu à Bordeaux en 1881, il se perfectionne au conservatoire, chantant notamment la Damnation de Faust de Berlioz et le Paradis et la Péri de Schumann.

Cobalet par Nadar

Rejoignant son camarade de cours de chant, Talazac, il se rend à Paris, obtient une audition à l’Opéra-comique auprès de son directeur, Léon Carvalho, et est tout de suite engagé pour trois années. Il débute, en septembre 1881 dans le rôle de Max, dans l’opéra-comique d’Adolphe Adam, Le Chalet. Selon Charles-Emmanuel Curinier, rédacteur du Dictionnaire national des contemporains, il eut un rapide succès « amplement justifié par la puissance et la souplesse d’une superbe voix de basse-chantante-baryton, par ses qualités de diction, ses innovations savamment nuancées et par un jeu d’acteur très étudié et pourtant naturel. »

Il créa ensuite à l’Opéra-comique Lakmé de Léo Delibes (rôle de Nilakanta), la Perle du Brésil de Gabriel et Sylvain Saint-Étienne (l’Amiral), Manon de Massenet (le comte des Grieux), Proserpine de Camille Saint-Saëns (Renzo) et le Roi d’Ys de Lalo (le Roi). Il interpréta Mignon de Thomas (Lothario) qu’il joua près de 300 fois ; Carmen de Bizet (Escamillo, 200 fois) ; Esclarmonde de Massenet (l’Évêque) ; Roméo et Juliette de Gounod (Capulet) ; l’Étoile du Nord de Meyerbeer (Peters) ; la Damnation de Faust de Berlioz, etc.

Dimitri (le Prieur) ; Benvenuto Cellini (l’Évêque) ; le Déserteur (Courchemin) ; Philémon et Baucis, Mireille, la Jolie fille de Perth, le Barbier de Séville, la Dame Blanche, etc.

Le 25 mai 1887, un violent incendie détruisit pour la seconde fois dans l’histoire la salle Favart où était implanté l'Opéra-Comique. Le sinistre s’est déroulé pendant une représentation de Mignon, œuvre d’Ambroise Thomas. Il fit 84 morts, tandis que Cobalet en ressort blessé. Il conservera toute sa vie une claudication assez prononcée.

Le mariage de Cobalet avec Cécile Solve, elle-même cantatrice et fille d’un baryton issu de la même école bordelaise, eut lieu en août 1889 à Mérignac (Gironde) et fut un évènement mondain, largement évoqué par la presse.

Cobalet quitta l’Opéra-comique en 1891, pour entamer une carrière internationale et tourner en province. Son engagement au Grand-Théâtre de Marseille à l’automne 1891 tourna court rapidement. Il joua à Londres au théâtre de Covent-Garden, puis en Russie, en Roumanie, en Turquie, etc. Il interpréta pour la première fois en France, le rôle du Hollandais dans le Vaisseau-Fantôme de Wagner à Lille en 1892. Il se consacra principalement au répertoire du grand opéra à Anvers ou à Nice où, en 1895, il contribue à la création française d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski. En novembre 1896, il est au Théâtre des Arts de Rouen. Il joua aussi avec la troupe d'opéra d'Angoulême (Charente).

Dès 1885, Cobalet souffrait d’une maladie du cerveau. Sa santé et sa voix s’étant ensuite détériorées, il dut abandonner le théâtre. Vers 1895, il avait acquis une propriété à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier Schaken, avenue de Joinville. Il la baptisa « villa Lackmé ».

En novembre 1897, Cobalet s’était porté candidat à l’exploitation, en régie du Théâtre lyrique municipal auprès du conseil de Paris, mais il ne l’obtint pas.

Il avait commencé à donner des cours de chant, de déclamation lyrique, d’opéra et d’opéra-comique depuis 1893. Il fit partie de l’équipe de lancement du Nouveau cours, rue des Mathurins à Paris en 1899 mais réduisit son activité.

Lors des élections municipales de mai 1900 à Joinville-le-Pont, Cobalet fit partie de la liste présentée par la maire sortant, Eugène Voisin, républicain de tendance radicale-socialiste. Elle emporta, dès le premier tour, les 23 sièges à pourvoir.

En juin, c’est Cobalet qui organise un concert de la municipalité réunie chez Jullien, guinguette suitée sur l’île Fanac, au milieu de la Marne, tenue par l’adjoint au maire Honoré Jullien.

Arthur Cobalet mourut le 18 mai 1901 à Joinville. Il était âgé de 47 ans et n’avait pas d’enfant. Il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis mai 1889.

Le peintre Raoul Boudier a réalisé un portrait de Cobalet, présenté au Salon des artistes français en 1886. Plusieurs photographes, dont Nadar, ont également réalisé son portrait.

Cobalet par Ferrand

 

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 00:01

Maurice René Forest naît le 26 juillet 1891 à Parthenay (Deux-Sèvres). Il est le fils de Marie Caroline Hervé et de Camille Désiré Forest, négociant.

À la fin de ses études d’ingénieur à Lille, à l’Institut industriel du Nord (IDN, act. École centrale de Lille), Maurice Forest est incorporé en octobre 1913 pour son service militaire au 5e régiment de génie. Pendant la première guerre mondiale, il devient officier étant nommé aspirant en février 1915 puis sous-lieutenant en décembre 1916 et lieutenant en décembre 1918. Il est démobilisé en août 1919. En juillet 1937, il est nommé capitaine dans la réserve. Son activité pendant la guerre lui avait valu une citation à l’ordre de l’armée en décembre 1918 et la Croix de guerre.

Devenu entrepreneur de voies ferrées, Maurice Forest est installé à Charleville (Ardennes) en 1919 puis à Saint-Dizier (Haute-Marne) en 1920. Il épouse Lucienne Gond en septembre 1921 à Olivet (Loiret).

Le couple est installé en 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre, villa René-Robert.

Lors des élections municipales complémentaires d’octobre 1934 à Joinville, organisées pour pourvoir à dix postes vacants sur 27, Forest se présente sur la liste du Groupe des républicains indépendants, regroupant des personnalités locales avec la bienveillance des radicaux-socialistes, qui tiennent la municipalité. Elle fait face à une liste de Concentration républicain, comprenant principalement des candidats conservateurs et libéraux, ainsi qu’à deux listes de gauche, socialiste SFIO et communiste. Les républicains indépendants se proposent de « compresser les dépenses de la commune selon l’exemple du gouvernement » et de traiter la « situation malheureuse des ouvriers et employés en chômage ». Elle comprend nombre de commerçants et industriels. Sérieusement devancée par la liste de concentration républicaine au premier tour, elle se retire. Forest recueille 577 voix, soit 25,1% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Forest rejoint la liste de l’Union des républicains, qui se présentent comme des « hommes d’ordre et d’action » et se disent « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Ils disposent du soutien de la plupart des formations politiques de droite. La liste est confrontée à celle du maire sortant, Georges Briolay, radical-socialiste, ainsi qu’aux candidatures socialistes SFIO de Derivière et communiste de Robert Deloche.

Elle arrive en tête au premier tour. Forest est crédité au premier tour de 935 votes, soit 32,7% des 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Face à la liste unifiée des communistes et des socialistes et à celle des radicaux-socialistes, l’Union des républicains remporte au second tour 25 sièges contre deux communistes après avoir lancé un appel à « barrer la route aux communistes » dont ils réprouvent « la turbulence et «  la démagogie ». Forest est élu avec 1 169 voix, soit 40,3% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants. Le conservateur Léon Lesestre est élu maire.

Pendant la période d’occupation allemande, les municipalités élues sont remplacées par des corps municipaux désignés par arrêté préfectoral. Comme le maire et trois de ses adjoints, Maurice Forest figure dans la liste des 20 personnes nommées en février 1942. À la Libération le 25 août 1944, le maire et les adjoints sont arrêtés et le conseil local de Libération constitue une municipalité provisoire.

Maurice Forest meurt le 12 novembre 1947 à Joinville. Il était âgé de 56 ans et père de deux enfants.

Maurice Forest, arch. fam.

 

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 00:01

Georges Eugène Marie Marchaterre naît le 6 avril 1880 à Paris (2e arr.). Ses parents sont Marie Joséphine Nivault et Eugène Marchaterre, tous deux marchands de volaille. La famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes, à la fin du 19e siècle.

Devançant l’appel de sa classe pour le service militaire, Georges Marchaterre, qui est alors menuisier, s’engage pour trois ans en décembre 1898. Il est affecté dans des compagnies d’ouvriers d’artillerie, d’abord à Vincennes puis à Clermont-Ferrand.

En avril 1903, Georges Marchaterre épouse à Joinville Yvonne Thibault, fille d’un serrurier. Ils s’installent avenue Henri, dans le même quartier de Joinville. Son entreprise prend de l’ampleur, avec des machines à bois et une scierie.

Ils possèdent manifestement une certaine aisance, faisant construire un immeuble de rapport dans le 16e arrondissement de Paris en 1904 et passant des vacances aux Sables-d’Olonne, en Vendée, en 1906.

Au cours de la première guerre mondiale, Georges Marchaterre est mobilisé dans le 59e régiment d’artillerie. Il est nommé brigadier en septembre 1916 et démobilisé en janvier 1919.

Ayant repris son activité de menuisier à Joinville, Georges Marchaterre se porte candidat sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux pour les élections municipales de mai 1925. Elle est conduite par Henri Vel-Durand, maire sortant, radical dissident, et comprend principalement des représentants des tendances libérales et conservatrices, faisant face à une liste de cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants) et à une autre communiste.

La liste de droite recueille en moyenne 1 080 voix au premier tour de scrutin, soit 47,5% des suffrages exprimés ; tous les candidats sont élus au 2d tour et Vel-Durand est reconduit dans la fonction de maire. Parmi les conseillers municipaux, Marchaterre est chargé de surveiller l’état de l’éclairage public dans son quartier. Il désigné comme électeur sénatorial en décembre 1926. Il accepte, en juin 1927, avec une petite majorité des membres de l’assemblée locale, l’alignement des salaires des employés municipaux sur ceux du conseil général du département de la Seine. Par contre, il s’oppose, en janvier 1928, à ceux qui veulent créer un poste de professeur de dessin pour les écoles. Cette même année, le décès de Vel-Durand conduit à la désignation de Stephen Durande, serrurier, comme maire.

Marchaterre n’est pas reconduit lors du scrutin de mai 1929, qui voit la défaite de la liste conduite par Stephen Durande face à celle du cartel des gauches de Georges Briolay. Sans doute la famille Marchaterre a-t-elle quitté Joinville. Sans doute y revient-elle après le décès de son père, en 1937. Elle est recensée dans ville en 1941 au titre de la délivrance des cartes d’alimentation et l’épouse de Georges Marchaterre y décède en 1946.

Georges Marchaterre meurt le 25 mars 1966 à Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne). il était âgé de 85 ans et avait eu deux enfants.

Joinville, quartier de Palissy, années 1960

 

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 00:01

Joséphine Modeste Bondu naît le 23 novembre 1841 à La Séguinière (Maine-et-Loire). Elle est la fille de Marie Augereau et de son époux Michel Bondu, laboureurs.

Elle fut d’abord bergère à douze ou treize ans, sans avoir fréquenté l’école. À 17 ans, elle entra au noviciat des sœurs franciscaines de Cholet (Maine-et-Loire) en avril 1859 sous le nom de sœur Agnès de Jésus. Elles assurent une fonction de gardes-malades. Dès 1864, la supérieure de la communauté étant paralysée, sœur Agnès fut appelée à la suppléer. Pour être capable d’assumer ses responsabilités, elle apprit à lire et à écrire grâce à la sous-prieure de la communauté. Au décès de la supérieure en 1867, elle prit officiellement le titre et devint mère Agnès.

Après la guerre franco-prussienne de 1870, un moine de l’abbaye de Solesmes, Dom Camille Leduc, décida de fonder une congrégation de servantes des pauvres, pour laquelle il adopta la règle de Saint-Benoit. Il mit à la disposition de la nouvelle œuvre la maison de la rue Saint-Eutrope, à Angers, dont il venait d’hériter au décès de son père. Il sollicita les franciscaines de Cholet, qui acceptèrent et, la nouvelle congrégation des Servantes des pauvres ouvrit en février 1872. Elle établit un noviciat au lieu-dit Les Plaines en août 1873 et reçut son approbation officielle en tant qu’ordre bénédictin en avec à sa tête mère Agnès en mai 1874.

Une laïque contribua à l’établissement de la nouvelle communauté. Françoise Jouin, veuve d’un ébéniste d’Angers, était mère de deux prêtres, Amédée Jouin, qui sera supérieur de l’ordre dominicain, et Ernest Jouin, alors vicaire à Angers et qui devint directeur spirituel des Servantes des pauvres.

En novembre 1883, l’abbé Ernest Jouin, devenu curé de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), sollicita les Servantes des pauvres d’Angers pour établir une communauté dans sa paroisse. Trois sœurs venues d’Angers vinrent s’y installer, baptisant leur maison du nom de  Sainte-Geneviève. La prieure en fut mère Agnès. Outre le service des malades, les sœurs s’attachent, sur les consignes de l’abbé Jouin à prêcher le cathéchisme ; il se réjouit ainsi qu’elles aient converti des agnostiques, une protestante, des juifs, un franc-maçon.

La maison des sœurs servantes des pauvres à Joinville-le-Pont

En conflit avec les autorités municipales, l’abbé Jouin quitte Joinville en 1886. Il assurera ensuite qu’un des motifs de ses mauvaises relations avec la municipalité radicale était l’établissement des sœurs.

L’annonce du départ de Joinville de l'abbé Jouin et de celle possible des sœurs provoqua une pétition, qui obtint 900 signatures, dans une commune qui comptait 3 800 habitants, et fut portée à l'Archevêché. Les sœurs gardes-malades restèrent sur place avec le soutien actif du nouveau curé, Alfred Roustan. Leur maison grandira, abritant 13 gardes-malades en 1936 et rayonnant sur certains quartiers des communes voisines de Saint-Maur et Champigny.

Devenu curé de Saint-Médard à Paris (5e arr.), l’abbé Jouin fait de nouveau appel aux Servantes des pauvres pour sa paroisse. Mère Agnès et trois autres religieuses quittent en novembre 1896 Joinville pour établir la première communauté parisienne de l’ordre. Lorsque le même abbé fut nommé à Saint-Augustin, en 1898, il fit encore une fois appel à elle et à la communauté qui s’y installa en 1901.

Le priorat de la Mère Agnès à Saint-Augustin dura huit années. En 1909, elle célébra le jubilé de ses 50 ans de vie religieuse. À la fin de l’année, malade, elle retourna à la maison-mère d’Angers.

Modeste Bondu meurt le 4 mars 1918 à Angers. Elle était âgée de 76 ans et fut enterrée à proximité du fondateur de l’ordre, Dom Leduc. La messe d’enterrement le 6 mars fut présidée par Mgr Rumeau, évêque d’Angers. Son éloge funèbre a été prononcé par Mgr Jouin, curé de Saint-Augustin à Paris et a été édité.

Le noviciat des Plaines à Angers

 

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 00:01

Alain Raymond Nègre naît le 5 septembre 1937 à Champigny-sur-Marne, rue Charles-Infroit, dans le quartier de Polangis qui est partagé avec la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils Raymond Nègre, décorateur de cinéma aux studios Pathé de Joinville et, probablement, de son épouse Marie Louise Bergasa y Gallardo.

Il fait des études d’arts appliqués à l’école Boulle Paris (12e arr.) puis à l’Institut des hautes études cinématographiques (act. FEMIS, Paris). Il effectue son service militaire au fort d'Ivry, qui héberge le service cinématographique des armées.

Alain Nègre, fils de Raymond Nègre, entre à la Radiodiffusion-télévision française (RTF) comme assistant décorateur en mars 1960.

En juillet 1969, Alain Nègre a été nommé décorateur-chef à l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) puis, après l’éclatement de cette structure publique, il entre en mars 1975 au Centre national du cinéma (CNC). Il collabore à environ 200 films et émissions de télévision, notamment avec Claude Barma, Marcel Cravenne ou Claude Santelli. Dans le courant des années 1980, sa spécialisation dans les scènes de trucage ou d'effets spéciaux le distingue sur le plan technique.

En 1983, Alain Nègre a été récompensé d’un César du meilleur décor pour le film Le retour de Martin Guerre de Daniel Vigne avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Il collabore au téléfilm de Pierre Cardinal, Le Dialogues des carmélites (1984), récompensé du prix Albert Ollivier. Enfin, L'odeur de la papaye verte réalisé par Tran Anh Hung et tourné à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) est récompensé par une Caméra d'or au festival de cinéma de Cannes en mai 1993.

Alain Nègre reçoit son César en 1983

Ayant pris sa retraite en 1994, Alain Nègre réside à Joinville-le-Pont. Il dépose, en 2008, le fonds d’archives de son père, Raymond Nègre, au département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France (BNF). Sa sœur, Osanne Nègre (1934-2020), artiste peintre et graveuse, a également été costumière et réalisatrice de décors pour des spectacles ou la télévision.

Alain Raymond Nègre meurt le 18 août 2024 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 86 ans. Une voie publique de la commune porte le nom de son père : « allée Raymond Nègre. »

 

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 00:01

Osanne Marie Louise Nègre naît le 18 décembre 1934 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Marie Louise Bergasa y Gallardo et de son époux, Raymond Nègre, décorateur de cinéma aux studios Pathé de Joinville. La famille vit dans le quartier de Polangis, d’abord place Mozart à Joinville-le-Pont, ensuite rue Charles-Infroit à Champigny-sur-Marne.

Élève de l'École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art de Paris de 1947 à 1953, elle intègre ensuite l'École nationale supérieure des beaux-arts en 1954 et 1955. Elle signera ses œuvres de son seul prénom, Osanne. Elle se spécialise en gravure, qu’elle pratique à l’eau-forte de 1956 à 1960. Elle utilise également la lithographie qu’elle apprend auprès de Jacques Hallez à Marseille. Le graveur franco-américain Henri Goetz l'initie en 1984 à la gravure au carborundum.

Osanne, 2013, Villevaudé

Osanne est l’auteure des vitraux de la chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem, construite à Fréjus (Var) par Jean Triquenot et Edouard Dermit sur les plans du peintre et poète Jean Cocteau.

Plusieurs expositions personnelles ont eu lieu à Aix-en-Provence (1959), Paris (1979, 1983, 2002), Villevaudé et Courtry (Seine-et-Marne, 2013) ainsi que Montpellier (2017). Son œuvre gravée a été présentée depuis 1985 à la Fiest et au Saga (Paris), à Art Basel (Bâle, Suisse), ainsi qu’aux foires de Londres, Francfort, Düsseldorf et New York. Elle a signé les gravures de deux albums, Un jeune enfant vêtu d’une robe éclatante de Joseph Guglielmi (Encrages, 1988) et La Pelote d’épingles de Philippe Lefranc (Le Méridien, 1988).

Elle réalise des costumes et des décors pour la télévision (ORTF) et une dizaine de spectacles, par exemple de Lucky Luke et Dugudu, pièce de Jean-Pierre Giordanengo d'après les albums de Morris et René Goscinny, mise en scène par Jacques Falguières, présentée à Marseille (1965) et Aix-en-Provence (1966), ou Les Baigneuses de Californie, pièce de Jean-Jacques Varoujean, mise en scène par Roland Monod (Paris, 1986).

Osanne Nègre meurt le 14 janvier 2020 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Elle était âgée de 85 ans et résidait avenue Jauzier-Koestler à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). En 1980, elle avait obtenu le prix de gravure du ministère de la culture.

Son frère, Alain Nègre, a également été, comme leur père, décorateur de cinéma.

Osanne, la Vallée sauvage

 

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 00:01

Raymond Jean Léon Nègre naît le 13 juillet 1908 à Domjulien (Vosges). Il est le fils de Marcelle Rachel Léontine Dalby et de son époux Jules Nègre, ciseleur. La sœur de Jules Nègre épouse le frère de Marcelle Dalby, dont les parents vivent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Mirabelle de Domjulien, dessin Raymond Nègre

C’est dans cette commune que Raymond Nègre va vivre dans les années 1930. Il réside d’abord quai du Barrage, puis place Mozart, dans le quartier de Polangis, à proximité des studios Pathé où il est décorateur pour le cinéma. Peut-être est-ce lui qui bénéfice, en 1921 et 1922, d’une remise des frais d’externat dans le collège Chaptal à Paris (act. lycée Chaptal, 8e arr.)

En juillet 1933, il épouse à Joinville Marie Louise Pilar Bergasa y Gallardo. Ils vivent en 1937 toujours dans le quartier de Polangis, mais dans la commune voisine de Champigny, rue Charles-Infroit.

Spécialiste des trucages, Raymond Nègre signe les décors de plus de 60 films, notamment parmi ceux tournés aux studios de Joinville entre 1937 et 1971. Il travailla comme assistant pour deux des chefs-d’œuvre de Marcel Carné, Les Enfants du paradis et Drôle de drame, puis fut le chef-décorateur de nombreux films d'André Berthomieu comme L’Ange de la nuit (1944) ou La Femme nue (1949). Il collabora aussi avec Jacques Becker (Dernier Atout, 1942) et travailla pour la télévision.

Il a réalisé des croquis qui sont publiés dans la brochure Trucage et effets spéciaux propres aux décors (CST, 1978). Ils sont repris pour illustrer les effets spéciaux utilisés dans les films au sein du Dictionnaire technique du cinéma (Vincent et Christophe Pinel, Nathan, 1996, rééd. Armand Colin, 2016).

Le Pouldu, par Raymond Nègre

Raymond Nègre meurt le 7 juillet 1985 à Créteil (Val-de-Marne). La commune de Joinville-le-Pont a dénommé « allée Raymond-Nègre » une voie du quartier de Palissy. Elle se situe sur le site des anciens studios de cinéma.

Sa fille, Osanne Nègre (1934-2020), fut artiste peintre et graveuse. Son fils, Alain Nègre (né en 1937), également décorateur de cinéma, a déposé les archives de son père au département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France en 2008. Elles comprennent notamment des croquis faits pendant sa collaboration avec Abel Gance et Jean-Christophe Averty.

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 00:01

Daniel Chagnon naît le 30 mars 1929 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Adrienne Renz et de Marcel Chagnon.

Ses parents exploitent dans le quartier de Polangis, à Joinville-le-Pont, une guinguette, le Petit-Robinson. Jouissant d’une évidente aisance, Marcel Chagnon fut le premier du quartier à disposer d’un véhicule automobile.

La famille de son père est originaire de Corrèze. Sa mère est issue de deux familles ayant une grande réputation dans le milieu du cirque, en France pour sa grand-mère, et en Allemagne pour son grand-père. Léopold Renz était un écuyer-voltigeur ; Gabrielle Carré a été danseuse de l'Opéra de Paris et dresseuse de chiens.

Très doué en matière sportive, Daniel Chagnon envisageait de rejoindre l’école des sports de Joinville, institution nationale d’origine militaire, située dans le Bois de Vincennes. Pendant son service militaire (1948-1949), il intègre le Groupement sportif interarmées, ancêtre du Bataillon de Joinville, où il devient moniteur.

Pendant la deuxième guerre mondiale, sa mère, selon des témoignages de l’ancien maire communiste de Joinville, Robert Deloche, et de l’historien local Michel Riousset, Adrienne Chagnon, toujours propriétaire du Petit-Robinson, prend une part active à la Résistance. Après la Libération, elle est une des toutes premières conseillères municipales, élue en 1945 à Joinville lorsque les femmes obtiennent le droit de vote.

Daniel Chagnon va être très rapidement attiré par les métiers du cirque. Des cousins de sa mère, Tilly et Henry Rancy, ayant fait construire une villa avenue Racine, à proximité de chez eux, par l’entreprise de maçonnerie de son grand-père. Le cirque Rancy était un des plus célèbres de France pendant l’entre-deux guerres. En 1946, parès le redémarrage des tournées du cirque Rancy, Daniel Chagnon accompagne sa cousine Sabine Rancy qui l’initie à l’équitation. Ils se marient à Lyon, en mars 1950, dans une cérémonie de prestige célébrée par Édouard Herriot, maire de la ville et ancien président du conseil.

Pour lancer sa carrière circassienne, Daniel Chagnon adopte le pseudonyme de Dany Renz. Il s’initie aux différents arts du cirque, avec ses beaux-parents mais aussi Gustave Fratellini pour l'acrobatie ou Philippe Ricono pour la voltige ainsi que le dressage de fauves avec les Bouglione ou le trapèze volant avec les Rénolds et les Antarès. Jongleur, il fait également, à l’occasion, des numéros de clown.

Avec son cheval comédien Dynamite, Dany Renz devient un écuyer-voltigeur reconnu internationalement. Il présente des numéros qui vont avoir une forte notoriété, comme Robin des bois dans lequel il mêle voltige, danse classique, tir à l’arc et cinq à sept sauts périlleux consécutifs sur un cheval au galop. Il reçoit en 1955 à Toulouse l’Oscar du cirque. Il fait partie de la troupe qui représente le cirque français à Moscou en 1958. En 1961, il monte un nouveau numéro, Kid Callagan.

 

À la retraite de Tilly et Henry Rancy en avril 1964, le cirque Sabine Rancy est créé et Dany Renz devient de la société Monde et Cirque qui le gérait. Avec 5 000 places, leur chapiteau était le plus grand de France. Il continue cependant son activité artistique avec Zorro (1965), La Veuve joyeuse (1967), Féérie au Népal (1968) et Tarass Boulba (1969), pour lequel il est gratifié en 1969 à Madrid d’un second Oscar.

Dany Renz meurt le 17 juin 1972, officiellement à Brioude (Haute-Loire). Cependant, selon le journaliste et écrivain Roger Parment, il serait en fait décédé à Clermont-Ferrand. Vers 0h30, Dany Renz, en voulant aider le cornac à embarquer dans sa remorque l’éléphante Chiquita, est mortellement blessé. Hospitalisé d’abord à Issoire puis à Clermont, il décède le matin même. Le soir, Sabine Rancy donna sa représentation avant d’annoncer sa disparition.

La cérémonie religieuse eut lieu le 21 juin en l’église Saint-Anne de Polangis, à Joinville-le-Pont. Dany Renz était revêtu de l’habit bleu de nuit qui avait été son costume de marié et que l’on avait pailleté pour la scène. L’éléphante Chiquita avait été abattue, et son cheval Dynamite mourut en 1973 à Lisieux.

Sabine Rancy poursuit seule l’exploitation du cirque puis se remarie en 1975 avec Ary Larible, grand nom du cirque italien.

 

 

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 00:01

Suite de la biographie de Joseph Sauvêtre

Peu avant le début de la première guerre mondiale, l'abbé Joseph Sauvêtre quitte la banlieue populeuse de Saint-Ouen pour retrouver la rive gauche parisienne et le quartier latin, en devenant curé de Saint-Etienne-du-Mont, église paroissiale de la montagne Sainte-Geneviève (5e arr.). Il prend la place du chanoine Lesêtre, intellectuel réputé. Le journal mondain Le Gaulois  remarque le contraste : « à un homme d'étude et de science, succède un homme d'œuvres ». C’est l'abbé Jouin, ancien vicaire de la paroisse, qui procède à son installation, soulignant que l'abbé Sauvêtre fut « son commensal » et, selon Le Figaro, lui vouait « tendresse, respect et dévouement. »

Pendant le conflit, l'abbé Sauvêtre mobilise ses paroissiens en invoquant Sainte Geneviève, patronne de Paris. Il publie, en septembre 1916, Sainte Geneviève et l'invasion allemande en 1914, brochure illustrée par Mlle Moreau-Wolff. Il réclame qu’une statue de la saine soit dressée près de la Seine. Dans Dieu et patrie (octobre 1916), il répond à la question : « La victoire de la Marne. Y a-t-il eu miracle ? ». Pour Joseph Sauvêtre, il s’agit « d'un miracle relatif, c'est-à-dire d'une volonté toute spéciale de la Providence qui a tout disposé pour permettre à nos armées de remporter la victoire ». Pour lui, « celle qui, en 451, éloigna, par sa prière Attila et ses Huns des murs de Lutèce » a permis que soient repoussés en septembre 1914 « le nouvel Attila et ses hordes barbares. »

En août 1920, l'abbé Sauvêtre émit le souhait d’apposer une plaque commémorant cette bataille qu’il voulait qu’elle comporte le texte suivant : « Le 6 septembre 1914, les armées allemandes étant aux portes de la cité, Paris recourut à son antique patronne. Trois jours durant, la foule vint prier devant la châsse. Sainte-Geneviève entendit ces supplications. Comme Attila, l’ennemi se détournant de la ville fut vaincu sur les bords de Marne. ». Le quotidien Le Cri de Paris rapporte la polémique qui s’ensuivit dans les services municipaux. Pouvait-on laisser dire que « Paris » avait invoqué sainte Geneviève ? L’administration des Beaux-Arts « opina que le clergé catholique n'avait pas qualité pour parler au nom de Paris. On demanda donc à M. le Curé de substituer au mot Paris l'expression collective les fidèles de Paris. Et M. le Curé, qui est un homme d'esprit, ne fit pas la moindre difficulté pour accepter ce distinguo. »

Après la légendaire défenseuse de Lutèce, l'abbé Sauvêtre, devenu chanoine honoraire, rend hommage aux prestigieux anciens paroissiens de Saint-Etienne du Mont. Il fait graver dans son église le portrait de Frédéric Ozanam, fondateur des Conférences de Saint-Vincent de Paul en décembre 1919. Il célèbre le tricentenaire de Pascal en présence d’autorités politiques et du bureau de l’Académie française en juin 1923. En décembre la même année, il salue la mémoire du cardinal de Richelieu.

En 1925, il met une chapelle de sa paroisse à la disposition de l’église syrienne de Paris, qui permette d’accueillir la population originaire du Liban et du Levant.

Malade, Joseph Sauvêtre quitte son poste de curé de Saint-Etienne du Mont en en février 1929 ; il est remplacé par Joseph Courbe, premier vicaire de Saint-François-Xavier à Paris.

Il quitte Paris et vit en 1936 à Hyères (Var). Il consacre à son ami, Ernest Jouin, mort en juin 1932, une biographie, au contenu hagiographique, qui montre ses talents d’écriture, parie en 1936 chez Casterman. Elle a été rééditée plusieurs fois. Joseph Sauvêtre tente également d’engager la béatification d’Ernest Jouin ; cependant, sa tentative pour promouvoir la cause du protonotaire pourfendeur de la franc-maçonnerie et antisémite n’aboutit pas.

Il s’installe à Vern-d'Anjou (act. Erdre-en-Anjou, Maine-et-Loire) où son frère cadet Eugène Sauvêtre est curé depuis 1911. En juin 1940, l’église paroissiale Saint-Gervais-et-Saint-Protais est endommagée par un bombardement allemand, puis réparée en 1941.

Joseph Sauvêtre meurt le 25 juillet 1949 à Vern-d'Anjou. Il était âgé de 87 ans et était prêtre depuis 64 ans. Il avait obtenu le prix Montyon de l’Académie française en 1937 pour sa biographie de Mgr Jouin.

Fin

 

 

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 00:01

Début de la biographie de Joseph Sauvêtre

Marie Joseph Sauvêtre naît le 27 mai 1862 à Chaudefonds-sur-Layon (Maine-et-Loire). Il est le fils de Françoise Piffard et de son époux Charles Sauvêtre, charron.

Vers 1873, Joseph Sauvêtre vit à Angers et fréquente le petit patronage paroissial de la cathédrale Saint-Maurice initié par le jeune vicaire Ernest Jouin. Il profite des promenades dans la campagne environnante. Il prend part également aux petits spectacles organisés dans ce cadre, La Grammaire d’Eugène Labiche ou l’opérette Les Deux petits Savoyards de Nicolas Dalayrac et gardera ensuite un goût évident pour la mise en scène. Joseph Sauvêtre restera toute sa vie très lié à l’abbé Jouin. Ce dernier raconte, en 1918, l’anecdote suivante : « Je lui avais donné sa première leçon de latin et j'y mis une telle chaleur qu'il faillit s'en évanouir d'émotion. Je cessai du coup mes fonctions pédagogiques. Dès lors, je suis devenu le pourvoyeur des écoles des petits et des grands séminaires. »

De fait, l’abbé Jouin étant devenu en 1875 vicaire de l’église Saint-Etienne du Mont à Paris, il fait venir Joseph Sauvêtre au petit séminaire de Notre-Dame des Champs, dont il fut un des plus brillants élèves selon la presse. Il poursuivit ses études au séminaire Saint-Sulpice, toujours à Paris puis fut ordonné prêtre en 1885.

À ce moment, l’abbé Jouin est curé de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Le tout nouvel abbé Sauvêtre, qui n’a pas de fonction officielle, le rejoint et s’occupe notamment du catéchisme dans la paroisse.

Toujours sans attribution bien définie, Sauvêtre suit Ernest Jouin, nommé second vicaire de l’église Saint-Augustin à Paris (8e arr.) en août 1886. Ce n’est que cinq ans plus tard, en mars 1891, qu’il est à son tour vicaire à Saint-Augustin. Au départ de l’abbé Jouin en 1894, il se voit confier la direction du patronage paroissial, fondé par ce dernier et qui a pris une certaine ampleur.

Retrouvant une cure, celle de Saint-Médard (Paris, 5e arr.), Ernest Jouin fait de nouveau appel à son disciple, et obtient qu’il soit nommé, en juin 1895, second vicaire de sa nouvelle paroisse. Il se charge d’œuvres caritatives. Il met également en scène les pièces musicales produites par l’abbé Jouin, notamment La Nativité et La Passion, des mystères chantés qui jouissent d’une certaine réputation, malgré les réticences d’une partie de l’épiscopat. Après le départ de Jouin pour la cure de Saint-Augustin en 1898, Sauvêtre, resté à Saint-Médard, poursuit ses représentations et est nommé premier vicaire.

Quittant le centre intellectuel de Paris, l'abbé Sauvêtre est nommé curé à Saint-Ouen (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en janvier 1907. L’archevêque de Paris, le cardinal Richard, décide de dédoubler certaines paroisses des quartiers populaires du département de la Seine : Montreuil, Asnières, Clichy et le quartier de Clignancourt à Paris (18e arr.) sont concernées. Sauvêtre devient ainsi le premier curé de l'église neuve Notre-Dame du Rosaire. Le quotidien socialiste L’Humanité, qui note cette nomination alors qu’il n’évoque pas habituellement les mouvements du clergé, fait remarquer que « la séparation a libéré l'évêque de l'obligation de demander une autorisation » pour faire cette modification des circonscriptions du culte catholique, ce qui était le cas jusqu’en 1905.

Dans sa nouvelle paroisse, l'abbé Sauvêtre s’efforce de promouvoir le « théâtre chrétien », moyen selon lui de concourir « au relèvement moral de la classe ouvrière ». Il ouvre, en novembre 1908 la salle Jeanne-d'Arc. Il y représente de nouveau en décembre 1909 puis en janvier 1911 La Nativité et en mars 1910 La Passion. Le quartier culturel Comoedia remarque en voyant La Passion en avril 1911 qu’il s’agit d’un « spectacle, d'amateurs, qui, avec des facilités de mise en scène bien utilisées, a été non sans raison applaudi. »

Il accueille aussi en février 1910 une pièce sociale de Noyal-Méricour, Notre pain quotidien, qui raconte les épisodes d'une grève ou, en mars 1912, Joseph, opéra biblique d’Étienne Mehul.

Joseph Sauvêtre s’implique également dans le domaine social. Il fait ouvrir une chapelle, dédiée au Sacré-Cœur de Cayenne, dans un quartier très populaire où vivent de nombreux cheminots. Il lance, en décembre 1913 dans le quotidien conservateur L’Univers un appel en faveur des habitants de « la zone » : « Là, vivent un millier de familles, sans autre abri que des baraquements dont se contenteraient à peine des animaux. Là, dans une promiscuité funeste, vivent des familles de huit et dix personnes. Là, des vieillards abandonnés attendent vainement leur admission dans quelque asile; là, des orphelins, sollicitent d'être recueillis ; là, des femmes chargées de quatre, cinq et six enfants, demandent du pain et des vêtements pour leurs pauvres petits ». Il appelle « les désœuvrés et les riches » qui « passent dans leurs équipages et automobiles pour aller au champ de course » à soulager ces « misères sans nom. »

Il préside en avril 1914 une réunion de propagande de la section de Saint-Ouen du syndicat des employés, pilier de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) et encourage ses paroissiens à se syndiquer.

À suivre

L'abbé Sauvêtre, 1931

 

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