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29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 00:01

Eugène Louis Napoléon Cabis naît le 22 janvier 1849 à Sundhoffen (Haut-Rhin). Il est le fils de Marie Lochmann et de Francois Antoine Cabis. Militaire de carrière, ce dernier est chevalier de la Légion d’honneur et chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique.

En avril 1868, Eugène Cabis s’engage également dans la gendarmerie et est affecté à Paris. Après la défaite française de 1871 et l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne, Cabis opte en mai 1872 pour conserver la nationalité française.

Il épouse en juin 1873 à Paris (9e arr.) Estelle Félicie Duditlieu, femme de chambre, fille de parents débitants de tabac des Deux-Sèvres. En janvier 1878, il est nommé brigadier à pied dans la 13e brigade de Paris. Il est muté en juin 1881 à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine) puis promu maréchal des logis en mars 1882 et transféré à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y vit avec son père, qui y meurt en février 1885. La brigade de gendarmerie est alors située au 62 de la rue de Paris.

Eugène Cabis en 1886

En septembre 1886, est l’acteur principal d’un fait divers qui va avoir un retentissement considérable dans l’opinion publique française, suscitant plus d’un millier d’articles selon es relevés des sites d’archives en ligne (Rétronews et Gallica) ; des titres étranger suivent également l’affaire, comme le Taranaki Herald (Nouvelle-Zélande), le South Wales Echo (Pays de Galles), le Nieuwe Amersfoortsche Courant (Pays-Bas) ou le Times (Angleterre).

Le dimanche 5 septembre 1886, un employé des chemins de fer, Albert Dufeutrelle, résidant à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne)  va se promener à Joinville en compagnie de son amoureuse, Hélène Castel. Ils dînent ensemble, dans un restaurant des bords de Marne (l’établissement Hardy) puis se dirigent vers la gare, au travers du bois Bénard, partie du Bois de Vincennes qui sépare la rivière de la station de chemin de fer, qu’ils traversent dans la nuit vers dix heures du soir.

Selon ses déclarations, Cabis s’était rendu dans le bois pour satisfaire un besoin naturel pressant, dû, d’après lui, à sa consommation de melon. Quand les amoureux s’approchent, sans l’avoir vu, Cabis se redresse d’un coup. Se pensant en présence d'un malfaiteur, Dufeutrelle lui porta un coup de canne. En riposte, Cabis l’abattit à bout portant d’une balle de revolver entre les deux yeux. Des promeneurs, accourus au bruit du coup de feu, arrêtent le meurtrier et le remettent à un gendarme, collègue de Cabis, appelé par la jeune fille qui accompagnait Dufeutrelle. Il est conduit par lui au poste de police.

L’affaire prend un tour politique, entre des défenseurs inconditionnels de l’armée et, notamment dans les mouvements socialistes-révolutionnaires, des personnes reprochant l’impunité des agents des forces de l’ordre quand ils commettent des crimes ou délits.

L’instruction, rapide, ne permet guère d’éclaircir les faits. Plusieurs militaires témoignent en faveur de Cabis sur son comportement antérieur, tandis que les témoins en faveur de la moralité de Dufeutrelle sont pour la plupart écartés par le président du conseil de guerre, devant lequel comparaît Cabis du fait de son statut militaire. Lors des deux jours d’audience, les 13 et 14 octobre 1886, Cabis s’efforce de traiter de délinquants les personnes citées qui parlent en mal de son comportement avant le meurtre ; les déclarations des concierges, qui estiment que Dufeutrelle leur parlait mal, sont mises en avant pour mettre en doute sa moralité.

Le verdict conclut, par quatre jurés contre trois, à l’acquittement de Cabis de l’accusation de meurtre. Le père de Dufeutrelle envisage d’engager une action civile contre Cabis, mais il en est dissuadé, ce dernier étant présenté comme insolvable.

Le conseil de guerre

Malgré son acquittement, Cabis fut mis en demeure de choisir entre partir avec son grade en Nouvelle-Calédonie ou à La Réunion; rester dans l'armée en France, mais comme simple soldat, ou prendre une retraite proportionnelle au temps qu’il avait déjà effectué (18 ans de services, dont plus de trois ans de campagnes, ce qui lui permettait de faire valoir une ancienneté de 22 ans). Il choisit cette dernière option et mis en retraite en octobre 1886. Il devint concierge-gardien d’un hôtel de Dieppe (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

En août 1901, au décès de son épouse, il demeure à Augerville-la-Rivière (Loiret). En février 1906 à Paris (4e arr.), Eugène Cabis épouse Catherine Walter, rentière et également veuve, puis ils vont vivre chez elle à La Queue-les-Yvelines (Seine-et-Oise, act. Yvelines), rue de Pombelles. En 1911, ils sont à La Chaussée-d’Ivry (Eure-et-Loir), rue de l’École. Il y est toujours en 1914.

Sa date de décès n’est pas connue.

Le fils issu de son premier mariage, Ernest Alfred Cabis (1874-1946), licencié en droit, est officier dans la garde républicaine puis la gendarmerie. Il est chef d'escadron de plusieurs légions. Il est décoré de la Légion d’honneur en tant que chevalier en décembre 1916 puis officier en juillet 1935. Il est alors devenu juge de paix à La Chartre-sur-le-Loir (Sarthe). Eugène Cabis avait également eu une fille, morte six mois suivant sa naissance.

Après les évènements de 1886, le Bois-Bénard a été désigné dans l’usage commun comme le Bois-Cabis. Cet espace boisé a ensuite disparu, étant urbanisé avec notamment la création des rues de la Paix et Aristide-Briand.

Voir aussi :

* Albert Dufeutrelle, promeneur victime d’un gendarme

L’ancien Bois-Cabis à Joinville-le-Pont

 

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27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 00:01

Antoine Albert Eugène Dufeutrelle naît le 4 janvier 1865 à Lyon (3e arr.). Il est le fils de Marie Adèle Balmont et de son époux Jean Baptiste Eugène Dufeutrelle, ingénieur de la Compagnie du chemin de fer de Paris Lyon Méditerranée (PLM).

Devenu lui aussi employé du PLM, Albert Dufeutrelle vit avec ses parents à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Ormes. Il est préparateur pour les expériences scientifiques conduites dans le cadre de l’association Polytechnique à Charenton.

Le dimanche 5 septembre 1886, Albert Dufeutrelle va se promener à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en compagnie de son amoureuse, Hélène Castel. Ils dînent ensemble, dans un restaurant des bords de Marne (l’établissement Hardy) puis se dirigent vers la gare de Joinville, au travers du bois Bénard, partie du Bois de Vincennes qui sépare la rivière de la station de chemin de fer, qu’ils traversent dans la nuit vers dix heures du soir.

Voyant un homme se dresser devant eux, Dufeutrelle se croyant en présence d'un malfaiteur, porta un coup de canne à l'individu, qui l’abattit à bout portant d’une balle de revolver entre les deux yeux. Des promeneurs, accourus au bruit du coup de feu, arrêtent le meurtrier et le remettent à un gendarme appelé par la jeune fille qui accompagnait Dufeutrelle. Il s’agit du maréchal des logis de gendarmerie, Eugène Cabis, de la brigade de Joinville. Du fait des circonstances et de la qualité du meurtrier, la mort de Dufeutrelle eut un écho considérable dans la presse nationale, ainsi que dans les journaux locaux, mais on trouve également des articles à ce sujet dans organes internationaux comme le Taranaki Herald (Nouvelle-Zélande), le South Wales Echo (Pays de Galles), le Nieuwe Amersfoortsche Courant (Pays-Bas) ou le Times (Angleterre). Pour la seule France, le site Rétronews recense plus de 600 publications de presse pour l’année 1886 consacrées à l’affaire dans 69 quotidiens.

L’affaire prend un tour politique, entre des défenseurs inconditionnels de l’armée et, notamment dans les mouvements socialistes-révolutionnaires, des personnes reprochant l’impunité des agents des forces de l’ordre quand ils commettent des crimes ou délits.

Les obsèques d’Albert Dufeutrelle eurent lieu le 11 septembre 1886 en l’église de Charenton, en présence de 6 000 personnes selon la presse. Deux allocutions furent prononcées, l’une par M. Balacey, responsable de l’association Polytechnique, l’autre par M. Fernando, qui se présentait comme un ami d’enfance et disait parler au nom de la jeunesse de Charenton, il considéra que Dufeutrelle « avait été victime d'un horrible assassinat. »

Laissé d’abord libre, Cabis, après une courte instruction, est finalement incarcéré puis jugé par le deuxième conseil de guerre de Paris les 12 et 13 octobre 1886 car relevant du statut militaire. Il est acquitté par quatre membres du jury contre trois, au bénéfice de la « légitime défense ». La cour a écarté le dossier remis par son père et l’enquête faite par des amis de la victime. Il doit cependant quitter l’armée.

Le père d’Albert Dufeutrelle annonce vouloir lancer une action civile, faute de condamnation pénale, mais semble y avoir renoncé, Cabis apparaissant comme insolvable.

Voir aussi :

* Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre

Albert Dufeutrelle

 

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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 00:01

Gaston Émile Moutenot naît le 12 septembre 1902 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Marthe Marie Eugénie Aluitte et de son époux Georges Moutenot, représentant de commerce, originaire des Vosges. Ils vivent rue de la Présentation.

Devenu secrétaire administratif, Gaston Moutenot épouse en juin 1925 à Paris (20e arr.) une violoniste, Marcelle Vandenhandenhuyse. Ils divorcent en avril 1928.

Retourné vivre dans le même arrondissement chez ses parents, rue des Pyrénées, Gaston Moutenot est en 1931 inspecteur de la Société des transports en commun de la région parisienne (TCRP). Il se remarie en mars 1932, toujours dans le 20e, avec une institutrice normande, originaire de Carentan (Manche), Lucienne Héloïse Augustine Morisset.

Il est attentif aux questions sociales, souscrivant en mai 1934 en faveur des familles des mineurs victimes des catastrophes du Fief de Lambrechies, en Belgique.

En 1939, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils vivent rue Aristide-Briand, à proximité de la gare, dans le centre-ville.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Gaston Moutenot s’engage, en 1942, dans la résistance à l’occupation allemande. Il participe à des actes de sabotage en Normandie.

À la fin de la guerre, Moutenot représente le Mouvement de libération nationale (MLN) au sein du comité local de Libération de Joinville, conjointement avec Maréchal. Le MLN regroupe en 1944 plusieurs mouvements, dont Combat (issu lui-même d’un premier MLN, fondé en 1940 par Henri Frenay), les Mouvements unis de la Résistance, Défense de la France, Résistance et Lorraine. Outre des partis politiques (PCF, SFIO, radicaux-socialistes), le syndicat CGT, l’association d’anciens combattants ARAC, le comité local de Libération comprend aussi des représentants du Front national (proche des communistes) et de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Lors des premières élections municipales de la quatrième République, en avril 1945, Moutenot et Maréchal sont élus sur la liste d’Union résistante et démocratique (URD) conduite par Robert Deloche, qui faisait office de maire en tant que président de la délégation spéciale mise en place sur proposition du comité local de Libération et qui remplaçait l’ancienne municipalité destituée. Elle est élue avec une moyenne de 3 979 voix pour 6 447 suffrages exprimés (61,7%) sur 6 621 votants et 7 811 inscrits. Le conseil est composé de 7 communistes, 6 socialistes SFIO, 5 radicaux et 9 indépendants de gauche, parmi lesquels il faut sans doute compter Moutenot.

Lucienne Moutenot étant devenue enseignante dans l‘école Jean-Charcot du centre-ville, le couple Moutenot vit dans un appartement de fonction, place Eugène-Voisin.

Lors des élections municipales d’octobre 1947, Gaston Moutenot figure peut-être sur la liste du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien). L’élection se déroule à la proportionnelle, mais le MRP n’obtient pas d’élu, le RPF (gaulliste) ayant 13 sièges, tout comme l’union communiste et radicale, les socialistes SFIO faisant la balance en faveur du communiste Robert Deloche avec un élu. Moutenot est membre du comité directeur de la section de Joinville du MRP en mars 1950.

Le renouvellement du conseil municipal en avril 1953 voit Moutenot à la tête de la liste MRP, qui dispose de deux sièges sur 27 avec une moyenne de 620 voix pour 6 748 suffrages exprimés (9,2%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Les communistes et leurs alliés ont dix élus, le RPF en a six et le RGR (divers-droite) autant, les socialistes SFIO en ont trois. L’alliance RGR-RPF-MRP permet l’élection de Georges Defert (RGR) en tant que maire, tandis que Moutenot devient adjoint au maire.

Au cours des élections au conseil général de la Seine, en mai 1953, Gaston Moutenot figure sur la liste MRP conduite par Henri Melchior, conseiller général sortant et conseiller municipal Champigny, ancien responsable du MRP à Joinville. Il n’est pas élu.

En novembre 1953, Moutenot présente sa démission de sa fonction d’adjoint et du conseil municipal. Il annonce son départ en province, son épouse ayant été mise à la retraite en juillet. Il est remplacé dans les deux fonctions par Raymond Baugé.

Gaston Émile Moutenot meurt le 25 mars 1976 à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne). Il était âgé de 73 ans. En octobre 1949, il avait été décoré de la Médaille de bronze de la Reconnaissance française pour faits de résistance. Il avait obtenu une autre récompense en 1960.

Un bus sur le pont de Joinville

 

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 00:01

Lucien François Georges Epin naît le 4 février 1899 à Besançon (Doubs). Il est le fils de Marie Louise Schaffner et de son mari, François Pierre Jacques Epin, chef armurier au 4e régiment d’artillerie. Ses parents sont tous deux originaires de Châtellerault (Vienne).

Devenu orphelin de père à l’âge de sept ans, il est probablement dispensé de service militaire et épouse en septembre 1924 à Ploubezre (Côtes-d’Armor) Marie Le Lagadec, fille de commerçants.

En 1926, Lucien Epin est directeur de l'institution Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’agit d’un établissement catholique privé, installé avenue des Platanes. Au milieu des années 1930, l’institution accueille une centaine d’élèves.

La revue L'Éducation physique décrit, en juillet 1935, l’école comme étant un centre hébertiste, s’appuyant sur la Méthode Naturelle de Georges Hébert en éducation physique. Pour le journal, « l'Institution Palissy de Joinville-le-Pont, remarquablement dirigée par un éducateur de choix, M. L. Epin, fait pratiquer la gymnastique naturelle à sa centaine d'élèves depuis deux ans. Quelques massifs de fleurs de son petit parc ombragé ont été supprimés pour faire place à un plateau de travail ; un léger portique a été dressé, et un sautoir organisé dans le coin d'une allée. Installation très simple mais largement suffisante pour pratiquer un enseignement intéressant et complet ». Le même organe de presse conclut que l’expérience « pourrait servir d'exemple contre nos méthodes routinières et sans joie. »

Dans le domaine politique, Lucien Epin devient, en novembre 1932 membre de la commission de propagande du Comité d’union républicaine et d’action sociale (CURAS, fondé en 1912), qui rassemble les conservateurs et libéraux de la commune de Joinville et est présidé par Émile Lecuirot. En janvier 1934, il en devient le secrétaire général. Après les manifestations violentes de février 1934 à Paris, le CURAS débat, en mai la même année, de la rénovation des institutions. Il lance un appel : « Fermement résolu à créer et maintenir l’union entre les citoyens sincèrement républicains qui sont décidés à maintenir la paix sociale en s’opposant aux partis de violences quels qu’ils soient, décide d’intensifier son action afin de grouper dans un large libéralisme les citoyens de bonne volonté n’ayant en vue que l’intérêt général ».

Lors d’une réunion en juillet 1934, dans la perspective d’élections municipales complémentaires qui sont organisées en octobre, le CURAS indique qu’il a reçu de Georges Briolay, maire radical-socialiste, une proposition verbale de trève politique. La décision d’entrer en pourparlers avec le parti radical-socialiste est acceptée à l’unanimité. La liste du Comité de concentration républicaine pour la défense des intérêts de Joinville affiche les objectifs suivants : apaisement et concorde selon l’exemple du gouvernement, hommes nouveaux, réduire le budget à son strict minimum ; sa plus grande préoccupation affirmée est la situation pénible des chômeurs. Elle emporte les dix sièges à pourvoir, dont quatre radicaux et six membres du CURAS.

En mars 1935, le CURAS se transforme en Union des républicains. Epin est membre du bureau. Il lance en avril un appel à la séparation de l’administration municipale et de la politique et adopte un programme, dont Epin est signataire, revendiquant la « diminution des charges écrasantes », l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs et l’application des lois sociales. Le CURAS décide également de rompre avec les radicaux-socialistes : « L’Union des républicains de Joinville, se souvenant des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons, a décidé de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ».  Lors des élections municipales générales de mai 1935, l’Union des républicains devance au premier tour les radicaux-socialistes et l’emporte au second tour devant la gauche unie.

En février 1934, Lucien Epin a accédé à la présidence de la société de secours mutuels Assurance fraternelle de Joinville-Nogent, fondée en 1909 dans le but de fournir une assistance en cas de décès. Il prend la succession de Paul Jouve, employé de banque. La mutuelle, qui a son siège à Joinville, avenue Galliéni, compte plus de 300 membres et est affiliée à l’Union mutuelle nationale pour l’assurance. Epin en est toujours le président en 1946.

S’il conserve son adresse à Joinville et continue de s’impliquer dans la vie sociale locale, Lucien Epin se consacre à un nouveau projet professionnel : l’ouverture d’un établissement scolaire privé laïc à Vitry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne). Pour la rentrée 1936, l’Institution Epin accueille dans un parc 3000 m², avec une pension au « régime familial » des garçons rue Eugène-Pelletan.

En 1950, Lucien Epin vend l'établissement à M. Noetinger, mais il va conserver son nom et devient le lycée Epin lorsqu’il est racheté 1955 par Pierre Jacob. Il est toujours en exploitation sous ce nom au 21e siècle, groupant un collège avec un lycée général et technologique pour plus de 600 élèves.

Lucien François Georges Epin meurt âgé de 81 ans le 11 mai 1980 à Châtellerault, commune d’origine de ses parents où il avait conservé des attaches, puisque sa fille y était née en 1930 ; elle a enseigné dans l’établissement Epin de Vitry.

Lucien Epin avait reçu plusieurs lettres de félicitations pour son activité éducative en janvier 1935 et mai 1936. Il avait été décoré de la médaille de bronze de l’Éducation physique en mai 1936 puis de la médaille d'argent en avril 1937. Enfin, il était chevalier du Mérite social pour son activité mutualiste depuis février 1939.

Lucien Epin à l'Institution Palissy en 1935 (probablement)

 

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21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 00:01

André Gustave Félix Redoux naît le 13 juin 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louisa Thérèse Gathier, polisseuse en bijoux et de son mari Manuel Émile Redoux, employé de la compagnie d’assurances l’Abeille. Ils vivent dans le quartier de Polangis, d’abord avenue de l’Horloge puis avenue du Parc.

Devenu employé de banque, André Redoux travaille à la Banque Franco-Italienne à Paris (9e arr.). Il épouse à Joinville en décembre 1933 une voisine, Yvonne Angèle Suze, belle-fille de Gustave Aubry (1868-1927), mécanicien et conseiller municipal radical-socialiste de Joinville-le-Pont (1919-1925).

Pendant la deuxième guerre mondiale, André Redoux est mobilisé au sein du 13e régiment d'artillerie divisionnaire (13e RAD) où il est maréchal des logis. Il est fait prisonnier en Allemagne. Son père avait également été prisonnier, pendant la première guerre mondiale.

Un dossier administratif de participation à la résistance à l’occupation allemande est constitué au nom de « Redoux, André », mais il ne comporte pas de date de naissance permettant de l’identifier, ni d’homologation au titre d’une catégorie de résistance.

En 1951, André Redoux est président de la société mutualiste Assurance fraternelle de Joinville-Nogent, qui verse à ses adhérents des allocations en cas de décès. Elle a été fondée en 1909 et a son siège avenue Galliéni à Joinville ; elle était présidée depuis 1934 et jusque 1947 par Lucien Epin. André Redoux vivait toujours avenue du Parc à Joinville ; son père avait été vice-président de la mutuelle avant la deuxième guerre mondiale.

Après sa retraite, la famille Redoux s’installe en Languedoc où réside également leur fille.

André Redoux meurt le 29 septembre 2003 à Villeneuve-lès-Béziers (Hérault). Il était âgé de 92 ans. Il avait obtenu, en 1960, une décoration (non identifiée).

Joinville-le-Pont, vers 1960

 

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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 00:01

Louis Auguste Roussel naît le 10 juillet 1855 à Belleville (act. Paris, 18e arr.). Il est le fils de Joséphine Mélanie Geoffroy et de son mari Baptiste Roussel, accordeur de pianos.

En 1882, devenu ébéniste, il vit avec son père à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), rue de la Voyette. Il épouse en juin dans cette ville Marie Louise Célina Horvate, veuve et rentière. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), impasse Jules Rousseau, à proximité du parc du Parangon où ils vivent en 1891. À ce moment, Roussel cesse peut-être le travail du bois puisqu’il se présente désormais comme propriétaire.

Dans sa commune, Roussel s’engage en politique avec les radicaux-socialistes. Il est en avril 1902, l’un des délégués de au sein du Comité d’union et d’action républicaines de la deuxième circonscription de l’arrondissement Sceaux. Le même mois, il est le secrétaire de la réunion publique qui se tient à Joinville et dans laquelle le député sortant, Jules Ferdinand Baulard, fait ses adieux politiques et annonce soutenir le candidat Adolphe Maujan « qui portera haut et ferme le drapeau de la République démocratique et sociale » selon Baulard. Il sera élu.

Lors de la transformation du comité électoral en structure politique permanente, en juin 1902 sous le nom de Comité républicain radical-socialiste de Joinville, Roussel est un des huit délégués de la nouvelle organisation, qui adhère au parti radical-socialiste récemment formé. Il est choisi, en avril 1907, pour être électeur sénatorial par le conseil municipal.

Nommé en avril 1905 par le préfet de la Seine membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance local, Roussel est également administrateur de la caisse des écoles. Lors des graves inondations de la Marne, au premier trimestre 1910, l’hebdomadaire Voix des communes remarque que grâce au zèle Roussel et du bureau de bienfaisance, « personne n’a eu faim ou froid. »

Suite à d’intenses polémiques dans la vie politique locale, six conseillers municipaux élus en 1908 démissionnent en 1911, dans un contexte où le maire sortant, en place depuis un quart de siècle et malade, a décidé qu’il quitterait sa fonction au prochain renouvellement. Emmenés par Henri Vel-Durand, les démissionnaires s’opposent violemment à la majorité radicale-socialiste, dont ils étaient membres sur nombre de sujets locaux : les voies d’accès au port de commerce sur la Marne, la vie dans les écoles, la gestion des œuvres sociales, etc. Si les radicaux-socialistes n’ont officiellement pas de liste pour ce scrutin, ils encouragent cependant la candidature de commerçants, derrière René Martin, sur laquelle on retrouve tout de même plusieurs radicaux, dont Roussel. La liste des dissidents, qui a le soutien des libéraux et conservateurs, mais aussi des socialistes SFIO, arrive en tête et obtient les sept sièges à pourvoir. Roussel n’est pas élu.

En juin, le comité radical-socialiste se réunit, dans une ambiance de « désarroi momentané » selon son hebdomadaire Voix des communes pour discuter de l’exclusion des dissidents. Il condamne une « campagne équivoque, haineuse, de mensonge » des trois membres du comité qui se sont présentés sur cette liste (Mermet, Poitevin et Vel-Durand) mais souligne en contrepartie « l’attitude digne » et la « campagne honnête » de Roussel et de ses collègues. Lors des élections municipales générales de mai 1912, suite à un accord de fusion au second tour, les dissidents radicaux alliés aux libéraux et conservateurs ainsi qu’aux socialistes SFIO battent les radicaux-socialistes.

Ayant perdu sa première épouse en mars 1914, Louis Auguste Roussel se remarie, en février 1922 à Joinville avec Juliette Octavie Munier. Il meurt le 8 juillet 1923 à Paris (4e arr.), où il était hospitalisé. Il était toujours domicilié à Joinville. Il était âgé de 67 ans et n’avait pas eu d’enfant. En novembre 1911, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

Inondations à Joinville-le-Pont en 1910

 

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17 avril 2022 7 17 /04 /avril /2022 00:01

Émile Charles Georges Roussel naît le 12 septembre 1876 à Santeny (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Sophie Florentine Dumontier et de son mari Charles Louis Roussel, chef de gare de chemin de fer.

Devenu également employé chemin de fer, Georges Roussel, qui réside alors à Mandres-les-Roses (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) effectue son service militaire à partir de novembre 1897 dans le 7e régiment de génie, qui est basé en Algérie, à Constantine. Il est nommé sergent en novembre 1899 puis démobilisé en octobre 1900.

Peu après son retour, il épouse en décembre 1900 à Mandres Adèle Marie Aimée Alix, orpheline d’un facteur des postes de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils s’installent d’abord à Saint-Maur-des-Fossés puis à Joinville où ils vivent avenue Oudinot, puis avenue du Bac, dans le quartier de Polangis.

Au cours de la première guerre mondiale, Georges Roussel est appelé mais maintenu à son poste, rattaché à la section des chemins de fer de campagne. Il est démobilisé en février 1919.

En 1920, Roussel est trésorier de la section de la société de secours mutuels intitulée Dotation de la jeunesse. Il exerce toujours cette fonction en 1928. Il est également nommé administrateur du bureau de bienfaisance municipal.

Ayant alors pris sa retraite de chef de bureau de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, Roussel est candidat en octobre 1934 à une élection municipale partielle convoquée à Joinville suite à des décès et démissions au sein de l’assemblée locale. Il figure sur la liste des républicains indépendants, proche de la majorité municipale (groupement des gauches, radicaux-socialistes et socialistes indépendants). Elle fait face à trois autres listes : communiste, socialiste SFIO (alliés aux radicaux-socialistes en 1929 mais s’en étant séparés depuis) et une liste ce concentration républicaine, sur laquelle on trouve à la fois des libéraux et conservateurs, mais aussi des radicaux-socialistes. Au premier tour, la concentration républicaine arrive nettement en tête, avec 36,8% des votes valides tandis que les républicains indépendants ont 25,6%, les communistes devançant de très peu les socialistes avec respectivement 17,7% et 17,5%. Roussel obtient 579 voix pour 2 297 suffrages exprimés sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, les socialistes retirent leur liste de même que les républicains indépendants et la concentration républicaine remporte les dix sièges à pourvoir. Roussel n’est pas élu.

Pour les élections municipales générales de mai 1935, une alliance avait été conclue entre les radicaux-socialistes et les forces locales libérales et conservatrices, mais elle est rompue au début de l’année, et le scrutin se présente avec de nouveau quatre listes. Roussel figure, avec 15 des conseillers sortants, sur celle du maire sortant, le tapissier Briolay Georges, les Gauches républicaines, rassemblant des socialistes indépendants et les radicaux-socialistes. L’Union des républicains rassemble les formations de droite, tandis que la SFIO et le PCF ont chacun leurs propres candidatures.

Les Gauches républicaines défendent un bilan contrasté, mettant en avant d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement mais regrettant d’avoir dû augmenter la fiscalité locale, à cause de l’aggravation des charges imposées à la commune (incendie, chômage, moins-values sur les recettes).

Au premier tour, la liste de l’Union des républicains arrive en avance, avec une moyenne de 32,6%, distançant les Gauches républicaines à 26,8%, talonnées par les communistes (23,5%) qui prennent l’avantage sur la SFIO (12,3%). Roussel recueille 748 votes pour 2 856 suffrages exprimés (26,2%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, les socialistes et les communistes fusionnent, tandis que les deux autres listes se maintiennent. La victoire appartient à l’Union des républicains qui emporte avec 41% et 25 des 27 sièges à pourvoir, l’union de la gauche en ayant deux après avoir atteint 39%, dont le futur maire communiste Robert Deloche, tandis que le Groupement des gauches républicaines recule fortement (20%) et n’est plus représenté. Roussel recueille 548 votes pour 2 899 suffrages exprimés (18,9%) sur 2 924 votants. Les nouveaux élus se félicitent que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Émile Charles Georges Roussel meurt le 28 janvier 1947 à Joinville. Il était âgé de 70 ans et père d’une fille.

Il avait été décoré pour son action mutualiste d’une médaille de bronze en juillet 1928 et avait reçu la médaille d’honneur des chemins de fer en février 1927.

La gare de Joinville-le-Pont

 

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 00:01

Pierre Ernest Battarel naît le 16 août 1836 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Louise Cécile Mathilde Petry et de son mari, Joseph François Battarel, avocat. La famille s’installe ensuite à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne).

Devenu ingénieur, Pierre-Ernest Battarel travaille pour la Compagnie parisienne du Gaz. Il est membre depuis 1867 de la Société des ingénieurs civils de France.

En 1881, avec son frère Arthur Battarel et son beau-frère, Constantin Ernest Chavignot, Pierre Ernest Battarel acquiert le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Ils créent en 1894 la Société civile immobilière de Polangis, à laquelle ils vendent une partie du terrain afin de le lotir. Pierre Ernest Battarel se consacre désormais essentiellement à sa nouvelle propriété.

Il est devenu adhérent, en 1889, à l’Association française pour l'avancement des sciences. Lors de l’enquête sur la création d’une ligne de tramway devant relier Joinville et Chennevières, Battarel et Chavignot présentent un contre-projet alternatif à celui du conseil municipal. Après une séance, qualifiée de « longue et assez houleuse » par l’hebdomadaire Voix des communes, le conseil municipal rejette leur propositions en mai 1930.

Pierre Ernest Battarel meurt le 27 juillet 1901 à Joinville, au château de Polangis. Il était âgé de 64 ans, célibataire et sans enfant. Il est inhumé à Joinville.

La propriété du château de Polangis revient à sa sœur, Ernestine Louise Clotilde, et à son mari, Henri Chavignot, qui vont achever de lotir le parc puis détruire le château.

Le château de Polangis

 

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 00:01

Joseph Arthur Théophile Battarel naît le 1er juin 1834 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Louise Cécile Mathilde Petry et de son mari, Joseph François Battarel, avocat. La famille s’installe ensuite dans le troisième arrondissement puis à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne).

Comme son père, Arthur Battarel va être avocat. Il va principalement exercer l’activité de syndic de faillite entre 1870 et 1881. Il intervient également dans un contentieux concernant des porteurs d’obligations portugaises. Son cabinet est établi à Paris, rue de Bondy (act. rue René-Boulanger, 10e arr.).

En 1881, avec son frère Pierre Ernest Battarel et son beau-frère, Constantin Ernest Chavignot, Arthur Battarel acquiert le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Ils créent en 1894 la Société civile immobilière de Polangis, à laquelle ils vendent une partie du terrain afin de le lotir. Arthur Battarel se consacre désormais essentiellement à sa nouvelle propriété.

En février la même année, son garde particulier abat un chien qui l’attaquait ; la bête sera reconnue comme enragée par l'école vétérinaire d'Alfort (Maisons-Alfort) où elle est emmenée. En avril 1895, une bagarre éclate entre un garde du château et un braconnier, qui est ensuite écroué. Le mois suivants, trois jeunes de 15 à 20 ans sont arrêtés pour s’être introduits, la nuit, dans la propriété. En janvier 1896, un garde-chasse de M. Battarel dénonce un braconnier, qui est jugé à Paris ; cependant, un autre individu se presente au tribunal et avoue être l’auteur du forfait.

Arthur Battarel meurt le 15 septembre 1900 à Joinville, au château de Polangis. Il était âgé de 66 ans, célibataire et sans enfant. Il est inhumé à Joinville.

Après le décès de son frère, l’année suivante, la propriété du château de Polangis revient à sa sœur, Ernestine Louise Clotilde, et à son mari, Henri Chavignot, qui vont achever de lotir le parc puis détruire le château.

le château de Polangis en 1886

 

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 00:01

Suite de la biographie de Charles Provin

Après la première guerre mondiale, Charles Provin n’est pas candidat lors des élections municipales en novembre 1919. Il continue cependant à avoir une influence politique, car le conseil municipal, alors composé majoritairement de radicaux dissidents, le désigne comme électeur sénatorial en décembre 1919 puis en mars 1925. Lors de ce dernier vote, il est sur la liste de l’Union républicaine des intérêts communaux qui l’emporte face à celle du Cartel des gauches, groupant la minorité du conseil (radicaux-socialistes et socialistes indépendants).

Il se présente, en mai 1925 en dixième position sur la liste de l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux du maire sortant, Henri Vel-Durand, qui fait face à deux concurrents, le cartel des gauches de Georges Briolay (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants) et le parti communiste. La liste a pour programme l’application « sans rigueur et sans sectarisme » des lois de laïcité, le maintien de l’octroi pour les marchandises entrant dans le territoire communal et l’économie dans les dépenses budgétaires.

Les partisans de Vel-Durand obtiennent au premier tour en moyenne 47,5% des suffrages exprimés, devant les gauches du cartel (28,4%) et les communistes (21,1%) ; ils sont tous élus au second tour, malgré le retrait de la liste du PCF. Après la réélection en tant que maire d’Henri Vel-Durand, greffier, Stephen Durande et Charles Provin sont désignés comme adjoints au maire. S’il est solidaire du maire, Provin s’abstient cependant dans l’octroi d’un marché pour le chauffage des écoles en décembre 1925. Il s’oppose aussi en janvier 1928 à la création d’un poste de professeur de dessin pour les écoles.

Provin, comme Vel-Durand et le conseiller général Naudin ainsi que deux conseillers municipaux, Gillot et Liou, participe en juillet 1927 à une réunion de propagande de la Ligue des Jeunesses patriotes qui se tient au restaurant la Tête noire, quai Beaubourg à Joinville. Fondées par Pierre Taittinger, les Jeunesses patriotes constituent un mouvement nationaliste en France d’importance. L’hebdomadaire local la Gazette de l’Est compte 400 auditeurs et assure que les Jeunesses patriotes s’affirment républicaines, mais dénoncent la carence du gouvernement contre le communisme. Deux représentants de cette tendance viennent d’ailleurs apporter la contradiction.

Lors du décès de Vel-Durand en septembre 1928, Stephen Durande prononce un discours au nom des élus municipaux et est suivi de Provin, en tant que président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers.

Après le décès du maire, une élection partielle a lieu, qui voit la victoire de l’union des gauches, laquelle remporte avec Briolay les trois sièges à pourvoir. Le conseil municipal de désignation du maire, en octobre 1928, voit Durande et Provin obtenir chacun huit voix au premier tour, tandis que Briolay en a trois, Liou et Gillot chacun une. Selon le quotidien Le Petit Journal, Provin a remercié ses collègues de la manifestation de sympathie faite sur son nom et a déclaré ne pas être candidat à l’écharpe de maire. Au second tour, Stephen Durande a été élu par quatorze voix contre trois à Briolay et une à Liou. Provin devient premier adjoint.

Les élections municipales de mai 1929 se présentent dans une configuration comparable à celle des 1925. La liste d’Union républicaine et démocratique de Stephen Durande affronte les gauches républicaines de Briolay et les communistes. Au premier tour, la liste Durande arrive en tête avec une moyenne de 42,6% des votes, suivie par les partisans de Briolay à 35;9%, tandis que les communistes se situent à 16,0%. Provin recueille 957 voix pour 2 126 suffrages exprimés (45%) et 2 491 inscrits ; c’est le meilleur score de tous les candidats.

Au second tour, malgré le maintien de la liste communiste de Bénenson, la concentration des gauches emporte 22 sièges avec 45,9%, la liste de droite recueillant 41,6% et cinq sièges, les communistes reculant à 12,5% sans avoir d’élu.

Tandis que Durande est battu, Provin fait partie des réélus de la municipalité sortante, avec Caillon, Decrombecque, Gobert et Lecuirot. S’il se situe dans l’opposition, c’est cependant Charles Provin qui remet, en mars 1931 au nouveau maire, Georges Briolay, les Palmes académiques.

En avril 1932, Provin se prononce pour la suppression du port de marchandises sur la Marne, se plaignant des inconvénients qu’il apporte aux riverains, et pour le maintien du halage animal ou mécanique dans le département de la Seine, que la majorité municipale souhaite voir disparaître. Il s’oppose en mai la même année à des changements noms de voies, rebaptisées rues de la paix et Aristide-Briand. Il vote contre le budget municipal pour l’année 1934, en décembre 1933 et celui-ci n’est adopté que par une majorité relative de neuf voix contre six sur 27 conseillers.

Président de la société de secours des sapeurs-pompiers depuis 1925, Provin devient vice-président de la Mutualité scolaire après le décès de son épouse, qui exerçait cette fonction, en octobre 1933.

Charles Provin, qui siégeait encore au conseil municipal du 15 février, meurt le 1er mars 1934 à Joinville. Il était âgé de 71 ans et père d’un enfant. Inhumé au cimetière de Joinville, sa tombe porte une plaque au nom de la société des sapeurs-pompiers dont il avait été administrateur pendant plus de 25 ans. Il est remplacé comme conseiller municipal en octobre 1934 à l’occasion d’une élection partielle.

En septembre 1909, il avait été décoré en tant que chevalier du Mérite agricole pour sa « collaboration à l'installation de champs de course dans la banlieue parisienne et en province ». Il a été promu officier du même ordre en août 1927. À partir d’août 1910, il a reçu cinq récompenses au titre de son action mutualiste, dont la médaille d'or en février 1931, pour son rôle comme président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville.

L’association d’escrime La Dague, dont il fut membre fondateur, crée en 1934, pour cinq ans, un challenge Charles-Provin en son hommage.

Sa femme Adèle Provin est secrétaire puis vice-présidente de la section locale de la Mutualité maternelle de Paris entre 1927 et 1931.

Sa fille Émilie (1891-1972) épousa en mai 1912, Lucien Pinton (1886-1938), directeur d’une maison d’orfèvrerie, vice-président du Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville et un des principaux animateur de la droite dans la commune.

Fin

Tombe de Charles Provin au cimetière de Joinville

 

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