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22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Georges Émile Briolay

Au cours de l’année 1911, le climat politique continue à se tendre à Joinville-le-Pont, alors que le maire, Eugène Voisin, malade, est souvent absent et a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux futures élections municipales de 1912. Les deux adjoints, « Villain et Briolay remplacent du mieux qu’ils peuvent le maire » selon l’hebdomadaire radical Voix des communes.

C’est le cas en particulier lors de d’une réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal, qui se tient en février 1911 avec 300 participants. Le plus souvent, c’est Georges Briolay qui répond aux interpellations du public, sur les associations, la voirie, les services publics. Lorsque le représentant des Républicains libéraux (droite), l’avocat Louis Gallas lui demande « si le conseil est homogène », Briolay répond qu’il n’en sait rien ; tous les conseillers municipaux sauf un « font ou ont fait partie du comité radical-socialiste ; s’il y a des dissidents, c’est à eux de le dire ». Un ordre du jour de défiance est proposé par les socialistes unifiés de la SFIO et soutenu par les libéraux ; il reçoit le soutien de 30 des 300 citoyens présents. Pour Voix des communes, « Briolay a supporté tout le poids de ce débat avec bonhomie. »

La crise s’intensifie en mars lorsqu’un conseiller radical, Louis Rey, dénonce des incidents dans l’école de Polangis, que l’on qualifierait sans doute un siècle plus tard de harcèlement. C’est Briolay qui avait reçu cette plainte en mairie. Le scandale éclate dans l’opinion publique Le curé chasse de l’église où elle faisait le catéchisme la mère de famille qui a dénoncé la situation. Le 21 mars, le conseil municipal évoque la situation dans un tumulte et cinq conseillers municipaux quittent la séance. Rey remarque que les protestataires reprochent « non pas les faits, mais la divulgation des faits » et maintient : « elle était nécessaire, les scandales ont cessé ». Le comité radical-socialiste de Joinville estimera ensuite que « l’école laïque doit être à l’abri de toute critique et que sa défense est l’orgueil du Parti radical-socialiste. »

Cependant, les opposants démissionnent de leur mandat municipal et il faut organiser en mai 1911 des élections partielles pour pourvoir sept postes vacants, soit plus du tiers du conseil. Les six démissionnaires se représentent, accompagnés sur une liste de protestation par un de leurs sympathisants. Parmi eux, on compte Henri Vel-Durand et Achille Mermet, tous deux radicaux et futurs maries de la ville. Le comité radical-socialiste officiel ne présente pas de liste, mais son président et plusieurs de ses membres figurent sur celle présentée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville. Ils échouent et les dissidents remportent les sept sièges avec le soutien aussi bien des libéraux que des socialistes.

La presse radicale fait état du désarroi du comité radical-socialiste, dont le bureau démissionne. Briolay est élu président en juin 1911 après une séance d’audition des ex-démissionnaires dont l’exclusion est demandée par plusieurs adhérents qui critiquent une « campagne équivoque haineuse, de mensonge » avec des attaques contre Briolay et Rey. Le bureau renouvelé met en place une procédure de parrainage pour l’admission de nouveaux membres dans le comité.

Un des derniers actes du long passage d’Eugène Voisin à la mairie de Joinville (45 ans, dont 24 comme maire) est l’inauguration de l’agrandissement de la mairie ; son état de santé fait que ce sont ses adjoints qui le représentent.

Lors des élections municipales de mai 1912 à Joinville, quatre listes s’alignent : Georges Briolay conduit celle des de la majorité sortante, avec dix des 23 conseillers en poste et le soutien du comité radical-socialiste. Avec environ 27% des suffrages exprimés, elle est devancée par les radicaux dissidents (environ 31%), et suivie par les socialistes SFIO (22%) et les libéraux (19%). Ces trois groupements ont passé un accord de fusion en vue du second tour sur une base proportionnelle à leur score : la coalition permet donc de faire élire 10 radicaux dissidents, 7 socialistes et 6 libéraux. Par contre, les radicaux-socialistes sont battus et n’ont pas d’élu.

En août 1912, Briolay signe en tant ancien adjoint au maire et président du comité radical-socialiste, une Lettre ouverte à Hainsselin, Beauvais et Arnaud, trois des élus de la nouvelle majorité municipale, le premier ancien socialiste, le deuxième libéral et le troisième ex-radical. Il reconnaît que « le Parti radical-socialiste à Joinville a été battu, bien battu » mais l’attribue « à une coalition honteuse ». Briolay reproche à Hainsselin de s’être fait élire pour promouvoir ses intérêts personnels ; il attaque les insinuations qu’aurait faites Beauvais sur son train de vie ; enfin il s’indigne de ce qu’Arnaud le mette en cause pour avoir « emprunté » un instrument de musique, qu’il assure avoir « acheté il y a 21 ans ». Par contre, Briolay revendique sa responsabilité dans l’échec d’Henri Vel-Durand lors de l’élection cantonale de juin 1912 : « Si vous m’accusiez de m’être employé à faire ramasser une veste à Vel-Durand à l’élection au conseil général, ne cherchez pas. Oui, c’est moi le coupable. Je le reconnais. J’avoue : c’est la récompense de sa trahison à la cause radicale-socialiste. »

En juin 1913, avec Louis Rey auquel il reste manifestement très lié, Briolay participe à une souscription pour les victimes du scandale de Couffouleux : un instituteur de la commune de Peux-et-Couffouleux, dans l’Aveyron, avait essuyé des tirs de carabine, parce qu’il utilisait un manuel d’histoire laïque, ce que contestait le curé et les deux-tiers des parents de cette petite école de campagne.

L’adjoint au maire et conseiller d’arrondissement, Henri Vel-Durand, est exclu en juillet 1913 du parti radical-socialiste de la Seine, pour avoir combattu le comité de Joinville et l’ancienne municipalité.

Le congrès des Fédération des Comités républicains radicaux et radicaux-socialistes de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui couvre alors une grande partie de l’actuel Val-de-Marne, se tient en janvier 1914 à Joinville-le-Pont, au restaurant Jullien, dans l’île Fanac. Le journal Le Radical note que c’est « incontestablement une des circonscriptions de la Seine où le Parti radical et radical-socialiste a pu s'organiser le plus fortement ». Près de 1 200 personnes y participent, pour désigner le candidat unique du Parti aux prochaines élections législatives. Adolphe Chéron est désigné à l’unanimité.

À suivre

Georges Émile Briolay dans la mairie de Joinville-le-Pont

 

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Georges Émile Briolay

Bien qu’ayant cédé en novembre 1907 la présidence du comité radical-socialiste de Joinville à Albert Gallas, Georges Émile Briolay est en première ligne pour défendre la liste de la majorité, toujours conduite par le maire sortant Eugène Voisin lors des élections municipales de mai 1908. Il assure ne vouloir « ni nationalisme, ni internationalisme » et défend l’anticléricalisme traditionnel des radicaux joinvillais, par exemple lorsque la croix qui figurait à l’entrée du cimetière communal est démontée, en octobre 1907, au nom de la « neutralisation du cimetière ». Il propose cependant de « la céder gratis pour la chapelle Sainte-Anne », qui vient d’être élevée avenue Oudinot, dans le quartier de Polangis.

Affirmant ses convictions, face aux attaques de ses opposants de droite comme de gauche, Briolay, qui écrit régulièrement dans la rubrique locale de l’hebdomadaire Voix des communes, assure en février 1908 : « Je suis et resterai un libre-penseur radical-socialiste ». Il rappelle aux dissidents que, en 1904, tous les candidats avaient signé le programme politique de la liste. Lors de l’élaboration de ce texte, la question religieuse n’avait pas été adoptée, au grand regret de Briolay qui assure avoir cédé car « des conseillers anticléricaux acharnés avaient des enfants ayant fait leur première communion » dans l’église catholique. Cependant, Briolay assure avoir une nature conciliante : « J’ai vécu 14 ou 16 ans dans la même maison que l’ancien curé, je lui ai rendu quelques services, entre autres éteindre un début d’incendie dans son logement et un autre dans le sous-sol de l’église. »

Le programme de la liste radicale assure vouloir une « gestion sage et une administration prudente des finances de la commune ». La future municipalité entend « réaliser des économies, encourager les œuvres laïques d’instruction, d’éducation, d’assistance et de solidarité ». Elle affirme son opposition à de nouveaux impôts, et s’engage à faire un compte-rendu de mandat annuel.

Les candidats radicaux obtiennent en mai 1908 48,0% des votes des électeurs de Joinville au premier tour, devant la liste du Comité socialiste indépendant, dit évolutionniste, qui a 20,7% et regroupe des dissidents radicaux ainsi que des personnalités plus libérales ou socialistes, et 11,4% pour les socialistes SFIO. Six radicaux sont élus dès ce tour. Au second tour, la liste SFIO se retire et quinze radicaux ainsi qu’un évolutionniste et un indépendant complètent le conseil municipal. Briolay est élu au deuxième tour, avec 512 voix pour 1 189 suffrages exprimés (43,1%) sur 1 613 inscrits.

Eugène Voisin est réélu maire pour un sixième mandat. La défaite, inattendue, de son premier adjoint, Honoré Jullien, fait que, derrière Paul Villain, Briolay est appelé pour devenir second adjoint au maire ; il est élu par 20 voix sur 23. Parmi les nouveaux élus figure Louis Rey, un chimiste, franc-maçon, activiste radical-socialiste, redoutable polémiste, qui tient la rubrique joinvillaise de Voix des communes ; Briolay en est très proche. Il est de nouveau électeur sénatorial en décembre 1908. Son épouse, Denise Briolay, est membre de conseil d’administration de la Société de l’Allaitement maternel, principale organisation humanitaire de la commune.

Bien que la victoire électorale de 1908 ait été large, la vieillesse du maire, Eugène Voisin, et la durée de son administration font que les tensions vont se multiplier. L’évolution du contexte politique national, avec la montée des socialistes et l’aboutissement en 1905 du principal combat des radicaux, la séparation de l’église et de l’État, renforce les dissensions. En mars, Leteuil dénonce, par affiches, un « Scandale à la caisse des écoles ». L’affaire se dégonflera rapidement, mais elle entretient un climat d’affrontements verbaux et par voie de presse.

Après avoir visité en octobre 1909 l’exposition nationale industrielle de Saint-Cloud (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine), Briolay et Rey plaident pour organiser une manifestation de ce type à Joinville en 1910. Malgré le soutien des commerçants, le projet fera long feu.

Une crise, démarrée en 1909, prend de l’ampleur en janvier 1910 : le chemin de Brétigny, dans le quartier de Palissy, est la voie d’accès au port fluvial utilisée par un entrepreneur pour évacuer les résidus de ses chantiers. Le charroi dégrade considérablement la voirie, le transporteur refusant de prendre la réfection du revêtement, et la mairie estimant que ce n’est pas à elle de le faire. Le mécontentement est exploité par les opposants de tous bords au cours de plusieurs réunions publiques et dans la presse comme par affiches.

À la même période, la Marne provoque d’importantes inondations qui recouvrent deux-tiers des quartiers de Polangis et Palissy ainsi que les quais de Marne, la rue du Canal ou la villa Schaken. 53 rues sur 89 ont été atteintes et les usines Pathé (cinéma) ou Bi-Métal sont à l’arrêt, cette dernière vivant en outre une grève dure. Plusieurs centaines de pavillons sont évacués, les habitants ont été abrités dans les hôtels et les préaux des écoles. Selon le journal Voix des communes « Briolay a coopéré au sauvetage des enfants », ce qui lui vaudra une médaille. Chaque conseiller est désigné pour veiller sur une partie de la ville. . Un service de bateau est organisé dans les rues inondées.

Fin février, quand les eaux refluent, la boutique de tapisserie de Briolay est un des lieux de réception des demandes d’indemnisation. Au sein d’un comité intercommunal des inondés, Leteuil, qui s’estime personnellement lésé, tente de mettre en cause la distribution en octobre 1910, mais il est blâmé par les autres membres du comité.

En mars 1909, l’ancien député radical ayant été élu au sénat, avait été remplacé à la chambre des députés par un autre radical, Amédée Chenal. Lors des élections législatives générales de mai 1910, Chenal ne se représente pas ; c’est Adolphe Chéron qui se présente avec l’investiture de la rue de Valois, mais il est battu par le maire de Champigny, Albert Thomas, socialiste SFIO.  C’est la première défaite des radicaux-socialistes dans cette circonscription depuis le rétablissement du scrutin majoritaire en 1889 ; le comité exécutif du parti avait apporté son soutien au socialiste, arrivé en tête au premier tour, contrairement aux groupes locaux, qui avaient encouragé le maintien d’un candidat radical en l’absence de risque réactionnaire. Le journal radical Voix des communes relève des réactions de commerçants joinvillais : « Nous voilà débarrassés des radicaux ! », « les démissions pleuvent chez le président [du comité radical-socialiste] Gallas, c’est la débandade ». Le correspondant de ce journal, Louis Rey, confirme l’existence d’une crise, tout en la relativisant : « Le comité radical et radical-socialiste s’est réuni le 14 mai sous la présidence de Gallas, 35 présents sur 80 adhérents, quatre démissions dues à la mauvaise humeur suite à la position du comité exécutif, dont trois élus de 1908. L’un d’eux a déjà retiré sa démission. »

Appelé à siéger comme juré dans la cour d’assises du département de la Seine en octobre 1910, Briolay signe avec les membres du jury un appel au président de la République pour introduire des « circonstances très atténuantes » qui permettent de réduire la peine en deçà des minimums prévus par la loi. Il était membre actif de la Ligue des droits de l’Homme, sensibles à ces questions.

À suivre

Georges Émile Briolay (au fond à gauche) avec Adolphe Chéron

 

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18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 05:01

Début de la biographie de Georges Émile Briolay

Georges Émile Briolay naît le 22 août 1863 à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Adrienne Picault, journalière, et de son mari Jacques René Briolay, charretier, tous deux originaires de la Sarthe. La famille s’installe à Joinville-le-Pont, commune voisine de Maisons-Alfort, en 1873

Il est dispensé d’effectuer son service militaire au titre de l’article 17 de la loi du 27 août 1872, probablement parce qu’un de ses frères est alors militaire. Devenu ébéniste et résidant en 1884 à Saint-Maurice, autre village voisin, il a deux enfants avec Denise Antonine Eugénie Monfaucon, journalière, originaire de l’Oise. Ils reviennent à Joinville, rue du Pont, dans le centre-ville. En octobre 1886, ils se marient à Acy-en-Multien, dans le département de naissance de l’épouse.

La première activité publique de Briolay dont la trace ait été conservée est sa participation au Bal de la fanfare de Joinville au profit des pauvres en avril 1888. On y relève notamment la présence de Jules Ferdinand Baulard, alors conseiller général et futur député, et d’Eugène Voisin, à ce moment adjoint au maire mais qui deviendra peu après maire de Joinville peu après ; tous deux seront des personnalités radicales-socialistes.

C’est à partir de 1900 que son engagement va devenir significatif. Cette année-là il est membre fondateur de la section de Joinville des Vétérans de terre et de mer, qui conserve la mémoire de la guerre franco-allemande de 1870-1871 et fournit des aides sociales aux anciens combattants. Il en est le trésorier et exerce toujours cette fonction en 1934.

La même année, il prend part à la constitution de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme, qu’il va présider de 1912 à 1929.

On le retrouve en novembre 1902 lors de la création du groupe local de l’Association philotechnique, mouvement d’éducation populaire actif dans la commune.

Enfin, Briolay est une des personnes qui contribuent en 1902 à la transformation de l’ancien comité radical-socialiste communal, qui existait depuis 1885, en instance locale du parti radical-socialiste, formé en 1901. Il assurera la fonction de président dudit comité du début à 1907 puis entre 1915 et 1933.

Le maire de la commune, Eugène Voisin, avait été élu, en mai 1888, adjoint au maire sur une liste républicaine opposée à celle du comité radical-socialiste. Cependant, quand il avait succédé deux mois plus tard à Gabriel Pinson, il s’était rapproché des radicaux et avait, ensuite, été soutenu par eux avant de lui aussi rejoindre le comité.

En mai 1904, les élections municipales à Joinville voient s’affronter trois listes : une liste classée à droite, avec plusieurs anciens élus s’étant détachés de la municipalité, une liste socialiste-révolutionnaire incomplète et la liste conduite par Eugène Voisin. Cette dernière « affiche très clairement le programme radical-socialiste » avec « une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme », selon l’hebdomadaire radical Voix des communes. Les candidats radicaux, parmi lesquels Briolay, assurent de leur « fidélité au vieux programme républicain ». Au premier tour, les partisans de Voisin recueillent une moyenne de 50,2% des votes et ont 15 élus sur 23 sièges à pourvoir, la droite obtenant 31,9% et les socialistes 14,9%. Au second tour, 4 autres radicaux sont élus, avec un candidat de droite.

Élu dès le premier tour, Briolay avait récolté 561 voix pour 1 119 votants (50,1%) et 1 363 inscrits. L’ancien député radical, Jules Ferdinand Baulard, qui vit à Joinville, se félicité du résultat : « Je souhaite que nous puissions décrasser notre commune dont nous avons été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser ; c’est une satisfaction que nos efforts et nos idées ont gain de cause. »

À l’occasion d’une conférence publique organisée dans la mairie par le député de la circonscription, le radical Maujan, en novembre 1905, Briolay préside la séance. Il fait adopter un ordre du jour « l'encourageant à persévérer dans la voie des réformes démocratiques et sociales ». Il contribue activement à sa campagne de réélection en avril et mai 1906 en tant que vice-président du Comité central d'union et d'action républicaines de la deuxième circonscription de Sceaux. Il est désigné comme électeur sénatorial en avril 1907 et fait partie de ceux qui félicitent Maujan quand il devient, en août cette même année, sous-secrétaire d’État à l’intérieur.

Lorsqu’un élu radical de 1904, Théophile Leteuil, entre en dissidence et met sur pied en janvier 1908 avec un socialiste lui aussi en rupture de ban, Eugène Hainsselin, un comité socialiste évolutionniste, Briolay engage une polémique dans la presse locale décrivant ainsi leur relation : « Leteuil, mon ennemi politique, Théophile, mon ami particulier. »

À suivre

Signature de Georges Émile Briolay

 

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 05:01

Louis Eugène Fayat naît le 27 novembre 1905 à Paris (12e arr.), Il est le fils de Marie Vignolet et de son mari Jean Fayat, tous deux journaliers.

Il est d’abord tourneur. En 1924, pour son service militaire, il sert sur le cuirassé Condorcet, basé à Brest (Finistère). Au cours d’une permission, il épouse en septembre cette année-là à Paris (20e arr.) Marcelle Fourna, mécanicienne, originaire de l’Aisne.

Ils vivent dans le douzième arrondissement de Paris puis, vers 1933, s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Arago, dans le quartier de Polangis. Louis Fayat est alors électricien.

Lors des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Louis Fayat est candidat sur la liste socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Il figure en neuvième position sur cette liste, incomplète puisqu’elle ne comporte que 14 noms pour 27 sièges à pourvoir. La liste fait face à celles de l’Union des républicains (droite), du Groupement des gauches républicaines (radicaux-socialistes et socialistes indépendants, dont certains anciens membres de la SFIO) et du parti communiste. Les candidats socialistes obtiennent en moyenne 12,3% des suffrages exprimés, les communistes en ayant 23,5%, les radicaux 26,8% et les conservateurs et libéraux 32,6%. Fayat recueille 344 voix pour 2 856 suffrages exprimés (12%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes PCF et SFIO fusionnent, derrière le responsable de l’association des anciens combattants ARAC, André Blocher, indépendant. Elle comprend 16 communistes et 10 socialistes sur ses 27 membres. Fayat obtient 983 voix pour 2 899 suffrages exprimés (33,9%) sur 2 924 votants. La liste de gauche obtient 39% des voix et deux sièges, tous deux allant à des communistes (Robert Deloche et Paul Rouhaud), tandis que les radicaux n’en n’ont aucun, avec 20% et que la droite remporte l’élection avec 41% des votes. Léon Lesestre (droite) est élu maire.

En 1937, Louis Fayat quitte Joinville et s’installe dans la commune proche de Fontenay-sous-Bois, rue La Fontaine.

Louis Fayat meurt le 28 octobre 1967 à Paris (12e arr.), Âgé de 61 ans, il était père de trois enfants et domicilié rue Léon-Frot.

Le cuirassé Condorcet (Wikipédia)

 

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 05:01

Pierre Albert Joseph Giraud naît le 21 mars 1914 à Lyon (6e arr.). Il est le fils d’Anne Marie Barthélémie Grange et de son mari, Pierre François Giraud, négociant. Ils résident cours Morand.

En 1939, Albert Giraud est élève au séminaire catholique du diocèse de Paris à Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Il faut probablement l’identifier avec l’abbé Albert Giraud, nouveau prêtre, nommé vicaire de la collégiale Saint-Just, à Lyon (5e arr.) en juillet 1944.

Il aurait cependant ensuite rejoint le diocèse de Paris et il est sans doute à assimiler à l’abbé Giraud, présent dans les milieux d’action catholique en banlieue parisienne

L’abbé Giraud est en 1949 missionnaire du travail et aumônier fédéral du secteur Seine-Rives de Marne au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).. Il célèbre en octobre 1949 en l’église Saint-Lambert de Vaugirard à Paris (15e arr.) le mariage de Marcelle Chamfroy avec Henri Melchior, responsable de la section de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien). En septembre 1950, il officie pour les noces de Colette Étienne, secrétaire du groupe MRP de l'Assemblée nationale avec Robert Gruet, responsable des jeunes de la section MRP de Joinville.

Le même mois, l’abbé Giraud dit la messe organisée suite au décès de Pierre Angenot, responsable de la JOC parisienne (Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise), organisée dans sa paroisse d’Adamville à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est présenté comme le « père spirituel » d’Angenot par le quotidien catholique La Croix.

En janvier 1957, il est responsable d’un centre de catéchuménat pour adultes pour la banlieue Est de Paris, qui fonctionne rue de Fontenay à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Il est alors basé à l’église Sainte-Anne, dans le quartier de Polangis, à Joinville.

Le père Albert Giraud meurt le 11 août 1990 à Vernaison (Rhône, act. Métropole de Lyon). Il était âgé de 86 ans.

Église Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont

 

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12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 05:01

Robert Lucien Gruet naît le 27 mai 1929 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Yvonne Aline Marguerite Decauchy et de son époux Roger Maurice Gruet. Son père meurt lorsqu’il a deux ans.

En 1950, Robert Gruet est responsable des jeunes de la section de Joinville du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien).

Il épouse en septembre cette année-là Colette Paulette Ginette Etienne, secrétaire du groupe MRP de l'Assemblée nationale. C’est l’abbé Giraud, prêtre catholique, missionnaire du travail, actif dans la paroisse Sainte-Anne de Polangis à Joinville, qui célèbre le mariage.

En avril 1953, Robert Gruet est candidat sur la liste MRP pour les élections municipales de Joinville-le-Pont. Elle obtient 9,2% des suffrages exprimés et a deux sièges, en nette progression par rapport à son score de 1947 (5,8%, pas d’élu). En ajoutant ses voix à celle des membres des deux groupes de droite, le MRP permet l’élection de Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines) qui met fin à la municipalité communiste installée au moment de la Libération en août 1944.

Gruet, qui arrive en sixième position, n’entre pas au conseil municipal. Il renonce à siéger pendant le mandat, puisque c’est le suivant sur la liste, Marcel Mercier, qui remplace en 1956 Gaston Moutenot, tête de liste en 1953 et démissionnaire.

Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont

 

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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 05:01

Marcel Camille Jean Baptiste Mercier naît le 4 juillet 1903 à Grenoble (Isère). Il est le fils de Marie Joséphine Angélique Gonnet et de son époux Joseph Ernest Vincent Mercier, boulangers, boulevard Gambetta.

Ayant fait des études à l’Institut électrotechnique de Grenoble, Marcel Mercier obtient un diplôme d’ingénieur. Il épouse, à La Côte-Saint-André (Isère) Émilie Thérèse Laurent.

En 1936, Marcel Mercier est embauché par une entreprise de Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), probablement La Canalisation électrique, et le couple s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont. Ils résident rue de Créteil, dans le quartier du Centre (act. avenue du maréchal Leclerc).

La situation de Marcel Mercier pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue ; il est probablement mobilisé au début de la guerre. Il rejoint peut-être la Résistance à l’occupation allemande ; le Service historique de la défense identifie trois « Marcel Mercier » pour lesquels il ne donne aucune indication ni de date ni de lieu de naissance ni d’appartenance à un réseau.

En septembre 1944, le Comité local de Libération de Joinville-le-Pont, après avis du Comité Parisien de la Libération, propose la candidature de Marcel Mercier. Le préfet le nomme, le 26 septembre, membre de la délégation spéciale chargée d’administrer la commune ; il fait donc fonction de conseiller municipal. Le maire est Robert Deloche, communiste, qui a occupé le 20 août la mairie et arrêté le bureau municipal nommé par le gouvernement de Vichy.

Son mandat prend fin en mai 1945, avec l’élection du conseil municipal. La participation de Mercier aux scrutins de 1945 et 1947 est possible, mais il n’est pas élu.

En mai 1953, Marcel Mercier figure sur la liste du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien), conduite par Gaston Moutenot. Le MRP n’avait pas eu d’élu en 1945. En 1947, sa liste avait recueilli 5,8% des suffrages exprimés et il n’avait pas non plus obtenu de siège. Les résultats du mouvement centriste sont en forte augmentation six ans plus tard, puisque le MRP gagne, avec 9,2% des voix, deux sièges. Les deux élus MRP, en rejoignant les élus de la liste divers-droite et ceux du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), permettent de renverser la municipalité communiste. Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR) est élu maire.

Étant arrivé en septième position, Mercier n’est pas élu. Cependant, suite au départ de Moutenot et à la démission ou au renoncement des suivants de liste, Mercier revient siéger au sein de l’assemblée locale. Sa présence y est notée en mai 1956. Il rend compte, dans le journal conservateur local Nouvelle Union régionale, du centenaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville

Au sein du conseil municipal, Mercier intervient en mars 1958 au sujet du réglage des feux tricolores de circulation. Son mandat prend fin en mars 1959. À l’occasion des élections municipales, le MRP fait alliance avec le parti socialiste SFIO et l’UNR (ex-RPF, gaulliste) pour présenter une liste opposée à celle du maire ; elle est devancée par ce dernier et n’a pas d’élu.

Peut-être après la retraite, la famille retourne dans l’Isère. Marcel Mercier meurt à Grenoble le 30 mars 1981 ; il est inhumé à La Côte-Saint-André. Âgé de 77 ans, il était père d’au moins deux enfants.

La Marne à Joinville-le-Pont vers 1960

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 05:01

René Gabriel Bourrillon naît le 5 novembre 1904 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Gabrielle Virginie Simonet, couturière, et de son mari Urbain Henri Gilles dit Bourrillon, garçon de café, qui vivent rue Albouy dans cet arrondissement (act. rue Lucien-Sampaix). Son père est originaire de l’Aveyron et sa mère de la Meuse.

Après avoir probablement fait son service militaire en 1925, devenu bijoutier, René Bourrillon s’installe, avec sa mère, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils vivent dans le centre-ville, rue de Paris.

En avril 1930, devenu agent immobilier, René Bourrillon épouse à Joinville Yvonne Anne Marie Kerboul, native de Brest. Ils s’installent dans le quartier de Polangis, avenue du Bac (act. avenue Guy-Mocquet).

Sans doute mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, René Bourrillon revient à Joinville après la défaite, où il se voit attribuer une carte alimentaire.

Après le conflit, il milite au parti socialiste SFIO et est candidat lors des élections municipales d’avril 1945 sur la liste d’Union démocratique et résistante. Elle gagne le scrutin avec une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés et emporte les 27 sièges à pourvoir qui se répartissent  entre 7 communistes, 6 socialistes, 5 radicaux et 9 indépendants de gauche. Le maire sortant, président de la délégation spéciale mise en place à la Libération, Robert Deloche, est réélu. Le premier adjoint, Léon Berthet, est membre de la SFIO.

En octobre 1947, la SFIO présente sa propre liste, face à celle du maire (soutenue par le parti communiste et les radicaux), aux gaullistes du Rassemblement du peuple français (RPF) et aux démocrates-chrétiens du Mouvement républicain populaire (MRP). Avec 6,5%, des suffrages exprimés, les socialistes n’obtiennent qu’un seul siège qui va à Berthet, le MRP n’en ayant pas tandis que PCF et RPF en ont 13 chacun ; le vote de Berthet permet à Deloche d’être réélu. Le mandat est agité : exclu du parti communiste, Deloche démissionne et est remplacé, en mars 1953, par Amélie Trayaud ; le groupe de droite éclate en deux entités, l’une restant fidèle au RPF, l’autre suivant Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-gauche) ; Berthet démissionne, de même que son successeur et le suivant de liste.

Lors des élections municipales d’avril 1953, c’est de nouveau Berthet qui conduit la liste SFIO, rejointe par certains radicaux. Elle obtient trois sièges avec 12,3% des suffrages exprimés. Bourrillon, en septième position, n’est pas élu. Les deux listes de droite à six sièges chacune et, avec le soutien des deux élus du MRP, Defert est élu maire par 14 voix sur 27, les communistes ayant dix sièges.

René Bourrillon meurt le 4 août 1960 à Paris (19e arr.). Il était veuf, âgé de 55 ans, père d’une fille et résidait toujours à Joinville avec mère. À son décès, il était représentant immobilier.

Joinville-le-Pont, vers 1960

 

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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Charles Chaussée

Tout en poursuivant son mandat d’adjoint au maire, Charles Chaussée devient un polémiste virulent, s’en prenant préférentiellement aux communistes détenant une responsabilité locales, notamment les deux conseillers municipaux Robert Deloche et Paul Rouhaud, ainsi que le député Parsal. Il signe systématiquement ses tribunes en tant que « docteur vétérinaire, adjoint au maire de Joinville, officier de la Légion d’honneur. »

Deux organes de presse locaux accueillent les textes de Chaussée : l’Union régionale à partir de février 1937 et jusqu’en juillet 1939 (35 tribunes), et la Banlieue de Paris à compter d’octobre 1938 avec 7 tribunes de cette date à mars 1939. Il cite souvent, pour les attaquer, des articles de l’hebdomadaire communiste Le Réveil et parfois, pour appuyer ses dires, les journaux Gringoire (nationaliste) ou Je suis partout (extrême-droite, antisémite).

Le thème le plus fréquent est celui des « mensonges communistes » que Chaussée reprend, à dix reprises, dans les titres de ses textes. Autre antienne, l’appel à la démission des élus du PCF ; ainsi, douze articles, entre juin 1938 et août 1939 appellent au départ du député Parsal, souvent avec des textes totalement redondants. Chaussée s’en prend à l’activité politique de Deloche, à ses responsabilités en Afrique du Nord que lui a confiées le parti communiste ; il inclut aussi dans les rubriques locales des deux journaux des entrefilets, non signés, qui s’en prennent à la vie privée des élus communistes. À plusieurs reprises, il demande qu’on les arrête, comme en octobre 1937 ou en décembre 1938.

En juin 1937, Chaussée estime que Robert Deloche a été « promu pour son activité révolutionnaire au Maroc » et qu’il est un agent de « l’Armée rouge de France ». En octobre la même année, il qualifie le même Deloche « d’agent chargé par Staline de fomenter des révoltes en Algérie et au Maroc. En octobre 1938, il dénonce « ses menées révolutionnaires, antifrançaises et anticoloniales » et ses « paroles impudentes contre le maire de Joinville, le conseil municipal, l’armée et ses chefs en particulier en Afrique du Nord ». Il s’en prend en particulier au soutien qu’il aurait apporté, en Tunisie, au parti nationaliste d’Habib Bourguiba, le Néo-Destour.

Dans une tribune de novembre 1938, Chaussée estime que Deloche est un « triste sire au passé trouble » et « au présent suspect ». Faisant référence à un écrit du ministre de l’intérieur, Albert Sarraut (« Le communisme, voilà l’ennemi »), Ch. Chaussée lui intime : « Faites fonctionner votre commission de la hache, à l’exemple d’Hitler. »

Certains articles de Chaussée portent sur d’autres sujets. Ainsi, il défend la retraite en octobre 1937 en critiquant polémiquant « on donne des aides aux réfugiés espagnols pas aux vieux travailleurs ». Il traite de « Natalité et jeunesse » le même mois. Il salue « la victoire des nationaux » lors d’une élection sénatoriale partielle en avril 1938 à Paris.

En octobre 1938, Chaussée est de nouveau désigné comme électeur sénatorial sur la liste de droite. Il signe, en avril 1939, avec tous ses collègues du conseil municipal, y compris les deux communistes, un appel « Aux contribuables joinvillais » dénonçant l’inscription d’office au budget communal d’une garantie communale accordée à un organisme d’habitations à bon marché.

Après la signature du pacte germano-soviétique, Chaussée assure que « la présence d’individus qui sont à la fois des camarades d’Hitler et de Staline est intolérable » dans les assemblées françaises. Les deux élus communistes de Joinville sont déchus de leur mandat en février 1940, comme tous les membres du même parti qui n’ont pas fait connaître leur opposition audit pacte.

Par contre, l’activité des autres membres du conseil municipal – qui aurait dû cesser en mai 1941 – est prolongée. Lesestre reste maire en vertu d’un arrêté ; c’est Chaussée qui présente les « félicitations du conseil municipal » pour son investiture.

En février 1942, un arrêté préfectoral nomme les membres de l’assemblée ; Chaussée est maintenu dans son poste de premier adjoint, de même que Béal et Kirbühler, tandis que Caillon est remplacé par Bautsch. La majorité des élus de 1935 est maintenue.

La municipalité prend l’initiative, en octobre 1943, de créer un  comité d’entraide aux travailleurs en Allemagne et à leurs familles dont Chaussée est vice-président. Les 12 et 13 juillet 1944, alors que les forces alliées ont débarqué en France depuis cinq semaines, Chaussée est toujours un adjoint au maire actif, au côté de Lesestre et Béal, participant à ce titre à la distribution des prix dans les écoles.

Le rôle de Chaussée sous l’occupation fait qu’il est arrêté par le comité local de Libération le 20 août 1944 en même temps que Lesestre, Bautsch, Kirbühler et Béal. Ils sont transférés au camp de Drancy où ils restent six mois. A. Dély, secrétaire du comité d’épuration de Joinville-le-Pont, qui dépend du comité local de Libération, écrit le 13 mars 1945 une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, dans laquelle il conteste la fin de leur incarcération qu’il trouve « pour le moins prématurée. »

Charles Chaussée meurt le 10 avril 1967 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 86 ans et père de trois enfants. Il était titulaire de nombreuses décorations : Croix de guerre (1914-1918) avec trois étoiles de bronze, médaille du Maroc avec deux agrafes, médaille coloniale, officier du Nicham-Iftikar (Tunisie) et du Ouissam alaouite (Maroc), chevalier du Mérite agricole, chevalier de la Légion d’honneur depuis juillet 1915 et officier depuis mai 1935.

Fin

La Banlieue de Paris, journal auquel collaborait Chaussée avant-guerre

 

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 06:01

Suite de la biographie de Charles Chaussée

À son départ de l’armée active en 1925, Charles Chaussée s’installe en tant que vétérinaire, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), ville desservant deux hippodromes, ceux de Vincennes et du Tremblay. Il réside à proximité du Bois de Vincennes, rue Émile Moutier. En décembre 1927, il soutient une thèse de doctorat à l’École nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort, commune voisine de Joinville intitulée : Des injections intraveineuses d'alcool camphré chez le cheval. Disposant désormais du titre de docteur vétérinaire, il collabore régulièrement au Bulletin de l'Académie vétérinaire de France à partir de 1933.

En septembre 1934, Chaussée est sélectionné par le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville, structure fondée en 1912 qui rassemble les membres des formations libérales et conservatrices dans la commune de Joinville. Il figure sur la liste de concentration pour des élections municipales complémentaires, négociée entre le Comité et le parti radical-socialiste du maire en place, Georges Briolay (radical-socialiste). Elle comprend six candidats du comité et quatre radicaux-socialistes sous la houlette d’un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, coprésidé par Lesestre (conservateur) et Herluison radical). Le programme prévoit de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles ». Les candidats soulignent « être des hommes nouveaux, indépendants » tout en assurant ne « pas pouvoir faire de miracles en sept mois », durée de leur mandat avant les élections générales.

La liste du Comité de coordination fait face à trois concurrents : le parti communiste, le parti socialiste SFIO et une liste d’un Groupe indépendant, largement composé de commerçants et sur laquelle se retrouve également des radicaux-socialistes. La SFIO était alliée du maire en 1929 et quatre socialistes avaient été élus, dont un adjoint au maire, mais ils avaient rompu avec la SFIO ou démissionné de leur mandat depuis.

Les candidats du Comité de coordination arrivent en tête au premier tour avec 37,0% du vote populaire, devant le Groupe indépendant (25,5%), les communistes (17,8%) et la SFIO (17,6%). Chaussée arrive en deuxième position des 40 candidats avec 869 voix pour 2 295 suffrages exprimés (37,9%) sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, le Groupe indépendant et la SFIO s’étant retirés, le Comité de coordination remporte les dix sièges à pourvoir avec 59,5% des votes. Chaussée est élu avec 1 105 voix pour 1 903 suffrages exprimés (58,1%) sur 1 964 votants.

Le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville désigne en décembre 1934 Chaussée comme vice-président, à côté de Léon Lesestre président. Le comité se transforme en février 1935 en Union des républicains qui décrète l’incompatibilité entre les fonctions du bureau et du conseil municipal. René Kirbühler est nommé président et Chaussée quitte donc sa fonction. Il est par contre signataire du programme, adopté en mars, qui prévoit une » diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène. »

En avril, l’Union des républicains de Joinville décide de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour constituer une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’argument de cette rupture est le souvenir « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et [francs]-maçons. »

La liste de l’Union des républicains se présente aux élections municipales de mai 1935 comme constituée « d’hommes d’ordre et d’action », « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Elle a pour compétiteurs le groupement des gauches républicaines du maire sortant, Briolay (radicaux-socialistes et socialistes indépendants), une liste communiste derrière Robert Deloche et une liste incomplète de la SFIO, conduite par Robert Derivière.

Le premier tour voit l’Union des républicains arriver en tête, avec 32,6% des votes, devant les radicaux (26,8%), les communistes (23,5%) et les socialistes (12,3%). Chaussée obtient 950 voix pour 2 856 suffrages exprimés (33,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Après le regroupement des deux listes de gauche, l’Union des républicains l’emporte d’une courte tête au second tour avec 41% et 25 élus contre 39% aux communistes et socialistes (2 élus) et 20% (pas d’élu). Chaussée est reconduit avec 1 158 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,9%) sur 2 924 votants.

Lors de l’élection de la municipalité, Léon Lesestre est désigné comme maire, tandis que Chaussée est premier adjoint, avec à ses côtés Caillon, Béal et Kirbühler. Dans l’hebdomadaire Gazette de l’Est, Claude Noizat, membre du parti social-national (extrême-droite) se félicite du résultat : « Enfin, nous avons des hommes au conseil municipal. »

Les attributions de Chaussée portent sur la voirie, le chômage et les œuvres sociales. C’est lui ainsi qui reçoit en juin, avec le maire, une délégation de 16 membres de commission exécutive la du comité des chômeurs qi vient réclamer l’adjonction de deux chômeurs à la commission paritaire qi gère leurs indemnités, demande le prêt d’une salle municipale pour leur comité, réclame augmentation d’un franc par jour de l’allocation de chef de famille, ainsi que l’attribution de bons de charbon, de vivres, de bains-douches ou de coiffeur. Elle demande aussi une assistance médicale, avec médicaments et spéciallités gratuits. Le comité regroupe 108 sans-emploi.

En octobre 1935, Chaussée est désigné comme électeur sénatorial sur une liste de droite.

À suivre

Decrombecque, Chaussée, Lorry et Hainsselin à Joinville, 1936

 

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