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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 00:01

Suite de la biographie de René Kirbühler

Alors qu’un accord électoral avait été conclu avec les radicaux-socialistes en septembre 1934, l’Union des républicains décide d’y mettre fin en avril 1935, avant le scrutin municipal : « L’Union des républicains de Joinville, se souvenant des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons, a décidé de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Ses candidats se présentent comme des « hommes d’ordre et d’action. »

René Kirbühler figure de nouveau sur la liste de l’Union des républicains de Joinville, qui comprend neuf sortants et deux anciens conseillers municipaux. Au premier tour, elle arrive en tête avec 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines de la majorité radicale-socialiste (26,8%) et deux listes de gauche, les communistes (23,5%) et les socialistes (12,3%). Kirbühler recueille voix 925 pour 2 856 suffrages exprimés (32,4%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les deux premières listes se maintiennent, tandis que celles de gauche fusionnent. La droite arrive légèrement en tête, avec 41%, devant la gauche unie à 39%, tandis que les radicaux du maire sortant Briolay régressent à 20%. Le conseil municipal se compose de 25 élus de droite et deux communistes. Kirbühler est élu avec 1 140 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,3%) et 2 924 votants.

Analysant le résultat, les élus de droite considèrent que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Lors de l’élection de la municipalité, Léon Lesestre est élu maire, tandis que Charles Chaussée, Louis Caillon, Jean Béal et René Kirbühler deviennent adjoints, François Decrombecque étant désigné syndic. L’hebdomadaire libéral Union régionale commente : « Les affaires municipales sont en de très bonnes mains » ; son concurrent radical Voix des communes apprécie : « Kirbühler, tout jeune, plein d’activité ». Au sein de l’exécutif, il est en charge des bâtiments communaux.

On retrouve Kirbühler en tant qu’électeur sénatorial en octobre 1935. Il représente Joinville au banquet des Intérêts Économiques à Saint-Denis en novembre 1935. Sur le plan professionnel, il dirige le syndicat professionnel de l’ameublement.

Continuant à s’occuper du basket, Kirbühler provoque le départ de cette équipe de l'Union et Espérance Sportive de Joinville, dans laquelle elle avait fusionné en 1934, pour recréer l’Espérance Sportive de Joinville en mars 1938. Il devient vice-président du club reconstitué, qui est présidé par H. Chabot. Il comprend les sections suivantes : préparation militaire, marche et natation, athlétisme et basket, escrime, scolaires. Son siège est boulevard de Polangis à Joinville.

René Kirbühler passe, en juin 1939, par l’école militaire d’administration de Vincennes. Il est affecté au début de la deuxième guerre mondiale au 222e régiment régional de travailleurs, puis, en mars 1940, au 213e dépôt d’infanterie, basé à Versailles. Kirbühler poursuit son mandat après sa démobilisation. Il participe notamment, avec l’ensemble du bureau municipal  au Noël du maréchal organisé en décembre 1941 par le Secours national d’entraide du maréchal, créé en référence au chef de l’État, Philippe Pétain. Le maire, Lesestre appelle à « bien aimer le maréchal, sauveur de notre France. »

La législation du régime de Vichy supprime les assemblées élues au profit de corps nommés, en exécution d’une loi du 16 novembre 1940. Par décret, le 21 février 1942, Chaussée, Béal et Kirbühler sont renommés adjoints, Frédéric Bautsch remplaçant Caillon pour le quatrième poste ; Lesestre avait déjà été maintenu en place, Decrombecque n’est pas renommé. Kirbühler exerce son mandat jusqu’en 1944.

Le jour de la Libération de Joinville, le 25 août 1944, le maire et les trois adjoints sont arrêtés par le comité local de Libération. Ils sont transférés au camp de Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Ils sont libérés début mars 1945. A. Dély, secrétaire du comité d’épuration de Joinville, qui dépend du comité local de Libération, écrit le 13 mars 1945 une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, où ils déplorent qu’ils aient été relâchés, considérant que c’est une décision « pour le moins prématurée. »

Ni l’activité pendant la guerre, ni les six mois d’incarcération ne semblent avoir de conséquences durables pour René Kirbühler. Il devient directeur de l'école professionnelle de la chambre des apprentis de l'ameublement et reçoit, en 1967, une décoration à ce titre.

René Kirbühler se marie en août 1960 à Villejuif (Val-de-Marne) avec Liane Valdemont. Il meurt le 7 juin 1974 à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne). Il était âgé de 73 ans.

Décoré de la médaille de bronze de l’Éducation physique en août 1938, il avait également reçu les Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en février 1939 puis comme commandeur en 1967.

Fin

Lettre du comité d’épuration en 1945

 

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 00:01

Début de la biographie de René Kirbühler

René Georges Kirbühler naît le 16 juillet 1900 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Françorine Trespeuch et de son époux, Blaise Kirbühler, tonnelier. Ils vivent rue du Pont puis rue de Paris, toujours dans le quartier du Centre. Sa mère est la fille d’un sabotier d’Ally, village auvergnat du Cantal.

La famille Kirbühler est originaire du village d’Hartmannswiller (act. Alsace, Haut-Rhin), où elle est installée depuis la fin du 18e siècle. Son père, qui quitte les territoires annexés par l’Allemagne pour l’est parisien, obtient la nationalité française en juillet 1889. Son oncle au deuxième degré, Jules Ernest Kirbühler (1857-1922), cultivateur-maraîcher à Nogent-sur-Marne, est conseiller municipal de la commune, voisine de Joinville, de 1892 à 1919 et responsable d’une association horticole ; il est décoré du Mérite agricole et des Palmes académiques. Plusieurs autres membres de la famille se sont installés sur les bords de Marne.

Devenu employé de commerce, René Kirbühler fait son service militaire à partir de mars 1920 au 156e régiment d’infanterie. Caporal en juillet 1920 puis sergent en avril 1921, il est envoyé dans les troupes d’occupation des pays Rhénans, en Allemagne de mai à septembre 1921. Il est démobilisé en mars 1922.

Avec son frère cadet Robert, René Kirbühler pratique le basket au sein du club Espérance Sportive de Joinville (ESJ) en 1923. Il est responsable de l’équipe. Il constitue, en 1932, une équipe de vétérans pour disputer des matches amicaux.

Sur le plan politique, René Kirbühler devient, en avril 1925, trésorier adjoint du Comité d’union républicaine et d’action sociale (CURAS), structure regroupant à Joinville les membres des organisations de droite, présidé par Félix Soulié. Pour les élections municipales de mai 1925, le CURAS soutient la liste présentée par le maire sortant, Henri Vel-Durand, intitulée Union républicaine pour la défense des intérêts communaux. La droite est en tête au premier tour avec 47,5% des suffrages exprimés face à des radicaux-socialistes alliés aux socialistes, dans une liste de cartel des gauches (28,4%), et à une liste communiste (21,1%). Elle remporte le scrutin et les 27 sièges à pourvoir au second tour. Après son décès, en 1928, Vel-Durand est remplacé par son premier adjoint, Stephen Durande, tapissier.

En matière professionnelle, Kirbühler est devenu tapissier décorateur, puis représentant de commerce. Il poursuit son activité politique et est candidat lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville. Au premier tour, la liste d’Union nationale de Stephen Durande arrive en tête, avec 42,6% des suffrages exprimés, devant la concentration des gauches de Georges Briolay (35,9%) et les communistes de Bénenson (16%). Malgré le maintien au second tour du PCF, la liste des gauches emporte au second tour 22 des 27 sièges à pourvoir, la droite n’en ayant que cinq. Kirbühler a obtenu, au premier tour, 874 voix pour suffrages 2 126 exprimés (41,1%) sur 2 969 inscrits. Il n’est pas élu au second tour ; Briolay devient maire. Il est désigné comme membre de la Commission de propagande du CURAS en novembre 1932, le comité étant désormais présidé par Émile Lecuirot, dirigeant de la Société nautique de la Marne, club d’aviron.

En février 1935, le CURAS, fondé en 1912 et alors présidé par Léon Lesestre, se transforme en Union des républicains. René Kirbühler est élu président. La nouvelle Union adopte un programme préconisant la « séparation de l’administration municipale et de la politique ». Il préconise : « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène. »

À suivre

Rue de Paris à Joinville-le-Pont

 

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 00:01

Paul Baptiste Tribondeau naît le 13 avril 1886 à Angers (Maine-et-Loire). Il est le fils de Marie Françoise Delière et de son mari Alexis Paul Tribondeau, graveur, qui vivent dans le premier arrondissement de la ville, rue de Paris.

Devenu électricien, Tribondeau est condamné en février 1905 par le tribunal correctionnel d’Angers à deux mois de prison avec sursis et 16 francs d’amende pour « coups et outrages à agents ». Il s’installe à Paris (12e arr.), cours de Vincennes, puis avec sa mère dans la commune voisine de Vincennes, rue de Paris. En décembre 1905, il épouse Louise Jeanne Gabrielle Bernard, couturière. Ils vivent à Vincennes, rue des Laitières puis, en 1912, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Marronniers.

Ayant perdu son pouce droit, Paul Baptiste Tribondeau est exempté de service militaire. Pendant la première guerre mondiale, il est toujours exclu du maniement des armes, mais affecté dans plusieurs usines, à Villeneuve-Triage (Villeneuve-Saint-Georges, Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) puis Levallois (Seine, act. Hauts-de-Seine) et Ivry (Seine, act. Val-de-Marne). En juin 1917, il est de nouveau condamné, par la 8e chambre du tribunal correctionnel de la Seine, à un mois de prison pour « menaces verbales de mort sous condition ». Comme sa première peine, celle-ci sera amnistiée en octobre 1919. Tribondeau est affecté en septembre 1917 à une section d’infirmiers, puis à un régiment d’infanterie coloniale, à un régiment de dragons et à une section de commis et ouvriers de l’armée. Il est démobilisé en novembre 1919.

Après le conflit, il devient peintre en bâtiment et vit un moment à Saint-Maur-des-Fossés rue Louis-Dupré. Il revient ensuite à Joinville, où, en 1931, il a pour compagne Margerite Tessier. Devenu chômeur en 1934, il loge dans l’école publique du Centre, rue Eugène Voisin.

Dans une situation financière difficile, il est expulsé de son logement et ses biens saisis. Le comité de chômeurs de Joinville appelle à s’opposer à l’expulsion. Le quotidien L’Humanité relaie l’appel. Le 14 mars 1934, selon le journal, près de deux cents chômeurs de Joinville et des communes avoisinantes se pressaient devant le domicile. De ce fait, l'huissier ne put opérer. L’organe communiste raconte : « Vers 10h, une dizaine de flics, matraque au poing, arrivèrent et envahirent la propriété avoisinante, puis se ruèrent sauvagement, sur les nombreux chômeurs groupés dans la cour. Une mêlée sauvage eut lieu. Les brutes déchaînées frappant à tour de bras, refoulèrent les chômeurs vers la porte de sortie. Ensuite, ils envahirent la maison et continuèrent à donner cours à leur bestialité. Plusieurs femmes furent foulées aux pieds et frappées à coups de talon. Des vélos des chômeurs furent saccagés. »

Le comité des chômeurs, qui existe depuis 1932 à Joinville, est proche des communistes ; il bénéficie aussi de la sympathie agissante d’un conseiller municipal socialiste dissident, François Galabert, et d’échos favorables dans un hebdomadaire conservateur, la Gazette de l’Est, dont le rubricard est Claude Noizat, ancien socialiste puis communiste, et farouchement opposé à la municipalité radicale-socialiste de Joinville. Tribondeau exerce de nouveau son métier de peintre en 1936.

La fille aînée de Paul Baptiste Tribondeau, Marguerite Paule, a épousé François Jean Lauze en 1931. Jean Lauze (1904-1957), est artiste peintre en Algérie (où il se lie notamment avec Rafel Tona), puis décorateur en France et combattant des Brigades internationales en Espagne (1937), engagé dans les Forces françaises libres pendant la deuxième guerre mondiale, militant communiste. Marguerite Paule est aussi membre du parti communiste. Elle s’engage en faveur de l’Espagne républicaine aux côtés des Brigades internationales et va à Barcelone en 1937, où elle sert à la liaison entre le PCF et le parti socialiste unifié de Catalogne, formation communiste locale.

La fille cadette de Paul Baptiste Tribondeau, Paule Marguerite, se marie, le même jour que sa sœur, avec Rafel Tona, artiste très proche de Jean Lauze. Rafel Tona (1903-1987) est un peintre affichiste en Espagne, Algérie et France. Il collabore à la lutte contre les forces franquistes en Catalogue (1936) et est résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale à Alger.

Le demi-frère de Paul Baptiste Tribondeau, Maurice François Delière, né à Joinville d’une première union de sa mère, mécanicien chez Renault, sera également résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale.

Paul Baptiste Tribondeau meurt le 27 avril 1940 à Joinville. Il résidait rue Beaubourg. Âgé de 54 ans, il était père de deux filles et d’un fils, mort en bas âge.

L'école du Centre de Joinville-le-Pont

 

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 00:01

Marguerite Paule Tribondeau naît le 23 juin 1908 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Louise Jeanne Gabrielle Bernard et de son mari Paul Baptiste Tribondeau, employé, originaire d’Angers. Ils vivent rue des Laitières.

En 1912, à la naissance de sa sœur (qui porte les mêmes prénoms dans l’autre ordre, Paule Marguerite), ils vivent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Marronniers puis avenue Joyeuse, dans le quartier de Palissy.

Les deux sœurs se marient à Joinville le même jour en avril 1931. Marguerite Paule Tribondeau épouse François Jean Lauze, natif d’Alger (Algérie). Ils s’installent avenue Jean-Jaurès, toujours à Joinville. Il est décorateur pour le cinéma, tandis qu’elle travaille pendant six ans comme secrétaire aux studios Paramount, situés à la limite des deux communes de Joinville et Saint-Maurice. Elle en est renvoyée « pour avoir fait de la propagande syndicale » selon sa notice conservée dans les archives soviétiques (RGASPI).

Membre du parti communiste (PCF), peut-être dans une cellule d’entreprise ou à la section de Joinville, elle est également adhérente du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. Le Comité avait vu le jour en 1934, après les deux congrès antifascistes d’Amsterdam (1932) et de la salle Pleyel à Paris en 1933.

C’est probablement son père, Paul Baptiste Tribondeau, alors chômeur, qui est menacé d’expulsion de l’école du Centre de Joinville, où il réside rue Eugène-Voisin en mars 1934. Le comité de chômeurs joinvillais appelle, dans le quotidien communiste L’Humanité à s'y opposer. Le 14, selon ce journal, « près de deux cents chômeurs de Joinville et des communes avoisinantes se pressaient devant le domicile du chômeur Tribondeau ».

Sensibilisée à la défense de la République espagnole, Marguerite Lauze est volontaire pour rejoindre les rangs républicains dans ce pays. « Je suis arrivée à Barcelone le 4 mai 37 pour offrir à la cause qui nous est chère, le meilleur de mes possibilités, tout mon élan et ma foi de communiste qui sont les guides de mes actions » assure-t-elle dans la notice russe (RGASPI). Marguerite Lauze est affectée à la délégation de Barcelone où elle sera un temps secrétaire du représentant du parti communiste français auprès du parti socialiste unifié de Catalogne, le mouvement communiste local.

Pendant la deuxième guerre mondiale, son oncle, également joinvillais, Maurice François Delière (1908-1986), est résistant à l’occupation allemande.

En 1945, Marguerite Lauze échange une correspondance avec le peintre espagnol Pablo Picasso.

Marguerite Lauze meurt le 22 juillet 1986 à Paris (20e arr.), rue de la Py, où elle était probablement hospitalisée. Elle était veuve et âgée de 88 ans.

Photo probable de Marguerite Lauze

 

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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 00:01

André Marcel Jacob naît le 22 mai 1913 à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Anna Léa Peltier et de son époux Henri Jacob, boulangers.

En août 1933, il épouse à Joinville-le-Pont Marie Suzanne Courtois, manutentionnaire. Il est alors peintre en bâtiment. La même année, il est recensé pour faire son service militaire.

En 1936, le couple est recensé au Perreux-sur-Marne, avenue des Champs-Élysées ; ils sont tous les deux sans emploi.

Réagissant sans doute à l’appel lancé par Dolores Ibarruri lors de la réunion qu’elle tient au vélodrome d’Hiver à Paris le 2 septembre 1936, André Jacob rejoint les Brigades internationales constituées pour aider la République espagnole, alors agressée par la mutinerie du général Franco, qui bénéficie du soutien de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste.

Il arrive en Espagne le 30 novembre 1936 et est affecté au 13e Bataillon « Henri-Barbusse » de la 14e Brigade internationale. Placée sous les ordres du général Walter, la 14e BI est créée le 2 décembre 1936 à Albacete, base des brigades internationales. Elle comprend en outre les bataillons « Sans Nom ou des Neuf Nationalités », « Vaillant-Couturier » et « La Marseillaise ». La brigade prendra elle-même ultérieurement le nom de La Marseillaise.

La 14e BI est engagée le 23 décembre sur le front de Cordoue en Andalousie. Elle-même les combats de Villa del Rio et de Lopera. Cette dernière bataille, du 27 au 29 Aveyron, est livrée pour faire face à l’Offensive de l'Olive (Ofensiva de la Aceituna) lancée par Gonzalo Queipo de Llano, général de l’armée rebelle, dans l'est de la province de Jaén. Le 27, les républicains lance une contre-offensive après l’occupation de la ville de Lopera par les troupes franquistes, mais ils ne peuvent dépasser les premières maisons, devant subir les bombardements de l’aviation ennemie. On compte 200 morts chez les républicains et 200 chez les nationalistes, pour environ 2 000 hommes engagés de chaque côté.

André Jacob est tué le 29 décembre 1936. Il était âgé de 23 ans.

Son épouse, Suzanne Jacob, s’installe de nouveau à Joinville-le-Pont. Elle meurt 80 ans plus tard, à l’âge de 102 ans.

La 14e Brigade internationale au combat

 

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 00:01

Suite de la biographie de François Decrombecque

Pendant la deuxième guerre mondiale, François Decrombecque, qui n’est pas mobilisé du fait de son âge, continue d’exercer ses fonctions de syndic du conseil municipal. Il participe par exemple en décembre 1941 au « Noël du maréchal », organisé par le Secours national d’entraide du maréchal, nommé d’après le chef de l’État français, basé à Vichy, Philippe Pétain. Il poursuit également son activité de chronométreur de la Ligue de l'Ile-de-France au sein de la Fédération Française d'Athlétisme.

Lorsqu’un arrêté préfectoral, nomme, le 20 février 1942, les conseillers municipaux de Joinville, quatorze des vingt-cinq élus de l’Union républicaine sont reconduits. Mais pas  Decrombecque ni le futur maire, Georges Defert.

À la Libération de la ville de l’occupation allemande en août 1944, Decrombecque devient membre du Comité local de Libération, présidé par Henri Drevet ; il y représente le mouvement Organisation civile et militaire (OCM). Il fait également partie du Comité joinvillais de la renaissance française, également présidé par Drevet.

Sur proposition du Comité local de Libération, et parès avis du Comité Parisien de la Libération, Decrombecque est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune. Le communiste Robert Deloche en est nommé président et fait fonction de maire ; en tant que vice-président, Decrombecque assume le rôle de troisième adjoint, aux côtés du communiste Malcouronne, du radical-socialiste Drevet et du socialiste SFIO Berthet.

Lors des élections municipales organisées par le gouvernement provisoire, auxquelles participent pour la première fois les femmes, en avril 1945, Decrombecque figure sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Deloche, qui l’emporte au 1er tour avec 61,7% des suffrages exprimés. Ce dernier est réélu maire et reprend comme adjoints Berthet, Drevet, Malcouronne et Decrombecque.

Au cours du scrutin suivant, Decrombecque figure toujours avec Deloche, sur sa liste d’Union républicaine et résistante. Elle arrive en seconde position, avec 3 017 voix pour 6 974 suffrages exprimés (43,3%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits. Cependant, elle obtient le même nombre de sièges, 13, que les gaullistes du Rassemblement du peuple français (RPF, 44%). Les socialistes SFIO ont un élu (6,5%) tandis que les démocrates-chrétiens du MRP n’en ont pas (5,8%). C’est le vote du socialiste Berthet qui permet la poursuite de la municipalité Deloche, dont Decrombecque est toujours l’adjoint.

En conflit avec le parti communiste, Robert Deloche démissionne et est remplacé en février 1953 par Amélie Trayaud, également communiste, qui devient brièvement maire de Joinville le 16 mars 1953 ; Decrombecque poursuit son mandat d’adjoint.

Le renouvellement complet du conseil municipal a lieu en avril 1953. Cinq listes se présentent : les gaullistes de Pierre Calmon (RPF), les dissidents de droite de Georges Defert (RGR), les centristes du MRP, les socialistes SFIO et une union communiste et radicale, comprenant notamment François Decrombecque, étiqueté divers-gauche. Avec dix sièges pour cette liste (36,3% des suffrages exprimés), contre trois SFIO (12,2%), deux MRP (9,2%) et six pour chacune des listes de droite (19,8% pour le RPF, 22% pour le RGR), la majorité au sein du conseil change de bord. Il était arrivé nettement en tête du vote populaire, avec 2 477 voix pour 6 748 suffrages exprimés (36,7%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Par comparaison, Defert n’avait eu que 1 529 votes. Cependant, il devient maire par 14 voix contre 13. François Decrombecque siège comme conseiller municipal d’opposition.

Après avoir siégé au sein du conseil municipal sous quatre régimes différents, François Decrombecque termine son mandat en mars 1959 lors du renouvellement du conseil municipal. Il aura siégé pendant 32 ans, dont 13 ans comme syndic et 9 ans en tant qu’adjoint au maire.

En 1959, il est toujours actif au sein de la Fédération Française d'Athlétisme.

François Decrombecque meurt le 7 août 1960 à Créteil (Val-de-Marne) où il était hospitalisé. Il était âgé de 75 ans et est inhumé à Joinville. Il avait obtenu de nombreuses décorations : la Médaille militaire en mars 1928 ; les Palmes académiques comme officier d’académie en février 1934 puis comme officier de l’instruction publique en décembre 1949 ; une mention honorable de la Mutualité en août 1934 ; la médaille d'or de l'Éducation physique en novembre 1936 ; le Mérite social en février 1938 ; le titre de commandeur de la Société de l‘encouragement public en octobre 1941.

Fin

Tombe de François Decrombecque à Joinville

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 00:01

Suite de la biographie de François Decrombecque

Après la mort de Vel-Durand, c’est son premier adjoint, le serrurier Stephen Durande, qui est élu maire. Il prend la tête de la liste de concentration républicaine lors des élections municipales de mai 1929, faisant toujours face à des candidatures du parti communiste et du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay, tapissier. Au second tour, ce dernier emporte 22 des 27 sièges à pourvoir, en laissant cinq aux sortants, dont Decrombecque alors que Durande est battu. Decrombecque avait obtenu au premier tour 928 voix pour 2 126 suffrages exprimés (43,7%) sur 2 969 inscrits. Briolay devient maire avec une municipalité mêlant radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants.

Bien que dans l’opposition, il est désigné comme membres du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville-le-Pont lors de la constitution de cet établissement public en avril 1931. Il est également élu administrateur de la société de secours mutuels de sapeurs-pompiers de Joinville en octobre 1933 et en devient vice-président en novembre 1934.

En 1934, il associe la mairie à l’organisation du Grand prix de Joinville à la marche. Lors d’élections municipales complémentaires à Joinville en octobre 1934, une liste d’union entre les radicaux-socialistes et la droite emporte les dix sièges à pourvoir. Cette stratégie, soutenue par le député Adolphe Chéron (radical indépendant) et par certains de ses partisans comme Liou, est cependant contestée par la majorité des militants de droite dans la commune.

En mars 1935, le Comité d’union républicaine et d’action sociale, fondé en 1912, se transforme en Union des républicains de Joinville. En avril, il décide « de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Il assure qu’il a pris cette décision en « se souvenant des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons. »

En tant que conseil municipal, Decrombecque est signataire du programme de l’Union des républicains pour les élections municipales de mai 1935 : « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène ». Les candidats se présentent comme des « Hommes d’ordre et d’action. »

Le scrutin se déroule avec quatre listes présentes au premier tour : celle du maire, Briolay, associant radicaux-socialistes et socialistes indépendants, celle du parti communiste et celle du parti socialiste SFIO en plus de celle de l’Union des républicains sur laquelle se présente Decrombecque et qui compte neuf sortants.

Le résultat du premier tour place en tête l’Union des républicains avec 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines (26,8%), les communistes (23,5%) et les socialistes SFIO (12,3%). Decrombecque obtient 952 voix pour 2 856 suffrages exprimés (33,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, la droite et les radicaux-socialistes maintiennent leurs listes, tandis communistes et socialistes fusionnent. Avec une assez faible avance, l’Union des républicains (40%) remporte 25 sièges pour deux communistes (39%) tandis que les radicaux-socialistes sont écartés (20%). Decrombecque est réélu avec 1 180 voix pour 2 899 suffrages exprimés (40,7%) sur 2 924 votants. Il devient syndic du conseil, une position qui le rattache à l’exécutif, et il est chargé des fêtes et sports. Léon Lesestre (droite, proche du Parti social français) est élu maire. Dans une déclaration post-électorale, les élus de droite se félicitent de ce que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Decrombecque est désigné comme électeur sénatorial en octobre 1935 puis de nouveau en mars 1938, toujours sur proposition du comité d’Union républicaine.

En décembre 1938, Decrombecque fait partie des personnes qui reconstituent une association, l’Espérance sportive de Joinville. H. Chabot en est le président et Decrombecque un des vice-présidents, avec un autre adjoint au maire, René Kirbühler. La nouvelle structure, qui adopte les couleurs verte et blanche pour son maillot, devient l’organisatrice du Grand-Prix international de marche, dont la 15e édition se tient en mai 1939. Il est administrateur de la société de secours mutuels la Mutualité scolaire de Joinville-le-Pont et continue d’être très engagé au sein de la Fédération française d’athlétisme. Son épouse est militante au sein de la société de l’Allaitement maternel, une des principales associations sociales laïques à Joinville.

À suivre

François Decrombecque en 1934

 

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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 00:01

Début de la biographie de François Decrombecque

François Philogène Joseph Decrombecque naît le 4 décembre 1884 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Rose Fauvel et de son mari, François Joseph Alexis Decrombecque, merciers, rue Claude-Bernard. La famille Decrombecque est originaire du Pas-de-Calais.

De grande taille pour son époque (1 mètre 77), alors ajusteur mécanicien, il s’engage pour trois ans au moment d’effectuer son service militaire en juin 1903. Il est affecté au régiment de sapeurs-pompiers. Il renouvelle ensuite régulièrement ses contrats, est nommé caporal en septembre 1906 puis sergent en juillet 1914.

En février 1909 à Paris (12e arr.), François Decrombecque épouse Jeanne Marguerite Romestant, couturière. Il fait de l’aviron au sein de la Société nautique de la Marne, basée à sur l’île Fanac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il rame avec des équipages à quatre ou à huit. Il s’inscrit en 1914 pour la Traversée de Paris.

Pendant la première guerre mondiale, Decrombecque reste mobilisé chez les sapeurs-pompiers. Il reçoit trois citations et une lettre de félicitations pour son attitude courageuse et son sang-froid lors de feux à Paris. Il est démobilisé en juin 1919 et quitte alors l’armée active. La famille s’installe à Joinville, dans le quartier de Polangis, où ils vivent d’abord rue Bourguignon (act. rue des Frères-Lumière) puis avenue du Château (act. avenue Foch), avenue Jamin et enfin quai de Polangis.

Devenu mécanicien à la Compagnie du Gaz de Paris, François Decrombecque réoriente son activité sportive, se lançant dans la marche. Affilié au Racing-Club de France (Paris), il est champion de France du 10 km en 1921 puis les deux années suivantes. Lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924, il est sélectionné dans cette discipline, mais éliminé lors des éliminatoires. Il crée un Grand-prix international de marche qu’il organise avec Coeuilly sportif, association basée à Champigny.

Il devient chronométreur fédéral de la Fédération française d’athlétisme et membre de la Commission fédérale de marche. Il la préside à partir de 1934.

Dès 1923, François Decrombecque s’implique dans la vie politique de Joinville. Il est un des membres fondateur du Comité d’union et d’action républicaines, constitué en mars cette année-là, pour rassembler des républicains de gauche, radicaux et socialistes indépendants. Le comité soutient le maire en place, Henri Vel-Durand, radical-socialiste dissident. Avec Vel-Durand, Liou, Soulié et Piot, Decrombecque fait partie de la commission de préparation du programme.

Lors des élections municipales de mai 1925, Decrombecque figure sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par Vel-Durand. En s’appuyant sur le programme du comité, elle propose que « les lois de laïcité soient appliquées sans rigueur et sans sectarisme », se prononce sur le maintien de l’octroi pour les marchandises à l’entrée de Joinville et en faveur d’économies dans les dépenses budgétaires. Face à une liste de cartel des gauches et à une liste communiste, elle obtient 1080 voix en moyenne, soit 47,5% des suffrages exprimés ; tous les candidats sont élus au second tour. Au sein du conseil municipal, Decrombecque s’active notamment pour la promotion du sport local et pour l’animation du quartier de Polangis.

À suivre

François Decrombecque

 

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 00:01

André Malcouronne est né le 26 juin 1907 à Paris (14e arr.). Il est le fils d’une couturière, Juliette Octavie Leroy, et de son mari Jules Joseph Malcouronne, graveur qui illustre notamment les œuvres d’Anatole France et est exposé à plusieurs reprises.

Représentant de commerce, André Malcouronne milite au syndicat des employés à Paris affilié à la Confédération générale du travail (CGT). En septembre 1937, il est élu membre de la commission exécutive de la section fédérale du commerce de gros.

Marié à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Henriette Alice Chauvin en avril 1931, la famille s’installe dans cette commune, chez le frère de la mariée et son épouse, René et Pauline Chauvin. Ils vivent dans le quartier de Polangis, avenue Foch.

L’activité de Malcouronne pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue. Il est mobilisé et présent lors de l’évacuation des troupes anglaises à Dunkerque en mai-juin 1940, selon un témoignage familial. Peut-être est-ce lui qui est nommé, en février 1944, membre du conseil d’administration du syndicat des ouvriers et employés de l’habillement, organismes officiel.

À la Libération, il fait partie du groupe de résistants qui prend d’assaut la mairie de Joinville, le 25 août 1944 d’après sa famille. Il est membre du Comité local de Libération, présidé par le radical-socialiste Henri Drevet, qui y représente le mouvement Ceux de la Résistance. Au côté du communiste Robert Deloche, Malcouronne siège au nom de la CGT ; sont également membres du comité le socialiste Léon Berthet, François Decrombecque pour l’Organisation civile et militaire, Amélie Trayaud et Victor Mathieu, au titre du Front national et René Henry pour Libération.

Sur proposition du comité joinvillais et après avis du Comité parisien de la Libération, une délégation spéciale est nommée, le 13 octobre 1944 pour administrer la commune. Robert Deloche, président, fait fonction de maire et Malcouronne, vice-président, de premier adjoint. Les autres vice-présidents sont Drevet, Decrombecque et Berthet.

Lors des premières élections municipales après la fin de l’occupation allemande, en mai 1945, le maire communiste Robert Deloche constitue une liste d’Union résistante et démocratique, qui réunit les communistes, les socialistes et les radicaux-socialistes. Elle remporte les 27 sièges à pourvoir avec en moyenne 61,7% des voix ; c’était la première fois que les femmes participaient au vote. Le conseil se compose de sept communistes, six socialistes, cinq radicaux et neuf indépendants de gauche, souvent proches du PCF. Malcouronne est reconduit dans l’exécutif municipal, en tant que troisième adjoint, le socialiste Léon Berthet étant premier adjoint et le radical Henri Drevet, deuxième adjoint. Un indépendant, François Decrombecque, prend le quatrième pose.

Poursuivant son activité syndicale, Malcouronne est secrétaire de la chambre syndicale des employés à Paris (CGT) et siège au comité consultatif paritaire de l'office professionnel de l'habillement et du travail des étoffes.

Sur le plan professionnel, André Malcouronne est nommé attaché de cabinet du ministre de l'économie nationale, le communiste François Billoux, dans le gouvernement du général de Gaulle. Il est d’abord reconduit dans cette fonction quand Billoux devient ministre de la reconstruction et de l'urbanisme dans le gouvernement Félix Gouin en janvier 1946, puis devient chargé de mission toujours dans le cabinet. Il reste au même poste en juin 1946, Billoux ayant conservé son portefeuille dans le gouvernement de Georges Bidault. Il ne le suivra par contre au ministère de la Défense nationale que Billoux occupe pendant trois mois et demi au premier semestre 1947 dans le gouvernement Paul Ramadier.

Quand, aux élections municipales d’octobre 1947, Robert Deloche est réélu maire de Joinville, Malcouronne quitte l’assemblée municipale. Il s’installe à Paris, dans le très bourgeois 16e arrondissement, où il sera membre du bureau de la section communiste du Trocadéro. Son activité professionnelle se déroule désormais dans des sociétés commerciales, réputées proches du parti communiste et servant, selon plusieurs historiens et les services de renseignement français ou américains, au financement de ce parti.

André Malcouronne est gérant Comptoir européen d'exportation et d'importation (CEEI) qui porte aussi le nom commercial de BERMAL. Il est également actionnaire du BURIEX, autre société à la vocation proche. Avec plusieurs autres hommes d’affaires, comme Detœuf, Picard ou Doumeng, Malcouronne contribue aux échanges commerciaux avec les pays du bloc soviétique et de leurs alliés, tout en assurant des relations avec les milieux économiques français. Il est, en 1958, interdit de faire du commerce avec les États-Unis et le Canada pour des motifs politiques. Ses partenaires financiers sont la Banque commerciale pour l’Europe du Nord, basée à Paris mais contrôlée par l’Union soviétique, et un établissement polonais, Bank Polska Kasa Opieki.

Après avoir divorcé en mars 1955, il se remarie en novembre la même année à Paris (9e arr.) avec Madeleine Renée Rihouey.

André Malcouronne meurt le 12 juillet 1989 à Gandelu (Aisne). Il était âgé de 72 ans et père de trois enfants. Il est enterré dans le cimetière communal. D’après sa fille, il était toujours fidèle à ses idéaux communistes.

Célébration de la Libération de Joinville-le-Pont

 

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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 00:01

Ce site a pris naissance le 21 mai 2012. Il a donc aujourd’hui dix ans. Le travail entrepris depuis une décennie est à vocation historique. L’austérité des textes, leur forme homogène correspond à une approche scientifique. Les différentes notes reprennent des biographies de personnes souvent très peu, voire pas du tout connues mais qui, à un titre ou à un autre, ont eu un rôle, parfois fugace, dans la formation d’une opinion publique.

Ainsi, on trouve des écrivains, des prêtres, des postiers, des maires avec leurs adjoints et les conseillers municipaux, des syndicalistes, des artistes, des résistants à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, mais aussi des collaborateurs, des militants politiques de tous bords, quelques assassins de même que des victimes, par exemple les déportés dans les camps de concentration de la deuxième guerre mondiale. Une place est faite aussi aux militaires, aux sportifs, aux aventuriers… Il y a plus d’hommes que de femmes, ce n’est pas un choix mais l’effet de la disponibilité des sources et de l’état des sociétés dans ces temps anciens. Cependant, les dizaines de femmes faisant l’objet de ces notices constituent à elles seules un panorama singulier de leur place dans la vie publique.

Il y a un point de départ, la ville de Joinville-le-Pont (même s’il y a quelques exceptions). Il y a également des bornes temporelles, entre 1789 (la Révolution française) et 1959 (l’avènement de la cinquième République) mais il arrive, là encore, que pour continuer des récits ou les ancrer dans l’histoire, il ait fallu parfois commencer plus tôt et à d’autres occasions continuer plus tard.

L’ensemble, lorsqu’il sera terminé (ce qui risque de durer encore un peu), va constituer un essai prosopographique inédit à une telle échelle.

La Marne à Joinville en 1907

 

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