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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Henri Martinet

À l’occasion des élections municipales de mai 1908 à Champigny, Henri Martinet est élu au second tour, comme toute la liste de concentration républicaine et socialiste, qui comprend 15 radicaux-socialistes et 8 socialistes. Parmi les nouveaux élus, qui rejoignent Albert Thomas, seul socialiste sortant dans le conseil, il y a également Joannès Allardet ; tous les trois sont désignés comme délégués sénatoriaux en décembre 1908. Thésée Paul Émile Pouillet, radical, est réélu maire.

Au sein du conseil municipal, Martinet plaide en particulier pour l’amélioration des conditions de transport, remettant en novembre une pétition au conseil général sur les lignes de tramways de l'Est-Parisien. Il propose un projet de régie directe des marchés d’approvisionnement. En 1909, il participe activement à la campagne d’Albert Thomas, qui sera élu député dans une élection législative partielle. Martinet devient en 1912 trésorier de la section SFIO de Champigny, dont Martin est secrétaire.

Réélu lors de l’élection municipale de mai 1912, il siège au côté d’Albert Thomas, qui devient maire tout en restant député, et s’occupe notamment de la Caisse des écoles et des marchés. Martinet est candidat à l’élection cantonale Nogent, canton auquel Champigny est rattaché depuis la scission de l’ancien canton de Charenton. Il fait campagne avec l’appui d’Albert Thomas ainsi que de Marcel Cachin. Malgré la présence de deux autres radicaux, Martinet est battu dès le premier tour par Brisson, radical. Il recueille 1 023 voix sur 5 971 votants, soit 17,1% ; il y avait 10 778 inscrits.

Pendant la première guerre mondiale, Martinet est mobilisé dans l’armée territoriale et reste, au moins en 1914, en région parisienne. Il participe en novembre de cette année à une réunion du comité de vigilance du canton de Nogent, structure, basée au Perreux-sur-Marne, qui supplée, au moins jusque la mi-1916, aux instances régulières de la SFIO. Promu à titre temporaire lieutenant dans le 1er régiment du génie en mars 1918, il sera confirmé dans ce grade, dans la réserve, en juin 1922.

Lors du scrutin qui suit le conflit, Martinet conduit la liste socialiste unifiée, Albert Thomas, ancien ministre, ayant quitté cette fonction en août 1919 pour devenir ensuite le premier directeur du Bureau international du travail (BIT). Au premier tour, les socialistes unifiés recueillent en moyenne 907 voix sur 2 606 suffrages exprimés (34,8%) ; au second tour, ils ont 923 voix en moyenne sur 1 885 suffrages exprimés (49,0%) et ont cinq élus, le Bloc républicain emportant les 22 autres sièges. Martinet, avec 991 votes, arrive en seconde position (52,5%). Henri Dumont est élu maire. Martinet intervient en juillet 1920 à la conférence des élus municipaux socialistes à Boulogne-Billancourt.  

À suivre.

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Henri Martinet

Le domaine social est également investi par Henri Martinet qui, dès mars 1897, est secrétaire de la Fédération des abonnés à la semaine, une organisation qui revendique l’amélioration des conditions de transport des salariés. Elle plaide l’élargissement des abonnements à la semaine aux employés et le droit pour tous d’utiliser tous les omnibus et non les quelques trains qui leur étaient réservés. Une demi-douzaine de comités existent dans les communes des bords de Marne ; ils ont souvent le soutien des élus radicaux-socialistes, comme le député Jules Ferdinand Baulard. Martinet exerce toujours cette fonction fin 1899.

Martinet est en novembre 1902, avec Lucien Delanchy fondateur de l’association communiste des ouvriers menuisiers du département de la Seine, baptisée « Les Égaux, menuiserie ouvrière communiste ». La Société anonyme de production à personnel et capital variables est basée 10, rue Marcadet, à Paris (18e arr.). Elle est constituée avec 1 000 francs, portés à 5 000 francs l’année suivante, par dix menuisiers vivant à Paris pour huit d’entre eux, l’un résidant à Vincennes et Martinet demeurant à Joinville ; la qualité de syndiqué est exigée des ouvriers qui demandent à en faire partie. Par délibération du conseil d'administration en août 1903, Martinet a été nommé directeur. Ayant déménagé au 125, rue de Montreuil (Paris, 11e arr.), la coopérative est déclarée en faillite le 5 mai 1905.

Réinstallé à Champigny probablement en 1903, Henri Martinet dirige une liste du Parti socialiste de France (PSdF) lors des élections municipales de mai 1904 dans cette commune. Albert Thomas, professeur à l’université et futur ministre est lui à la tête de celle du PSF, de tendance plus modérée. Au second tour, les deux listes socialistes fusionnent mais ne présentent que six candidats, nombre correspondant aux sièges qu’ils auraient eu si le scrutin était proportionnel. La liste unifiée comporte cinq noms du PSF et un du PSdF (Martinet). Les radicaux-socialistes l’emportent et Albert Thomas est le seul élu de leur liste. Le conseil est composé de 9 radicaux-socialistes, 5 radicaux, 4 progressistes, 4 cléricaux et un socialiste.

Le même mois, Martinet affronte pour l’élection au conseil général dans le canton de Charenton Amédée Chenal, conseiller général radical-socialiste sortant, qui est réélu. Martinet a recueilli 2 612 voix (34,9%) sur 7 484 votants pour 13 264 inscrits.

Bien qu’officier de réserve, Martinet participe en décembre 1904 puis en janvier 1905 à deux réunions de l’Association internationale antimilitariste des travailleurs à Champigny ; lors de la deuxième, où Martinet représente le PSdF, des incidents sont signalés avec des nationalistes.

Après l’unification socialiste de 1905, Martinet développe la doctrine socialiste lors d’une conférence en novembre à Créteil de la 37e section du Parti socialiste SFIO. Il préside en janvier 1906 une réunion du même parti à Champigny pour commémorer les massacres du 22 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg tandis qu’Albert Thomas, rédacteur à L’Humanité et conseiller municipal, confère sur la Révolution russe. Cette même année, Martinet prend part à la fondation d’un hebdomadaire couvrant la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux (Seine), Réveil socialiste, dans lequel il écrit régulièrement. Il collaborera de la même façon à une autre publication hebdomadaire sur le même territoire, en 1909-1910, Voix socialiste.

À suivre.

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 00:01

Henri François Louis Martinet naît le 4 juillet 1865 à Paris (1er arr.). Il est le fils d’Anne Siblot, couturière et de son époux Pierre Louis Martinet, garçon de salle.

Après un service militaire à la fin des années 1880 dans l’infanterie, il est promu officier, sous-lieutenant de réserve.

Menuisier, résidant 53bis, bd St Germain à Paris (5e arr.), Henri Martinet se marie en octobre 1895 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) avec Eulalie Jeanne Burgalat. Un des témoins du mariage est Prudent-Dervillers, maitre tailleur, fondateur du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, conseiller municipal de Paris en 1889 et député de la Seine depuis 1893. Les époux vont d’abord vivre à Champigny, 68, avenue des Deux-Communes, puis à partir de 1899, 8, rue du Pont à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Son épouse est marchande de poissons.

Il s’engage publiquement en politique auprès de l’extrême-gauche, avec le  groupe socialiste internationaliste du parti ouvrier socialiste-révolutionnaire (POSR) dans la 2e circonscription législative de l’arrondissement Sceaux (Seine) dès février 1898 et dans la structure locale du POSR, l’Union socialiste révolutionnaire de Champigny et Joinville dont il est secrétaire en 1899. Il est délégué au congrès de la salle Wagram de la Fédération des travailleurs socialistes de France de 1900, par son groupe et par l’union syndicale des ouvriers menuisiers du département de la Seine.

Le 26 avril 1900, le comité électoral socialiste-révolutionnaire de Joinville tient une réunion pour l’élaboration d'une liste de candidats lors des élections municipales de mai ; Martinet y participe peut-être. Lors du scrutin, les 23 candidats de la liste du maire radical-socialiste Eugène Voisin sont élus ou réélus.

En novembre 1900, en tant que secrétaire de l’Union socialiste révolutionnaire de Champigny-sur-Marne, adhérente à la Fédération socialiste révolutionnaire internationaliste de la 2e circonscription de Sceaux, Martinet appelle les groupements qui en faisaient partie à rejoindre la Fédération socialiste révolutionnaire de la Seine, fondée le 1er avril 1900. Il devient le secrétaire de la section de la 2e circonscription de Sceaux de la nouvelle entité et préside, en décembre, une réunion plénière extraordinaire. Désigné en mars 1901 comme suppléant de Jean Longuet au comité général du Parti socialiste, où il représente la FTSF, Martinet est un des orateurs de la formation dans les réunions publiques de Champigny, Saint-Maur, Créteil, Le Perreux ou Joinville notamment. Martinet représenta la FTSF au congrès du PSF à Tours (1902).

A suivre.

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 00:01

Auguste Louis Eugène Hautemulle naît le 31 juillet 1894 à Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils d’Aline Louise Graindorge et de son époux Victor Gustave Hautemulle, négociant en vins.

Comme son frère aîné Charles (né en 1888), et souvent en association avec lui, Auguste Hautemulle se lance dans le commerce de vin.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, il finit le conflit avec le grade de lieutenant au 21e bataillon de chasseurs. À sa libération, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris, où il exploite un commerce de gros. En août 1920, il épouse Joséphine Henrion à Dieulouard (Meurthe-et-Moselle).

Lors des élections municipales de mai 1925, Auguste Hautemulle est candidat sur la liste de l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux qui, derrière le maire sortant, Henri Vel-Durand rassemble d’anciens radicaux et des gens de droite. Elle s’oppose à une liste du cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants) et au Bloc ouvrier et paysan (communiste). Les candidats modérés présentent un programme, le 2 avril devant 230 participants, soutenant les lois de laïcité qu’ils veulent voir appliquer « sans rigueur et sans sectarisme », plaident pour le maintien de l’octroi et l’économie dans les dépenses budgétaires. Les libéraux, qui combattaient Vel-Durand en 1919 l’ont rejoint cette fois-ci, tandis que les radicaux ont fait le chemin inverse.

L'union républicaine obtient 1 059 suffrages sur 2 275 exprimés (47,5%), 2 310 votants et 2 761 inscrits ; le cartel des gauches en a 670 (28,4%) ; les communistes 484 (21,1%). Au second tour, face aux deux mêmes listes, l’Union républicaine emporte les 23 sièges à pourvoir.

Dénonçant « les intrigues n’ont cessé d’agir à son égard » depuis 9 mois, Hautemulle adresse une lettre de démission au préfet en date du 4 novembre 1925 puis la renouvelle le 24 du même mois. Mais il la reprend, car il continue de siéger au conseil.

En tant que chef d’entreprise, Hautemulle intègre les commissions locales de la liste pour les élections prud’homales, de l’indemnisation chômage ou pour la chambre et le tribunal de commerce. En décembre 1926, Hautemulle fait adopter un vœu par l’assemblée communale en faveur d’une unification des véhicules, tarifs et abonnements pour les tramways 108, 109 et 110 qui desservent la ville et le reprend en août 1927. Avec les libéraux du conseil, il s’oppose souvent aux dépenses nouvelles, par exemple pour le personnel municipal.

Lors des élections municipales de mai 1929, qui voient la victoire du cartel des gauches, Hautemulle est secrétaire du bureau de vote installé en mairie.

Divorcé en janvier 1949, Hautemulle se remarie en juin 1951 à Bénodet (Finistère) avec Yvonne Marie Joséphine Bertholom. Il meurt le 30 septembre 1966 Boulogne-Billancourt (Seine). Il était âgé de 72 ans et avait eu un enfant.

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 00:01

René Henri Desouche naît le 25 mai à 1900 Paris (12e arr.). Il est le fils de Louise Desouche et d’Henri Alexandre Émile Graillat, comptable, qui le reconnaît à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) en juin 1903. Ses parents se marient en juin 1905 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il porte ensuite le nom de René Graillat. La famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où le père est conseiller municipal socialiste et la mère responsable d’une association humanitaire.

À 17 ans, René Graillat s’engage volontairement en juin 1917, devançant l’appel de sa classe. Mobilisé dans les chasseurs à pied, il devient caporal en juin 1918 puis sergent en juin 1919. Il participe aux forces d’occupation françaises en Allemagne entre octobre 1919 et sa démobilisation en juin 1920. Il fait l’objet de deux citations, mettant en avant son influence sur ses hommes et son entrain.

Après-guerre, il est employé et se marie en novembre 1920 à Joinville avec Antoinette Irène Schmeler, dont il divorce en juin 1926. Il se remarie le mois suivant, toujours à Joinville, avec Paule Angéla Lépine, dont il se sépare également en octobre 1929. Il célèbre sa troisième union, à Saint-Maur-des-Fossés cette fois (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1933 avec Jeanne Anaïs Gibertaud.

C’est dans le monde associatif que René Graillat, qui est également sportif, s’est impliqué. Il participe à ces compétitions de natation et est, jusque 1924 secrétaire général du club cycliste Joinville sportif. Il est également trésorier de la société de secours mutuels Caisse mutuelle Wander à Champigny. À ce titre il est décoré du mérite social en 1937.

En 1936, après s’être installé en 1933 route de Joinville, à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), il est responsable de la section des cantons de Nogent et de Saint-Maur de la Fédération des sous-officiers de réserve républicains. Une cicatrice abdominale lui vaut d’être classé en service auxiliaire dans la réserve militaire en juin 1934 ; cependant, à sa demande, il est reclassé en service armé en octobre 1938.

Rappelé en septembre 1939, il est affecté dans un bataillon d’ouvriers d’armement aux Forges de Paris puis, en janvier 1940 dans une compagnie d’instruction à Magny-en-Vexin (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Ayant rejoint l’infanterie en avril 1940, il est fait prisonnier le 22 juin 1940 et incarcéré en Allemagne. Il est rapatrié et démobilisé en novembre de la même année.

Membre du mouvement Front national, Graillat sert dans le groupe de Champigny du secteur Seine Est des Forces françaises de l’intérieur du 18 au 25 août 1944, avec le grade d’adjudant-chef. Après la Libération, il poursuit son engagement au sein du mouvement du 1er au 20 septembre.

Sur proposition du comité local de Libération de Champigny; René Graillat est nommé en septembre 1944 membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Champigny-sur-Marne. Il fait fonction de conseiller municipal.

Vivant désormais boulevard Aristide-Briand, toujours à Champigny, Graillat devient président de la mutuelle du personnel de la Fédération mutualiste de la Seine, poste qu’il occupe en 1960 et 1969.

René Graillat meurt le 30 janvier 1978 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 77 ans et décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze, ainsi que de la médaille militaire. Son grand-père, Laurent Graillat, communard, tonnelier et conseiller prud’homme avait été conseiller municipal de Saint-Maur au titre du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire.

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 01:01

Henri Alexandre Émile Graillat naît le 21 juillet 1881 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Tourot, deuxième épouse de Laurent Vincent Graillat, tonnelier, communard, militant socialiste-révolutionnaire et conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Résidant à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) Il épouse en juillet 1905 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Louise Desouche. Il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac. Comptable, Émile Graillat va exercer dans la grande distribution. Il est chef comptable à la Samaritaine (Paris) en 1911.

À l’instar de son père, Émile Graillat va s’engager en politique. En avril 1902, il accompagne à Champigny Renier, candidat du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire à l’élection législative, dans une réunion où il porte la contradiction au candidat conservateur de la Patrie française.

Il est possible qu’il ait été candidat aux élections municipales de 1912 à Joinville, mais il n’est pas élu ; la liste socialiste SFIO fusionne au second tour avec une liste libérale et une liste radicale dissidente, et la liste unifiée remporte le scrutin face aux radicaux-socialistes officiels. Il y a sept élus socialistes (Georges Laruelle, Émile Lebègue, André Flambard, Julien Périn, Henri Lacroix, Petit, Georges Scornet). Après ce succès, le bureau de la section locale est renouvelé en juin et confié aux non-élus, avec Fernand Grandhomme comme secrétaire. Graillat est membre de la commission de contrôle. En janvier 1913, Émile Graillat devient secrétaire de la section de Joinville en remplacement de Grandhomme (qui devient trésorier), et est également délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de Sceaux. Il quitte cette fonction en mai de la même année, Alphonse Mibord étant élu à sa place.

Mobilisé pendant la guerre, Graillat est sous-officier et reçoit en janvier 1919 une citation pour son comportement ; il est décoré de la croix de guerre. La presse radicale assure qu’il fut bon soldat, a fait toute la campagne, et est revenu à peu près indemne.

Il rejoint après-guerre Paris-France, société qui exploite la chaîne des magasins de nouveautés Aux Dames de France où il travaille en 1921. Il y est trésorier et secrétaire de l’Association mutuelle de retraites de la société.

Lors des élections municipales de novembre 1919, comme plusieurs anciens socialistes SFIO (Périn) se présente sur la liste conduite la Henri Vel-Durand (radical dissident) qui comprend également les radicaux officiels. Il a l’étiquette de socialiste indépendant, face à la liste de gauche officielle conduite par Laruelle (SFIO) et à une liste libérale (Beauvais). La liste d’union républicaine et sociale est élue intégralement au second tour, face aux seuls socialistes. Graillat obtient au 1er tour  760 voix sur 1 694 suffrages exprimés (44,8%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il est élu au second tour avec 964 voix sur 1 518 suffrages exprimés (63,5%) pour 1 537 votants.

En décembre 1922, trois tribunes anonymes mettent en cause sa famille dans le journal radical Voix des communes. Sa fille Simonne est critiquée pour être « entrée à la mairie par surprise » et pris la « place d’une veuve de guerre ». Son épouse Louise est attaquée : « Mme Graillat dirige la cantine des écoles de Polangis, elle emportait sa petite cantine garnie ; elle semble commander le conseil municipal, défiante, autoritaire, colporte partout que son mari sera bientôt maire de Joinville. »

En mars 1923, Graillat prend part à la formation d’une section de la Ligue de la République à Joinville ; elle est présidée par René Caperon, socialiste indépendant, et rassemble également des radicaux-socialistes et des socialistes proches de la SFIO (mais la section n’est pas encore reconstituée, après le passage de la totalité des adhérents au Pcf en 1920). Graillat est délégué au comité central.

Après les élections municipales de 1925, qui ont vu la défaite du cartel des gauches dans la commune, Henri Graillat rejoint de nouveau la SFIO et souscrit à plusieurs reprises en 1928 à des souscriptions pour le parti lancées par le quotidien Le Populaire.

Président de l’Amicale des anciens élèves de l’école de Saint-Maur, Émile Graillat est trésorier de la caisse des écoles de Joinville depuis au moins 1922. Récompensé en 1921 et 1924 pour son activité de mutualiste, honoré pour son poste de chef de service à Paris-France en 1936, il est décoré des palmes académiques pour son rôle à la caisse des écoles (officier d’académie en 1922, officier de l’instruction publique en 1940).

Émile Graillat meurt accidentellement à 59 ans le 26 août 1940 à Nogent-sur-Marne où il est renversé à bicyclette au carrefour de Beauté par une voiture. Peut-être du fait de ses antécédents militaires, le nom d’Henri Graillat figure sur le monument aux morts de Joinville au titre de la guerre 1939-1945. Il résidait avenue du Bac à Joinville.

Son fils, René Graillat, engagé dans l’action sociale professionnelle, sera membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Champigny-sur-Marne à la Libération en 1944 où il fait donc fonction de conseiller municipal.

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 01:01

En 1674, sous le roi Louis XIV, un certain Wiet, d’origine écossaise, était consul général de France en en Syrie et Palestine. En 2017, un autre Wiet est consul général de France en Algérie. Pendant trois siècles et demi, la famille Wiet aura tenu des postes consulaires et diplomatiques, sous tous les régimes : la monarchie absolue, la révolution française, la monarchie de Juillet, les républiques…

Pendant la seconde guerre mondiale, on trouve des Wiet des deux côtés : l’un, l’historien orientaliste Gaston Wiet, directeur du musée islamique du Caire, est très tôt résistant aux côtés du général de Gaulle. L’autre, qui se fait appeler Lionel de Wiet, était un escroc mondain, en affaires avec l’ambassadeur du Reich en France, directeur d’un théâtre sous l’Occupation, ami d’Arletty, faux marquis et vrai trafiquant de haut vol.

Diplomates de père en fils pendant huit générations, les Wiet sont aussi des spécialistes des langues orientales : grec, turc, persan, arabe… Ils étaient « jeunes de langues » (les ancêtres des étudiants des Langues’O) et drogmans (interprètes) aux dix-huitième et dix-neuvième siècles.

Dans cette dynastie au long cours, il y eut des alliances fameuses. Ainsi, Henry Wiet, consul à Chypre (1676-1728) épousa une Fornetti, l’autre grande famille historique des consulats français.

Émile Wiet (1818-1881), consul de France, ayant occupé des postes à Mogador, Bahia, Cap-Haïtien, Port-au-Prince, Tunis, Mossoul, Janina, Scutari, Salonique, Corfou, Tripoli de Barbarie et Palerme, se maria avec Isabelle da Silva, princesse de Bragance.

Le descendant de la lignée, Jean Wiet, consul général à Alger, fut en poste à Djeddah (Arabie Saoudite) et Marrakech (Maroc). Il est chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’Ordre du mérite.

Gaston Wiet avec le général de Gaulle

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 01:01

Félix Quénehen naît le 17 septembre 1902.

En 1921, il réside à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) où il milite au sein des Jeunesses communistes. Il est un des orateurs qui intervient lors d’un meeting organisé dans la ville le 10 septembre de cette année « au profit des Russes. »

Quénehen présente sa candidature en juin 1922 pour faire partie du comité exécutif de l’Entente des Jeunesses communistes de la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne.

Il se marie en juin 1923 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) avec Germaine Février, Ils auront au moins un fils et résideront à Créteil puis Saint-Maurice à nouveau.

En octobre 1931, Félix Quénehen est le secrétaire de la section socialiste SFIO de Saint-Maurice.

Félix Quénehen meurt en 1961.

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 01:01

Henri Laurent Vinsonneau naît le 20 juin 1902 à Paris (6e arr.). Il est le fils d’une domestique vivant boulevard Saint-Gemain) Paris, Eugénie Séraphine Vinsonneau. Il prend le nom de son père, Jean-François Gallion après le mariage de ses parents en juillet 1906 à Paris (7e arr.).

Le père, jusqu’ici monteur de piano, est embauché comme employé de la firme Pathé cinéma et s’installe avant 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où cette société a une usine. Ils vivent d’abord rue de Créteil (act. rue du maréchal Leclerc).

Devenu mécanicien après-guerre, Henri Gallion travaille pour la société Télégic, une société d’optique plus tard incluse dans le groupe Lissac, un des fondateur du groupe Essilor-Luxxotica. En décembre 1924, le syndicat des métaux de la Cgtu tient une réunion à Joinville pour les opticiens de cette entreprise.

Le mariage en avril 1925 à Joinville d’Henri Gallion avec Louise Émilie Perrot a pour témoin Robert Sicre, un des piliers du mouvement communiste à Joinville après la deuxième guerre mondiale. Il avait épousé, deux ans avant, Madeleine Gallion, sœur cadette d’Henri.

Au second semestre 1927, Gallion est cité à trois reprises dans le quotidien communiste L’Humanité comme ayant recueilli auprès d’ouvriers de Télégic des souscriptions pour le Pcf dont une intitulée « des munitions pour le parti » en août, et la dernière en préparation des élections législatives. Il est associé à d’autres communistes joinvillais, Tabouret et Comte.

Lors des élections municipales de mai 1929, Gallion est candidat à Joinville en quinzième position sur la liste du Bloc ouvrier-paysan, conduite par le communiste Roger Bénenson, futur député de Seine-et-Marne. La liste recueille 18,4% des suffrages exprimés au premier tour, arrivant derrière les conservateurs sortants de Stephen Durande (38,8%) et la concentration des gauches (radical-socialiste, socialiste Sfio et socialiste indépendant, 42,8%). Gallion est crédité de 339 voix sur 1 715 votants pour 2 969 inscrits.

Au second tour, la liste communiste se maintient et recueille 12,5% des votes sans avoir d’élu, derrière les conservateurs (41,6%, 5 élus) et la gauche modérée (45,9%, 22 élus). Georges Briolay (radical) devient maire.

Gallion n’est pas présent lors du scrutin partiel de 1934, mais il est à nouveau candidat lors des élections municipales de mai 1935, comme six anciens de anciens ses colistiers.

La liste communiste du premier tour est conduite par Robert Deloche, ouvrier fourreur (maire de la ville après-guerre). Gallion y figure en vingt-cinquième position. Les républicains de Léon Lesestre (droite) arrivent en tête (32,6%) devant les radicaux et socialistes indépendants du Groupement des gauches républicaines du maire sortant, Briolay (26,8%). Les communistes sont à la troisième place (23,5%), devançant les socialistes SFIO qui n’ont présenté qu’une liste incomplète (12,3%).

Au second tour, une liste d’union Pcf-SFIO est constituée, conduite par un indépendant, le professeur André Blocher. Elle talonne avec 39% et deux sièges la liste conservatrice, qui remporte 41% des votes exprimés et 25 élus, tandis que les sortants se contentent de 20%. Gallion ne participe pas à la liste du second tour.

Henri Gallion meurt le 9 novembre 1938 à Paris (14e arr.), à l’âge de 36 ans. Il résidait alors dans le quartier de Polangis, avenue Bizet, toujours à Joinville-le-Pont.

Télégic

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 01:01

Victor Marie Mahyeux naît le 20 avril 1874 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Ses parents, Catherine Galiègue et son époux Louis François Mahyeux, sont tous deux ouvriers journaliers.

Lorsqu’il se marie, en novembre 1899, ses parents sont séparés et Victor, qui est messager, demeure avec sa mère toujours à Nogent. Il épouse une blanchisseuse, Clémentine Juliette Rachel Chevreau.

Victor Mahyeux s’installe à Joinville, dans le quartier de Polangis, en 1906 et est employé dans l’usine Pathé cinéma. Pendant le premier conflit mondial, il est décoré de la Croix de guerre.

Après-guerre, Mahyeux est ouvrier charpentier puis carrossier. Les époux Mahyeux recueillent trois neveux orphelins en bas âge, la grand-mère et un fils de 15 ans issu du deuxième  mariage de cette dernière. La presse relève que, marié et sans enfant, Mahyeux a « maintenant avec une famille de sept personnes et son seul salaire pour vivre » ; il se voit cependant attribuer, en 1920, des indemnités pour les enfants dont il est tuteur jusqu’à leur majorité. En 1925, il est décoré de la médaille d'argent de l’Encouragement au bien.

Membre de l’amicale des Bretons en 1923, Mahyeux est élu en 1925 administrateur de la société d’épargne La Tirelire de Joinville.

Lors des élections municipales de mai 1929, Mahyeux est candidat sur la liste des gauches républicaines, qui rassemble radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants. Elle recueille 22 sièges sur les 27 à pourvoir, la liste de concentration républicaine de l’ancien maire Stephen Durande, qui est battu, remporte les 5 autres sièges ; les communistes n’ont pas d’élu.

Au premier tour, le cartel des gauches obtient 42,8% des suffrages exprimés, devant les conservateurs (38,8%) et le Bloc ouvrier-paysan, du communiste Roger Bénenson (18,4%). Mahyeux recueille 754 votes sur 1 715 votants pour 2 969 inscrits. Au second tour, la gauche non communiste arrive en tête (45,9%), devant la municipalité sortante (41,6%) et les communistes (12,5%).

Élu conseiller municipal avec l’étiquette radicale-socialiste, Mahyeux va participer à la première municipalité de gauche de Joinville-le-Pont, conduite par Georges Birolay, qui vit un mandat difficile ; sur les quatre élus socialistes SFIO, deux démissionnent du conseil municipal et les deux autres quitteront la formation avant 1934. En 1934, des élections municipales partielles sont nécessaires pour remplacer plus du tiers des élus (10 sur 227) ; elles voient la victoire des conservateurs, tandis que les socialistes et les communiste approchent chacun 18% des suffrages exprimés.

Membre actif du conseil municipal, Mahyeux est également présent dans des manifestations sportives ou culturelles dans son quartier de Polangis (il réside avenue Galliéni). En 1933, Mahyeux, en tant que salarié (artisan-compagnon) est désigné avec Honoré Genevay, comme patron (artisan-maître) pour établir la liste des électeurs à la chambre de métiers.

Le groupement des gauches républicaines se représente lors des municipales de mai 1935, cette fois sans le soutien de la SFIO. Les sortants défendent leur bilan, mettant en avant d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement ; ils concèdent avoir dû augmenter les impôts communaux, mais attribuent la hausse à l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). Victor Mahyeux, devenu carrossier, figure en sixième position sur la liste du maire Georges Briolay.

Le programme de la gauche modérée porte sur l’assainissement, des travaux de viabilité, la réfection des trottoirs défectueux et la création de squares. Les candidats veulent, pour réduire le chômage, faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Ils entendent créer un nouveau groupe scolaire à Polangis, agrandir des écoles existantes, faire une salle des fêtes à la mairie et étudier un futur stade municipal. Ils proposent des cours de natation et d’aviron gratuits.

Le groupement des gauches arrive en seconde position (26,8%), devancés par les républicains de Léon Lesestre (droite) qui arrivent en tête (32,6%). Les communistes sont à la troisième place (23,5%), devançant les socialistes SFIO qui n’ont présenté qu’une liste incomplète (12,3%). Mahyeux a 779 voix sur 2 856 exprimées pour 3 433 inscrits (27%).

Au second tour, une liste d’union Pcf-SFIO est constituée, conduite par un indépendant, le professeur André Blocher. Elle talonne avec 39% et deux sièges la liste conservatrice, qui remporte 41% des votes exprimés et 25 élus, tandis que les sortants se contentent de 20%. Mahyeux a 581 voix sur 2 889 exprimées (20%).

Victor Marie Mahyeux meurt le 18 janvier 1936 à Joinville, à l’âge de 61 ans.

Atelier de mécanique de l'usine Pathé-Natan

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