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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 00:01

Début de la biographie de Georges Capgras

Georges Capgras naît le 16 mai 1866 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Julienne Germaine Malice et d’Antoine Capgras, le quatrième et dernier de leurs enfants. Sa mère est la fille d’un entrepreneur carrier et propriétaire foncier de Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville. Son père est boulanger dans le village de Poigny (Seine-et-Marne), où la famille vit dans le lieudit Les Forges ; il est originaire de cultivateurs de Caumont (Tarn-et-Garonne).

Les parents vivent ensuite séparés et, en 1880, lors du décès du fils aîné, le domicile du père est déclaré comme « ignoré » dans l’état-civil. Georges vit alors avec sa mère et ses deux sœurs à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), route de Flandres puis dans le 9e arrondissement de Paris rue Rodier et ensuite, dans le 18e, rue Ordener. Il fait un service militaire, sans doute de 1887 à 1889.

Lorsqu’il se marie en février 1893 à Paris (9e arr.), Georges Capgras est employé au Crédit foncier de France, une fonction qu’il continuera au moins jusqu’en 1913, alors comme dessinateur industriel. Il épouse une brésilienne, Joséphine de Barros, native de Bahia, fille d’un importateur de machines pour la navigation fluviale. Ils vivent cité Gaillard (act. rue Paul Escudier).

Parallèlement à ses activités administratives, Georges Capgras suit une formation en peinture à l'école des Beaux-arts de Paris. Il a pour professeurs le peintre réaliste et académique William Bouguereau (1825-1905) ; Georges Callot (1857-1903), spécialiste de tableaux de nus et également décorateur ; Émile-Charles Dameron (1848-1908), artiste vagabond inspiré par la Bretagne ; Charles Hermann-Léon (1838-1907), auteur de d’œuvres animalières. Il fréquente également l'Académie d’Auguste Joseph Delécluse (1855-1928) et se rapproche de Gustave Moreau (1826-1898), représentant du courant symboliste, imprégné de mysticisme. Fin 1896, il fait partie des illustrateurs de La Revue de France, lancée par Georges Rocher et qui cesse de paraître trois ans plus tard.

À partir de 1897, Georges Capgras séjourne au Brésil. Il passe probablement par la Guyane. Sa première exposition connue a lieu à Sao-Paulo en 1898. Il rentre ensuite à Paris, adhère à la Société des artistes français et commence en 1899 à participer au Salon des artistes français, où il sera présent chaque année jusqu’à la fin de sa vie.

Il représente principalement des animaux, notamment des taureaux, dans des paysages du Brésil, de Guyane, de Belgique, de Hollande ou de Bretagne qui lui valent un certain succès et la réputation de peintre animalier. Il adopte la signature de « Géo Capgras ». En juillet 1902, il obtient le divorce. Il restera cependant lié à son fils, Jean Rodolphe Raoul Capgras, né en avril 1895 et qui, en 1914, réside à Lutz (Floride, États-Unis) où il ‘est horticulteur.

Pour sa part Georges Capgras vit dans le 18e arrondissement de Paris, rue Damrémont, rue Paul-Féval, rue Caulaincourt et rue de l'Orient. Il se remarie en octobre 1909 à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) avec Augustine Louise Brulin, employée de commerce.

Outre la peinture, Georges Capgras assure la décoration de la chambre à coucher royale, les plafonds et des panneaux du palais d'Abedin, au Caire, pour le roi d’Égypte Fouad 1er ; il a été reconstruit et agrandi par l'architecte Antonio Lasciac entre 1909 et 1911. Il aménage également le salon de musique du paquebot Gallia, lancé le 26 mars 1913, appartenant à la Compagnie de Navigation Sud-Atlantique, qui desservait l’Amérique latine depuis Bordeaux ; réquisitionné pour transporter des troupes pendant la première guerre mondiale, il fut torpillé par un sous-marin allemand et coulé en octobre 1916 en Méditerranée, entre l’Italie et la Tunisie, faisant environ 1 740 victimes.

Au cours de la première guerre mondiale, le couple s’installe à Fontenay-sous-Bois, rue des Charmes et dans la commune voisine de Saint-Mandé, rue de la Fraternité (Seine, act. Val-de-Marne). S’il n’est pas mobilisé pour porter les armes, du fait de son âge, Georges Capgras est « envoyé au front en tant que peintre officiel aux armées » selon l’écrivaine et chercheuse Jacqueline Chénieux-Gendron. Il est un des rares à s’intéresser aux tranchées, notamment avec L'Enlisé, toile immense, qui décrit l’agonie d’un homme se noyant dans la boue. Il réalise également Verdun, terre sainte, les Muletiers allant vers Douaumont ou une étude de cheval mort. Selon Clément Morro, critique d’art de la Revue moderne, « il remarque dans un entonnoir, un crâne humain ; dans chaque orbite une fleur a poussé ! »

À suivre

Pinacoteca de São Paulo, Géo Capgras, Arredores de São Paulo, 1898

 

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26 octobre 2025 7 26 /10 /octobre /2025 01:01

Suite de la biographie de Pierre Claude Pajol

Un nouvel investissement patrimonial, avec une dimension économique, est fait par les époux Pierre Claude et Marie Louise Pajol en 1821. Ils achètent, pour 40 000 francs, les reste de l’ancienne abbaye du Paraclet à Quincey, act. Ferreux-Quincey, Aube). Fondée en novembre 1131 par Abélard (1079-1142), philosophe et théologien chrétien, elle a eu pour première abbesse son épouse, Héloïse (1092-1164). Ancienne élève d’Abélard et mère de leur enfant Astrolabe, Héloïse fut d’abord une intellectuelle en vue dans le Paris du 12e siècle, puis une écrivaine réputée, notamment pour ses lettres à Abélard qui, châtré du fait de leur liaison scandaleuse, vivait dans un monastère à Nantes. Héloïse fut enterrée au Paraclet, puis les reste d’Abélard y furent transportés à la fin du 15e siècle. L’abbaye, restée prestigieuse, fut fermée pendant la Révolution française le 14 novembre 1792, les ossements d’Héloïse et d’Abélard étant transférés ; ils reposent désormais dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Le domaine du Paraclet, vendu en novembre 1792 comme « bien d’émigré » au domestique d’un curé, appartient ensuite à un notaire, qui commence à démolir l’église, puis à un fripier parisien qui continue la destruction. Le comédien et directeur de théâtre, Jacques-Marie Boutet de Monvel (1745-1812), l’achète en 1794 et aménage la demeure abbatiale, restée debout, pour l’habiter. La famille de Monvel cède le domaine lors d’une vente aux enchères.

Les époux Pajol font entourer l’ancien tombeau d’une plantation funéraire et y élèvent une colonne votive, en forme d’obélisque, indiquant l’endroit où avaient reposé les restes d’Héloïse et d’Abélard. Marie Louise Pajol s’occupe de l’aménagement des lieux.

Dans l’ancien moulin, au bord de la rivière Ardusson, dans la commune Saint-Aubin, une fabrique de limes et de matériel agricole est établie en 1823. L’aciérie est constituée sous forme de société, dont Pajol est un des associés ; elle vit assez difficilement. Pajol tente de s’inspirer de méthodes qu’il va voir en 1826 en Angleterre, mais l’entreprise fait faillite. Il rachète le moulin en septembre 1830 et vend la ferme au baron Charles Walckenaer. En décembre 1831, la comtesse Pajol obtient par ordonnance royale le droit de transformer l’ancienne aciérie en un moulin à blé et à huile.

En juillet 1830, après la démission du roi Charles X, le comte Pajol est rappelé, avec la fonction de lieutenant-général, pour empêcher les tentatives de résistance des royalistes légitimistes. Il se rend à Rambouillet, où le souverain est installé et l’accompagne dans son départ vers l’étranger. La famille vit de nouveau en région parisienne.

Arrivant d'Asie une épidémie de choléra se propage rapidement à partir de la fin du mois de mars 1832. Elle touche une grande partie de l’Europe dans les mois et années qui suivent. En région parisienne, 18 000 personnes meurent de la maladie selon les estimations médicales, principalement des personnes de milieux populaires. Cependant, elle touche également une partie de l’élite, comme par exemple Casimir Périer, président du conseil des ministres. La comtesse Pajol, décède de la maladie en avril 1832 à Paris.

Le général Pajol et ses deux fils de la comtesse Marie Louise vendent en 1835 le domaine du Paraclet au baron Charles Walckenaer, dont la famille y réside toujours en 2025.

Il est intégré à la Chambre des pairs en novembre 1831 et il y vote constamment en faveur du gouvernement. Conservant sa lieutenance, Pajol réprime énergiquement les émeutes de février 1831, juin 1832 et avril 1834. Il est mis à la retraite en octobre 1842, alors qu’il a 70 ans.

Le comte et lieutenant général Pierre Claude Pajol décède le 20 mars 1844 à Paris (10e arr.), à son domicile, 35, rue Joubert. Selon ses Jean-Marie Thiébaud, médecin et généalogiste, « il meurt des suites d'une chute dans l'escalier des Tuileries après une visite à Louis-Philippe », roi des Français. Il est d’abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, puis son corps est transféré à Nozeroy, au chevet de l'église, et enfin ses héritiers construisent un cimetière familial, adjacent au cimetière municipal.

Il était père de trois enfants ; sa fille mourut jeune, tandis que ses deux fils Pajol devinrent généraux. L’aîné, Charles ; Pajol, fut également sculpteur. Il est l’auteur du mausolée, érigé en 1878, où est sa sépulture à Nozeroy.

Le nom du général Pajol est gravé sur l'Arc de Triomphe de la place de l’étoile Charles-de-Gaulle à Paris. Il est décoré de la Légion d'honneur comme chevalier (décembre 1803), officier (juin 1804), commandant (avril 1809), grand officier (février 1814), grand aigle (uin1815) puis grand cordon (août 1830). Il a été fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Il détient aussi plusieurs décorations étrangères, figurant dans l’ordre du Lion de Bavière, celui de Maximilien-Joseph de Bavière, ainsi que ceux de l'Aigle blanc (Pologne) et de l'Épée de Suède. Une rue a été dénommé Pajol à Paris (18e arr.) et une autre à Melun (Seine-et-Marne) ; la ville de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) a également une rue du Général Pajol.

Une statue de Pierre Claude Pajol, due à son fils, avait été dressée à Besançon ; elle a été statue fondue en 1942. Un de ses portraits est exposé dans la mairie de Besançon, un autre au château de Compiègne.

Fin

Figurine en étain du général Pajol

 

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20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 10:29

Louis Seive naît le 14 juillet 1872 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Massez et de son compagnon, Claude Marie Seive, qui déclare sa naissance et le reconnaît. Ses parents résident rue des Poiriers. Leur mariage, en décembre 1884 dans le même arrondissement, légitime son ascendance. Sa mère est native de Renaix, ville de Flandre orientale, en Belgique flamande à forte minorité francophone. Son père, natif de la Loire, qui a un jumeau prénommé Claude, est fabricant d’eau de seltz. Il meurt lorsque Louis a 13 ans ; ils vivent alors rue des Pyrénées. Sa mère décède deux ans plus tard à Boulogne (Seine, act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine).

Effectuant un service militaire d’un an, à partir de septembre 1893 au sein du 120e régiment d'infanterie, Louis Seive est démobilisé en octobre 1894, avec le grade de caporal, pour entrer comme élève à l’école nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Admis à la 59e place sur 63 reçus, il poursuit une scolarité passable, obtenant son diplôme en juillet 1898 au 60e et dernier rang. Il avait été exclu de l’internat début janvier 1898 « pour s’être absenté deux jours sans autorisation » et avait poursuivi sa formation comme externe.

Installé dans l’appartement familial de la rue des Pyrénées (quartier Charonne), Seive devient membre de la Société protectrice des animaux en janvier 1899.

Il atteint une certaine notoriété en soignant, en mai 1900, le lion Ménélik, de la ménagerie de la Foire au pain d’épices (act. Foire du Trône), dans le Bois de Vincennes (12e arr.). Atteint d’une pleurésie double, il réagit vivement à l’intervention initiale, mais calmement à la deuxième opération ayant « sans doute senti un soulagement après les premiers soins » selon la presse parisienne et provinciale, qui en rend compte.

En février 1902, Seive autopsie un chien danois et établit qu'il était atteint de la rage ; il envoie ses quatre victimes à l’Institut Pasteur. Un atelier de maréchal-ferrant est également exploité par Seive, rue de Bagnolet, en 1907.

Après avoir effectué en 1896 et 1899 des périodes comme soldat de réserve, Louis Seive devient en juillet 1905 officier, avec le titre d’aide-vétérinaire (sous-lieutenant). Il est promu en août 1909 vétérinaire en second (lieutenant).

Installé en 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz), puis rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier), dans le centre-ville, il épouse en mars 1912 à Paris (12e arr.) Léontine Augustine Démaré, native de Tourcoing.

Au cours de la première guerre mondiale, Louis Seive est mobilisé en août 1914 au sein du 19e escadron du train des équipages militaires, où il intègre la 4e compagnie qui compte 281 hommes, 422 chevaux et 167 voitures.

Son comportement lui vaut, en mai 1917, une citation à l’ordre de la division : « Vétérinaire zélé, actif et consciencieux. Au front depuis le début de la campagne, a maintenu son effectif en parfait état avec le minimum de pertes. A assuré le service d'un groupement de chevaux blessés dans un endroit violemment bombardé [en avril 1917]. S'est dépensé sans compter et avec le plus grand dévouement ». Il est nommé en janvier 1918 vétérinaire-major (capitaine) et rendu à la vie civile en avril 1919.

À Joinville-le-Pont, Louis Seive participe, à la souscription « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », organisée par la section locale du mouvement royaliste Action française en juin 1925. Ernest Berger, né en 1889, était le trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. On compte 22 souscripteurs à Joinville.

Louis Seive meurt le 19 novembre 1935 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 63 ans et n’avait pas d’enfant.

Son comportement pendant la première guerre mondiale lui avait valu la Croix de guerre en mai 1917. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire, en mars 1923.

Le lion Ménélik par le sculpteur François Pompon, musée d’Orsay, Paris

 

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25 mars 2025 2 25 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Salomon Hirsch

départementales au sein du parti radical. Il est proche d’Édouard Herriot, président de la Chambre, ancien président du conseil et président du comité exécutif du parti. Il est très lié à un jeune militant, Pierre Mendès-France, ainsi qu’au dirigeant du Parti socialiste SFIO, Léon Blum, tous deux futurs chefs du gouvernement. Il est, en 1926, président des fédérations de banlieue et vice-président de la fédération de la Seine. Il soutient en mars le désistement dans des élections législatives partielles à Paris en faveur des candidats communistes, contre une partie de autres responsables radicaux.

Fin 1927, Salomon Hirsch devient président de la commission nationale Commerce et Industrie du parti radical. Il l’animera ensuite en défendant avec force les intérêts des classes moyennes. Il présentera des rapports chaque année lors des congrès radicaux, avec une compétence technique évidente, mais n’entraînant pas souvent l’enthousiasme militant. Cependant, arborant des favoris gigantesques, Hirsch est un personnage pittoresque, attirant l’attention de la presse et de congressistes.

Tout en continuant à présider la commission du commerce et de l’industrie, il entre en décembre 1930 à la commission de discipline et en 1932 à celle de politique générale.

Le quotidien royaliste Action française voient dans la présence de Salomon Hirsch à la gauche d’Édouard Herriot en juin 1932 lors d’un déjeuner au Grand-Orient de France la preuve que « Radicalisme = judéo-maçonnerie ». Un autre organe d’extrême-droite, Gringoire, remarque que, dans les congrès radicaux, « le nombre des congressistes qu'on n'écoute pas est considérable » ; il range parmi eux « Salomon Hirsch, gros homme à favoris blancs, dont un monocle allume le regard, et qui, sur un gilet crème, étale une imposante chaîne d'or. Il parle au nom des commerçants. On le surnomme tantôt le Veau d'Or, tantôt le Vieux Marcheur. »

Toujours dans la presse extrêmise, Je suis partout commente en novembre 1934 la présence de Hirsch au congrès radical de Nantes : « Salomon Hirsch est le personnage d’opérette que nous avons déjà décrit. Petit. Veston noir brodé. Une barbe taillée à la François-Joseph. Plus exactement, il a deux houppettes poudrées de blanc collées de chaque côté des joues. Il ne peut pas rire à cause de son monocle. Mais tous ceux qui aperçoivent le monocle avec le ruban noir, l’émulsion parallèle de poils neigeux de chaque côté du menton ne peuvent que difficilement réprimer l'envie de se tordre. »

La presse plus modérée, comme Paris-soir, commente en octobre 1935 une de ses interventions dans le congrès radical-socialiste : Les congressistes « eurent l'avantage d'entendre M. Salomon Hirsch, à qui revenait le soin d'ouvrir le débat sur les questions commerciales et industrielles. Spécialiste sévère de ces problèmes et rapporteur immuable de la Commission du Commerce du parti, M. Salomon Hirsch, tout en reconnaissant que les décrets-lois avaient permis au gouvernement d'équilibrer le budget, fit connaître qu'il estimait que ceux-ci n'avaient pas aidé à la reprise des affaires et réclama une plus juste répartition des impôts. Il fut bref et applaudi. »

L'Ère nouvelle, en juillet 1936, voit dans ses idées « la défense radicale des classes moyennes » au moment où la gauche est arrivée au pouvoir. Selon Salomon « c'est pure démagogie que d'affirmer aux masses, ainsi que certains osent le faire, que ces charges nouvelles ne viendront pas s’incorporer dans les prix de revient et qu'elles ne s'ajouteront pas aux prix de vente. Voici plusieurs années déjà que les industries françaises travaillent sans bénéfices et même souvent à perte : leurs bilans ne comportent donc plus aucune place permettant d'y inclure de nouvelles charges sans que les consommateurs aient à en éprouver aucun désagrément, il faut avoir le courage de le dire clairement ». Il défend ensuite le point de vue de sa commission « c’est le rôle du parti radical, parti de défense des classes moyennes, d'exiger que des mesures soient prises en faveur du moyen commerce et de la moyenne industrie. Il faut les mettre l'un et l’autre à même de ne pas disparaître et de passer de ta forme économique d’hier à celle de demain ».

On retrouve dans un organe radical, La Démocratie, en octobre 1937, un commentaire sur son attitude « Salomon Hirsch a été des premiers à mettre en garde les républicains contre les dangers de la politique sociale suivie par le cabinet Blum pour le seul profit des « masses ouvrières » à l’exclusion des autres catégories, non moins intéressantes, des travailleurs de l’artisanat, du petit commerce, de la petite industrie et de l’agriculture. »

Le mois suivant, le quotidien économique La Journée industrielle lui consacrait un article intitulé « Les jugements de Salomon » : « Depuis les temps les plus reculés, l’honorable M. Salomon Hirsch présente dans les congrès radicaux un rapport sur les questions commerciales. Il n’a point manqué à Lille à cette tradition. (…) Car si personnellement M. Hirsch ne semble pas personnellement « broyé » entre les « magnats » et le prolétariat, il a le légitime souci que les classes moyennes ne le soient pas plus que lui. C'est dans cet esprit que M. Salomon Hirsch a vivement dénoncé à Lille les conséquences déplorables pour les classes moyennes des accords Matignon. On ne saurait qu’applaudir celte observation. »

En avril 1938, Hirsch est attaqué par le député Darquier de Pellepoix, qui prononce à la Chambre un long discours antisémite. Il cède la présidence de la commission du commerce et de l’industrie en août 1938, mais en novembre, il préside toujours une séance du congrès radical. Et il intervient en février 1939 en tant que président d’honneur de la commission du commerce auprès du ministre Gentin.

Hospitalisé à la clinique de la Fondation Saint-Jean-de-Dieu, rue Oudinot, Salomon Hirsch meurt le 4 février 1940 à Paris (7e arr.). Il était âgé de 74 ans et père de cinq enfants et résidait toujours à son domicile de Saint-Maur-des-Fossés. Il est enterré dans le caveau de sa belle-famille, au cimetière Montparnasse de Paris. Son fils aîné Pascal, qui se fera appeler Guy Montmartin, connaîtra une vie d’entrepreneur aux débuts difficiles en France, sera consul général d’Autriche à Paris avant de faire de nouveau des affaires entre les États-Unis, le Canada, la Suisse et la France.

Salomon Hirsch était décoré du Mérite agricole, en tant que chevalier en octobre 1892 puis officier en juin 1908. Il avait reçu les Palmes académiques comme officier d'académie en janvier 1892 et officier de l’instruction publique en juin 1904. Il portait plusieurs médailles coloniales dont l’Ordre du Sultan du Maroc, dont il était commandeur, Nichan Iftikhar (Tunisie) également en tant que commandeur et l’Ordre royal du Cambodge, au titre d’officier. Il portait des médailles de la Mutualité, de bronze en 1912, d’argent en 1920 puis d’or en 1924 ainsi que la médaille d’or d’encouragement au bien, obtenue en 1910. Il était enfin chevalier de la Légion d’honneur depuis mars 1933.

Fin

Caricature de Salomon Hirsch par Jean Eiffel, 1938

 

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23 février 2025 7 23 /02 /février /2025 00:01

Étienne Antoine Lhuillier naît le 26 juin 1793 à Guerchy (Yonne, act. commue déléguée de Valravillon). Il est le fils de Marguerite Vincent et de son époux, Étienne Lhuillier, laboureur, illettré.

En novembre 1813, Étienne Antoine Lhuillier est engagé volontaire au sein du 1er régiment de flanqueurs grenadiers de la Garde impériale. Il participe à la campagne de France des armées Napoléon 1er, il est blessé le 9 février 1814, lors de la bataille de Champaubert, près de Sézanne (Marne), une des victoires française au cours des opérations dans la vallée de la Marne. Il est hospitalisé à Paris en mai. Il quitte probablement ensuite l’armée.

Après le retour d’exil de Napoléon 1er en mars 1815, Étienne Lhuillier signe un nouvel engagement volontaire à la mairie de Joigny (Yonne) et rejoint le 6e régiment de lanciers. Il y reste après la Restauration et entre, en décembre 1815, aux hussards de la Garde royale.

Quittant l’armée pour les forces de sécurité intérieures, il est en mai 1822 gendarme à cheval dans la compagnie de Seine-et-Oise, probablement dans le territoire actuel du département des Yvelines. Il est nommé brigadier en janvier 1830. Étienne Lhuillier épouse Marie Judith Delacour, originaire de la région de Mantes.

Transféré à la compagnie de la Seine, Étienne Lhuillier est, à partir d’avril 1835, le chef de la brigade de gendarmerie de Créteil (act. Val-de-Marne).

Devenu garde canal à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune proche de Créteil, où a été aménagé un passage, partiellement en tunnel, coupant la boucle de la Marne, rejoint la Garde nationale.

Il est nommé capitaine au sein du 3e bataillon de la Garde en août 1848, placé sous les ordres de François Léon de Bray de Valfresne (1798-1876), avocat et conseiller municipal de Joinville-le-Pont. Basé à Joinville, le bataillon comprend également des unités à Saint-Maur, Nogent, Champigny. Il a pris la succession de Jean Louis Nicolas Lucot (1795-1870), entrepreneur de maçonnerie, conseiller municipal de Joinville-le-Pont, qui a commandé la garde nationale de Joinville depuis le début des années 1830.

La légion de la banlieue de la Garde nationale comprend, en avril 1852, le 28e bataillon, placé sous les ordres d’Hector Bisson (1811-1858), notaire, conseiller municipal de Nogent-sur-Marne. Il comporte cinq compagnies, à Joinville, Nogent, Saint-Maur, Bry, Champigny, plus une compagnie de sapeurs-pompiers.

Responsable de la 1ère compagnie, celle de Joinville, avec le grade de capitaine, Lhuillier a comme officiers dans son groupement d’abord Auguste Courtin (1825-1908), châtelain et futur maire de Joinville, fils adoptif du maire, le grammairien Charles Chapsal, qui a le grade de lieutenant ; ensuite, Pierre Moreton (1814-1856), secrétaire de Chapsal et qui fait office de secrétaire général de la mairie de Joinville, sous-lieutenant.

Étienne Lhuillier meurt le 4 janvier 1867 à Joinville. Il était âgé de 73 ans et père d’un fils décédé à 18 ans en 1854. En avril 1844, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Ancienne gendarmerie de Créteil

 

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18 janvier 2025 6 18 /01 /janvier /2025 00:01

Henri Jean Baptiste Davenne naît le 12 janvier 1789 à Paris ; il est baptisé le lendemain en l’église Saint-Eustache. Il est le fils d’Anne Cécile Milet et de son époux Jean Baptiste Davenne. Sa mère est fille d’un entrepreneur du bâtiment. Son père est greffier en chef du baillage du Palais de justice de Paris en 1785, puis avocat et ensuite surveillant en chef de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne).

Ayant certainement fait lui aussi des études juridiques, Henri Davenne est embauché en 1812 au ministère de l'intérieur. Le ministres est alors Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet. En mars 1813, il épouse à Paris (2e arr.) Antoinette Eléonore Fleuret ; ils vont vivre rue de Condé.

En charge du suivi des collectivités locales, Henri Davenne publie, en 1824, un Traité pratique de voirie urbaine, qui connaîtra plusieurs éditions jusqu’en 1858. Il participe à plusieurs recueils encyclopédiques et fait paraître en 1840 le « Régime administratif et financier des communes ». Répondant à une souscription lancée par la préfecture de police de Paris, Davenne s’engage en février à verser six francs par an « pour l'extinction de la mendicité. »

Dans le cadre de ses fonctions, Henri Davenne siège dans la commission sur la révision des règlements en vigueur sur la voirie urbaine et les constructions (1842), contre le déboisement des montagnes (1845), sur les assurances contre l’incendie (1846).

Toujours au ministère de l’intérieur, il est devenu en 1844 chef de la division de l’administration communale et hospitalière. Le ministre est alors Tanneguy Duchâtel. À ce titre, il est intégré dans la commission que le préfet de la Seine nomme en septembre 1848 « dans le but d'étudier et de préparer un projet de réorganisation de l'administration des hôpitaux, hospices civils et secours à domicile de la ville de Paris. »

Le résultat de leurs réflexions sert de base à la loi du 10 janvier 1849, qui organise l'administration générale de l'Assistance publique à Paris, confiant à un seul fonctionnaire le service hospitalier et les secours à domicile. Contrairement aux structures antérieurs, c’est le directeur général, placé sous la double autorité du ministre et du préfet, qui détient le pouvoir, le rôle du conseil de surveillance étant consultatif. Par un arrêté ministériel du 2 février 1849, Henri Davenne devient, à soixante ans, le premier à occuper cette fonction. Au cours de cette même année, il doit faire face à une épidémie de choléra, qui coûte la vie à 155 employés de l'Assistance publique, dont trois directeurs d'hôpitaux, six internes, dix sœurs hospitalières et un aumônier. Une seconde phase, également meurtrière, éclatera en 1853-1854.

Sous la houlette de Davenne, l'hôpital général Sainte-Marguerite devient un établissement pour enfants (act. hôpital Trousseau). Gérant un leg, le directeur général fait construire l'hôpital Lariboisière. Pour soigner les enfants scrofuleux (ou tuberculeux), l’Assistance publique ouvre des hôpitaux à Forges-les-Bais (Seine-et-Oise, act. Essonne) et Berck (Pas-de-Calais).

En mars 1853, Davenne intègre la commission qui tente de trouver des substituts au plomb utilisé dans les peintures, pour réduire le risque de saturnisme. Il rejoint en avril 1855 une autre commission, pour l'établissement des asiles destinés aux ouvriers convalescents ou mutilés. Dans ce cadre, des établissements sont ouverts à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) et au Vésinet (Seine-et-Oise, act. Yvelines).

En juin 1859, Davenne est inclus dans le comité chargé qui gère les sommes récoltées auprès du public pour venir en aide aux familles des militaires et marins de l’armée d’Italie blessés ou tués. À la fin de la même année, le 22 décembre 1859, à l’âge de 70 ans, Henri Davenne prend sa retraite avec le titre de directeur honoraire. Il est remplacé par Armand Husson.

Les époux Davenne s’installent alors à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Henri Davenne poursuit une activité publique, notamment au sein de l'Académie nationale de médecine où il a été élu associé libre de le 10 janvier 1854. Il est également président honoraire de la Société des médecins des bureaux de bienfaisance de Paris. À partir de 1862, il siège à la Société du Prince-Impérial pour l’enfance au travail. Il était aussi membre du comité consultatif d'hygiène et du conseil de l'association générale des médecins de France. Il rédige en 1865 un livre, De l'organisation et du régime des secours publics en France.

Henri Davenne meurt le 2 juillet 1869 à Joinville-le-Pont où il est inhumé. Il était âgé de 80 ans et père d’une fille, Pauline, mariée à un capitaine de gendarmerie qui avait échappé de justesse à la mort lors de l’insurrection parisienne de février 1848.

Nommé chevalier de la Légion d’honneur en mai 1833, il était devenu officier en novembre 1848 puis avait été élevé à la dignité de commandeur en août 1858. Il portait également plusieurs médailles étrangères, étant commandeur de l’Ordre du Christ (Portugal), décoré de la croix de Sainte-Anne (Russie) et chevalier de l’Étoile Polaire (Suède).

La comédienne et poète Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) lui a rendu hommage dans une lettre de septembre 1856, se félicitant de ce qu’il avait fait entrer son beau-frère dans un asile à Paris : « le meilleur des hommes vivants vient de m’accorder un si grand bienfait. »

Henri Davenne

 

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22 novembre 2024 5 22 /11 /novembre /2024 00:01

Suite de la biographie d’André Courtin

Pendant la première guerre mondiale, André Courtin s’efforce à contribuer au ravitaillement, ce qui lui vaudra des félicitations. Son épouse Eugénie est infirmière bénévole, dans les hôpitaux de Romorantin et de Salbris d'août 1914 à fin janvier 1916, et sera décorée de ce fait de la médaille de bronze de la reconnaissance française.

Après le conflit, les Courtin reviennent à Salbris, au château de L’Isle. André Courtin participe, en septembre 1922 à la fête de l’agriculture organisée à Salbris. Il fait partie des invités d’honneur à côté de son ancien adversaire, Pichery, devenu sénateur, du maire, du préfet et du curé.

Retiré du domaine politique, André Courtin va accroître son implication dans les organisations professionnelles. Il troque son mandat de secrétaire général contre celui de vice-président de la Société des agriculteurs de France. Avec le même président, il est aussi vice-président de la Chambre syndicale de l’Union centrale des syndicats des agriculteurs de France. On trouve de fréquentes contributions de sa part à la Revue des agriculteurs de France depuis 1928, par exemple sur la décalcification, ou le monopole des engrais.

Un ouvrage de Courtin, paru en 1920, Les congrès nationaux des syndicats agricoles, est salué dans la presse professionnelle.

En mai 1928, il prend position sur la question de La main-d’œuvre agricole et l’immigration. Pour Courtin, il faut créer « Des comités franco-étrangers, sous la haute surveillance des gouvernements intéressés, grâce au concours de l’organisme professionnel français, pourraient avantageusement maintenir le contact entre les émigrants, leur conserver certaines habitudes morales et religieuses du pays d’origine. Une telle organisation est pour les émigrants eux-mêmes un bienfait, en leur apportant un peu de l’air de leur pays natal ; ils seraient moins désorientés, et leur équilibre moral se maintenant plus facilement, nous éviterons, en partie tout au moins, les dangers que fait courir à notre Nation l’introduction de certains ferments aisément nocifs, par cette immigration qui est indispensable cependant, durant les longues années nécessaires à la natalité française pour reconstituer le nombre d’hommes que réclame l'exploitation intensive de notre terre de France. »

En 1932, à 72 ans, André Courtin quitte ses fonctions à la chambre syndicale. Il fait de même en 1934 à la Société des agriculteurs de France, qui l’élit alors vice-président honoraire. Il porte toujours ce titre en 1939.

L’épouse d’André Courtin, Eugénie née Roger-Marvaise, meurt en novembre 1933 à Salbris. Son époux continue à se partager entre la Sologne et la région parisienne.

La date de décès d’André Joseph Courtin n’est pas connue. Pendant la deuxième guerre mondiale, il réside à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine), où une carte d’alimentation lui a été délivrée ; il avait 83 ans en 1942. Il était veuf et n’a pas eu d’enfant.

Récompensé d’une médaille d’or lors de l’exposition universelle de Paris, en 1900, André Courtin, fait peut-être partie des personnes décorées du Mérite agricole par Noulens, sous-secrétaire d’État à la guerre en novembre 1910. Il a reçu en septembre 1917 une lettre d’éloges du ministre du ravitaillement, Maurice Viollette pour son action pendant la première guerre mondiale. Fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre 1923, Courtin voyait son parcours de syndicaliste récompensé : « Après s'être consacré pendant près de trente ans à l'exploitation d'un grand domaine en Sologne, apporte à la défense des intérêts agricoles comme secrétaire général adjoint d'une puissante union des syndicats agricoles, le concours le plus actif et le plus apprécié. »

Fin

La propriété Le Péage à Pierrefitte-sur-Sauldre

Voir aussi :

Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)

Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)

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20 novembre 2024 3 20 /11 /novembre /2024 00:01

Suite de la biographie d’André Courtin

Comme son père, son grand-père paternel ou son beau-père, André Courtin va avoir un engagement civique. Il est en 1893 secrétaire de la Société des agriculteurs de France. Et il prend part, en juillet cette année-là, aux élections législatives dans la circonscription de Romorantin. Il s’affiche comme candidat républicain libéral et progressiste. Son positionnement amène son père, alors maire de Salbris et conseiller général du Loir-et-Cher à publier une lettre dans laquelle il explique que son fils « grâce aux trésors d'illusion que possède la jeunesse, s'est avisé de croire subitement à l'avenir d'une République honnête et libérale » mais il ajoute que cet optimisme conviendrait mal à mon âge ». Le quotidien La Lanterne, écrit que pour Courtin père, « monarchiste impénitent », voir « son fils passer tout d'un coup à l'ennemi et se déclarer républicain » ce doit être cruel, « après une vie tout entière consacrée à combattre la République ». Mais le journal, qui se situe à gauche, considère que « M. Courtin fils est resté assez réactionnaire pour ne pas mentir à ses origines » et appelle les électeurs à lui donner « en guise de bienvenue dans la République, une veste des mieux conditionnées ».

De fait, c’est le député sortant, Philippe Émile Jullien, radical-socialiste, qui est largement réélu. Courtin obtient 4 893 voix sur 13 508 votants (36%) pour 17 034 électeurs inscrits.

Membre de la Société d'économie sociale depuis 1891, André Courtin adhère aussi en 1896 à la Société internationale des études pratiques d'économie sociale. Il préside en 1903 la société Saint-Georges, structure de secours mutuels de Salbris, constituée en 1868 et qui compte alors 188 membres. Continuant son activité agricole, il participe à l’exposition universelle de 1900 dans la capitale. En 1904, André Courtin prend la présidence de la Société coopérative de l’union centrale des syndicats des agriculteurs de France.

Malgré leur antagonisme politique antérieur, c’est à son fils qu’Auguste Courtin transmet, en mai 1900, le poste de maire de Salbris.

En juin la même année, il est également élu, sans concurrent, conseiller d’arrondissement pour le canton de Salbris. Puis, en juillet 1901, il devient conseiller général du Loir-et-Cher dans le même ressort, poste qu’avait occupé Courtin père jusqu’en 1895.

En vue des élections législatives de 1902, « Un groupe d’électeurs » sollicite André Courtin dans l’hebdomadaire conservateur L'Écho de la Sologne pour représenter les républicains modérés, assurant qu’il est « d’un républicanisme sage et modéré » et doté de « connaissances très étendues en agriculture ». Mais il n’est finalement pas candidat.

Au sein du conseil général, Courtin proteste en avril 1904 contre l’appui qu’apportent les élus au président de la République, Émile Loubet et au ministre de l’intérieur Émile Combes pour « l’œuvre d’action laïque et de progrès social qu’ils poursuivent avec une grande fermeté ». Pour sa part, il fustige « une œuvre de désorganisation sociale » avec la séparation proposée entre l’église et l’État.

Réélu, dès le premier tour, conseiller municipal puis maire de Salbris en mai 1904, André Courtin revient à la politique nationale avec les élections législatives de mai 1906, toujours dans la circonscription de Romorantin. Il conserve son étiquette de républicain libéral et affronte le député sortant radical, Pierre Pichery. Le quotidien l'Union libérale, conteste son positionnement, assurant que Courtin est un « conservateur, affublé pour la circonstance d’un faux nez républicain auquel personne ne s’était laissé prendre ». Le programme qu’il présente est fort à droite : « l’ordre, la paix sociale, la liberté religieuse, le rétablissement des finances par la réduction du trop grand nombre de fonctionnaires, le respect du drapeau et de l’armée » ; il repousse l’impôt sur le revenu mais admet la création de retraites ouvrières par la mutualité. Courtin rappelle qu’il a « combattu l’œuvre du Bloc sur la Séparation de l’Église et de l’État. Cette loi est à ses yeux (…) exigée par les Francs-Maçons, et les Juifs, qui veulent détruire la religion catholique, comme ils veulent désorganiser l’armée et les finances pour pousser la France à la ruine et la réduire à leur merci ». Il obtient un résultat en net retrait sur son score de 1893, avec 2 761 voix pour environ 16 200 suffrages exprimés, soit 17% ; Pichery est réélu.

Lors du scrutin de juillet 1907 pour le poste de conseiller général, face à deux candidats présentés comme favoris par la presse locale, Courtin ne se représente pas. Il est par contre de nouveau réélu, dès le premier tour, maire en mai 1908.

Après la mort de son père, en avril 1908, sa succession fait l’objet d’une mise au enchères, qui comprend notamment le château du Chesne et sa propriété de 1 380 hectares. André Courtin et son épouse emménagent dans une autre demeure, plus modeste, le château de La Moussaye.

André Courtin ne se représente pas aux élections municipales de 1912. Le couple est installé dans le village voisin de Pierrefitte-sur-Sauldre, au lieu-dit Le Péage.

À suivre

Le château du Chesne à Salbris

Voir aussi :

Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)

Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)

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18 novembre 2024 1 18 /11 /novembre /2024 08:00

Début de la biographie d’André Courtin

André Joseph Courtin naît le 10 août 1859 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), au château de Polangis. Il est le fils d’Anna Caroline Spooner, fille d’un industriel des États-Unis, fabricant de produits chimiques. Son père est Auguste Courtin (1825-1908), alors rentier et maire de Joinville. Ce dernier est le fils naturel de Charles Pierre Chapsal (1787-1858), Charles-Pierre Chapsal, (1787-1858), professeur au lycée Louis-le-Grand (Paris), grammairien, professeur de grammaire générale au lycée Louis-Le-Grand à Paris, maire de Joinville-le-Pont (1843-1848 et 1852-1858), qui avait fait l’acquisition du château de Polangis ; il est également le fils adoptif de son épouse Adélaïde Favray (1783-1880) et hérite, à sa disparition, du domaine de Polangis.

Pendant le siège de Paris au cours de la guerre de 1870, la population de Joinville est déplacée dans la capitale, y compris la municipalité. Les très violents combats de la bataille de Champigny en novembre et décembre 1870 entraînent la mort de plusieurs milliers de soldats, notamment dans le quartier de Polangis. Le pont de Joinville est détruit. Le retour des Joinvillais se fait en janvier 1871. La commune est ensuite occupée par les troupes bavaroises et wurtembergeoises jusqu’au 24 septembre 1871.

Après avoir mis fin, avant terme, à ses fonctions municipales en 1876, pour des raisons inconnues, Auguste Courtin quitte Joinville en 1877. Il vend le domaine de Polangis en février 1881 à la Société immobilière de Polangis qui lotit le terrain et démolit le château.

La famille s’installe en Sologne, à Salbris (Loir-et-Cher), où elle achète en 1880 le château du Chesne et un très vaste terrain. Devenu un agriculteur, réputé pour son activité modernisatrice, Auguste Courtin reprend des fonctions électives, comme maire de Salbris (1884-1900) et conseiller général du Loir-et-Cher (1889-1895), de tendance très nettement conservatrice.

Pour sa part, André Courtin intègre en juillet 1878 l'Institut national agronomique de Paris, reconstitué en 1876 à Paris, hébergé dans les locaux du Conservatoire national des arts et métiers, rue Réaumur, et disposant de champ d'expériences dans le Bois de Vincennes. Il obtient en juillet 1880 le diplôme d’ingénieur agronome. Il a eu notamment comme professeur Édouard Lecouteux (1819-1893), agronome réputé, qui a mis en place en Sologne, à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) une ferme modèle dans son château de Cerçay. Il a été conseiller général du département (1871-1874) puis maire de Lamotte-Beuvron (1886-1893).

Probablement après son service militaire, André Courtin devient un « châtelain-agriculteur » selon l’expression de son ancien maître, Lecouteux, qui lui rend visite en janvier 1883, se félicitant que « son excellent ami » fait partie de ceux qui « savent faire aimer la vie rurale ». Il assurera en juillet 1892 qu’il fait « le plus grand honneur à son école ». Ce dernier avait été le fondateur, en mai 1868, de la Société des agriculteurs de France, dont Courtin deviendra un des piliers.

Au cours des années 1880 et 1890, il participe très activement aux comices agricoles, et publie des rapports ou ouvrages sur la culture du blé, l’élevage bovin, les plantations d’arbres ou l'irrigation des prairies.

En avril 1887 à Paris (9e arr.), André Courtin, qui réside à Salbris et dispose d’un pied-à-terre rue de Penthièvre (8e arr.), épouse Eugénie Thérèse Roger-Marvaise. Elle est la fille de Théophile Roger-Marvaise, avocat à la Cour de cassation, chevalier de la Légion d’honneur, alors sénateur d’Ille-et-Vilaine. Leur domicile, rue de la Victoire, deviendra entre les deux guerres l’adresse parisienne du couple Courtin.

Voir aussi :

Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)

Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)

À suivre

Portrait d’André Courtin (arch. fam.)

 

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8 septembre 2024 7 08 /09 /septembre /2024 22:27

Antoine Baron naît le 6 octobre 1776 et est baptisé le 9 du même mois à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur (act. Saint-Maur-des-Fossés), à laquelle est rattachée le village de Pont-de-Saint-Maur où vit sa famille. Il est le fils de Marie Anne Ambelouis et de Jean Philippe Baron, son époux.

Le père Jean Philippe Baron, natif du même village en septembre 1724, sert dans les armées révolutionnaires et meurt en prairial an 6 (juin 1798). Trois mois plus tard, c’est Antoine Baron qui rejoint en vendémiaire an 7 (septembre 1798) le 4e régiment de ligne.

La mère vient d’une famille de notables locaux, comprenant des gardes forestiers dans le Bois de Vincennes, des artisans et des artistes.

Antoine Baron est membre de la municipalité élue en fructidor an 9 à La Branche du Pont de Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) en tant que notable. Le maire est Laurent Pinson (1755–1814). Baron est mentionné comme « absent pour le service public », car il sert toujours dans l’armée, en Allemagne puis à Boulogne (Pas-de-Calais). Son beau-frère, Félix Ambelouis, est également élu dans l’assemblée communale, mais lui aussi absent.

Toujours au sein du 4e régiment de ligne, Antoine Baron devient caporal en brumaire an 14 (octobre 1805), il est promu sergent en novembre 1807 puis sergent-major. Il combat d’abord en Autriche puis en Prusse et en Pologne. Il stationne en 1808 à Cherbourg (Manche) avant de retourner en Autriche, où il est blessé d’un coup de feu à la tête en juillet 1809.

Il quitte en février 1812 l’infanterie de ligne pour rejoindre une unité d’élite de la Garde impériale, le 1er régiment de grenadiers à pied. Il doit pour cela abandonner son grade, mais retrouve ses galons après la campagne de Russie et de Saxe, comme caporal en avril 1814. Quittant alors l’habit militaire dans le Jura, Antoine Baron rentre en région parisienne et devient homme de peine.

Il rejoint en avril 1815 les armées napoléoniennes pendant la période des Cent-jours, dans le 3e régiment de grenadiers. Il quitte l’armée avec le grade de sergent major après la défaite de Waterloo (Belgique) en juin 1815.

Fin 1815 ou début 1816, tandis que sa mère est toujours à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, Antoine Baron s’installe à Meaux (Seine-et-Marne) où il travaille comme orfèvre, place du Marché. Il est mentionné comme « compagnon orfèvre » en 1819, ce qui signifie qu’il a fini son apprentissage.

Ayant obtenu une pension pour ses 17 ans de service militaire, Antoine Baron épouse en juin 1818 à Meaux Sophie Virginie Plaisir, ouvrière en robes. Ils résident rue Sainte-Maure. Ils vivent toujours à Meaux à la naissance de leur deuxième enfant en octobre 1826, puis déménagent rue Transnonain à Paris (anc. 7e arr., act. rue Beaubourg 3e arr.).

Sophie, sa première épouse, meurt en janvier 1832. Antoine Baron se remarie en juillet 1834 Paris, dans l’église Saint-Merry, avec Aimée Louise Houdrichon. Ils rejoignent la rue de Sèvres (anc. 10e arr., act. 15e).

Antoine Baron meurt le 29 mars 1844 à Paris (10e arr.). Il était âgé de 67 ans, père de deux enfants et est inhumé au cimetière Montparnasse.

Pour sa participation aux campagnes de l’armée impériale, Antoine Baron a été fait chevalier de la Légion d’honneur en février 1814. Il reçut la médaille du préfet du Jura en mai la même année mais n’eut son diplôme qu’en juin 1830.

Grenadier de la garde impériale, Wikipédia

 

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