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28 octobre 2022 5 28 /10 /octobre /2022 00:01

Jean Savu naît le 11 juin 1904 à Montreuil-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Louise Marie Boussard, et de son époux, Jean Savu, ébéniste, qui vivent rue de la République.

Sa mère est couronnière, c’est-à-dire confectionneuse de couronnes mortuaires avec des perles enfilées sur du fil-de-fer. Son père est natif en 1874 de Bucarest (royaume de Hongrie, act. Roumanie) et est ébéniste. Il obtient (pour son fils aussi) la nationalité française en mai 1910. Pendant la première guerre mondiale, Jean Savu père est réformé à cause de sa surdité.

À partir de 1910, la famille, qui compte six enfants, est installée à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Jean Savu est, comme son père, ébéniste en 1921. En 1926, il est installé dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, quai Moisson (act. quai Gabriel-Péri), dans le quartier de Palissy. Il épouse dans cette commune, en avril 1926, Simone Lahaye, ouvrière, qui vivait dans le quartier voisin de Polangis.

L’usine de meubles dans laquelle il travaille, sise avenue Racine, à Joinville, prend feu en 1933. En juillet, le conseil général lui accorde un secours de cent francs du fait que l’incendie l’a réduit au chômage pendant une période. Il s’est alors installé de nouveau à Champigny.

Selon les historiens Annie et Claude Pennetier, Jean Savu est en 1930 membre du parti communiste et recevait du matériel de propagande destiné à des communistes italiens avec qui il était en contact. Il était également inscrit à l’Amicale sporting club de Champigny, club affilié à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Jean Savu fait partie de l’Organisation spéciale, mouvement clandestin créé par le parti communiste qui intègre ensuite les Francs-Tireurs et Partisans. D’après A. et Cl. Pennetier, Jean Savu est le responsable technique de la section des FTPF de Champigny. Il gère notamment une machine de reprographie (ronéo) à main installée dans le pavillon de Simone Lambre à Champigny.

Arrêté en juillet 1943 par la police française dans l’atelier d’Auguste Taravella, autre résistant communiste campinois, il est porteur d’un tract intitulé Défense de la France et de deux certificats de recensement en blanc et une copie du cachet humide de la mairie de Montreuil. Il est Interné à la prison de la Santé (Paris, 14e arr.). Lors d’une visite dans cette prison, son épouse témoignera que Jean Savu « a été violemment frappé par des inspecteurs de la BS2 [Brigade spéciale no 2] à coups de nerf de bœuf sur les reins ». Il est ensuite transféré à celle de Fresnes (Seine, act. Val-de-Marne).

Il est condamné à mort le 15 octobre par le tribunal allemand du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (Paris, 8e arr.) pour « activité en faveur de l’ennemi ». Il est fusillé à 12 h 41 en même temps que vingt autres personnes le 23 octobre de la même année au Mont-Valérien à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), Jean Savu et trois autres fusillés campinois (Pierre-Marie Derrien, Maurice Pirolley et Augustin Taravella) furent transférés le 2 décembre 1944 au cimetière de Champigny-sur-Marne.

Par décret du 28 décembre 1945, il avait été nommé, à titre posthume, officier dans l’armée de terre au grade de sous-lieutenant. Un autre décret, le 6 novembre 1960, lui octroie la dignité de chevalier de la Légion d’honneur. Une rue du quartier du Tremblay, à Champigny, reliant les avenues du Général de Gaulle et Pierre-Brossolette, est baptisée « Jean-Savu ». Son nom figure sur les monuments aux morts de Champigny ainsi que sur celui du Mont-Valérien. Il figure également sur une plaque au sein de la Bourse du Travail de Paris « À la Mémoire des dirigeants de Syndicats tombés dans les combats contre le nazisme pour la libération de la France - Lorsqu'on ne tuera plus ils seront bien vengés et ce sera justice - Paul Éluard. »

Le matin de son exécution, Jean Savu a écrit deux lettres. Une à son frère Louis et l’autre à son épouse Simone, qui l’a publiée : « Fresnes, le 23 octobre 43. Ma pauvre petite chérie, Je viens d’apprendre la triste nouvelle : nous avons été condamnés à mort le 15 courant et apprenons aujourd’hui que nous allons être exécutés à midi. Ma Simone chérie, écoute ma prière : je t’en supplie, sois courageuse. Le seul regret que j’emporterai dans la tombe, c’est de te faire de la peine en te quittant. Tu ne méritais pas cela. Tu m’as rendu très heureux et t’en remercie. Si tu savais comme je t’aimais. Je n’ai pas toujours su te le faire comprendre malheureusement. Surtout ma petite chérie, soit forte et élève bien Jeannot. Fais-en un homme comme je l’ai été et qu’il n’oublie jamais son Papa et pourquoi il est mort, pour sa Patrie et pour son Parti. Je te lègue notre petit avoir. Cette lettre te suffira, je l’espère, pour aplanir les difficultés qui pourraient survenir, mais je crois que la Patrie ne vous abandonnera pas. C’est ton image, ma Simone, que je verrai au dernier moment et je saurai mourir courageusement, crois-moi. J’écris également à Louis car nous avons droit à deux lettres. Je vous confie, toi et mon cher petit Jeannot, à lui. Il saura, j’en suis sûr faire son devoir. Dis aussi, ma poulette, à tous les amis, que je leur envoie ma dernière pensée, surtout à Mr et Mme Bazin et tous les autres. Je vais terminer, mon amour, en te demandant pardon de te causer de la peine. Embrasse pour moi ma mère : elle va avoir aussi beaucoup de chagrin mais ce n’est que toi qui comptais pour moi, ma Simone et je finis cette lettre, la dernière, en te bénissant. Je t’aimais tant. Ton Jean. (Je suis avec Louis Noger, il partage mon sort.) »

Portrait de Jean Savu [Société d’histoire de Champigny]

 

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18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 05:01

René Émile Nadal naît le 11 décembre 1886 à Saint-Vallier (Drôme). Il est le fils de Gabrielle Durand et de son époux, André Nadal, percepteur.

Résidant alors à Nîmes (Gard) où il est étudiant, René Nadal, âgé de 18 ans, devance son appel pour le service militaire et s’engage dans l’armée, pour trois ans, en novembre 1905. Il est affecté au 19e régiment d’artillerie. Il devient brigadier en décembre 1906 puis maréchal des logis en octobre 1907. En août 1908, il se réengage pour deux ans à compter de novembre 1908, mais de nouveau comme cavalier au 20e escadron du train. Il est promu une nouvelle fois en septembre 1908 brigadier puis en novembre la même année maréchal des logis.

Ce serait en juin 1909 que René Nadal aurait épousé Jeanne André Meunier, peut-être à Paris.

Prolongeant son contrat, René Nadal part en janvier 1910 en Afrique occidentale française (AOF), avec l’escadron de spahis du Sénégal et est affecté au Soudan (act. Mali). Il devient adjudant en décembre 1912, au sein du 19e escadron du train. Pendant les quatre ans de son séjour, il est atteint de paludisme et de dysenterie.

Au cours de la première guerre mondiale, Nadal est déclaré inapte pour un total de plus de dix mois, entre février 1916 et juillet 1917, du fait des suites des maladies tropicales contractées en Afrique. Il sert dans le 13e régiment d’artillerie en août 1916 pour au sein du 63e régiment de la même arme en décembre 1917. Il rejoint de nouveau le 19e escadron du train en mars 1919 et se réengage de nouveau pour 20 mois. Nommé sous-lieutenant en août 1922, il est promu lieutenant en septembre 1923. En novembre 1924, il est affecté à la réserve de l’armée territoriale et perçoit, à partir de septembre 1930, une pension pour les conséquences du paludisme et de la dysenterie.

En 1925, Nadal est responsable des studios cinématographiques des Réservoirs à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Créés en 1913, ils sont installés rue des Réservoirs et sont limitrophes de Joinville-le-Pont.

Après le rachat par Bernard Natan en 1929 de la société Cinéromans, qui exploite six studios à Joinville, dans le quartier de Palissy, il constitue avec Charles Pathé la société Pathé-Natan. Elle exploite une usine de production de matériel et de films, ainsi que les studios, dont la direction est confiée à René Nadal, qui l’exerce à partir de 1930. Il vit avec sa famille d’abord rue Halifax, à Joinville (à proximité des studios des Réservoirs) puis, après 1932, rue Aristide-Briand, dans le centre-ville.

Pendant que Nadal en assure la direction, les studios de Joinville vont notamment produire L'affaire est dans le sac de Pierre et Jacques Prévert (1932), La Belle Équipe de Julien Duvivier (1936), Mayerling d'Anatole Litvak (1936), Drôle de drame (1937) et Quai des brumes (1938) de Marcel Carné, La Bête humaine (1938) et La Règle du jeu (1939) de Jean Renoir, Mollenard de Robert Siodmak (1938).

Le chef décorateur Max Douy, embauché très jeune par Nadal, témoigne en novembre 2004 des conditions de travail difficiles des techniciens sur les tournages dans les années 1930 : « On travaillait jour et nuit. J’ai passé 33 nuits de suite sur un film horrible (Dactylo se marie). Je dormais à midi et à 2h il y avait rapport chez Harispuru et Nadal. J’étais ‘le môme’ comme ils disaient. Trente-trois nuits de suite y compris Noël et le Jour de l’An. Ils n’avaient même pas de religion !... ». Édouard Harispuru était le producteur du film La dactylo se marie, réalisé en 1934 par Joe May et René Pujol.

René Nadal (1er rang, en bas, à droite) en 1924

Dans la commune de Joinville, Nadal s’associe aux activités sociales qui concernent le secteur du cinéma, dont la ville est un des principaux pôles. Sa présence est ainsi signalée aux messes pour les cinéastes défunts, organisées fin décembre ou début janvier à partir de 1933 ; il soutient aussi le projet de reconstruction de la petite église Sainte-Anne de Polangis en « Notre-Dame du Cinéma », projet qui n’aboutira pas avant la deuxième guerre mondiale.

René Nadal est le président-fondateur de la société sportive Pathé-Cinéma.

René Nadal meurt le 29 avril 1939 à Paris (15e arr.), rue Blomet, où il avait été hospitalisé pour une intervention chirurgicale après une courte maladie. Ses obsèques ont eu lieu en l’église Saint-Lambert-de-Vaugirard. Âgé de 53 ans, il était père d’une fille, Gratienne, qui se maria cinq fois dont une fois au Mexique et une autre en Iran et divorça à trois reprises. René Nadal était titulaire de la Médaille coloniale et de la Médaille militaire depuis juillet 1918, chevalier de la Légion d'honneur depuis août 1937. En novembre 1932, il avait obtenu la médaille de bronze de l’Éducation physique.

Les nécrologies qui lui sont consacrées assurent, comme dans L’Homme libre, qu’il fut « un grand colonial », ayant « contribué à la pacification et à l'organisation d'une grande partie de l'AOF ». Selon Excelsior, en tant que directeur des studios Pathé-Cinéma de Joinville, il « comptait parmi les personnalités les plus estimées de l'industrie du cinéma. »

René Nadal à Joinville-le-Pont en 1937

 

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14 octobre 2022 5 14 /10 /octobre /2022 00:01

Début de la biographie d’Émile Baptiste Lecuirot

Émile Baptiste Lecuirot naît le 22 avril 1868 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’Estelle Mercier et de son mari Michel Marie Lecuirot, mariés, qui vivent rue Oberkampf où ils sont liquoristes.

Après la mort du père en septembre 1881, ils vivent rue des Orteaux puis rue de Bagnolet (20e arr.) et Émile Lecuirot devient comptable, employé de banque. Il fera carrière au Comptoir national d’escompte de Paris (act. BNP-Paribas) dont il deviendra directeur d’agence. Dispensé de service militaire en tant que fils unique de veuve, il effectue cependant des périodes d’entraînement d’une durée totale de quatre mois entre 1889 et 1904 dans l’infanterie.

En mai 1891 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Émile Lecuirot épouse Ernestine Léontine Camus, dont les parents sont charcutiers dans cette ville. Ils s’y installent dans le quartier du Centre, d’abord rue de Paris puis rue du Pont, ensuite villa Rousseau et enfin avenue du Château (act. avenue Foch), dans le quartier de Polangis.

Dans sa nouvelle ville, Émile Lecuirot devient un véritable sportif. Il participe, en juin 1896 à une course cycliste du vélo-club de Joinville en direction de Brunoy (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il a été le trésorier de cette association pour les années 1895-1896 au moins, l’industriel Pierre Emmanuel Laforest en étant le président.

Mais surtout, il s’intéresse à l’aviron et devient, en 1898, membre du conseil d’administration de la Société nautique de la Marne (SN Marne, act. Aviron Marne et Joinville), un des plus prestigieux clubs français, basé sur l’île Fanac.

Devenu trésorier puis vice-président du club, il en est le président à partir de janvier 1905, après une crise que rencontrait le club, et va le rester pendant presque trente ans Il le remet sur pieds sur le plan administratif et financier, conduit d’importants investissements comme l’achat du garage et le positionne dans les instances de l’aviron français et européen. Tous les ans, la SN Marne dispute avec le Rowing-club de Paris, un match qui constitue un des moments forts des compétitions en rivière en France. Son fils, qui s’appelle également Émile Lecuirot, deviendra entre les deux-guerres champion d’Europe d’aviron et sera, à deux reprises, sélectionné pour les Jeux olympiques.

On retrouve, en décembre 1905, Émile Lecuirot comme membre du bureau du Canoé Club, association dédiée au développement du tourisme nautique ; il rejoint également le Touring-club de France.

Pendant la première guerre mondiale, Émile Lecuirot est mobilisé en décembre 1914 en tant que garde des voies de chemins de fer, affecté à la gare de Sevran (Seine, act. Seine-Saint-Denis), mais il est démobilisé dès janvier 1915.

Après le conflit, Émile Lecuirot reprend ses activités de dirigeant sportif. Il est vice-président du Comité des régates internationales de Paris et de la Fédération des sociétés d'aviron de la région parisienne. À partir de 1924, il devient trésorier de l'Union des fédérations des sociétés françaises d'aviron et membre du Comité olympique français et du Comité national des sports.

À suivre

 

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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Charles Chaussée

Tout en poursuivant son mandat d’adjoint au maire, Charles Chaussée devient un polémiste virulent, s’en prenant préférentiellement aux communistes détenant une responsabilité locales, notamment les deux conseillers municipaux Robert Deloche et Paul Rouhaud, ainsi que le député Parsal. Il signe systématiquement ses tribunes en tant que « docteur vétérinaire, adjoint au maire de Joinville, officier de la Légion d’honneur. »

Deux organes de presse locaux accueillent les textes de Chaussée : l’Union régionale à partir de février 1937 et jusqu’en juillet 1939 (35 tribunes), et la Banlieue de Paris à compter d’octobre 1938 avec 7 tribunes de cette date à mars 1939. Il cite souvent, pour les attaquer, des articles de l’hebdomadaire communiste Le Réveil et parfois, pour appuyer ses dires, les journaux Gringoire (nationaliste) ou Je suis partout (extrême-droite, antisémite).

Le thème le plus fréquent est celui des « mensonges communistes » que Chaussée reprend, à dix reprises, dans les titres de ses textes. Autre antienne, l’appel à la démission des élus du PCF ; ainsi, douze articles, entre juin 1938 et août 1939 appellent au départ du député Parsal, souvent avec des textes totalement redondants. Chaussée s’en prend à l’activité politique de Deloche, à ses responsabilités en Afrique du Nord que lui a confiées le parti communiste ; il inclut aussi dans les rubriques locales des deux journaux des entrefilets, non signés, qui s’en prennent à la vie privée des élus communistes. À plusieurs reprises, il demande qu’on les arrête, comme en octobre 1937 ou en décembre 1938.

En juin 1937, Chaussée estime que Robert Deloche a été « promu pour son activité révolutionnaire au Maroc » et qu’il est un agent de « l’Armée rouge de France ». En octobre la même année, il qualifie le même Deloche « d’agent chargé par Staline de fomenter des révoltes en Algérie et au Maroc. En octobre 1938, il dénonce « ses menées révolutionnaires, antifrançaises et anticoloniales » et ses « paroles impudentes contre le maire de Joinville, le conseil municipal, l’armée et ses chefs en particulier en Afrique du Nord ». Il s’en prend en particulier au soutien qu’il aurait apporté, en Tunisie, au parti nationaliste d’Habib Bourguiba, le Néo-Destour.

Dans une tribune de novembre 1938, Chaussée estime que Deloche est un « triste sire au passé trouble » et « au présent suspect ». Faisant référence à un écrit du ministre de l’intérieur, Albert Sarraut (« Le communisme, voilà l’ennemi »), Ch. Chaussée lui intime : « Faites fonctionner votre commission de la hache, à l’exemple d’Hitler. »

Certains articles de Chaussée portent sur d’autres sujets. Ainsi, il défend la retraite en octobre 1937 en critiquant polémiquant « on donne des aides aux réfugiés espagnols pas aux vieux travailleurs ». Il traite de « Natalité et jeunesse » le même mois. Il salue « la victoire des nationaux » lors d’une élection sénatoriale partielle en avril 1938 à Paris.

En octobre 1938, Chaussée est de nouveau désigné comme électeur sénatorial sur la liste de droite. Il signe, en avril 1939, avec tous ses collègues du conseil municipal, y compris les deux communistes, un appel « Aux contribuables joinvillais » dénonçant l’inscription d’office au budget communal d’une garantie communale accordée à un organisme d’habitations à bon marché.

Après la signature du pacte germano-soviétique, Chaussée assure que « la présence d’individus qui sont à la fois des camarades d’Hitler et de Staline est intolérable » dans les assemblées françaises. Les deux élus communistes de Joinville sont déchus de leur mandat en février 1940, comme tous les membres du même parti qui n’ont pas fait connaître leur opposition audit pacte.

Par contre, l’activité des autres membres du conseil municipal – qui aurait dû cesser en mai 1941 – est prolongée. Lesestre reste maire en vertu d’un arrêté ; c’est Chaussée qui présente les « félicitations du conseil municipal » pour son investiture.

En février 1942, un arrêté préfectoral nomme les membres de l’assemblée ; Chaussée est maintenu dans son poste de premier adjoint, de même que Béal et Kirbühler, tandis que Caillon est remplacé par Bautsch. La majorité des élus de 1935 est maintenue.

La municipalité prend l’initiative, en octobre 1943, de créer un  comité d’entraide aux travailleurs en Allemagne et à leurs familles dont Chaussée est vice-président. Les 12 et 13 juillet 1944, alors que les forces alliées ont débarqué en France depuis cinq semaines, Chaussée est toujours un adjoint au maire actif, au côté de Lesestre et Béal, participant à ce titre à la distribution des prix dans les écoles.

Le rôle de Chaussée sous l’occupation fait qu’il est arrêté par le comité local de Libération le 20 août 1944 en même temps que Lesestre, Bautsch, Kirbühler et Béal. Ils sont transférés au camp de Drancy où ils restent six mois. A. Dély, secrétaire du comité d’épuration de Joinville-le-Pont, qui dépend du comité local de Libération, écrit le 13 mars 1945 une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, dans laquelle il conteste la fin de leur incarcération qu’il trouve « pour le moins prématurée. »

Charles Chaussée meurt le 10 avril 1967 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 86 ans et père de trois enfants. Il était titulaire de nombreuses décorations : Croix de guerre (1914-1918) avec trois étoiles de bronze, médaille du Maroc avec deux agrafes, médaille coloniale, officier du Nicham-Iftikar (Tunisie) et du Ouissam alaouite (Maroc), chevalier du Mérite agricole, chevalier de la Légion d’honneur depuis juillet 1915 et officier depuis mai 1935.

Fin

La Banlieue de Paris, journal auquel collaborait Chaussée avant-guerre

 

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 06:01

Suite de la biographie de Charles Chaussée

À son départ de l’armée active en 1925, Charles Chaussée s’installe en tant que vétérinaire, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), ville desservant deux hippodromes, ceux de Vincennes et du Tremblay. Il réside à proximité du Bois de Vincennes, rue Émile Moutier. En décembre 1927, il soutient une thèse de doctorat à l’École nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort, commune voisine de Joinville intitulée : Des injections intraveineuses d'alcool camphré chez le cheval. Disposant désormais du titre de docteur vétérinaire, il collabore régulièrement au Bulletin de l'Académie vétérinaire de France à partir de 1933.

En septembre 1934, Chaussée est sélectionné par le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville, structure fondée en 1912 qui rassemble les membres des formations libérales et conservatrices dans la commune de Joinville. Il figure sur la liste de concentration pour des élections municipales complémentaires, négociée entre le Comité et le parti radical-socialiste du maire en place, Georges Briolay (radical-socialiste). Elle comprend six candidats du comité et quatre radicaux-socialistes sous la houlette d’un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, coprésidé par Lesestre (conservateur) et Herluison radical). Le programme prévoit de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles ». Les candidats soulignent « être des hommes nouveaux, indépendants » tout en assurant ne « pas pouvoir faire de miracles en sept mois », durée de leur mandat avant les élections générales.

La liste du Comité de coordination fait face à trois concurrents : le parti communiste, le parti socialiste SFIO et une liste d’un Groupe indépendant, largement composé de commerçants et sur laquelle se retrouve également des radicaux-socialistes. La SFIO était alliée du maire en 1929 et quatre socialistes avaient été élus, dont un adjoint au maire, mais ils avaient rompu avec la SFIO ou démissionné de leur mandat depuis.

Les candidats du Comité de coordination arrivent en tête au premier tour avec 37,0% du vote populaire, devant le Groupe indépendant (25,5%), les communistes (17,8%) et la SFIO (17,6%). Chaussée arrive en deuxième position des 40 candidats avec 869 voix pour 2 295 suffrages exprimés (37,9%) sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, le Groupe indépendant et la SFIO s’étant retirés, le Comité de coordination remporte les dix sièges à pourvoir avec 59,5% des votes. Chaussée est élu avec 1 105 voix pour 1 903 suffrages exprimés (58,1%) sur 1 964 votants.

Le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville désigne en décembre 1934 Chaussée comme vice-président, à côté de Léon Lesestre président. Le comité se transforme en février 1935 en Union des républicains qui décrète l’incompatibilité entre les fonctions du bureau et du conseil municipal. René Kirbühler est nommé président et Chaussée quitte donc sa fonction. Il est par contre signataire du programme, adopté en mars, qui prévoit une » diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène. »

En avril, l’Union des républicains de Joinville décide de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour constituer une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’argument de cette rupture est le souvenir « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et [francs]-maçons. »

La liste de l’Union des républicains se présente aux élections municipales de mai 1935 comme constituée « d’hommes d’ordre et d’action », « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Elle a pour compétiteurs le groupement des gauches républicaines du maire sortant, Briolay (radicaux-socialistes et socialistes indépendants), une liste communiste derrière Robert Deloche et une liste incomplète de la SFIO, conduite par Robert Derivière.

Le premier tour voit l’Union des républicains arriver en tête, avec 32,6% des votes, devant les radicaux (26,8%), les communistes (23,5%) et les socialistes (12,3%). Chaussée obtient 950 voix pour 2 856 suffrages exprimés (33,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Après le regroupement des deux listes de gauche, l’Union des républicains l’emporte d’une courte tête au second tour avec 41% et 25 élus contre 39% aux communistes et socialistes (2 élus) et 20% (pas d’élu). Chaussée est reconduit avec 1 158 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,9%) sur 2 924 votants.

Lors de l’élection de la municipalité, Léon Lesestre est désigné comme maire, tandis que Chaussée est premier adjoint, avec à ses côtés Caillon, Béal et Kirbühler. Dans l’hebdomadaire Gazette de l’Est, Claude Noizat, membre du parti social-national (extrême-droite) se félicite du résultat : « Enfin, nous avons des hommes au conseil municipal. »

Les attributions de Chaussée portent sur la voirie, le chômage et les œuvres sociales. C’est lui ainsi qui reçoit en juin, avec le maire, une délégation de 16 membres de commission exécutive la du comité des chômeurs qi vient réclamer l’adjonction de deux chômeurs à la commission paritaire qi gère leurs indemnités, demande le prêt d’une salle municipale pour leur comité, réclame augmentation d’un franc par jour de l’allocation de chef de famille, ainsi que l’attribution de bons de charbon, de vivres, de bains-douches ou de coiffeur. Elle demande aussi une assistance médicale, avec médicaments et spéciallités gratuits. Le comité regroupe 108 sans-emploi.

En octobre 1935, Chaussée est désigné comme électeur sénatorial sur une liste de droite.

À suivre

Decrombecque, Chaussée, Lorry et Hainsselin à Joinville, 1936

 

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 06:01

Début de la biographie de Charles Chaussée

Charles Albert Vincent Chaussée naît le 19 décembre 1880 au Mans (Sarthe). Il est le fils de Louise Blot et de son mari Augustin Louis Chaussée, fabricant de fromage, installés rue des Maillets.

En 1895, la famille vit à Angers (Maine-et-Loire) où il est élève au lycée David d’Angers. Il obtient plusieurs prix, notamment en gymnastique et, en octobre 1898, il intègre l’école vétérinaire de Toulouse (Haute-Garonne). Il en ressort diplômé en 1902 et, ayant signé un engagement volontaire dans l’armée en novembre 1899, il entre comme aide vétérinaire stagiaire (aspirant) à l’école d’application de cavalerie de Saumur (Maine-et-Loire). À sa sortie de l’école, en août 1903, il devient aide-vétérinaire (sous-lieutenant) et est affecté au 10e régiment d’artillerie.

Transféré au 12e régiment de hussards en mai 1905, il y est nommé vétérinaire en second en septembre la même année (lieutenant). Il est détaché aux batteries montées de la division d’Oran (Algérie). Il participe à la vie mondaine locale, notamment à un banquet des originaires du Maine et de l’Anjou en décembre 1906 à Oran.

Propriétaires de chevaux, ’il les engage dans des courses à Oran, en les montant lui-même : Sourire-d’Avril (1907), Ajaccio (1909), Onagre (1910). Membre de la Société hippique d’Oran, il en devient le vétérinaire en janvier 1908.

En janvier 1908, Charles Chaussée part, avec son unité, au Maroc, où la France a obtenu lors de la conférence d’Algesiras en 1906 des « droits spéciaux » et s’est installée à Casablanca, avant de mettre en place le protectorat en 1912. Le territoire, soumis à des luttes internes, est considéré comme étant en guerre par l’armée française. Chaussée est en charge du service de l’artillerie et du train des postes d’Oudja, Aïn-Sfa et Taforalt.

Affecté au 3e régiment de spahis en avril 1910, Charles Chaussée retourne en Algérie en septembre la même année et  est détaché à la place de Constantine. Il est ensuite stationné à Biskra et rentre brièvement en France métropolitaine pour épouser, en octobre 1910 à Poitiers (Vienne), Louise Euphémie Désirée Aimée Moguet, fille d’un instituteur d’Haspres (Nord).

De nouveau envoyé au Maroc en mai 1911, il voyage avec son unité sous les ordres du capitaine Freyssunge à bord du paquebot à vapeur Aquitaine Il, de la Compagnie des Transports Maritimes. Il transporte d'Oran à destination de Casablanca 4 officiers, 16 sous-officiers, 221 hommes de troupe, 177 convoyeurs indigènes et 436 chevaux et mulets.

Séjournant à Rabat, Charles Chaussée, passé en janvier 1914 au 1er régiment de chasseurs d’Afrique, est nommé en mars vétérinaire major (capitaine). Malade, il rentre en France en mai puis renonce à son congé dès l’entrée en guerre en août 1914.

Au cours de la première guerre mondiale, nommé au 111e régiment d'artillerie lourde, Charles Chaussée fait l’objet de trois citations pour son activité où il est qualifié comme ayant « fait preuve dans l'exercice de ses fonctions d'un zèle et d'une activité inlassables ». Le 5 octobre 1915, il a soigné sous le feu 27 chevaux blessés par les obus. Le 28 août 1916, a fait preuve de la même conscience professionnelle pendant un bombardement d'avions qui jetait bas 66 chevaux. Il devient en 1918 vétérinaire divisionnaire de la 151e division et est remarqué en mai-juin 1918 à Soissons, puis en Champagne et sur l'Aisne en octobre-novembre. Il est félicité pour avoir « su conserver, dans de bonnes conditions, une cavalerie soumise à une très dure épreuve. »

Un nouveau pansement métallique pour les chevaux est préconisé par Chaussée, qui en précise l’emploi dans une publication de la Revue générale de médecine vétérinaire en mai 1917.

Après le conflit, Charles Chaussée est officier au sein du 61e puis du 22e régiment d’artillerie et en octobre 1920 dans le 5e groupe d’artillerie à cheval. Il rejoint pour un mois en mai 1921 l’armée française d’occupation des pays rhénans, en Allemagne. Resté en activité, il obtient en juillet 1921 une pension d’invalidité chiffrée à 10% pour emphysème pulmonaire, qui sera portée à 25% en mai 1925, même si son état général est qualifié de « très bon ». Alors en congé en demi-solde, il prend sa retraite de l’armée en février 1925

Maintenu dans la réserve militaire, Charles Chaussée assure en 1932 et 1933 le classement des chevaux de la région parisienne. Il est promu en juin cette même année vétérinaire major de 1e classe (commandant).

À suivre

Le pansement métallique pour chevaux Chaussée

 

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 00:01

Edmond Carlos Désiré Eeckhout nait le 28 mars 1883 à Paris (11e arr.) Il est le fils d’Henriette Désirée Marie Bonduelle et de son mari Carlos Joseph Eeckhout, mécanicien, qui vivent cour Truillot.

Faisant son service militaire au 3e régiment de génie, à partir de novembre 1904, Edmond Eeckhout devient caporal en mai 1905 puis sergent en novembre 1905. Il retourne à la vie civile en février 1907.

Devenu directeur d’un établissement horticole à Vitry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), Edmond Eeckhout épouse dans cette ville Louise Eugénie Goix, comptable.

Au cours de la première guerre mondiale, Edmond Eeckhout est mobilisé en août 1914 au 1er puis au 10e régiment de génie. Pour son comportement en avril 1915, il est cité à l’ordre de l’armée : « ayant reçu l'ordre d'effectuer le débourrage d'un fourneau allemand, a conduit ce travail périlleux avec énergie et sang-froid, a réussi dans sa mission malgré l'explosion d'un camouflet ennemi qui a tué un sapeur et l'a projeté lui-même à terre : s'est aussitôt porte au secours du sapeur dans une atmosphère rendue irrespirable par les gaz délétères. »

Il devient adjudant en août 1915 puis est nommé sous-lieutenant en août la même année et affecté au 4e régiment de génie. Il rejoint l’état-major de la 77e division d’infanterie en décembre 1916 puis est nommé lieutenant en juillet 1917. Eeckhout est de nouveau cité à l’ordre de l’armée en novembre 1918 : « Officier ayant fait preuve en toutes circonstances des plus belles qualités militaires, bravoure, activité, dévouement. A toujours accompli avec succès les missions qui lui étaient confiées. A notamment en octobre 1918, au cours de l’offensive des Flandres, exécuté des reconnaissances délicates, sous de violents bombardements ». Il est démobilisé en mars 1919. Dans la réserve, il devient capitaine en décembre 1925.

Après la guerre, la famille Eeckhout vit d’abord au Mans (Sarthe), route de Paris, où il est horticulteur. Puis ils reviennent en région parisienne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où Edmond Eeckhout ouvre en 1933 une graineterie avenue Galliéni, dans le quartier de Palissy.

Suite à la deuxième guerre mondiale, il s’implique dans la vie politique de sa commune. Il est candidat, en novembre 1947, sur la liste soutenue par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) pour les élections municipales. Conduite par Pierre Perly, elle arrive en tête avec 44% des voix mais avec 13 sièges, elle est à égalité de l’Union républicaine et résistante du maire sortant, Robert Deloche (43,3%) ; c’est le choix du seul élu socialiste SFIO qui permet à ce dernier d’être reconduit.

À la fin du mandat, les deux camps se divisent : une scission se produit au sein de la droite, Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines ou RGR, centre-droit) et Perly faisant défection. Eeckhout reste fidèle au RPF dont Pierre Calmon devient le chef de file. À gauche, le parti communiste exclut Deloche ; faute d’entente à droite, c’est cependant une communiste, Amélie Trayaud, qui est élue maire pour deux mois en mars 1953.

Lors des élections municipales d’avril 1953, Eeckhout figure sur la liste RPF, qui arrive en troisième position, devancée par les communistes et les dissidents de droite. Elle obtient six élus, dont Edmond Eeckhout qui a 1 391 voix pour 6 748 suffrages exprimés (20,6%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits.

Avec les autres élus gaullistes et la section de Joinville du RPF, Eeckhout demande la révision du procès de l’Affaire Rosenberg, du nom des espions condamnés à mort aux États-Unis. Le conseil municipal vote, à l’unanimité, un vœu en ce sens. Un comité est créé avec les communistes, certains MRP et le clergé d’une des paroisses. Une manifestation, où l’on retrouve le curé et ses trois vicaires, se tient en juin 1953 sur le pont de Joinville avec 200 participants.

Sans doute malade, Eeckhout se fait excuser aux séances du conseil municipal à partir de fin juillet 1956.

Edmond Carlos Désiré Eeckhout meurt le 31 juillet 1957 à Joinville, en cours de mandat. Il était âgé de 74 ans. Décoré de la Croix de guerre avec palmes, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1930 et chevalier du Mérite agricole depuis janvier 1931.

Edmond Eeckhout, sergent en 1915 (L'Illustration)

 

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2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 00:01

Albert Léon Joseph Gaulin naît le 11 mars 1889 à Reclesne, Saône-et-Loire, commune rurale du Morvan Autunois. Il est le fils d’Anne Marie Léontine Besancenet et de son mari, Louis Eugène Gaulin, instituteur public.

En juillet 1900, Albert Gaulin participe au concours général entre les meilleurs élèves des écoles primaires du département. Il obtient la note de 30 sur 40, le maximum attribué étant de 35. Il obtient le brevet élémentaire en juin 1906 et le certificat d’études primaires supérieures en juillet la même année. Il fréquente la section agricole de l’école supérieure de Nolay (Côte-d’Or). En mai 1907, alors qu’il est interne dans cette commune, un journal non identifié de Paris annonce qu’il a été renversé par une automobile, lui fracturant les deux jambes. Ses parents se rendent, en train, immédiatement sur place et constatent que leur enfant est en parfaite santé. Plusieurs journaux bourguignons relatent l’incident, qualifié de « stupide plaisanterie. »

À la sortie de son cursus scolaire, Albert Gaulin est embauché dans l’administration des Postes, télégraphes et téléphones (PTT). Il est agent surnuméraire en 1908 à Colombes puis commis en 1912 à Paris. Il épouse à Paris (12e arr.), où il vit rue Condorcet, Jeanne Janet (dite Geneviève), fille d’un marchand de vin.

Reconnu tuberculeux, il est exempté de service militaire. Au cours de la première guerre mondiale, son état est requalifié et, en avril 1915, il est reconnu bon pour le service armé mais reste affecté à l’administration télégraphes. En septembre 1915, il rejoint le 3e régiment de génie puis le 8e en octobre. Son attitude lui vaut une citation à l’ordre du 33e corps d’armée : « Par son activité, par son habileté professionnelle soutenue par un remarquable sang-froid et un réel mépris du danger, a rendu dans l’exploitation d’un poste important de très grands services. A eu une conduite exemplaire sous le feu de l’ennemi ». Il est nommé caporal en septembre 1918 et démobilisé en juillet 1919. Sa tuberculose pulmonaire lui vaut d’être réformé après-guerre et pensionné à 25%.

La famille Gaulin vit dans le 20e arrondissement, boulevard de Charonne puis dans le 12e, quartier de Picpus, avenue Daumesnil.

Parallèlement à son métier, Albert Gaulin assume des responsabilités dans des organismes sociaux. Il est ainsi d’abord percepteur puis administrateur la société de secours mutuels l’Orphelinat national des PTT à Paris. Il est également collecteur d’une autre mutuelle, l’Association amicale des PTT.

Devenu receveur, Albert Gaulin vit après la deuxième guerre mondiale à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’engage dans l’action politique en mai 1953 au côté de Georges Defert, conseiller municipal sortant, membre du Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit). Defert avait été élu, en 1947, sur une liste du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) mais avait fait dissidence lors du remplacement du maire communiste Robert Deloche en mars 1953. Il avait refusé de soutenir le responsable gaulliste Pierre Calmon et défendait la candidature de Pierre Perly, ex-RPF et tête de liste en 1947. La communiste Amélie Trayaud avait été élue, alors que les deux candidats de droite cumulaient 13 voix contre 12 pour la nouvelle maire.

Le scrutin se tient dans une ambiance tendue, tant entre les concurrents de droite qu’à gauche, où l’exclusion de l’ancien maire réduit l’influence des communistes issus de la résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale.

Conduite officiellement par Perly, la liste fait jeu égal avec celle de Calmon en nombre de sièges (six chacun), mais la devance par le score (22,1% contre 19,8%), si les communistes arrivent premiers (35,6%, 10 sièges) et ont le soutien des socialistes SFIO (12,3%, 3 élus), ce sont les deux représentants du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien, 9,2%) qui donnent la majorité à la droite et font élire Georges Defert en tant que maire. Albert Gaulin, qui avait l’étiquette d’indépendant (divers-droite), avait obtenu 1 564 voix pour 6 748 suffrages exprimés (23,2%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Dans la nouvelle municipalité, il est désigné comme deuxième adjoint par 13 voix sur 25 votants, siégeant avec Pierre Calmon, RPF, premier adjoint, et Georges Moutenot, MRP, troisième adjoint.

En juin 1956, Gaulin participe, avec 34 autres élus de communes sidérurgiques à une visite au siège de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA, ancêtre de l’Union européenne) à Luxembourg. L’activité métallurgique avait été significative à Joinville, avec l’usine Bi-Métal.

Lors des élections municipales de mars 1959, pour lesquelles la représentation proportionnelle est abolie, la liste Defert est en tête au premier tour avec 41,2% des suffrages exprimés, devant les communistes de Bideaux (32,2%) et l’union UNR (gaullistes), MRP, SFIO (23,5%). Au second tour, avec 52,4%, elle emporte les 27 sièges à pourvoir. Albert Gaulin est nommé premier adjoint, les autres adjoints de Defert étant Léon Belhomme, Jean-Pierre Garchery, Pierre Perly, Georges Derou et Pierre Lambert.

Au cours d’une exposition philatélique à la mairie de Joinville en avril 1961, c’est Gaulin qui fait une communication sur l’émission d'un timbre-poste à l’effigie du résistant Lionel Dubray (1923-1944) et préside à l’apposition d'une plaque à son lieu de naissance, avenue Foch à Joinville.

Candidat aux élections législatives de novembre 1962 en tant que suppléant du député sortant indépendant Philippe Vayron (divers-droite), Albert Gaulin est battu avec ce dernier par le gaulliste Pierre Billotte dans la cinquième circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Seine).

Par contre, il est réélu lors des élections municipales de mars 1965 dans une configuration comparable à 1959, la liste des sortants recueillant 43,6% des suffrages exprimés au premier tour, face aux communistes (29,9%) et à l’alliance des gaullistes, centristes et socialistes (26,6%). Après le retrait de ces derniers, elle emporte tous les sièges au second tour avec 60,4% des voix. Albert Gaulin est reconduit comme premier adjoint, le seul changement dans l’exécutif local étant le remplacement de Pierre Lambert par Raymond Aubry.

Il ne sollicite par le renouvellement de son mandat en mars 1971, le scrutin voyant la réélection de Georges Defert dès le premier tour. Il avait siégé comme adjoint au maire de Joinville pendant 18 ans.

Albert Gaulin meurt le 25 septembre 1971 à Créteil, où il était probablement hospitalisé. Il était âgé de 82 ans et père de deux filles. Il avait obtenu de nombreuses médailles : celles de la mutualité (bronze, argent puis or en mars 1925, janvier 1927 puis avril 1935) pour son action dans les mutuelles des PTT ; les Palmes académiques comme officier d’académie en juillet 1931 puis officier de l’instruction publique en juillet 1938, la Croix de guerre (1914-1918). Enfin, il a été fait chevalier de la Légion d’honneur au titre de la mutualité en septembre 1949.

Poste de Joinville, rue de Paris

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 00:01

Maurice Albert Wach naît le 13 avril 1883 à Paris (10e arr.) Il est le fils de Jeanne Journiac, femme de chambre, et de son mari Joseph Wach, tonnelier. Ils résident rue du Faubourg-Poissonnière.

Alors représentant de commerce pour l’industrie, vivant rue Mazagran à Paris (10e arr.) au moment de faire son service militaire, Maurice Wach s’engage pour trois ans d’an l’armée. Il est affecté au 132e régiment d’infanterie. Il devient caporal en octobre 1903 puis sergent en novembre 1904. Il retourne à la vie civile en mars 1906.

Le mariage de Maurice Wach avec Juliette Léonce Doit, comptable, a lieu en avril 1911 à Paris (10e arr.). Ils élisent domicile rue Albouy. Maurice Wach pratique l’aviron sur la Marne, au sein de la Société nautique En Douce, basée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Fondée en 1885, l’association a une vocation tournée vers le tourisme en rivière, contrairement aux autres clubs locaux aux objectifs plus sportifs, comme la Société nautique de la Marne, avec laquelle elle fusionnera beaucoup plus tard. Maurice Wach devient président d’En Douce en 1912 pour un mandat d’un an, faisant suite à Joë Netter. Il assurera la même fonction à plusieurs reprises ultérieurement, devenant, selon l’historien Michel Riousset, « le président qui a le plus marqué de son empreinte l'En Douce. »

Au début de la première guerre mondiale, en août 1914, Maurice Wach est rappelé et sert dans le régiment d’infanterie de Chaumont. Il est promu, en novembre 1914, lieutenant puis en mai 1916 lieutenant.

Il est blessé à deux reprises, en mars à Cambrai (Nord) quand une balle lui perfore l’annulaire gauche, puis, plus grièvement, en septembre la même année à Souchez (Pas-de-Calais), au cours de la deuxième bataille de l’Artois, quand une autre balle lui provoque une plaie à l’omoplate gauche. Il est cité à l’ordre du 33e corps d’armée en mars 1916 pour sa bravoure et le fait d’avoir rejoint le front avant sa complète guérison. Il sera de nouveau cité à l’ordre du bataillon en février 1919 pour avoir « rempli avec tact les délicates fonctions d’officier adjoint ».

Démobilisé en mars 1919, Maurice Wach reste rue Albouy et redevient, pour deux ans, président du club d’aviron En Douce. Il est en 1923 à Strasbourg où il est domicilié rue de Molsheim.

À partir de 1928, il s’installe quai de la Marne, à Joinville-le-Pont, à proximité du garage à bateaux d’En Douce.

Après la deuxième guerre mondiale, Maurice Wach est candidat lors des élections municipales de Joinville en novembre 1947 sur la liste soutenue par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), conduite par Pierre Perly. Elle arrive en tête avec 44% des suffrages exprimés, devant l’Union républicaine et résistante (communistes et divers gauche, 43,3%) mais les deux listes ont le même nombre de sièges. La liste socialiste SFIO, avec 6,4%, obtient le dernier siège et assure la réélection du maire communiste Robert Deloche. Wach siège comme conseiller municipal dans l’opposition.

On retrouve Maurice Wach comme correspondant régulier de l’hebdomadaire libéral Nouvelle Union régionale en 1951. Ainsi, en avril, il écrit sur « La grande hargne des kokos » (au sujet du PCF) puis en mai estime que c’est une « Juste conclusion » quand le député communiste Yves Péron se fait traiter de crétin à l’Assemblée nationale. En novembre, il annonce la cérémonie à la mémoire du général Leclerc, organisé par la section RPF en l’église Saint-Charles de Joinville. En décembre, il s’étonne de la proposition du maire, Deloche, de fusionner l’office municipal d’habitations à bon marché avec celui de la ville voisine de Champigny, également à direction communiste.

En matière sportive, Maurice Wach reprend en 1952 sa fonction de président d’En Douce, cette fois-ci pour douze ans. Veuf depuis cinq ans, il se remarie en février 1952 à Joinville avec Marguerite Marie Dassy.

En février 1953, après l’exclusion du parti communiste du maire Robert Deloche, celui-ci démissionne de sa fonction. Les élus de droite se divisent au sein du conseil municipal et c’est la doyenne de l’assemblée, également communiste, Amélie Trayaud, qui est élue pour les deux mois de mandat restants.

Lors des élections municipales de mai 1953, Wach reste fidèle à la liste RPF, désormais conduite par Pierre Calmon tandis que la moitié des sortants conservateurs ont rejoint Georges Defert (RGR). Les deux listes obtiennent chacune six sièges, derrière les dix élus de la liste d'Union républicaine et résistante (PCF et divers gauche). La SFIO a trois élus, les démocrates-chrétiens du MRP en ont deux. Defert devient maire, avec le soutien de ses colistiers, de ceux du RPF et du MRP.

Au premier tour, Wach a recueilli 1 366 voix pour 6 748 suffrages exprimés (20,2%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Il est réélu. Il se solidarise, en juillet 1953, avec une motion de protestation de la section RPF de Joinville contre la condamnation des époux Rosenberg aux États-Unis.

Son mandat prend fin en mars 1959. Lors des élections municipales, le scrutin majoritaire a été réintroduit et la liste RPF de Calmon, qui a fait alliance avec le MRP et la SFIO, est devancée au premier tour par celle de Defert et n’a aucun élu au second tour.

Maurice Albert Wach meurt le 28 avril 1970 à Joinville, à l’âge de 87 ans. Lors de son enterrement, « le drapeau bleu et rouge de la société [En Douce] recouvrait son cercueil, dans la plus grande tradition de la marine » raconte Michel Riousset. Il était décoré de la Croix de guerre (1914-1918) et chevalier de la Légion d’honneur depuis février 1921.

Les locaux du club En Douce, coll. Carré des Canotiers

 

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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 00:01

Louis Villiers-Moriamé naît le 5 septembre 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Élisa Gabrielle Moriamé et de son époux Pierre Charles Joseph Villiers-Moriamé, de vaisseau, détaché à l’école normale militaire de gymnastique de Joinville, établie dans le Bois de Vincennes. Ils vivent dans le quartier du Centre, rue de Paris.

Ayant repris ses fonctions maritimes, Pierre Villiers-Moriamé, qui est chevalier de la Légion d’honneur, est basé à Cherbourg (Manche). En mars 1889, il emmène une escadre de quatre torpilleurs au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime), commandant lui-même le torpilleur 110. Sur le trajet retour, son bateau disparaît corps et biens, avec quatorze membres de l’équipage. Le type de vaisseau était réputé pour son manque de stabilité, un accident comparable s’étant produit deux ans auparavant sur un autre torpilleur à Toulon. Le bateau venait de subir une importante réparation, avec le changement de sa chaudière. Sa veuve se voit attribuer un bureau de tabac à Paris ; elle est mère de six enfants, dont Louis est l’aîné. Les quatre garçons seront militaires.

Probablement dispensé de service militaire, en tant que fils aîné d’une veuve, Louis Villiers-Moriamé s’engage cependant en octobre 1895 pour trois ans et est affecté au 2e régiment d’artillerie de marine (RAM). Il est nommé brigadier en octobre 1896 puis maréchal des logis en mars 1898. Après avoir servi à partir d’avril 1900 dans le 1er RAM, il rejoint, comme élève officier, l’école militaire de l’artillerie et du génie en avril 1901. Il en sort sous-lieutenant en mars 1902 et commence une carrière dans les troupes d’outre-mer en rejoignant le 2e régiment d’artillerie coloniale. Il séjourne principalement à Dakar (Sénégal), mais aussi en Guinée et en Côte-d’Ivoire, ne faisant que de brefs retour en France par exemple en octobre 1910 où il est inspecteur d’armes à la manufacture de Saint-Étienne (Loire). Nommé lieutenant en avril 1904, il accède au grade de capitaine en juin 1911.

En août 1908, Louis Villiers-Moriamé s’est marié à Vauville (Manche) avec Anne Henry Receveur. Son épouse vit principalement à Cherbourg (Manche) où naissent sept de leurs huit enfants.

Le capitaine Villiers-Moriamé commence la première guerre mondiale dans les troupes coloniales, au 2e puis au 3e RAM, avant d’être affecté en avril 1917 au 269e régiment d’artillerie où il est blessé en juillet 1917 par éclat d’obus. Il est cité alors à l’ordre de la division : « Officier d’une superbe bravoure. Le 24/06/1917, sa batterie étant soumise à un intense bombardement de gros calibre et des hommes ayant été ensevelis dans une sape, a dirigé les travaux de déblaiement sous un feu violent, montrant un absolu mépris du danger, maintenant le calme et la discipline par son bel exemple. Blessé le 01/07/1917 à son poste de commandement, a conservé son commandement, évacué sur ordre. Il est de nouveau cité, à l’ordre du régiment, en novembre 1917 « Officier plein d’entrain et de sang-froid, pendant tout la durée des opérations du 28 octobre au 05 novembre, s’est fait remarquer par sa vigilance et par la précision de son tir. »

Après avoir été affecté en février 1918 au 101e régiment d’artillerie lourde (RAL) puis au 331e, il devient chef d’escadron en juillet la même année et est nommé en août au 330e RAL. Après la fin du conflit, Villiers-Moriamé a en charge le service automobile du 3e RAC à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il prend sa retraite de l’armée fin 1925 et réside dans la Manche.

En 1937-1938, le président de la section de Cherbourg du Parti social français s’appelle Villiers-Moriamé, mais il est peu probable que ce soit Louis, son statut d’ancien militaire n’étant pas mentionné. Présidé par le colonel de la Rocque, le PSF est un mouvement d’extrême-droite ; cependant, pendant l’occupation allemande, plusieurs de ses dirigeants, dont son président, s’engagent dans la Résistance.

Pendant la deuxième guerre mondiale, la famille de Louis Villiers-Moriamé doit, sur ordre des autorités allemandes qui occupent le port, quitter Cherbourg. Elle s’installe dans le sud du département de la Manche, à Agneaux. Louis Villiers-Moriamé, comme ses trois fils en vie, s’engage dans la résistance à l’occupation allemande.

Sous le pseudonyme de Delarue, Louis Villiers-Moriamé, rejoint le réseau Centurie, service de renseignement français, créé en 1940 par le colonel Rémy. Il prend la direction des groupes d'action du sud du département. Fin 1943, une réunion importante se tient à son domicile afin de coordonner les groupes Action de Centurie avec ceux du réseau Brutus. C'est une étape vers la constitution des Forces françaises de l'intérieur (FFI) dans le département.

Avec ses groupes, Louis Villiers-Moriamé coordonne au premier semestre 1944, des sabotages et attaques contre l’armée allemande, en prévision du débarquement allié. Le 28 juillet 1944, Villiers-Moriamé se rend à Neuilly-la-Forêt (Calvados, act. Isigny-sur-Mer) au siège du Service de renseignements de l'armée américaine où il est interrogé sur l'activité et l'importance des troupes allemandes en retraite.

Louis Villiers-Moriamé meurt le 28 février 1960 à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il était âgé de 82 ans.

Fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1917, Louis Villiers-Moriamé devient officier de cet ordre en 1930. Il était décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et étoile de bronze et avait reçu des médailles pour ses services coloniaux de Guinée (1904) et de l’Afrique occidentale française (1905). En octobre 1945, la médaille de la Résistance française lui avait été décernée.

Louis Villiers-Moriamé (arch. fam.)

 

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