Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 00:01

Pierre Auguste Victor Marie Brasseul naît le 27 juillet 1909 à Degré (Sarthe). Il est le fils de Céline Laloue et de son mari, Pierre Auguste Brasseul, instituteur. Dans la ligne paternelle, son grand-père et son arrière-grand-père se prénommaient également Pierre.

Admis en 1927 à l'école normale supérieure de Saint-Cloud (Seine, act. Hauts-de-Seine), il en sort classé deuxième comme professeur de langue et littérature françaises en juillet 1931. Il participe, avec 70 autres étudiants de l’ENS, à une pétition contre les menées des mouvements d’extrême-droite en France en mars 1931. Brasseul reçoit deux bourses, de l’ENS Saint-Cloud et du Conseil général de la Sarthe pour un séjour en Angleterre au cours de l'année scolaire 1931-1932 où il est inscrit à l'Université de Londres.

Il est d’abord affecté en 1932 dans un collège du Nord puis est détaché comme professeur à l'École supérieure de commerce de Rouen (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime) de 1933 à 1938.

Selon les historiens Alain Dalançon et Jacques Girault, Pierre Brasseul adhéré au Parti communiste français en 1935 et devient en 1937 membre du comité de la région communiste de Seine-Inférieure.

À Rouen, il est secrétaire de l’association des Amis de Commune ; il participe à la vie de la section de Ciné-liberté et est un des fondateurs d’une Maison de la Culture. En août 1937, Pierre Brasseul épouse à Paris (13e arr.) Jacqueline Alexandrine Augustine Letellier, également professeure.

Muté en 1938 à l'Institut Diderot de Lille (Nord), Brasseul assure dans cette ville le secrétariat de la Maison de la Culture. En 1943, Brasseul devient enseignant au collège de Lamballe (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor), puis, en 1944 à celui de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont et devient professeur au collège Lavoisier à Paris (5e arr.).

Militant dans le syndicat des professeurs des écoles primaires supérieures (SNEPS) en 1938, Pierre Brasseul rejoint à Paris le Syndicat national des collèges modernes qui a pris sa succession. Élu à la commission administrative, il s’oppose à la volonté d’autonomie de la majorité syndicale et plaide en faveur du maintien du lien avec la Confédération générale du travail (CGT). Il devient en 1949 secrétaire de la Fédération de l'éducation nationale (FEN-CGT), membre de la commission administrative du Syndicat national de l'enseignement secondaire (SNES) et milite également à la Fédération internationale des syndicats des enseignants. Il se charge notamment relations avec les enseignants des pays anglophones.

Il exerce également des mandats liés à son engagement syndical, comme celui de secrétaire de la Commission laïque permanente jusqu'en 1951 et contribue à l'organisation de comités pour la défense de la paix. Il intervient au cours de rencontres internationales d’enseignants à Varsovie (Pologne, juillet 1949) et Vienne (Autriche, juillet 1950) où il discourt sur « La coopération des enseignants et la classe ouvrière dans la lutte pour la paix et la démocratie ». Lors d'un voyage en URSS avec une délégation d'enseignants français, en octobre 1950, Brasseul rapporta qu’il avait constaté « les progrès de l'Union soviétique dans tous les domaines », mais Dalançon et Girault citent un rapport du service international du Soviet central des syndicats de travailleurs, selon lequel il s'intéressa beaucoup trop « à l'environnement », apparaissant comme « un intellectuel raffiné ».

Dans plusieurs articles en 1949 et 1950, Pierre Brasseul critique la situation faite aux syndicalistes enseignants aux États-Unis. Il présente un rapport sur « les enseignants et la lutte pour la paix » au congrès de la FEN-CGT à Montreuil en juillet 1950. Il insiste sur l’aspect nouveau que prend, selon lui, la lutte pour la paix à la suite de la campagne pour la signature de l’appel de Stockholm et de l’intervention américaine en Corée. Il insiste également sur « le rôle des agents titistes qui portent aujourd’hui leurs efforts sur le corps enseignant pour jeter le trouble et la défection dans ses rangs et sur la nécessité de démasquer le caractère de la soi-disant autonomie des dirigeants syndicaux sécessionnistes dans la lutte pour la paix qui se placent de plus en plus ouvertement sur les positions de l’impérialisme américain ». Il fait ainsi allusion aux partisans d’un communisme non stalinien, comprenant notamment les trotskistes et des dissidents. Les délégués au congrès, selon le compte-rendu qu’en donne le quotidien communiste L’Humanité, « ont stigmatisé l’attitude des agents titistes fauteurs de guerre qui essayent par la corruption et l’organisation de voyages en Yougoslavie de séparer les enseignants de la classe ouvrière et d’en faire les ennemis de celle-ci. »

Lors des élections municipales de mai 1953, Pierre Brasseul est candidat sur la liste d’Union républicaine et résistante, présentée par le parti communiste et comprenant des personnalités divers-gauche. La liste arrive en tête et obtient 10 sièges, devant deux listes de droite RGR (divers droite, 6 sièges) et RPF (gaulliste, 6 sièges également), la liste socialiste SFIO alliée aux radicaux-socialistes (3 sièges) et la liste MRP (démocrates-chrétiens, 2 sièges). Les suffrages du RGR, du RPF et du MRP permettent à Georges Defert (RGR) d’être élu maire. Brasseul n’est pas élu. Il est cependant proclamé conseiller municipal le 18 novembre 1958, suite au départ de sa fonction d’un conseiller communiste ; il démissionne rapidement, devant quitter la commune fin décembre et est remplacé au sein de l’assemblée communale par René Lehuic, tourneur sur métaux, proclamé conseiller municipal communiste le 9 janvier 1959. Son mandat prit fin avec les élections municipales générales de mars la même année.

À partir de 1951, Brasseul a cessé son activité syndicale. Il prend par contre des responsabilités dans la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN). Une fois à la retraite, il devient responsable du club des retraités de la MGEN. À ce titre, il publie dans le quotidien Le Monde en octobre 1984 une tribune en faveur du développement des universités du troisième âge, dont il devient un spécialiste. Il préface le livre de Philippe Carre, Retraite et formation (ERES, Toulouse, 1981).

Au moment de sa création en 1981, Brasseul est vice-président de l'Union française des universités du troisième âge (UFUTA), association présidée par le professeur René Frentz (Nancy). Elle a depuis été rebaptisée Union française des universités tous âges.

Pierre Brasseul meurt le 5 septembre 1988 à Paris (10e arr.). Il était âgé de 79 ans et avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en juillet 1947.

Joinville-le-Pont, années 1960

 

Partager cet article
Repost0
24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 00:01

Eugène Hindermeyer naît le 8 février 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Caroline Louise Moitié, blanchisseuse, et de son mari, Eugène Hindermeyer. Installée rue du Four, à la limite de Joinville-le-Pont, la famille Hindermeyer se partage entre ces deux communes. Son grand-père était ébéniste, métier qu’exerça d’abord son père avant de devenir scieur à la mécanique.

Par sa grand-mère paternelle, Eugène Hindermeyer est issu de la famille Destouches, des marchands de vin qui siégèrent au conseil municipal de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur puis Joinville-le-Pont (nouveau nom du village en 1831) entre 1790 et 1843. La première femme de son père, Françoise Éléonore Rousseau, descendait également de cultivateurs, élus de la même commune entre 1818 et 1843.

Devenu plombier, Eugène Hindermeyer épouse en juillet 1890 à Saint-Maur Louise Charlotte Grand. Ils s’installent à Paris, d’abord dans le 11e arrondissement, rue Rochebrune, puis dans le 3e, rue Michel-le-Comte et rue de Turbigo. Elle meurt en mars 1911.

Après la première guerre mondiale, Eugène Hindermeyer s’installe à Joinville, rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz). Il cohabite avec sa cousine, Virginie Hindermeyer.

Ayant alors pris sa retraite, il est candidat en mai 1925 sur la liste Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par le maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident), qui a le soutien des formations de droite et fait face à une liste de groupement des gauches (radical-socialiste, socialiste SFIO et socialiste indépendant) et à une liste communiste. Son programme veut que les lois de laïcité soient appliquées « sans rigueur et sans sectarisme », il défend le maintien de l’octroi, et prône des économies dans les dépenses budgétaires. Au premier tour, la liste de droite était en tête avec 47,5% des suffrages exprimés, devant le cartel des gauches (28,4%) et les communistes (21,1%). Malgré le retrait de ces derniers, elle emporte les 27 sièges à pourvoir et Vel-Durand est réélu. Il meurt en 1928 et est alors remplacé par Stephen Durande.

Au côté de ce dernier, Hindermeyer est candidat à sa réélection en mai 1929. Dans une configuration comparable à celle de 1925, la liste d’Union nationale arrive en tête au premier tour, avec 42,6% des suffrages exprimés suivie de la Concentration des gauches (35,9%) et des communistes (16%). Hindermeyer obtient 916 voix pour 2 126 suffrages exprimés (43,1%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, malgré le maintien de la liste communiste, c’est la liste radicale-socialiste et socialiste SFIO qui emporte 22 sièges, contre 5 à la droite. Hindermeyer n’est pas réélu. Georges Briolay (radical-socialiste) devient maire.

En juin 1935 E. Hindermeyer participe à une souscription du mouvement royaliste Action française pour les élections législatives de l’année suivante.

La propriété qu’il partage avec sa cousine rue du Pont à Joinville est expropriée, en septembre 1938, pour permettre l’élargissement du pont de Joinville et l’agrandissement de la route d’accès, qui deviendra la Nationale 4.

Eugène Hindermeyer meurt le 21 février 1951 à Angers (Maine-et-Loire). Il était âgé de 77 ans. Il avait eu au moins un enfant.

Son fils Paul Hindermeyer (1898-1982), prisonnier pendant la première guerre mondiale puis interprète auprès de l’armée anglaise, fut, entre 1927 et 1936, un militant du mouvement royaliste Action française. Il présidait en 1933-1925 le groupe Arts-et-Métiers dans le troisième arrondissement et résidait rue de Turbigo. Il a livré un témoignage sur la manifestation du 6 février 1934, où il était présent.

Rue du Pont à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 00:01

Louis Gaston Marie Léon Richard naît le 15 janvier 1896 à Paris (20e arr.) Il est le fils de Léontine Geneviève Philomène Letertre et de son époux, Louis Marie Richard, employé de chemin de fer. Ils résident rue de Pixérécourt.

Devenu comme son père cheminot, Louis Richard s’engage dans l’armée pour quatre ans au cours de la première guerre mondiale. Il est affecté au 135e régiment d’infanterie. En juillet 1917, il est intoxiqué par les gaz dans le bois d’Avocourt (Meuse), au cours de la bataille de Verdun. À partir de mai 1919, il est affecté spécial à la quatrième section de chemin de fer. Il est démobilisé en septembre 1919. Pour son comportement, il a été cité à l’ordre du régiment en novembre 1918.

Alors domicilié avec ses parents rue Compans à Paris (19e arr.), Louis Richard épouse quelques jours après la fin de sa période militaire, en octobre 1919 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Germaine Louise Letertre, fille d’un maréchal-ferrant et d’une restauratrice de la commune. Ils s’installent dans le quartier de Polangis à Joinville, avenue Oudinot. Louis Richard est employé par les chemins de fer de la Ceinture de Paris puis par la compagnie Paris-Orléans. Après la fusion des réseaux, il sera salarié de la SNCF, Société nationale des chemins de fer français.

Il est adhérent du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie, organisation fondatrice de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). En mars 1926, il publie une annonce dans le mensuel syndical L'Employé, indiquant : « Famille catholique prendrait enfant deux ou trois ans en garde. »

Au cours des années 1920, c’est probablement Louis Richard qui, désigné sous son seul nom, est impliqué dans la vie politique de Joinville. Richard est désigné, en janvier 1927 comme électeur sénatorial sur la liste du maire, Henri Vel-Durand (radical dissident, divers droite). Lors des élections municipales partielles qui suivent le décès de ce dernier, en septembre et octobre 1928, Richard est candidat, avec Émile Lecuirot et Thévenin, sur la liste étiquetée Union nationale (droite), qui s’oppose à l’Union de gauche (radical-socialiste, socialiste SFIO et socialiste indépendant), dirigée par Georges Briolay et à un liste communiste, sous la houlette de Roger Bénenson, qui comprend une candidate (Mme Martin), laquelle sera déclarée inéligible. La liste des gauches emporte les trois sièges au second tour. Richard recueille 581 voix pour 1 667 suffrages exprimés (34,9%) sur 1 677 votants et 2 995 inscrits ; il n’est pas élu.

Lors des élections municipales générales de mai 1929, s’il n’est pas candidat, un bulletin est cependant exprimé sur le nom de « Louis Richard ». Richard est membre, en novembre 1932, du Comité d’union républicaine et d’action sociale, structure fondée en 1912 à Joinville et qui rassemble la plupart des membres des formations de droite républicaines dans la commune. Il participe à la transformation de cette organisation en Union des républicains en mars 1935 et siège toujours dans son bureau. À cette occasion, la droite rompt son alliance électorale avec les radicaux-socialistes qui contrôlent la mairie depuis 1929, sous l’argument « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle décide de présenter aux élections municipales de mai 1935 une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’Union des républicains fait « appel à la séparation de l’administration municipale et de la politique ». Son programme comprend la « diminution des charges écrasantes, l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs, l’application des lois sociales ». Richard fait partie des signataires.

Après la victoire de l’Union des républicains aux élections municipales de Joinville, où elle remporte 25 des 27 sièges à pourvoir, contre deux aux communistes, Léon Lesestre est élu maire. L. Richard publie un communiqué, dans l’hebdomadaire Union régionale, au nom du comité des Jeunesses patriotes : « C’est avec satisfaction que les Jeunesses patriotes et les membres du Front national de Joinville enregistrent la victoire de la liste nationale sur celle du maire sortant. À cet effet, les JP se félicitent de l’active campagne de propagande qu’ils menèrent et qui réussit à faire élire la grande majorité des nationaux et en même temps de nombreux membres de la ligue. Plus que jamais, nous encourageons nos nombreux camarades et amis à poursuivre une incessante propagande et à faire triompher le programme de Révolution nationale. »

Active depuis 1933 à Joinville la Ligue des Jeunesses patriotes, mouvement d’extrême-droite présidé par Pierre Taittinger, considère Lesestre comme « un ami ». Le dirigeant local est Jean Tallet qui, avant le scrutin, avait publié une prise de position dans le même journal : « Le devoir des JP, des membres du Front national et des nationaux est de barrer la route au Front commun et faire bloc sur la liste d’Union républicaine. »

Au cours de la deuxième guerre mondiale, selon sa fiche signalétique militaire transmise à la SNCF en mai 1966, Louis Richard est un « agent occasionnel des Forces françaises combattantes du premier octobre 1943 au 30 septembre 1944 ». Il est précisé qu’il s’agit de « services non validés comme service militaire actif. »

Louis Richard meurt le 10 juillet 1971 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), commune voisine de Joinville où il était toujours domicilié. Il était âgé de 75 ans et père de deux enfants. En mai 1952, il avait été décoré de la Médaille militaire.

Ancienne gare ferroviaire de Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 00:01

Jeanne Eugénie Marie Richard naît le 15 avril 1876 à Paris (10e arr.). Elle est la fille d’Alphonsine Marie Richard et de son époux, Jean Émile Narcisse Richard, entrepreneur de maçonnerie, qui vivent rue de la Grange-aux-Belles.

En 1901, la famille acquiert une propriété quai du Barrage à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Son père est devenu architecte ; après sa mort, Jeanne Richard devient professeur de sténodactylographie. Elle travaille de manière indépendante, puis dans des institutions à Vincennes et à l’école primaire supérieure de La Varenne à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Elle est membre, en 1925, de l'Association sténographique unitaire. En avril 1945, l’immeuble du quai du Barrage est acquis, à l'amiable, par la commune de Joinville qui souhaite y construire un établissement de bains-douches et un lavoir municipaux. Il servira en fait pour l’édification d’un ensemble de deux immeubles de logements sociaux ; la grille de l’ancienne propriété Richard a été conservée.

Jeanne Richard meurt le 4 juin 1947 à Joinville. Elle était âgée de 71 ans, n’était pas mariée et n’avait pas eu d’enfant. Elle avait été décorée des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie en février 1925 puis comme officier de l’instruction publique en juillet 1933.

Le portail de l'ancienne propriété Richard à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 00:01

Suite de la biographie de Léon Belhomme

Le régime de l’État français, dirigé de Vichy (Allier) par le maréchal Philippe Pétain, réorganise les corps municipaux qui ne sont plus élus, mais nommés. Un arrêté du préfet désigne, le 20 février 1942, ceux qui siégeront au conseil municipal de Joinville. Le maire, Lesestre, et trois des quatre adjoints sont reconduits. Léon Belhomme est également maintenu en place.

Le 25 août 1944, les résistants à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale chassent le conseil municipal en place et installent à la mairie de Joinville-le-Pont le comité local de Libération, dirigé par le communiste Robert Deloche. De ce fait, Léon Belhomme quitte ses fonctions municipales. Il n’est pas élu en 1945, mais figure en octobre 1947 sur la liste présentée, sous l’étiquette du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste, droite) par Pierre Perly. Avec une moyenne de 3 066 voix pour 6 974 suffrages exprimés (44%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits, elle arrive en tête devant l’Union républicaine et résistante (communistes et divers gauche, 43,2%) et les socialistes SFIO (6,5%). Cependant, elle a 13 élus comme les communistes et le seul élu socialiste fera la décision en reconduisant le sortant.

Deloche démissionne en février 1953, mis en cause pour des raisons personnelles dans son propre parti. Les divisions au sein de la droite, où deux candidats se présentent, Perly et Calmon, permettent la désignation, pour les deux mois de mandat restants, de la communiste Amélie Trayaud à la majorité relative de 12 voix sur 25.

Lors des élections municipales générales de mai 1953, Belhomme figure sur la liste des dissidents de droite, conduite par Georges Defert. Les communistes arrivent une nouvelle fois en tête, avec 2 405 voix pour 6 748 suffrages exprimés (35,6%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits, mais ils n’ont plus que 10 sièges. Les deux listes de droite en ont six chacune, celle de Defert, qui a le soutien du Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit) arrive en tête (22,1%), la liste des gaullistes du RPF ayant 19,8%. La SFIO revient avec trois élus (12,3%) et le Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien) entre au conseil avec 9,2% et deux élus. Grâce aux voix RGR, RPF et MRP, Georges Defert est élu par 14 voix sur 27. Belhomme devient quatrième adjoint au maire.

Les élections municipales de mars 1959 se déroulent de nouveau au scrutin majoritaire. La liste de la majorité sortante est concurrencée, outre par les communistes, par une alliance entre les gaullistes du RPF, les démocrates-chrétiens du MRP et les socialistes SFIO ainsi que par une liste divers. Defert l’emporte au second tour avec 52,4% des suffrages exprimés. Belhomme est élu deuxième adjoint au maire.

Il est reconduit au même poste après les élections municipales de mars 1965, qui se déroulent dans la même configuration. Il ne se représente pas en mars 1971.

Quand il quitte ses fonctions, Belhomme, alors âgé de 80 ans, aura siégé pendant 33 ans au conseil municipal de Joinville, dont 18 ans en tant qu’adjoint au maire : 5 sous la troisième République, 4 pendant le régime de Vichy, 11 sous la quatrième République et 13 sous la cinquième République.

Léon Belhomme meurt le 11 janvier 1981 à Créteil (Val-de-Marne). Il résidait toujours à Joinville, était âgé de 90 ans et père de trois enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec deux étoiles de bronze.

Fin

Joinville, vers 1960

 

Partager cet article
Repost0
16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 00:01

Début de la biographie de Léon Belhomme

Léon Georges Belhomme naît le 14 janvier 1890 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Berthe Emma Flobert et de son mari Louis Alexandre Belhomme, négociants, qui vivent cité Guénot. Ils sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Palissy, en 1909, au moment de la mort du père. La famille y vit pendant la grande inondation de la Marne au premier trimestre 1910.

Devenu employé de commerce et disposant du permis de conduire, Léon Belhomme est appelé au service militaire en octobre 1911 où il intègre le 46e régiment d’infanterie. Il est nommé caporal en septembre 1912 et démobilisé en novembre 1913.

Il épouse en avril 1914 à Paris (12e arr.), Suzanne Marie Agnès Gervaise, fille d’un négociant en vins espagnols. Ils s’installent rue de Montreuil dans l’arrondissement.

Mobilisé dès le début de la première guerre mondiale, Léon Belhomme rejoint les 156e puis 79e puis 160e régiments d’infanterie. Début octobre 1915, quelques jours après la naissance de leur fils, Suzanne Belhomme meurt à Paris. Devenu caporal-fourrier en avril 1916 puis sergent-fourrier en juillet la même année, Belhomme est nommé adjudant en janvier 1918. Il devient officier, en tant que sous-lieutenant, en juillet 1918 et est démobilisé un an plus tard.

Son comportement lui a valu deux citations à l’ordre du régiment. En mai 1917, il est qualifié de « bon sous-officier, très énergique et très courageux ; a assuré la liaison d’une façon parfaite pendant l’attaque malgré un feu violent de mitrailleuse ennemie ». En novembre 1918, il avait été « chargé d’assurer avec sa section une liaison rendue difficile par le bombardement et des tirs de mitrailleuses très violents, a rempli sa mission avec un sang-froid et un courage remarquables. »

Dans la réserve, Léon Belhomme verra son grade confirmé en août 1922 puis il sera promu lieutenant en septembre 1924.

En août 1918, il épouse à Paris (11e arr.) Germaine Amélie Ferrette, employée de bureau. Après le conflit, ils viennent résider dans la maison familiale de Joinville.

Membre de l’Association générale des officiers de complément (AGOC), Léon Belhomme fait partie, en janvier 1920 des actionnaires fondateurs de la coopérative La vie moins chère fondée à Paris par le professeur de philosophie Joseph Bouteyre.

En matière professionnelle, il est devenu courtier en produits chimiques puis directeur commercial.

L’entrée dans la vie politique publique de Léon Belhomme a lieu en décembre 1934 quand l’assemblée générale du Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville, qui regroupe les différentes formations de droite de la commune, l’élit membre du bureau présidé par le futur maire, Léon Lesestre. En mars 1935, le comité, qui avait été fondé en 1912, se transforme en Union des républicains. René Kirbuhler devient président, Belhomme restant dans le bureau. En avril, l’Union des républicains décide de rompre l’accord électoral qu’elle avait conclu avec les radicaux-socialistes, qui sont majoritaires dans la municipalité, prenant prétexte « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle décide de présenter aux élections municipales de mai 1935 une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Elle lance un « appel à la séparation de l’administration municipale et de la politique ». Le programme du groupement de droite se résume ainsi : « diminution des charges écrasantes, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales ». Belhomme en est un des signataires.

Au 1er tour des élections municipales de 1935, l’Union des républicains devance avec 32,6% des suffrages exprimés le Groupement des gauches républicaines du maire sortant, Georges Briolay (26,8%), la liste communiste de Robert Deloche (23,5%) et les socialistes SFIO de Robert Derivière (12,3%). Au second tour, une liste d’union communiste et socialiste est dirigée par André Blocher, président de l’ARAC (anciens combattants), qui n’est membre d’aucun des deux partis. Elle comprend 16 communistes et 10 socialistes. Les radicaux-socialistes se représentent également.

Avec 1 159 voix pour 2 899 suffrages exprimés (40%) sur 2 924 votants et 3 433 inscrits, Belhomme est élu. L’Union des républicains, qui avait appelé à « barrer la route aux communistes », remporte 25 des 27 sièges à pourvoir, deux communistes complétant l’assemblée locale. Léon Lesestre est élu maire.

Au sein du conseil, Belhomme fait partie, avec Hainsselin, Beylot et Faivre, d’une commission d’enquête municipale constituée suite à la défaillance de la Société HBM et loyers moyens de Paris et du département de la Seine, qui avait construit des logements à bon-marché à Joinville (la cité Égalité, dans le quartier de Palissy). La ville avait apporté sa garantie, et le prêteur, la Caisse des dépôts et consignations, se retourne vers elle pour obtenir le remboursement. La droite dénonce un « scandale des HBM ». Les enquêteurs concluent que l’ancien maire, Briolay, avait signé sans y avoir été autorisé par le conseil municipal et s’étonnent qu’il n’y ait pas eu de contrôle de la gestion par les ministères. En conséquence, ils engagent le conseil municipal à refuser de payer ; le préfet les y contraindra cependant.

Lors du vote du budget en mars 1937, c’est Belhomme qui présente devant le conseil le rapport au nom de la commission des finances. Il est désigné comme électeur sénatorial en avril 1938. Il en est de même en décembre 1938.

À suivre

Restaurant Le Petit Robinson, Joinville 1932

 

Partager cet article
Repost0
12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 00:01

Lucien Fernan Barbier naît le 30 novembre 1863 à Villers-Outréaux (Nord). Il est le fils de Firmie Zoé Stéphanie Letient et de Louis Joseph Henri Barbier, tisseur. Ses parents sont originaires de Gouy (Aisne). Ils tiendront ensuite une auberge à Villers-Outréaux, commune du Cambrésis.

Devenu cordonnier, Lucien Barbier épouse Augustine Delamotte en avril 1887 à Banteux (Nord). Ils vivent à Walincourt (Nord), auront une fille et divorceront en 1902. Augustine Delamotte se remarie, toujours à Banteux, en octobre 1904 avec Jean Louis Estenave, adjudant. Celui-ci la tuera le 1er février 1923 à Paris (16e arr.) où il était employé municipal, déclarant l’avoir étranglée alors qu’elle le menaçait après une scène de jalousie dont elle aurait été coutumière. Il se pend alors qu’il est incarcéré à la prison de Fresnes le 22 février.

Exerçant désormais la profession d’employé, Lucien Barbier vit rue André-del-Sarte à Paris (18e arr.) où il épouse en septembre 1903 Laure Berne. Ils s’installent d’abord rue Boutarel (4e arr.) puis, à partir de 1906, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils sont installés dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire).

Lucien Barbier enseigne la grosse caisse, la batterie et la caisse claire à Paris en 1905. À Joinville, il rejoint la société symphonique, présidée par Édouard Clément. Il en est le directeur dès le premier concert de la société en décembre 1906. Il associe, en mars 1906, à une souscription lancée par le quotidien Le Matin en faveur des sinistrés de la catastrophe minière de Courrières (Pas-de-Calais). La société cesse son activité pendant la première guerre mondiale.

Après le conflit, Lucien Barbier est un militant actif de la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il n’est pas candidat au premier tour des élections municipales de novembre 1919, mais il figure cependant sur la liste, légèrement remaniée, présentée par cette formation pour le second tour, qui l’oppose à l’Union républicaine et sociale d’Henri Vel-Durand (radical dissident). Il obtient 507 voix pour 1 518 suffrages exprimés (33,4%) sur 1 537 votants et 2 491 inscrits et n’est pas élu.

Lors du renouvellement du bureau de la section socialiste de Joinville, en février 1920, il intègre le bureau en tant que trésorier-adjoint ; le secrétaire est le cheminot André Flambard. Il participe en mai la même année à une souscription « Pour les victimes de la grève et des violences gouvernementales. »

En décembre 1920, Barbier est désigné comme chef de la philharmonie constituée au sein du groupe artistique de la Jeunesse socialiste de Joinville-le-Pont. Sans doute, comme l’ensemble des membres de la SFIO à Joinville, rejoint-il le nouveau parti communiste ce même mois.

Toujours en décembre 1920 Lucien Barbier épouse à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine) Eugénie Alphonsine Juliette Leclercq, couturière. Il était veuf depuis mars 1915. Il cesse son activité d’employé de commerce, qu’il exerçait encore en 1926, et reprend son métier initial de cordonnier qu’il exerce comme artisan indépendant à Joinville en 1931.

En 1936, Lucien Barbier, qui est retraité, vit en Dordogne à La Force, avec son épouse et son fils. Il y est toujours en 1938 où il semble continuer une activité musicale et est alors âgé de 74 ans. La date de son décès n’est pas connue.

Pour son activité artistique, Lucien Barbier a été décoré des Palmes académiques, comme officier d’académie en mars 1913 puis comme officier de l’instruction publique en février 1938.

L'île Fanac et le pont de Joinville

 

Partager cet article
Repost0
10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 00:01

Robert Ferdinand Doit naît le 5 septembre 1910 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Blanche Rousselin et de son compagnon, Denis Doit, représentant de commerce, qui le reconnaît dès la naissance. Se parents se marient en novembre 1910 dans le même arrondissement, et sa naissance est ainsi légitimée.

Devenu électricien et vivant à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Robert Doit épouse en novembre 1932 à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) Paulette Suzanne Godefroy, couturière au hameau du Limon. Ils s’installent à Joinville, rue du Canal.

À l’occasion des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Robert Doit est candidat, au premier tour, en 18e position, sur la liste communiste conduite par Robert Deloche. Il est crédité de 670 voix pour 2 856 suffrages exprimés (23,5%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, Doit figure sur la liste dirigée par le responsable de l’association d’anciens combattants ARAC, André Blocher, qui rassemble les communistes et les socialistes SFIO. La liste devance les radicaux-socialistes de la municipalité sortante, mais est légèrement devancée par la droite, de l’Union républicaine ; Doit recueille 1 104 votes pour 2 899 suffrages exprimés (38,1%) sur 2 924 votants ; il n’est pas élu mais deux communistes entrent au conseil municipal à côté de 25 élus de droite. Léon Lesestre (droite) est élu maire.

Après la deuxième guerre mondiale, Robert Doit est candidat sur la liste d’Union républicaine et résistante, dirigée par Robert Deloche, maire sortant, pour les élections municipales de novembre 1947. Avec une moyenne de 3 017 voix pour 6 974 suffrages exprimés (43,5%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits, la liste communiste a onze élus et arrive en seconde position. La liste RPF (droite, gaulliste) se situe à 44% mais a le même nombre d’élus. C’est le seul élu de la liste socialiste (6,4%) qui permet au communiste Deloche de rester maire. Doit est élu conseiller municipal.

Peu avant la fin de son mandat municipal, Deloche, mis en cause au sein du parti communiste, démissionne et est remplacé, en février 1953, par Amélie Trayaud, communiste, qui reste maire pendant deux mois. Doit n’est pas réélu en avril 1953.

Robert Doit meurt le 19 février 1981 à Vincennes (Val-de-Marne). Il était âgé de 70 ans et père d’au moins deux enfants.

Joinville, années 1960

 

Partager cet article
Repost0
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 00:01

Robert Charles Albert Derivière naît le 25 février 1896 à Bruxelles (Belgique). Il est le fils d’Élisabeth Elvira Céline Fould et de son mari Aimé Charles François Derivière. Son père, originaire d’Amiens (Somme), est lapidaire. Sa mère est native de Saint-Hélier, à Jersey.

Résidant à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), Robert Derivière est sténodactylographe en 1915.

Convoqué pour son service militaire de manière anticipée, du fait de la première guerre mondiale, Robert Derivière est mobilisé en avril 1915 au sein du 76e régiment d’infanterie. Il passe au 404e régiment d’infanterie en août 1916 et devient caporal en février 1918 puis caporal-fourrier en juillet la même année. Il est démobilisé en septembre 1919 et deviendra, dans la réserve caporal-chef en septembre 1930.

Son comportement pendant la guerre lui vaut quatre citations, deux à l’ordre du régiment, une à l’ordre de la brigade et la dernière à l’ordre de la division. En décembre 1917, Derivière est considéré comme un « très bon soldat, énergique et très brave. A réussi au cours d’une patrouille difficile à capturer un ennemi, permettant ainsi d’obtenir de précieux renseignements ». Il est qualifié ainsi  en juillet 1918 : « excellent gradé, brave et dévoué. Au cours d’un coup de main a, sous un feu violent de mitrailleuses, avec le plus grand mépris du danger, assuré la liaison entre les différents groupes du régiment ». De nouveau en août 1918, on voit en lui un « excellent caporal. Lors de l’attaque du 9 juillet 1918, a assuré constamment la liaison entre les éléments des premières lignes et son commandant de compagnie, pour lequel il a été un auxiliaire précieux ». Enfin, le même mois, on le remarque comme « jeune fourrier qui s’est distingué dans maintes circonstances. Lors des attaques 20 et 21 août 1918 a assuré de façon parfaite la transmission des ordres, malgré un bombardement continu et un feu violent de mitrailleuses. »

Quelques jours après la fin de sa période militaire, Robert Derivière épouse en octobre 1919 Madeleine Lucie Petibon à Morlhon-le-Haut (Aveyron). Elle est la fille de l’instituteur du village de Marmont. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris.

Continuant de travailler comme secrétaire sténodactylo, Robert Derivière est membre, en 1919, du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie, qui est le principal fondateur de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) en novembre 1919.

En janvier 1924, Derivière devient secrétaire de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), dont le professeur d’allemand Jules Edmond Neumann est le président. Active, comptant 56 adhérents en 1924, la section a pour responsables principalement des personnalités membres du parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants, notamment d’anciens communistes. En février la même année, la section demande qu’une enquête soit lancée sur les socialistes-révolutionnaires russes, victimes d’une répression de la part du gouvernement soviétique et réclame la libération de trois prisonnières.

La section participe à une collecte pour les affamés d'Allemagne en février 1924 et s’oppose aux sanctions décidées par la France et ses alliés contre les populations civiles. Avec les partis socialiste, communiste et d’autres formations, la section de la LDH même campagne contre la guerre du Rif (Maroc) en 1925. Elle proteste contre la dislocation du Cartel des gauches en août la même année. Elle intervient en 1926 contre la suppression des libertés en Afrique du Nord.

La section joinvillaise remet en question le comportement de la LDH au début de la première guerre mondiale, demandant en mai 1927 « à la Ligue d’avouer qu’elle a contribué à tromper le monde en cautionnant tous les mensonges de 1914. »

Comptant un maximum de 75 adhérents en 1927, la section va ensuite voir décliner son nombre de militants. Robert Derivière préside la section en avril 1930 et exerce toujours cette fonction en septembre 1934. À cette date, il y a 45 membres.

À titre personnel, Robert Derivière signe une pétition, destinée en août 1927 au gouverneur du Massachusetts (États-Unis) pour lui demander la grâce des anarchistes d'origine italienne Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti,

À partir de mai 1930, apparaît comme un des principaux animateurs de la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il en est le secrétaire en décembre et s’occupe notamment de la diffusion du quotidien Le Populaire.

Des élections municipales partielles sont organisées à Joinville en octobre 1934, dans un contexte de tensions au sein de la majorité municipale, élue en 1929 dans le cadre du groupement des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants). La liste que Derivière conduit obtient une moyenne de 403 voix soit 17,5% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits. Elle arrive légèrement derrière la liste communiste (17,8%), pour laquelle elle se désiste au second tour. La liste comprenant des candidats radicaux favorables au maire reçoit 25,4% et est devancée par une liste de concentration républicaine, plus à droite, qui a 36,9%. Elle emporte les dix sièges au second tour.

En février 1935, un groupe de socialistes se rend au poste de police de Joinville pour réclamer la libération d’un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Roger Jamet, le secrétaire du groupe des Jeunesses socialistes de Joinville, mutilé d'une jambe, est bousculé, tombe, et traite les policiers de « saligauds ! » Ce qui lui vaut d’être poursuivi pour outrages à agents. À l’audience, en mars 1935, Derivière témoigne en faveur de Jamet. Défendu par Me Betty Brunschvicg, Jamet est condamné à 50 francs d'amende avec sursis ce qui équivaut selon Le Populaire « fort équitablement, à une absolution. »

Pour les élections municipales générales de mai 1935, Robert Derivière conduit de nouveau une liste socialiste SFIO. Elle obtient une moyenne de 12,3% des voix, nettement distancée par la liste communiste de Deloche (23,5%), celle des sortants de Georges Briolay, radical-socialiste (26,7%) et l’Union des républicains (droite, 32,6%).

Au second tour, la SFIO et le PCF décident de fusionner leurs listes et font appel au responsable de l’association des anciens combattants ARAC, André Blocher, pour conduire la liste unifiée. Cette dernière, avec une moyenne de 36,6% des voix devance la liste radicale (19,5%) et talonne la droite (39,8%). La gauche gagne deux sièges, contre 25 à la droite. Les élu sont deux communistes, les candidats socialistes faisant des scores bien inférieurs à ceux issus du PCF. Derivière lui-même est crédité de 999 voix, soit 34,4% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants sur 3 433 inscrits.

 

En tant que secrétaire de la section de Joinville, Derivière signe, en septembre 1935 l'Appel pour la création de la Gauche révolutionnaire du Parti socialiste SFIO, tendance conduite par Marceau Pivert qui quittera cette formation en 1938 pour créer le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP).

Comme à la LDH, Robert Derivière prend la succession de Jules Edmond Neumann dans le groupe local de la Fédération ouvrière et paysanne des anciens combattants (FOP). Fondée en 1929, cette organisation est proche des milieux socialistes.  Il siège en novembre 1933 à la commission de contrôle de la section de la région parisienne. Il signe, pour le 11 novembre 1936, l’appel des associations d’anciens combattants de Joinville avec la société des mutilés et anciens combattants et l’ARAC.

Robert Derivière meurt le 21 avril 1946 à Joinville. Il était âgé de 50 ans et père de deux enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et étoile d’argent ainsi que de la Médaille militaire en janvier 1921.

Le café des sports à Joinville

 

 

Partager cet article
Repost0
31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 00:01

Début de la biographie de Nguyên Thê Truyên

Nota : les sources donnent plusieurs translittérations du nom, avec une assimilation différente aux nom et prénom en usage en Europe. Nous adoptons ici de manière unique la graphie Nguyên Thê Truyên.

Selon les sources françaises d’état-civil, confirmées par sa signature, Nguyên Thê Truyên naît le 19 novembre 1898 dans le village de Hanh Thiên, province de Nam Dinh, au Tonkin, alors protectorat français depuis 1884, intégré aujourd’hui au Vietnam. D’autres sources biographiques donnent une date un peu différente pour sa naissance, le 17 décembre 1898.

Sa mère est Pham-Thi Truyên et son père Nguyên Duy Han, mandarin, fonctionnaire lettré, formé dans un temple littéraire confucéen et ayant obtenu son baccalauréat en 1886. Devenu gouverneur, il est condamné à mort par le mouvement nationaliste Quang Phuc, qui le considère comme un traître, et assassiné le 13 avril 1913. Une rue de Hanoï est rebaptisée par les autorités françaises de son nom.

Selon Trinh Van Thao (Les compagnons de route de Hô Chi Minh, Karthala, 2004), la propagande moderniste a rencontré une forte résonance à Hanh Thiên, qui devient un des premiers villages du Nord du Vietnam à s'offrir de « nouveaux lettrés » formés à l’occidentale avec les frères Nguyên Thê Truyên et Nguyên Thê Song.

Les sources divergent sur la date d’arrivée en France de Nguyên Thê Truyên, généralement située entre 1908 et 1910. En 1910, il est pensionnaire de l’école de l'École d'enseignement pratique colonial du Parangon à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ouverte en 1899 par le Dr Henri Rousseau, elle bénéficie notamment du soutien de l’Alliance française et reçoit un contingent significatif d’élèves indochinois. En juillet 1911, Nguyên Thê Truyên reçoit la distinction la plus élevée, le prix d’honneur des élèves en année du certificat d’études (fin du cycle primaire). Le gouvernement général de l’Indochine lui accorde en 1913 une bourse scolaire pour poursuivre ses études en France. En 1915, il est l'un des premiers Vietnamiens à passer le Brevet supérieur, ce qui assure sa réputation au Tonkin. Il retourne alors dans sa famille.

Revenu en France, il s’inscrit à l’Université de Toulouse (Haute-Garonne) où il fréquente l’Institut de chimie de la faculté des sciences. Il obtient, en juillet 1920, le diplôme d'ingénieur chimiste. Son frère, Nguyên Thê Song, est également reçu dans le même titre.

C’est au cours de cette même année 1920 que, de concert avec d’autres étudiants, il forme le groupe des Cinq Dragons ou groupe des Gobelins, du nom de la rue de Paris où ils se réunissent. Il est composé également de Phan Châu Trinh, Nguyên An Ninh, Phan Van Truong et de Nguyên Ai Quôc (le futur Hô Chi Minh). Avec les deux derniers, Nguyên Thê Truyên devient probablement, en 1920 membre du parti socialiste, section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), qui se transforme, en décembre de cette année, pour donner naissance au parti communiste, dont tous les trois sont adhérents.

À suivre

Les Cinq dragons

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens