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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 01:01

Henri Léon Bethfort naît le 20 juillet 1880 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Céline Henriette Louise Auvray, et de son époux Arthur Désiré Bethfort, garde champêtre et sergent aux sapeurs-pompiers de la commune.

Après le décès de son père en mars 1891, sa mère devient blanchisseuse. Elle quitte vers 1895 la ville pour s’installer dans l’agglomération de Meaux, à Nanteuil, Seine-et-Marne. Henri Bethfort devient enfant de troupe à Rambouillet (Seine-et-Oise, act. Yvelines) Le jour de ses 18 ans, il s’engage dans l’armée et est affecté dans l‘infanterie. Il est domicilié au Mée (act. Le Mée-sur-Seine, Seine-et-Marne).

Devenu caporal en juillet 1899 puis sergent-fourrier en octobre 1900, Bethfort est promu sergent en janvier 1901, sergent-major en juin 1904 puis adjudant en mai 1912. La première guerre mondiale va faire qu’il est nommé officier, assurant à titre provisoire les fonctions de sous-lieutenant en octobre 1914, lieutenant en juillet 1915 et enfin capitaine en mars 1916. Ses différents grades sont confirmés définitivement entre juillet 1916 et septembre 1923.

Lors des combats à L’Isle-en-Barrois (Meuse) en septembre 1914, Bethfort reçoit une blessure au bras. Il est cité à l’ordre du corps d'armée en mai 1916 : « officier très brave et très courageux. Le 29 avril 1916, est sorti de son abri avec sa compagnie sous un feu violent d’artillerie ennemie pour se précipiter à la conquête d’une lèvre d’entonnoir occupée par l’ennemi. S’est emparé de cette lèvre et a assuré et organisé sa possession. »

Au moment de sa retraite, en juillet 1926, les problèmes articulaires et les suites de sa blessure lui valent une pension de 60%, passée à 80% deux ans plus tard puis enfin 100% en août 1930. Il s’établit à Auxerre (Yonne).

Déjà titulaire de la croix de guerre avec étoile de vermeil, Bethfort est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1921, en même temps que son frère Eugène. Les deux obtiennent ainsi une médaille leur son père, sous-officier chez les pompiers, ambitionnait d’obtenir.

Henri Léon Bethfort, qui vivait alors à Ausone (Yonne), meurt le 24 juillet 1943 à Auxerre. Il était âgé de 63 ans. Il avait épousé, à une date inconnue, Julia Victoire Cosson.

Enfant de troupe à l'école de Rambouillet, coll. musée des enfants de troupe, Autun.

 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 01:01

Eugène Léon Bethfort naît le 24 juillet 1869 à Paris (4e arr.). Sa mère, Céline Henriette Louise Auvray, est ouvrière bardeuse. Son père, Arthur Désiré Bethfort, est sergent aux sapeurs-pompiers.

La famille s’installe, vers 1874, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où le père Bethfort est garde-champêtre et sert dans les sapeurs-pompiers.

À l’âge de 19 ans, Eugène Bethfort s’engage dans l’armée à Paris (7e arr.). Il est affecté à la 15e section d’ouvriers et commis d’administration. Il devient caporal en octobre 1889 puis sergent en août 1900.

Il s’embarque le même mois pour l’expédition française en Chine, suscitée par la réaction internationale au siège des légations étrangères à Pékin. La révolte, dite des Boxers, était à l’initiative de la société secrète les Poings de la justice et de la concorde. L’expédition s'acheva par la victoire contre la Chine des huit nations alliées (Autriche-Hongrie, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et États-Unis). Pendant la campagne, Bethfort est promu adjudant en novembre 1901. Il rentre en France en janvier 1902.

Toujours domicilié à Joinville, Bethfort épouse en août 1902, à Auch (Gers) Emma Jeanne Philomène Robert. Il reprend ses activités dans les bureaux de l'intendance au sein de la 17e section.

Pendant la première guerre mondiale, Bethfort demande à quitter l’intendance pour intégrer une unité combattante. Il rejoint, en mars 1916, après avoir été nommé adjudant-chef, le 1er bataillon de pionniers du 122e régiment territorial d'Infanterie. Il est gratifié d’une citation : « Excellent sous-officier, venu sur sa demande en mars 1916 de l’intendance. Dans l’infanterie, a constamment fait preuve de beaucoup de dévouement dans son service et de courage dans les missions qui lui ont été confiées ». Les bataillons de pionniers ouvraient le terrain avant les interventions des autres troupes.

Après la guerre, Bethfort fait partie, en 1920 de l’armée du Rhin, qui regroupe les troupes françaises d’occupation en

Eugène Léon Bethfort naît le 24 juillet 1869 à Paris (4e arr.). Sa mère, Céline Henriette Louise Auvray, est ouvrière bardeuse. Son père, Arthur Désiré Bethfort, est sergent aux sapeurs-pompiers.

La famille s’installe, vers 1874, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où le père Bethfort est garde-champêtre et sert dans les sapeurs-pompiers.

À l’âge de 19 ans, Eugène Bethfort s’engage dans l’armée à Paris (7e arr.). Il est affecté à la 15e section d’ouvriers et commis d’administration. Il devient caporal en octobre 1889 puis sergent en août 1900.

Il s’embarque le même mois pour l’expédition française en Chine, suscitée par la réaction internationale au siège des légations étrangères à Pékin. La révolte, dite des Boxers, était à l’initiative de la société secrète les Poings de la justice et de la concorde. L’expédition s'acheva par la victoire contre la Chine des huit nations alliées (Autriche-Hongrie, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et États-Unis). Pendant la campagne, Bethfort est promu adjudant en novembre 1901. Il rentre en France en janvier 1902.

Toujours domicilié à Joinville, Bethfort épouse en août 1902, à Auch (Gers) Emma Jeanne Philomène Robert. Il reprend ses activités dans les bureaux de l'intendance au sein de la 17e section.

Pendant la première guerre mondiale, Bethfort demande à quitter l’intendance pour intégrer une unité combattante. Il rejoint, en mars 1916, après avoir été nommé adjudant-chef, le 1er bataillon de pionniers du 122e régiment territorial d'Infanterie. Il est gratifié d’une citation : « Excellent sous-officier, venu sur sa demande en mars 1916 de l’intendance. Dans l’infanterie, a constamment fait preuve de beaucoup de dévouement dans son service et de courage dans les missions qui lui ont été confiées ». Les bataillons de pionniers ouvraient le terrain avant les interventions des autres troupes.

Après la guerre, Bethfort fait partie, en 1920 de l’armée du Rhin, qui regroupe les troupes françaises d’occupation en Allemagne. Il stationne à Bonn en juillet puis à Mayence à partir d’août.

Déjà titulaire de la croix de guerre, de la médaille nationale commémorative de l’expédition de Chine depuis juillet 1902 et de la médaille militaire (depuis décembre 1908), Bethfort est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1921. Il obtient ainsi une médaille que son père, également sous-officier, chez les pompiers, rêvait d’obtenir, et que recevra également son frère cadet, Henri.

En retraite et résidant alors à Ban-Saint-Martin (Moselle), Eugène Bethfort est hospitalisé début juillet à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris (5e arr.). Il y meurt le 10 août 1929. Il était âgé de 60 ans.

.Armées alliées contre les boxers, Wikipédia

 

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 01:01

Alexandre Maxime Dalbavie naît le 22 octobre 1884 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre Dalbavie, tailleur pour dames. Sa mère était remariée en janvier 1880 et avait obtenu, par un décret de 1892 que les trois fils qu’elle avait d’une précédente union, prennent le patronyme de Gobin-Dalbavie ; ils se feront connaître sous le nom de Dalbavie.

Résidant avec ses parents à Joinville-le-Pont, rue Dagoty, dans le quartier de Palissy, Alexandre Dalbavie travaille en 1901 comme employé de commerce, sans doute dans l’atelier familial. Il devient ensuite tailleur comme son père, sa mère et ses trois demi-frères Eugène, Victor et Amédée. Il épouse Marcelle Parfond en octobre 1913 à Paris (18e arr.).

Pendant la première guerre mondiale, Alexandre Dalbavie est blessé début 1915. Il sera ensuite lieutenant dans la réserve de l’infanterie.

À partir de 1914, il exerce la profession de drapier. Il dirige après-guerre la société des Textiles Réunis, rue Sainte-Anne à Paris (2e arr.). La maison fait faillite en 1924, un règlement transactionnel étant trouvé en juin.

Pierre Dalbavie, adjoint au maire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) pendant la guerre, professe des opinions politiques très conservatrices. Alexandre Dalbavie semble partager son point de vue. Le quotidien royaliste Action française recommande en 1921 sa maison à ses lecteurs et fait ensuite un très large écho aux productions de la famille.

Alexandre Dalbavie rejoint sans doute l’atelier familial de la rue Ramey à Paris (18e arr.) où exerçait son demi-frère Amédée, mort en 1922.

En décembre 1929, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire. Cependant, en avril 1934, un décret suspend pendant trois ans tous les droits et prérogatives attachés à cette qualité.

Alexandre Dalbavie meurt le 13 février 1958 au Raincy (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 73 ans.

Un modèle de la maison Dalbavie en 1926

 

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5 octobre 2018 5 05 /10 /octobre /2018 01:01

Amédée Lucien Gobin naît le 8 février 1874 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre François Xavier Gobin, typographe. Après le décès de son père en mars 1879, sa mère se remarie en janvier 1880 avec Pierre Dalbavie. Un décret de 1892 l’autorise à prendre le patronyme de Gobin-Dalbavie ; il se fera connaître sous le nom de Dalbavie.

Comme son père adoptif, sa mère, ses deux frères Eugène et Victor, ainsi que son demi-frère Alexandre, Amédée Dalbavie va travailler dans la confection. Il est tailleur pour dames, prenant la succession dans l’atelier familial de la rue Ramey à Paris (18e arr.).

C’est dans la commune d’origine de son beau-père, Domme (Dordogne) qu’Amédée Dalbavie épouse en janvier 1903 Henriette Jeanne Stugoski.

À l’instar de Pierre Dalbavie, qui est adjoint au maire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Amédée Dalbavie semble avoir des opinions politiques très conservatrices. Il est présenté par le quotidien royaliste Action française comme un « ami » en janvier 1921, et les activités de la maison de couture Dalbavie sont très souvent mises en avant dans la page du journal consacrée à la mode.

Peut-être est-ce lui qui préside, en 1912, une association de billard ayant son siège dans son atelier rue Ramey. Amédée Dalbavie résidait rue Caulaincourt (18e arr.).

Il meurt le 23 mai 1922 à Paris (18e arr.), à l’âge de 48 ans. Ses frères poursuivront l’activité de la maison familiale.

Un modèle de la maison Dalbavie en 1925

 

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 01:01

Pierre Eugène Gobin naît le 21 octobre 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre François Xavier Gobin, typographe. Après le décès de son père en mars 1879, sa mère se remarie en janvier 1880 avec Pierre Dalbavie. Un décret de 1892 l’autorise à prendre le patronyme de Gobin-Dalbavie ; il se fera connaître sous le nom de Dalbavie.

Comme son père adoptif, sa mère, ses deux frères Victor et Amédée, ainsi que son demi-frère Alexandre, Eugène Dalbavie va travailler dans la confection. Il est tailleur d’habits. Il se marie en mars 1893 à Paris avec une couturière d’origine bordelaise, Adélaïde Jeanne Marguerite Rotival. Ils auront deux enfants.

Ayant fait son service militaire dans un régiment de dragons, en garnison à Sedan (Ardennes), Dalbavie est sous-lieutenant puis, en 1917, lieutenant dans le 20e escadron du train des équipages pendant la première guerre mondiale.

Si l’engagement civique d’Eugène Dalbavie n’est pas connu avec précision, il est cependant attesté par le fait qu’il  est décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en décembre 1913.

Après la première guerre mondiale, Dalbavie exploite un atelier comme tailleur pour dames, 153, boulevard Magenta à Paris (10e arr.). Il est très probable qu’il est également associé à la gestion de l’atelier familial de la rue Ramey (18e arr.), notamment après le décès en 1922 de son frère Amédée.

Eugène Dalbavie meurt le 12 novembre 1934 à Montmorency (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Il est enterré dans la commune voisine de Deuil-la-Barre (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 64 ans.

Une production de la maison Dalbavie en 1928

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 01:01

Suite de la biographie de Pierre Dalbavie

Le scrutin général de mai 1912 voit le retour de Dalbavie dans l’arène électorale à la tête d’une liste libérale. En février, Dalbavie réunit chez lui les candidats et sympathisants de sa liste. Un journal de droite, l’Écho de Saint-Maur, assure que près de 100 personnes y étaient, mais l’hebdomadaire radical Voix des communes conteste : « c’est impossible de faire entre 98 personnes chez Dalbavie. »

En avril, Dalbavie, Louis Gallas et Georges Bitterlin, au nom de la liste libérale, concluent un pacte avec deux autres listes, celle des socialistes unifiés (Georges Laruelle, Émile Lebègue et Constant Ricard) et celle des dissidents radicaux (Ernest Mermet, Henri Vel-Durand et Maurice Watrinet). Ils conviennent « que les organisations politiques diverses doivent être représentées au conseil municipal par eux qui sont les meilleurs militants de leurs partis respectifs ». Ils décident de faire, au second tour, une liste unique constituée proportionnellement aux résultats du premier tour.

Louis Gallas et Dalbavie, qui affichent un programme économique libéral, essaient de s’appuyer sur les commerçants de la ville.

Le premier tour de scrutin laisse une majorité relative aux radicaux-socialistes officiels, emmenés par Émile Briolay, le maire sortant Eugène Voisin ne se représentant pas. Sur la base de leurs scores respectifs, les trois opposants se regroupent sur une liste comptant 10 radicaux dissidents, 7 socialistes et 6 libéraux. Au second tour, la coalition remporte les 23 sièges à pourvoir. Ernest Mermet est élu maire, Dalbavie est accompagné par Beauvais, Gallas, Perchet, Barreau et Bitterlin. Il se voit confier le poste d’adjoint au maire, au côté de Vel-Durand.

Pour les élections législatives de mai 1914, Dalbavie appuie la candidature de son collègue du conseil, l’avocat Louis Gallas, au nom de la Fédération des républicains progressistes, libéraux et indépendants de la deuxième circonscription de Sceaux. C’est le socialiste Albert Thomas, futur ministre et premier directeur du Bureau international du travail, qui l’emportera.

Le déclenchement de la première guerre mondiale va conduire Dalbavie à jouer un rôle important. À côté du maire, Mermet, absent au début du conflit et Vel-Durand étant mobilisé, c’est Dalbavie qui est le seul adjoint en fonction. Il est le signataire de l’affiche officielle placardée le 3 août 1914 sur les murs de la ville. Après le retour de Mermet, selon Voix des communes, il « seconde de son mieux le maire, c’est à lui que vont la plupart des réclamations des citoyens recevant des secours de chômage ou pour toucher l’allocation militaire, les réclamations sont nombreuses ».

Cependant, Dalbavie est malade et régulièrement absent. Pour faire fonctionner la mairie, Mermet nomme Watrinet adjoint en remplacement de Vel-Durand.

Quand il reprend ses fonctions, il s’attire de vives critiques de certains radicaux, comme Louis Rey, qui lui reprochent s’être proclamé le président des Anciens combattants de 1870-1871, sans que les vétérans de la guerre franco-prussienne aient été consultés. Sa gestion autoritaire du personnel municipal est également contestée. Il est à la manœuvre pour empêcher une tentative d’achat de charbon par un groupe d’habitants, trop proche à son goût des radicaux-socialistes.

En novembre 1917, Dalbavie, avec Watrinet et Mermet, est signataire de l’affiche appelant à souscrire à l’emprunt de guerre lancé par l’État.

Après le conflit, Dalbavie ne se représente pas aux élections municipales organisées en novembre 1919. Il semble ne plus avoir d’activité politique publique. Il est signalé, en juin 1922, comme abonné au quotidien royaliste Action française. Si l’implantation locale du parti d’extrême-droite semble peu importante, un des anciens colistiers de Dalbavie en 1912, le docteur Georges Bitterlin, figurait sur la liste des candidats du mouvement pour les élections législatives de 1919. Au moins deux des fils du couple Dalbavie seront qualifiés d’amis par le journal de Léon Daudet et Charles Maurras.

Pierre Dalbavie meurt le 15 août 1925 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et avait été décoré, en février 1914, des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

À noter que le nom de Dalbavie est fréquemment mal orthographié, non seulement dans la presse, mais même dans des sources officielles. On trouve par exemple les formes Dalbaire, Dalbaret, Dalbacie, Dalbon ou Dalbavu.

Affiche de guerre signée Dalbavie

 

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 01:01

Émile Victor Moutier naît le 10 août 1891 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Adèle Gabrielle Thépin, blanchisseuse et de son époux, Victor Moutier, livreur, qui habitent rue du Pont.

Émile Moutier est orphelin de père en 1901. Il vit avec sa mère rue de Paris, dans le centre de Joinville, et devient comptable. Il fréquente la société symphonique de Joinville.

Appelé au service militaire avec la classe 1911, il est incorporé en novembre 1912. À la déclaration de guerre en août 1914, il est sergent-major au 272e régiment d’infanterie. Il devient lieutenant en avril 1916. Son comportement est salué par une citation à l’ordre de la brigade le 1er novembre 1915.

Le 28 juillet 1916, le lieutenant Moutier est tué face à l‘ennemi à Belloy-en-Santerre (Somme) ; il était âgé de 25 ans. Son supérieur, le capitaine Hénaux, témoigne dans une lettre à un de ses amis, publiée dans l’hebdomadaire Voix des communes, « Le brave Moutier a reçu un obus en pleine poitrine le 28 juillet à 23h. Moutier était un chef aimé, adoré de ses hommes, un camarade excellent, un subordonné très estimé ; il est mort en brave. Il est enterré à Assevillers (Somme). »

Il fait l’objet d’une nouvelle citation, à l’ordre l'armée cette fois, le 31 août 1916 : « officier de haute valeur morale. Le 28 juillet 1916, a été tué à la tête de sa section, en marchant à l'attaque d'un village fortement organisé ». Le futur maire de Joinville, Émile Briolay (radical-socialiste) salue « La mort d’un héros ». La société symphonique de Joinville le nomme membre d’honneur. En juin 1920, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Le décret d’attribution parle d’un « officier de haute bravoure morale. »

Une délibération du conseil municipal de Joinville, le 15 janvier 1922, a décidé d'attribuer la dénomination « Émile-Moutier » à une voie publique de la commune, l’ancienne rue des Cliquettes, dans le quartier du centre. Elle est confirmée par décret du 8 juillet 1922.

Si l'hommage public est unanime, la débaptisation de rue des Cliquettes est critiquée par l’historien Georges Bousquié. Le nom évoquait en effet le souvenir des lépreux, enfermés au 13e siècle, dans une maladrerie installée à cet endroit.

Le gymnase situé dans cette rue, détruit en 2018, portait initialement le nom « Émile-Moutier » avant d’être rebaptisé « Pierre François ».

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 01:01

Fin de la biographie d'Alphonse Depasse.

Attaché au développement de l’apprentissage, Depasse-Laridan essaie, en 1886, de convaincre ses collègues de l’utilité de faire des expositions annuelles des travaux de toutes les écoles professionnelles. Si la Chambre syndicale de la bijouterie l’appuie, plusieurs autres professions sont réticentes et le Syndicat général lui-même reste dans une prudente réserve.

Suite au rapport présenté en juin 1886 d’une commission d'enquête nommée par la Chambre des députés sur « la crise commerciale et industrielle », Depasse-Laridan s'élève la « manie de la sténographie », s’inquiétant que le constat fait par les employeurs français que, à égalité de qualité, ils sont obligés de vendre plus cher que les Allemands, soit porté à la connaissance de ces derniers. Estimant que les parlementaires sont ignorants des questions économiques, Depasse-Laridan plaide pour la mise en place d’un Conseil supérieur économique.

La même année, Depasse-Laridan soutient la création d’une « marque de fabrique nationale » pour protéger des imitations les produits d’origine française, comme le cognac.

Toujours en 1886, Depasse-Laridan s’adresse à la Chambre de commerce de Troyes (Aube), haut-lieu du textile en France, pour lui proposer qu’elle crée une école nationale professionnelle de bonneterie, que la Chambre syndicale de la bonneterie parisienne financerait également, avec les organismes consulaires de Nîmes, Amiens et Roanne. Le projet aboutira trois ans plus tard.

À partir de 1888, se lance dans une propagande pour le mutualisme, dans lequel il voit le seul moyen pour défendre les « petits commerçants honnêtes » face aux grands magasins. Il prend l’initiative de fonder La Mutuelle Commerciale en avril 1888 et en devient le président ; mais ce sera un échec, et la société est dissoute dès août 1889.

Depasse-Laridan fait partie des commissions d’admission des articles de bonneterie et de lingerie pour l’exposition internationale de Melbourne en 1888 et l’exposition universelle de Paris pour le centenaire de la Révolution. Il contribue aussi à l’exposition des arts de la femme de 1892.

Lors d’une séance de la Chambre syndicale de la bonneterie qu’il préside toujours en mai 1891, Depasse-Laridan accueille avec faveur l’intervention d’un de ses collègues, M. Bernheim qui propose de créer des institutions en faveur des ouvriers. Il cite les pensions de retraite, les sociétés de secours mutuels et les assurances contre les accidents.

Ce sera pratiquement la dernière contribution d’Alphonse Depasse au débat social national puisqu’en 1892, il abandonne ses mandats syndicaux et cesse son activité de fabricant. Il quitte la rue des Bourdonnais à Paris (3e arr.) où il résidait et s’installe avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Depasse reprend sa profession de comptable et son nom patronymique. Il reste lié à la bonneterie, car il est en 1911 chef de comptabilité chez Bernheim et avait été désigné président d’honneur de la chambre syndicale.

Son activité publique est plus orientée vers le terrain local. Il participe au comité radical-socialiste qui soutient la candidature d’Adolphe Maujan, député puis sénateur radical-socialiste modéré, sous-secrétaire d’État à l'Intérieur dans le gouvernement Clemenceau en 1906. Il y discute la question de la participation des ouvriers et employés aux bénéfices des entreprises. Ce thème lui était cher, car il avait adhéré en 1890 à la Société de la participation aux bénéfices. Mais il constate en 1909 qu’il est « sans grand succès », ce qu’il attribue à la méfiance de l’ouvrier sur les déclarations de l’employeur.

Sensible aux situations humanitaires, Depasse était membre de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française) de 1886 à 1889.

Pendant la première guerre mondiale, il prend la succession du Dr Pierre Vallat, mobilisé comme ses deux vice-présidents, en tant que président de la Mutualité scolaire de Joinville. Elle compte 165 adhérents en 1916-1917 et assure, pour une cotisation de trois francs par an, des indemnités en cas maladie d’enfant. La moitié des versements, soit 10 centimes par semaine, sont conservés pour constituer un livret pour la retraite.

Depasse s’exprime à plusieurs reprises entre 1916 et 1918 dans les deux principaux journaux locaux, les hebdomadaires Gazette de l’Est et Voix des communes. Il y évoque sa mutuelle et la société de l’Allaitement maternel, dans laquelle milite son épouse.

En novembre 1919, Depasse est candidat lors des élections municipales de Joinville-le-Pont, sur la liste du Bloc indépendant, conduite par Jules Beauvais. La liste rassemble des conservateurs et des libéraux, qui s’étaient alliés au second tour en 1912 avec les radicaux dissidents et les socialistes pour battre les radicaux-socialistes sortants. Après la guerre, le maire (qui meurt le soir du deuxième tour) n’était pas candidat et son ancien adjoint, Henri Vel-Durand, reprit le flambeau, avec le soutien cette fois des radicaux-socialistes. Devancée au premier tour par la liste Vel-Durand et par les socialistes, le Bloc indépendant se retire avant le second tour et n’a pas d’élu.

Depasse avait obtenu 401 voix pour 1694 suffrages exprimés (23,7%) avec 1715 votants sur 2491 inscrits.

Décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1895, Alphonse Depasse, qui résidait à Joinville et était âgé de 74 ans en 1919, meurt à une date inconnue. Son épouse était toujours active dans des associations humanitaires de la commune en 1928. Ils avaient eu deux enfants.

Le frère d’Alphonse, Hector Depasse (1842-1911), homme de lettres, résidant à Neuilly-sur-Seine, fut conseiller municipal de Paris de 1881 à 1890, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique Eugène Spuller en 1893-1894 puis député de la Seine de 1906 à 1911. Il était membre du groupe radical-socialiste.

Hector Depasse, député de la Seine

 

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 01:01

Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse naît le 27 juin 1845 à Armentières (Nord). Il est le fils de Marie Louise Théry Lucien et de son époux, Auguste Joseph Depasse, régent du collège. En 1850, la famille vit dans la commune voisine de Tourcoing.

Devenu comptable et installé, avec ses parents, à Paris, Alphonse Depasse va s’associer avec Louise Clémence Adeline Spilliaert, originaire de Bergues (Nord), veuve d’Henri Constantin Laridan et fabricante en bonneterie. D’abord représentant en 1875, Alphonse Depasse devient associé de la société V. Laridan et Cie, fondée en 1877, en assure la direction au moins depuis 1881 puis reprend l’ensemble de l’activité à son nom en 1884. L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

En juin 1875 à Paris (3e arr.), Alphonse Depasse avait épousé Fréna Clémence Laridan, fille de sa partenaire d’affaires. À partir de 1881, il va utiliser le nom de Depasse-Laridan pour l’ensemble des activités qu’il mène en rapport avec la bonneterie.

Cette année-là, Depasse-Laridan est secrétaire de la Chambre syndicale de la bonneterie en gros de Paris. Il en devient vice-président entre 1882 et 1886, puis président de 1886 à 1892.

Parallèlement, Depasse-Laridan représente son institution dans le Syndicat général de l'Union nationale du commerce et de l’industrie. Créé en 1866, c’est l’une des plus anciennes organisations patronales en France, après le Groupe des chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment (héritier du Groupe de la Sainte-Chapelle, créé en 1821) et du Groupe des syndicats du commerce du bois (remontant à 1826). Le Syndicat général regroupe plus de 90 structures professionnelles. Siégeant au Syndicat général dès 1881, Depasse-Laridan en est secrétaire en 1886 puis vice-président de 1887 à 1891. Enfin, il participe, sans toutefois y exercer de mandat, aux activités de la Chambre syndicale des comptables.

L’activité de Depasse-Laridan dans les organismes professionnels fut très intense. S’attachant à défendre les intérêts économiques des entreprises, il a une préoccupation sociale assez élevée, qui l’amène à se heurter parfois à des patrons ayant une vision plus traditionnelle de leur fonction.

Ses premiers combats, en 1881, sont sur le terrain judiciaire. Il critique le monopole des agréés des tribunaux de commerce, puis plaide pour une refonte du droit des faillites, en faveur d’une limitation des engagements des commerçants sur leur patrimoine privé.

En 1883, il intervient auprès du ministre des postes et télégraphes afin d'obtenir que le prix des colis postaux entre la province et Paris soit le même que pour ceux expédiés en sens inverse, moins chers.

La même année, il défend l’idée qu’il y a une injustice à faire juger les différends entre patrons et employés par les tribunaux du commerce, dans lesquels siègent des représentants des chefs d’entreprises mais pas des salariés, alors que les ouvriers ont accès à des juridictions paritaires avec les prud’hommes. Il revendique donc qu’on élise des représentants des employés dans les Chambres de commerce pour assurer cette représentation. Le projet est contesté par plusieurs de ses collègues, mais Depasse-Laridan obtient leur soutien en assurant qu’il a déjà pour partisans la Chambre syndicale des comptables et le Congrès ouvrier tenu à Lille au mois d'août 1883. Plusieurs journaux, sensibles aux questions sociales, comme Le Globe et La Ville de Paris y sont également favorables. Les patrons du Syndicat général l’adoptent à l'unanimité moins deux voix. L'Union fraternelle des employés approuve encore le projet en avril 1885.

A suivre

 

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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 01:01

Théophile Covin naît le 19 juin 1872 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’une alsacienne ayant opté pour la nationalité française, Marie Thérèse Frindel, piqueuse de bottines, et de Stéphane Covin, enfant abandonné à la naissance, devenu mécanicien. Comme ses quatre frère et sœurs plus âgés, Théophile Covin est légitimé par le mariage de ses parents un an pile après sa naissance dans le même arrondissement parisien.

Après des études à l'Institut catholique de Paris, Théophile Covin, devient prêtre en 1898. Il est nommé vicaire à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine) en janvier 1899. Il y dirige la congrégation des sœurs Maronites de la Sainte Famille, qui servent à l’hôpital Notre-Dame du Perpétuel secours.

En juin 1904, il est affecté à une paroisse parisienne, en tant que vicaire à Saint-Lambert de Vaugirard (15e arr.). Il y vit la séparation de l’église et de l’État et affiche son conservatisme politique. Ainsi, il participe en février 1906 à une souscription lancée par le quotidien d’extrême-droite La Libre parole « en faveur des Français arrêtés ou blessés en défendant la liberté de conscience ». En mars 1907, c’est dans le journal catholique La Croix qu’il donne en « hommage aux religieux et aux prêtres persécutés. »

Nommé vicaire à Sainte-Marthe des Quatre-Chemins à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en avril 1907, il est responsable de l'œuvre des hommes. Il devient vicaire de Notre-Dame de Clignancourt à Paris en avril 1911. Il s’y charge notamment de l’éducation religieuse des jeunes filles et des messes funéraires.

Resté dans ses fonctions pendant la première guerre mondiale, l’abbé Covin est nommé curé de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en octobre 1915, successeur de l’abbé Léon Roger. Il y reste tout juste un an, et c’est son prédécesseur qui reprend son poste tandis que l'abbé Covin prend possession de la cure de Saint-Germain de Vitry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne). Pendant cette année, il « s’est efforcé de maintenir les traditions chrétiennes » selon  La Semaine religieuse de Paris. Il était seul prêtre dans la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville, puisque son vicaire était mobilisé, et la population desservie était de 5 000 personnes. Elle est double à Vitry avec trois vicaires.

Théophile Covin va rester curé de Vitry pendant 16 ans. Arrivé au milieu de la première guerre mondiale, il est sensible aux situations humanitaires, étant par exemple membre du comité local de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) en 1924.

Comme dans ses fonctions antérieures, l’abbé Covin défend des opinions conservatrices. Ainsi, en mars 1925, l'abbé Covin préside une réunion de 600 catholiques de Vitry-sur-Seine, selon La Croix, « Pour les libertés catholiques », assisté du colonel Philippe et de M. Rouilly, ingénieur. Le conférencier est l’essayiste Joseph Santo (1869-1944), militant catholique et monarchiste, auteur d’ouvrages sur la question juive et très opposé à la franc-maçonnerie. Il avait été conseiller municipal de Nancy. Pendant la rencontre, J. Santo demande « pour les religieux anciens combattants, la place que les défaitistes d’hier tentent de leur refuser » et appelle à défendre les Sœurs de Charité « qui se dépensent sans compter dans la banlieue parisienne et que les sectaires veulent persécuter. »

A suivre

Couverture d'un livre de Joseph Santo : "Le communisme? jamais! jamais! jamais!"

 

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