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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 00:01

Paul Henri Pacquelin naît le 23 septembre 1889 à Franey (Doubs). Ses parents, Marguerite Louise By et son époux Henri Pacquelin ont dix enfants. Famille de libres penseurs, elle est proche de Charles Beauquier (1833-1916), député radical-socialiste du Doubs (1880-1914).

Après son service militaire effectué entre 1909 et 1911, Paul Pacquelin s’installe à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) et est embauché à l’usine Pathé-Cinéma de Joinville-le-Pont.

Il s’engage rapidement dans la vie publique. En décembre 1913, il est élu trésorier adjoint de l'Association des Libres Penseurs de la région de Saint-Maur et travaille à la constitution d’un groupe de libre-pensée à Joinville. Il est membre du comité radical socialiste de Joinville en 1914.

Mobilisé dès le début de la guerre, Pacquelin est blessé sur l'Yser, à Ypres, au cours l’automne 1915 d'un éclat d'obus dans la figure. Il se marie civilement à Saint-Maur en décembre 1915 Charlotte Legret, sœur du secrétaire l’association de libres-penseurs et retourne au front dès sa guérison. Il combat en Lorraine au sein du 349e RI ; il est asphyxié par les gaz le 26 avril 1916 sur le col de La Chapelotte, entre BadonviIler et Allarmont.

Malgré la brièveté de son activité publique, Paul Pacquelin aura manifestement marqué la vie locale, car les hommages se multiplient : séances de la libre-pensée de Saint-Maur en mai 1916 et février 1918, communiqué en avril 1918, obsèques civiles en décembre 1921, etc.

La médaille militaire et la Croix de guerre avec étoile de bronze lui sont attribuées à titre posthume. Son nom figure, à la rubrique Franey, sur le Livre d'Or du ministère des pensions. Il est inscrit sur le Monument aux morts et dans le Carré militaire de Saint-Maur-des-Fossés. Il est également gravé sur les plaques commémoratives de Pathé-Cinéma à Joinville-le-Pont et de Kodak-Pathé à Vincennes.

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 00:01

Basile Nivelet naît le 28 janvier 1867 à Turny (Yonne). Sa mère est Hortense Léocadie Thierry, son père porte le même nom, Basile Nivelet, et est tisserand ; ses parents seront plus tard cultivateurs.

Venu à Paris, il est calicot (commis d'un magasin de nouveautés) au Bon Marché. En juillet 1892, il épouse à Paris (3e arr.) Pétronille Goursolle (dite Céline), employée de banque. Les deux époux, qui auront une fille, deviennent enseignants peu après.

Instituteur à l’école communale du Parc-Saint-Maur (Saint-Maur, Seine, act. Val-de-Marne) en 1895, il est l'école l’année suivante à l’école communale de Montreuil (Centre) puis en novembre à celle de la rue Colmet-Lépinay dans la même commune. En 1905, il est transféré à Paris, rue Michel-Bizot (12e arr.). Membre de la Société pour la propagation des langues étrangères en 1895, Nivelet participe en février 1909 au banquet annuel de l'Amicale des instituteurs et institutrices publics de la banlieue de Paris, qui revendique l’égalité de traitement avec le personnel pour leurs pensions de retraite.

Depuis 1900, les époux Nivelet résident à Joinville-le-Pont, où Céline est directrice de l’école maternelle de l’avenue Oudinot, dans le quartier de Polangis.

Dans cette commune, Basile Nivelet va s’engager en politique ; il avait été sans doute précédemment secrétaire général de l'Yonne radicale, organe de la Fédération amicale et de propagande des républicains radicaux et radicaux-socialistes, qui organise une tête à la mairie du 5e arrondissement en mai 1907.

Lors des élections municipales de mai 1908, Nivelet figure sur la liste du comité radical-socialiste, conduite par le maire sortant, Eugène Voisin. Elle recueille au premier tour 604 voix en moyenne, face à une liste incomplète dite socialiste évolutionniste (500 voix) et à quelques candidats socialistes unifiés SFIO (252 voix) ainsi qu’un isolé (493 voix). Il y avait 1319 inscrits. Les radicaux remportent 21 des 23 sièges à pourvoir, en laissant un à un isolé et un autre à un socialiste évolutionniste. Nivelet est élu au second tour avec 591 suffrages pour 1188 votants.

Au sein du conseil municipal, Nivelet s’occupe du patronage laïque et des colonies scolaires confiées à l’Œuvre parisienne des enfants à la montagne, qui organise le séjour d’enfants joinvillais dans le Cantal. Il participe à l‘organisation du service des désinfections après les grandes inondations de la Marne pendant l’hiver 1910.

Si Nivelet a pris quelque distance avec Louis Rey, animateur passionné de la majorité radicale-socialiste au sein du conseil municipal, il vit à partir de 1910, comme ce dernier, à Paris. Il se solidarise cependant de la municipalité en mars 1911, quand la dénonciation d’un scandale dans l’école primaire de Polangis provoque l’éclatement du conseil ; Nivelet proteste ne pas être candidat à la direction de cette école et n’avoir pas pris part à l’affaire. Il collabore régulièrement à l’hebdomadaire radical local, Voix des communes. Affichant son attachement au maire, il annonce en août 1911 qu’il ne sera pas candidat en 1912, mais fait cependant l’objet d’attaques par voie d’affiches ou dans la presse régionale.

En 1910, Basile Nivelet publie un livre intitulé « Joinville-le-Pont », édité par un imprimeur de la ville, Ferdinand Huby. Son livre, descriptif, constitue une des principales sources sur l’histoire de la commune, principalement pour le 19e siècle.

Sergent-fourrier après son service militaire, Nivelet est promu officier d’administration adjoint dans la réserve. En 1914, il sert dans l’intendance du service de santé militaire. Au moment de sa démobilisation en 1930, il a le grade de capitaine d’administration.

Après-guerre, les Nivelet s’installent à Montreuil-sous-Bois, où Céline est directrice d’école. Basile prend sa retraite en 1928 et partage son temps entre cette ville et l’Yonne. Il rédige des documents sur l’histoire de Turny, son village natal.

Basile Nivelet meurt le 30 janvier 1957 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), à l’âge de 90 ans. Il avait obtenu de nombreuses décorations : Mérite agricole, chevalier en 1910 puis officier en 1934 ; Palmes académiques, officier d’académie en 1911 et officier de l’instruction publique en 1923 ; Médaille de bronze de la Mutualité en 1929. Il avait également été récompensé pour son comportement lors des inondations de la Marne en 1910.

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 00:01

Jean François Louis Girot naît le 23 juillet 1870 à Paris (13e arr.). Il est le fils de Charlotte Joséphine Pichereau et de son époux Jean Girot, marchands de vin.

Employé à l’octroi de Paris en tant que marinier, il sera pilote de bateaux à vapeur. Il vit à Alfortville puis à Maisons-Alfort à la fin du 19e siècle. Louis Girot épouse dans cette dernière ville Eugénie Augustine Marteau, chapelière, en septembre 1896.

Les époux Girot s’installent au début du siècle suivant à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Louis sera récompensé pour ses actes de courage, ayant porté secours à des personnes en danger de se noyer.

Secrétaire du comité radical et radical-socialiste de Joinville en 1915, Louis Girot intervient régulièrement dans le journal local Voix des communes, de même tendance, entre 1912 et 1919. Il s’en prend notamment au conseiller municipal socialiste Émile Lebègue qu’il accuse, en 1912, d’envoyer son enfant en Auvergne « aux frais de la commune », avant de publier un démenti. Pendant la guerre, il accueille dans sa maison de la rue Vautier (centre de la commune) une jeune fille réfugiée de Reims.

En décembre 1919, Louis Girot est élu conseiller municipal sur une liste, conduite par Henri Vel-Durand, qui comprend des radicaux dissidents, des socialistes indépendants et des radicaux-socialistes. Elle remporte les 23 sièges à pourvoir face à deux listes libérale et socialiste SFIO. Au premier tour, Girot recueille 709 voix pour 2491 inscrits et 1694 exprimés, soit 41,8% ; il est élu au second tour, avec 947 suffrages sur 1518 exprimés (62,4%).

Mettant en avant ses connaissances en tant que pilote, Girot va notamment plaider en faveur de grands travaux contre les inondations. Il siège au bureau de la commission intercommunale contre les inondations, représentant 25 communes et 600 000 habitants du département de la Seine. À ce titre, il est reçu en avril 1920 par le ministre des travaux publics, Le Trocquer. Il prend part à la constitution d’une Fédération des inondés, qui plaide, en février 1920 devant les sénateurs de la Seine, pour la remise en état des barrages.

Le même mois, Girot transmet au conseil général de la Seine un projet étudié par pilotes commissionnés, « destiné à faciliter l’écoulement des eaux de la Seine pour éviter les ravages des inondations annuelles dans nos communes ». Il consiste à creuser un canal s’amorçant dans la Seine à Caudebec, en aval de Rouen, qui irait se jeter dans la mer entre Fécamp et Saint-Pierre.

En janvier 1924, Girot est élu vice-président de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme, dont Edmond Neumann est le président. Cependant, en mars 1925, il fait l’objet d’une demande d’exclusion (repoussée par la grande majorité des adhérents) ; certains lui reprochent d’avoir été élu délégué sénatorial par la majorité radicale dissidente du conseil municipal et de s’être prononcé en faveur de Millerand, qualifié par le socialiste SFIO Joinvillais Claude Noizat de « Judas, apostat de la classe ouvrière ». Le leader des radicaux-socialistes et futur maire, Georges Briolay, qualifie Girot de « deuxième renégat », au côté de René Caperon, socialiste indépendant, également conseiller municipal et délégué sénatorial élu dans les mêmes conditions contre les candidats radicaux-socialistes.

En mai 1925, son fils René Girot, président de la Jeunesse républicaine de l’Est (formation orientée au centre-droit) polémique dans l’hebdomadaire La Gazette de l’Est, reprochant qu’on se serve de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme pour « assumer la défense des nullités du Cartel » des gauches. Il annonce que son père « doit se retirer sous peu à la campagne ».

En juillet 1926, alors marinier principal à l'octroi de Paris, Louis Girot obtient la médaille de bronze des employés communaux des octrois.

Louis Girot meurt le 6 mars 1944 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 73 ans.

La Marne à Joinville-le-Pont en 1907

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 01:01

Lucien Eugène Lavoipierre, naît le 19 avril 1879 chez ses parents 11, rue des Murs de la Roquette à Paris (11e arr.). Il est le fils de Marie Eugénie Tramontis, fleuriste, et de son époux Lucien Eugène Lavoipierre, monteur en bronze.

Il exerce la profession de plombier-couvreur en tant qu’entrepreneur d’abord rue d’Argout à Paris (2e arr.) puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il est installé en 1913.

Marié en août 1904 à Paris (20e arr.) avec Octavie Jeanne Bégrand, avec laquelle il aura une fille, Lavoipierre, qui est sergent au 1er régiment du génie pendant la Première guerre mondiale, est blessé et cité à l’ordre du régiment en juin 1918.

Ayant repris son activité de couvreur, il travaille notamment pour la municipalité de Joinville, refaisant par exemple le toit de l’église en 1926. Il va s’impliquer fortement dans la vie locale. Il est président de l’Union des commerçants de Joinville en 1919, alors qu’elle rassemble les industriels, artisans et commerçants des quartiers de la rive droite de la Marne ; il propose la fusion avec l’autre institution communale, le Groupement amical des industriels, commerçants et des habitants de Palissy-Polangis, présidé par Stephen Durande, futur maire de la ville. Lorsque, en juin 1923, le regroupement devient effectif, c’est Lavoipierre qui en prend la présidence. S’il a cédé son poste de président sans doute en 1934, Lavoipierre est toujours mis en avant lors du banquet de l’Union commerciale pour son trentenaire, organisé en mars 1935.

En complément de son activité associative auprès des entrepreneurs locaux, Lavoipierre avait été désigné pour présider le syndicat d’initiative municipal en février 1922. Il participe à plusieurs commissions d’enquête en 1928, sur le doublement des voies de tramways ou la réalisation d’un collecteur d’égouts.

Participant à la formation de la section de Joinville du Radio club régional, il est membre de son bureau en 1925.

Si Lavoipierre n’a, semble-t-il, jamais brigué un mandat municipal il s’intéresse manifestement à la vie publique. Il est ainsi désigné par le conseil municipal comme électeur pour des scrutins sénatoriaux en décembre 1919 et 1926 puis en septembre 1935.

Lors du renouvellement, le 21 octobre 1932, du bureau de la formation conservatrice locale, le Comité d’union républicaine et d’action sociale, Lavoipierre est désigné comme membre de la commission de propagande. Le comité est présidé par Émile Lecuirot et a notamment pour vice-président Léon Lesestre, futur maire. Lorsque le comité décide de se transformer le 20 février 1935 en Union des républicains, à vocation exclusivement municipale, Lavoipierre devient vice-président, le futur adjoint au maire René Kirbühler.

Lavoipierre ne siège pas dans la municipalité de Lesestre et Kirbühler, qui est nommée par les autorités de Vichy en 1942.

La date du décès de Lucien Eugène Lavoipierre n’est pas connue. Il avait 56 ans en septembre 1935. Son épouse, Jeanne Lavoipierre, était en 1933 trésorière de la section de la Mutualité maternelle de Paris à Joinville.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 01:01
Henri Lorry
Henri Lorry

Henri Albert Lorry naît le 29 novembre 1863 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’un couple de concierges, Marie Catherine Galloy (ou Gallois) et son époux, Pierre Lorry.

Il épouse en mai 1890 à Paris (4e arr.) Marie Alexandrine Cretté, couturière, fille d’une domestique et d’un serrurier.

D’abord employé de commerce, Lorry devient ensuite ingénieur et fabricant d'appareils électriques. Il déposera des brevets, par exemple en novembre 1921 pour des relais à signal lumineux. Sa manufacture, située 171, rue du Faubourg-Saint-Antoine à Paris (11e arr.), emploie une vingtaine d’employés ; elle est victime d’un incendie en novembre 1922. Elle se spécialise dans la téléphonie privée et les réseaux puis produit également des accessoires pour la TSF.

Parallèlement à sa carrière professionnelle, Henri Lorry conduit une activité artistique. Il est d’abord chansonnier et parolier, comme Dans ma Gondole !, une barcarolle napolitaine sur une musique de Camille Robert (l’auteur de Quand Madelon…). Lorry est critique littéraire pour L’Hebdomadaire de Vichy-Ouest, publié à Cusset (Allier).

Lorry est l’auteur de pièces de théâtre en un acte, en vers ou en prose, en particulier une comédie bouffe Le Jeu de l'auto, représentée en 1912 à l’Éden-Concert à Paris. Cinq de ses textes sont repris en 1929 dans un volume, dont la couverture et un ex-libris sont réalisés par sa belle-fille, l’artiste joinvillaise Renée Lorry-Wahl (L'Art et l'argent, Faisons des économies, Les Baliveau attendent leur filleul, Le Puits aux Boches, Paulot dit la Teigne).

Son œuvre principale est un recueil de poésie, À temps perdu, publié chez Joseph Victorion en 1920 et préfacé par le chansonnier Aristide Bruant ; il est réédité en 1930 avec une couverture de Renée Lorry-Wahl. On y trouve des poèmes adressés à un de ses fils :

Pas encore de lettre au courrier ce matin

Et savoir que partout la bataille est intense !

Lorry était chevalier du Mérite agricole, titulaire des Palmes académiques (officier de l’instruction publique) et décoré de la Croix de guerre. Il était membre de la Société des poètes français et adhérent à la Société des gens de lettres.

Henri Lorry meurt le 3 août 1938 à Paris (3e arr.), à l’âge de 75 ans. Il est enterré au cimetière parisien du Père-Lachaise, où il est représenté par un médaillon du sculpteur Fr. Tréhin, aux côtés de son père Pierre Lorry (1826-1907) et de son petit-fils, du même nom (1917-1926).

Sa veuve, Marie Alexandrine Lorry meurt le 30 janvier 1953 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où résidaient ses deux fils, Pierre Anselme (1891-1960) et Georges (1897-1943), tous deux industriels, ce dernier également conseiller municipal de la commune.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 01:01

Henri Eugène Lacroix est né le 16 janvier 1872 à Paris (12e arr.). Il est le fils de François Eugène Lacroix et Célina Henriette Messier, domiciliés à Paris (12e arr.) puis à Maule (Seine-et-Oise, act. Yvelines).

Il épouse Flore Georgette Delafond, brodeuse, en juin 1901 à Paris ; il divorce en mai 1916 et se remarie avec Jeanne Louise Boulet en juillet 1918 à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Exerçant la profession de bijoutier, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avant 1901. Il s’y engage alors dans la vie politique et associative.

En mars 1901, il est élu président de la section de Joinville-le-Pont de la Ligue des droits de l'Homme qui vient d’être constituée.

Henri Lacroix signe des articles dans des hebdomadaires politiques locaux paraissant dans la banlieue sud-est de Paris, Le Réveil socialiste (1906), Tribune socialiste (1908) et La Voix socialiste (1909-1910). Il y insiste notamment sur les problèmes de son quartier de Polangis, à Joinville.

En janvier 1907, il lance dans L’Humanité une souscription en faveur d’un autre Joinvillais, avec lequel il entretient des relations étroites, Émile Lebègue. C’est le responsable de l’Union des sections SFIO de la deuxième circonscription de l'arrondissement de Sceaux, qui se trouve alors dans une « situation pénible ». Lacroix est secrétaire du groupe de Joinville de la 37e section du parti socialiste dans le département de la Seine, la section étant à l’échelle du canton de Saint-Maur.

Après avoir été candidat sur des listes socialistes, qui n’obtiennent pas d’élus, en 1904 et 1908, Henri Lacroix entre au conseil municipal de Joinville-le-Pont lors des élections de mai 1912. Il siège en compagnie de six autres adhérents de la SFIO, dont Émile Lebègue et Georges Laruelle. Le maire est Achille Ernest Mermet, radical dissident. Sa liste a fusionné avec celle des radicaux dissidents, les libéraux et l’emporte au second tour contre les radicaux-socialistes. Le conseil est composé de sept socialistes, dix radicaux dissidents et six libéraux.

Lacroix continue son activité d’élu local pendant la première guerre mondiale, étant mobilisé mais affecté en région parisienne. Lacroix vient tous les jours à la mairie, où il est délégué au paiement des allocations aux femmes de mobilisés, ce qui est, remarque Louis Rey, un de ses adversaires radical-socialiste dans l’hebdomadaire Voix des communes « un poste bien difficile » et fait de lui l’élu « contre lequel on médit le plus », même s’il considère qu’il est incapable des détournements dont on l’accuse. Il démissionne de cette fonction en juin 1915.

Lacroix s’oppose à la hausse du prix du gaz, votée par la mairie municipale. En 1916, Lacroix est en service à la préfecture de la Seine ; il prend publiquement position pour défendre le maire Ernest Mermet (radical dissident), mis en cause dans sa gestion des fonds de guerre.

Lacroix n’est pas candidat au premier tour lors du scrutin communal de 1919 ; il rejoint un ancien conseiller municipal socialiste, Georges Laruelle, au second tour sur la liste SFIO, en vingtième position. La liste obtient 502 suffrages en moyenne (33%) et n’a pas d’élu, Lacroix arrivant en tête avec 519 votes (34,1%). La liste d’Union républicaine et sociale, conduite par Henri Vel-Durand, remporte tous les sièges ; elle rassemble des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, anciens membres de la SFIO (Périn, Caperon).

En 1920, Henri Lacroix adhère au nouveau parti communiste, comme l’ensemble de la section SFIO de Joinville. Il n’a plus d’activité politique publique mais reste membre du Pcf, qui salue sa disparition en tant que camarade en 1924.

Henri Lacroix a eu deux filles. Il décède à Joinville-le-Pont le 16 juin 1924, à l’âge de 52 ans.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 01:01
Goujon Henri administration collèges
Goujon Henri administration collèges

(Suite de l'article du 30/09/2016).

À côté de ses activités caritatives, Goujon poursuit son travail éditorial. Il publie en 1894 un guide pratique, L’administration des collèges, que « toutes les personnes du métier possèdent » (Le Rappel). Il s’essaie également à un ouvrage plus scientifique, L'Expression du rythme mental dans la mélodie et dans la parole (1907). Si le livre est signalé dans de nombreux organes professionnels, il fait l’objet d’un accueil critique dans la revue jésuite Études, qui considère que « Goujon se borne à un travail de statistique ». La Revue de métaphysique et de morale lui consacre une longue analyse, regrettant que les « études préliminaires remplissent la plus grande partie de cet ouvrage » sans apporter de conclusions.

Placé en inactivité avec traitement en 1908, Goujon prend sa retraite en 1910. Il s’installe à Joinville-le-Pont, où il prodiguera des cours au profit de l’association philotechnique locale, une société d’enseignement populaire active.

Goujon s’engage également en politique. Il est élu, le 11 mars 1911, président du comité radical-socialiste municipal qui compte alors 70 membres. Il remplace Albert Gallas, qui ne se représentait pas. L’organisation radicale est alors en crise, plusieurs de ses élus ayant démissionné tandis que d’autres critiquent ouvertement le maire, Eugène Voisin, son adjoint, Georges Briolay et leur mentor, Louis Rey. Si Goujon lance un appel à l’union, il va se solidariser avec les radicaux de la municipalité et figure, en mai 1911, sur une liste dirigée par René Martin et Paul Purrey, de l’Union des commerçants lors d’un scrutin municipal partiel. Ce sont les dissidents qui l’emportent, avec l’appui des libéraux et des socialistes. Le bureau du comité radical démissionne en juin. Achille Ernest Mermet, l’un des élus ayant fait défection, est élu maire lors de l’élection municipale générale de mai 1912, qui voit une nouvelle défaite des radicaux-socialistes officiels.

Ayant quitté Joinville pour Antony (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine), où il est installé chez un de ses fils en 1914, Goujon, qui était titulaire des Palmes académiques (officier de l’instruction publique), est décoré en juillet de la Légion d’honneur.

Pendant la guerre, il reprend une activité humanitaire. L’association Les Mains blanches, officiellement déclarée en octobre 1915 mais active depuis plusieurs mois, se présente comme la Société française de patronage des prisonniers de guerre. Henri Goujon, qui en est le président et dont deux fils sont retenus en Allemagne, intervient pour assurer l’envoi de colis alimentaires aux prisonniers. Il plaide également pour une bonne application de l'accord de Berne sur les prisonniers de guerre.

Henri Goujon décède peu avant la fin de la guerre, le 28 septembre 1918 à Antony. Il était âgé de 63 ans.

Henri Goujon a eu quatre fils avec son épouse Pauline Louise Bonnon. Fernand (1881-1948) travaille à la préfecture de police de Paris. Henri Marie Daniel (1891-1956) est administrateur colonial, notamment au Togo. Ossian (1892-1968), commissaire, devient président de la Mutuelle des commissaires de police. Roland (v. 1895-1940) est artiste-peintre et illustrateur.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 01:01

Jean Marie Henri Goujon naît le 26 novembre 1854 à La Rochelle (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Il est le fils de Juliette Dorlhac et de son époux Alexandre Goujon, contrôleur des contributions indirectes. Selon le documentariste de la police, Jacques Arnal, sa famille serait liée à l’ancien député montagnard de la Convention, Jean Marie Claude Alexandre Goujon (1766-1795).

Après une licence ès-lettres, Henri Goujon intègre l’administration de l’instruction publique, d’abord comme sous-préfet répétiteur (1873-1879), puis comme professeur de collège (1879-1881), enfin comme principal de collège (jusqu’en 1908). Il avait effectué quatre ans de service militaire (1875-1879).

La carrière de Goujon l’amène dans différents villes moyennes, d’abord dans l’Indre (Châteauroux), la Haute-Loire (Le Puy), l’Allier (Montluçon) puis l’Eure-et-Loir (Dreux et Châteaudun). Au cours des six ans passés dans la Marne (Vitry-le-François et Sainte-Menehould), Goujon commence à publier des ouvrages pédagogiques (Sur l'enseignement secondaire des jeunes filles en 1887 ; L'Éducation virile en 1892). Il rejoint Avranches (Manche) où il passera seize ans en tant que principal du collège à partir de 1892, commençant une activité publique intense.

Fin 1894, Henri Goujon crée l'Œuvre du sou des enfants pour permettre au docteur Roux, de l'Institut Pasteur, de vacciner les enfants contre le croup, maladie qui fait alors des ravages. Président fondateur, Goujon est aussi l’unique artisan de l’œuvre qui revendique plus de 600 000 contributeurs en 1914. À cette date, elle aura versé plus de 62 000 francs à l'Institut Pasteur, permettant ainsi 900 inoculations gratuites par an et 18 000 en 20 ans. Le don moyen aurait donc été de 11 centimes, soit un peu plus de deux sous. Avec l’appui du ministre de l'Instruction publique, Georges Leygues, Goujon demandait aux enfants de lui verser un sou, les instituteurs lui transmettant les collectes. Après l’encouragement du Président de la République, Casimir-Périer, à la fin de l’année 1894, « son courrier est un des plus volumineux de France » (selon Le Petit Parisien). L’initiative, saluée avec enthousiasme par la majorité de la presse, fait cependant l’objet de réserves dans des journaux de gauche. Ainsi, Le Socialiste de la Manche, tout en se défendant de « taquiner le Goujon », met en cause son « goût trop prononcé de réclame personnelle » et sa proximité avec les autorités administratives, politiques et ecclésiastiques.

En 1900, Henri Goujon est à nouveau à l’initiative de L’Étoile universitaire, qui veut défendre les écoliers contre l’alcool. Elle revendique, en 1914, 103 sections et 3 000 membres. Il participe à ce titre au premier Congrès national contre l'alcoolisme à Paris, le 29 octobre 1903.

Lors de la constitution, en mars 1903, d’une section de la Ligue des Droits de l'Homme à Avranches, Henri Goujon est élu vice-président.

(A suivre)

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 01:01
Paul André Giansilj (Photo Bruno Baverel, licence CC BY-NC-SA 2.0)
Paul André Giansilj (Photo Bruno Baverel, licence CC BY-NC-SA 2.0)

Paul André Giansilj naît le 12 mars 1880 à Lozzi (Corse, act. Haute-Corse), le plus haut village de l’île, dans la région du Niolo, qui compte alors 1 200 habitants (il en a un dixième cent ans plus tard). Si l’orthographe Giansilj est confirmée, la plupart des documents portent la mention Giansily.

Son père, Antoine Giansilj, militaire, est apparemment absent à sa naissance et la déclaration est faite par le grand-père paternel. Bien que ses parents ne soient pas mariés, sa mère Marie Jéronyme porte également le nom de Giansilj, comme d’ailleurs le maire qui l’inscrit sur l’état-civil de la commune. L’union légale de ses parents en janvier 1882 lui donne une légitimation.

Plusieurs journaux témoignent du poids de deux familles dans le bourg : celle des Giansilj et des Simeoni (Max Simeoni, fondateur de l'Union du peuple corse, nationaliste, et député européen de 1989 à 1994, est né à Lozzi en 1929) : « Toute la Corse vous racontera, sans en être scandalisée, que le conseil municipal de Lozzi, dans le Niolo, est imposé à la commune depuis sept ans par les bandits Simeoni et Giansily » (Le Temps, 1887/05/21).

Alors adjudant, Antoine Giansilj obtient pour Paul André une bourse qui va lui permettre d’intégrer, en 1883, le lycée Buffon à Paris. Il obtient deux prix au concours général, premier en composition française en 1897 et second en mathématiques l’année suivante.

En 1899, Paul André Giansilj est reçu 12e au concours d’admission de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, dans la promotion In Salah. Il en ressort à un rang plus modeste (305e) et est nommé sous-lieutenant au 91e régiment d’infanterie en septembre 1901. Promu lieutenant deux ans plus tard, il est affecté en 1906 au 24e régiment d’infanterie puis devient en 1908 instructeur à l’école normale de gymnastique et d’escrime de Joinville-le-Pont où il est promu capitaine.

En mars 1913, Giansilj participe au congrès international de l'éducation physique de Paris où il présente un mémoire sur « La Gymnastique d'application militaire et les sports de combat ». Giansilj recommande une pratique quotidienne, mais modérée de la marche ; il souhaite une surveillance médicale et plaide pour le développement des sports de combat (tir, escrime, lutte, canne, bâton, jiu-jitsu).

Pendant son séjour à l’école de Joinville, Giansilj réside dans le 14e arrondissement de Paris (rue de Châtillon) et milite à la 14e section du parti socialiste unifié SFIO, qui couvre les quartiers Plaisance et Montparnasse.

Il est également vénérable de la loge Germinal, orient de Joinville-le-Pont, qui dispose d’un temple dans la commune au 3, rue Transversale. Elle accueille de nombreux officiers francs-maçons.

Ayant rejoint en 1913 le 104e régiment d’infanterie, en garnison à Argentan (Orne), il est au fort de Châtillon à la déclaration de guerre. Le capitaine Giansilj combat à Ethe, dans la province de Luxembourg (Belgique). Trois semaines après le début du conflit mondial, il est d’abord blessé à l'épaule lors de l'attaque de tranchées ennemies puis, ayant accompagné sa ligne de tirailleurs, tué par un éclat d'obus le 22 août 1914.

Paul André Giansilj était âgé de 34 ans. La mention Mort pour la France est apposée sur son état-civil et le nom de Giansilj figure sur les monuments aux morts de Lozzi et de Paris (7e arr.) ainsi que sur une plaque commémorative à l’intérieur du lycée Buffon. Il a été décoré de la croix de guerre et fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 01:01

Eugène Loddé naît le 4 avril 1887 à Saint-Clair-sur-Epte (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Il est le fils Berthe Marie Célanie Yoland et de son époux Alfred Victor Loddé.

Il est employé comme pâtissier à Magny-en-Vexin en 1906. Après son service militaire qu’il termine avec le grade de sergent (1909-1911), il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et travaille chez Pathé (cnéma).

Hippolyte Martres et Loddé font partie d’un petit groupe socialiste indépendant qui s’oppose à la tactique de la Sfio qui s’est alliée, lors des élections municipales de mai 1912, avec des radicaux dissidents et des libéraux pour faire tomber la municipalité radical-socialiste. Cependant, ils maintiennent le dialogue avec les socialistes unifiés et sont invités à des réunions de la section locale en juin et juillet 1912.

Parti à Saint-Germain-en-Laye en 1913, Loddé revient à Joinville l’année suivante et est mobilisé dans le 205e régiment d’infanterie le 4 août 1914. Il est tué à l’ennemi un mois plus tard, le 30 septembre sur la cote 108 à Berry-au-Bac (Aisne).

Le nom d’Eugène Loddé figure sur les monuments aux morts de Joinville et de Saint-Clair-sur-Epte ainsi que sur la plaque commémorative des établissements Kodak-Pathé de Vincennes.

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