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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 01:01

Jules Marchais naît le 18 octobre 1824 à Paris (12e arr.). Il est le fils d’Aimée Françoise Camus et de son époux François Paulin Marchais. Alors épicier rue Saint-Jacques à Paris (5e arr.), il épouse en mars 1852 Léontine Amable Chapelard.

Devenu rentier, il s’installe après 1867 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier du centre, allée des Marronniers. Il est candidat aux élections municipales du 6 janvier 1878. Il fait partie des 17 élus dès le premier tour (16 républicains et un orléaniste) pour 21 membres du conseil municipal. L’ancien maire, Louis Ferdinand Rousseau, qui avait pris le poste en 1876 après la démission d’Auguste Courtin, avait constitué une liste bonapartiste qui n‘a obtenu que très peu de voix selon le quotidien Le Siècle. Gabriel Pinson, républicain, devient maire.

Au côté d’Eugène Voisin, premier adjoint et futur maire, Jules Marchais devient deuxième adjoint au maire de la commune. Il démissionne de cette fonction en 1879 et est remplacé par François Nicolas Couppé. Cependant, il continue de siéger dans l’assemblée communale.

En septembre 1879, Marchais est l’un des signataires d’une motion de la majorité des membres du conseil municipal qui « blâment sévèrement le citoyen Demeestère ». Alphonse Demeestère, républicain et futur fondateur du comité radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Seine), avait lancé une souscription en faveur d'Adolphe Morandy, un ancien communard habitant Joinville, récemment libéré et alors malade ; Demeestère proposait de former un comité de secours aux amnistiés de la Commune de Paris.

Jules Marchais quitte Joinville pour la commune voisine de Saint-Maurice où il vit en 1883-1884, années de la mort de son épouse et de son fils Henri, cadet de ses cinq enfants. Il va ensuite résider à nouveau à Paris (15e arr.), rue de l'Abbé-Groult. Il y meurt le 13 juin 1894, âgé de 69 ans.

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 01:01

Yves Nicolas Le Gac naît le 20 mars 1872 à Clohars-Fouesnant, Finistère. Il est le fils d’Anne Marie Carric et de son époux Jean Le Gac.

En octobre 1897, Nicolas Le Gac, qui est gardien de la paix, épouse à Paris (11e arr.) Maria Leguillier, couturière. Au début du siècle, Le Gac s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il va exercer la fonction d’agent d’affaires avec le titre d’avocat-conseil. Il réside avenue Naast, dans le quartier de Palissy.

Lors des élections municipales de mai 1908, Le Gac est candidat en 15e position sur la liste du comité socialiste évolutionniste, qui comprend d’anciens socialistes et des personnalités d’obédience plus libérales, conduite par François Provin et sur laquelle on trouve notamment Théodore Leteuil et Eugène Hainsselin. Le Gac obtient 296 voix sur 1188, soit 24,9%. Il n’est pas élu.

Après les inondations de 1910, Le Gac cherche à fédérer un groupe de sinistrés en vue d’obtenir une réduction de leurs impôts. Sa propre maison a été sous l’eau. Il préside deux réunions à Joinville pour demander des déductions fiscales. La première en avril 1911 adopte un ordre du jour de protestation. La seconde accueille en juin de la même année le nouveau député socialiste de la 4e circonscription de de l’arrondissement de Sceaux, Albert Thomas, qui exclut tout espoir de dégrèvement général mais promet d’intercéder auprès du ministre pour les cas particuliers. Le Gac est assisté par Théodore Leteuil et Émile Lebègue, responsable de la section locale de la Sfio. Ces rencontres se situent dans une période de forte tension entre la municipalité, encore tenue par les radicaux-socialistes derrière le maire Eugène Voisin, et tous les opposants, qui vont s’unir en 1912 pour la faire tomber.

Après la première guerre mondiale, Le Gac rejoint la liste d’union républicaine et sociale conduite par Henri Vel-Durand, qui rassemble des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants ; elle s’oppose à une liste libérale et à une autre soutenue par le parti socialiste Sfio. Le Gac recueille au premier tour 958 suffrages pour 1694 exprimés soit 44,7% ; il y avait 1919 inscrits. Au second tour, il est élu, obtenant 958 des 1518 votes exprimés (63,1%).

Un service gratuit de consultations juridiques est installé à la mairie où il fonctionne deux heures le samedi. Il est Inauguré par Louis Gallas, docteur en droit, avocat à la cour d’appel de Paris (et leader des libéraux à Joinville). À partir de janvier 1920, il est poursuivi par Nicolas Le Gac, avocat-conseil.

Nicolas Le Gac, qui a perdu sa femme en juin 1919, n’est plus signalé comme membre du conseil municipal en avril et mai 1923. Sa date de décès n’est pas connue.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 01:01
Henri Lorry
Henri Lorry

Henri Albert Lorry naît le 29 novembre 1863 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’un couple de concierges, Marie Catherine Galloy (ou Gallois) et son époux, Pierre Lorry.

Il épouse en mai 1890 à Paris (4e arr.) Marie Alexandrine Cretté, couturière, fille d’une domestique et d’un serrurier.

D’abord employé de commerce, Lorry devient ensuite ingénieur et fabricant d'appareils électriques. Il déposera des brevets, par exemple en novembre 1921 pour des relais à signal lumineux. Sa manufacture, située 171, rue du Faubourg-Saint-Antoine à Paris (11e arr.), emploie une vingtaine d’employés ; elle est victime d’un incendie en novembre 1922. Elle se spécialise dans la téléphonie privée et les réseaux puis produit également des accessoires pour la TSF.

Parallèlement à sa carrière professionnelle, Henri Lorry conduit une activité artistique. Il est d’abord chansonnier et parolier, comme Dans ma Gondole !, une barcarolle napolitaine sur une musique de Camille Robert (l’auteur de Quand Madelon…). Lorry est critique littéraire pour L’Hebdomadaire de Vichy-Ouest, publié à Cusset (Allier).

Lorry est l’auteur de pièces de théâtre en un acte, en vers ou en prose, en particulier une comédie bouffe Le Jeu de l'auto, représentée en 1912 à l’Éden-Concert à Paris. Cinq de ses textes sont repris en 1929 dans un volume, dont la couverture et un ex-libris sont réalisés par sa belle-fille, l’artiste joinvillaise Renée Lorry-Wahl (L'Art et l'argent, Faisons des économies, Les Baliveau attendent leur filleul, Le Puits aux Boches, Paulot dit la Teigne).

Son œuvre principale est un recueil de poésie, À temps perdu, publié chez Joseph Victorion en 1920 et préfacé par le chansonnier Aristide Bruant ; il est réédité en 1930 avec une couverture de Renée Lorry-Wahl. On y trouve des poèmes adressés à un de ses fils :

Pas encore de lettre au courrier ce matin

Et savoir que partout la bataille est intense !

Lorry était chevalier du Mérite agricole, titulaire des Palmes académiques (officier de l’instruction publique) et décoré de la Croix de guerre. Il était membre de la Société des poètes français et adhérent à la Société des gens de lettres.

Henri Lorry meurt le 3 août 1938 à Paris (3e arr.), à l’âge de 75 ans. Il est enterré au cimetière parisien du Père-Lachaise, où il est représenté par un médaillon du sculpteur Fr. Tréhin, aux côtés de son père Pierre Lorry (1826-1907) et de son petit-fils, du même nom (1917-1926).

Sa veuve, Marie Alexandrine Lorry meurt le 30 janvier 1953 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où résidaient ses deux fils, Pierre Anselme (1891-1960) et Georges (1897-1943), tous deux industriels, ce dernier également conseiller municipal de la commune.

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 01:01
Antsiranana, vers 1887
Antsiranana, vers 1887

Eugène Louis Legendre naît le 30 mars 1848 à Paris (12e arr.). Il est le fils de deux joaillers, Élise Alexandrine Huchet (ou Huché) et son époux Louis Legendre. Lui-même exercera la même profession, principalement comme sertisseur.

En juillet 1868, Louis Legendre épouse Sophie Bogillot, ouvrière en dentelles, avec laquelle il aura quatre enfants.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Louis Legendre est candidat lors d’élections municipales partielles organisées en 1879 pour le remplacement de trois membres du conseil. En septembre 1879, Legendre prend parti dans le conflit qui oppose le maire de Joinville, le républicain Gabriel Pinson, à un conseiller municipal, Alphonse Demeestère, qui devra un des principaux dirigeants radicaux-socialistes de la circonscription. Demeestère a lancé une collecte pour venir en aide à un ancien communard démobilisé, Adolphe Morandy, ce dont s’offusque le maire, qui fait voter un blâme en conseil municipal le 27 septembre 1879 puis le fait afficher sur les murs de la ville. Outre Demeestère lui-même, sept conseillers refusent de le voter (Legendre, Vaudey, Bessault, Diot, Berné, Gobert et Mouriez) contre onze qui l’approuvent.

Lors des élections municipales de 1881 et de 1884, Legendre n’est pas réélu. Il est candidat en mai 1888 sur la liste constituée par le comité électoral républicain radical-socialiste, probablement la première organisation politique stricto sensu dans la commune. La liste rassemble des radicaux, dont Alphonse Demeestère et Henri Diot, conseillers sortants, ainsi que des socialistes, futurs membres du parti ouvrier, comme Jean Gustave Charton et Jean Baptiste Boguet. Le comité organise deux réunions publiques les 18 et 25 avril, pour faire le bilan du conseil sortant et présenter son programme puis faire désigner ses candidats. Legendre est en 15e position parmi les 21 candidats. Seuls trois membres de la liste radicale seront élus au second tour (Demeestère, Diot et Vaudey), la majorité conduite par Pinson étant reconduite.

L’activité professionnelle de Legendre le conduit à être fréquemment absent, notamment pour l’achat de pierres. C’est au cours d’un de ces voyages qu’il meut, le 6 février 1894, à Antsirane (act. Antsiranana), dans la région de Diégo-Suarez, à Madagascar. Louis Legendre était alors âgé de 46 ans. Son frère cadet, Louis Pierre, mourra également dans la grande île quatre ans plus tard.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 01:01

Henri Alphonse Louis Laurent naît à Joinville-le-Pont le 15 juillet 1830, alors dans le département de la Seine (département) Seine (aujourd’hui Val-de-Marne). Il est le fils de deux artistes-peintres : Henri Adolphe Louis Laurent (né à Valenciennes en 1830) et Lydie Adèle Laurent-Desrousseaux (née à Cherbourg en 1836).

Il entre en 1881 à l'École nationale supérieure des beaux-arts où il a comme professeur Émile Bin et Albert Maignan. Henri Laurent-Desrousseaux peint notamment des scènes religieuses et des paysages. Plusieurs de ses œuvres sont primées lors des Salon de peinture et de sculpture Salons de Paris et aux expositions universelles de Exposition universelle de Paris de 1889 1889 et Exposition universelle de Paris de 1900 1900 à Paris.

Selon le critique d'art Firmin Javel, Laurent-Desrousseaux est « un poète » et « un jeune artiste qui obtiendra également le plus vif succès » citant certaines de ses aquarelles (''le Chemin de la ferme'', ''la Plage'', ''Dans les foins'', ''la Combe d'Amorey''), il considère qu’il s’agit « d’autant de pages exquises, autant d'impressions justes. Et quelle originalité dans le choix des modèles ! ». Pour un chroniqueur du quotidien ''Le Gaulois (France) Le Gaulois'' « Laurent-Desrousseaux est un jeune maître absolument; il possède un acquis singulier, il y a quelque chose de définitif, d'arrêté dans son œuvre. La Pharmacie de village avec, sous la lueur de la lampe, ses religieuses en cornette préparant les médicaments, est d'une impression reposante. Le pastel le Fond du jardin transporte dans un coin du Paradou de Zola. Les tons de ses chairs, de ses fleurs sont d'une délicatesse et d'une transparence inouïes »

Henri Laurent-Desrousseaux rencontre Camille Moreau-Nélaton (1840-1897), peintre et céramiste ; elle est la mère du peintre et historien d'art Étienne Moreau-Nélaton. Il décide de s’adonner principalement à cette dernière discipline. Pour ses céramiques, il utilisera le pseudonyme d’Henri-Léon Charles Robalbhen et créera des pièces qui seront très appréciées par le public.

En tant qu’illustrateur, Henri Laurent-Desrousseaux collabore à divers journaux, comme Le Figaro ou La Mode pratique. Il réalise des aquarelles pour des romans, comme celui d'Alphonse Daudet, le Trésor d'Arlatan ou Reine des bois, écrit par André Theuriet. À la fin du dix-neuvième siècle, il partage un atelier avec ses parents dans Rue Hippolyte-Lebas rue Hippolyte-Lebas, dans le 9e arrondissement de Paris 9e.

Henri Laurent-Desrousseaux s’installe ensuite à Valmondois (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise) dans une maison paysanne où il fait construire un four de potier. Il y décède le 11 août 1906, à l’âge de 44 ans. Un beau bas-relief orne sa tombe dans le cimetière municipal de cette ville.

Henri Laurent-Desrousseaux : transparence inouïe
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 01:01

Henri Eugène Lacroix est né le 16 janvier 1872 à Paris (12e arr.). Il est le fils de François Eugène Lacroix et Célina Henriette Messier, domiciliés à Paris (12e arr.) puis à Maule (Seine-et-Oise, act. Yvelines).

Il épouse Flore Georgette Delafond, brodeuse, en juin 1901 à Paris ; il divorce en mai 1916 et se remarie avec Jeanne Louise Boulet en juillet 1918 à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Exerçant la profession de bijoutier, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avant 1901. Il s’y engage alors dans la vie politique et associative.

En mars 1901, il est élu président de la section de Joinville-le-Pont de la Ligue des droits de l'Homme qui vient d’être constituée.

Henri Lacroix signe des articles dans des hebdomadaires politiques locaux paraissant dans la banlieue sud-est de Paris, Le Réveil socialiste (1906), Tribune socialiste (1908) et La Voix socialiste (1909-1910). Il y insiste notamment sur les problèmes de son quartier de Polangis, à Joinville.

En janvier 1907, il lance dans L’Humanité une souscription en faveur d’un autre Joinvillais, avec lequel il entretient des relations étroites, Émile Lebègue. C’est le responsable de l’Union des sections SFIO de la deuxième circonscription de l'arrondissement de Sceaux, qui se trouve alors dans une « situation pénible ». Lacroix est secrétaire du groupe de Joinville de la 37e section du parti socialiste dans le département de la Seine, la section étant à l’échelle du canton de Saint-Maur.

Après avoir été candidat sur des listes socialistes, qui n’obtiennent pas d’élus, en 1904 et 1908, Henri Lacroix entre au conseil municipal de Joinville-le-Pont lors des élections de mai 1912. Il siège en compagnie de six autres adhérents de la SFIO, dont Émile Lebègue et Georges Laruelle. Le maire est Achille Ernest Mermet, radical dissident. Sa liste a fusionné avec celle des radicaux dissidents, les libéraux et l’emporte au second tour contre les radicaux-socialistes. Le conseil est composé de sept socialistes, dix radicaux dissidents et six libéraux.

Lacroix continue son activité d’élu local pendant la première guerre mondiale, étant mobilisé mais affecté en région parisienne. Lacroix vient tous les jours à la mairie, où il est délégué au paiement des allocations aux femmes de mobilisés, ce qui est, remarque Louis Rey, un de ses adversaires radical-socialiste dans l’hebdomadaire Voix des communes « un poste bien difficile » et fait de lui l’élu « contre lequel on médit le plus », même s’il considère qu’il est incapable des détournements dont on l’accuse. Il démissionne de cette fonction en juin 1915.

Lacroix s’oppose à la hausse du prix du gaz, votée par la mairie municipale. En 1916, Lacroix est en service à la préfecture de la Seine ; il prend publiquement position pour défendre le maire Ernest Mermet (radical dissident), mis en cause dans sa gestion des fonds de guerre.

Lacroix n’est pas candidat au premier tour lors du scrutin communal de 1919 ; il rejoint un ancien conseiller municipal socialiste, Georges Laruelle, au second tour sur la liste SFIO, en vingtième position. La liste obtient 502 suffrages en moyenne (33%) et n’a pas d’élu, Lacroix arrivant en tête avec 519 votes (34,1%). La liste d’Union républicaine et sociale, conduite par Henri Vel-Durand, remporte tous les sièges ; elle rassemble des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, anciens membres de la SFIO (Périn, Caperon).

En 1920, Henri Lacroix adhère au nouveau parti communiste, comme l’ensemble de la section SFIO de Joinville. Il n’a plus d’activité politique publique mais reste membre du Pcf, qui salue sa disparition en tant que camarade en 1924.

Henri Lacroix a eu deux filles. Il décède à Joinville-le-Pont le 16 juin 1924, à l’âge de 52 ans.

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 01:01
Belan-sur-Ource, rue d'Enfer
Belan-sur-Ource, rue d'Enfer

Prudent Louis Lachouille naît le 21 juin 1837 à Cusy (Yonne, commune fusionnée avec Ancy-le-Franc en 1973). Il est le fils de Marie Louise Millot et de Prudent Lachouille, cultivateur.

Prudent Louis fait des études à l'école d’agriculture de Grignon et produit, en 1861, une étude sur les machines nouvellement introduites dans le canton pour la Société centrale de l'Yonne pour l'encouragement de l'agriculture, à l’occasion du comice agricole d'Ancy-le-Franc. Il en défend l’usage, assurant que, « tandis qu'un ouvrier aurait mis dix jours pour battre les 700 gerbes, la machine n'a mis que six heures ». Il produit un rapport sur les labours profonds en 1865.

Marié en novembre 1869 avec Luce Voullemier à Belan-sur-Ource (Côte-d'Or), il s’installe dans cette commune distante d’une cinquantaine de kilomètres de celle de ses parents. Il devient un pilier des jurys des comices et concours agricoles dans une vaste portion de la France : Saint-Dizier (Haute-Marne), 1872 ; La Roche-sur-Yon (Vendée) et Langres (Haute-Marne), 1873 ; Vesoul (Haute-Saône), 1878 ; Tours (Indre-et-Loire), 1881 ; Saint-Quentin (Aisne), 1884 ; etc. Il est mobilisé lors de l’exposition universelle de Paris en 1878.

Au cours des années 80, Lachouille devient régisseur de l'institut agronomique de la ferme de la Faisanderie à Joinville-le-Pont (future École Du Breuil, dans la partie du Bois de Vincennes rattachée à Paris en 1929). Il teste la valeur nutritive des pommes de terre cuites dans l’aliment de bétail en 1894-1895. Il étudie également l’usage que l’on peut faire de la litière des moutons en 1897. Il continue de siéger dans des manifestations agricoles en région (Clermont-Ferrand, 1895) et participe à l’organisation du concours général agricole du palais de l’Industrie, à Paris, qui préfigure le salon de l’agriculture, siégeant notamment dans les jurys de 1883 et 1894.

Lachouille prend part aux élections municipales de mai 1888 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), en figurant en quatrième position sur la liste du comité électoral radical-socialiste, conduite par un conseiller municipal sortant, Alphonse Demeestère. Les radicaux auront seulement trois élus au second tour, où Lachouille ne concourt pas, tandis que dix-huit élus constituent la majorité républicaine du maire Gabriel Pinson.

Décoré du Mérite agricole, chevalier en 1886, officier en 1902, Lachouille prend sa retraite cette même année et retourne s’installer à Belan-sur-Ource.

Probablement élu conseiller municipal de ce village de 575 habitants en 1912, il succède à Laurent Claude Manciot comme maire de Belan-sur-Ource en juin ou juillet 1914. Il exerce ce mandat jusqu’aux élections municipales de décembre 1919.

Prudent Louis Lachouille meurt à son domicile de la rue d'Enfer, à Belan-sur-Ource, le 4 novembre 1921, âgé de 84 ans.

Il avait un fils, Marc, médecin obstétricien (1871-1934) et est peut-être cousin du député socialiste Édouard Vaillant (1840-1915), dont la mère, Marie Anne Cécile Ambroisine Lachouille, est née à Ancy-le-Franc.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 01:01
Goujon Henri administration collèges
Goujon Henri administration collèges

(Suite de l'article du 30/09/2016).

À côté de ses activités caritatives, Goujon poursuit son travail éditorial. Il publie en 1894 un guide pratique, L’administration des collèges, que « toutes les personnes du métier possèdent » (Le Rappel). Il s’essaie également à un ouvrage plus scientifique, L'Expression du rythme mental dans la mélodie et dans la parole (1907). Si le livre est signalé dans de nombreux organes professionnels, il fait l’objet d’un accueil critique dans la revue jésuite Études, qui considère que « Goujon se borne à un travail de statistique ». La Revue de métaphysique et de morale lui consacre une longue analyse, regrettant que les « études préliminaires remplissent la plus grande partie de cet ouvrage » sans apporter de conclusions.

Placé en inactivité avec traitement en 1908, Goujon prend sa retraite en 1910. Il s’installe à Joinville-le-Pont, où il prodiguera des cours au profit de l’association philotechnique locale, une société d’enseignement populaire active.

Goujon s’engage également en politique. Il est élu, le 11 mars 1911, président du comité radical-socialiste municipal qui compte alors 70 membres. Il remplace Albert Gallas, qui ne se représentait pas. L’organisation radicale est alors en crise, plusieurs de ses élus ayant démissionné tandis que d’autres critiquent ouvertement le maire, Eugène Voisin, son adjoint, Georges Briolay et leur mentor, Louis Rey. Si Goujon lance un appel à l’union, il va se solidariser avec les radicaux de la municipalité et figure, en mai 1911, sur une liste dirigée par René Martin et Paul Purrey, de l’Union des commerçants lors d’un scrutin municipal partiel. Ce sont les dissidents qui l’emportent, avec l’appui des libéraux et des socialistes. Le bureau du comité radical démissionne en juin. Achille Ernest Mermet, l’un des élus ayant fait défection, est élu maire lors de l’élection municipale générale de mai 1912, qui voit une nouvelle défaite des radicaux-socialistes officiels.

Ayant quitté Joinville pour Antony (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine), où il est installé chez un de ses fils en 1914, Goujon, qui était titulaire des Palmes académiques (officier de l’instruction publique), est décoré en juillet de la Légion d’honneur.

Pendant la guerre, il reprend une activité humanitaire. L’association Les Mains blanches, officiellement déclarée en octobre 1915 mais active depuis plusieurs mois, se présente comme la Société française de patronage des prisonniers de guerre. Henri Goujon, qui en est le président et dont deux fils sont retenus en Allemagne, intervient pour assurer l’envoi de colis alimentaires aux prisonniers. Il plaide également pour une bonne application de l'accord de Berne sur les prisonniers de guerre.

Henri Goujon décède peu avant la fin de la guerre, le 28 septembre 1918 à Antony. Il était âgé de 63 ans.

Henri Goujon a eu quatre fils avec son épouse Pauline Louise Bonnon. Fernand (1881-1948) travaille à la préfecture de police de Paris. Henri Marie Daniel (1891-1956) est administrateur colonial, notamment au Togo. Ossian (1892-1968), commissaire, devient président de la Mutuelle des commissaires de police. Roland (v. 1895-1940) est artiste-peintre et illustrateur.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 01:01

Jean Marie Henri Goujon naît le 26 novembre 1854 à La Rochelle (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Il est le fils de Juliette Dorlhac et de son époux Alexandre Goujon, contrôleur des contributions indirectes. Selon le documentariste de la police, Jacques Arnal, sa famille serait liée à l’ancien député montagnard de la Convention, Jean Marie Claude Alexandre Goujon (1766-1795).

Après une licence ès-lettres, Henri Goujon intègre l’administration de l’instruction publique, d’abord comme sous-préfet répétiteur (1873-1879), puis comme professeur de collège (1879-1881), enfin comme principal de collège (jusqu’en 1908). Il avait effectué quatre ans de service militaire (1875-1879).

La carrière de Goujon l’amène dans différents villes moyennes, d’abord dans l’Indre (Châteauroux), la Haute-Loire (Le Puy), l’Allier (Montluçon) puis l’Eure-et-Loir (Dreux et Châteaudun). Au cours des six ans passés dans la Marne (Vitry-le-François et Sainte-Menehould), Goujon commence à publier des ouvrages pédagogiques (Sur l'enseignement secondaire des jeunes filles en 1887 ; L'Éducation virile en 1892). Il rejoint Avranches (Manche) où il passera seize ans en tant que principal du collège à partir de 1892, commençant une activité publique intense.

Fin 1894, Henri Goujon crée l'Œuvre du sou des enfants pour permettre au docteur Roux, de l'Institut Pasteur, de vacciner les enfants contre le croup, maladie qui fait alors des ravages. Président fondateur, Goujon est aussi l’unique artisan de l’œuvre qui revendique plus de 600 000 contributeurs en 1914. À cette date, elle aura versé plus de 62 000 francs à l'Institut Pasteur, permettant ainsi 900 inoculations gratuites par an et 18 000 en 20 ans. Le don moyen aurait donc été de 11 centimes, soit un peu plus de deux sous. Avec l’appui du ministre de l'Instruction publique, Georges Leygues, Goujon demandait aux enfants de lui verser un sou, les instituteurs lui transmettant les collectes. Après l’encouragement du Président de la République, Casimir-Périer, à la fin de l’année 1894, « son courrier est un des plus volumineux de France » (selon Le Petit Parisien). L’initiative, saluée avec enthousiasme par la majorité de la presse, fait cependant l’objet de réserves dans des journaux de gauche. Ainsi, Le Socialiste de la Manche, tout en se défendant de « taquiner le Goujon », met en cause son « goût trop prononcé de réclame personnelle » et sa proximité avec les autorités administratives, politiques et ecclésiastiques.

En 1900, Henri Goujon est à nouveau à l’initiative de L’Étoile universitaire, qui veut défendre les écoliers contre l’alcool. Elle revendique, en 1914, 103 sections et 3 000 membres. Il participe à ce titre au premier Congrès national contre l'alcoolisme à Paris, le 29 octobre 1903.

Lors de la constitution, en mars 1903, d’une section de la Ligue des Droits de l'Homme à Avranches, Henri Goujon est élu vice-président.

(A suivre)

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 01:01

Louis Joseph Volant naît le 23 mai 1848 à Rousset-les-Vignes (Drôme). Ses parents, Rosalie Bérenger et son époux Auguste Volant, sont marchands. Son père ne sait pas signer.

En mai 1875, Louis Volant, alors garçon de restaurant, épouse à Paris (6e arr.) Gabrielle Adèle Gosselin, cuisinière, originaire de Préseau (Nord). Il est installé avant 1888 à Joinville-le-Pont, où il exploite avec sa femme un café-restaurant rue du Pont, sur la rive droite de la Marne.

Il mène une activité sociale, participant en avril 1888 au bal de la fanfare au profit des pauvres et devenant, avant 1896, administrateur de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il est récompensé en 1903 pour « services rendus à la mutualité. »

Volant prend position en juillet 1888 au sein d’un « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines » en faveur d’Amédée Gosset, mécanicien, qui sera élu conseiller municipal en remplacement de l’ancien maire décédé, Gabriel Pinson. Volant sera toujours proche du nouveau maire, Eugène Voisin, qu’il soutient publiquement et qui le sollicite pour rejoindre sa liste en mai 1900. Bien qu’inscrit en dernière position, Volant obtient un score supérieur à neuf de ses colistiers et est élu dès le premier tour comme l’ensemble de la liste.

Il ne se représente pas en 1904, mais reste dans l’entourage d’Eugène Voisin et des radicaux-socialistes.

Louis Volant, qui n’avait pas d’enfant, meurt le 23 février 1917 à son domicile de Joinville. Il était alors âgé de 68 ans. Après sa disparition, son café continuera d’accueillir des activités associatives ou politiques de formations de gauche.

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