André Vidal naît le 1er juillet 1908 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Clémence Linard et de son mari Jean Théodore Vidal, artisan tôlier.
Devenu également tôlier, probablement dans l’atelier de son père, André Vidal épouse Marcelle Marthe Monréal en juin 1930 à Saint-Maur. Puis, son père ayant fermé son atelier, il devient employé de la société des Transports en commun de la région parisienne (act. RATP).
Militant syndicaliste à la Confédération générale du travail (CGT), André Vidal vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue du Canal, après la deuxième guerre mondiale. Il se présente sous l’étiquette CGT aux élections municipales d’avril 1945 à Joinville. Il figure sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par la maire sortant, Robert Deloche, communiste. Avec une moyenne de 3 979 voix, soit 61,7% des 6 447 suffrages exprimés sur 6 621 votants et 7 811 inscrits, la liste emporte tous les sièges et Deloche est réélu maire. Le conseil municipal comprend 7 communistes, 6 socialistes, 5 radicaux et 9 indépendants de gauche (dont Vidal). Son mandat prend fin en octobre 1947.
André Vidal meurt le 4 juillet 1967 à Créteil. Il était âgé de 59 ans.
Émile Marie Pihour naît le 29 novembre 1906 à Plessé (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Joséphine Marie Lambierge et de son mari François Pierre Pihour, ferblantier.
Devenu représentant de commerce, pour les laines Pingouin, Émile Pihour épouse en décembre 1932 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Gabrielle Doublet, institutrice. Sa famille maternelle est originaire de Bretagne et son père du Loir-et-Cher, mais ils étaient déjà installés à Joinville en 1905. Les époux Pihour s’installent dans cette commune, dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire).
Lors des élections municipales d’avril 1953, Émile Pihour est candidat sur la liste présentée par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) et conduite par Pierre Calmon. Elle arrive en troisième position, avec une moyenne de 1 334 voix pour 6 748 suffrages exprimés (19,8%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. La liste communiste de la municipalité sortante est en tête avec 35,6% et dix sièges, suivie de la liste divers-droite de Georges Defert avec 22,1% et six élus, les socialistes SFIO avec 12,3% ont 3 conseillers municipaux et le Mouvement républicain populaire (MRP, démocrates-chrétiens) en a 2 avec 9,2% des voix. Grâce aux voix RPF, MRP et divers-droite, Georges Defert est élu maire.
Le RPF a eu six élus et Pihour, qui arrive en quinzième positions des candidats, n’entre donc pas dans l’assemblée locale. Cependant, en décembre 1957, suite à deux démissions et au renoncement de huit autres candidats, il devient conseiller municipal. Parmi les anciens candidats ayant décliné l’entrée dans le conseil figure son beau-père, lui aussi représentant de commerce et voisin, Gabriel Doublet (1872-1965).
En 1959, la proportionnelle est abandonnée par les élections municipales. Les gaullistes font une liste commune avec la SFIO et le MRP mais n’ont pas d’élu, de même qu’en 1965.
Lors des élections municipales de 1971, Georges Defert présente une liste unique de la droite, qui l’emporte dès le premier tour avec 64,2% des suffrages exprimés face aux communistes (35,8%). Émile Pihour rentre de nouveau au conseil municipal. Le décès de Defert en 1975 amène les élus à désigner son premier adjoint, Jean-Pierre Garchery pour le remplacer. Lors des élections municipales suivantes, en mars 1977, la droite, de nouveau divisée au premier tour, est battue au second par la liste d’union de la gauche, conduite par le communiste Guy Gibout.
Émile Marie Pihour meurt le 1er janvier 1975 à Joinville. Il était âgé de 68 ans et père de deux enfants.
Raoul Asselin naît le 8 avril 1906 à Croix-Moligneaux (Somme).
En 1926, il est devenu charpentier et vit chez ses oncle et tante à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), rue Leprince. Il épouse en août 1928 dans la ville voisine de Joinville-le-Pont, Suzanne Anna Souvignon, fille d’un employé des tramways de l’Est parisien. Ils s’installent dans cette ville, quai de la Marne, et Asselin travaille dans la commune proche de Fontenay-sous-Bois.
Des élections municipales complémentaires sont organisées en octobre 1934 à Joinville-le-Pont pour pourvoir dix postes devenus vacants suite à des démissions ou décès. Pour la première fois depuis la scission de 1920 avec les militants devenus communistes, le parti socialiste SFIO présente une liste autonome. En 1925 et 1929, les candidats socialistes figuraient sur des listes de cartel des gauches, conduites par des radicaux-socialistes. Raoul Asselin est présent sur la liste, qui est conduite par Robert Derivière.
La liste socialiste est en concurrence avec une liste de concentration républicaine, issue d’un accord entre le comité radical-socialiste et les principales organisations de droite, une liste républicaine indépendante et la liste communiste. La Concentration républicaine a une nette avance avec 36,9% des suffrages exprimés, les Républicains indépendants suivent à 25,4%, les communistes à 17,8% sont légèrement devant les socialistes à 17,5%. Asselin obtient 400 voix pour 2 297 suffrages exprimés (17,4%) sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la SFIO se retire et appelle à voter pour les communistes ; tous les sièges sont emportés par la Concentration républicaine.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Raoul Asselin est mobilisé comme soldat dans le 20e régiment de train. Il est fait prisonnier et interné à Elsterhorst (Saxe), en Allemagne, au sein du Stalag IV A (Kriegsgefangenen-Mannschafts-Stammlager, camp ordinaire de prisonniers de guerre).
Raoul Asselin meurt le 30 décembre 1975 à Beauvais-sur-Matha (Charente-Maritime). Il était âgé de 69 ans et père d’un enfant.
Eugène Cochard naît le 24 novembre 1894 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Joséphine Tamponnet, polisseuse, et de son époux Marius Joseph Eugène Cochard, électricien. Ils demeurent rue Saint-Maur.
Ayant perdu son père, Eugène Cochard est devenu commis dessinateur pour la préfecture du département de la Seine et vit à Paris (2e arr.), rue Montmartre quand il est mobilisé peu après le déclenchement de la première guerre mondiale en septembre 1914. Il rejoint le 131e régiment d’infanterie. Nommé caporal en décembre 1914 puis sergent en avril 1915, il combat notamment à Courtemont, Varennes et Reuilly. Il est cité une première fois, à l’ordre de la brigade, en juillet 1916 : « sergent grenadier d’une grande bravoure, le 12 juillet a fait preuve de beaucoup d’énergie et de sang-froid en résistant avec ses hommes au coup de main que l’ennemi tentait sur nos petits postes après un violent bombardement ». Il l’est à une deuxième occasion en octobre la même année : « très bon sous-officier, calme et courageux ; à l’attaque du 2 septembre 1916, a pris le commandement d’une section dont le chef venait d’être blessé ; a continué avec énergie et décision la marche en avant ; a conduit ce même jour une patrouille dans des conditions périlleuses et a rapporté d’utiles renseignements. »
Sa troisième citation, à l’ordre du régiment est datée d’avril 1918 : « vaillant sous-officier, a résisté crânement le 24 mars 1918 avec ses hommes à la poussée allemande défendant le terrain pied à pied et faisant subir à l’ennemi des pertes sensibles ». Il est ensuite fait prisonnier le 15 juillet 1918 et retenu en captivité à Cassel & Cottbron. Il est rapatrié le 18 janvier 1919. Il est affecté ensuite à la 8e section d’infirmiers en avril avant d’être démobilisé en octobre 1919.
En mars 1922, Eugène Cochard épouse à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) Marie Anne Aline Grimaux, native des Hautes-Pyrénées. Ils s’installent en 1925 à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Beauvais puis en 1929 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), Grande-Rue. Ils rejoignent enfin deux ans plus tard dans la commune voisine de Joinville-le-Pont le quartier de Polangis, avenue Foch.
Réintégré après le conflit mondial au service des Égouts de la préfecture de la Seine, Cochard le quitte en mars 1923 pour remplir les fonctions de conducteur de travaux au service d'architecture départemental. Il devient ensuite ingénieur pour la Ville de Paris. Il participe en juillet 1934 à la distribution des prix aux élèves de l’Institution Palissy, école privée catholique de Joinville.
Si son attitude pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue, il faut probablement l’assimiler à Eugène Cochard, identifié par le Service historique de la défense dans ses Dossiers administratifs de résistants, même si aucune précision n’est fournie permettant de les rapprocher.
Après la fin de la guerre, Eugène Cochard est candidat aux élections municipales de novembre 1947 sur la liste présentée par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) à Joinville. Elle arrive en tête avec 44% des suffrages exprimés et 13 sièges sur 27. L’Union républicaine et résistante du maire sortant, Robert Deloche, communiste, obtient 43,3% et le même nombre d’élus. C’est le seul socialiste SFIO, désigné avec 6,5% des voix, qui fait la différence permettant de réélire Deloche. Eugène Cochard devient conseiller municipal.
En mai 1951, il publie, sous le titre de « Civilisation ? » un article dans l’hebdomadaire libéral local Nouvelle Union régionale : Un aveugle de faibles ressources demande au commissariat qu’on emmène à l’hôpital en ambulance un enfant de trois ans, malade ; mais on lui oppose un refus car il ne peut présenter de certificat médical, trop coûteux à faire pour lui un dimanche. Sur le plan professionnel, Cochard est devenu ingénieur divisionnaire.
Le mandat du conseil municipal est agité : suite à trois démissions successives, le seul siège SFIO est occupé par quatre personnes. Le parti communiste exclut le maire, Deloche, qui démissionne et est remplacé en mars 1953 pour deux mois par Amélie Trayaud, communiste également. Mais le vote a été l’occasion de montrer la division de la droite, qui disposait d’une majorité relative dans le conseil, mais n’a pu se mettre d’accord sur un candidat commun. Cochard reste fidèle au représentant officiel du RPF, Pierre Calmon, tandis qu’un autre groupe s’est formé derrière Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR, centre-gauche) et la tête de liste de 1947, Pierre Perly.
Lors des élections municipales d’avril 1953, Eugène Cochard figure sur la liste du RPF, dirigée par Calmon. Elle est devancée par les communistes (35,6%, 10 élus) et la partie de la droite conduite par Defert (22,1%, 6 sièges) en obtenant également six conseillers municipaux avec 19,8%. L’assemblée accueille aussi trois socialistes SFIO (12,3%) et deux démocrates-chrétiens du Mouvement républicain populaire (MRP, 9,2%). Étant arrivé en septième position des candidats RPF, Cochard n’est pas élu. Lors de la désignation du maire, le RPF et le MRP soutiennent Defert, qui est élu maire.
Au cours du mandat, Cochard redevient conseiller municipal suite à la vacance d’un siège de sa liste ; il s’agit probablement de celui d’Edmond Eeckhout, mort le 31 juillet 1957. Mais il démissionne lui aussi et est remplacé en décembre 1957 par Mignon.
Dans le collège des cadres, Cochard est candidat sur la liste commune et unique présentée par les syndicats Confédération générale du travail (CGT) et Confédération française des travailleurs chrétiens (CTC, act. CFDT) pour la désignation des représentants du personnel à la Commission administrative paritaire du personnel de la Ville de Paris. Il est élu en qualité de suppléant en février 1958. Il prend sa retraite fin 1959 et se voit reconnaître le titre d’ingénieur divisionnaire honoraire.
Eugène Cochard meurt le 30 avril 1970 à Montpellier (Hérault). Il était âgé de 75 ans et père de deux fils. Décoré de la Croix de guerre, avec deux étoiles de bronze et un étoile d’argent, il avait également obtenu, en décembre 1950, la Médaille militaire. En mars 1949, la Médaille d’honneur départementale et communale de vermeil lui avait été attribuée.
Maurice René Petit naît le 9 juin 1878 à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est déclaré comme fils d’Hortense Marie Petit, domestique, et d’un père non dénommé ; sa mère le reconnaît en décembre 1898 dans la même mairie. Il vit alors avec elle à Paris (17e arr.), avenue de Clichy et est peintre en bâtiment.
En mai 1899, il est exempté de service militaire du fait d’une ostéomyélite du tibia gauche. Il épouse, en avril 1905 à Paris (10e arr.) Marthe Noël, blanchisseuse, originaire d’Épône (Seine-et-Oise). Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis.
Au début de la première guerre mondiale, Maurice Petit n’est pas mobilisé du fait de son état de santé, caractérisé par une « légère claudication ». À partir d’avril 1917, il est affecté à des services auxiliaires dans le 1er régiment de zouaves puis le 19e escadron du train des équipages. Il est démobilisé en février 1919.
C’est probablement lui le vice-président de la Mutualité scolaire de Joinville, qui assure le fonctionnement de cette société de secours mutuels au début de la guerre, avec le président Alphonse Depasse.
Après la fin du conflit, Maurice Petit est candidat, en sixième position, sur la liste socialiste SFIO pour les élections municipales de novembre 1919 à Joinville, conduite par Georges Laruelle. La liste d’Union républicaine et sociale, qui regroupe des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, arrive en tête avec 44,8% des suffrages exprimés, devant la SFIO à 29,0% et le Bloc indépendant (droite), à 26,2%. Cette dernière se retire avant le second tour, qui voit la victoire du centre-gauche remportant les 23 sièges à pourvoir avec 65,5% des votes devant la SFIO (34,5%). Au premier tour, Maurice Petit avait obtenu 499 voix pour 1 518 suffrages exprimés (32,9%) sur 1 537 votants et 2 491 inscrits.
Le journal L’Humanité publie, en mai 1920, une liste de onze joinvillais participant à une souscription « Pour les victimes de la grève et des violences gouvernementales », dont Maurice Petit.
Comme la totalité des membres de la SFIO à Joinville-le-Pont, Maurice Petit est probablement devenu membre du parti communiste suite au congrès de Tours en décembre 1920, qui a vu la majorité des délégués voter l’adhésion aux conditions posées par l’Internationale communiste.
Vivant toujours, avec sa famille à Joinville-le-Pont et continuant son métier de peintre, Maurice Petit ne semble pas avoir eu après 1920 d’activité politique ou sociale publique.
Maurice Petit meurt le 14 février 1945 à Levallois-Perret, sa commune de naissance et était toujours domicilié à Joinville. Âgé de 66 ans, il était père d’une fille.
Il ne semble pas qu’on puisse rapprocher Maurice Petit d’un autre Petit, dont le prénom n’est pas établi, élu conseiller municipal socialiste SFIO en 1912. En effet, l’adresse de ce dernier mentionnée au cours de la campagne puis du mandat n’est pas celle de Maurice Petit et ce dernier ne fait pas mention, dans sa candidature en 1919, d’un titre de conseiller municipal ou d’ancien conseiller municipal.
Lucien Charles Provin naît le 7 janvier 1895 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Isabelle François et de son mari, Charles-Jules Provin, sapeur-pompier dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.
Alors plombier, Charles Provin est mobilisé au début de la première guerre mondiale en décembre 1914 mais détaché dans une usine métallurgique locale, Bi-Métal, à Joinville, qui produisait des fils pour les besoins de l’armée notamment pour les communications téléphoniques. En juillet 1916, il rejoint une unité militaire, le 74e régiment d’infanterie. Au cours d’une permission, il épouse en août 1916 à Saint-Maur, Yvonne Chabas, journalière ; son frère aîné Léon se marie le même jour.
Puis en septembre 1916, il est affecté au 220e régiment d’infanterie. Le 19 mai 1917 il est cité à l’ordre de la division : « dans la nuit du 27 avril 1917, au cours d’une opération délicate, s’est porté avec courage à l’attaque des tranchées allemandes, a engagé avec vigueur le combat à la grenade contre les ennemis qui défendaient avec énergie et leur a occasionné des pertes sensibles. »
Malgré ces félicitations, il est noté comme « absent » de son unité le 23 juin puis porté « déserteur » le 12 juillet 1917. Arrêté le 27 juillet à Saint-Maur, il est traduit le 2 septembre devant le conseil de guerre qui le condamne, pour désertion, à quatre ans de travaux publics avec sursis. La légèreté de la peine et le fait qu’il n’ait, semble-t-il, pas été envoyé dans une unité disciplinaire, laisse penser qu’il a bénéficié de circonstances atténuantes ; il sera amnistié le 24 octobre 1919.
Ayant repris son service armé, il est de nouveau cité à l’ordre du régiment le 7 novembre 1917 : « très dévoué et courageux, entraînant ses camarades par son exemple, faisant partie d’une reconnaissance le 22/10, a attaqué un petit poste avec un entrain merveilleux ». Transféré au 329e régiment d’infanterie en décembre 1917, il est de nouveau cité le 12 avril 1918 à l’ordre du régiment : très bon soldat, le 24 mars 1918, est resté au contact de l’ennemi sous un feu violent de mitrailleurs, jusqu’à épuisement complet de ses munitions, contribuant ainsi à arrêter la progression de l’adversaire ». Nommé caporal peu avant la fin de la guerre en octobre 1918, il est démobilisé en août 1919.
En 1937, CharlesProvin est chauffeur de machine à vapeur. Il s’installe à Joinville-le-Pont, rue de Paris.
Au cours de la deuxième guerre mondiale, CharlesProvin est enregistré dans la commune de Boutigny (act. Boutigny-Prouais, Eure-et-Loir) où une carte alimentaire lui est délivrée. C’est peut-être là qu’il est arrêté et envoyé en déportation.
Lucien CharlesProvin meurt le 26 mai 1945 à Paris (18e), boulevard Ney, à l’hôpital Bichat, où il était hospitalisé peut-être à son retour d’un camp. Son décès est déclaré par Maurice Pouvrasseau, membre du comité local de Libération du 18e arrondissement. Il est retranscrit sur l’état-civil de Joinville-le-Pont, où il est inhumé. Le nom de Lucien Provin figure sur le monument aux morts de Joinville et dans la base des morts en déportation du Service historique de la défense. La mention Mort pour la France a été ajoutée sur son acte de décès à la demande du ministère de la guerre et des anciens combattants en mai 1946. À son trépas, il était âgé de 50 ans et père de quatre enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre.
Son oncle, François CharlesProvin, avait été adjoint au maire de Joinville-le-Pont (1925-1929) ; un de ses gendres, Roger Rouvet, sera également conseiller municipal de Joinville (1947-1950).
Tombe de Charles Lucien Provin à Joinville-le-Pont
Charles Joseph Auguste Le Goff nait le 2 septembre 1903 à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Il est le fils de Georgette Andréa Lizeray et de son mari, Joseph Marie Le Goff, chauffeur (probablement de machines agricoles). Ils vivent dans la Grande-Rue puis route de Bezons.
Devenu électricien, Charles Le Goff épouse en septembre 1925 à Paris (17e arr.) Marcelle Antoinette Raffin, comptable, dont les parents sont originaires de Savoie. Ils s’installent en 1936, avec leur fille et les beaux-parents à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Oudinot, dans le quartier de Polangis. Charles Le Goff travaille toujours comme électricien à Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine).
Au cours de la deuxième guerre mondiale, Charles Le Goff s’engage dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur.
À la Libération, il est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville-le-Pont par arrêté préfectoral du 26 septembre 1944. Il a été choisi par le comité local de Libération, après avis du comité parisien de la Libération. Il fait ainsi fonction de conseiller municipal. Le président, assurant le rôle de maire, est le communiste Robert Deloche. L’assemblée comprend aussi des socialistes SFIO, des indépendants et des radicaux-socialistes, comme le deuxième vice-président, Henri Drevet et Charles Le Goff.
Lors des premières élections municipales en mai 1945, Deloche conduit une liste d’Union résistante et démocratique. Avec une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés, elle emporte les 27 sièges à pourvoir. Le conseil comprend 7 communistes, 6 socialistes, 5 radicaux-socialistes (dont Le Goff) et 9 indépendants de gauche, souvent proches du PCF.
N’étant pas réélu lors des scrutins suivants, de 1947, 1953 et 1959, Charles Le Goff est de nouveau candidat en mars 1965. Il figure sur la liste d’Union démocratique, conduite par le communiste Henri Bideaux. Elle comprend 24 candidats communistes mais également un socialiste, un indépendant et lui-même, qui porte l’étiquette radicale-socialiste. La liste obtient au premier tour une moyenne de 29,9% des voix, derrière le maire sortant Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-droit) à 43,6% et devant les gaullistes à 26,6%. Au second tour, les candidats de Defert emportent les 27 sièges à pourvoir avec 60,4% des suffrages exprimés, les communistes se situant à 38,1% en moyenne. Charles Le Goff n’est pas élu.
Charles Le Goff meurt le 2 octobre 1973 à Joinville. Il était âgé de 70 ans et père d’un ou deux enfants.
Jules Serval est désigné pour siéger au conseil municipal provisoire qui se met en place le 3 septembre 1944 à Lyon après la Libération de la ville et comprend également d’anciens élus écartés par le régime de Vichy. Il sera élu dans cette même assemblée en avril 1945 puis en octobre 1947, siégeant toujours au sein du groupe communiste. Membre du conseil d’administration des hospices de Lyon, il est aussi délégué cantonal de l’enseignement pour le 7e arrondissement.
En février 1948 à Lyon (7e arr.), Jules Serval épouse sa compagne Henriette Raymonde Barbotte. Ils vivent rue de l'Abbé-Rozier à Lyon (1er arr.).
En matière syndicale, Jules Serval remplace Paul Entzmann comme secrétaire de l’Union départementale de la CGT du Rhône en août 1945. Il plaide pour l’abandon du « cadre trop strict de la Charte d’Amiens » qui régit les rapports entre le syndicalisme cégétiste et les formations politiques, appelant les syndicalistes à jouer un rôle économique et politique. En décembre 1951, il est poursuivi pour « incitation de militaires à la désobéissance » devant le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir appelé à manifester contre le départ des troupes en Indochine.
Il prend sa retraite de la société PLM, démissionne du conseil municipal de Lyon et quitte alors la région pour devenir à Paris secrétaire de l’Union CGT des cheminots retraités. Avec son épouse, ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1952.
Dans sa nouvelle commune, il réside dans le quartier de Polangis et adhère à la cellule locale. En avril 1965, il envoie une lettre au maire Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-droit), qui vient d’être réélu, estimant qu’il était injurieux d’écrire, comme il l’avait fait dans ses affiches « Contre les communistes, votez nationaux ». Il fait état de ses titres de combattant 1914-1918 décoré, de combattant volontaire de la Résistance, d’interné politique et d’ex-capitaine FFI. Son épouse avait été candidate sur la liste d’Union démocratique, opposée à celle du maire.
En septembre 1968, Jules Serval quitte ses fonctions syndicales. Avec son épouse, ils rejoignent Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Une soirée d’adieux est organisée pour eux le 25 septembre 1968 par les communistes joinvillais.
Dans sa nouvelle résidence, il s’occupe, au témoignage de Moissonnier, de la diffusion de la presse dans la cellule Julian-Grimau de la section de Vénissieux-Centre du PCF.
Jules Serval meurt le 2 septembre 1978 à Bron (Rhône). Il est inhumé le 6 septembre au cimetière de Vénissieux. Âgé de 82 ans, il était décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Une voie publique de la commune de Vénissieux a été baptisée « rue Jules-Serval. »
Jules Serval naît le 2 juin 1896 à La Ricamarie (Loire). Il est le fils de Marie Françoise Alphonsine Gardes et de son mari, François Serval, ouvrier mineur.
Devenu lui-même mineur et vivant à Saint-Étienne (Loire), il est mobilisé, en avril 1915, à l’âge de 18 ans, dans le 5e régiment d’infanterie coloniale. Passant ensuite au 38e régiment d’infanterie coloniale, il est envoyé en décembre 1916 rejoindre l’armée d’Orient et débarqué à Salonique (Grèce). Il revient en France en juin 1918, et rejoint le 6e régiment d’infanterie coloniale. Son comportement lui vaut d’être, en novembre 1917, cité à l'ordre du régiment : très bon soldat, toujours volontaire pour les missions périlleuses, s'est offert spontanément dans la nuit du 21 octobre 1917 immédiatement après une tentative de coup de main de l'ennemi pour aller chercher au petit poste un camarade blessé.
Alors qu’il est caserné au fort Saint-Irénée, à Lyon, Jules Serval est accusé, en janvier 1919, du vol à l'esbroufe d’un sac de femme contenant 100 francs. Traduit en mars 1919 devant le conseil de guerre de Lyon en mars 1919, il est condamné à deux mois de prison pour vol simple avec circonstances atténuantes. Il est amnistié en avril 1921 et démobilisé en septembre 1919.
Revenu à la vie civile, Jules Serval entre à la compagnie de chemins de fer PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) et réside à Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Lecuyer. Selon l’historien Maurice Moissonnier, il adhère en 1922 au parti communiste.
Il est en 1926 affecté à la gare PLM de Lyon-Perrache et vit chemin Saint-Fiacre (5e arr.). Poursuivant son activité politique, il est, d’après Moissonnier, en 1926 membre de la cellule n° 7, en charge de la publication d’un bulletin bimensuel, L’Œil de Perrache.
Adhérent de l’Union unitaire des syndicats de cheminots du réseau PLM, syndicat affilié à la CGTU, il en était archiviste en 1926. Il fait partie des candidats unitaires au Conseil supérieur des chemins de fer en janvier 1928. Il prend la parole au nom de la confédération à la manifestation tenue à Gerland « contre le fascisme, les décrets-lois et la guerre », organisée par le PCF et le parti socialiste SFIO. Quittant le métier de roulant, il devient en 1935, pour raisons de santé, facteur aux écritures. Ses horaires de bureau lui permettent de renforcer son activité syndicale et il est secrétaire du syndicat unitaire du PLM à Lyon et membre de la commission exécutive de l’Union départementale. Après la réunification au sein de la Confédération générale du travail (CGT), Jules Serval fait partie en novembre 1937 d’une délégation de cheminots lyonnais qui se rend à Madrid auprès des combattants républicains espagnols. Serval participe au 31e congrès de la CGT à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il compte parmi les organisateurs de la grève du 30 novembre 1938 qui fut, d’après Moissonnier, un échec à Perrache.
En matière politique, est secrétaire du rayon communiste (groupement de sections) de Lyon-Ville (2e arr.). Lors des élections cantonales d’octobre 1937, Jules Serval représente le parti communiste dans le canton de Lyon-2. Il obtient 163 voix pour 2 412 suffrages exprimés soit 6,8% ; le candidat de droite est élu dès le premier tour. Il siège au comité régional du PCF depuis décembre 1937 et participe, le même mois, au 9e congrès national qui se tient à Arles (Bouches-du-Rhône).
Au cours de la deuxième guerre mondiale, Jules Serval est affecté spécial au sein de la SNCF. Après la signature, en août 1939, du Pacte germano-soviétique, comme pour de nombreux militants communistes, la situation de Serval change. Caserné au fort Lamothe à Lyon puis au 21e régiment d’infanterie coloniale à Paris-Clignancourt (18e arr.), il est réformé en février 1940 pour raisons de santé et renvoyé dans ses foyers. Il vit à Lyon avec Henriette Barbotte. Tous les deux reprennent contact avec le parti communiste, devenu une organisation clandestine, et récupèrent le matériel nécessaire à la fabrication de la presse clandestine. Déplacé à Langogne (Lozère) au premier semestre 1940, il est révoqué en octobre de la même année.
D’après Moissonnier, il quitte la Lozère début 1941 pour Saint-Étienne puis passe dans la clandestinité, logeant à Beauvallon (Drôme). Le parti communiste lui a confié la direction politique de la région Drôme-Ardèche et devient le responsable du Front national pour cette zone. Dans la résistance, il utilise le pseudonyme d’Adrien. Il est arrêté le 30 avril 1942 à Montélimar puis emprisonné à Lyon (Montluc), au camp de Mauzac (Haute-Garonne) puis à la prison militaire de Bergerac (Dordogne). Son rôle exact dans la résistance n’ayant pas été identifié, il en est libéré pour raison médicale, revient à Saint-Étienne puis est arrêté de nouveau et interné à la prison de Toulouse. Selon son témoignage dans le journal Le Réveil (1968/09/27), il aurait été condamné à mort par la Gestapo ; la Libération de Toulouse et de la prison par la Résistance le 19 août 1944 lui permet d’y échapper. Ancien membre des Francs-tireurs et partisans, il se voit reconnaître le grade de capitaine dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il siège, à ce titre, au sein de la cour martiale de Toulouse.
Henriette Raymonde Barbotte naît le 5 février 1905 à Bouilland (Côte-d'Or). Elle est la fille de Jeanne Marie Hoffner et de son mari, Pierre Barbotte, manouvrier.
Elle épouse, à Bouilland, en novembre 1923, Émile Mény, ouvrier des PTT (Postes, télégraphe et téléphone) à Dijon. Ils s’installent dans cette ville, chemin des Saules, puis dans un village proche, Marsannay-la-Côte, rue du Carré, où son mari est devenu employé des chemins de fer de la compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditerranée). Ils divorcent en 1935.
Henriette Barbotte devient alors serveuse dans un café à Lyon-Perrache ; elle réside à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, Rhône. Elle fait la rencontre de Jules Serval, ouvrier aux chemins de fer PLM, syndicaliste et militant communiste, qu’elle épousera en février 1948 à Lyon (7e arr.).
Selon l’historien Maurice Moissonnier, Henriette Barbotte adhère au Parti communiste en 1935 et participe à la grande grève des employés de café qui se déroule à ce moment à Lyon.
Pendant la deuxième guerre mondiale, toujours d’après la notice de Moissonnier dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Henriette Barbotte contribue à la récupération de matériel d'impression et de reproduction destiné au parti communiste clandestin. Elle assure ensuite les liaisons de Jules Serval, qui est devenu résistant, responsable du parti communiste et du Front national pour la Drôme et l'Ardèche. Après l’arrestation de Serval, elle se rend d’abord à Montpellier (Hérault). Moissonnier indique qu’en 1943 et 1944, elle fut l'une des responsables des organisations de la Résistance féminine à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Après le conflit, Henriette Barbotte et Jules Serval reviennent en région lyonnaise, et lui devient conseiller municipal de Lyon. Elle travaille comme ouvrière à l'usine de matériel électrique Grammont de la ville.
Ayant pris sa retraite en 1951, Jules Serval devient secrétaire de l’Union CGT des cheminots retraités. Henriette et Jules Serval s’installent alors à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis.
En 1953, Henriette Serval devient responsable du comité de l'Union des femmes françaises de Joinville, organisation proche du parti communiste. Elle conduit notamment, en 1967, une collecte en faveur du Vietnam. Elle est également membre du bureau de la cellule de Polangis et du comité de la section locale du PCF à Joinville.
Lors des élections municipales de mars 1965, Henriette Serval est candidate avec l’étiquette communiste sur la liste d'Union démocratique, conduite par Henri Bideaux, qui comprend essentiellement des communistes mais également un socialiste, un radical-socialiste et une personnalité républicaine qualifiée d’indépendante. La liste obtient au premier tour une moyenne de 29,9% des voix, derrière le maire sortant Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-droit) à 43,6% et devant les gaullistes à 26,6%. Au second tour, les candidats de Defert emportent les 27 sièges à pourvoir avec 60,4% des suffrages exprimés, les communistes se situant à 38,1% en moyenne. Henriette Serval n’est pas élue.
Jules et Henriette Serval ayant décidé de se retirer en région lyonnaise, les communistes de Joinville organisent pour eux une soirée d’adieux le 25 septembre 1968. Ils s’installent à Vénissieux (Rhône). Henriette Serval entre au bureau local de l'UFF, milite à à la section de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants patriotes (FNDIRP) et fait partie de l'Amicale rhodanienne des Vétérans du PCF.
Henriette Serval meurt le 23 octobre 1990 à Bron (Rhône). Elle était âgée de 85 ans et mère de quatre filles, issues de son premier mariage.