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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 00:01

Suite de la biographie de Gustave Charton

En janvier 1897, Gustave Charton s’inquiète, dans une lettre publiée dans l’hebdomadaire Voix des communes du sort des ouvriers de l’usine métallurgique du Bi-Métal à Joinville : « Il se produit en ce moment à la compagnie du Bi-Métal de Joinville (connue par la dernière grève et la déplorable catastrophe toute récente, où plusieurs personnes ont trouvé la mort), des faits absolument scandaleux. Les ouvriers employés dans cette usine gagnent de 0 fr. 35 à 0 fr. 40 de l’heure environ, et ne travaillent que la moitié de l’année à peu près, ainsi qu’en font foi quelques lettres qui sont en ma possession. C’est, il faut l’avouer, un assez maigre salaire et l’on se demande comment ces malheureux peuvent s’arranger pour vivre avec si peu de rétribution ; mais là ne s’arrête pas l’infamie capitaliste qui règne en souveraine maîtresse dans cette usine ; en effet, lorsque les ouvriers atteignent la soixantaine, et que la somme de travail produit commence à diminuer, on les jette à la porte comme des malpropres, ces termes sont tirés de la lettre criante de souffrance que m’adresse l’un de ces malheureux.  J’en connais qui depuis 15 et 20 ans travaillent sans discontinuer dans cette usine, et qui viennent de subir le sort accordé à tous ceux qui ont le malheur de voir leurs cheveux blanchir, et dont le travail ne concorde plus avec celui de l’ouvrier en pleine force l’âge. Et voilà ! On emploie des ouvriers, on les use, et lorsque la vieillesse les écrase de sa griffe, on les jette sur le pavé, sans se soucier de savoir s’ils n’ont plus qu’à choisir entre ces trois moyens de vivre : la mendicité, la prison ou l’hôpital. »

Le directeur de la Voix des communes, Gabriel Meynet, ancien maire d’Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), commente longuement l’article : « Charton qui, on le sait, est l’honnêteté et la droiture mêmes, en m’apportant l’article qu’on vient de lire, a tenu à me montrer les témoignages écrits des pauvres diables, mis brutalement à la porte, en plein hiver, comme on jette à la borne de vieilles savates hors d’usage. Ces serfs de l’usine où ils ont travaillé, à peine rétribué environ 1 fr. 75 par jour si l’on tient compte des chômages forcés dus sans doute à l’intermittence des commandes, sont plus mal traités que les esclaves antiques. Ceux-ci vieux, brisés, usés, avaient jusqu’au jour où ils crevaient dans quelques coins, la pâtée et un gîte. Ceux-là, comme dit Charton, ont pour perspective la mendicité, le vagabondage, l’hôpital, la prison.  On ne leur reprochera pas, j’aime à la croire, leur manque de prévoyance. Le pain de la vieillesse, eh, fichtre ! Comment le mettre de côté, quand celui du jour est à peine suffisant pour sa journée ? La bête humaine, dans sa nudité native est parfois singulièrement résistante. Arriver ainsi à la soixantaine, la dépasser et n’être pas si complètement déjetée qu’elle ne puisse dans son métier s’employer utilement ? Que M. le directeur n’aille pas s’imaginer que, de propos délibéré, je m’en prends à lui personnellement et à ses actionnaires de ces tristes conditions. (…) Toutefois, il me permettra de faire appel aux sentiments de solidarité, d’humanité qui sommeillent dans le cœur humain et qui, sous la pression des évènements terribles, en jaillissent en de splendides réveils. Il n’a pas oublié la lamentable catastrophe que rappelait Charton, il se souvient de ces morts et de ces vivants enfoncés sous les décombres, que fouillaient les ouvriers de l’usine au risque d’être écrasés par la chute d’un mur croulant. Ne fut-il pas lui-même parmi ceux que l’irréfléchi dévouement de ces hommes arracha à la mort ? N’en est-il pas parmi ceux qu’il vient de balayer qui ont contribué à ce magnifique sauvetage ? (…)

Le mois suivant, toujours dans le même journal, Charton dénonce des incidents avec un prêtre et la famille pendant la maladie de Robert, libre-penseur joinvillais.

De nouveau, en 1899, Charton vit à Joinville. Il est domicilié 8, rue du Pont, dans le même immeuble qu’un autre socialiste-révolutionnaire, Henri Martinet (1865-1932), ouvrier menuisier, syndicaliste, coopérateur, militant socialiste puis communiste et conseiller municipal de Champigny-sur-Marne (1908-1925).

Jean Gustave Charton meurt le 5 février 1900 à Joinville. Son décès est déclaré à l’état-civil par son fils Fernand Alfred Charton, 23 ans, sous-officier au 153e régiment de ligne en garnison à Toul et par Alexandre Isidore Hénocq, 42 ans, militant du POSR à Joinville.

Ses obsèques rassemblent une assistance nombreuse de militants républicains, socialistes révolutionnaires comme radicaux-socialistes, avec notamment le député radical Jules Ferdinand Baulard, le maire de Joinville Eugène Voisin ou Adolphe Aureau, ancien maire de Saint-Maur. La presse radicale commente son décès. Pour Voix des communes, « Charton était un bon et ferme républicain, un libre-penseur convaincu, qui appartenait depuis un certain nombre d’années au parti ouvrier socialiste révolutionnaire, il comptait beaucoup d’amis parmi les groupes de la démocratie, qui avaient été à même d’apprécier sa loyauté, sa bonne foi, en même temps que la bonté de son cœur et sa courtoisie habituelle ». Le quotidien Le Radical voit en lui un « camarade de combat. »

Une des filles de Charton, Clarisse, épouse en octobre 1901 Alphonse Doret, petit-fils d’Alphonse Demeestère, ancien dirigeant des radicaux de la circonscription. Le mariage est célébré par le maire de Joinville Eugène Voisin tandis que le député Jules Ferdinand Baulard prononce un discours.

Un atelier de l'usine Bi-Métal, Joinville

 

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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 00:01

Marcel Louis Camille Roubault naît le 20 juillet 1900 à Chaumes (act. Chaumes-en-Brie, Seine-et-Marne). Il a pour mère Léonie Henriette Marie Savoyen, et pour père son époux, Paul Camille Roubault, boulanger.

Mécanicien et fraiseur pour de l’outillage de précision, Roubault est ensuite ajusteur et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y réside, avenue du Château (act. av. Foch), dans le quartier de Polangis en 1920, quand il fait son service militaire dans un bataillon d’ouvriers d’artillerie.

En avril 1923, Roubault est le secrétaire de la section de Joinville de l’Union fédérative socialiste, formation créée en décembre précédent par Pierre Brizon, Henri Sellier, Oscar Bloch, Raoul Verfeuil et plusieurs maires de banlieue, comme Charles Auray (Pantin). La formation rassemble notamment d’anciens socialistes passés au parti communiste et qui l’ont quitté, notamment du fait de l’exigence de rompre avec la franc-maçonnerie et la Ligue des droits de l’Homme. Elle considère que « la résistance du capitalisme menacé, dans ses privilèges, impose au prolétariat la nécessité de s'organiser pour la conquête révolutionnaire du pouvoir et l'exercice d'une dictature transitoire ». S’affichant pacifiste, l’Union fédérative socialiste plaide pour l'unité organique des socialistes.

Roubault participe à la fusion avec le parti communiste unitaire, pour former l’Union socialiste-communiste (USC), dont Edmond Neumann devient le secrétaire à Joinville. C’est la section USC qui prend l’initiative de rassembler des membres de la SFIO et du parti radical-socialiste à Joinville pour constituer, en mai 1924, un comité électoral communal du Cartel des gauches. Georges Briolay, radical-socialiste et futur maire de Joinville, en est le président ; Neumann est vice-président, Roubault secrétaire et Berthet, SFIO, trésorier. En 1924, les forces politiques de gauche restent embryonnaires dans la commune. Tous les anciens adhérents de la SFIO avaient rejoint le parti communiste lors de sa création et la section locale se reconstitue probablement en 1924. Le parti radical-socialiste avait été touché par la dissidence de plusieurs élus en 1912, qui battent alors la liste ayant le soutien officiel des radicaux-socialistes puis l’exclusion du futur maire, Henri Vel-Durand. Le comité radical-socialiste de Joinville, même s’il était maintenu nominalement sous l’égide de Georges Briolay, futur maire, ne reprend vie que vers 1924 également. À contrario, l’USC apparaît comme la seule structure organisée, en dehors du parti communiste, mais son impact électoral s’avèrera négligeable.

Lors des élections municipales de mai 1925, la liste du cartel des gauches obtient 648 voix sur 2 275 suffrages exprimés (28,4%) pour 2 310 votants et 2 761 électeurs inscrits. Elle devance les communistes (21,1%.) mais est largement distancée par la municipalité sortante d’Henri Vel-Durand, soutenue par les radicaux dissidents, les libéraux et conservateurs, qui recueille 47,5% et emporte tous les sièges au second tour.

L’élection au conseil général pour le 2e secteur du canton de Saint-Maur (Saint-Maur, Créteil, Bonneuil, Joinville) de juin 1925 voit Neumann (USC) recevoir 50 votes (1,8%), très loin des 409 voix du socialiste SFIO Osmin, des 562 du député communiste Muller ou des 685 du maire de Créteil Avet, alors radical-socialiste.

Parallèlement à son activité politique, Roubault est membre du comité de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme, présidée en 1924 par Edmond Neumann. Elle existe depuis 1900 et compte 56 adhérents cette année-là.

En septembre 1926, Marcel Roubault épouse Paulette Lucile Chapoul à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’installe dans la commune, rue du Pont-de-Créteil. Cependant, il continue son activité au sein de la section joinvillaise de la Ligue des droits de l’Homme, dont il est le secrétaire en 1933.

Après la deuxième guerre mondiale, les époux Roubault, qui ont eu une fille née en 1930 à Saint-Maur, s’installent dans son village natal de Chaumes-en-Brie, où ils vivent chemin du Pré-Saint-Martin. Marcel Roubault meurt, hospitalisé, le 14 juin 1967 à Paris (13e arr.). Il était âgé de 66 ans.

Il ne faut pas confondre Marcel Louis Camille Roubault avec Marcel Édouard Roubault (1905-1974), géologue français, doyen de la faculté de Nancy, fondateur de l'École nationale supérieure de géologie dans cette ville.

Le Cartel des gauches en 1924

 

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11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 01:01

Le maire de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont), Laurent Pinson, rend compte, le 19 prairial an 11 (8 juin 1803) au citoyen Viénot, receveur des Domaines nationaux à Vincennes de l’état de la chapelle Saint-Léonard, qui se situe sur le territoire de la commune. « Depuis l'an 1691, les habitants de notre commune jouissent de cette chapelle qu'ils ont fait bâtir. Les réparations ont toujours été à leurs frais, et la commune en paye toujours les contributions foncières. Les titres ont toujours été entre les mains du desservant, dont le dernier était connu sous le nom de l'abbé Dedieu. Il a disparu au moment de la Révolution et nous n'avons pu le découvrir. »

Selon l'Inspecteur des Domaines, le 26 prairial (15 juin), « la desservance était payée par les habitants. »

Un arrêté du 31 juillet 1792, a remis la commune en possession de la chapelle.

Le village du Pont-de-Saint-Maur, installé au débouché d’un des deux ouvrages sur la Marne en amont de Paris avec celui de Charenton, est un port de déchargement de bois flottant venant de la Haute-Marne. Dépendant jusqu’en 1693 à la paroisse de Fontenay-sous-Bois puis ensuite de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, il devient une commune en 1790 sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur avant de se renommer Joinville-le-Pont en 1831 (Seine, act. Val-de-Marne).

La chapelle accueille des bateliers et des voyageurs pour lesquels des messes sont dites. Elle est détruite en 1803.

Faut-il rapprocher ledit chapelain de Pont-de-Saint-Maur avec l’abbé Dedieu qui met en musique une ode du poète Jean-Baptiste Rousseau, représentée au cours d’un concert spirituel au château des Tuileries à Paris, le 14 mars 1788 ? Et doit-on identifier ce musicien avec le compositeur J. Dedieu, auteur en septembre 1791 d’un hymne à Mirabeau intitulé Les regrets de la France, puis d’un opéra-folie, Midas au Parnasse, représenté en janvier 1793 au théâtre du Palais à Paris sur un texte de Planterre ou Planteau ?

L'entrée de la crypte Saint-Léonard en 1944

 

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 01:01

Pierre Masson naît en février 1631 à Paris. Ordonné prêtre, il est bachelier en théologie et licencié et docteur en droit de l’université de la Sorbonne. Il est d’abord chapelain de la cathédrale Notre-Dame de Paris, puis de Saint-Léonard, au village du Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont). Il occupe probablement cette fonction vers 1660-1670.

La chapelle est située au débouché rive droite du pont de Saint-Maur (précédemment nommé pont Ollin, puis pont des Fossés) qui est, avec celui de Charenton, l’un des deux ouvrages sur la Marne en amont de Paris. Il est contigu à un port de déchargement de bois flottant venant de la Haute-Marne. L’édifice, doté d’une petite crypte, sert principalement aux bateliers et des voyageurs pour lesquels des messes sont dites. Les habitants du village sont rattachés jusqu’en 1693 à la paroisse de Fontenay-sous-Bois, qui couvre l’essentiel du Bois de Vincennes (alors dénommé Vilcene).

Devenu chanoine, Pierre Masson officie à l'église Saint-Étienne-des-Grès à Paris (act. 5e arr.), un des plus vieux édifices religieux de la capital, mentionné en 857 et détruit en 1792. Elle constituait la seconde station du pèlerinage de saint Denis, auquel une ancienne tradition attribuait sa fondation.

En 1673, Pierre Masson devient curé de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Choisel (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Dans sa fonction, il est réputé avoir gouverné la paroisse « avec beaucoup de prudence, et de fermeté, menant une vie assez solitaire et retirée, donnant son temps à l'étude, et a la connaissance des belles lettres », d’après une inscription funéraire dans l’église de Choisel.

Selon F. de Guilhermy et R. de Lasteyrie, qui publièrent l’épitaphe, « Ce fut sans doute l'amour de la vie solitaire et retirée (…) qui détermina le chanoine Pierre Masson à préférer l'obscurité de la cure de Choisel au rang que pouvaient lui assigner son savoir et ses grades universitaires. Il donna tous ses soins à l'embellissement de son église. La plupart des menuiseries qu'il fit faire sont encore en place. Les initiales de son nom, PM, gravées sur la chaire, ont été respectées. Cette chaire, élégamment sculptée et rehaussée de dorures, est ornée d'une statue de saint Jean l'Évangéliste, d'un écusson armorié, d'une couronne fleurdelisée au pourtour de l'abat-voix, et d'un aigle au sommet. »

Le curé fait agrandir le chœur et exécuter de beaux ouvrages de menuiserie tels les lambris, bancs fermés et les stalles ou, en 1683, la chaire en bois sculpté. Ces éléments ont été sauvegardés.

Pierre Masson meurt le 27 juillet 1691 à Choisel. Il est enterré sur place et une plaque en marbre noir dans l’église maintient son souvenir : « Requiescat in Pace - Aegidius et Petrus Masson, hic Nepos, ille frater Mærentes. »

 

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 01:01

En 1259, Jean, prêtre de la chapelle Saint-Léonard du Pont-de-Saint-Maur, reconnait que l’abbé des Fossés, dans l’actuelle commune de Saint-Maur-des-Fossés, a autorité sur la maison qu’il occupe.

L’historien du diocèse de Paris, Jean Lebeuf (1687-1760), le nomme Jean Ret, mais Georges Bousquié, rédacteur d’une Histoire de Joinville-le-Pont, doute du patronyme.

Bousquié publie un acte de septembre 1259, donné par l'Official de Paris, conservé par les Cartulaires, qui porte qu'en sa présence, Jean, prêtre du pont Olin ou pont des Fossés a reconnu volontairement que l'Abbaye des Fossés a la justice et la seigneurie sur une maison dudit pont des Fossés «par lui arrentée à Alips du pont et chargée de 20 d. parisis de chef-cens envers ladite Abbaye ». Le mot Alips semble correspondre à un nom (ou à un prénom) du locataire de ladite maison. La valeur du chef cens, impôt personnel dû par les serfs, est de 20 deniers parisis, ce qui correspond à un sol et huit deniers ou à un vingtième de livre parisis.

La chapelle, dédiée à Saint-Léonard, sert principalement à accueillir des bateliers et des voyageurs pour lesquels des messes sont dites. Les habitants du village du Pont-de-Saint-Maur sont rattachés jusqu’en 1693 à la paroisse de Fontenay-sous-Bois, qui couvre l’essentiel du Bois de Vincennes (alors dénommé Vilcene).

Le pont est l’un des deux ouvrages sur la Marne en amont de Paris, avec celui de Charenton. Il est proche du port de déchargement de bois flottant venant de la Haute-Marne. Il porte d’abord le nom de pont Ollin, puis pont des Fossés et ensuite pont de Saint-Maur, avant de prendre définitivement le nom de pont de Joinville après 1831.

La crypte de Saint-Léonard, in Le Vieux Saint-Maur, 1952

 

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1 septembre 2018 6 01 /09 /septembre /2018 01:01

En 1231, l’abbé des Fossés, dans l’actuelle commune de Saint-Maur-des-Fossés, permet à « Estienne, chapelain du Pont, de tenir en main demy arpent de terre scis derrière sa maison ». La superficie d’un demi-arpent vaut environ 2 500 m2.

Le village du Pont-de-Saint-Maur, installé au débouché d’un des deux ouvrages sur la Marne en amont de Paris avec celui de Charenton, est également un port de déchargement de bois flottant venant de la Haute-Marne. Il porte d’abord le nom de pont Ollin, puis pont des Fossés et ensuite pont de Saint-Maur, avant de prendre définitivement le nom de pont de Joinville après 1831.

Les habitants sont rattachés jusqu’en 1693 à la paroisse de Fontenay-sous-Bois, qui couvre l’essentiel du Bois de Vincennes (alors dénommé Vilcene). La chapelle, dédiée à Saint-Léonard, semble cependant dépendre, dès le 13e siècle, de l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés.

Elle sert principalement à accueillir des bateliers et des voyageurs pour lesquels des messes sont dites.

La crypte de Saint-Léonard en 1944

 

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 01:01

Adolphe Boireau nait le 2 juillet 1878 à Gagny (Seine-et-Oise, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils d’Émilie Waqua et d’Antoine Boireau, champignonniste d’abord à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) puis à Gagny.

De santé faible et de petite taille, exerçant le métier de charcutier, Boireau fait un service militaire en 1901-1902. Il s’installe ensuite à Saint-Maur, une partie de sa famille vivant toujours dans cette commune et dans celle voisine de Joinville-le-Pont. Il épouse en juillet 1905 à Saint-Maur Berthe Forest, blanchisseuse. Ils s’installent à Joinville avant 1914, avenue du Parc dans le quartier de Polangis.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Boireau est blessé le 30 mai 1916 à Chattancourt, Meuse, village qui commande l’accès à la colline du Mort-Homme, dans le secteur de Verdun. Victime d’un éclat d’obus qui le touche à l’arcade sourcilière gauche et à l’avant-bras droit, soigné pendant deux mois, il reprend un service armé et est cité à l’ordre du régiment en juin 1917 : « bon soldat, courageux et dévoué, a continué à assurer la liaison entre sa section et la compagnie pendant un fort bombardement ». Il est décoré de la croix de guerre.

C’est probablement Adolphe Boireau qui contribue à créer des jardins potagers dans le quartier de Polangis pendant la première guerre mondiale, dans le cadre d’un comité d’action agricole, initié par Chavignot, ingénieur et propriétaire du domaine de Polangis ainsi que Eugène Jodelay, agriculteur, directeur de la Ferme de la Faisanderie dans le Bois de Vincennes. Ces jardins vont permettre à une centaine de famille de produire de quoi se nourrir pendant la période de la guerre.

Adolphe Boireau était apparenté à Antoine Boireau (1872-1934), boulanger, conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1925-1929).

La date de décès d’Adolphe Boireau n’est pas connue. Il avait une fille et son épouse résidait toujours à Joinville en janvier 1957, au moment de sa mort.

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 01:01

Jacob Gozlan naît le 11 juillet 1885 à Constantine, Algérie. Il est le fils de Rachel Chemama et de son mari, Haï Gozlan, tailleur d'habits juif originaire de Souk-Ahras. La famille est nombreuse, comptant 12 enfants. C’est probablement en Algérie qu’il acquiert le surnom de Sidi Hiaco (M. Jacques), qu’il conservera.

Il est à Paris en 1905 exerçant l’activité de négociant et domicilié rue du Faubourg-du-Temple (10e arr.). Il est alors appelé au service militaire, qu’il effectue à partir d’août 1906. La commission de révision le classe pour remplir un service auxiliaire, et il est affecté à la 10e section d’infirmiers. Sur sa demande, il est transféré en septembre 1907 par la commission de réforme de Rennes (Ille-et-Vilaine) au sein du 158e régiment d'infanterie. Il est promu caporal en mars 1908 et démobilisé en septembre la même année.

Il est de retour en Algérie à Souk-Ahras en octobre 1908 puis est installé à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) en février 1910. Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Jacob Gozlan sert d’abord dans la 24e section d’infirmiers. Il rejoint de nouveau en février 1917 le 158e RI ; blessé en juillet 1917, il est évacué et reprend son poste, après convalescence, en février 1918. Il est transféré en juin la même année au 500e régiment d’artillerie où il est de nouveau blessé début juillet ; il reprend son poste à la fin du même mois. Gozlan est démobilisé en mars 1919.

Jacob Gozlan se marie en janvier 1917 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) avec Georgette Marie Brochard. Il exerce une activité de marchand forain. Ils résident après-guerre dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île. Il est, en 1934, vice-président de l’Union des commerçants et industriels de la ville, présidée par Lucien Girard. C’est lui organise la braderie organisée en mars et transmet au comité des chômeurs local une aide collectée par les commerçants.

Manifestement connu et apprécié, Sidi Hiaco est qualifié en septembre 1934 par l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, de « duc de Polangis. »

C’est en utilisant sa réputation que Jacob Gozlan va se présenter aux élections municipales. Il est candidat une première fois, en mai 1929, en tant que socialiste indépendant. Se présentant seul à côté des listes de droite du maire sortant Stephen Durande, du cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants) et des communistes, Sidi Hiaco va obtenir un nombre de voix appréciable, soit 210 pour 2 126 suffrages exprimés (9,9%) sur 2 969 inscrits. Aucune autre candidature isolée n’approche ce niveau.

En mai 1935, face aux listes de droite, radicale-socialiste, socialiste et communiste, Sidi Hiaco s’aligne à nouveau de manière isolée. Il est crédité de 147 votes pour 2 856 exprimés (5,1%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

La situation de sa famille pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue. Jacob Gozlan meurt le 19 mars 1948 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) et résidait toujours à Joinville à cette date. Son épouse y décède en 1952.

 

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 01:01

Jean Béal naît le 24 août 1883 à Riom-ès-Montagne, dans le Cantal. Il est le fils d’Élisabeth Bourgeade et de son époux Antoine Béal, vacher.

Après la mort de son père en octobre 1896, c’est le fils aîné Antoine qui gère l’exploitation familiale dans laquelle Jean est agriculteur. Une curiosité dans la fratrie : sa sœur cadette naît en décembre 1887 sous le prénom d’Antoine, étant déclarée de sexe masculin ; il faudra un jugement rendu en décembre 1924 par le tribunal civil de Mauriac (Cantal) pour que son genre soit modifié et son prénom changé en Eugénie, tel qu’il était déjà en usage dans la famille. Jean Béal restera lié à sa sœur, qui l’accompagnera en région parisienne.

Incorporé au service militaire en novembre 1904, Jean Béal est décrit comme étant d’une taille de 1,69m, portant des cheveux blonds et ayant des yeux bleus. Il est incorporé au 139e régiment d’infanterie à Aurillac, Cantal. Il devient caporal et moniteur d’escrime en septembre 1906. Il est démobilisé en juillet 1907.

Il quitte l’Auvergne pour s’installer à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1908. Comme beaucoup d’originaires du Cantal, il va travailler dans les boissons et la restauration. Il est d’abord ouvrier distillateur, puis garçon de magasin et enfin marchand de vins. En octobre de la même année, toujours à Ivry, il épouse Anne Pommarat, domestique à Paris, place des Vosges, dont les parents sont cultivateurs à Menet, village voisin de Riom. Ils s’installent en décembre 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils exploitent un café rue du Pont.

En décembre 1911, Béal est condamné à des amendes par la 8e chambre du tribunal civil de la Seine pour falsification de vins, mise en vente de vins falsifiés et fraude sur les droits de régie. Il sera ensuite réhabilité de ce délit.

Ayant déménagé en octobre 1913 dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avenue du Grand-Chêne, Jean Béal est mobilisé en août 1914, quelques jours avant la naissance de son troisième enfant. Il est fait prisonnier un mois plus tard, le 19 septembre 1914 et est interné au camp d’Erfurt (Thuringe, Allemagne). Il y restera plus de quatre ans, puisqu’il n’est libéré que le 24 décembre 1918 et rentre en France le lendemain, affecté au centre de Vincennes. Pour avoir tenté de s’évader, même sans y réussir, il sera décoré en décembre 1928 de la médaille des évadés avec citation à l’ordre du régiment. Il obtient la médaille militaire en mai 1933.

A suivre.

Jean Béal en 1943

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 01:01

Simon Charles Lavogade est né le 6 mars 1912 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Charlotte Victorine Guincêtre, ouvrière en cinématographie, et de son mari, Simon Raphaël Pierre Lavogade, bijoutier.

D’abord apprenti bijoutier, métier de sa famille, il est au chômage en 1929 et devient ouvrier métallurgiste à l’usine des Tréfileries et Laminoirs du Havre à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il milite au syndicat CGTU (qui fusionne avec la CGT en 1935) et est un des animateurs de la grève de 1936. La grève mobilisa plus de 200 salariés, avec un cahier de revendications portant principalement sur les salaires. Après 15 jours de conflit et la solidarité des habitants des villes alentour, la reprise se fit avec l'alignement des salaires sur ceux de la métallurgie, le faisant passer de 1 franc de l'heure pour les femmes et 3 francs pour les hommes à 6,25 francs de l'heure pour tous selon le témoignage de Lavogade (L'Humanité, 1996/06/11).

Membre de clubs sportifs ouvriers, Lavogade s'affilia vers 1933 au mouvement Amsterdam-Pleyel. Il adhéra au Parti communiste en 1931 et était un des responsables de la Jeunesse communiste dans la région parisienne. Les Jeunesses communistes de Joinville, où il réside dans le quartier de Polangis, comptaient une centaine de membres en 1937. Début 1938, il fut selon lui « débarqué de la direction de la JC », où il était permanent, lors d'une réunion de la Jeunesse communiste à laquelle il n'avait pu assister, à cause d'une grippe (L'Humanité, 1993/01/08).

Alors sans emploi et sans responsabilité politique, Lavogade s'inscrit comme volontaire lors d’une assemblée de soutien à l'Espagne républicaine. Il se rend en train à Carcassonne, passe clandestinement les Pyrénées et suit une formation militaire à Figueras, avec d’autres volontaires. Il combattit au 4e bataillon de la 14e Brigade internationale, dont il a été nommé commissaire politique selon son témoignage. Le bataillon, avec un effectif franco-belge, portait le nom de Pierre Brachet.

Malade de dysenterie, Lavogade est d’abord hospitalisé dans une station thermale près de Barcelone, puis évacué en France en décembre 1938 par train sanitaire ; il pesait alors moins de cinquante kilos selon son récit.

Soigné gratuitement pendant trois mois au dispensaire de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis), il adhéra à l'AVER (Amicale des Volontaires de l'Espagne Républicaine) et fut envoyé, de février à août 1939, par le syndicat des Métaux, en stage de formation pour les ajusteurs de l'aviation.

À peine embauché chez Bréguet à Aubervilliers, la guerre éclata et il fut affecté à une unité de construction du génie, dans le Jura, il travailla ensuite dans le cinéma et participa à la vie syndicale clandestine. Il évite de justesse la rafle du Vél d'Hiv' en juillet 1942 (L'Humanité, 1993/01/08). Expédié en Allemagne. Il s'évade et revient en France.

En 1943, Lavogade entra à la SNCF comme chauffeur de locomotive. Acteur de la grève insurrectionnelle d'août 1944, il participa aux combats de la libération de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) et s'engagea dans le 5e régiment d'infanterie.

C’est dans cette dernière ville qu’il épouse en octobre 1946 Marie-Louise Lanore.

Après la deuxième guerre mondiale, Simon Lavogade réintègre la Jeunesse communiste et milite au Mouvement de la paix. Il fait partie, avec son épouse, d’une délégation qui visite des entreprises et institutions sociales et culturelles à Bucarest et Constata (Roumanie) en 1976.

Il était père de deux enfants et vivait depuis 1973 dans la cité des Irlandais à Arcueil (Val-de-Marne). Sa fille, Claudine Penvern (née en 1943), syndicaliste, était responsable de l'union locale d'Arcueil du syndicat en mai 1968. Les deux enfants de son fils, Denis Alain Lavogade, s’engageront également politiquement. Fabrice Lavogade appelle à voter, en juin 2017, en faveur de la candidate communiste aux élections législatives, Catherine dos Santos, dans la circonscription de Villejuif (Val-de-Marne) ; sa sœur, Delphine Lavogade (née en 1971) s’associe au même appel. Militante communiste en 1990, elle est élue conseillère municipale d’Arcueil sur la liste d’union de la gauche conduite par Daniel Breuiller en 2014.

Simon Charles Lavogade meurt le 6 mai 2001 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) et est inhumé à Arcueil.

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