Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers
À côté de son travail artistique, Aimos s’intéresse en particulier à la boxe. Il est le président du Ring de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), qui revendique le titre de premier club pugilistique français chez les amateurs. Une coupe à son nom sera délivrée à partir de 1944.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Aimos ouvre, rue Montmartre à Paris, un restaurant pour les enfants nécessiteux, baptisé L'Œuvre des Gosses. Il mobilise Charles Trenet, qui y interprète La cigale et la fourmi pour récupérer des fonds pour la cantine. Plusieurs auteurs comparent son engagement aux Restaurants du cœur de Coluche.
Son principal engagement, c’est cependant dans la lutte contre l’occupation allemande en France. Aimos rejoint le mouvement Libération-Nord. Il est membre du groupe Sébastopol, affilié au mouvement Résistance, qui s’appuie sur d’anciens cadres de Jeune République, un parti chrétien d’avant-guerre. Le groupe avait son siège à la pharmacie Canonne, boulevard Sébastopol à Paris et se retrouvait au restaurant Le Grillon, dans la même artère.
Le groupe est actif dans la lutte contre la déportation et l'aide aux aviateurs alliés. En août 1944, en lien avec le groupe Cloche des Halles, le groupe Sébastopol participe aux combats pour la libération de Paris et compte alors une soixantaine de membres.
C’est le 20 août, au cours d’échanges de tirs avec des soldats allemands, qu’Aimos va trouver la mort, près de la gare du Nord.
Une quinzaine de membres du groupe Sébastopol, soit un quart, sont disparus pendant les combats de la Libération.
Transporté à la morgue de l’hôpital Saint-Louis, son cadavre ne fut identifié, par la Croix-Rouge, que plusieurs plus tard, suite à des annonces publiées dans la presse par sa mère.
Aimos se vit reconnaître à titre posthume, en 1947, le grade de caporal dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers
Bien avant-guerre, Raymond Caudrilliers avait démarré une carrière artistique. Il prit le pseudonyme d’Aimos, qui devint son nom d’usage, et s’engagea en tant que chanteur lyrique dans le music-hall.
C’est cependant dans le cinéma qu’il fit l’essentiel de sa carrière. Si une légende lui attribue une participation au film des frères Lumière, L’Arroseur arrosé, elle est évidemment fausse, car il avait alors 4 ans, tandis que les deux personnages du film tourné en 1895 sont des adultes. D’autres sources lui attribuent, à 12 ans (donc vers 1903), une apparition dans une courte bande de Georges Méliès, mais elle n’est pas confirmée.
Le premier court-métrage où sa présence est documentée est Pendaison à Jefferson City de Jean Durand (1910) montrant la cruauté quotidienne de la vie de l'Ouest américain. Avec le même réalisateur, il participe à une série de petits films, autour du personnage d'Onésime créé par Ernest Bourbon (1912 à 1914).
Entre les deux guerres, Aimos va devenir un second rôle populaire du cinéma français, d’abord dans le muet. Il apparaît dès 1922 dans le long-métrage Vingt ans après, adaptation du roman d'Alexandre Dumas par Henri Diamant-Berger.
En juin 1923, Aimos qui vit avec sa mère avenue Ledru-Rollin à Paris (11e arr.), épouse Pauline Madeleine Botté.
C’est avec le parlant que la carrière d’Aimos s’accentue. On le voit dans le premier film de cette catégorie tourné par René Clair, Sous les toits de Paris. Il enchaînera ensuite une centaine de films.
Il tourne avec Gaby Morlay dans Accusée, levez-vous de Maurice Tourneur (1930). À côté de nombreuses productions commerciales, où il tient souvent des petits rôles comiques, on voit Aimos au générique de quelques chefs-d’œuvre et grands classiques.
Il est ainsi Charles dans 14 Juillet de René Clair, Marcel dans Sous la griffe de Christian-Jaque, Marcel Mulot dans La Bandera de Julien Duvivier, Raymond dit Tintin dans La Belle Équipe de Julien Duvivier encore, Dix-de-Der dans Titin des Martigues de René Pujol, La Ficelle dans Chéri-Bibi de Léon Mathot, Quart-Vittel dans Quai des brumes de Marcel Carné ou Agénor dans Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry.
Pendant la deuxième guerre mondiale, il continue à tourner et on le voit comme le valet de François-Ferdinand dans De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls, Cupidon dans Monsieur La Souris de Georges Lacombe, Ernest dans Lumière d'été de Jean Grémillon ou dans Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret.
Un de ses plus beaux rôles se situe dans La Belle Équipe où il incarne le plus optimiste des cinq copains qui choisirent de mettre en commun leurs gains à la loterie pour construire une guinguette au bord de la Marne. Il tourne le film à Joinville-le-Pont, aux côtés notamment de Jean Gabin et Charles Vanel, en 1936, période d’optimisme social et politique qui allait peu durer.
Il divorce en 1938 de Pauline Madeleine Botté et va vivre sur les bords de Marne à Chennevières (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec sa mère et Renée Lefèvre, présentée parfois comme son épouse mais avec laquelle il ne semble pas s’être marié.
Début de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers
Raymond Arthur Caudrilliers naît le 28 mars 1891 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Blanche Armance Cloës et de son mari, Joseph Caudrilliers, bijoutier.
La famille s’installe en région parisienne dans la première décennie du vingtième siècle. Elle réside en 1910 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Krüger, dans le quartier du Parc. Cette même année, Raymond Caudrilliers est condamné, en janvier, à quatre mois de prison pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine. Il effectuera sa peine dans la colonie correctionnelle de Gaillon, Eure, prison pour enfants où il est présenté comme résident en 1911. Son père meurt en février 1911 à Saint-Maur.
Son frère aîné, Robert Caudrilliers (1888-1959), est un pionnier de la photographie aérienne, d’abord à titre civil à partir de 1908, puis dans l’armée. Il couvrira ensuite principalement l’actualité sportive.
C’est cette même année 1911 que Raymond Caudrilliers aurait dû effectuer son service militaire. Cependant, il est déclaré insoumis en janvier 1913 comme « manquant à la convocation de son ordre d’appel. »
Lors de la première guerre mondiale, Caudrilliers se présente volontairement en août 1914 et est incorporé au 113e régiment d’infanterie. De ce fait, et grâce à la loi d’amnistie du 5 août 1914, il est rayé de la liste des insoumis. Il sera présenté, entre juillet 1915 et février 1929, 11 fois devant des commissions de réforme, qui toutes concluront à sa mauvaise santé pour cause d’une tuberculose pulmonaire, antérieure à son incorporation. Après les 11 premiers mois, il ne reprend une activité militaire qu’un mois lors de l’été 1916. Les commissions constatent que sa voix est altérée et son état général médiocre ; il obtient une pension correspondant à un taux d’invalidité de 50%.
Caudrilliers réside un temps en 1917 à Marseille avant de revenir, en juillet de cette même année, à Saint-Maur.
Après-guerre, Raymond Caudrilliers est une nouvelle fois traduit en justice ; il écope d’un mois de prison pour port d’arme prohibée devant le tribunal correctionnel de la Seine.
Louis Antoine Soyez naît le 13 octobre 1841 à Brie-Comte-Robert, Seine-et-Marne. Il est le vils de Françoise Anastasie Boulet et de son époux Jean Louis Soyez, vigneron.
Ses parents sont en 1869 blanchisseurs à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Lui-même est mécanicien dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où il épouse, en septembre 1869, Victorine Julie Robberechts.
Lors des élections municipales de janvier 1878, Louis Soyez est élu au sein du conseil municipal qui voit la victoire des républicains conduits par Gabriel Pinson sur les monarchistes de l’ancien maire, Louis Ferdinand Rousseau.
En octobre de la même année, veuf depuis l’année précédente, Louis Soyez, qui est devenu fabricant d’objets en plumes, se remarie à Joinville avec Adrienne Anaïs Ricq. Ils vivent rue du Canal. Plusieurs plumassiers sont répertoriés dans les communes environnantes et à Joinville, dont Jean Louis Frédéric Bardin auquel Soyez est lié.
Il quitte Joinville peu après et réside, auprès de ses parents, à Saint-Maur, rue du Pont-de-Créteil. En 1879, une élection partielle remplace trois démissionnaires du conseil municipal de Joinville, dont probablement Soyez, qui n’est plus mentionné dans les activités communales.
Louis Soyez meurt le 17 février 1888 à Saint-Maur, à l’âge de 46 ans. Il était de nouveau veuf et père de trois enfants.
Encyclopédie Diderot et d'Alembert, Différents ouvrages du plumassier.
Ernestine Jeanne Marie Piat naît le 30 août 1867 à Meudon (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine). Elle est la fille de Marie Victoire Constance Soinoury et de son époux Léopold Ernest Piat, banquier.
Elle épouse en mai 1891 à Coulommiers (Seine-et-Marne) le docteur Georges Paul Elie Bitterlin. Ils s’installent d’abord rue du Four à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), puis, à partir de 1899 rue Pasteur dans la commune voisine de Joinville-le-Pont.
Engagé dans l’action sociale, Georges Bitterlin sera également militant politique, candidat pour le mouvement royaliste de l’Action française aux élections législatives de 1919 et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1912-1919 et 1942-1944).
Leurs deux fils, Charles et Jean, médecins, seront également affiliés à la même organisation d’extrême-droite.
La Société de l'Allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes, a été fondée en 1876 par Mme Béquet de Vienne, veuve d’un conseiller d’État. Si elle jouit d’une réputation nationale, qui lui permettra d’être reconnue d'utilité publique en 1905, elle dispose d’un nombre très limité d’implantations locales (trois).
Parmi celles-ci, on compte une section à Saint-Maur-des-Fossés, qui essaimera avec une sous-section à Joinville en 1899, devenue en 1902 une section de plein exercice tandis que celle de Saint-Maur périclite. Jeanne Bitterlin est la fondatrice de la section, dont le Dr Pierre Vallat est le médecin. Julia Véron, trésorière et Mme Delobel, secrétaire, l’accompagnent dans la création de cette structure, qui a 60 adhérents.
En 1901, la société secourt 31 familles auxquelles elle apporte des soins, de la layette, mais aussi de la viande, du pain, du lait, du charbon, des lentilles ou des pruneaux. Elle accueille toutes les demandes qui lui sont adressées, sans distinction de religion ni d'état civil. Son mari et le Dr Jean Baptiste Gripon sont, en 1904, les médecins de la section.
Si la section semble se développer, Jeanne Bitterlin s’en retire cependant et c’est en 1909 Hortense Voisin, femme du maire de Joinville, qui est la présidente. Le conseil comprend sur ses 13 membres, toutes des femmes, 12 qui sont mariées à des notabilités politiques.
C’est un désaccord avec le comité directeur de Paris qui a provoqué la démission d’une partie des fondatrices. Elles créent en juin 1913 l’Union des mères de Joinville, qui s’affilie en 1917 à la Mutualité maternelle de Paris. Jeanne Bitterlin en est la présidente, accompagnée de Léontine Lecuirot, vice-présidente, de Fréna Depasse, vice-présidente, trésorière et visiteuse ainsi que de sa fille Antoinette (elle aussi militante à l’Action française).
Si la presse locale regrette la multiplicité d’organismes à même vocation à Joinville, et surtout le fait qu’elles s’ignorent, l’émulation que cela procure fait qu’en 1923, le maire Henri Vel-Durand se félicite de la concurrence entre œuvres similaires. Cette année-là, la section de Joinville de la Mutualité maternelle a 93 adhérents et s’occupe de 56 enfants.
En mars 1928, Jeanne Bitterlin devient présidente honoraire, tandis que Jeanne Carlier prend la responsabilité exécutive de la section. Son fils Jean assure, en 1935, les consultations de nourrissons au nouveau dispensaire que la Mutualité maternelle ouvre rue de l’Église à Joinville.
Jeanne Bitterlin meurt le 26 décembre 1933 à Joinville. Elle était âgée de 66 ans et avait eu quatre enfants.
Adèle Héloïse Amandine Lemaire naît le 14 novembre 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille d’Adèle Augustine Thiens et de son époux, Ange Émile Lemaire, fabricant d’eau gazeuse.
Elle épouse en août 1888 à Saint-Maur François Charles Provin. Le couple s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont. François Provin, serrurier, exerce d’importantes responsabilités politiques dans la commune entre 1900 et 1934. Il est également président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers.
Ils vivent rue du Pont, au centre de la commune et ont une fille.
Après la première guerre mondiale, Adèle Provin va s’engager dans une activité humanitaire, au sein de la section locale de la Mutualité maternelle de Paris. Elle est secrétaire de l’association en 1927 et 1928, vice-présidente en 1931.
L’association comptait en 1923 93 adhérents, essentiellement des adhérentes. Elle avait aidé cette année-là 56 enfants.
Son activité vaut à Adèle Provin d’être attributaire, en septembre 1931, d’une mention honorable au titre de son rôle mutualiste. Sa fille Alice est également membre de la même association.
Adèle Provin meurt le 14 octobre 1933 à Joinville. Elle était âgée de 69 ans.
En janvier 1897, Gustave Charton s’inquiète, dans une lettre publiée dans l’hebdomadaire Voix des communes du sort des ouvriers de l’usine métallurgique du Bi-Métal à Joinville : « Il se produit en ce moment à la compagnie du Bi-Métal de Joinville (connue par la dernière grève et la déplorable catastrophe toute récente, où plusieurs personnes ont trouvé la mort), des faits absolument scandaleux. Les ouvriers employés dans cette usine gagnent de 0 fr. 35 à 0 fr. 40 de l’heure environ, et ne travaillent que la moitié de l’année à peu près, ainsi qu’en font foi quelques lettres qui sont en ma possession. C’est, il faut l’avouer, un assez maigre salaire et l’on se demande comment ces malheureux peuvent s’arranger pour vivre avec si peu de rétribution ; mais là ne s’arrête pas l’infamie capitaliste qui règne en souveraine maîtresse dans cette usine ; en effet, lorsque les ouvriers atteignent la soixantaine, et que la somme de travail produit commence à diminuer, on les jette à la porte comme des malpropres, ces termes sont tirés de la lettre criante de souffrance que m’adresse l’un de ces malheureux. J’en connais qui depuis 15 et 20 ans travaillent sans discontinuer dans cette usine, et qui viennent de subir le sort accordé à tous ceux qui ont le malheur de voir leurs cheveux blanchir, et dont le travail ne concorde plus avec celui de l’ouvrier en pleine force l’âge. Et voilà ! On emploie des ouvriers, on les use, et lorsque la vieillesse les écrase de sa griffe, on les jette sur le pavé, sans se soucier de savoir s’ils n’ont plus qu’à choisir entre ces trois moyens de vivre : la mendicité, la prison ou l’hôpital. »
Le directeur de la Voix des communes, Gabriel Meynet, ancien maire d’Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), commente longuement l’article : « Charton qui, on le sait, est l’honnêteté et la droiture mêmes, en m’apportant l’article qu’on vient de lire, a tenu à me montrer les témoignages écrits des pauvres diables, mis brutalement à la porte, en plein hiver, comme on jette à la borne de vieilles savates hors d’usage. Ces serfs de l’usine où ils ont travaillé, à peine rétribué environ 1 fr. 75 par jour si l’on tient compte des chômages forcés dus sans doute à l’intermittence des commandes, sont plus mal traités que les esclaves antiques. Ceux-ci vieux, brisés, usés, avaient jusqu’au jour où ils crevaient dans quelques coins, la pâtée et un gîte. Ceux-là, comme dit Charton, ont pour perspective la mendicité, le vagabondage, l’hôpital, la prison. On ne leur reprochera pas, j’aime à la croire, leur manque de prévoyance. Le pain de la vieillesse, eh, fichtre ! Comment le mettre de côté, quand celui du jour est à peine suffisant pour sa journée ? La bête humaine, dans sa nudité native est parfois singulièrement résistante. Arriver ainsi à la soixantaine, la dépasser et n’être pas si complètement déjetée qu’elle ne puisse dans son métier s’employer utilement ? Que M. le directeur n’aille pas s’imaginer que, de propos délibéré, je m’en prends à lui personnellement et à ses actionnaires de ces tristes conditions. (…) Toutefois, il me permettra de faire appel aux sentiments de solidarité, d’humanité qui sommeillent dans le cœur humain et qui, sous la pression des évènements terribles, en jaillissent en de splendides réveils. Il n’a pas oublié la lamentable catastrophe que rappelait Charton, il se souvient de ces morts et de ces vivants enfoncés sous les décombres, que fouillaient les ouvriers de l’usine au risque d’être écrasés par la chute d’un mur croulant. Ne fut-il pas lui-même parmi ceux que l’irréfléchi dévouement de ces hommes arracha à la mort ? N’en est-il pas parmi ceux qu’il vient de balayer qui ont contribué à ce magnifique sauvetage ? (…)
Le mois suivant, toujours dans le même journal, Charton dénonce des incidents avec un prêtre et la famille pendant la maladie de Robert, libre-penseur joinvillais.
De nouveau, en 1899, Charton vit à Joinville. Il est domicilié 8, rue du Pont, dans le même immeuble qu’un autre socialiste-révolutionnaire, Henri Martinet (1865-1932), ouvrier menuisier, syndicaliste, coopérateur, militant socialiste puis communiste et conseiller municipal de Champigny-sur-Marne (1908-1925).
Jean Gustave Charton meurt le 5 février 1900 à Joinville. Son décès est déclaré à l’état-civil par son fils Fernand Alfred Charton, 23 ans, sous-officier au 153e régiment de ligne en garnison à Toul et par Alexandre Isidore Hénocq, 42 ans, militant du POSR à Joinville.
Ses obsèques rassemblent une assistance nombreuse de militants républicains, socialistes révolutionnaires comme radicaux-socialistes, avec notamment le député radical Jules Ferdinand Baulard, le maire de Joinville Eugène Voisin ou Adolphe Aureau, ancien maire de Saint-Maur. La presse radicale commente son décès. Pour Voix des communes, « Charton était un bon et ferme républicain, un libre-penseur convaincu, qui appartenait depuis un certain nombre d’années au parti ouvrier socialiste révolutionnaire, il comptait beaucoup d’amis parmi les groupes de la démocratie, qui avaient été à même d’apprécier sa loyauté, sa bonne foi, en même temps que la bonté de son cœur et sa courtoisie habituelle ». Le quotidien Le Radical voit en lui un « camarade de combat. »
Une des filles de Charton, Clarisse, épouse en octobre 1901 Alphonse Doret, petit-fils d’Alphonse Demeestère, ancien dirigeant des radicaux de la circonscription. Le mariage est célébré par le maire de Joinville Eugène Voisin tandis que le député Jules Ferdinand Baulard prononce un discours.
Marcel Louis Camille Roubault naît le 20 juillet 1900 à Chaumes (act. Chaumes-en-Brie, Seine-et-Marne). Il a pour mère Léonie Henriette Marie Savoyen, et pour père son époux, Paul Camille Roubault, boulanger.
Mécanicien et fraiseur pour de l’outillage de précision, Roubault est ensuite ajusteur et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y réside, avenue du Château (act. av. Foch), dans le quartier de Polangis en 1920, quand il fait son service militaire dans un bataillon d’ouvriers d’artillerie.
En avril 1923, Roubault est le secrétaire de la section de Joinville de l’Union fédérative socialiste, formation créée en décembre précédent par Pierre Brizon, Henri Sellier, Oscar Bloch, Raoul Verfeuil et plusieurs maires de banlieue, comme Charles Auray (Pantin). La formation rassemble notamment d’anciens socialistes passés au parti communiste et qui l’ont quitté, notamment du fait de l’exigence de rompre avec la franc-maçonnerie et la Ligue des droits de l’Homme. Elle considère que « la résistance du capitalisme menacé, dans ses privilèges, impose au prolétariat la nécessité de s'organiser pour la conquête révolutionnaire du pouvoir et l'exercice d'une dictature transitoire ». S’affichant pacifiste, l’Union fédérative socialiste plaide pour l'unité organique des socialistes.
Roubault participe à la fusion avec le parti communiste unitaire, pour former l’Union socialiste-communiste (USC), dont Edmond Neumann devient le secrétaire à Joinville. C’est la section USC qui prend l’initiative de rassembler des membres de la SFIO et du parti radical-socialiste à Joinville pour constituer, en mai 1924, un comité électoral communal du Cartel des gauches. Georges Briolay, radical-socialiste et futur maire de Joinville, en est le président ; Neumann est vice-président, Roubault secrétaire et Berthet, SFIO, trésorier. En 1924, les forces politiques de gauche restent embryonnaires dans la commune. Tous les anciens adhérents de la SFIO avaient rejoint le parti communiste lors de sa création et la section locale se reconstitue probablement en 1924. Le parti radical-socialiste avait été touché par la dissidence de plusieurs élus en 1912, qui battent alors la liste ayant le soutien officiel des radicaux-socialistes puis l’exclusion du futur maire, Henri Vel-Durand. Le comité radical-socialiste de Joinville, même s’il était maintenu nominalement sous l’égide de Georges Briolay, futur maire, ne reprend vie que vers 1924 également. À contrario, l’USC apparaît comme la seule structure organisée, en dehors du parti communiste, mais son impact électoral s’avèrera négligeable.
Lors des élections municipales de mai 1925, la liste du cartel des gauches obtient 648 voix sur 2 275 suffrages exprimés (28,4%) pour 2 310 votants et 2 761 électeurs inscrits. Elle devance les communistes (21,1%.) mais est largement distancée par la municipalité sortante d’Henri Vel-Durand, soutenue par les radicaux dissidents, les libéraux et conservateurs, qui recueille 47,5% et emporte tous les sièges au second tour.
L’élection au conseil général pour le 2e secteur du canton de Saint-Maur (Saint-Maur, Créteil, Bonneuil, Joinville) de juin 1925 voit Neumann (USC) recevoir 50 votes (1,8%), très loin des 409 voix du socialiste SFIO Osmin, des 562 du député communiste Muller ou des 685 du maire de Créteil Avet, alors radical-socialiste.
Parallèlement à son activité politique, Roubault est membre du comité de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme, présidée en 1924 par Edmond Neumann. Elle existe depuis 1900 et compte 56 adhérents cette année-là.
En septembre 1926, Marcel Roubault épouse Paulette Lucile Chapoul à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’installe dans la commune, rue du Pont-de-Créteil. Cependant, il continue son activité au sein de la section joinvillaise de la Ligue des droits de l’Homme, dont il est le secrétaire en 1933.
Après la deuxième guerre mondiale, les époux Roubault, qui ont eu une fille née en 1930 à Saint-Maur, s’installent dans son village natal de Chaumes-en-Brie, où ils vivent chemin du Pré-Saint-Martin. Marcel Roubault meurt, hospitalisé, le 14 juin 1967 à Paris (13e arr.). Il était âgé de 66 ans.
Il ne faut pas confondre Marcel Louis Camille Roubault avec Marcel Édouard Roubault (1905-1974), géologue français, doyen de la faculté de Nancy, fondateur de l'École nationale supérieure de géologie dans cette ville.
Le maire de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont), Laurent Pinson, rend compte, le 19 prairial an 11 (8 juin 1803) au citoyen Viénot, receveur des Domaines nationaux à Vincennes de l’état de la chapelle Saint-Léonard, qui se situe sur le territoire de la commune. « Depuis l'an 1691, les habitants de notre commune jouissent de cette chapelle qu'ils ont fait bâtir. Les réparations ont toujours été à leurs frais, et la commune en paye toujours les contributions foncières. Les titres ont toujours été entre les mains du desservant, dont le dernier était connu sous le nom de l'abbé Dedieu. Il a disparu au moment de la Révolution et nous n'avons pu le découvrir. »
Selon l'Inspecteur des Domaines, le 26 prairial (15 juin), « la desservance était payée par les habitants. »
Un arrêté du 31 juillet 1792, a remis la commune en possession de la chapelle.
Le village du Pont-de-Saint-Maur, installé au débouché d’un des deux ouvrages sur la Marne en amont de Paris avec celui de Charenton, est un port de déchargement de bois flottant venant de la Haute-Marne. Dépendant jusqu’en 1693 à la paroisse de Fontenay-sous-Bois puis ensuite de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, il devient une commune en 1790 sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur avant de se renommer Joinville-le-Pont en 1831 (Seine, act. Val-de-Marne).
La chapelle accueille des bateliers et des voyageurs pour lesquels des messes sont dites. Elle est détruite en 1803.
Faut-il rapprocher ledit chapelain de Pont-de-Saint-Maur avec l’abbé Dedieu qui met en musique une ode du poète Jean-Baptiste Rousseau, représentée au cours d’un concert spirituel au château des Tuileries à Paris, le 14 mars 1788 ? Et doit-on identifier ce musicien avec le compositeur J. Dedieu, auteur en septembre 1791 d’un hymne à Mirabeau intitulé Les regrets de la France, puis d’un opéra-folie, Midas au Parnasse, représenté en janvier 1793 au théâtre du Palais à Paris sur un texte de Planterre ou Planteau ?
Pierre Masson naît en février 1631 à Paris. Ordonné prêtre, il est bachelier en théologie et licencié et docteur en droit de l’université de la Sorbonne. Il est d’abord chapelain de la cathédrale Notre-Dame de Paris, puis de Saint-Léonard, au village du Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont). Il occupe probablement cette fonction vers 1660-1670.
La chapelle est située au débouché rive droite du pont de Saint-Maur (précédemment nommé pont Ollin, puis pont des Fossés) qui est, avec celui de Charenton, l’un des deux ouvrages sur la Marne en amont de Paris. Il est contigu à un port de déchargement de bois flottant venant de la Haute-Marne. L’édifice, doté d’une petite crypte, sert principalement aux bateliers et des voyageurs pour lesquels des messes sont dites. Les habitants du village sont rattachés jusqu’en 1693 à la paroisse de Fontenay-sous-Bois, qui couvre l’essentiel du Bois de Vincennes (alors dénommé Vilcene).
Devenu chanoine, Pierre Masson officie à l'église Saint-Étienne-des-Grès à Paris (act. 5e arr.), un des plus vieux édifices religieux de la capital, mentionné en 857 et détruit en 1792. Elle constituait la seconde station du pèlerinage de saint Denis, auquel une ancienne tradition attribuait sa fondation.
En 1673, Pierre Masson devient curé de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Choisel (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Dans sa fonction, il est réputé avoir gouverné la paroisse « avec beaucoup de prudence, et de fermeté, menant une vie assez solitaire et retirée, donnant son temps à l'étude, et a la connaissance des belles lettres », d’après une inscription funéraire dans l’église de Choisel.
Selon F. de Guilhermy et R. de Lasteyrie, qui publièrent l’épitaphe, « Ce fut sans doute l'amour de la vie solitaire et retirée (…) qui détermina le chanoine Pierre Masson à préférer l'obscurité de la cure de Choisel au rang que pouvaient lui assigner son savoir et ses grades universitaires. Il donna tous ses soins à l'embellissement de son église. La plupart des menuiseries qu'il fit faire sont encore en place. Les initiales de son nom, PM, gravées sur la chaire, ont été respectées. Cette chaire, élégamment sculptée et rehaussée de dorures, est ornée d'une statue de saint Jean l'Évangéliste, d'un écusson armorié, d'une couronne fleurdelisée au pourtour de l'abat-voix, et d'un aigle au sommet. »
Le curé fait agrandir le chœur et exécuter de beaux ouvrages de menuiserie tels les lambris, bancs fermés et les stalles ou, en 1683, la chaire en bois sculpté. Ces éléments ont été sauvegardés.
Pierre Masson meurt le 27 juillet 1691 à Choisel. Il est enterré sur place et une plaque en marbre noir dans l’église maintient son souvenir : « Requiescat in Pace - Aegidius et Petrus Masson, hic Nepos, ille frater Mærentes. »