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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 01:01

Lucien Achille Zo naît le 20 mai 1881 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), commune où il résidera toute sa vie. Il est fils de Lucie Henriette Charlier et de son mari Edmond Zo, oiseleur dans la ville.

Domicilié avec sa mère, blanchisseuse, 2, rue Pinet, il épouse en août 1904 toujours dans la commune de la boucle de la Marne Léontine Émilie Schmidt, blanchisseuse également. Il semble qu’ils n’aient pas eu d’enfants.

Il travaille comme lamineur à l’usine métallurgique du Bi-Métal, située à Joinville-le-Pont – à proximité de Saint-Maur et Saint-Maurice.

Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; la Cgt a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Leurs demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le langage de la presse de l’époque est fleuri. Le quotidien socialiste L’Humanité, fondé par Jean Jaurès en 1905, donne la parole au syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller (1876-1960, résidant à Paris). C’est lui qui dirige la grève joinvillaise, en tant que secrétaire de l’Union des métaux.

« Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

« Des groupes se, constituèrent et administrèrent aux malades en question une potion énergique qui les remit immédiatement sur pied. Un de ces malpropres individus, marchand de vins à Joinville, ayant eu vent des dispositions préventives, se fit accompagner par deux agents qui le conduisirent à l'usine. Dans la région, toute la population se figura que c'était un pillard pris en flagrant délit, que nos excellents policiers conduisaient au violon. Il paraîtrait même que son fonds à la suite de cet incident, perdrait de sa valeur.

« Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, par suite de l'excellence de la méthode adoptée, la grève se poursuit d'une façon unanime dans les quatre usines en lutte. Un gendarme ayant voulu s'emparer d'un superbe nerf de bœuf qu'un métallurgiste tenait à la main, ce dernier lui fit observer que, se trouvant en grève, il ne possédait que cet instrument de travail, le seul propre à mettre en pression la machine à frictionner qui avait fonctionné à merveille dans la journée.

« En résumé, situation excellente au point de vue de la résistance. »

Les syndicalistes se félicitent que, après trois semaines, « aucune défection se soit produite ». Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

Les grévistes n’ont pas repris le travail fin mars. La direction, qui a tenté de faire appel à une organisation de non-grévistes, le syndicat des jaunes, a dû y renoncer. Mais la tension ne baisse pas pour autant. Au sein du personnel, un certain essoufflement apparaît après presque trois mois de conflit ; des ouvriers ont des entrevues avec les directeurs de l'usine au sujet d’une reprise du travail et une pétition est lancée par quelques-uns d’entre eux.

L'usine du Bi-Métal était gardée par la gendarmerie et la police, mais devant la violence des affrontements, le gouvernement juge que c’est insuffisant et fait appel à l’armée : chasseurs à pied et dragons viennent donc faire la garde à Joinville, à partir du 11 avril.

Le 12 avril, Gaspard Ingweiller, est arrêté après une course poursuite. Il se rendait à la gare de Joinville pour y prendre le train pour Paris. Au moment où il pénètre dans la salle de distribution des billets, il y reconnaît quelques inspecteurs de police en civil. Il sort alors, et veut prendre le tramway qui rejoignait la porte de Vincennes, mais un policier à bicyclette lui barre le passage. Ingweiller tenta alors de se perdre dans le bois de Vincennes, mais un autre agent en civil se mit à sa poursuite et l'arrêta. Il était porteur d'un revolver. Conduit au commissariat, puis envoyé au dépôt, il est inculpé d'entraves sérieuses à la liberté du travail.

La 9e chambre correctionnelle de la Seine juge le 29 juillet les prévenus pour « entraves à la liberté du travail avec violence. »

Zo est une des pièces maîtresse de l’accusation, qui l’a fait citer. Mais, en réponse aux avocats des grévistes, dont le petit-fils de Karl Marx, Jean Longuet (1876-1938), député socialiste de la Seine (Sceaux, Villejuif) et Me Chesné, il déclare, selon L’Humanité, que s'il avait fait à l'instruction la déposition dont on prétendait tirer un si grand parti contre les accusés, c'était « qu'il y avait été forcé par le commissaire de police ». Des applaudissements éclatèrent dans tout l'auditoire en présence de cette déclaration significative, ce qui valut naturellement au public la menace des foudres du président. La rétractation de Zo conduit à l’abandon des poursuites contre trois accusés, les autres recevant des peines variant de quinze jours de prison avec sursis à un mois de prison sans sursis. Gaspard Ingweiller, en tant que dirigeant de la grève, est condamné à six mois fermes.

Lucien Achille Zo meurt le 26 septembre 1949 à Saint-Maur. Il était âgé de 68 ans.

Sortie usine Bi-Métal 1904

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 01:01

Charles Eugène Buchot naît à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) le 2 février 1814. Il est le fils Marie Antoinette Guiard et de son époux, Augustin Frédéric Buchot, carrier.

Comme son père, Buchot sera tailleur de pierres, mais il vendra également du vin. En février 1836, il se marie, toujours à Saint-Maur où il réside, avec Joséphine Corbet. Ils s’installent dans la commune voisine de Joinville-le-Pont vers 1840 et auront cinq enfants.

Pendant la révolution de 1848, Buchot fait partie, selon les archives militaires d’un Club de Joinville. Il est arrêté en juillet 1848 sans motif précisé avec six autres habitants de sa commune, également commerçants ; il est remis en liberté le lendemain. Les autres mis en cause sont élargis en même temps : Adolphe Candellé 41, ans, marchand de vins ; Pierre Joseph Destombes, 44 ans, dégraisseur de laines ; Louis Henri Gant ou Gaut, 35 ans, boulanger ; Jean Baptiste Marillier, 33 ans, restaurateur et Alphonse François Poirier, 30 ans, marchand de vins. Seul Eustache D'Heurle, 32 ans, tonnelier, est condamné à la transportation et meurt à Brest au cours de son transfert.

Eugène Buchot réside toujours à Joinville-le-Pont en 1850. Il meurt le 25 octobre 1869 à Paris (15e arr.) ; il était domicilié rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris (12 arr.). Âgé de 55 ans, il exerçait encore son métier de tailleur de pierres.

Il était l’arrière-petit-fils de Jean Buchot (1740-1799), ouvrier journalier, co-auteur du cahier de doléances de La Varenne-Saint-Maur en 1789. Il était également petit-neveu de Pierre Buchot, et cousin de ses trois fils Pierre Nicolas, Étienne Nicolas et Louis, tous officiers et décorés de la Légion d’honneur.

Granger, Révolution 1848

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 01:01

Pierre Buchot naît le 27 octobre 1770 et est baptisé à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur (act. Val-de-Marne). Ses parents, Pierre Nicolas Buchot, élagueur et Marie Louise Adélaïde Paquet, vivent dans le hameau du Port de Créteil, qui dépend administrativement de la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne.

Aucune source ne permet de penser qu’il réside à La Varenne après 1782, il est ainsi peu plausible qu’il soit le Buchot, signataire en avril 1789 du cahier de doléances de La Varenne. Son âge à l’époque (18 ans) rend d’ailleurs très douteux qu’il ait pu jouer ce rôle. Il est donc probable que c’est son oncle, Jean Buchot, qui participe à la rédaction de ce document prérévolutionnaire.

Engagé dans l’armée révolutionnaire en septembre 1793, il sert dans le 11e hussards, d’abord en Vendée, puis en l’an 5 sur le Rhin. L’année suivante, il est affecté aux gardes du général Bonaparte, avec lesquelles il poursuit les opérations en Allemagne puis en l’an 9 en Suisse. Incorporé aux chasseurs de la garde impériale en l’an 10, il est de nouveau sur le Rhin.

Devenu brigadier en l’an 11, Buchot se marie à Paris en vendémiaire an 12 (septembre 1803) avec Marie Fortunée Pitard. Il rejoint ensuite les côtes de l’océan et est décoré chevalier de la Légion d’honneur en thermidor an 13 (août 1805).

Tout en progressant en grade, Buchot parcourt l’Europe avec les armées napoléoniennes. Il est ainsi maréchal des logis en l’an 14 (1806) en Autriche puis au sein des dragons de la garde, en Prusse et l’année suivante en Pologne. Maréchal des logis chef, il sert en 1808 en Espagne et de nouveau en 1809 en Autriche. Deuxième lieutenant en 1809, il est en Saxe en 1813 t, passé premier lieutenant, fait la campagne de France en 1814. Il cesse son activité militaire en novembre 1816, avec le grade de capitaine.

Installé à Maintenon (Eure-et-Loir) pour sa retraite, Pierre Buchot y meurt le 24 juillet 1840, à l’âge de 69 ans. Il était chevalier de Saint-Louis, ordre recréé en 1814 par le roi Louis XVIII.

Avec son épouse Marie Fortunée, il aura eu trois garçons (Pierre Nicolas, Étienne Nicolas et Louis Martin Adrien) tous devenus officiers et tous décorés aussi de la Légion d’honneur, ce qui constitue peut-être un record.

Chasseur d'Afrique

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 01:01

Pierre Nicolas Buchot naît le 2 février 1748 et est baptisé à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur (act. Val-de-Marne). Ses parents, Jean Buchot bûcheron, et Marie Louise Mouillon, originaires de Bourgogne, vivent dans le hameau du Port de Créteil, qui dépend administrativement de la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne.

Il épouse en janvier 1770 toujours à Saint-Maur Marie Louise Adélaïde Paquet avec laquelle il a au moins 5 enfants, tous des garçons, dont trois meurent en bas âge. La famille est toujours présente dans le territoire de la boucle de la Marne fin 1782, où Buchot exerce la profession de blanchisseur.

Aucune source ne permet de penser qu’il réside encore sur place en avril 1789, il est donc peu plausible qu’il soit le Buchot, signataire du cahier de doléances de La Varenne. Il est donc probable que c’est son frère aîné, Jean Buchot, qui participe à la rédaction de ce document prérévolutionnaire.

Pierre Nicolas Buchot meurt le 20 juin 1827 à Paris (5e arr.). Il était âgé de 79 ans.

Son fils aîné, Pierre Buchot, soldat de l’empire, sera chevalier de la Légion d’honneur.

La Varenne fin 18e s.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 01:01

Jean Buchot (également orthographié Beuchot) naît le 27 février 1740, à Saint-Mesmin (act. Côte-d'Or). Il est le fils de Jean Buchot, bûcheron, et de son épouse Marie Louise née Mouillon. Peu après sa naissance, ses parents s’installent dans l’actuelle commune de Saint-Maur-des-Fossés. Ils résident dans le petit village du Port de Créteil, qui dépend administrativement de la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne mais est rattaché pour les actes religieux à celle du bourg de Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Nicolas.

Il épouse Marie Anne Talon avec laquelle il aura dix enfants entre 1767 et 1785, dont huit sont encore vivants au début de la Révolution.

En 1772, Jean Buchot, qui est présenté comme journalier, est témoin lors d’un procès intenté par les passeurs officiels du port de Créteil, Louis et Jean Richard, contre un marchand de fer et de charbon du même hameau, Desjardin, qui fait traverser la Marne à un quidam et aurait injurié la femme Richard.

Jean Buchot est probablement le second signataire du cahier de doléances de La Varenne-Saint-Maur en avril 1789 ; il est nommé Buchot sur le manuscrit de ce document. Plusieurs Buchot sont identifiés dans la presqu’île, mais doivent sans doute être écartés : son frère, Pierre Nicolas, né en 1748, réside à Saint-Maur jusqu’en 1782, dernière mention de sa famille sur les registres paroissiaux ; Pierre (1770-1840), fils aîné de Pierre Nicolas, ne semble pas avoir résidé à Saint-Maur après son adolescence et son âge en avril 1789 (18 ans) rend de toute manière improbable qu’il ait pu signer ce document.

Les « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés » ont rédigé en prévision des états généraux leur cahier de doléances, qui est daté du 14 avril 1789. Il existait à cette date deux paroisses spirituelles et une troisième « paroisse fiscale » sur le territoire actuel des communes de Saint-Maur-des-Fossés et de Joinville-le-Pont : celle de Saint-Hilaire (La Varenne) et celle de Saint-Nicolas (Saint-Maur, Joinville) ; le village de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville) n’avait ni église, ni desservant, mais disposait d’un rôle d’impôts autonome.

Les sept signataires du cahier de doléance furent Desaint, Buchot, Géant, Bouillon, Mathieu, Claudin et Riguet (noté Riquety sur les sources imprimées).

En 1789, au moment de la rédaction du cahier de doléances, Jean Buchot a 49 ans. Pas plus qu’aucun autre membre de sa famille, il ne joue de rôle dans les municipalités constituées à partir de 1790. La commune de La Varenne est rattachée en décembre 1791 à celle de Saint-Maur, tandis qu’au contraire La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur se crée comme commune autonome en février 1790.

Jean Buchot meurt le 9 pluviôse an 8 (29/01/1799) à Saint-Maur-des-Fossés. Il finissait sa 60e année.

Son petit-fils Charles Eugène, sera inculpé comme insurgé suite à l’insurrection parisienne de juin 1848 ; il était alors marchand de vin et tailleur de pierres à Joinville-le-Pont.

Un neveu de Jean Buchot, Pierre et trois de ses petits-neveux (Pierre Nicolas, Étienne Nicolas et Louis Martin Adrien) seront officiers et décorés de la Légion d’honneur.

Cahier de doléances de La Varenne

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 01:01

Jean Beuchot naît probablement en 1699. Ses parents vivent à Geligny, un village de la paroisse de La Chaleur (auj. commune de Vieilmoulin, Côte-d'Or). C’est à La Chaleur qu’existe une forge où on marquait au fer rouge les forçats emmenés aux galères puis au bagne à Toulon.

Son père Antoine Beuchot est laboureur et marié à Barbe Pain. Lui-même sera bûcheron. En février 1727, il épouse dans le village voisin de Saint-Mesmin Claude Mouillon, elle aussi d’une famille paysanne ; lors du mariage, seul le recteur d’école sait signer et fait donc office de témoin, comme pour une grande partie des unions dans le village.

Après avoir eu au moins quatre enfants, la famille se déplace à La Varenne, sur le territoire actuel de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, où elle vit dans le hameau du Port de Créteil. Deux autres enfants y naîtront.

Jean Beuchot meurt le 25 mars 1766 et il est inhumé au cimetière de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Il était âgé de 66 ans.

Ses descendants, dont le nom s’orthographie ensuite Buchot, vont traverser le siècle suivant, à partir de cette plaine de la boucle de la Marne, entre révolutions et guerre.

Son fils homonyme Jean Buchot participera à la rédaction du cahier de doléances des habitants du territoire de La Varenne Saint-Maur en avril 1789. Un arrière-petit-fils, Eugène Buchot, résidant à Joinville-le-Pont, sera impliqué dans la révolution de juin 1848.

Le deuxième fils de Jean Beuchot, Pierre Nicolas, sera le géniteur d’une dynastie d’officiers qui feront les guerres de trois républiques, des deux empires ainsi que de la royauté restaurée puis constitutionnelle, sillonnant l’Europe et l’Afrique du Nord.

Nous présenterons dans les jours prochains leurs biographies.

Église de la Nativité-de-la-Vierge (hameau de la Chaleur, commune de Vieilmoulin), phot. Michel Foucher, 2015

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 01:01

Jules Joseph Désiré Dubreuil naît le 2 mai 1886 à Monchy-Lagache (Somme). Il est le fils d’Anisie Hurier, couturière, et de son époux Jules Dubreuil, comptable puis chef de culture.

Alors manœuvre et résidant à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de Joinville (rue faisant la limite avec Joinville-le-Pont), il épouse en octobre 1912 Angélique Marie Ripplinger, journalière. Dubreuil sera ensuite employé de chemin de fer.

Pendant la première guerre mondiale, Dubreuil est sergent au 320e régiment d’infanterie. En juillet 1916/07/30, il est cité à l’ordre de la division pour son comportement.

Lors des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Jules Dubreuil est candidat en 12e position sur la liste socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Cette liste, incomplète puisqu’elle porte 14 noms pour 27 postes à pourvoir, obtient 12,3% des suffrages exprimés, devancée par la droite de l’Union des républicains (32,6%), le Groupement des gauches républicaines (radicaux-socialistes et socialistes indépendants, 26,7%), les communistes (23,5%) et quelques isolés (3,0%). Dubreuil recueille 353 votes sur 2 856 exprimés (12,4%) pour 2 923 votants et 3 433 électeurs inscrits.

Au second tour, les communistes et socialistes fusionnent, la nouvelle liste étant conduite par André Blocher, responsable de l’ARAC (anciens combattants) et de la Ligue des droits de l’Homme, qui n’était pas en lice au premier tour. Elle comprend 16 communistes, 10 socialistes et un indépendant et obtient 36,6% des suffrages exprimés, derrière la droite qui en a 39,8% mais devant les radicaux-socialistes de la majorité sortante, qui ne recueillent que 19,5%. L’Union des républicains a 25 élus et deux conseillers complètent le tableau, le futur maire Robert Deloche et Paul Rouhaud. Dubreuil recueille 976 voix, soit 33,7% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants.

La famille vit à Saint-Maur-des-Fossés pendant la deuxième guerre mondiale, rue de la Procession. Jules Dubreuil y meurt le 27 avril 1942 à l’âge de 55 ans. Son épouse, morte l’année précédente, avait donné naissance à cinq enfants.

Plusieurs mentions de Jules Dubreuil dans la presse ne peuvent pas être rapprochées de manière certaine, sans qu’un rattachement puisse être exclu : en septembre 1929, souscripteur pour le quotidien communiste L’Humanité ; et en mars 1931, attributaire de la médaille militaire.

Train en garde Joinville

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 00:01

Premier article de la série de deux consacrés à Claude Noizat.

Claude François Noizat naît le 13 janvier 1890 à Paris (10e arr.). Ses parents sont Constance Philomène Grosjean, femme de chambre, et son Jules Achille Noizat, employé de commerce.

Ses parents s’installent en 1904 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où sa mère devient concierge. Claude Noizat s’y marie en septembre 1919 avec Marcelle Julie Marie Grosjean. Il exerce la profession de comptable.

Après-guerre, Noizat s’engage dans la vie publique. Il aura un parcours curieux.

Il collabore irrégulièrement à l’hebdomadaire radical Voix des communes, adhère à la Ligue des droits de l’Homme, est membre du parti socialiste SFIO et se présente en 1925 sur la liste du cartel des gauches aux élections municipales de Joinville-le-Pont, qui regroupe des socialistes SFIO, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. La liste obtient une moyenne de 648 voix, soit 28,4% des 2275 suffrages exprimés sur 2761 électeurs inscrits. Elle devance la liste du Bloc ouvrier et paysan (communistes) 480 voix, soit 21,1% mais est loin de l’Union républicaine 1080 voix soit 47,5%. C’est cette dernière qui emporte au second tour la totalité des sièges, conduite par le maire, Henri Vel-Durand, reconduit dans ses fonctions.

Noizat prend rapidement ses distances, car il est un des trois orateurs d’un meeting contre la guerre au Maroc organisé à Joinville par un comité d'action inter-organisations le 28 mai 1925. Les autres intervenants sont Louis Castellaz syndicaliste Cgtu et conseiller municipal de Paris et Persoons.

Le mois suivant, Claude Noizat rompt publiquement avec les socialistes dans une lettre publiée par le quotidien communiste L'Humanité (1925/06/13) : « Comme la grande masse des électeurs, j'ai été trompé, par le Cartel des Gauches et j'ai été doublement trompé puisque j'ai fait campagne pour ce Cartel, cette union des éléments de gauche constituée, disait-on, pour combattre le Bloc National. J'ai, de bonne foi, travaillé pour cette idée, à savoir, que le Cartel servirait d'abord envers et contre, tout la démocratie, partant la masse des individus qui peinent, et qui souffrent. J'ai été trompé, il n'en est rien. Painlevé, Poincaré, Renaudel, Millerand, c'est tout un. Le groupe socialiste au parlement, en votant les fonds secrets, en votant la guerre du Maroc, fait cause commune avec les ennemis du prolétariat. Les députés socialistes qui se sont levés pour voter la censure contre Jacques Doriot ne sont pas socialistes ce sont des politiciens à la remorque du capital dont ils sont peut-être les stipendiés. Aussi, devant cette attitude, je déchire ma carte d'adhèrent du parti SFIO et je me range, aux avis du seul Parti qui, franchement, ouvertement, combat les prérogatives et défend la grande masse des exploités. Je demande mon adhésion au parti communiste. Signé Claude Noizat, 34, rue de Paris, à Joinville (Seine). »

Son nouvel engagement va prendre une forme spectaculaire le 15 août 1925. Avec quatre camarades de Joinville et de Saint-Maur, Noizat décore un bateau avec des insignes communistes, faucille et marteau, et une banderole portant l'inscription « À bas la guerre du Maroc ! À bas les impôts Caillaux » ; ils naviguent ainsi pendant fête nautique sur la Marne à La Varenne (Saint-Maur-des-Fossés, Seine, act. Val-de-Marne). Les cinq sont brièvement arrêtés et le bateau est confisqué ; L’Humanité estime que l’interpellation s’est faite dans « la plus bestiale brutalité. »

(À suivre).

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 00:01

Henri Léon Pélissier naît le 19 mars 1861 à Paris (7 arr.). Il est le fils de Joséphine Carossio, blanchisseuse et de son mari, François Esprit Pélissier, cuisinier.

En 1880, Henri Pélissier est fleuriste à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) où il a un premier enfant avec Pauline Louise Sadoux, couturière. Il s’installe près des parents de sa compagne, sur l’île Fanac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), a un deuxième enfant et commence à travailler dans le même secteur que son beau-père et son beau-frère, en tant que constructeur de bateaux, des canots pour la promenade sur la Marne.

Après avoir épousé à Joinville en décembre 1886 Pauline Louise Sadoux, il obtient le certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique et devient professeur d’éducation physique en 1887 ; il exercera jusqu’en 1915. Il est directeur de la société d’instruction militaire et de gymnastique de Joinville-Champigny de 1887 à 1892.

Loueur et constructeur de canots, enseignant la natation et vivant sur une île située au milieu de la Marne, Pélissier va être témoin de très nombreux accidents de navigation, la Marne étant une destination prisée par les parisiens les week-ends de beau temps, navigateurs amateurs peu aguerris.

En 1894, il obtient une première médaille pour avoir participé à des sauvetages de personne risquant de se noyer ; tout au long de sa vie, il obtiendra au moins huit récompenses officielles, participant à 34 sauvetages, retirant 80 personnes de l’eau. Lors de l’exposition universelle de 1900, il préside le jury de sauvetage. Au cours des inondations de 1910, Pélissier est allé chercher 200 personnes dans leurs maisons inondées dans des circonstances périlleuses.

Dès 1903, Pélissier va jouer un rôle public significatif. Il représente les sociétés locales pour féliciter le maire, Eugène Voisin, décoré de la Légion d’honneur.

Il est candidat lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville sur la liste, de tendance nationaliste, menée par quatre conseillers municipaux sortants (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet), dissidents de la municipalité radicale d’Eugène Voisin. Ce dernier est cependant reconduit, sa liste remportant 22 des 23 sièges à pourvoir et 50,2% des suffrages exprimés au premier tour, face à la liste de droite qui a un élu (Moulinet) et recueille 31,9% tandis que la liste socialiste obtient 14,9% des voix. Pélissier, avec 356 votes pour 1119 votants et 1363 inscrits, avait atteint 31,8%.

Pélissier est de nouveau candidat en mai 1908 sur une liste patronnée par un comité socialiste évolutionniste, qui comprend des libéraux (Provin), des socialistes dissidents de la SFIO (Hainsselin) et d’anciens radicaux (Leteuil). Sa liste obtient un siège (Provin) et 31,8% des suffrages exprimés. Les radicaux-socialistes d’Eugène Voisin gagnent à nouveau avec 21 élus et 64,7% tandis que les socialistes SFIO font 4,6% et qu’un indépendant est élu. Pélissier était crédité de 406 voix soit 30,8%.

C’est en mai 1925 que Pélissier va être élu sur une liste d’Union républicaine de centre-droit, conduite par Henri Vel-Durand, qui obtient au premier tour 47,5% des suffrages exprimés devant le cartel des gauches (radicaux-socialistes et socialiste, 28,4%), et les communistes (21,1%).

De nouveau candidat en mai 1929 aux côtés du successeur de Vel-Durand, Stephen Durande, sa liste a cinq élus pour 41,6% des suffrages exprimés au second tour et est battue par le cartel des gauches (Georges Briolay) avec 22 élus et 45,9%, les communistes recueillant 12,5% des votes. Pélissier n’est pas élu.

À l’occasion d’un scrutin partiel en octobre 1934, Pélissier figure sur une liste de Républicains indépendants, proche de la majorité municipale, qui se situe au second rang avec 25,5% des suffrages exprimés et se retire devant la liste de Concentration républicaine (37,0%) qui l’emporte au second tour. La liste socialiste SFIO (17,6%) laisse également la place à la liste communiste Pcf (17,8%).

Six mois plus tard, Henri Pélissier retrouve l’Union des républicains (droite) de Léon Lesestre qui est en tête au premier tour, se situant à 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines de Briolay (26,8%) ; elle l’emporte au second tour devant l’union des listes communiste et socialiste qui avaient obtenu respectivement 23,5% et 12,3%. La liste conservatrice emporte 25 sièges, et deux communistes entrent au conseil. Pélissier retrouve son poste au sein de l‘assemblée municipale.

Exerçant la fonction de prud’homme marinier, Pélissier est désigné comme électeur sénatorial en avril 1938. Il présidait depuis 1908 la Chambre syndicale des constructeurs et loueurs de bateaux du département de la Seine.

Henri Léon Pélissier meurt le 14 mai 1939 à Joinville. Il avait cinq enfants dont un, Louis Paul, poursuivra son activité de constructeur de canots. Il était chevalier de la Légion d’honneur, titulaires des Palmes académiques (Officier d’académie puis Officier de l’instruction publique), médaille d'or de l’éducation physique et médaille d'or du sauvetage.

canots en 1907

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 00:01

Paul Henri Pacquelin naît le 23 septembre 1889 à Franey (Doubs). Ses parents, Marguerite Louise By et son époux Henri Pacquelin ont dix enfants. Famille de libres penseurs, elle est proche de Charles Beauquier (1833-1916), député radical-socialiste du Doubs (1880-1914).

Après son service militaire effectué entre 1909 et 1911, Paul Pacquelin s’installe à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) et est embauché à l’usine Pathé-Cinéma de Joinville-le-Pont.

Il s’engage rapidement dans la vie publique. En décembre 1913, il est élu trésorier adjoint de l'Association des Libres Penseurs de la région de Saint-Maur et travaille à la constitution d’un groupe de libre-pensée à Joinville. Il est membre du comité radical socialiste de Joinville en 1914.

Mobilisé dès le début de la guerre, Pacquelin est blessé sur l'Yser, à Ypres, au cours l’automne 1915 d'un éclat d'obus dans la figure. Il se marie civilement à Saint-Maur en décembre 1915 Charlotte Legret, sœur du secrétaire l’association de libres-penseurs et retourne au front dès sa guérison. Il combat en Lorraine au sein du 349e RI ; il est asphyxié par les gaz le 26 avril 1916 sur le col de La Chapelotte, entre BadonviIler et Allarmont.

Malgré la brièveté de son activité publique, Paul Pacquelin aura manifestement marqué la vie locale, car les hommages se multiplient : séances de la libre-pensée de Saint-Maur en mai 1916 et février 1918, communiqué en avril 1918, obsèques civiles en décembre 1921, etc.

La médaille militaire et la Croix de guerre avec étoile de bronze lui sont attribuées à titre posthume. Son nom figure, à la rubrique Franey, sur le Livre d'Or du ministère des pensions. Il est inscrit sur le Monument aux morts et dans le Carré militaire de Saint-Maur-des-Fossés. Il est également gravé sur les plaques commémoratives de Pathé-Cinéma à Joinville-le-Pont et de Kodak-Pathé à Vincennes.

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