Alexandre Maxime Dalbavie naît le 22 octobre 1884 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre Dalbavie, tailleur pour dames. Sa mère était remariée en janvier 1880 et avait obtenu, par un décret de 1892 que les trois fils qu’elle avait d’une précédente union, prennent le patronyme de Gobin-Dalbavie ; ils se feront connaître sous le nom de Dalbavie.
Résidant avec ses parents à Joinville-le-Pont, rue Dagoty, dans le quartier de Palissy, Alexandre Dalbavie travaille en 1901 comme employé de commerce, sans doute dans l’atelier familial. Il devient ensuite tailleur comme son père, sa mère et ses trois demi-frères Eugène, Victor et Amédée. Il épouse Marcelle Parfond en octobre 1913 à Paris (18e arr.).
Pendant la première guerre mondiale, Alexandre Dalbavie est blessé début 1915. Il sera ensuite lieutenant dans la réserve de l’infanterie.
À partir de 1914, il exerce la profession de drapier. Il dirige après-guerre la société des Textiles Réunis, rue Sainte-Anne à Paris (2e arr.). La maison fait faillite en 1924, un règlement transactionnel étant trouvé en juin.
Pierre Dalbavie, adjoint au maire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) pendant la guerre, professe des opinions politiques très conservatrices. Alexandre Dalbavie semble partager son point de vue. Le quotidien royaliste Action française recommande en 1921 sa maison à ses lecteurs et fait ensuite un très large écho aux productions de la famille.
Alexandre Dalbavie rejoint sans doute l’atelier familial de la rue Ramey à Paris (18e arr.) où exerçait son demi-frère Amédée, mort en 1922.
En décembre 1929, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire. Cependant, en avril 1934, un décret suspend pendant trois ans tous les droits et prérogatives attachés à cette qualité.
Alexandre Dalbavie meurt le 13 février 1958 au Raincy (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 73 ans.
Amédée Lucien Gobin naît le 8 février 1874 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre François Xavier Gobin, typographe. Après le décès de son père en mars 1879, sa mère se remarie en janvier 1880 avec Pierre Dalbavie. Un décret de 1892 l’autorise à prendre le patronyme de Gobin-Dalbavie ; il se fera connaître sous le nom de Dalbavie.
Comme son père adoptif, sa mère, ses deux frères Eugène et Victor, ainsi que son demi-frère Alexandre, Amédée Dalbavie va travailler dans la confection. Il est tailleur pour dames, prenant la succession dans l’atelier familial de la rue Ramey à Paris (18e arr.).
C’est dans la commune d’origine de son beau-père, Domme (Dordogne) qu’Amédée Dalbavie épouse en janvier 1903 Henriette Jeanne Stugoski.
À l’instar de Pierre Dalbavie, qui est adjoint au maire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Amédée Dalbavie semble avoir des opinions politiques très conservatrices. Il est présenté par le quotidien royaliste Action française comme un « ami » en janvier 1921, et les activités de la maison de couture Dalbavie sont très souvent mises en avant dans la page du journal consacrée à la mode.
Peut-être est-ce lui qui préside, en 1912, une association de billard ayant son siège dans son atelier rue Ramey. Amédée Dalbavie résidait rue Caulaincourt (18e arr.).
Il meurt le 23 mai 1922 à Paris (18e arr.), à l’âge de 48 ans. Ses frères poursuivront l’activité de la maison familiale.
Victor Louis Gobin naît le 21 juillet 1872 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre François Xavier Gobin, typographe. Après le décès de son père en mars 1879, sa mère se remarie en janvier 1880 avec Pierre Dalbavie. Un décret de 1892 l’autorise à prendre le patronyme de Gobin-Dalbavie ; il se fera connaître sous le nom de Dalbavie.
Comme son père adoptif, sa mère, ses deux frères Eugène et Amédée, ainsi que son demi-frère Alexandre, Victor Dalbavie va travailler dans la confection. Il est tailleur dessinateur en broderie. Il se marie en mars 1899 à Paris (18e arr.) avec une couturière, Marie Louise Gérard.
Après la première guerre mondiale, Dalbavie la succession d’A. Souvraz dans la gestion d’un atelier de tissus d’ameublement, situé rue de Palestro à Paris (2e arr.) qui recrute très fréquemment des ouvrières, sur place ou à domicile.
L’engagement civique de Victor Dalbavie est attesté. Il est administrateur du bureau de bienfaisance du 18e arrondissement de Paris depuis décembre 1910. En juin 1911, il participe à une souscription du quotidien Le Figaro pour une caisse de secours des agents de police victimes du devoir.
Victor Dalbavie est certainement associé à l’activité de l’atelier familial de la rue Ramey (18e arr.), dont il diffuse probablement les productions dans sa boutique de la rue de Palestro.
En mars 1910, Dalbavie a été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.
Victor Dalbavie meurt le 18 janvier 1953 à Paris (18e arr.). Il était âgé de 80 ans.
Pierre Eugène Gobin naît le 21 octobre 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre François Xavier Gobin, typographe. Après le décès de son père en mars 1879, sa mère se remarie en janvier 1880 avec Pierre Dalbavie. Un décret de 1892 l’autorise à prendre le patronyme de Gobin-Dalbavie ; il se fera connaître sous le nom de Dalbavie.
Comme son père adoptif, sa mère, ses deux frères Victor et Amédée, ainsi que son demi-frère Alexandre, Eugène Dalbavie va travailler dans la confection. Il est tailleur d’habits. Il se marie en mars 1893 à Paris avec une couturière d’origine bordelaise, Adélaïde Jeanne Marguerite Rotival. Ils auront deux enfants.
Ayant fait son service militaire dans un régiment de dragons, en garnison à Sedan (Ardennes), Dalbavie est sous-lieutenant puis, en 1917, lieutenant dans le 20e escadron du train des équipages pendant la première guerre mondiale.
Si l’engagement civique d’Eugène Dalbavie n’est pas connu avec précision, il est cependant attesté par le fait qu’il est décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en décembre 1913.
Après la première guerre mondiale, Dalbavie exploite un atelier comme tailleur pour dames, 153, boulevard Magenta à Paris (10e arr.). Il est très probable qu’il est également associé à la gestion de l’atelier familial de la rue Ramey (18e arr.), notamment après le décès en 1922 de son frère Amédée.
Eugène Dalbavie meurt le 12 novembre 1934 à Montmorency (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Il est enterré dans la commune voisine de Deuil-la-Barre (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 64 ans.
Pierre Dalbavie naît le 6 mai 1842 à Domme (Dordogne). Il est le fils de Marie Laurier et de son époux Jean Dalbavie, bottier. Il vient à Paris où il travaille dans la confection, en tant que tailleur d’habits en 1880. Cette année-là, il épouse une couturière, Marie Aurélie Maximilienne Deflers, originaire de Beauvais (Oise). Elle est veuve depuis l’année précédente de Pierre François Xavier Gobin, typographe. En 1892, la famille obtient que les trois enfants de ce premier mariage, Eugène, Victor et Amédée, puissent porter le nom de Dalbavie en sus de leur patronyme. Ils adopteront définitivement l’appellation de Dalbavie et travailleront tous, comme le fils de Pierre Dalbavie, Alexandre, dans la mode et les tissus.
Employé initialement rue des Filles du Calvaire à Paris (3e arr.), Pierre Dalbavie implantera un atelier rue Ramey (18e arr.), qui sera repris par les enfants du couple.
À la fin du 19e siècle, Pierre Dalbavie s’installe avec son épouse, son dernier fils et un petit-enfant avenue Dagoty, dans le quartier de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En 1901, il a cessé son activité professionnelle et vit de ses rentes.
Lors des élections municipales de mai 1900, Dalbavie est candidat sur la liste républicain conduite par le maire Eugène Voisin et soutenue par les radicaux-socialistes. Elle emporte les 23 sièges, face à la seule concurrence de quelques membres du comité électoral socialiste-révolutionnaire. Dalbavie est élu en 16e position avec 529 voix, pour 1 096 inscrits (48,3% des inscrits).
Pendant son mandat, Dalbavie va s’inscrire dans la minorité conservatrice du conseil. En mai 1911, il préside une réunion antidreyfusarde de soutien au mouvement La Patrie française d’Henri Rochefort. L’assemblée fustige « l’ignoble équipe gouvernementale, les agissements des sectaires francs-maçons, des dreyfusards et des sans-patrie » plaidant pour une « République nationale. »
Lors d’un vote en juin 1902, la majorité locale, nettement anticléricale, se prononce par 13 voix contre l’autorisation de l’activité des Sœurs enseignantes de la Providence. Dalbavie fait partie des cinq qui votent pour, avec Cosson, Moulinet, Provin et Boileau.
Lors du scrutin municipal de mai 1904, Dalbavie va rejoindre une liste beaucoup plus marquée à droite que celle de la majorité municipale. Elle rassemble quatre conseillers sortants, Moulinet, Provin, Dalbavie, Raoult face à la liste du maire, clairement soutenue par les radicaux-socialistes, et à une liste socialiste (Lacroix, Lebègue).
Le député radical-socialiste, Jules Ferdinand Baulard, analyse le résultat du premier tour comme « une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme ». Eugène Voisin fait élire 22 conseillers municipaux sur son nom, la liste de droite n’ayant qu’un élu, Moulinet. Dalbavie a recueilli 395 voix, soit 35,3% des 1119 votants pour 1363 inscrits au premier tour.
Si Dalbavie n’est pas candidat lors des élections municipales générales de 1908 ni lors du scrutin partiel de 1911, il joue cependant un rôle important dans la vie politique locale. En mars 1909, il préside une réunion de soutien à la candidature de Blondont, qui tente de remplacer le radical Adolphe Maujan, élu sénateur. C’est un autre radical, Amédée Chenal qui l’emporte, devançant le socialiste Albert Thomas dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux. Le journal radical Voix des communes qualifie Dalbavie de « réactionnaire militant. »
Sur le plan local, Dalbavie participe à une opération de contestation de la gestion du maire vieillissant de de la majorité radicale-socialiste, qui réunit les socialistes, les libéraux, des conservateurs et quelques dissidents, prenant prétexte de de l’entretien d’une voie communale de Palissy et d’un conflit entre un directeur d’école et une mère d’élève dans une école de Polangis. Elle aboutit à la victoire d’une improbable coalition d’opposants lors d’une élection partielle en octobre 1911.
Attaché au développement de l’apprentissage, Depasse-Laridan essaie, en 1886, de convaincre ses collègues de l’utilité de faire des expositions annuelles des travaux de toutes les écoles professionnelles. Si la Chambre syndicale de la bijouterie l’appuie, plusieurs autres professions sont réticentes et le Syndicat général lui-même reste dans une prudente réserve.
Suite au rapport présenté en juin 1886 d’une commission d'enquête nommée par la Chambre des députés sur « la crise commerciale et industrielle », Depasse-Laridan s'élève la « manie de la sténographie », s’inquiétant que le constat fait par les employeurs français que, à égalité de qualité, ils sont obligés de vendre plus cher que les Allemands, soit porté à la connaissance de ces derniers. Estimant que les parlementaires sont ignorants des questions économiques, Depasse-Laridan plaide pour la mise en place d’un Conseil supérieur économique.
La même année, Depasse-Laridan soutient la création d’une « marque de fabrique nationale » pour protéger des imitations les produits d’origine française, comme le cognac.
Toujours en 1886, Depasse-Laridan s’adresse à la Chambre de commerce de Troyes (Aube), haut-lieu du textile en France, pour lui proposer qu’elle crée une école nationale professionnelle de bonneterie, que la Chambre syndicale de la bonneterie parisienne financerait également, avec les organismes consulaires de Nîmes, Amiens et Roanne. Le projet aboutira trois ans plus tard.
À partir de 1888, se lance dans une propagande pour le mutualisme, dans lequel il voit le seul moyen pour défendre les « petits commerçants honnêtes » face aux grands magasins. Il prend l’initiative de fonder La Mutuelle Commerciale en avril 1888 et en devient le président ; mais ce sera un échec, et la société est dissoute dès août 1889.
Depasse-Laridan fait partie des commissions d’admission des articles de bonneterie et de lingerie pour l’exposition internationale de Melbourne en 1888 et l’exposition universelle de Paris pour le centenaire de la Révolution. Il contribue aussi à l’exposition des arts de la femme de 1892.
Lors d’une séance de la Chambre syndicale de la bonneterie qu’il préside toujours en mai 1891, Depasse-Laridan accueille avec faveur l’intervention d’un de ses collègues, M. Bernheim qui propose de créer des institutions en faveur des ouvriers. Il cite les pensions de retraite, les sociétés de secours mutuels et les assurances contre les accidents.
Ce sera pratiquement la dernière contribution d’Alphonse Depasse au débat social national puisqu’en 1892, il abandonne ses mandats syndicaux et cesse son activité de fabricant. Il quitte la rue des Bourdonnais à Paris (3e arr.) où il résidait et s’installe avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Depasse reprend sa profession de comptable et son nom patronymique. Il reste lié à la bonneterie, car il est en 1911 chef de comptabilité chez Bernheim et avait été désigné président d’honneur de la chambre syndicale.
Son activité publique est plus orientée vers le terrain local. Il participe au comité radical-socialiste qui soutient la candidature d’Adolphe Maujan, député puis sénateur radical-socialiste modéré, sous-secrétaire d’État à l'Intérieur dans le gouvernement Clemenceau en 1906. Il y discute la question de la participation des ouvriers et employés aux bénéfices des entreprises. Ce thème lui était cher, car il avait adhéré en 1890 à la Société de la participation aux bénéfices. Mais il constate en 1909 qu’il est « sans grand succès », ce qu’il attribue à la méfiance de l’ouvrier sur les déclarations de l’employeur.
Sensible aux situations humanitaires, Depasse était membre de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française) de 1886 à 1889.
Pendant la première guerre mondiale, il prend la succession du Dr Pierre Vallat, mobilisé comme ses deux vice-présidents, en tant que président de la Mutualité scolaire de Joinville. Elle compte 165 adhérents en 1916-1917 et assure, pour une cotisation de trois francs par an, des indemnités en cas maladie d’enfant. La moitié des versements, soit 10 centimes par semaine, sont conservés pour constituer un livret pour la retraite.
Depasse s’exprime à plusieurs reprises entre 1916 et 1918 dans les deux principaux journaux locaux, les hebdomadaires Gazette de l’Est et Voix des communes. Il y évoque sa mutuelle et la société de l’Allaitement maternel, dans laquelle milite son épouse.
En novembre 1919, Depasse est candidat lors des élections municipales de Joinville-le-Pont, sur la liste du Bloc indépendant, conduite par Jules Beauvais. La liste rassemble des conservateurs et des libéraux, qui s’étaient alliés au second tour en 1912 avec les radicaux dissidents et les socialistes pour battre les radicaux-socialistes sortants. Après la guerre, le maire (qui meurt le soir du deuxième tour) n’était pas candidat et son ancien adjoint, Henri Vel-Durand, reprit le flambeau, avec le soutien cette fois des radicaux-socialistes. Devancée au premier tour par la liste Vel-Durand et par les socialistes, le Bloc indépendant se retire avant le second tour et n’a pas d’élu.
Depasse avait obtenu 401 voix pour 1694 suffrages exprimés (23,7%) avec 1715 votants sur 2491 inscrits.
Décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1895, Alphonse Depasse, qui résidait à Joinville et était âgé de 74 ans en 1919, meurt à une date inconnue. Son épouse était toujours active dans des associations humanitaires de la commune en 1928. Ils avaient eu deux enfants.
Le frère d’Alphonse, Hector Depasse (1842-1911), homme de lettres, résidant à Neuilly-sur-Seine, fut conseiller municipal de Paris de 1881 à 1890, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique Eugène Spuller en 1893-1894 puis député de la Seine de 1906 à 1911. Il était membre du groupe radical-socialiste.
Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse naît le 27 juin 1845 à Armentières (Nord). Il est le fils de Marie Louise Théry Lucien et de son époux, Auguste Joseph Depasse, régent du collège. En 1850, la famille vit dans la commune voisine de Tourcoing.
Devenu comptable et installé, avec ses parents, à Paris, Alphonse Depasse va s’associer avec Louise Clémence Adeline Spilliaert, originaire de Bergues (Nord), veuve d’Henri Constantin Laridan et fabricante en bonneterie. D’abord représentant en 1875, Alphonse Depasse devient associé de la société V. Laridan et Cie, fondée en 1877, en assure la direction au moins depuis 1881 puis reprend l’ensemble de l’activité à son nom en 1884. L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).
En juin 1875 à Paris (3e arr.), Alphonse Depasse avait épousé Fréna Clémence Laridan, fille de sa partenaire d’affaires. À partir de 1881, il va utiliser le nom de Depasse-Laridan pour l’ensemble des activités qu’il mène en rapport avec la bonneterie.
Cette année-là, Depasse-Laridan est secrétaire de la Chambre syndicale de la bonneterie en gros de Paris. Il en devient vice-président entre 1882 et 1886, puis président de 1886 à 1892.
Parallèlement, Depasse-Laridan représente son institution dans le Syndicat général de l'Union nationale du commerceet de l’industrie. Créé en 1866, c’est l’une des plus anciennes organisations patronales en France, après le Groupe des chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment (héritier du Groupe de la Sainte-Chapelle, créé en 1821) et du Groupe des syndicats du commerce du bois (remontant à 1826). Le Syndicat général regroupe plus de 90 structures professionnelles. Siégeant au Syndicat général dès 1881, Depasse-Laridan en est secrétaire en 1886 puis vice-président de 1887 à 1891. Enfin, il participe, sans toutefois y exercer de mandat, aux activités de la Chambre syndicale des comptables.
L’activité de Depasse-Laridan dans les organismes professionnels fut très intense. S’attachant à défendre les intérêts économiques des entreprises, il a une préoccupation sociale assez élevée, qui l’amène à se heurter parfois à des patrons ayant une vision plus traditionnelle de leur fonction.
Ses premiers combats, en 1881, sont sur le terrain judiciaire. Il critique le monopole des agréés des tribunaux de commerce, puis plaide pour une refonte du droit des faillites, en faveur d’une limitation des engagements des commerçants sur leur patrimoine privé.
En 1883, il intervient auprès du ministre des postes et télégraphes afin d'obtenir que le prix des colis postaux entre la province et Paris soit le même que pour ceux expédiés en sens inverse, moins chers.
La même année, il défend l’idée qu’il y a une injustice à faire juger les différends entre patrons et employés par les tribunaux du commerce, dans lesquels siègent des représentants des chefs d’entreprises mais pas des salariés, alors que les ouvriers ont accès à des juridictions paritaires avec les prud’hommes. Il revendique donc qu’on élise des représentants des employés dans les Chambres de commerce pour assurer cette représentation. Le projet est contesté par plusieurs de ses collègues, mais Depasse-Laridan obtient leur soutien en assurant qu’il a déjà pour partisans la Chambre syndicale des comptables et le Congrès ouvrier tenu à Lille au mois d'août 1883. Plusieurs journaux, sensibles aux questions sociales, comme LeGlobe et LaVille de Paris y sont également favorables. Les patrons du Syndicat général l’adoptent à l'unanimité moins deux voix. L'Union fraternelle des employés approuve encore le projet en avril 1885.
Marie Gabrielle Krahnass naît le 23 juin 1845 à Poitiers (Vienne). Elle est la fille de Marie Virginie Bastard et de son époux, François Krahnass, officier polonais réfugié en France. François Krahnass, comptable, était un des plus actifs membres de l’émigration de 1831, qui avait vu l’élite de l’armée et de la jeunesse du pays rejoindre la France après l’écrasement de leur insurrection par les forces russes.
Élève de Mme Leguay et de MM. Poitevin et Chaplin, Gabrielle Krahnass est artiste peintre, d’abord à Poitiers puis à Paris, travaillant principalement sur porcelaine. Elle expose pour la première fois au salon de Paris en 1876 Le rêve de bonheur (porcelaine). Au salon de 1878, sous son nom de femme mariée, elle présente Jeune fille endormie (porcelaine) et au salon de 1880, Le printemps (dessin).
Elle aura plusieurs élèves qui exposeront également, dont Marie-Louise Welter (née Rode) et Caroline Lipart (née Steuer).
En mars 1877 à Paris (3e arr.), Gabrielle Krahnass épouse Albert Kownacki, professeur et conférencier, également fils d’un officier polonais réfugié devenu professeur de dessin, Joseph Kownacki. Gabrielle et Albert Kownacki hébergeront Joseph Kownacki jusqu’à sa 102e année en 1908, avec leurs trois enfants, dans leur maison du 57, rue du 42e de Ligne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune où ils vivent depuis au moins 1883.
Les deux filles de Gabrielle et Albert Kownacki, Alice Kownacka (1878-1940) et Emma Berthe dite Marthe Kownacka (1879-1915), dont l’une fait des études supérieures de chimie à l’université de la Sorbonne, seront aussi artistes peintres.
Leur fils, Marcel (1883-1970) sert comme caporal au sein du 289e régiment d'infanterie pendant la première guerre mondiale, grièvement blessé à deux reprises en janvier 1915 à Crouy, il est fait prisonnier et emmené à Friedrichsfeld (Allemagne) avant d’être pris en charge par la Croix-Rouge et interné en Suisse à Böningen (canton de Berne) comme d’autres grands malades français. En 1919, il est décoré de la médaille militaire.
Gabrielle Kownacka meurt le 16 mars 1917 à Joinville, à l’âge de 71 ans. L’Association des anciens élèves de l'école polonaise de Paris lui rendra hommage. Son mari, Albert, avait été décoré de la Légion d’honneur en 1914.
Louis Félix Normand naît le 18 mars 1860 à Paris (18e arr.). Sa mère, Marie Augustine Normand, lingère, épouse dix ans plus tard, en décembre 1870, Victor Émile Salmon, qui le reconnaît.
Félix Salmon, devenu peintre sur porcelaine, épouse Louise Alphonsine Drony, couturière, en octobre 1890 à Paris (18e arr.). Il vit alors rue de Simart. Avant le milieu de la décennie, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il installe son atelier de peinture sur céramique dans le nouveau quartier de Polangis, avenue Henri.
Il participe en septembre 1895 à une souscription pour « les affamés de Carmaux », en faveur de grévistes des verreries. La quête est organisée par la coopératrice Victoria Vaudémont avec deux responsables radicaux-socialistes, son compagnon Henry Vaudémont, journaliste, et le lunetier Pierre Jules Tireau.
Félix Salmon prend la succession d’Henry Vaudémont en tant que correspondant local de l’hebdomadaire radical Voix des communes. Vaudémont, qui fut également le rédacteur en chef du journal, fut une figure marquante de la vie intellectuelle locale et fit de l’hebdomadaire sans doute le principal organe rendant compte de l’actualité dans la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux, qui couvrait la moitié du futur département du Val-de-Marne. Il meut en juillet 1896.
Signant un article à partir de juillet 1897, Salmon a cependant peut-être commencé sa collaboration plus tôt, utilisant dans ce cas des pseudonymes, par exemple J’Informe, en usage à 8 reprises entre février 1896 et avril 1904 (mais peut-être est-il collectif) ou Ducanal (octobre 1896). Neuf articles mentionnent le patronyme de Salmon.
Dans ses interventions, il exprime des critiques sur l’absence des conseillers municipaux joinvillais aux fêtes du quartier de Polangis en juillet 1897. Il relaie une demande d’affichage des décisions du conseil municipal.
Le rédacteur qui signe J’Informe critique les interventions privées dans les écoles publiques, soutient le maire Eugène Voisin et rappelle le souvenir d’Henry Vaudémont.
En août 1901, tandis que Salmon paraphe son dernier article, Ludovic (alias Louis Dehné) apparaît pour la première fois ; il prend sa succession en tant que chroniqueur de Voix des communes pour Joinville.
Un Salmon, peut-être Félix, est élu membre du groupe cantonal radical-socialiste de Charenton en janvier 1899 ; il en est secrétaire adjoint.
Salmon ne réside plus à Joinville en 1911, son épouse ayant repris l’exploitation de l’atelier de céramique. Il divorce en novembre 1915 et se remarie, en mars 1919, à Paris (16e arr.) avec Mathilde Zurcher, brocanteuse, dont ils vont élever la fille issue d’un premier mariage.
Félix Salmon poursuit d’abord son activité de céramiste à Paris (8e arr.), rue de Ponthieu, puis la famille s’installe à Eaubonne (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise), rue de la Gare. Il meurt dans cette ville le 26 septembre 1942, à l’âge de 82 ans.
Formé au séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), Jean Lamour devient prêtre lors d’une cérémonie, organisée le 24 juin 1937, en l'église Saint-François-Xavier de Paris (7e arr.), organisée pour commémorer le tricentenaire de l'ordination du fondateur de la Compagnie de Jésus. Il est ordonné par le cardinal Verdier, archevêque de Paris, en compagnie de deux autres ordinands.
Il est nommé curé de Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en octobre 1953, prenant la succession de l’abbé Bauller. C’est le prédécesseur de ce dernier, le chanoine Jacques Hollande, supérieur des prêtres-ouvriers de la Mission de Paris, qui procède à son installation.
Toujours dans le diocèse de Paris, Jean Lamour est ensuite curé de l’église Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre en 1960. Il participe à la préparation du concile Vatican II en 1962. Il est toujours curé de Nanterre en 1965.
À la suite de la création du diocèse de Nanterre, qui correspond au nouveau département des Hauts-de-Seine, l’église Sainte-Geneviève devient cathédrale en 1966.
Jean Lamour revient à Joinville-le-Pont, où se situe l’évêché de Créteil, 4, rue de l’Église. Il est, en 1968-1969, vicaire général du nouveau diocèse, dont la cathédrale est alors à Choisy-le-Roi et qui épouse les limites du département du Val-de-Marne.
Ordination, 24/06/1937, Jean Lamour au 1er rang à dr.