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18 novembre 2024 1 18 /11 /novembre /2024 08:00

Début de la biographie d’André Courtin

André Joseph Courtin naît le 10 août 1859 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), au château de Polangis. Il est le fils d’Anna Caroline Spooner, fille d’un industriel des États-Unis, fabricant de produits chimiques. Son père est Auguste Courtin (1825-1908), alors rentier et maire de Joinville. Ce dernier est le fils naturel de Charles Pierre Chapsal (1787-1858), Charles-Pierre Chapsal, (1787-1858), professeur au lycée Louis-le-Grand (Paris), grammairien, professeur de grammaire générale au lycée Louis-Le-Grand à Paris, maire de Joinville-le-Pont (1843-1848 et 1852-1858), qui avait fait l’acquisition du château de Polangis ; il est également le fils adoptif de son épouse Adélaïde Favray (1783-1880) et hérite, à sa disparition, du domaine de Polangis.

Pendant le siège de Paris au cours de la guerre de 1870, la population de Joinville est déplacée dans la capitale, y compris la municipalité. Les très violents combats de la bataille de Champigny en novembre et décembre 1870 entraînent la mort de plusieurs milliers de soldats, notamment dans le quartier de Polangis. Le pont de Joinville est détruit. Le retour des Joinvillais se fait en janvier 1871. La commune est ensuite occupée par les troupes bavaroises et wurtembergeoises jusqu’au 24 septembre 1871.

Après avoir mis fin, avant terme, à ses fonctions municipales en 1876, pour des raisons inconnues, Auguste Courtin quitte Joinville en 1877. Il vend le domaine de Polangis en février 1881 à la Société immobilière de Polangis qui lotit le terrain et démolit le château.

La famille s’installe en Sologne, à Salbris (Loir-et-Cher), où elle achète en 1880 le château du Chesne et un très vaste terrain. Devenu un agriculteur, réputé pour son activité modernisatrice, Auguste Courtin reprend des fonctions électives, comme maire de Salbris (1884-1900) et conseiller général du Loir-et-Cher (1889-1895), de tendance très nettement conservatrice.

Pour sa part, André Courtin intègre en juillet 1878 l'Institut national agronomique de Paris, reconstitué en 1876 à Paris, hébergé dans les locaux du Conservatoire national des arts et métiers, rue Réaumur, et disposant de champ d'expériences dans le Bois de Vincennes. Il obtient en juillet 1880 le diplôme d’ingénieur agronome. Il a eu notamment comme professeur Édouard Lecouteux (1819-1893), agronome réputé, qui a mis en place en Sologne, à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) une ferme modèle dans son château de Cerçay. Il a été conseiller général du département (1871-1874) puis maire de Lamotte-Beuvron (1886-1893).

Probablement après son service militaire, André Courtin devient un « châtelain-agriculteur » selon l’expression de son ancien maître, Lecouteux, qui lui rend visite en janvier 1883, se félicitant que « son excellent ami » fait partie de ceux qui « savent faire aimer la vie rurale ». Il assurera en juillet 1892 qu’il fait « le plus grand honneur à son école ». Ce dernier avait été le fondateur, en mai 1868, de la Société des agriculteurs de France, dont Courtin deviendra un des piliers.

Au cours des années 1880 et 1890, il participe très activement aux comices agricoles, et publie des rapports ou ouvrages sur la culture du blé, l’élevage bovin, les plantations d’arbres ou l'irrigation des prairies.

En avril 1887 à Paris (9e arr.), André Courtin, qui réside à Salbris et dispose d’un pied-à-terre rue de Penthièvre (8e arr.), épouse Eugénie Thérèse Roger-Marvaise. Elle est la fille de Théophile Roger-Marvaise, avocat à la Cour de cassation, chevalier de la Légion d’honneur, alors sénateur d’Ille-et-Vilaine. Leur domicile, rue de la Victoire, deviendra entre les deux guerres l’adresse parisienne du couple Courtin.

Voir aussi :

Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)

Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)

À suivre

Portrait d’André Courtin (arch. fam.)

 

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23 juin 2024 7 23 /06 /juin /2024 01:01

Pierre Hélias naît le 17 mai 1860 Vayres, Haute-Vienne fils Jean Hélias & Jeanne Devoyon, lieu-dit de la Grange. Son père, qui porte un nom breton mais est bien originaire du Limousin, est alors coquetier (il fait le commerce d’œufs) puis sera marchand de chevaux.

Lorsqu’il fait son service militaire, en novembre 1881, Pierre Hélias exerce le même métier. Il intègre le 23e régiment de dragons à Limoges. En octobre 1882, il devient trompette dans son unité. Toujours sous les drapeaux, il est condamné en justice civile par le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) en août 1884 à six jours de prison pour « outrage public à la pudeur ». Il est démobilisé en septembre 1885.

Il quitte la Haute-Vienne pour s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en tant que jardinier cultivateur dans le quartier de Palissy. Il épouse en novembre 1885 à Joinville Marie Guillion, également jardinière et originaire de Meaux.

Son père vend en septembre 1886 à Pierre Hélias le terrain qu’il exploite rue de Brétigny à Joinville.

Au cours des années 1890, les luttes ouvrières dans le midi suscitent un grand mouvement d’opinion, soutenant les grévistes des mines de charbon puis ceux des verreries. À Joinville, une souscription est lancée en septembre 1895 « Pour les affamés de Carmaux », relayée par un organe de presse radical-socialiste local, Voix des communes. À l’instigation de Victoria et Henry Vaudémont, touts deux coopérateurs, plus de 260 souscripteurs participent à la collecte de fonds, dont environ 180 dans les quartiers de Polangis et Palissy, encore en construction. Hélias fait partie des donateurs dont les noms sont aussi publiés par un quotidien national, La Petite République.

Sa première épouse, Marie Guillion, aura eu quatre enfants pendant leur mariage, et il reconnaîtra la première-née, qui n’était probablement pas de lui. Après son décès en janvier 1891 à 32 ans, Pierre Hélias se retrouve avec cinq enfants de moins de cinq ans.

Il se remarie en mars 1893 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis) avec Louise Joguin-Rouxelle, elle aussi jardinière. Sa seconde femme accouchera à neuf reprises, donnant naissance à sept enfants vivants ; elle meurt en octobre 1904, alors qu’elle est hospitalisée et que son dernier enfant est sans-vie. Elle n’a alors que 30 ans. L’aînée des douze fils et filles survivantes, Léonie, a 19 ans.

Une nouvelle fois, Pierre Hélias reprend une compagne légale, Claudine Martin, veuve de Charles Frachot, tous les deux originaires du Nivernais. Les noces sont célébrées en avril 1906 à Joinville. Ayant déjà 52 ans, elle ne lui donne pas de descendance, mais les nouveaux époux élèvent une fille qu’elle a eu de son premier mariage.

À partir de 1908, le quartier de Palissy est secoué par une polémique qui touche ensuite toute la commune. Un entrepreneur fait remonter depuis le port sur la Marne les boues issues du dragage de la rivière dans des charrois. Des riverains se plaignent des dégradations de la voirie et des odeurs. D’autres soutiennent l’utilité de cette activité, qui crée de l’emploi. La polémique prend une tournure politique en 1910. Le maire, Eugène Voisin, en poste depuis 1888, est en mauvaise santé, ne veut pas se représenter lors des élections municipales de 1912 et délègue à ses adjoints la situation. L’opposition de droite y voit une opportunité pour dénoncer l’incurie d’une municipalité radicale-socialiste ; elle est rejointe par la gauche, qui vient de fonder le Parti socialiste SFIO. Et aussi par plusieurs figures radicales qui ne voient pas d’un bon œil la succession leur échapper au profit de l’adjoint, Georges Briolay.

Le point d’orgue de cette crise se situe en juillet 1910 : tous les opposants et mécontents appellent à une réunion publique sur le sujet. Hélias fait partie des 19 personnes qui appellent à la tenue de la rencontre, que la municipalité refuse. On trouve aussi les Lebègue, secrétaire de la section socialiste, Leteuil, opposant en pointe, Dalbavie, qui est à la tête des libéraux, le futur maire Stephen Durande… La réunion sera très agitée. Elle provoque une division au sein des radicaux, qui conduira à leur défaite en 1912.

Trop âgé pour être mobilisé pendant la première guerre mondiale, Pierre Hélias perd son fils aîné, Prosper, qui est tué en novembre 1916 dans la bataille de la Somme.

Après le conflit, Hélias continue son activité de maraîchage mais l’exploitation familiale a considérablement diminué. Il cesse vers le milieu des année 1920.

Plusieurs de ses enfants ont des ennuis avec la justice. René, le cinquième du premier lit, est arrêté à Saint-Ouen (Seine, act. Hauts-de-Seine) pour escroquerie en mai 1921. L’avant-dernière, Élise est consignée en avril 1924 après ce qui est qualifié par la presse de « rixe entre femmes ». Elle porte plusieurs coups de couteau à son adversaire, en pleine nuit, rue des Vertus (Paris, 3e arr.), la blessant sans gravité.

À Joinville, Hélias était membre de la section locale de la Société nationale des vétérans des armées de terre et de mer, fondée pour assurer une retraite à ceux qui avaient participé à la guerre de 1870-1871, première association d’anciens combattantes.

Pierre Hélias meut le 3 juin 1937 à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), où il était à l’hospice des incurables. Âgé de 77 ans, il avait conçu ou élevé 15 enfants.

Henri Hélias, petit-fils de Pierre Hélias (arch. fam.)

 

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16 juin 2024 7 16 /06 /juin /2024 00:27

Henri Swinnen naît le 17 septembre 1887 à Chênée (act. Liège, Wallonie, Belgique). Il est le fils d’Antoinette Vander-Elts et de son époux Jean Swinnen. Le couple a eu au moins huit enfants, dont Henri est le plus jeune. Ils sont tous deux originaire du Brabant-Flamand, donc probablement de langue flamande, mais sont installés en région francophone au moins depuis 1875, d’abord à Angleur puis à Chênée, dans la province de Liège. Son père y est fondeur en zinc en usine.

Les parents divorcent en avril 1892, quand Henri a 4 ans. Le père reste à Chênée, où il se remarie en mai 1893. La mère vient s’installer en France, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle réside, en 1898 dans le centre-ville, rue de Paris. Une des sœurs aînées d’Henri, Henriette, a épousé en octobre 1898, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, Félix Joseph Crépin, avec lequel elle avait eu un enfant dans la même commune en avril 1896.

Henri vit avec sa mère, rue des Marronniers puis rue Vautier, dans le centre-ville et enfin avenue Arago, dans le quartier de Polangis, à partir de 1913.

Il a obtenu la nationalité française par décret en décembre 1908. Après avoir été ajourné un mois pour maladie, Henri Swinnen, qui est mécanicien, fait son service militaire à partir de novembre 1909 au 32e régiment d’artillerie. Il est démobilisé en septembre 1911.

Devenu menuisier, Henri Swinnen épouse en avril 1914 à Joinville Aline Martinès, dont le père est ouvrier d’usine dans la même commune.

Rappelé au début de la première guerre mondiale en août 1914, il est blessé au poignet en octobre 1917. Il quitte le service armé en juillet 1919.

Après le conflit, Henri Swinnen est militant au parti communiste à Joinville, formation issue de la transformation du Parti socialiste SFIO en décembre 1920 dont tous les adhérents locaux ont voté la motion d’acceptation des conditions d’adhésion de l’internationale communiste.

Séparé de son épouse, Henri Swinnen élève avec sa mère une fille, Simone, née en septembre 1919 à Joinville. Elle meurt en mai 1921 d’un accident ; le décès provoque une émotion au sein de la section communiste locale et le quotidien L’Humanité en fait l’écho. En juin 1921, le tribunal civil de la Seine prononce le divorce « au profit du mari. »

Encore domicilié à Joinville et menuisier, Henri Swinnen se remarie en mars 1922 à Saint-Maur-des-Fossés avec Lorentine Augusta Armandine Chollet, mécanicienne et veuve. Elle décèdera en mars 1925.

Résidant en décembre 1923 à Coullons (Loiret), Henri Swinnen revient ensuite sur les bords de Marne, en premier lieu à Saint-Maur, boulevard de Créteil où il habite en novembre 1928 puis à Créteil, dans l’allée Centrale de l’île Brise-Pain. Il s’y installe en octobre 1929.

Travaillant dans la menuiserie à Saint-Maur, Henri Swinnen partage sa vie avec Anna Marie Louise Jezequellou, native du Finistère, journalière et illettrée. Les trois enfants de sa compagne vivent avec eux en 1931 ; ils ont 18, 17 et 12 ans. Au chômage en 1936, il exploite le terrain de sa maison à des fins agricoles.

Henri Swinnen meurt le 25 septembre 1954 à Créteil, dans son domicile de l’île Brise-Pain. Il était âgé de 67 ans et avait eu un enfant.

L’île Brise-Pain à Créteil par WIlly Ronnis

 

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30 septembre 2023 6 30 /09 /septembre /2023 01:01

Pierre Louis Gustave Guillet naît le 16 brumaire an 10 (8 novembre 1801) à Paris. Il est le fils d’Élisabeth Florence Thoury et de son époux Jean Simon Guillet. Son père est alors danseur l’Opéra de Paris. Il deviendra ultérieurement professeur de danse à l’Académie Royale de Musique, maître de ballets à l’Opéra-Comique et auteur de livrets de pièces musicales

Pierre Guillet commencera aussi une activité artistique, peut-être en musique au Conservatoire de Paris. Il fait peut-être un service militaire après 1821. En septembre 1828, il épouse à Paris (3e arr.), en l’église Saint-Denys du Saint-Sacrement, Elisabeth Louise Clémence Brot, fille d’un ingénieur des mines.

La famille vit d’abord rue Sainte-Anastase (3e arrondissement), puis quitte Paris. Ils sont installés en 1831 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), Grande-Rue. Pierre Guillet se déclare toujours artiste.

Ils vont traverser le Bois de Vincennes pour s’installer dans la commune proche de Joinville-le-Pont, où il devient fermier exploitant de la ferme de Polangis, prenant en novembre 1835 un bail de 12 ans. Ils y résident en 1836. Le quartier de Polangis, sur la rive gauche de la Marne, est alors très peu peuplé, avec 18 personnes recensées cette année-là sur les 611 de la commune. Il y a seulement deux habitations : le château de Polangis, et la ferme attenante où la famille Guillet vit avec deux charretiers et un domestique. Le château est la propriété du grammairien Charles-Pierre Chapsal, professeur au lycée Louis-le-Grand, qui sera maire de Joinville-le-Pont (1843-1848 et 1852-1858).

La ferme avait été achetée en 1815 par André François Miot de Melito, ancien ministre et ambassadeur, mais il ne l’occupa pas. Le terrain est principalement sur Joinville-le-Pont, mais également en partie sur la commune de Champigny. Outre les bâtiments d’habitations, elle dispose de 83 hectares de terre labourable. Le fermage annuel net est de 5 500 francs.

En juin 1837, la ferme est mise en vente. C’est probablement Guillet qui s’est porté acquéreur lors de l’adjudication en avril 1838. Pour en poursuivre l’exploitation, une société en nom collectif, sous la raison Guillet et Payen, est fondée en avril 1839. L’associé de Guillet, Joseph Léon Payen, s’installe lui aussi dans les vastes bâtiments de la ferme. Ils cesseront leur association et dissoudront la société en décembre 1842. Guillet continue l’activité agricole et embauche Jean-François Louis Grivet en tant que nourrisseur-cultivateur. Ce-dernier cessera la fonction en juin 1849, suite à des difficultés financières.

Pierre Guillet meurt le 24 août 1876 à Joinville, alors rentier et résidant toujours dans la ferme. Il était âgé de 74 ans et père de quatre enfants. Ses deux fils aînés furent militaires, le premier, Jean Clément, en tant que général de brigade faisant notamment des campagnes en Italie et au Mexique, le second, Pierre Jules, comme vétérinaire. Ils combattirent pendant la guerre franco-allemande de 1870 et furent faits prisonniers.

Détail de la carte de Cassini 1750, ferme de Polangis.

 

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10 septembre 2023 7 10 /09 /septembre /2023 10:44

Jean Nicolas Beausse naît le 17 novembre 1832 à Bercy (Seine, act. Paris 12). Il est le fils d’Anne Suzanne Porté et de son époux Toussaint Nicolas Beausse.

Le père exerce en 1861 le métier de jardinier dans la commune de Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), proche de Bercy. Jean Nicolas Beausse est également jardinier, dans le village contigu de Saint-Maurice. Il épouse en septembre 1861 à Tigy (Loiret) Honorine Clémentine Adélaïde Servy.

Au sein du quartier de Gravelle de la même commune de Saint-Maurice, le couple exploite dans la Grande-Rue un restaurant faisant aussi commerce de vins, au moins à partir de 1869.

Dans les années 1880, le restaurant accueille dans sa salle des réunions de mouvements laïcs, radicaux ou socialistes.

En avril 1885, le général Charles Victor Frébault (1813-1888), ancien gouverneur de la Guadeloupe puis député, alors sénateur, vient y parler de La politique radicale, à l’invitation du groupe local de la Libre-pensée.

Au cours du mois de juillet la même année, c’est le Comité central électoral du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) qui y tient une réunion publique. Les intervenants sont Jean-Baptiste Dumay (1841-1926), ancien maire du Creusot (Saône-et-Loire), destitué pour s’être solidarisé avec la Commune de Paris), syndicaliste et futur député, Jules Joffrin (1846-1890), ancien communard, conseiller municipal de Paris et dirigeant socialiste, ainsi que le chansonnier montmartrois Jean Baptiste Clément (1836-1903), également communard et militant du POSR.

C’est une tendance plus modérée, celle du sénateur opportuniste Henri Tolain (1828-1893), qui vient en septembre 1885 tenir une rencontre agitée, car les militants socialistes locaux lui reprochent de s’être désolidarisé de la Commune de Paris en mars 1871.

On retrouve en octobre 1888 Dumay et Victor Gelez (1845-1914), conseiller municipal de Paris, qui animent pour le POSR une discussion sur Le pain cher.

Ayant adhéré en avril 1883 à la Ligue révisionniste, qui rassemble de nombreux radicaux et socialistes, Beausse contribue en janvier 1889 à la souscription lancée en faveur de la candidature d’Édouard Jacques (1828-1900), qui affronte le général Boulanger dans une élection législative partielle à Paris avec le soutien des formations républicaines.

Xavier Chatel (1854-apr. 1911), ouvrier tréfileur et syndicaliste à Joinville-le-Pont est lié à Jean Nicolas Beausse, dont il fait le témoin de la naissance d’un fils en mars 1889.

Jean Nicolas Beausse meurt le 1er avril 1893 à Saint-Maurice. Il était âgé de 60 ans, et père d’au moins deux enfants. Son fils, Narcisse Beausse, sera militant radical-socialiste à Joinville-le-Pont, commune adjacente à Saint-Maurice.

Carte postale Grande-Rue de Saint-Maurice (arch. dép. Val-de-Marne)

 

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12 août 2023 6 12 /08 /août /2023 19:44

Auguste Jules Forgeot naît le 25 septembre 1874 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Lucien Étienne Forgeot et de son épouse Anna Caroline Courtin, qui sont domiciliés à Châtellerault où son père est en garnison.

Il voit le jour au château de Polangis dont son grand-père maternel, Auguste Courtin, est le propriétaire. Celui-ci est également alors le maire de cette commune. Il la quittera l’année suivante pour s’installer à Salbris (Loir-et-Cher), où il exploite un domaine agricole, devenant de nouveau maire de Salbris et conseiller général du Loir-et-Cher. Auguste Courtin était le fils adoptif, et probablement le fils naturel de Charles Chapsal, grammairien, qui fut son prédécesseur comme maire et Joinville et avait acheté le domaine de Polangis.

La famille paternelle d’Auguste Forgeot remonte à de riches marchands de grains, bourgeois de Paris au XVIIe siècle. Claude-Etienne Forgeot (1728-1788) fut Premier apothicaire du Roi de 1769 à 1779 tandis que son épouse, Louise Routier, était femme de chambre de la fille de Louis XV, Madame Sophie.

Leurs descendants firent carrière dans l’armée. Etienne-Henry Forgeot (1774-1853) a été commissaire des subsistances de la Marine et chevalier de la Légion d’honneur. Jules-Etienne Forgeot (1809-1877), officier d'artillerie, fut général de division et élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. Enfin, son père, Lucien Etienne Forgeot (1844-1910), colonel d'artillerie, était officier de la Légion d'honneur.

À l’instar de ses ascendants, Auguste Forgeot, qui est l’aîné de sa fratrie de trois garçons, s’inscrit à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et est admis à concourir aux épreuves orales en juin 1895. Il s’engage pour trois ans dans l'artillerie et est intégré en novembre 1895 comme canonnier au 32e régiment d'artillerie (RA). Il est promu brigadier en avril 1896 puis sous-officier, comme maréchal des logis en mai 1897. Il prolonge son contrat pour deux ans en 1898 puis est admis, en mars 1900, à suivre les cours de l'école militaire de l'artillerie et du génie, devenant officier en avril et renouvelant son contrat pour trois années de plus. Il sort diplômés en mars 1901 en tant que sous-lieutenant, affecté au 37e RA.

Le mariage de Joséphine Marie Madeleine Lasserre, fille d’un négociant, avec Auguste Forgeot est célébré à Bayonne (Basses-Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques) en avril 1902. Le Pays basque deviendra désormais le lieu principal de vie de la nouvelle famille, en dehors des casernements militaires.

Devenu lieutenant en avril 1903, Auguste Forgeot est promu capitaine en septembre 1911, il est placé en congé spécial pour trois ans sans solde à compter de décembre la même année, semble-t-il pour raisons de santé. Il s’installe à Anglet (Basses-Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques), dans la villa Mirambeau. Sa propriété est une exploitation agricole. Il obtient en 1912 un prix pour les taureaux qu’il élève.

Rappelé dès le début de la première guerre mondiale, Auguste Forgeot dirige une batterie au sein du 14e RA. Il sera cinq fois cité, à l’ordre de la division, de l’armée et du corps d’armée. En juillet 1915, on vante sa « grande habileté technique ». En juillet 1916, c’est son « dévouement inlassable » joint à une bravoure et une conscience remarquable qui sont récompensés. Pour le 14 juillet 1917, il est signalé comme s’étant « particulièrement distingué devant Verdun », « avec autorité et compétence ». On loue en juin 1918 « son calme et son énergie ». Enfin, en octobre 1918, son « exemple extrême » est cité comme ayant « soutenu le moral de sa troupe exténuée de fatigue. »

Un fait original est remarqué des autorités militaires : alors que son activité ne l’y conduisait pas, Forgeot fait en juin 1916 un séjour dans des tranchées au milieu des soldats, faisant lui-même le coup de feu au cours d’une attaque ennemie. Cette démarche lui aurait permis de rapporter « des renseignements de première importance », dont la nature n’est cependant pas précisée.

Vers la fin de la guerre, Auguste Forgeot, qui avait rejoint le 202e RA l’année passée, est nommé chef d’escadron (commandant) en juillet 1918 d’abord à titre provisoire, puis confirmé à titre définitif en septembre. Il est démobilisé en décembre 1918. Il était alors au 258e RA.

Reprenant une activité civile à Anglet, Forgeot exerce au sein d’une société industrielle, la maison Léglise, implantée au Pays Basque et exploitant le bois des Landes pour réaliser notamment des traverses destinées aux chemins de fer. Elle est en particulier spécialiste du créosotage, l’imprégnation chimique du bois pour en assurer la conservation. Albert Lasserre, beau-père de Forgeot, est le Pdg de cette société.

Poursuivant en parallèle son exploitation agricole, il fait figure de pionnier dans la culture du lin en 1920.

Apparaissant comme une personnalité locale, Auguste Forgeot va assurer un nombre important de responsabilités associatives. Il adhère en 1917 à la Société des sciences, lettres, arts et d'études régionales de Bayonne et en fait toujours partie en 1926. Il est le président de la section locale de l’Union des combattants d'Anglet en 1923 et exerce encore ce mandat en 1927. Il est également à la tête du Syndicat agricole d’Anglet en 1925 et conserve la fonction en 1927 ; il finançait des prix pour l’élevage depuis 1923, une dotation qui continuera après sa disparition ; il adhère aussi à la Société des agriculteurs de France. Forgeot fait partie des fondateurs et administrateurs de la Caisse d’épargne et de prévoyance de la ville et de l’arrondissement de Bayonne en 1924.

Enfin, en mai 1924, il participe à la relance de la Société d'Encouragement de Bayonne-Biarritz pour l'amélioration de la race chevaline, qui se donne pour objectif « d’organiser chaque année un des plus beaux meetings de France » dans son hippodrome de la côte basque. Elle est présidée par Maurice Labrouche, ancien maire de Tamos (Landes) et Forgeot en est le secrétaire.

En tant que personnalité influente, Auguste Forgeot est sollicité par le sénateur-maire d'Anglet, également conseiller général des Basses-Pyrénées, Albert Le Bariller. Il figure en mai 1925 sur sa liste, qui est étiquetée Union Républicaine (centre-droite). Anglet, comme les autres communes de la côte basque, est dirigée par des élus de cette tendance, sauf Bayonne, plus à gauche. Forgeot arrive en 4e position des candidats élus dès le 1er tour, avec un score meilleur que celui de Le Bariller. Leur liste emporte tous les sièges. Si Forgeot ne fait pas partie des trois adjoints au maire élus en 1927, il sera présenté en 1927 comme ayant cette fonction par plusieurs personnes lui rendant hommage, mais pas par la presse.

Avant d’être définitivement relevé de ses obligations militaires, il est nommé, dans la réserve, au titre de lieutenant-colonel en décembre 1926.

Auguste Forgeot meurt le 14 septembre 1927 à Anglet, selon l’état-civil. Cependant, le quotidien Paris-soir précise que son décès est intervenu « au cours d'un voyage d'affaires à Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées) » ; pour L'Indépendant des Basses-Pyrénées c’est à Saint-Christau, village adjacent à Oloron et dépendant de la commune de Lurbe-Saint-Christau, qu’il est mort. Il était âgé de 72 ans et est inhumé dans le caveau familial du cimetière de Marracq à Bayonne.

Dans leurs nécrologies, L'Indépendant des Basses-Pyrénées le qualifie d’« Officier d’artillerie des plus distingués » ; La Gazette de Bayonne estime qu’il était « dévoué à foules les œuvres patriotes et de bienfaisance. »

Décoré de la Croix de guerre, Auguste Forgeot était chevalier de la Légion d’honneur depuis juillet 1917 et avait été élevé au grade d’officier en juillet 1926. Une rue d’Anglet porte le nom d’impasse Colonel-Forgeot.

Le couple Forgeot a donné naissance à six enfants. L’aîné, André (1904-1940), agent général d'assurances à Lille (Nord), était lieutenant de cavalerie pendant la deuxième guerre mondiale ; il fut tué à l'ennemi en juin 1940 lors de combats dans les Vosges et fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Un autre fils, Bertrand, se distingua lors de combats en juillet 1944, au cours de la campagne d'Italie et fut décoré de la Croix de guerre. Une de ses filles, Marie Thérèse, fut religieuse salésienne et missionnaire en Inde.

Parmi leurs petits-enfants, Dom Antoine Forgeot (1933-2020) est un moine et prêtre catholique. Il a été le troisième Père abbé de Notre-Dame de Fontgombault, dans l'Indre, abbaye bénédictine de la congrégation de Solesmes.

Auguste Forgeot, arch. fam.

 

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3 juin 2023 6 03 /06 /juin /2023 01:01

Charles Joseph Ferdinand Léger naît le 19 octobre 1877 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il est le fils de Marie Marguerite Bague et de son époux, Eugène Auguste Léger, architecte. Ils vivent rue de Lodi. Son père meurt deux ans plus tard, en décembre 1879, à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Sa mère, institutrice à Létra (Rhône), décède en janvier 1893, alors qu’il a 15 ans. Il est alors placé sous la tutelle de Victor Eugène Joseph Droulans, agent d’assurance, résidant à Paris (15e arr.), rue de Cambronne, natif de Douai, âgé de 33 ans, qui ne semble pas lui être apparenté. Joseph Léger est placé en tant qu’apprenti jardinier dans la ferme-école du Beaufroy, à Mirecourt (Vosges), en juillet 1893. Il s’enfuit nuitamment de l’établissement en avril 1894, muni d’un faux certificat qui lui sert à se faire embaucher, en mai chez M. Breton, propriétaire à La Varenne-Saint-Hilaire, dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Denfert-Rochereau.

Le 3 juillet 1894, Joseph Léger, alors âgé de 16 ans, est arrêté par des agents et interrogé par Louis Soullière, commissaire de police à Joinville-le-Pont, siège du bureau de la circonscription. Il a été dénoncé par le propriétaire, qui se serait inquiété de l’avoir vu préparer des manipulations chimiques dans son logement.

Dans un contexte où la crainte d’attentats était forte en France, la presse s’empare du sujet. On retrouve dans les quotidiens archivés en ligne une trentaine de journaux parisiens ou de province qui consacrent des articles, souvent assez longs avec parfois des reportages sur le sujet.

Une perquisition est faite dans la chambre de Joseph Léger, qui permet d’identifier « une boîte cylindrique en fer-blanc » ainsi que « des tas de petits paquets contenant des substances explosibles », selon ce que rapporte une grande partie des journalistes. La tonalité majoritaire des papiers s’accorde pour estimer que Joseph Léger était en train de préparer une bombe.

Les titres consacrés au fait-divers parlent de « La bombe de la Varenne » ou de « Joinville-le-Pont », du « jardinier anarchiste ». Plusieurs titres assurent que Léger « avoue ses convictions anarchistes », mais sans en préciser la teneur ; L’école de Mirecourt est qualifiée de « repaire d'anarchistes » tandis que Léger aurait « dénoncé ses deux maîtres en anarchie » qui sont désignés en tant que « L. et K. (ou B.) » et que la police annonce vouloir surveiller.

Les articles mentionnent cependant les dénégations du jardinier. Ainsi La Démocratie du Cher écrit « quand on lui parle de sa bombe, il se met à rire : — C’était pour faire lever mes petits pois, dit-il goguenard, c’était une expérience d’horticulteur ». Le Soir mentionne : « Mais, se récria le jeune homme, je ne suis nullement anarchiste et je n’ai jamais eu l’intention de jeter une bombe ! Comme la fête nationale a lieu dans quelques jours et que mes ressources pécuniaires ne me permettent pas d’acheter des pétards et des feux du Bengale, j’ai voulu en fabriquer moi-même. Voilà tout le secret de mes manipulations chimiques. »

Un quotidien parisien, Le Soleil, a demandé à son correspondant particulier à Épinal (Vosges) de visiter la ferme-école. Il raconte que « Joseph Léger y entra en juillet 1893 ; il était d'abord de caractère docile, mais il fut gangrené par un autre de ses camarades, fils de juge de paix, dont son père n’avait pu rien faire et qui fut expulsé pour insultes à ses maîtres et pour différents vols ». Le reporter indique que « Au sujet de la propagande anarchiste dans l’école, l'administration n’a jamais rien vu ». Quant aux cours de chimie, il est précisé que ce qui est enseigné à l’école, ce sont « les éléments de chimie agricole ; ils ne sont pas suffisants pour permettre de fabriquer des bombes. »

Dans La Lanterne, on trouve un net rejet de ce qui apparait comme la thèse officielle : « Nous avions bien raison de nous montrer sceptique ». Le journal anticlérical rapporte : « Joseph Léger, interrogé, déclara que jamais il n'avait été anarchiste, qu'il ne se sentait aucune disposition pour le devenir, et qu'enfin il n'avait pas fabriqué de bombe. Croyant que la fête nationale aurait lieu, et comme ses, ressources pécuniaires ne lui permettaient pas d'acheter des pétards et des feux de bengale, il avait cru plus économique d'en fabriquer lui=même. Maigre ces explications, le magistrat ne fut pas convaincu et envoya le soi-disant anarchiste au Dépôt et la prétendue bombe au Laboratoire municipal. Celle-ci a été jugée inoffensive. »

La fiche anthropométrique élaborée lors de son arrestation mentionne comme motif « fabrication d’engins explosifs ». Malgré son jeune âge, il est transféré à la prison installée dans l’ancienne abbaye de Fontevraud, en Maine-et-Loire, où il reste environ 18 mois. Il ne semble pas avoir été jugé, et aucune condamnation ne figurera dans son dossier militaire.

L’hebdomadaire radical-socialiste local Voix des communes, rapportant son arrestation, avait commenté : « Chacun sait qu’on peut arrêter des anarchistes, même où il n’y en a pas. La recette est bien simple : faute de grives, on prend des merles, faute d’anarchistes, on prend des socialistes. Nous ignorons si c’est le cas cette fois. Mais que M. Soullière, le commissaire de Joinville, qui a procédé à l’arrestation se tranquillise ; s’il s’est trompé – ce que nous ne souhaitons pas – on ne lui en sera pas mauvais gré en haut lieu… peut-être bien tout au contraire. »

En 1896, Joseph Léger serait revenu en région parisienne, mais il la quitte rapidement pour s’installer aux alentours de Lyon, d’abord à La Flachère (Isère) en 1897. Appelé au service militaire en novembre 1898, Léger est mobilisé au sein du 20e régiment de chasseurs, où il reste jusqu’en septembre 1901. Un certificat de bonne conduite lui est accordé et il fait plusieurs périodes au titre de son placement dans la réserve, en 1904 et 1907.

Après sa période militaire, Léger s’installe Décines (Rhône). Il y exerce toujours en 1902 la profession de jardinier.

En 1904, Léger voyage dans le Sussex, en Angleterre, à Cranleigh. Après son retour en France, il devient imprimeur à Amplepuis (Rhône) dans l’usine du maire de la commune, Henri Flessel. Puis il reprend ses activités de jardinier à Saint-Bonnet-le-Troncy (Rhône) en 1905. Il épouse dans cette dernière ville, en décembre 1905, Marie Émilie Schuehmacher, couturière, issue d’une famille ayant quitté l’Alsace après l’occupation allemande. Ils résident chez les parents de la mariée, avant de rejoindre Lyon en 1912, avenue Berthelot puis rue Faidherbe. Ils s’installent définitivement en 1913 à Poule-les-Écharmeaux (Rhône).

Dès le début de la première guerre mondiale, Joseph Léger est mobilisé au sein du 3e escadron du train des équipages. Il meurt le 17 août 1917 des suites de ses blessures dans un hôpital militaire à Mont-Notre-Dame (Aisne). Il a été victime du bombardement par des avions allemands du parc d’engins de sa compagnie et est déclaré mort pour la France. Un secours de 150 francs est accordé, en octobre, à sa veuve. Le couple avait eu un enfant mort-né en 1911.

Photo anthropométrique de Joseph Léger par Alphonse Bertillon.

Collection Gilman. Métropolitan museum of art, New-York

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 01:01
Belan-sur-Ource, rue d'Enfer
Belan-sur-Ource, rue d'Enfer

Prudent Louis Lachouille naît le 21 juin 1837 à Cusy (Yonne, commune fusionnée avec Ancy-le-Franc en 1973). Il est le fils de Marie Louise Millot et de Prudent Lachouille, cultivateur.

Prudent Louis fait des études à l'école d’agriculture de Grignon et produit, en 1861, une étude sur les machines nouvellement introduites dans le canton pour la Société centrale de l'Yonne pour l'encouragement de l'agriculture, à l’occasion du comice agricole d'Ancy-le-Franc. Il en défend l’usage, assurant que, « tandis qu'un ouvrier aurait mis dix jours pour battre les 700 gerbes, la machine n'a mis que six heures ». Il produit un rapport sur les labours profonds en 1865.

Marié en novembre 1869 avec Luce Voullemier à Belan-sur-Ource (Côte-d'Or), il s’installe dans cette commune distante d’une cinquantaine de kilomètres de celle de ses parents. Il devient un pilier des jurys des comices et concours agricoles dans une vaste portion de la France : Saint-Dizier (Haute-Marne), 1872 ; La Roche-sur-Yon (Vendée) et Langres (Haute-Marne), 1873 ; Vesoul (Haute-Saône), 1878 ; Tours (Indre-et-Loire), 1881 ; Saint-Quentin (Aisne), 1884 ; etc. Il est mobilisé lors de l’exposition universelle de Paris en 1878.

Au cours des années 80, Lachouille devient régisseur de l'institut agronomique de la ferme de la Faisanderie à Joinville-le-Pont (future École Du Breuil, dans la partie du Bois de Vincennes rattachée à Paris en 1929). Il teste la valeur nutritive des pommes de terre cuites dans l’aliment de bétail en 1894-1895. Il étudie également l’usage que l’on peut faire de la litière des moutons en 1897. Il continue de siéger dans des manifestations agricoles en région (Clermont-Ferrand, 1895) et participe à l’organisation du concours général agricole du palais de l’Industrie, à Paris, qui préfigure le salon de l’agriculture, siégeant notamment dans les jurys de 1883 et 1894.

Lachouille prend part aux élections municipales de mai 1888 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), en figurant en quatrième position sur la liste du comité électoral radical-socialiste, conduite par un conseiller municipal sortant, Alphonse Demeestère. Les radicaux auront seulement trois élus au second tour, où Lachouille ne concourt pas, tandis que dix-huit élus constituent la majorité républicaine du maire Gabriel Pinson.

Décoré du Mérite agricole, chevalier en 1886, officier en 1902, Lachouille prend sa retraite cette même année et retourne s’installer à Belan-sur-Ource.

Probablement élu conseiller municipal de ce village de 575 habitants en 1912, il succède à Laurent Claude Manciot comme maire de Belan-sur-Ource en juin ou juillet 1914. Il exerce ce mandat jusqu’aux élections municipales de décembre 1919.

Prudent Louis Lachouille meurt à son domicile de la rue d'Enfer, à Belan-sur-Ource, le 4 novembre 1921, âgé de 84 ans.

Il avait un fils, Marc, médecin obstétricien (1871-1934) et est peut-être cousin du député socialiste Édouard Vaillant (1840-1915), dont la mère, Marie Anne Cécile Ambroisine Lachouille, est née à Ancy-le-Franc.

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