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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 00:01

Né à Paris (11e arr.) le 25 octobre 1884, Georges Laruelle est le fils d’un employé du gaz et d’une couturière.

Georges Laruelle vit à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, au moins depuis 1901.

Son père, Joseph Alix, et son frère, René, s’engageront, comme lui, dans le mouvement socialiste dans la même commune. Georges épouse à Paris (8e arr.) Marie Henriette Forgeot en septembre 1920.

En 1911, il participe, avec notamment André Flambard, à la création d’une Ligue de défense économique à Joinville, qui plaide pour la création de boucheries et boulangeries municipales.

Il est élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont lors des élections municipales de 1912, en compagnie de six autres adhérents de la SFIO, dont André Flambard, Henri Lacroix, Émile Lebègue, Julien Périn et Georges Scornet. Les trois listes opposées à la municipalité radicale-socialiste fusionnent au second tour dans un « un essai de proportionnelle » et remportent le scrutin. Le conseil est composé de sept socialistes, dix radicaux dissidents et six libéraux. Le maire est Achille Ernest Mermet, radical dissident.

En janvier 1913, les frères Laruelle sont désignés comme membres du bureau de la section de Joinville de la SFIO et de la commission exécutive avec comme secrétaire Émile Graillat. Ils ne figurent plus dans le nouveau bureau constitué en mai 1913, dont le secrétaire est Alphonse Mibord.

Laruelle cesse un temps son activité d’élu local pendant la première guerre mondiale. Blessé à deux reprises en 1915, il est temporairement atteint de surdité. Cependant, en 1917, il est à l’origine d’une proposition (qui aboutira) pour baptiser du nom de Jean-Jaurès une rue de la commune.

Georges Laruelle est le principal orateur socialiste dans la commune en 1919 et 1920. Il est en tête de la liste socialiste unifiée (SFIO) lors des élections municipales à Joinville-le-Pont les 30 novembre et 7 décembre 1919. Elle comprend également (au second tour) Henri Lacroix, conseiller municipal sortant. Le scrutin voit s’opposer une liste dirigée par l’ancien premier adjoint, Vel-Durand comprenant des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, dont plusieurs anciens colistiers de Laruelle en 1912 (Émile Graillat et Julien Périn) ainsi qu’une liste libérale. La liste SFIO est incomplète, avec 19 candidats au premier tout et 23 au second pour 27 sièges.

Les candidats recueillirent en moyenne 500 voix au premier tour, sur 1 660 suffrages exprimés soit 30,1% et 502 au second, sur 1 462 suffrages soit 34,3%. Aucun d’entre eux n’est élu, la liste d’union républicaine et sociale d’Henri Vel-Durand (radicaux, radicaux-socialistes et socialistes dissidents) remportant tous les sièges. Laruelle obtient lui-même 514 puis 518 voix, soit 31% puis 35,4%.

Comme l’ensemble des adhérents de la section SFIO de Joinville, il rallie le nouveau parti communiste.

Georges Laruelle intervient en août 1922 lors de l’assemblée générale des Fêtes populaires de Joinville, organisées par la section communiste.

Il est décédé à Agen (Lot-et-Garonne) le 15 janvier 1964, à l’âge de 79 ans.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 00:01

Né à Tantonville, alors dans la Meurthe, aujourd’hui en Meurthe-et-Moselle, le 29 février 1856, Joseph Alix Laruelle est le fils d’un journalier qui devient propriétaire cultivateur. Il épouse en 1883 à Paris (4e arrondissement) Marie Poulet, avec laquelle il aura deux fils, Georges et René, qui s’engageront, comme lui, dans le mouvement socialiste.

Employé du gaz, Laruelle vit à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, au moins depuis 1901. En 1913, il est inspecteur à la Société anonyme du gaz de Paris et reçoit une médaille d’honneur.

En décembre 1919, Joseph Alix Laruelle prend position en faveur de la liste socialiste unifiée (SFIO), conduite par son fils Georges Laruelle ; elle recueille 30% des voix au premier tour et 34% au second, sans obtenir d’élus.

L’ensemble des adhérents de la section SFIO de Joinville rallie le nouveau parti communiste en 1920.

Joseph Alix Laruelle décède à Joinville le 18 mars 1925. Il était âgé de soixante-neuf ans.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 00:01

Louis-Auguste Lapito naît à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur le 30 thermidor an 11 (18 août 1803). Son père, Pierre Lapito, charpentier est un notable de la commune qui sera rebaptisée en 1831 Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Louis Auguste est le septième des huit enfants qu’il aura avec Marguerite Geneviève Lheureux.

Louis-Auguste Lapito est l'élève de Louis Étienne Watelet en 1818, puis il entre dans l'atelier de François-Joseph Heim. Il effectue ensuite des voyages dans le Midi de la France, en Suisse, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas. Il rentre à Paris en 1826.

Il entreprend un voyage en Corse en 1827. Il a été un des rares peintres du début du 19e siècle avec Catherine Empis (1796-1879) et Alexandre Ségé (1819-1885), à avoir exposé des tableaux représentant des paysages corses aux salons de Paris.

Peintre paysagiste, il débute au Salon de Paris en 1827 et y expose jusqu'en 1870. Il remporte une médaille de 2e classe en 1833, et de 1re classe en 1835.

Il expose à l'étranger, et notamment à Bruxelles où il reçoit une médaille d'or en 1848.

Lapito représente une nature arrangée, peinte avec minutie, conformément à l'idéal du paysage classique. Il fait partie du groupe de peintres paysagistes naturalistes que Charles Baudelaire critiquait (Curiosités esthétiques, Salon de 1846) « Dans le paysage, comme dans le portrait et le tableau d’histoire, on peut établir des classifications basées sur les méthodes différentes : ainsi il y a des paysagistes coloristes, des paysagistes dessinateurs et des imaginatifs ; des naturalistes idéalisant à leur insu, et des sectaires du poncif, qui s’adonnent à un genre particulier et étrange, qui s’appelle le Paysage historique. »

Louis-Auguste Lapito est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1836. Il est chevalier de l'Ordre de Léopold (Belgique) et membre de l'Académie de Rotterdam (Pays-Bas).

Il meut le 7 avril 1874 à Boulogne-Billancourt, âgé de 70 ans.

Paysage par LA Lapito

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 00:01

Dominique Laurent naît le mars 1862 à Paris (12e arr.). Il est le fils et Catherine Seffert, et d’Antoine Laurent, qui se marieront en juillet 1866 à Colmar. Lui-même épousera en juillet 1891 à Paris (12e arr.) Victorine Angélique Bequet. Ils auront ensemble au moins trois filles.

D’abord tourneur en cuivre, Laurent va s’installer dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il gère le café du Cercle, route de Brie (act. av. Galliéni) ; il y reçoit, le 11 juin 1900, Georges O’Mailley et son épouse, lancés dans un tour du monde à pieds.

Laurent devient directeur d’un établissement de jeu sur le même emplacement, le casino de la Lyre. Il est victime, en mars 1905, d’un cambriolage à son domicile par des malfaiteurs qui enlèvent un coffre-fort pesant 300 kilogrammes et contenant pour 10 000 francs de valeurs.

En mai 1900, Laurent est candidat aux élections municipales à Joinville sur la liste du maire sortant radical, Eugène Voisin. La liste, qui se présente comme républicaine, emporte tous les sièges, face à des candidats soutenus par un comité électoral socialiste-révolutionnaire. Avec 484 voix pour 1 096 inscrits, quand Voisin en recueille 704, Laurent à la dernière place des élus.

Les des élections municipales de 1904, Laurent figure de nouveau sur la liste Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste et par l’ancien député Jules-Ferdinand Baulard. Elle recueille, au premier tour, 50,2% des voix face à une liste nationaliste menée par plusieurs conseillers municipaux sortants (Moulinet, Provin, Dalbavie, Raoult) qui obtient 31,9% et à des socialistes, crédités de 14,9%. Les radicaux ont 15 élus au premier tour. Laurent a 471voix pour 1119 votants sur 1363 inscrits, soit 42,1%. Au second tour, il sera le seul des représentants de la majorité sortante à être battu par un conseiller sortant de droite, Moulinet.

Dominique Laurent quitte probablement Joinville après 1905. Sa date de décès n’est pas connue.

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 00:01

Innocent Pondruel naît à Bourg-Saint-Maurice (Savoie) le 19 juillet 1843.

Il s’installe à Paris, rue du Faubourg Saint-Denis, et épouse en 1875 Eulalie Dufrêne, fleuriste, née à Avranches (Manche) en 1845. Ils auront une fille, morte à 23 ans. Ils élèvent également leur neveu Jules Édouard Pondruel.

Pondruel est feuillagiste à Paris (2e arr.), rue de Palestro, c’est-à-dire fabricant de feuillages artificiels, une activité associée à la bijouterie. Il obtient en 1880 une récompense pour son activité de l’Union centrale des arts décoratifs.

Il quitte la capitale pour Saint-Mandé (il y séjourne en 1890) puis pour Joinville-le-Pont où il vit route de Brie, dans le nouveau quartier de Polangis, sur la rive gauche de la Marne.

En 1896, il est candidat sur la liste du maire sortant radical-socialiste Eugène Voisin pour les élections municipales. La liste républicaine n’a pas de concurrents et est élue avec une moyenne de 800 voix 918 inscrits.

Au sein du conseil municipal, il joue un rôle politique significatif en 1897, étant désigné comme électeur sénatorial ou délégué du conseil municipal au sein de la Ligue Paris-Banlieue. Il ne se représente pas en 1900. Son épouse sera active dans la section de Joinville de l’œuvre de l’allaitement maternel et des refuges-ouvroirs au début du siècle.

Innocent Pondruel meurt à Joinville le 12 avril 1915. Il était âgé de 71 ans.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 00:01

Dernier article d’une série de trois consacrés à Edmond Neumann.

Instituteur patriote, Neumann devient conseiller municipal socialiste d’Asnières.

Neumann quitte Asnières en 1921 et emménage à Joinville-le-Pont (Seine, auj. Val-de-Marne). Il a probablement rejoint le parti communiste comme la majorité des adhérents de la SFIO. Il est confronté aux décisions du 4e congrès mondial de l’Internationale communiste, qui donnent l’ordre de quitter la franc-maçonnerie et la Ligue des droits de l’Homme avant le 31 décembre 1922.

L’appartenance de Neumann à la franc-maçonnerie est probable ; un Neumann intervient dans la loge Les Amis du progrès, début 1914, contre l’antisémitisme gouvernemental en Russie, mis en lumière par le procès de Menahem Mendel Beilis (Kiev, octobre 1913).

Edmond Neumann exerce des responsabilités dans la Ligue des droits de l’Homme, étant membre en 1923 de la commission de révision des statuts, où il se réjouit de ce que, « à l’avenir, le mot d’ordre viendra des membres des sections, et non du comité central qui avait fini par se renfermer dans sa tour d’ivoire ». Il préside en 1923-1924 la section de Joinville. Cette dernière avait vécu en 1922 une crise en novembre, lors de l’inauguration du monument au mort, quand l’avocat Oscar Bloch, invité par la section locale avait parlé de la France « dont les hommes ne veulent pas mourir pour la patrie, mais vivre pour elle » et évoqué avec sympathie la Russie bolchévique ; le maire de Joinville Vel-Durand (radical dissident) avait protesté auprès du président de la Ligue des droits de l’Homme, Ferdinand Buisson, qui avait alors désavoué Me Bloch. La section appuie, en février 1924, la demande d’une enquête sur les socialistes-révolutionnaires russes incarcérés, déportés ou bannis.

L’Union fédérative socialiste est fondée par des dissidents du parti communiste refusant l’interdiction de l’engagement dans la franc-maçonnerie et la Ligue des droits de l’Homme ; la section de Joinville est active en mars 1923. Elle devient en mai de la même année la section de l’Union socialiste-communiste (USC) après la fusion avec le parti communiste unitaire ; elle est animée par Roubault et Neumann à Joinville.

C’est au nom de l’USC que Neumann prend part en avril 1924 à la création d’un comité électoral cantonal d’union socialiste à Saint-Maur avec la SFIO ; il partage le secrétariat avec Guinot (SFIO). Le 27 du même mois, il devient vice-président du cartel des gauches de Joinville, qui rassemble les radicaux-socialistes (Briolay), les socialistes SFIO (Berthet) et l’USC. Il est possiblement candidat sur la liste du cartel des gauches lors des élections municipales des 3 et 10 mai 1925, conduite par Briolay, qui recueille en moyenne 648 voix sur 2275 suffrages exprimés (28,4%), face aux communistes (480 voix, 21,1%) et à l’Union républicaine (1080 voix, 47,5%), laquelle remporte tous les sièges au second tour.

En juin 1925, Neumann représente l’USC lors d’un scrutin pour le conseil général dans la 2e circonscription du canton de Saint-Maur (Joinville, Créteil, Bonneuil et un quartier de Saint-Maur). Il obtient 50 voix, soit 1,8% des 2 814 suffrages exprimés pour 5 553 inscrits. Il se retire au second tour, qui voit la victoire du républicain de gauche Henri Naudin, adjoint au maire de Saint-Maur, face au radical-socialiste Paul Avet, maire de Créteil, et au député communiste Gaston Muller.

Toujours engagé dans le milieu des anciens combattants, Neumann participe à la constitution en juillet 1927 de l’Union départementale de la Région parisienne de la Fédération ouvrière et paysanne des mutilés (FOP). Il représente la section de Joinville et devient membre du comité exécutif et de la commission de propagande. En 1928, il déménage à Champigny-sur-Marne (Seine, auj. Val-de-Marne). Il préside le congrès régional de la FOP en février 1929 et prend part à une réunion de l’Union nationale des mutilés, réformés et veuves de guerre dans le 11e arr. de Paris en 1930. Peut-être est-ce lui le Neumann qui intervient lors d’un meeting de protestation d'anciens combattants en mai 1933, salle Wagram à Paris, et les appelle à manifester « s'il le faut, dans la rue ! »

Neumann se remarie en juillet 1929 au Perreux (Seine, auj. Val-de-Marne) avec Claudine Diseroix. Cycliste amateur, il avait adhéré au club Joinville sportif en 1923.

Bien que n'ayant pas atteint la limite d'âge, Neumann, qui accède à l’honorariat professoral, est mis à la retraite d'office en juillet 1934 ; il approche alors les 64 ans. Il conteste cette décision, faisant valoir qu’il est père de sept enfants dont cinq encore vivants. Un député intervient en sa faveur, puis, après une réponse gouvernementale négative, il saisit le Conseil d'État qui rejette son recours dans un arrêt du 28 mai 1935, estimant qu’il avait été déposé alors que le délai était forclos. En 1932, Neumann avait déjà été mis à la retraite d’office, mais la mesure avait été rapportée quelques mois plus tard.

Jules-Edmond Neumann était décoré des palmes académiques, comme officier d’académie en 1907 puis officier d’instruction publique en 1929. C’est peut-être lui le Neumann d’Asnières nommé chevalier du Mérite agricole en 1911.

La date de décès d’Edmond Neumann n’est pas connue.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 00:01

Deuxième article d’une série de trois consacrés à Edmond Neumann.

D’origine alsacienne, Neumann participe à une liste anti-syndicaliste d’instituteurs patriotes.

Même s’il conserve un pied-à-terre dans le centre de Paris (rue des Halles puis rue Étienne-Marcel, 1er arr.), Neumann s’installe à Asnières (Seine, auj. Hauts-de-Seine) au début du siècle d’abord rue de Châteaudun, ensuite rue du Château.

En 1908, Neumann est élu conseiller municipal socialiste d’Asnières ; le maire, Hector-Gonsalphe Fontaine (radical-socialiste), est préfet des études dans l’école où a enseigné Neumann (HEC). Ce dernier ne se représente pas en 1912. Il constitue en 1909 un comité des Alsaciens-Lorrains pour organiser une fête de Noël et recueillir des offrandes au profit de sa région d’origine.

Neumann a épousé Augustine Vallière. Selon le quotidien La Croix, la vie conjugale de Neumann est tumultueuse. Suite à une querelle, il chasse sa femme et ses enfants du domicile familial d’Asnières le jour de l’an 1910. La semaine suivante, il roue de coups son épouse et la voisine chez laquelle elle s’était réfugiée ; le couple est emmené au commissariat. Ils reprendront cependant la vie commune.

Les capacités linguistiques de Neumann font qu’il est affecté en tant qu’interprète militaire auprès de l’état-major lors de son service national et versé comme officier dans la réserve en janvier 1906. Il exerce cette fonction sans doute pendant la première guerre mondiale. Il est nommé lieutenant dans la réserve en 1925.

Après-guerre, Neumann reprend une activité militante et fonde en octobre 1919 la section d'Asnières, Bois-Colombes et Gennevilliers de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC).

À Asnières, Neumann est un des cadres du mouvement ouvrier. Il crée en février 1919 le groupe d'amis du Populaire, nouveau quotidien socialiste, et joue le 27 juillet un rôle actif dans le congrès rassemblant 18 de ces groupes. En octobre de la même année, il est le deuxième secrétaire du comité de vigilance mis en place par la Fédération SFIO de la Seine. En décembre, il intervient comme orateur lors d’un meeting à Asnières, qui s’insère dans une série de manifestations organisées par la Cgt sur le thème « Paix à la Russie ! Amnistie pour tous. »

À suivre.

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 00:01

Premier article d’une série de trois consacrés à Edmond Neumann.

Jules Edmond Neumann naît à Gerstheim (Bas-Rhin) le 10 juillet 1870, soit une semaine avant le déclenchement de la guerre franco-prussienne, qui verra l’occupation puis l’annexion de la région. Il est le fils d’un instituteur, Jacques Neumann, et de sa femme Salomé Batsch, qui vient d’une maison de brasseurs. Leurs familles semblent sont d’origine juive.

Après une licence de lettres, Neumann devient enseignant en 1895. En 1899, il demande auprès de l’administration de l’Instruction publique à effectuer une mission aux États-Unis « pour étudier le système économique de l'Union américaine ». En 1904, Neumann publie avec l’hispaniste H. Peseux-Richard, comme lui professeur à l'École des hautes études commerciales, un Recueil d'histoires sans paroles destinées à la conversation et à la rédaction en toutes langues (Librairie Vanblotaque, Paris). L’ouvrage est assez bien reçu dans les milieux de l’enseignement des langues et est signalé par plusieurs quotidiens. Il est illustré notamment par Benjamin Rabier (1864-1939).

À la rentrée 1906, Neumann est nommé professeur titulaire de langue vivante (allemand) dans une des cinq écoles primaires supérieures de garçons de la Ville de Paris, l’école Colbert (actuel lycée du même nom, dans le 10e arr.). Parallèlement, Neumann est traducteur interprète auprès du tribunal de la Seine (1902). Enfin, il développe une compétence d’expert chimiste, également agréé par le tribunal civil de Paris (1909), et se déclare ingénieur à la naissance d’un de ses fils en 1912.

Le premier engagement public connu de Neumann se situe en 1907. Il tente de se faire élire en juillet en tant que membre du Conseil départemental de l'enseignement primaire lors d’un scrutin partiel suite à des démissions en solidarité avec un instituteur révoqué, Nègre ; Neumann participe à une liste anti-syndicaliste d’instituteurs patriotes, qui s’oppose à celle se revendiquant de la Cgt. Il obtient 98 voix dans la 5e circonscription sur 510 suffrages exprimés et 616 inscrits ; il est battu par le candidat syndicaliste. Lors du renouvellement général en décembre la même année, il recueille 142 suffrages pour 392 exprimés et 478 inscrits dans la 3e circonscription et est également défait. Neumann, officier originaire d’une région occupée et patriote fervent, a sans doute voulu contrer l’internationalisme des syndicalistes enseignants, majoritairement de tendance hervéiste (Gustave Hervé, 1871-1944).

À suivre.

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 00:01

Second article de la série de deux consacrés à Claude Noizat.

Claude Noizat, militant socialiste, avait rejoint spectaculairement le parti communiste en 1925.

Mais Claude Noizat revient très vite sur sa rupture avec la SFIO car, dès octobre 1925, il siège à nouveau dans le bureau de la section socialiste SFIO de Joinville en tant que délégué à la Fédération de la Seine ; Georges Roger est secrétaire et Eugène Meslin trésorier.

Il plaide pour un rapprochement des socialistes et des communistes, s’exprimant, en tant que membre de la SFIO, dans l’hebdomadaire l'Étincelle (1926/07/03) : « Je dis qu'il est criminel de ne pas réaliser le front unique de tous ceux qui ne veulent pas que le travail, seule valeur qui compte soit, traité comme une marchandise à la foire, qui ne veulent pas que les quelques avantages obtenus soient considérés comme nuls et qui estiment que seuls ceux qui produisent ont droit à la vie en partant du principe irréfutable : qui ne travaille pas, ne mange pas ».

À plusieurs reprises, Noizat participe à des souscriptions en faveur du parti communiste lancées par L’Humanité en 1926 et 1927.

Au cours des années 1930 et 1931, Noizat est actif au sein de la section socialiste joinvillaise. Le 5 avril 1930, il donne une conférence sur l'objection de conscience. Il se présente à la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine en juin 1930, sur la liste des « camarades ayant approuvé le rapport moral » (qui comprend Jean Zyromski) ; trois autres Joinvillais figurent sur la même liste : Julien Cérignan, Victor Hochet et Gorges Roger.

Devenu rédacteur pour l’hebdomadaire de centre-droit, la Gazette de l’Est, Claude Noizat va se présenter comme candidat indépendant lors des élections municipales de mai 1935. Sa candidature est saluée par le journal La Réaction, qui se présent comme « organe royaliste de la banlieue Est », daté de mai 1935 : « Un indépendant que nous ne connaissons pas, M. Claude Noizat, se réclame de l’esprit du 6 février. Il a affiché des dessins vengeurs du Témoin, de Paul Iribe, mais en trop petit nombre ». Le Témoin, publié par l’illustrateur Paul Iribe, est une revue antiparlementariste et antisémite qui devient particulièrement violente pendant l'affaire Stavisky et les manifestations contre l’Assemblée nationale du 6 février 1934.

Claude Noizat recueille 92 voix sur 2856 suffrages exprimés soit 3,2% pour 3433 inscrits. Il qualifie Georges Briolay, le maire sortant radical-socialiste, et son premier adjoint, Georges Roger, socialiste indépendant, de « Laurel et Hardy » et se réjouit qu’ils soient battus.

L’activité ultérieure et la date de décès de Claude Noizat ne sont pas connues.

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 00:01

Premier article de la série de deux consacrés à Claude Noizat.

Claude François Noizat naît le 13 janvier 1890 à Paris (10e arr.). Ses parents sont Constance Philomène Grosjean, femme de chambre, et son Jules Achille Noizat, employé de commerce.

Ses parents s’installent en 1904 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où sa mère devient concierge. Claude Noizat s’y marie en septembre 1919 avec Marcelle Julie Marie Grosjean. Il exerce la profession de comptable.

Après-guerre, Noizat s’engage dans la vie publique. Il aura un parcours curieux.

Il collabore irrégulièrement à l’hebdomadaire radical Voix des communes, adhère à la Ligue des droits de l’Homme, est membre du parti socialiste SFIO et se présente en 1925 sur la liste du cartel des gauches aux élections municipales de Joinville-le-Pont, qui regroupe des socialistes SFIO, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. La liste obtient une moyenne de 648 voix, soit 28,4% des 2275 suffrages exprimés sur 2761 électeurs inscrits. Elle devance la liste du Bloc ouvrier et paysan (communistes) 480 voix, soit 21,1% mais est loin de l’Union républicaine 1080 voix soit 47,5%. C’est cette dernière qui emporte au second tour la totalité des sièges, conduite par le maire, Henri Vel-Durand, reconduit dans ses fonctions.

Noizat prend rapidement ses distances, car il est un des trois orateurs d’un meeting contre la guerre au Maroc organisé à Joinville par un comité d'action inter-organisations le 28 mai 1925. Les autres intervenants sont Louis Castellaz syndicaliste Cgtu et conseiller municipal de Paris et Persoons.

Le mois suivant, Claude Noizat rompt publiquement avec les socialistes dans une lettre publiée par le quotidien communiste L'Humanité (1925/06/13) : « Comme la grande masse des électeurs, j'ai été trompé, par le Cartel des Gauches et j'ai été doublement trompé puisque j'ai fait campagne pour ce Cartel, cette union des éléments de gauche constituée, disait-on, pour combattre le Bloc National. J'ai, de bonne foi, travaillé pour cette idée, à savoir, que le Cartel servirait d'abord envers et contre, tout la démocratie, partant la masse des individus qui peinent, et qui souffrent. J'ai été trompé, il n'en est rien. Painlevé, Poincaré, Renaudel, Millerand, c'est tout un. Le groupe socialiste au parlement, en votant les fonds secrets, en votant la guerre du Maroc, fait cause commune avec les ennemis du prolétariat. Les députés socialistes qui se sont levés pour voter la censure contre Jacques Doriot ne sont pas socialistes ce sont des politiciens à la remorque du capital dont ils sont peut-être les stipendiés. Aussi, devant cette attitude, je déchire ma carte d'adhèrent du parti SFIO et je me range, aux avis du seul Parti qui, franchement, ouvertement, combat les prérogatives et défend la grande masse des exploités. Je demande mon adhésion au parti communiste. Signé Claude Noizat, 34, rue de Paris, à Joinville (Seine). »

Son nouvel engagement va prendre une forme spectaculaire le 15 août 1925. Avec quatre camarades de Joinville et de Saint-Maur, Noizat décore un bateau avec des insignes communistes, faucille et marteau, et une banderole portant l'inscription « À bas la guerre du Maroc ! À bas les impôts Caillaux » ; ils naviguent ainsi pendant fête nautique sur la Marne à La Varenne (Saint-Maur-des-Fossés, Seine, act. Val-de-Marne). Les cinq sont brièvement arrêtés et le bateau est confisqué ; L’Humanité estime que l’interpellation s’est faite dans « la plus bestiale brutalité. »

(À suivre).

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