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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 00:01

Louis Jules Debeuré naît le 7 janvier 1831 à Triconville (Meuse). Il est le fils de Marguerite Anne Julie Devraine et de son époux Nicolas Debeuré, tisserand.

Il est cordonnier à Paris, où il épouse en avril 1854 (6e arr.) Marie Anne Justine Bousquet. Au cours des années 1860, il devient doreur sur métaux et vit dans le 11e arrondissement de Paris, dans le quartier de la Folie-Méricourt. Il installa sa société de dorure au mercure dans le même quartier, rue de Nemours.

Au début des années 1880, Debeuré est propriétaire d’une maison de campagne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), route de la Brie (act. av. Galliéni), dans le quartier de Palissy. Il va s’impliquer dans la vie locale.

Il est d’abord membre de la fanfare locale mais il s’en retire, en octobre 1884, pour consacrer tout son temps à la société d’escrime et de tir Les Volontaires de Joinville et Champigny, fondée le même mois. Dans le contexte de la défaite encore récente de la France face aux troupes prussiennes et allemandes en 1870, de nombreuses sociétés de ce type voient le jour. Celle de Joinville et Champigny démarre avec une centaine d’adhérents. Elle en compte 163 en 1866, dont 38 tireurs actifs.

L’objectif de ces organismes de tir, de gymnastique et d'exercices militaires est patriotique. Mais, dans un contexte où la montée de forces populistes est sensible, le conseiller général du département de la Seine, Faillet, qui fait approuver en novembre 1887 une subvention pour Les Volontaires de Joinville et de Champigny précise : « Quoique nous ne soyons pas boulangistes, nous sommes disposés à venir en aide à toutes les sociétés de cette nature qui ont pour objet la défense de la France démocratique. »

Si le démarrage de la société fut rapide, la vie associative va s’avérer très compliquée. En 1885, le propriétaire du stand, le cafetier Vingdlet, se brouille avec Debeuré. L’assemblée générale de fin d’année est agitée, avec la démission du porte-drapeau après une pétition de 32 signataires. Le journaliste radical-socialiste Henry Vaudémont essaie « de donner de l’entrain à la société ». Mais il témoigne en juin 1888 : « J’essuyai presque autant de déboires que Debeuré lui-même, ce qui n’est pas peu dire. »

Lors des élections municipales de mai 1888 à Joinville, Debeuré est candidat sur la liste du républicain modéré Gabriel Pinson, maire sortant. La lise emporte dès le premier tour 17 des 21 sièges à pourvoir, et en récupère un de plus au second tour, tandis que les radicaux-socialistes en obtiennent trois, derrière Alphonse Demeestère. Avec 283 voix, Debeuré est le dernier des élus du premier tour.

Un mois après le scrutin, le maire réélu meurt. La désignation d’Eugène Voisin pour le remplacer est l’occasion d’un rapprochement entre la majorité municipale et les radicaux. Debeuré, libre-penseur affirmé, comptait de nombreux amis parmi ces derniers. Il est désigné, en décembre, comme membre du bureau de bienfaisance, en charge du fonctionnement du fourneau.

Louis Jules Debeuré meurt le 5 janvier 1890 à Joinville, dans sa maison de campagne. Il était âgé de 59 ans et vivait de ses rentes depuis 1888. Il avait semble-t-il eu deux enfants, dont une fille morte très tôt.

Debeuré est inhumé au Père-Lachaise, en présence de beaucoup de joinvillais et de commerçants du quartier de la Folie-Méricourt. Le député radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard, l’adjoint au maire de Joinville, Honoré Jullien et l’ancien conseiller général et militant de la libre-pensée Brisson-Joly prononcèrent des discours au cimetière parisien du Père-Lachaise, où il eut des obsèques civiles. Henry Vaudémont, ancien vice-président de la société de tir, malade, fit lire un message.

Route de la Brie, Joinville-le-Pont

 

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 00:01

Ernest Barberolle naît le 16 octobre 1861 à Paris (5e arr.). Il est le fils Marie Dauphin, couturière, et de son mari époux Marie Barberolle, employé. Il est d’abord sertisseur puis joailler rue de Turbigo à Paris (3e arr.). Il épouse, vers 1890, Jeanne Marie Camille Desportes.

L’activité sportive de Barberolle commence à l’aviron en 1881. Après avoir été rameur, Barberolle est barreur dès le printemps 1882 pour les équipes de la Société nautique de la Marne (SN Marne), installée sur l’île Fanac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dont les couleurs sont bleu et blanc. Il pèse alors 49 kilos, un poids qu’il dépassera un peu au cours de sa carrière, mais en 1936, il est encore mesuré à 52 kilos. Il est de taille réduite (1 m. 55) et était surnommé Petit Barberolle, son faible poids et la sûreté de son coup d'œil en firent un barreur émérite selon ses camarades. Dans le « monde léger » des barreurs, il est considéré comme un roi par Germain Chaussat en 1921.

Barberolle, 1901, à gauche

Entre 1893 et 1897, se réoriente vers le cyclisme sur route comme sur piste, de nouveau avec un club de Joinville-le-Pont, le Vélo-Club de Joinville. Il est sprinter, remportant un course sur piste au vélodrome de l’Est à Paris en juillet 1897.

Pour se rapprocher de son lieu d’entraînement, la famille Barberolle déménage à Joinville et s’installe sur l’île Fanac en 1910 ou 1911. Barberolle revient à l’aviron.

La SN Marne est une des plus prestigieuses formations de l’aviron français. Un des moments forts de la saison est le match par bateaux de huit rameurs et un barreur, qu’elle dispute au printemps contre le Rowing club de Paris. En 1938, la presse calcula que Barberolle avait gagné deux fois le match en qualité de rameur, barré vingt et une fois le huit de la SN Marne et obtenu quatorze fois à la victoire.

Sélection aux Jeux olympiques d'été de 1920 à Anvers, Ernest Barberolle dispute avec Gabriel Poix et Maurice Bouton l'épreuve d’aviron de deux avec barreur. Ils remportent la médaille d'argent. Il est alors âgé de 58 ans. Les journaux le qualifient de scientifique, rusé et fougueux. Vers cette époque, Barberolle abandonne son activité de joailler.

Au cours des années 1930, avec son avancée en âge, la popularité de Barberolle augmente. Il est qualifié de maître barreur par une athlète, Mlle Chevassus, dont il barre l’embarcation. La presse remarque qu’il est inamovible, soulignant la façon dont il coordonnait ses rameurs en hurlant dans son porte-voix. L’âge n’empêche pas Barberolle d’avoir un comportement sanguin. Ainsi, après le match à huit rameurs entre la SN Marne et le Rowing-Club de Paris en 1936, remporté par les joinvillais, Boutteny, président du Rowing-Club, reproche à Barberolle d'avoir légèrement coupé la ligne du bateau du Rowing après le pont de Saint-Cloud. En réplique, le barreur frappa le dirigeant d'un coup de poing. Selon les journaux, « l'incident n'eut pas de suite, mais Barberolle mit assez de temps à se calmer. »

À 78 ans, Barberolle participe encore au match annuel de mai 1938. C’est semble-t-il sa dernière participation à une course officielle.

Déjà en 1926, le quotidien La Presse considérait que « l’ancêtre est chaque année plus jeune ». Dans un long portrait qu’il lui consacre en octobre 1927, H. Coutance, dans le même journal, considère que « Barberolle c'est tout le rowing parisien ». Il passe sa vie sur l’eau, « quelquefois en canoë, d'autrefois il se contente d'une barquette qu'on dirait construite pour un enfant », il est « affable, gai luron. »

Ernest Barberolle meurt le 5 septembre 1948 à Joinville. Il était âgé de 86 ans et avait eu deux filles. Outre sa médaille olympique, Ernest Barberolle avait obtenu une médaille d'or de l'Éducation physique en mai 1938.

Son neveu, Lucien Barberolle (1885-apr. 1950), graveur-ciseleur, fut conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1925-1929), de tendance républicain socialiste indépendant (centre-droit) ; il était également peintre et sculpteur, décoré de la Croix de guerre.

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 00:01

Suite de la biographie de Georges Scornet

Parallèlement à ses activités politiques, Georges Scornet est très impliqué dans la vie associative locale. Il est ainsi un de ceux qui soutiennent, en 1920, la fusion du Groupement amical des industriels, commerçants et des habitants de Palissy-Polangis avec l’Union des commerçants de Joinville. Il est un membre actif de la caisse des écoles communale.

À partir de 1933, il est vice-président de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville et représente les mutuelles dans la commission cantonale pour l’assistance aux vieillards.

C’est toujours Georges Scornet qui prend, en décembre 1922, l’initiative de reconstituer l’amicale des Bretons dissoute pendant la guerre et en est vice-président. Il est aussi président d’honneur de la « commune libre de Polangis », son quartier, structure chargée d’organiser une fête annuelle. Il siège encore, en 1924 dans la commission des fêtes de l’Union amicale de Joinville Champigny.

L’essentiel de la présence de Scornet dans la vie locale concerne le domaine sportif.

Ainsi, il est en décembre 1919, administrateur de l’USJ. Il devient en mai 1923 président du Cercle Athlétique de Joinville (CAJ, basket et natation) et commence son mandat en polémiquant avec le maire sur l’organisation des épreuves de natation pendant les fêtes communales, se plaignant que son club doive se contenter de participer à la retraite aux flambeaux et aux fêtes vénitiennes. En juillet 1925, Scornet, préside au côté du maire à l’inauguration du plongeoir et de la baignade en Marne du CAJ. Le plongeoir permet en septembre 1929 un spectaculaire triple saut groupé. Le club organise une compétition classique, la traversée de Joinville à la nage, qui en est à sa 23e édition en 1932 avec 77 nageurs et 8 nageuses.

Après le décès de Scornet, deux challenges à son nom seront créés.

Le challenge Scornet en basket est mis en jeu dans une compétition à Joinville pour la première fois en mars 1936. Il est renouvelé en 1937 et 1938 et se tient à Champigny-sur-Marne pour sa quatrième édition en 1939 à la Maison des Syndicats. Il s’assure la participation des meilleures équipes parisiennes de basket-ball de la Région Parisienne FSGT, la fédération corporatiste. La guerre n’interrompt pas la compétition, puisque la septième édition a lieu en avril 1942.

Le challenge Scornet en natation est organisé au cours du championnat de Paris, d’abord en août 1936. Il consiste en une course par équipe, jugée sur le classement de cinq nageurs dans la traversée de Joinville, partie du championnat de Paris de la FSGT. La dernière édition semble avoir eu lieu en août 1939.

Georges Auguste Scornet meurt le 30 novembre 1934 à Joinville . Il était âgé de 56 ans. Sans qu’il soit possible de faire un lien, on remarquera que sa fille aînée, Jeanne Scornet, décède trois semaines avant, à l’âge de 33 ans.

Le conseil municipal rend hommage à Scornet le 18 décembre et le maire le fera encore à la fin de son mandat, en avril 1935. La nouvelle municipalité élue en mai ira également déposer une gerbe sur sa tombe au cimetière de Joinville.

De nombreuses décorations avaient été accordées à Scornet : la Croix de guerre avec étoile de bronze ; les Palmes académiques comme officier d’académie en février 1929 et officier de l’instruction publique en février 1935 ; la médaille d’honneur de l’éducation physique en janvier 1932 ; deux mentions honorables pour services rendus à la mutualité en février et novembre 1934 ainsi qu’une médaille de bronze en février la même année.

Fin

Triple saut sur le plongeoir du CAJ sur la Marne à Joinville en 1929

 

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 00:01

Suite de la biographie de Georges Scornet

Éloigné de la vie politique communale de Joinville-le-Pont, Scornet, comme plusieurs autres des élus de 1912, a pris ses distances avec la SFIO. Lors des élections municipales de novembre 1919, seuls Georges Laruelle et Henri Lacroix se représentent avec l’étiquette du parti socialiste tandis que Julien Périn, avec le qualificatif de socialiste indépendant, figure sur la liste d’Henri Vel-Durand, qui regroupe des radicaux dissidents et les radicaux-socialistes officiels. C’est la révocation par le préfet de ce dernier, en conflit avec le maire, qui fait sortir Scornet de sa réserve. Il envoie au nom d’un « groupe nombreux d’habitants » un courrier, en juin 1923, à l’hebdomadaire Gazette de l’Est pour défendre l’ancien premier adjoint « sympathique et dévoué ». Il assure qu’on pouvait « à toute heure du jour ou de la nuit » aller tirer sur le cordon de sa sonnette.

Peut-être Scornet, qui exploite dorénavant un magasin de vins, est-il candidat lors des élections municipales de mai 1925, qui voient le maire sortant l’emporter contre les communistes et ses anciens alliés radicaux-socialistes, qui ont fait alliance avec la SFIO maintenue et des socialistes indépendants dans une déclinaison locale du cartel des gauches.

Il figure sur la liste constituée par cette alliance lors du scrutin partiel de septembre et octobre 1928, convoqué pour compléter le conseil municipal suite au décès de Vel-Durand.

La liste est conduite par Georges Briolay (radical-socialiste) avec Scornet (socialiste indépendant) et Georges Roger (SFIO). Elle emporte au second tour les trois sièges devant la droite de l’Union nationale et les communistes. Scornet fait le meilleur score, avec 813 voix sur 1 667 suffrages exprimés (48,8%) pour 1 677 votants et 2 995 inscrits. La majorité municipale élit Stephen Durande comme successeur de Vel-Durand.

Lors des élections municipales générales de mai 1929, les trois mêmes listes se retrouvent. La Concentration des gauches (radicaux-socialistes, SFIO et socialistes indépendants) arrive de nouveau en tête devant l’Union nationale de Durande et le Bloc ouvrier et paysan de Bénenson (communiste). Scornet recueille à nouveau le plus haut soutien au sein du groupement des gauches. Au premier tout, il a 916 voix sur 2 126 suffrages exprimés (43,1%) pour 2 969 inscrits. Les gauches remportent au second tour 22 des 27 sièges à pourvoir, la droite prenant les cinq restants ; Durande est battu. Briolay devient maire, Roger et Scornet sont adjoints.

En novembre 1933, en l’absence du maire, c’est Scornet qui préside une séance du conseil municipal, marquée par un violent incident provoqué par un élu SFIO de 1929, François Galabert. L’hebdomadaire radical Voix des communes raconte : « Particulièrement pénible. Galabert, venu avec l’idée de faire de l’obstruction et de provoquer un scandale fut le héros de la soirée. Surexcité, violence de langage, débauche d’injures, geste inconsidérés ». Scornet décide une suspension de séance, pendant laquelle le tumulte continue, avec des chaises déplacées et des tables précipitées à terre. On va chercher Briolay, qui tente de reprendre le contrôle des débats et finit, après une nouvelle suspension par faire appel à la police qui expulse Galabert manu militari, lequel est « emporté au poste pour calmer sa colère furieuse ». Le journal est surpris car l’ordre du jour ne comportait que des régularisations administratives « qui ne pouvaient en aucune façon laisser présager un tel déferlement de violence. »

Lors du conseil suivant, en décembre 1933, Galabert présente, selon Voix des communes, des « excuses partielles », mais il reçoit un blâme du conseil. Le même provoque de nouveaux incidents lors d’une séance en mars 1934, s’élevant contre ce qu’il appelle le « travail forcé imposé aux chômeurs par une municipalité tyrannique », ce qui provoque un charivari et encore une suspension de séance puis un blâme à son encontre. Il y avait beaucoup de spectateurs affiliés au parti communiste pour soutenir Galabert. Scornet reçoit, suite à la séance, une délégation de chômeurs. Suite à plusieurs décès et démissions, des élections municipales en octobre 1934 réduisent encore la majorité soutenant la municipalité du groupement des gauches, dont la SFIO s’est retirée.

À suivre

Scornet en 1934

 

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 01:01

Georges Karcher naît le 3 février 1903 à Paris (14e arr.). Il est le fils d’Hélène Catherine Kieffer et de son époux Jean Émile Karcher, serrurier, tous deux d’origine lorraine et vivant avenue d’Ivry. Son père, né à Saint-Avold, dans les territoires occupés peu après leur annexion à l’empire allemand en 1871 est étranger ; il vivait en Algérie en 1891, puis s’est engagé dans la légion étrangère et est devenu français en 1897, un an avant son mariage.

Après la première guerre mondiale, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune où résidait déjà en 1911 sa grand-mère maternelle et deux de ses oncles. Le père meurt en octobre 1919 et Georges et son frère Jean restent vivre, avec leur mère qui se remarie en 1920, dans leur domicile du quartier de Palissy, avenue des Familles.

En 1921, Georges Karcher est employé à la mairie de Joinville-le-Pont.

Il s’intéresse manifestement beaucoup aux activités sportives, puisqu’il est capitaine des équipes de basket de l’Union sportive de Joinville (USJ) en 1922-1923. À la fin de cette année, il fonde une nouvelle société, l’Amicale sportive de Palissy, qui a trois sections : athlétisme, boxe et basket. Elle a son siège sur le quai Moisson (act. quai Gabriel-Péri). Il en est toujours l’animateur en 1926. Il est également l’initiateur en décembre 1935 de l’Amicale sportive de Polangis, quartier voisin du sien, qui est spécialisée dans l’haltérophilie. Il en est toujours un des dirigeants en décembre 1937.

Marié en décembre 1939 à Senonches (Eure et Loir) avec Céline Georgette Herr, Georges Karcher poursuit son activité à la mairie Joinville. Il exerce sans doute la fonction de secrétaire général, sans en avoir cependant le grade.

Selon l’historienne Françoise Bruneau, Karcher, aidé par son adjoint, François Balemboy, « avait organisé dans son propre bureau en mairie un « service local d'aide aux réfractaires ». Il s’agissait d’aider les personnes qui refusaient de rejoindre le service du travail obligatoire (STO) en Allemagne. » Selon elle, Karcher « fournissait à chaque personne, qui lui était recommandée par une personne de confiance, une carte d'identité, une carte de travail, un jeu de tickets d'alimentation, des papiers de démobilisé ». La municipalité, élue en 1935 sur une liste de droite, avait été maintenue par les autorités de Vichy en 1942 et sera arrêtée par le comité local de libération le 25 août 1944.

Après-guerre, Georges Karcher poursuit son activité à la mairie de Joinville avec le titre de secrétaire général adjoint, le secrétaire général titulaire étant Marcel Robin. Il y est toujours en fonction en 1948.

Après le décès de sa première épouse en février 1959, Karcher se remarie avec Suzanne Évelyne Hagnerel en juillet 1960 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Georges Karcher meurt le 16 octobre 1978 à Joinville. Il n’avait pas eu d’enfant. Il était décoré depuis août 1938 de la médaille de bronze de l’Éducation physique. Il avait obtenu en juillet 1946 la médaille d'argent départementale et communale.  Le décret du 30 juin 1948 lui avait accordé la médaille d'argent portant témoignage de la Reconnaissance française pour faits de résistance.

La mairie de Joinville, vers 1920

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Félix Soulié

En tant que négociant, Soulié prend part à la reconstitution de l’Union des commerçants et industriels de Joinville en juillet 1923.

Son principal engagement est cependant dans la SN Marne. Elle est présidée, depuis 20 ans, par Émile Lecuirot. Soulié en est le directeur en 1923. Il est trésorier-adjoint et président de la commission sportive après l’assemblée générale de janvier 1924. Il exerce la fonction de capitaine d'entraînement. Le quotidien Paris-soir mentionne, en octobre 1924 que « pour différents motifs, dont le louable souci de prendre un repos bien gagné, Félix Soulié résilie ses fonctions ». Le journal lui rend hommage, le qualifiant de « fondateur de nombreuses sociétés, créateur de diverses fédérations » et « animateur de premier ordre, joignant à ses belles qualités de rameur un talent d'organisateur hors pair. Sa disparition de la vie active du rowing sera unanimement regrettée ». Il a été entraîneur de l’équipe olympique française d’aviron.

Malgré son retrait, Soulié poursuit une activité au sein de la SN Marne comme responsable du cercle, directeur du garage, et membre de la commission sportive. Il est membre d’honneur du conseil d’administration.

Depuis 1890, il collabore au Journal de l’aviron. Il est membre du comité central de la Fédération française d’aviron. En outre, il est l’auteur d’une notice sur l’art de ramer.

La famille a quitté l’île Fanac et est installée sur la rive gauche de la Marne, d’abord avenue Galliéni en 1923 Joinville puis avenue du Château en 1926, qui devient avenue Foch.

Félix Soulié meurt le 24 octobre 1934 à Joinville et est inhumé au cimetière communal. Il était âgé de 76 ans et avait eu une fille. La presse quotidienne et locale rend hommage à son parcours. Il était titulaire des Palmes académiques comme officier d’académie, chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1928 et avait été en février 1934 récipiendaire de la médaille d'or de l'Union des Fédérations des sociétés françaises d'aviron.

En mai 1935, la nouvelle municipalité de droite, conduite par Léon Lesestre, lui rend hommage en déposant une gerbe sur sa tombe.

Fin

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Félix Soulié

À partir de fin 1919, Félix Soulié prend une place significative dans la vie politique communale à Joinville-le-Pont. Il est désigné électeur sénatorial en janvier 1920.

En 1923, il est, au côté du maire, Henri Vel-Durand, un des maître d’œuvre de la constitution du Comité d’union et d’action républicaine, principale organisation de la droite locale, qui rassemble des républicains de gauche (c’est-à-dire des conservateurs), des radicaux et des socialistes indépendants. Il copréside la réunion de lancement tenue le mars au café Landier. Il fait partie de la commission de préparation du programme avec Vel-Durand, Liou, Piot et Decrombecque.

En mai, Soulié est désigné comme président et présente le programme du comité, basé sur l’union de tous les républicains de gauche. À l’intérieur, maintien et développement méthodique des lois démocratiques et sociales actuelles : lois scolaires, défense des lois laïques ; loi de séparation à maintenir dans son intégralité ; lois d’assistance et de retraites, mise au point de la loi des retraites ouvrières par cotisations de l’État et des patrons seuls ; lois protectrices de l’enfance ; enseignement gratuit à tous les degrés par l’augmentation du nombre de bourses accordées seulement au concours, la bourse devant comprendre l’entretien complet de l’élève ; assainissement de la situation financière en diminuant l’inflation et en établissant des impôts mieux assis et surtout mieux perçus, maintien de l’impôt global et progressif sur les revenus, suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires (…), compression des dépenses publiques surtout militaires (…) ; interdiction d’importation pour tous les produits de 1ère nécessité (céréales, bestiaux, légumes, sucres) ; le comité est l’adversaire du communisme ; favorable au syndicalisme, s’il abandonne ses idées révolutionnaires ; opposé à la réaction royaliste. À l’extérieur, soutien au gouvernement.

Le quotidien socialiste L'Ère nouvelle critique en mai 1924 « L'exquise délicatesse des édiles réactionnaires ». Sous la signature d’un Banlieusard, il met en cause le président du comité de la droite locale, propriétaire du terrain sur lequel est édifié le bureau de poste des quartiers de Polangis et Palissy : « comment le sieur Soulié n’a-t-il pas compris que lorsqu’on est de près ou de loin mêlé a l'administration d’une commune on ne doit pas s’en faire une cliente ni attitrée ni occasionnelle. Aux périodes révolutionnaires cela était puni de mort. Ne sentez-vous pas que cela choque vos concitoyens ? »

La préparation des élections municipales de mai 1925 se fait sous la houlette de Soulié qui préside la réunion de présentation de la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux qui se tient, avec 230 participants, au restaurant la Tête noire. Son programme prévoit que les lois de laïcité soient « appliquées sans rigueur et sans sectarisme », ainsi que le maintien de l’octroi et des économies dans les dépenses budgétaires communales. La liste est intégralement réélue, face à une candidature du groupement des gauches (radicaux-socialistes et socialistes SFIO) et une autre du parti communiste. Soulié est réélu président du comité, renommé comité d’union républicaine. En janvier 1927, il est de nouveau électeur sénatorial.

Soulié est toujours président du comité d’union républicaine en septembre 1928, au moment des obsèques du maire Henri Vel-Durand. Par contre, il n’exerce plus cette fonction en 1932,

À suivre

L'île Fanac

 

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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 00:01

Début de la biographie de Félix Soulié

Félix Pierre Célestin Soulié naît le 17 octobre 1858 à Saint-Antonin (act. Saint-Antonin-Noble-Val, Tarn-et-Garonne). Il est le fils de Célestine Albouy et de son mari Pierre Soulié, entrepreneur d’omnibus. Comme ses témoins, serrurier et cultivateur, le père ne sait pas signer.

Débutant l'aviron en 1878, Félix Soulié s’inscrit en 1879 à un des clubs les plus prestigieux, la société nautique de la Marne (dont l’Aviron Marne et Joinville est le successeur). Il dispute la course la plus prisée à ce moment de l’aviron français, le match annuel entre le Rowing club de Paris et la SN Marne. Il le perd en 1880, mais remporta par la suite, en quatre et en huit, de nombreux succès dans les compétitions nationales et internationales.

Sur le plan professionnel, Félix Soulié est représentant de commerce. Il va d’abord résider à Toulouse (Haute-Garonne) entre 1884 et 1896, puis dans le Nord en 1900. Dans ces deux régions, il poursuit son activité sportive et contribue au développement de l'aviron. Il est membre du Cercle nautique de l’aviron de Roubaix.

Félix Soulié épouse, en juin 1888 à Paris (10e arr.), où résident ses parents, devenus marchands de quatre saisons, Louise Joséphine Pinon, fille d’une marchande de vins  de Clamecy (Nièvre). Parmi les témoins, on note la présence d’Ernest Barberolle, champion d’aviron, licencié à la SN Marne, qui sera médaillé olympique en 1920.

Au début du 20e siècle, la famille Soulié s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), sur l’île Fanac tout à côté du siège de la SN Marne. Soulié est barreur d’une yole à 8 du club. Il développe son activité de négoce de tissus, implantée rue du Sentier à Paris. En 1925, il prend part à la constitution des établissements Lefebvre et Soulié, qui proposent des tissus de haute nouveauté. La société a un capital de deux millions de francs. Elle a son siège à Nogent-sur-Marne en 1928.

À suivre

 

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Marcel Bardiaux

En juillet 1961, Marcel Bardiaux divorça d’avec Angèle Cochois. Il épousa en janvier 1964 Simone Laporte à Paris (18e arr.), puis s’en sépara en octobre 1971.

À partir de 1960, Bardiaux débute, à Cherbourg, la construction d’un autre bateau, en acier, qu’il baptise Inox. Il poursuit la réalisation de son voilier dans différents chantiers et la termine au Portugal en 1966. D’une longueur de près de 15 mètres, il pèse 22 tonnes. C’est le premier navire de plaisance en métal inoxydable connu. Il est intégralement conçu par Bardiaux. C’est un ketch pensé pour assurer le maximum d'autonomie et de durabilité et réputé insubmersible. À son bord, Bardiaux conduit un tour du monde sans escale en 229 jours.

À partir de 1969, Marcel Bardiaux, insatisfait de l’évolution règlementaire imposée aux navires en France, avec une immatriculation, des équipements obligatoires et des taxes, décide de résider à l’étranger. Il séjournera notamment au Canada. Il revient cependant de ce dernier pays en 1996, confiant que « Si là-bas les hivers ne duraient pas six à sept mois, il y a longtemps que je serais canadien. »

Pour la première fois, il traverse sans son bateau : celui-ci a, en effet, connu un accident, à l'entrée du Saint-Laurent, ayant essuyé une tempête classée force 12 sur l’échelle de Beauffort. Pendant 26 heures, il cogne contre la falaise mais s'en tire avec beaucoup de bosses. Bardiaux assure dans Libération : « Tout autre bateau aurait coulé ». C’est, dit-il, la première fois qu’il quitte son bateau.

Il retourne le réparer puis entreprend, en novembre 1997, à 86 ans, de franchir une nouvelle fois l’Atlantique. En décembre, il subit une terrible tempête et fait naufrage dans l'archipel des Açores. Il ne se signale pas, amis lutte pendant trois jours pour sauver son ketch. Il a lui-même souffert : « Tout est à revoir sur le bateau, et les voiles n'en peuvent plus. Je me suis blessé au genou en plus de trois côtes cassées », confiera-t-il au quotidien brestois Le Télégramme.

Porté disparu depuis février, il accoste discrètement Belle-Ile-en-Mer (Morbihan) début mai 1997. Il exprime le souhait de devenir le premier navigateur solitaire centenaire et mouille son bateau à Redon (Ille-et-Vilaine), port fluvial au milieu des teres.

Après Aux 4 vents de l'aventure, Marcel Bardiaux a publié quatre autres ouvrages, ceux-ci à compte d’auteur : Les Aventures de Marcel Bardiaux, 1960 ; Les astuces de Marcel Bardiaux, 1965 ; Aux 4 vents de mes amours, 1975 ; Entre deux tours du monde, 1995. La vente de ses livres était sa seule ressource. Il en stockait 4 000 dans la cale de son bateau.

Aux 4 vents de mes amours est, selon un admirateur de Bardiaux un « catalogue des liaisons intimes de Bardiaux. C'est gratiné, impudique et assez cavalier vis-à-vis des jeunes femmes qui sont citées et parfois exposées en photos. (Il y a même des épouses infidèles de messieurs "haut placés" dans tel ou tel pays d'Amérique du Sud !) »

Dans son dernier ouvrage publié, Entre deux tours du monde, il règle des comptes avec d’autres navigateurs, par exemple Bernard Moitessier : « je lui ai appris à naviguer. Je l'ai rencontré à l'île Maurice après un de ses naufrages. Il a coulé trois bateaux sans faire le quart de ce que j'ai fait.»

Au cours de sa carrière, Bardiaux aura navigué sur près de 400 000 miles, soit l’équivalent de 18 tours du monde. Un grand marin, l’anglais sir Francis Chichester, qualifia Marcel Bardiaux comme « le plus résistant de tous les durs-à-cuire de France. »

Marcel Bardiaux est mort le 9 février 2000 à Redon, Ille-et-Vilaine, où il stationnait depuis deux ans. Il était âgé de 89 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants. Il est enterré à Issoire (Puy-de-Dôme), auprès de sa mère.

En 1958, Marcel Bardiaux avait reçu la Blue Water Medal, décernée par le Cruising Club Of America pour l’exploit maritime de l’année.

Fin.

 

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Marcel Bardiaux

Après son service militaire, Marcel Bardiaux poursuit son activité sportive en kayak de course et de descente. Il exploite un atelier de fabrication de bateaux au 77, quai de la Marne à Joinville-le-Pont, qui produit trois types de kayaks : Kette, Étoile et Bardiaux, version pliable reproduisant son bateau personnel.

En octobre 1935, Marcel Bardiaux épouse à Joinville Angèle Cochois, couturière.

Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale dans la marine, il est, en février 1940 condamné à 5 francs d’amende pour blessures involontaires pour avoir heurté un autre véhicule avec celui qu’il conduisait à Cherbourg. Selon son témoignage, il est fait prisonnier et s’évade deux fois durant la deuxième guerre mondiale avant d’être repris. En 1943, il a repris son activité sportive de kayakiste et fait une descente du Verdon, dans les Alpes du sud.

Si l’attitude de Marcel Bardiaux pendant le conflit n’est pas connue, il a exprimé son opinion dans un de ses ouvrages, Entre deux tours du monde (1995). Parlant d’une grande croix de Lorraine, construite près de Camaret-sur-Mer (Finistère), la croix de Pen Hir, au mémorial aux bretons de la France Libre, il écrit en évoquant le général de Gaulle et le maréchal Pétain : « On ne comprend pas très bien la raison d'un tel gaspillage, destiné avant tout à encenser une personne qui commit pourtant bien des erreurs, ne serait-ce que celle d'avoir fait enfermer un valeureux soldat qui fit tout ce qu'il put pour sauver son pays, et non bien à l'abri derrière un micro étranger ». Ce qui permet au quotidien Libération de conclure en 1997 que Bardiaux était pétainiste.

À la fin de la guerre, Bardiaux achète en librairie les plans d’un voilier, signés de l’architecte Henri Dervin. Il le construit en modifiant considérablement les plans : les lignes d’eau sont allongées, le pont et le roof renforcés. C’est un cotre de 5 tonneaux  et de 9 m. 30, qu’il baptise Les Quatre-Vents.

Tout en restant sur les bords de Marne, il déménage de Joinville pour la commune proche du Perreux-sur-Marne, 6, rue Patou. Il a une nouvelle compagne, Mary.

Il quitte le port du Havre (Basse-Seine, act. Seine-Maritime) en février 1950 pour un tour du monde de huit ans et 543 escales. Il gagne Arcachon, d’où il part en octobre 1950. Après une escale aux Canaries, il relâche à Dakar. Il traverse et arrive à Rio de Janeiro après vingt-huit jours de mer. Selon un article signé Sergio, sur le site Plaisance-Pratique « Ses rencontres sont tumultueuses, son caractère tranchant ». Il visite le Brésil et en mars 1952, puis passe le cap Horn le 12 mai 1952. Il emprunte les canaux de Patagonie, passe Chiloé et arrive à Valparaiso où il va rester plusieurs mois pour remettre Les Quatre-Vents en état.

Il poursuit la grande boucle par Tahiti, la Nouvelle Zélande et s’échoue sur les coraux en Nouvelle Calédonie. Il rentre par le Cap, le Brésil, les Antilles, les Bermudes et New York. Il est de retour à Paris en 1958.

Sa mère décède d’une crise cardiaque quand on lui avait apporté la nouvelle de la disparition (fausse) de son fils, en mars 1957.

Le récit de sa première circumnavigation est publié, en deux tomes, aux éditions Flammarion, à Paris, sous le titre Aux 4 vents de l'aventure. Le premier volume, Défi au cap Horn, sort en 1958 et porte sur le trajet jusqu’au Chili et à Tahiti. L’année suivante, le volume deux est sous-titré Par le chemin des écoliers et raconte la traversée des océans Pacifique et Indien puis Atlantique.

L’ouvrage, qui connaîtra une traduction en anglais, connaît un certain succès, même si son style n’est pas unanimement apprécié. Ainsi, le Journal de la Société des océanistes commente « Quant au navigateur, sa particularité est son tempérament de lutteur, sympathique quoique un peu fatigant, à la longue, pour le lecteur. Les descriptions maritimes sont excellentes et intéressantes ; celles des pays, aussi bien océaniens qu'indiens ou atlantiques, très superficielles. »

Ayant abandonné toute activité professionnelle, Marcel Bardiaux va désormais vivre des recettes que lui procurent ses ouvrages. Il se fâche avec ses éditeurs parisiens, publiant en 1959 Coupé par l'éditeur ! (Presses Bretonnes, Saint-Brieuc, 1959), une plaquette de 16 pages où sont regroupés des passages non publiés du manuscrit d’Aux 4 vents de l'aventure, notamment certains de ces passages concernent Tahiti.

A suivre

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