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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 01:01

Gustave Charles Féret naît le 22 juillet 1863 à Notre-Dame-de-Franqueville en Seine-Inférieure (act. Franqueville-Saint-Pierre, Seine-Maritime). Il est le fils Clémentine Pauline Carpentier, modiste et de son mari Charles Hippolyte Désiré Féret, chef cantonnier.

Marié en juin 1886 à Rouen avec Marguerite Alice Peulevey, Gustave Féret exerce la profession de photographe. Il dispose, en 1890-1891, d’un studio à Paris (10e arr.), rue du Faubourg-Saint-Denis. Une carte postale de lui, « Entrée de la caserne Charpentier, Soissons, Aisne » figure dans la collection du musée de Soissons, avec une date d’expédition de 1909.

Divorcé en mars 1895, il se remarie, toujours à Rouen, en novembre 1896 avec Augustine Albertine Durand ; il est alors devenu comptable. Il divorce en mai 1908 à Paris. Il vit à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne).

Membre de la loge Germinal, Orient de Charenton, rattachée au Grand-Orient de France, Fréret en est le trésorier en 1909 et il l’est toujours en 1914. Le temple est situé en 1909 à Saint-Maurice 13, rue Chevalier et Lindenmeyer en est le vénérable. Il est ensuite déplacé à Joinville-le-Pont, où il est situé rue Transversale en 1913. Le capitaine instructeur de l’école de gymnastique de Joinville, Paul André Giansilj, en est le vénérable.

En mai 1908, Féret est élu au premier tour conseiller municipal de Saint-Maurice sur la liste du maire Émile Bertrand, radical-socialiste. Il obtient 934 pour 1422 votants (65,7%) sur 1967 électeurs inscrits, arrivant en 4e position. Au sein de l’assemblée, il intervient notamment sur le pavage du chemin de Presles, où il réside, et sur l’aménagement du bureau de poste. Il joue également un rôle politique, étant élu délégué pour les élections sénatoriales en décembre 1908 puis de nouveau en mai 1914.

Lors du scrutin de mai 1912, Féret est réélu encore au premier tour sur la même liste, avec 1083 voix sur 1546 votants (70%) sur 2042 électeurs inscrits, arrivant en 7e position. En septembre 1918, Féret est nommé par le préfet de la Seine membre suppléant de la commission de constatation et d'évaluation des dommages de guerre occasionnés dans le canton de Charenton en qualité de délégué du conseil municipal de Saint-Maurice.

En novembre 1919, Féret est une nouvelle fois réélu à Saint-Maurice au premier tour, en 4e position, avec Bertrand en tant que maire. Il ne sollicite pas le renouvellement de son mandat en 1925.

Avec Juliette Célestine Serré, qu’il a épousée en juillet 1922 à Saint-Maurice mais qui était sa compagne de longue date et dont il reconnait la fille, née en février 1902 à Saint-Maurice, Féret s’installe à Joinville-le-Pont, où il réside en 1926 rue du Canal, limitrophe avec Saint-Maurice.

Il poursuit son activité politique et est désigné, en décembre 1928, président du comité républicain radical et radical-socialiste de la commune.

Lors des élections municipales de mai 1929, Féret figure sur la liste de groupement des gauches, conduite par le radical Georges Briolay, qui comprend également des socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, Féret reçoit 776 votes sur 1715 votants (45,2%) pour 2491 inscrits. La liste emporte 22 sièges sur 27 au second tour avec 929 voix sur 2232 exprimées (41,7%), face à la majorité sortante d’Union républicaine(droite), qui se contente de cinq sièges, tandis que la liste communiste, qui s’est maintenue, n’en a aucun. Féret est élu en 8e position.

Lors d’une des premières séances en juin 1929, Féret fait partie des cinq élus qui refusent la proposition de Briolay et Roger, adjoint socialiste SFIO, de rebaptiser la rue du Cimetière en nom de rue de l’Égalité

Gustave Féret meurt le 7 octobre 1929 à Paris (13e arr.). Il était toujours comptable, domicilié à Joinville et avait 66 ans ; il avait eu une fille. Il est remplacé en tant que membre du conseil municipal de Joinville à l’occasion d’un scrutin partiel en octobre 1934. La nouvelle municipalité, élue après le renouvellement général en mai 1935, lui rend hommage le 19 mai de cette année.

Carte postale, oeuvre de Féret

 

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 01:01

Marcel Gaston Diot naît le 17 septembre 1879 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Claire Julie Olive Bérel et de son époux Henri Victor Diot, distillateur, qui exploitent un restaurant au 38, rue de Paris à Joinville.

Il effectue sa scolarité dans l’institution laïque privée du Parangon, à Joinville, au cours de laquelle il partage les récompenses avec son frère Jules, notamment en 1896 et 1897.

Devenu comptable, Marcel Diot est incorporé pour son service militaire en novembre 1900 au 45e régiment d’infanterie, mais il est réformé en avril 1901 pour bronchectasie.

Comme son père, conseiller municipal de la commune entre 1878 et 1912, Marcel Diot milite au parti radical-socialiste. Il est secrétaire-trésorier du comité radical-socialiste de Joinville en 1908. Il rend compte d’une conférence, organisée dans la commune le 11 avril, par deux membres du comité exécutif du parti, Balans et Dominique, qui débattent de l’activité des radicaux-socialistes en matière sociale et des rapports avec les socialistes. La réunion est l’occasion d’une contestation de la lutte des classes et de l’antimilitarisme d’Hervé, dirigeant de la SFIO. Un débat est engagé sur l’indemnité de 15 000 francs attribuée aux élus, que défend Dominique.

Au cours de la première guerre mondiale, il est mobilisé le 9 avril 1915 mais réformé dès le 18 du même mois. En mars 1921, il est reconnu atteint d’une tuberculose qui lui vaut une pension d’invalidité de 30%.

À partir de 1915, il réside à Paris (16e arr.), avenue Mozart, où il se marie en décembre 1930 avec Marie Catherine Loisier.

Marcel Diot meurt le 10 février 1965 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). il était âgé de 85 ans.

Le Parangon 1891

 

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5 septembre 2019 4 05 /09 /septembre /2019 01:01

Gabriel Marie Louis Allaire naît le 17 août 1854 à Saint-Genis-de-Saintonge (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Il est le fils de Louise Roullet et de son mari, Pierre Christophe Allaire, négociant.

En mai 1887, une fille, Georgette Rosa Barthe, naît à Paris (4e arr.) de Rosalie Eugénie Barthe, avec laquelle Gabriel Allaire a vraisemblablement eu une relation. Il ne reconnaîtra pas officiellement Georgette Barthe, mais il en sera le tuteur après la mort de sa mère et représentera le conseil de famille pour son mariage en novembre 1907 à Joinville-le-Pont, alors qu’elle est domiciliée chez lui.

Marié en avril 1894 à Paris (5e arr.) avec une professeure de piano, Maria Louise Élisa Clara Désirée Vantuycom, Gabriel Allaire avait déjà eu avec elle un fils, Paul Raymond Allaire, né en février 1893. Ils résidaient quai de la Tournelle. Alors directeur de contentieux, Allaire se mettra ensuite à son compte.

Après la naissance d’un nouveau fils en octobre 1894, la famille va s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Gille.

Comme son épouse, Gabriel Allaire va s’engager dans des activités d’éducation populaire. Il donne des conférences sur des questions liées à l’agriculture au sein de l'association philomathique de Paris, œuvre gratuite d'enseignement populaire et d'assistance médicale, dont le siège est rue de la Verrerie. Elle a été fondée en 1894 par Léonce Dariac, haut fonctionnaire, membre du cabinet du ministre de l'Agriculture.

Il devient secrétaire général de l’association en décembre 1902 ; il en est le vice-président en 1911.

Dans sa commune de résidence, Gabriel Allaire est membre du bureau de bienfaisance. Il est particulièrement actif pendant les grandes inondations de la Marne au 1er trimestre 1910. Allaire s’occupe notamment de la délivrance de laisser-passer pour accéder aux maisons, afin d’éviter les cambriolages et de la réquisition de braseros, placés dans les rues, pour faciliter la vie des rescapés.

Il est membre du comité radical-socialiste de la commune, et prend donc probablement part à la campagne électorale pour les élections municipales de mai 1912, qui voient – alors que le maire sortant, Eugène Voisin, ne se représentait pas – la défaite de la liste de la municipalité radicale sortante face à une coalition de radicaux dissidents, conservateurs, libéraux et socialistes SFIO.

Gabriel Allaire meurt le 3 septembre 1918 à Joinville. Il était âgé de 64 ans. Pour ses activités éducatives, il avait été décoré en du mérite agricole, comme chevalier en juillet 1902 puis officier en janvier 1908, ainsi que des Palmes académiques, d’abord officier d’académie en juillet 1904 puis officier de l’instruction publique en mai 1911.

Ses deux fils furent instituteurs : Paul Allaire devint militant mutualiste ; Pierre Allaire s’illustra comme officier pendant la première guerre mondiale où il est sérieusement blessé, fut résistant pendant la deuxième guerre mondiale puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1951-1952. Il a été décoré de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur et son nom a été donné  une voie de Joinville-le-Pont, la rue Pierre-Allaire.

 

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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 01:01

Paul Émile Mourlam naît le 19 décembre 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Hortense Malaise et d’Émile Mourlam, alors gendarme à cheval. Médaillé militaire, ce dernier devient garde champêtre à Reims (51), où la famille réside en 1890. Il fait à trois reprises condamner des personnes pour des outrages à sa personne ; ainsi, en avril 1894, Claude Dumery, qui l’a traité de « badingueusard », parce qu’il porte la barbe des vieux troupiers de l’Empire, écope de huit jours de prison.

Pour faiblesse, Paul Mourlam est à deux reprises ajourné pour le service militaire, faisant ensuite un service raccourci en 1893-1894.

Devenu employé dans l’administration des postes et télégraphes à Reims, Paul Mourlam épouse en juin 1891 dans cette ville Jeanne Brevet, repasseuse lingère. Il s’implique dans la vie associative locale, notamment dans le Véloce-Sport Rémois, l'orphelinat des sous-agents des postes, télégraphes et téléphones et la Fanfare. Ces activités font qu’il reçoit une mention honorable en août 1907 puis est décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en décembre 1912.

Devenu receveur, Mourlam est chargé du bureau de Fismes (Marne) en février 1919. Il est muté en décembre 1922 à Montlhéry (Seine-et-Oise, act. Essonne) puis un an plus tard à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Le bureau de poste est toujours situé à l’angle de la rue Vautier et du quai du Barrage, dans le quartier central. Il a deux activités particulières : la transmission des résultats des courses, puisqu’il est le plus proche de l’hippodrome de Vincennes, avant l’installation sur place de téléscripteur et de téléphones pour la presse ; et le paiement des salaires des personnels de l’école de gymnastique de Joinville, dans le Bois de Vincennes.

Ce sont ces deux particularités qui vont assurer une certaine notoriété à Paul Mourlam. En 1926, il se met à fréquenter assidûment les champs de courses. Face à de premières pertes importantes, en novembre 1926, il emprunte de l’argent à son gendre. Ensuite, il pise dans la caisse de son bureau. En septembre 1928, un contrôle de routine constate l’existence d’un trou important, chiffré à près de 300 000 francs. Le receveur est alors arrêté. Il reconnaît sa culpabilité, assure qu’il voulait rembourser et est jugé en juin 1929 par la cour d’assises de la Seine. Il est condamné, avec reconnaissance de circonstances atténuantes, à deux ans de prison, 500 francs d’amende et à l’interdiction d’exercer une fonction publique.

Portrait publié en 1928 par plusieurs quotidiens

L’enquête de police présente le prévenu comme bien noté par ses chefs, qui le considéraient comme « intelligent et zélé » et apprécié par ses voisins. Les témoignages, diffusés dans la presse de son épouse, relativisent un peu le tableau. Jeanne Mourlam estime que son mari « n'est pas tout à fait responsable » : « diabétique, fils d'alcoolique, il était parfois d'humeur bizarre ». Elle assurer en avoir « souvent ressenti les douloureux effets », évoquant sans doute ainsi des violences conjugales.

Défendu par Mes Gaston Weil et Charles Tilloy, Mourlam avait échappé aux de travaux forcés. Les évènements firent la Une de nombreux journaux, qui couvrirent également le procès. Paris-Midi, citant l’écrivain Jules Romains, parlait d'un bon fonctionnaire « saisi par la débauche », et comparait son attitude à celle de l’acteur Emil Jannings dans le film américain de Victor Fleming, Quand la chair succombe (1927).

Plusieurs journaux comme La Croix, relevaient le propos de l’accusé, « Les courses m'ont perdu ! »

La date de décès de Paul Mourlam n’est pas connue. Il avait eu trois enfants, dont un mort peu après sa naissance. Il était âgé de 58 ans au moment de sa condamnation.

Caricature de Roger Roy parue dans L’Œuvre, 23/06/1929

 

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 01:01

Maurice Delphin naît le 25 février 1852 à Paris. Il est le fils de Marie Hubertine Neuville de de son époux Claude Antoine Delphin, originaire du Rhône.

C’est probablement lui qui, représentant de commerce, fait faillite en juin 1878 alors qu’il est domicilié rue Bleue à Paris (9e arr.). Il est l’année suivante employé de commerce et épouse, dans le 19e arrondissement, Julia Caroline Affran.

À partir de 1885, Maurice Delphin est journaliste au quotidien La France, repris en 1881 par l’industriel Charles Lalou, qui y impulse une ligne favorable au général Boulanger. Le premier article qu’il signe en août est consacré au service médical de nuit. Il se consacre aux sujets de société, et principalement faits divers. Cependant, il est également parfois mobilisé par l’actualité politique. Ainsi, en mai 1889, il accompagne le président de la République Sadi Carnot au cours de son voyage dans le Nord et le Pas-de-Calais.

En octobre 1886, Delphin a une altercation au théâtre du Château-d'Eau avec un certain Georges Legrand. Le 12, un duel à l'épée se tient dans le bois du Vésinet (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Delphin est blessé à trois reprises, à la main gauche, au cou et enfin à la hanche droite, ce qui provoque l’arrêt du combat. La rédaction de La France estime que son état « est aussi satisfaisant que possible ». Le combat est décrit dans une vingtaine de quotidiens parisiens et dans plusieurs titres de province.

Vivant probablement alors à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Delphin s’implique dans la vie politique locale. Il participe à la préparation des élections municipales de mai 1888 au sein du comité radical-socialiste municipal et fait partie de la commission, présidée par Videpied, chargée de choisir les candidats pour une liste, constituée autour d’un conseiller municipal sortant, et qui regroupe des radicaux avec quelques socialistes-révolutionnaires. Elle fait face à la liste du maire sortant, républicain modéré, Gabriel Pinson.

Suite à une polémique touchant l’attitude d’Henri Buguet à l’enterrement du maire républicain modéré de Joinville, Gabriel Pinson, Delphin se bat à nouveau en duel avec un autre journaliste joinvillais, Henry Vaudémont, alias Gringoire, qui collabore à plusieurs quotidiens et hebdomadaires, dont l’organe radical-socialiste de la banlieue sud-est de Paris, Voix des communes. La rencontre a lieu le 17 juillet 1888, de nouveau à l’épée, dans le Bois de Vincennes. Cette fois, c’est Delphin qui touche Vaudémont au poignet droit.

Les adversaires se réconcilient ensuite. On retrouve Vaudémont et Delphin comme orateurs d’une réunion tenue, en janvier 1889 pour soutenir la candidature du président du conseil général de la Seine, le radical Jacques, contre le général Boulanger. La réunion adopte un ordre du jour proclamant « l’amour de la liberté et la haine du césarisme ». Boulanger l’emporte cependant.

Même s’il s’éloignera ensuite des héritiers du populisme boulangiste, Maurice Delphin remporte un revolver offert par le général Boulanger lors d’un concours de tir organisé dans les Villas-Palissy, un nouveau quartier de Joinville en septembre 1888.

Delphin est de nouveau mêlé à un duel que Buguet veut intenter à Vaudémont en octobre 1889, comme témoin du premier, mais Vaudémont refuse de se battre.

Relatant le sauvetage de deux pêcheurs, emportés par le courant de la marne vers le barrage de Joinville en août 1888, plusieurs journaux soulignent le courage de Delphin et d’Eugène Videpied, ouvrier lunetier, coopérateur et militant radical-socialiste dans la commune, tout en s’étonnant de l'ingratitude des rescapés.

S’intéressant aux questions de lutte contre l’incendie, Delphin crée dans son journal la Tribune des sapeurs-pompiers, rubrique hebdomadaire qui paraît en 1887-1888. En 1889, Delphin est rédacteur en chef de la Revue des sapeurs-pompiers.

Pour l’Exposition de sauvetage et d’hygiène qui se tient en 1888 au Palais de l’industrie à Paris, Delphin a été désigné commissaire de la section du matériel d’incendie.

En décembre 1888, Delphin est nommé membre du comité d'organisation du congrès international des officiers et sous-officiers des sapeurs-pompiers qui va se tenir en août pendant l'Exposition universelle de Paris en 1889. Il en est le secrétaire-trésorier.

À partir de juillet 1895 et jusqu’en juin 1896, le quotidien Le Radical reprend la Tribune des sapeurs-pompiers, sous la signature de Pierre Chapel ; il s’agit très probablement d’un pseudonyme de Delphin. On trouve la signature dudit Pierre Chapel dans le quotidien Le Siècle à partir de novembre 1896, peu après l’embauche en juillet de Delphin dans ce journal. Le pseudonyme sert alors pour des articles politiques. Quant à la Tribune, on la retrouve de nouveau dans La France en juillet 1897, sous la signature de Pierre Marcel, probable autre pseudonyme de Delphin. Elle cesse ensuite d’être publiée.

Après La France, Delphin rejoint un autre quotidien parisien à vocation plus politique, La Liberté, dirigé par Jules Frank. La plupart des articles ne sont pas signés. Il y est rédacteur en 1895.

À compter de 1896, la rédaction du journal Le Siècle accueille Delphin. Le républicain radical et libéral Yves Guyot dirige le journal. Delphin tient la rubrique de la Chambre des députés, signant son premier article en janvier 1896. Il y est encore en octobre 1901. Comme Guyot, Delphin s’engage en faveur du capitaine Dreyfus ; il signe un appel de protestation contre le jugement de Rennes de septembre 1899, se disant convaincu de l’innocence du militaire français.

En 1895-1897, Delphin est secrétaire de l’Association des Nouvellistes parisiens, groupement fondé en 1893 par Ambroise Barbereau et dirigée, alors par Georges Quatremain, du Petit Parisien. L’objectif de la société était de faciliter aux journalistes l'accomplissement de leur mission sans discrimination.

Divorcé de sa première épouse en novembre 1895, Delphin vit ensuite à Gagny puis à Neuilly-Plaisance (Seine-et-Oise, act. Seine-Saint-Denis). En septembre 1901, à Dardilly (Rhône), Maurice Delphin épouse sa cousine germaine, Virginie Antoinette Delphin. Peu après, il quitte la presse pour s’installer au château de la Crépillère, dans sa commune de mariage. Il est recensé en tant que cultivateur en 1906.

Maurice Delphin meurt le 19 janvier 1921 à Dardilly. Il était âgé de 68 ans et père de quatre enfants.

Il avait été décoré de la médaille de sauvetage en juillet 1889 et était titulaire des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis mai 1899.

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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 01:01

Henry Buguet naît le 15 avril 1834 à Paris. Il est le fils d’un père inconnu et d’Adèle Clémence Buguet, qui ne le reconnaîtra pas.

Vers 1853, il s’engage dans l’armée et va combattre pendant la guerre de Crimée (octobre 1853 – mars 1856) et pendant la campagne d’Italie (1859). Il quitte la fonction militaire vers 1867 en tant que sous-officier. Il est décoré de la médaille militaire et avait été blessé.

Alors employé, Henry Buguet épouse en février 1869 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Rose Alexandrine Joyeux, domestique. Les époux ouvrent une crémerie rue de Créteil, où ils résident. La nouvelle marchande de fromages sera condamnée cette même année pour avoir vendu du lait falsifié par « addition d’eau dans une forte proportion ». Ils auront quatre enfants, dont les deux premiers ne vivent que quelques jours.

En même temps que son voisin Élie Flinois (1835-1896), épicier et ancien communard, avec lequel il est lié, Henry Buguet est élu conseiller municipal en janvier 1878 à Joinville. La municipalité sortante de Laurent Ferdinand Rousseau, bonapartiste, est battue, au profit de candidats républicains et d’un orléaniste. Gabriel Pinson, républicain modéré, est élu maire.

En septembre 1879, Henry Buguet est signataire d’une motion du conseil municipal dans laquelle les élus « blâment sévèrement le citoyen Demeestère ». Alphonse Demeestère, également conseiller municipal, avait proposé de former un comité de secours aux amnistiés de la Commune de Paris et avait lancé une cagnotte pour venir en aide à Adolphe Morandy, ancien officier communard, récemment libéré et malade, ce qui avait déplu à la majorité municipale. Douze membres du conseil municipal ont voté la motion, tandis que huit s’y opposaient.

Lors du renouvellement du conseil municipal, en janvier 1881, alors que tous les élus qui s’étaient solidarisés avec Demeestère, futur dirigeant du comité radical-socialiste, sont éliminés, Buguet est réélu. Gabriel Pinson est de nouveau maire. Par contre, si Pinson est de nouveau réélu en 1884, ce n’est pas le cas pour Buguet.

Les relations entre les deux hommes vont devenir très tendues : Buguet insulte un salarié municipal, assurant cependant qu’il « s’adressait à l’homme et non à l’employé ». En tant que maire et employeur, Pinson poursuit Buguet, qui est condamné à de la prison. Sur le plan politique, Buguet devient un agent électoral du mouvement populiste du général Boulanger.

Lors de l’enterrement de Pinson, en juin 1888, l’attitude de Buguet, lorsque le convoi funéraire passe devant chez lui, fait scandale. L’hebdomadaire Voix des communes, qui n’était pourtant pas un soutien de Pinson, estime que Buguet « a l’âme noire ». Sur la foi de témoignages qu’il considèrera comme unanimes parmi les quelques 2 000 participants aux funérailles, le journaliste Henry Vaudémont écrit qu’il a « manifesté de la joie » et eu « une attitude indécente sur le passage du cortège ». Dans le même journal, Buguet proteste assurant que « sa conduite et sa tenue ont été parfaitement correctes », même s’il concède ne pouvoir estimer le maire, qu’il accuse d’avoir été envers lui d’un « cynisme révoltant » et qu’il assure avoir maudit.

Outre la polémique dans les colonnes de l’hebdomadaire, principal média local, le scandale aura des conséquences.

Le journaliste Maurice Delphin, lui aussi joinvillais, rédacteur au quotidien La France, de tendance boulangiste, prend la défense de Buguet. S’estimant diffamé par Henry Vaudémont, alias Gringoire, Delphin lui demande réparation et un duel à l’épée est organisé entre eux le 17 juillet 1888 dans le Bois de Vincennes. Gringoire est légèrement blessé au poignet droit.

En octobre 1889, Buguet s’en prend lui aussi au même journaliste, qui a publié des affiches le mettant en cause, et le provoque en duel. Delphin est l’un de ses témoins. Mais Vaudémont, pourtant plutôt querelleur, sur les instances de ses amis radicaux-socialistes Alphonse Demeestère et Jules Ferdinand Baulard, refuse la rencontre. Un arbitre considère que l’affaire a été engagée de manière « complètement incorrecte. »

Toujours dans Voix des communes, Vaudémont assure que « les procédés brutaux de Buguet le classent parmi les gens mal élevés avec lesquels on ne se commet pas à aller sur le terrain, tant les plus graves injures, venant d’eux, gardent peu de valeur. »

Il fait par ailleurs mention du fait que Buguet a été exclu du cercle de jeu de Joinville, pour avoir – sans pouvoir toutefois être qualifié de tricheur – « profité d’un coup discutable ». Enfin il accuse Buguet d’essayer de « se recréer une virginité et se retailler un prestige », « en se faisant le champion des débris du parti boulangiste. »

Après le décès de sa première épouse, en décembre 1879, Henri Buguet se remarie en août 1884 à Paris (11e arr.) avec Joséphine Cosmier. Ils vivent alors de leurs rentes. Buguet divorcera en juin 1896 après avoir été pris en flagrant délit d’adultère.

Henri Buguet était présent lors du mariage de son fils aîné, nommé également Henri Buguet, en avril 1899 à Paris (12e arr.). Il résidait rue Charlot dans la même ville (3e arr.) et était âgé de 65 ans.

Il est signalé comme mort au décès du même fils, en avril 1914. La date et le lieu de sa disparition ne sont pas connus.

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Duquenne se présente en mars 1943 comme « un Français qui revient d’Allemagne, et qui, soldat en 1939-40, a passé deux années dans les stalags. »

Des combats et de son séjour outre-Rhin, Duquenne revient avec un sentiment favorable au nouveau régime. Il rejoint en effet le Rassemblement national populaire (RNP), formation collaborationniste, fondée par Marcel Déat en février 1941 sur une ligne politique néo-socialiste et pro-allemande.

En novembre 1942, Duquenne est le délégué général du Front social du Travail (FST) pour la région parisienne. Il s’agit d’une structure interne au RNP, qui promeut une forme corporatiste d’organisation des forces productives. Il siège au comité directeur national du FST, dont il est délégué à l'organisation en février 1943. L’intervention de Duquenne est mentionnée dans une quinzaine de réunions publiques du RNP et du Front social du Travail, y compris dans plusieurs villes de province.

La section troyenne du RNP invite Duquenne, en mars 1943 pour animer une soirée cinématographique sur le thème « Un voyage en Allemagne » avec une causerie sur les conditions de vie des travailleurs allemands. Le quotidien Le Petit Troyen assure que « la salle du conseil municipal de l’hôtel de ville était comble ». La soirée commença avec des vues touristiques des villes, paysages et monuments allemands, dont « Munich, métropole de l’art allemand et berceau du national-socialisme » et « Berlin, capitale du Reich. »

Seul orateur, Duquenne explique qu’avant la guerre, il appartenait au parti SFIO, et pendant des années, il a mené le combat pour améliorer le sort des travailleurs. Dès 1938, il aurait, selon le compte-rendu « constaté l’effort des juifs et de la haute finance en vue de déchaîner un conflit qui eût pu être évité. »

Après tous ces évènements, M. Duquenne explique avoir voulu « connaître la vérité » et est allé en Allemagne.

On lui avait dit que, là-bas, la liberté n’existait plus ; que les valeurs intellectuelles étaient réduites au silence ; qu’une dictature impitoyable faisait tout ployer son joug ; que les classes laborieuses étaient réduites à l’esclavage. Duquenne assure que « Rien de plus faux que ces allégations. »

Arrivé en Allemagne, M. Duquenne indique avoir observé la vie de l’ouvrier. « Il a vu partout des êtres calmes, propres, bien vêtus et soignés de leur personne. Il a aussi apprécié la camaraderie dont font preuve les ouvriers allemands vis-à-vis des français, les premiers ne manifestant aucun sentiment de haine à l’égard des seconds. »

Poursuivant, Duquenne assure que « Là-bas, tout est propre, gai, accueillant, l’ordre règne et la comparaison sur l’état du travailleur n’est pas en faveur de notre pays ! L’ouvrier jouit en Allemagne d’une grande sécurité au point de vue de la défense de ses intérêts ». L’orateur fait ressortir « cette sorte de camaraderie qui règne entre les ouvriers et les directeurs des usines, qui souvent partagent les repas des travailleurs, à l’usine même ou dans les restaurants communautaires. »

En conclusion, Duquenne appelle à « combattre les efforts du Juif et du bolchévisme ; et de notre côté, lutter pour l’avènement du vrais socialisme. De l’autre côté de la frontière, on nous tend la main : le devoir des Français est de répondre à ce geste. Il ne faut plus que dans les deux pays, de nouveaux monuments aux morts soient élevés. Les architectes ont des tâches plus nobles à quoi s’adonner. Que tous nos efforts soient consentis vers le socialisme et vers la construction de la paix. »

Selon Le Petit Troyen, « des applaudissements répétés saluèrent la fin du discours de M. Duquenne ». Assez curieusement, la réunion se termina avec la projection d’un film « montrant la vie des fauves en liberté dans un jardin zoologique. »

En novembre 1943, Duquenne prend part aux « assises nationales du monde du travail » organisée par le FST en faveur d’une « véritable construction socialiste », qui se tienne au Palais de la Mutualité et à la Maison de la Chimie à Paris. Il est également de porte-parole d’une autre structure du RNP, l'Union des Vieux Travailleurs.

Outre ses fonctions au plan national, Duquenne est responsable de la section de Champigny-Joinville du RNP. La permanence du RNP se tient près de chez lui.

Malgré l’évolution de la situation en France, Duquenne reste fidèle à son engagement au sein de l’organisation de Marcel Déat même après l’arrivée des alliés en France. Il est ainsi l’orateur de réunions, qui se tiennent à Paris (19e et 10e arr.) les 7 et 8 juillet 1944, au cours desquelles doivent être « données les dernières informations politiques et les directives du Parti concernant la situation intérieure française. »

Albert Amédée Duquenne meurt le 2 février 1971 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 68 ans, exerçait alors le métier de voyageur représentant placier, et demeurait rue Hippolyte-Maindron à Paris (14e arr.). Il était décoré de la Croix de guerre 1939-1940.

Fin

Meeting du RNP en 1943. Duquenne, de dos

 

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Au cours de l’année 1939, Duquenne est un orateur fréquemment sollicité, y compris en province. Il est ainsi à Neuilly-Saint-Front (Aisne) puis au Mans (Sarthe) ainsi qu’à Noisy-le-Sec en janvier lors d’un rassemblement d'aide à l'Espagne républicaine ou à Mantes (Seine-et-Oise, act. Yvelines) en février. Il est à plein temps dans des activités politiques, employé par la Fédération socialiste.

Duquenne est également l’organisateur de fêtes, comme à la salle Wagram (Paris) en janvier pour les jeunes, ou à Vincennes pour la région de l'Est parisien, où Léon Blum évoqua les premières années de son enfance passées à l'école de Fontenay-sous-Bois et sur les pelouses du bois de Vincennes, avant d’appeler « aux devoirs d'hospitalité, de générosité, d'humanité » en évoquant « le martyre et l'exode du peuple catalan. »

C’est en tant que secrétaire de l'Union des sections du canton de Saint-Maur qu’Albert Duquenne conduit une réunion « contre la politique de régression sociale, pour la paix et la solidarité internationales » à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) en février.

Lors du congrès du Kremlin-Bicêtre (Seine, act. Val-de-Marne) en mars, les socialistes se félicitent que L'Entente des Jeunesses de la Seine soit « maintenant heureusement reconstituée, en plein essor ». Le même mois, Duquenne est à Joinville-le-Pont avec Mercier, des Petits commerçants et Jean Garchery, député de Paris et père d’un futur maire de Joinville.

On retrouve Duquenne comme organisateur d’une conférence à Alfortville avec Marcel Clerc, ex-commandant des brigades internationales en Espagne. Il intervient dans une réunion électorale à Asnières en avril. La journée d'études qu’il préside à Issy-les-Moulineaux le même mois accueille 200 jeunes autour de sujet comme le guesdisme, ta presse, les origines du 1er mai.

Le bureau de la Fédération socialiste de la Seine adopte, avant le congrès du parti, une motion qui, tout en approuvant « dans son esprit » la motion de politique générale portant les signatures de Paul Faure et Charles Spinasse, revendique que soit placé « au-dessus de tout, l'unité et la cohésion du Parti ». Ils estiment que ne sont pas suffisamment précisés les rapports avec le Parti communiste et ses filiales, « Or, ce problème est capital dans la région parisienne où le Parti, qui en a fait loyalement l'expérience, a toujours été diminué et affaibli par la pratique des actions communes ». Duquenne signe le texte en tant que membre de la section de Joinville avec Léon Berthet, qui sera adjoint au maire à la Libération.

Intervenant en juin 1939 lors d’une fête à l’occasion de la sortie du 100e numéro du journal de la section socialiste de Nogent-sur-Marne, Le Socialiste Nogentais, est qualifié dans Le Populaire de « mordant mais sincère orateur socialiste ». Le même mois, il parle lors de réunion de cheminots à La Chapelle (Paris) et Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est réélu membre de la commission exécutive de la Fédération de la Seine au titre de la Motion A, conduite par Gaston Allemane, député de Champigny, avec 1143 voix.

Resté en région parisienne, c’est Duquenne qui assure la réouverture des bureaux de la Fédération mi-septembre 1939. Il assure la représentation de la commission exécutive fédérale, au moins jusque fin octobre. La dernière mention le concernant dans la presse socialiste est un numéro du Populaire du 28 octobre, mentionnant sa présence à la réunion de la commission exécutive le 23.

À suivre

le service d'ordre des Jeunesses socialistes de la Seine en 1939

 

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29 juillet 2019 1 29 /07 /juillet /2019 01:01

Suite de la biographie d’Albert Duquenne

Avec Fernand Imbert, Albert Duquenne est l’un des deux secrétaires du comité fédéral mixte de l‘Entente des jeunesses socialistes de la Seine ; Imbert est le secrétaire « jeune », élu par l’assemblée générale, tandis que Duquenne est le secrétaire « adulte », désigné par la commission exécutive fédérale. Il intervient, au titre de la Fédération dans de nombreuses réunions, y compris en province (Pithiviers, août 1937). Il s’efforce de mobiliser les jeunes socialistes pour des défilés, selon l’historienne Christine Bouneau, « dans une scénographie qui cherche à mettre en valeur sinon à faire une démonstration de force. »

Suite au conflit entre la direction nationale de la SFIO et la Fédération de la Seine, dirigée par le responsable de la Gauche révolutionnaire, Marceau Pivert, et ses partisans, toutes les sections sont dissoutes. Des secrétaires provisoires sont désignés pour chaque arrondissement de Paris et chaque commune de la Seine afin de les reconstituer. Les adhérents qui veulent réintégrer le parti sont priés de s'adresser à eux et de signer l'engagement de respecter la discipline et les décisions. Le 16 avril 1938, Duquenne est désigné comme secrétaire provisoire, chargé de la reconstitution de la section de Joinville, bien qu’il réside à Champigny. Le 20 avril, il est remplacé par un adhérent joinvillais, désigné par sa section, Jean Brision. La réunion de reconstitution de la section a lieu le 29 avril au café Chez Camus.

Devenu un des secrétaires de la Fédération SFIO de la Seine, membre du bureau fédéral, Albert Duquenne intervient régulièrement auprès des partenaires. C’est ainsi lui qui répond au parti communiste, en juillet 1938, qui interpelle les socialistes au sujet de l'augmentation du prix du gaz et de l'électricité. Il renvoie la question aux élus départementaux. Quelques jours plus tard, on le voit signer une tribune, parue dans les quotidiens communiste L’Humanité et socialiste Le Populaire « Contre les pillards de Paris. »

En septembre de la même année, une ordonnance de référé du tribunal civil de la Seine permet aux socialistes de récupérer leur local fédéral, 7, rue Meslay à Paris (3e arr.), qui avait été conservé par l’ancienne direction des partisans de Marceau Pivert. Albert Duquenne et Marcel Bloch, au nom des loyalistes, accompagnent l’huissier qui fait l’état des lieux. Le Populaire considère que « le siège fédéral a été vidé et pillé. »

Le bureau de la Fédération de la Seine comprend Robert Prieur, ancien chef de cabinet de Paul Faure; l’avocat Maurice Paz, Francis Desphelippon, ex-secrétaire général de l'ARAC (anciens combattants) et Duquenne.

L’activité de Duquenne se concentre sur des interventions publiques contre le fascisme (souscription en octobre 1938, manifestation le 12 février), à la lutte contre les décrets-lois du gouvernement ou à la formation des jeunes socialistes (organisation de soirées éducatives et de journées d'études). Il préside le congrès des Jeunesses socialistes de la Seine en novembre 1938 à Champigny, où 120 délégués représentent 51 groupes.

À suivre

 

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 01:01

Début de la biographie d’Albert Duquenne

Albert Amédée Lemaire naît le 16 mai 1902 à Paris (10e arr.). Il est déclaré comme fils d’Émilie Honorine Lemaire, fleuriste. Il prend le nom de Duquenne lorsque Louis Jean Duquenne, sculpteur sur bois, le reconnaît en janvier 1907. Ses parents, qui vivent jusqu’en 1907 à Paris (10e, 11e puis 12e arrondissements), s’installent en 1908 à Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), où ils se marient en août 1910 après avoir donné naissance à cinq enfants, dont deux meurent le mois précédant les noces.

Marié une première fois en mai 1931 à Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec Marie Louise Bonis, Albert Duquenne se remarie en mai 1941 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) avec Régine Yvette Anne Marie Hallet, dactylographe.

Ayant donné son adhésion à la section saint-maurienne du parti socialiste SFIO en 1925, Duquenne va exercer des responsabilités dans cette formation à partir de 1933. En novembre de cette année-là, il est nommé secrétaire du comité de presse, chargé de la diffusion du quotidien du parti, Le Populaire. Il siège, en janvier 1934, au sein de commission administrative de la section locale. Il intervient comme orateur, en janvier dans la commune voisine de Bonneuil où il développe le programme du parti : nationalisation des mines, des chemins de fer, des assurances puis en octobre à Saint-Maur, dans un meeting antifasciste.

À partir de 1935, Duquenne milite principalement dans le canton de Charenton (Seine, act. Val-de-Marne), et en particulier dans la ville de Maisons-Alfort. Il est candidat, avec l’investiture de la SFIO, lors des élections législatives d’avril 1936. Il se présente dans la 5e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Alfortville, Charenton, Maisons-Alfort, Saint-Maurice) et recueille 2 145 voix sur 22 567 votants et 24 960 inscrits. Le communiste Marcel Capron est élu dès le premier tour.

Installé à Champigny-sur-Marne, route de Villiers, Duquenne prend des responsabilités dans la Fédération SFIO de la Seine. Il est élu en octobre 1937 à la commission exécutive lors du congrès fédéral, au titre de la motion C, qui soutient les positions de Léon Blum au niveau national et est conduite localement par Suzanne Buisson.

À suivre

Route de Villiers, Champigny

 

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