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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 00:01

Pierre Victor Bainville naît le 2 frimaire an 5 (22 novembre 1796) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il est le fils de Jean Victor Bainville, artisan du bâtiment, et de Marie Jeanne Lheureux, fille et nièce de deux des premiers maires du village.

Il exerce le commerce de bois en gros, activité majeure sur les bords de Marne qui reçoivent du bois flotté venant des plateaux en amont. Cette activité lui procure une certaine aisance puisqu’il sera, en 1848, le troisième contribuable le plus imposé.

Il épouse Edmée Adèle Charlotte Legry, avec laquelle il aura quatre enfants, dont deux mourront en bas âge.

Comme son père, Pierre Victor Bainville siège au conseil municipal où il est élu, sans doute en 1838, à l’occasion d’un scrutin partiel ; il est seul candidat et obtient 43 voix pour autant de votants sur les 65 électeurs censitaires. En 1837, il n’avait pas été élu dans un autre scrutin.

En 1840, il est réélu pour six ans et arrive en tête des candidats, avec 34 suffrages pour 43 participants et 64 inscrits. Il devance notamment l’homme de lettres et futur maire, Charles-Pierre Chapsal. Le préfet le nomme adjoint au maire Laurent Nicolas Pinson.

En juillet 1843, un conflit provoqué par Chapsal, grammairien célèbre et plus grosse fortune locale, conduit à la démission du maire, que Chapsal remplace, et de Bainville, qui cède son poste d’adjoint à Charles Hippolyte Pinson, tout en restant au sein du conseil. Dans sa lettre de démission envoyée au préfet, Bainville argumente sur ses affaires commerciales qui seraient trop prenantes.

Il est réélu, en principe pour six ans, en juin 1846, arrivant cette fois-ci troisième avec 38 votes sur 50 votants et 67 inscrits. Peut-être continue-t-il à siéger dans les conseils municipaux qui sont renouvelés à partir de 1848, mais il n’est plus membre de l’assemblée locale en 1865.

Par contre, il exerce la fonction de répartiteur de l’aide sociale pour le compte du bureau de bienfaisance communal en 1868. Pierre Victor Bainville décède en 1870, à l’âge de 73 ans.

Son frère cadet Jean Porphyre va également être conseiller municipal de Joinville, de même que son fils aîné, l’écrivain Louis Camile Bainville.

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 00:01

Jean Victor Bainville naît dans le village de Pont-de-Saint-Maur le 17 septembre 1770. Il est le fils d’un artisan journalier, Pierre Bainville et son épouse Marie Anne Doizy.

Lui-même sera d’abord garçon de chantier et journalier avant de se présenter, sur la fin de sa vie, comme propriétaire. Il épouse en pluviôse an 4 (février 1796) Marie Jeanne Lheureux nièce et fille de deux des premiers maires de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Ils auront 5 enfants.

La commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur naît en 1790 d’un écart, fiscalement autonome de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur, qui conteste cette séparation. En juillet 1831, elle adopte le nom de Joinville-le-Pont.

Bainville est membre du conseil municipal au moins depuis 1818, dans un village marqué par le commerce du bois, qui arrive flotté dans son port, mais qui a perdu une partie de son dynamisme commercial avec la destruction de son pont. Le 30 mars 1814, quatre cents conscrits et huit pièces d'artillerie le défendent contre les régiments autrichiens, wurtembergeois et cosaques russes, qui l'emportent. La bataille fait 265 morts. Des cadavres sont retirés de la Marne pendant deux mois. Le pont ne sera restauré qu’en 1824. Les parcelles du territoire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur des deux côtés de la Marne, ne sont plus reliées.

En 1824, Bainville est réélu pour six ans à nouveau, mais il démissionne en 1827. Le maire propose cependant sa candidature en 1830 pour remplacer des élus disparus, cependant il ne siègera plus.

Jean Victor Bainville meurt à Joinville-le-Pont le 1er décembre 1832. Il était âgé de 62 ans.

Deux de ses fils, Pierre Victor et Jean, siègeront comme lui dans l’assemblée communale joinvillaise, ainsi qu’un de ses petits-fils, Camille, tandis qu’un autre, Pierre Joseph sera élu à Vincennes.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 00:01

Pierre Arnoult naît à Xambes (Charente), commune rurale viticole proche d’Angoulême, le 28 mars 1826. Ses parents Pierre Arnoult et Marie Basset, sont présentés comme propriétaires ; ils ne savent pas signer. L’orthographe du nom varie suivant les documents : Arnous à sa naissance, Arnauld à la naissance de sa fille, Arnault, etc. ; des témoignages valideront la graphie Arnoult.

Après son mariage à Xambes en mars 1853 avec Jeanne Bourrier, Pierre Arnoult s’installe comme marchand de nouveautés d’abord à Paris puis, avant 1856, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), tandis que son épouse reste vivre dans le village charentais pendant quelques années. Ils auront au moins deux enfants et un troisième né sans vie.

Installé dans la voie principale du village de Joinville, rue de Paris, Pierre Arnoult devient conseiller municipal en 1858 ; il est élu une dernière fois en 1865. Pendant toute cette période, le maire est Auguste Courtin, propriétaire du château de Polangis, et l’adjoint est Hippolyte Pinson. Arnoult ne figure pas dans le conseil municipal élu en septembre 1870.

Il fait partie des jurés tirés au sort pour la session des assises de la Seine qui s’ouvre le 1er avril 1870.

Pierre Arnoult meurt à Joinville le 17 mars 1875. Il était âgé de 49 ans. Son épouse poursuit l’exploitation du magasin de nouveautés, mais elle fait faillite en 1882.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 00:01

Charles Amiel naît le 30 fructidor an 4 (16 septembre 1796) à Castelnaudary (Aude). Il est le fils de Jean Baptiste Amiel, propriétaire, et de Jeanne Cruzol.

Avec sa famille, il vient en région parisienne et s’installe dans le 3e arrondissement de Paris sans doute au cours des années 1820, ainsi qu’à Joinville-le-Pont pendant les années 1830, alternant probablement les séjours sur les bords de Marne à la belle saison et dans la capitale par mauvais temps.

En janvier 1829 à Paris (4e arr.), Charles Amiel épouse Laurence Céleste Soudry (1807-1879) avec laquelle il aura six enfants, tous des filles. Il est d’abord employé puis rentier.

Comme son père la décennie précédente, Charles Amiel, qui se présente comme propriétaire, est élu conseiller municipal par le collège des électeurs censitaires, lors d’un scrutin pour le renouvellement de la moitié du conseil municipal en juin 1846. Il recueille 38 voix sur 50 votants et 67 inscrits et est élu dès le premier tour.

Il reste peut-être membre de l’assemblée locale pendant la seconde République et est de nouveau nommé par décret préfectoral sous le second empire, le 26 août 1863 ; il continue de siéger jusqu’à son décès.

Charles Amiel meurt le 18 mai 1868 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 71 ans.

Ses frères et son père ont également résidé à Joinville : Jean Baptiste Amiel (1767-1839), son père, propriétaire, conseiller municipal de Joinville (1837-1839) ; Jean Baptiste Amiel (1798-1882), son frère, propriétaire ; et Louis-Félix Amiel (1802-1864), artiste-peintre, spécialisé dans les portraits historiques.

Portrait de Bernadotte par Louis Félix Amiel, frère de Charles Amiel

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 00:01

Jean Baptiste Amiel naît le 9 novembre 1767 à Mirepoix, en Ariège. Il est le fils de François Amiel et Madeleine Autier. Il s’installe à Castelnaudary (Aude) où il se marie en frimaire an 4 (décembre 1795) avec Jeanne Cruzol. Ils y restent au moins jusque l’an 10 (1802) et leurs trois enfants y naissent.

La famille vient ensuite en région parisienne et s’installe dans le 3e arrondissement de Paris sans doute au cours des années 1820, ainsi qu’à Joinville-le-Pont pendant les années 1830, alternant probablement les séjours sur les bords de Marne à la belle saison et dans la capitale par mauvais temps.

En mai 1837, Jean Baptiste Amiel, qui se présente comme propriétaire, est élu conseiller municipal par le collège des électeurs censitaires, lors d’un scrutin complémentaire. Il recueille 26 voix sur 35 votants et 61 inscrits et est élu dès le premier tour, devançant notamment le grammairien et futur maire Charles Chapsal ainsi que Charles Hippolyte Pinson, frère du maire en poste Laurent Nicolas Pinson et futur adjoint au maire.

Jean Baptiste Amiel meurt le 25 novembre 1839 à Paris (3e arr.). Il était âgé de 72 ans.

Ses trois enfants résident ou vont s’installer à Joinville : Charles Amiel (1796-1868), employé puis propriétaire, sera également membre de l’assemblée municipale, Jean Baptiste Amiel (1798-1882), propriétaire, et Louis-Félix Amiel (1802-1864), artiste-peintre, spécialisé dans les portraits historiques.

Autoportrait de Louis Félix Amiel, fils de Jean Baptiste Amiel

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 00:01

Louis-Félix Amiel est né à Castelnaudary dans l’Aude le 3 mars 1802 ; il est le fils de Jean Baptiste Amiel et de son épouse, Jeanne Crusol (ou Cruzol).

Il entre en 1823 à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il obtient une médaille de deuxième classe lors du Salon de peinture et de sculpture de Paris en 1833. Parallèlement à sa formation, il suit de 1823 à 1825 l'atelier du baron Antoine-Jean Gros, représentant éminent de l’école néoclassique française. Il participe aux Salons de Paris jusque 1849 et dispose d’un atelier dans le 6ème arrondissement de Paris.

Amiel se spécialise dans le portrait. Une grande partie de ses œuvres, est aujourd’hui conservée au Musée de l'Histoire de France du château de Versailles. Ce sont souvent des représentations de souverains ou de militaires. On trouve également certaines de ses œuvres dans des musées de province, comme au musée des Beaux-Arts de Pau. Un autoportrait est gardé au musée du Louvre.

Un portrait en pied du baron et banquier Philippe Hottinguer a atteint 27 000 euros lors d’une vente aux enchères à Paris en 2009.

Contrairement à plusieurs ouvrages de référence et au Metropolitan museum of Arts de New-York, il ne faut pas le confondre avec son presque homonyme et contemporain, le peintre animalier breton Louis Amiel (né en 1809 et également élève de l'École des Beaux-Arts).

À la fin de sa vie, Louis-Félix Amiel s’installe à Joinville-le-Pont auprès de sa famille. Il y décède le 4 février 1864, à l’âge de 61 ans. Il était alors rentier et célibataire. La déclaration est faite à l’état-civil par deux maires de la commune, ancien et futur : Apollon Delaherche (maire de 1848 à 1852) et Louis-Ferdinand Rousseau (1875-1878).

Son père, Jean-Baptiste (mort en 1839) a été élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1837. Son frère, Charles (1796-1868) a exercé la même fonction à Joinville également en 1846 puis en 1865. Tous deux sont présentés comme propriétaires.

Louis v

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 00:01

Louis-Auguste Lapito naît à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur le 30 thermidor an 11 (18 août 1803). Son père, Pierre Lapito, charpentier est un notable de la commune qui sera rebaptisée en 1831 Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Louis Auguste est le septième des huit enfants qu’il aura avec Marguerite Geneviève Lheureux.

Louis-Auguste Lapito est l'élève de Louis Étienne Watelet en 1818, puis il entre dans l'atelier de François-Joseph Heim. Il effectue ensuite des voyages dans le Midi de la France, en Suisse, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas. Il rentre à Paris en 1826.

Il entreprend un voyage en Corse en 1827. Il a été un des rares peintres du début du 19e siècle avec Catherine Empis (1796-1879) et Alexandre Ségé (1819-1885), à avoir exposé des tableaux représentant des paysages corses aux salons de Paris.

Peintre paysagiste, il débute au Salon de Paris en 1827 et y expose jusqu'en 1870. Il remporte une médaille de 2e classe en 1833, et de 1re classe en 1835.

Il expose à l'étranger, et notamment à Bruxelles où il reçoit une médaille d'or en 1848.

Lapito représente une nature arrangée, peinte avec minutie, conformément à l'idéal du paysage classique. Il fait partie du groupe de peintres paysagistes naturalistes que Charles Baudelaire critiquait (Curiosités esthétiques, Salon de 1846) « Dans le paysage, comme dans le portrait et le tableau d’histoire, on peut établir des classifications basées sur les méthodes différentes : ainsi il y a des paysagistes coloristes, des paysagistes dessinateurs et des imaginatifs ; des naturalistes idéalisant à leur insu, et des sectaires du poncif, qui s’adonnent à un genre particulier et étrange, qui s’appelle le Paysage historique. »

Louis-Auguste Lapito est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1836. Il est chevalier de l'Ordre de Léopold (Belgique) et membre de l'Académie de Rotterdam (Pays-Bas).

Il meut le 7 avril 1874 à Boulogne-Billancourt, âgé de 70 ans.

Paysage par LA Lapito

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 00:01

Jean Baptiste Louis Besançon est né le 11 mars 1773 à Fontenay ; il s’agit probablement de Fontenay-sous-Bois (actuellement dans le Val-de-Marne). Il réside déjà sous la Révolution française à La Branche du Pont de Saint-Maur, où il exerce la profession de marchand de vin puis de traiteur. Il épouse Marguerite Trois Valet en 1792 à la paroisse Notre Dame de Paris et en aura plusieurs enfants : Marguerite Belzamine (née en l’an II), Marie (née en l’an VIII), Louis Henry (né en l’an IX).

La Branche du Pont de Saint-Maur a été érigée en commune en 1790, à partir d’un village dépendant de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Elle deviendra Joinville-le-Pont en 1831. Elle est alors incluse dans le canton de Vincennes. La population du village a baissé pendant la Révolution française de 1789 puis reste stable ; elle est de 420 habitants en 1806 et de 418 en 1820.

En messidor an IX Besançon vend une grille de boutique située 230, rue du Faubourg-Antoine à Paris à Jacques Marie Lejeune, un commerçant enrichi par la Révolution, considéré par Jean Paul Marat étant un « fat inepte », « esclave des préjugés de l'ancien régime », qui utilise ses fonctions politiques « comme un moyen de faire fortune ». Il emploie dix ouvriers en 1790.

Jean Baptiste Louis Besançon remplace Jean Mathurin Lemaire à la tête de la municipalité en avril 1816. La commune a été l’objet d’une bataille le 30 mars 1814 entre les troupes française et les alliés d’Autriche, du Wurtemberg (Allemagne) et Cosaques de Russie. Elle a provoqué 265 morts et la destruction du pont de Saint-Maur, la principale source de revenus de la commune. Il sera reconstruit entre 1822 et 1835.

Besançon exerce son mandat jusqu’en 1817. Il est alors remplacé par Jean Joseph Robin. Sous la Restauration, les maires dont nommés parmi les notables de la commune. Leur rôle fait l’objet d’opinions différentes au sein du régime. Lors d’un débat au parlement en 1818, le ministre de l’Intérieur Joseph Henri Joachim Lainé, qui appartient au parti des ultras, défend la conception du maire en tant que fonctionnaire, chef de localité. Face à lui, le chef de file des libéraux, François Guizot, considère qu’il s’agit d’un notable, porte-parole de la population, qu’il faut choisir parmi les conseillers municipaux élus au suffrage censitaire.

Jean Baptiste Louis Besançon est décédé le 26 avril 1824 à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il était âgé de 51 ans.

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 00:01

L’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, fait construire la ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, sur le territoire de la commune de Joinville-le-Pont en 1855. Le domaine, d’une superficie de vingt-deux hectares et est contigu à la Redoute de la Faisanderie. La ferme impériale comprenait deux grands corps de bâtiments, des hangars, une étable, les écuries et la maison des gardes, un pavillon à un étage réservé à l'Impératrice.

À la fin du Second Empire, le domaine devient propriété de la Ville de Paris. Il est transformé en 1858 en ferme impériale, comme huit autres établissements, par exemple en Gascogne, en Champagne, en Sologne ou en Limousin. Les bâtiments d’exploitation sont agrandis et la ferme accueille en 1859 cent vaches suisses et normandes, un troupeau de deux cents moutons Southdown et sept juments percheronnes

Les troupeaux servent notamment à l’élevage de reproducteurs, vendus aux agriculteurs. À côté de l’exploitation agricole, un champ spécial d'expérimentation est constitué et placé sous la direction de Georges Ville, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris

La ferme impériale était ouverte aux visiteurs, qui pouvaient notamment déguster du lait pur, ce qui constituait une rareté pour les Parisiens. La surface exploitée couvrait 200 hectares, répartis sur Joinville-le-Pont, Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois et Vincennes.

Pendant la période, la ferme compte trois responsables connus.

Lesénéchal, régisseur de la ferme de la Ménagerie de l’Institut agronomique de Versailles, est le premier régisseur de la ferme de la Faisanderie en 1859.

Nanquette est régisseur en 1862 et en 1865.

Houdbine est régisseur en 1867 et en 1869.

Bergerie de la Faisanderie

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 00:01

Nous concluons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset.

Le 16 décembre 1864, le romancier et critique d'art Théophile Gautier (1811-1872) publie dans le quotidien parisien Le Petit journal un article consacré au livre Le Tour de Marne que vont sortir peu après Ildefonse Rousset et Émile de La Bédollière, aux éditions Lacroix, Verboeckhoven et Cie (1865).

Ildefonse Rousset (1817-1868), ancien éditeur et journaliste, vit à Alfort, partie de la commune de Maisons-Alfort qui formera vingt ans plus tard la nouvelle municipalité d’Alfortville. Il entraîne le journaliste Émile de La Bédollière, comme lui fervent républicain et opposant au régime impérial, dans une découverte en barque de la boucle de la Marne. Rousset prend des photographies qui illustrent le livre, une grande nouveauté, tandis que La Bédollière rédige les textes à la façon d’un récit de voyage. L’ouvrage connaît un grand succès. Nous reproduisons ci-après l’article de Théophile Gautier qui, avec son talent littéraire, partage l’enthousiasme de la presse.

On peut consulter Le Tour de Marne sur le site Gallica de la BnF.

« Un livre nouveau se présente habillé d'une couverture bleue à riche gaufrure. Sur le plat, un fer de reliure dessiné comme un bois d'illustration estampe en or un grand paysage dans lequel un soleil levant épanouit sa gloire rayonnante répétée par l'eau d'une rivière. Au-dessus de ce soleil s'arrondit ce titre Le Tour de Marne. Le Tour de Marne qu'est-ce que cela? Nous connaissons le tour du monde et même le tour de France. D'intrépides navigateurs, des canotiers au cœur ceint d'un triple bronze ont donc risqué un voyage d'exploration dans ces contrées inconnues qui s'étendent de Joinville â Gravelle?

« C'est cela même, et en ouvrant le volume magnifiquement imprimé par Claye, avec ces vieux caractères françois qu'ont mis a la mode les Contes de Perrault, nous apprenons, en effet, qu'il s'agit d'un voyage au long cours de quatorze kilomètres sur la Marne, cette rivière moins explorée, à coup sûr, que l'Amazone, le fleuve Amour, le Niger ou les cours d'eau mystérieux de l'Australie.

« La nef qui porte les modernes Argonautes au pourchas, non de la Toison d'or, mais du pittoresque, s'appelle l'Hélioscaphe. Elle a pour capitaine Ildefonse Rousset; Émile de La Bédollière, une fine plume humoristique, tient le livre de bord, relève le point et note tous les incidents du voyage.

« Cette portion de la Marne, que la batellerie ne fréquente plus, trouvant plus court et plus commode de prendre le canal de Saint-Maur, est retournée doucement à l'état sauvage. On dirait une de ces rivières sans nom qui coulent dans les solitudes à travers les régions encore inexplorées. Les chemins de halage, devenus inutiles, se sont peu à peu effacés, et, n'étant plus rasées par les cordes de traction, toutes les folles herbes aquatiques s'en sont donné a cœur joie. Dans une familiarité charmante que rien ne trouble, l'eau et la rive se confondent en empiétant l'une sur l'autre l'eau creuse de petites anses, la rive pousse des promontoires mignons. Aux graminées qui descendent se mêlent les joncs qui montent.

« Les aunes, les osiers verdoient sur la berge indécise au-dessous des saules penchant leurs troncs noueux. Plus loin, le pied dans l'herbue humide, les peupliers dressent leurs fines arêtes aux feuilles toujours émues; les grands arbres versent leur ombre et leur reflet aux transparences de l'onde. Ici, dans un endroit stagnant, les roseaux, les prêles, les sagittaires à la feuille en fer de lance, forment une forêt en miniature; là, les nénufars étalent leurs larges feuilles et dresser leurs fleurs jaunes.

« Ce sont à chaque pas ou plutôt à chaque coup de rame mille accidents pittoresques à faire prendre le crayon ou le pinceau à un artiste. Tantôt c'est un mur de soutènement en planches qui font ventre sous le poids de la berge et se déjettent, forçant leurs poteaux, à travers un fouillis de ronces, de glaïeuls et de végétations sauvages tantôt c'est un arbre trop près du bord qui crispe curieusement ses racines jaunies de limon et cherche à se rattraper au sol qu'affouille le courant. A cette place l'eau profonde prend des tons de miroir noir; à cette autre elle étale une mince gaze d'argent sur le sable qui affleure, ou bien elle se diamante de points brillants au soleil comme des écailles de poisson des canots amarrés découpent leurs coques élégantes contre les mousses veloutées de la rive.

« Une masure au toit de chaume darde sa fumée blanche entre les masses de feuillage; un moulin obstrue une arche de pont ou coupe la rivière avec ses batardeaux, ses écluses, ses vannes, ses roues verdies d'où pendent des barbes d'herbes; des îles aussi désertes que celle de Robinson Crusoé divisent le courant et noient dans l'eau l'image renversée de leurs grands ; arbres des marches d'escaliers rustiques descendent au rivage ; des débarcadères abandonnés se disloquent au fil de l'eau, et leurs vieilles, charpentes composent des premiers plans à souhait pour les peintres; des lavandières agenouillées frappent le linge de leurs battoirs et dont des groupes pittoresques; un bateau de tireur de sable reçoit à propos un rayon de soleil et produit un effet charmant; dans les petits bras que forment les îles, les feuillages s’enchevêtrent d'une rive à l'autre, et il faut, pour y passer, relever les branches, au risque d'effrayer quelque bergeronnette ou quelque martin-pêcheur, qui file coupant l'eau avec son aile de saphir tout un monde de choses pures, calmes, fraîches, primitives, charmantes, épanouies dans le silence, l'abandon et la solitude et dont il semble qu'on ait la virginité.

« Ces beautés de la nature ne sont pas perdues, et il n'est pas besoin de faire « le tour de Marne » pour en jouir. Mieux instrumenté que la nef Argo, le canot l'Hélioscaphe, parti pour cette exploration lointaine, avait à sa poupe un château de forme bizarre, en un mot une cabine de photographie. Le capitaine Ildefonse Rousset, dès qu'Il apercevait un site, un point de vue, un détail remarquable, arrêtait le bateau, braquait l'objectif, s'encapuchonnait de 'noir, et bientôt la plaque, impressionnée d'un délicat reflet, était portée dans la cabine sombre. Le soleil est comme Saturne qui dévorait ses enfants, il mange les images qu'il vient de produire, si on ne les soustrait bien vite à sa gourmandise.

« Ce n'est pas une chose facile que de faire poser la nature. On ne peut lui prendre le col dans ce demi-cercle qui vous emboîte la tête, chez les photographes. Même aux moments où elle paraît le plus tranquille, elle vit, elle palpite, elle remue. L'air tremble, le rayon scintille, l'ombre tourne, l'eau coule, l'arbre frissonné, le buisson tressaille. Le sein de Cybèle s'enfle et s'abaisse par une respiration invisible pour nous, mais qui n'échappe pas aux organes précis de l'instrument. Quelle patience, quel soin, quel tact il faut à l'opérateur. Un nuage passe sur son effet de soleil, un vague souffle de brise se lève, l'eau se ride, la danse des feuilles commence, les arbres se brouillent comme si on les estompait avec le doigt et l'épreuve est perdue.

« M. Ildefonse Rousset n'est pas un photographe de profession, et on le voit bien à l’exquise finesse, à la perfection étonnante de ses planches. Il faut tout le loisir d'un amateur artiste, persévérant et passionné pour arriver à de tels résultats. Les vues du Tour de Marne sont des merveilles. M. Rousset a obtenu des effets d'une douceur et d'une poésie dont nous n'aurions pas cru le daguerréotype capable. Les premiers plans sont nets, sans dureté; les seconds et les troisièmes fuient avec une légèreté vaporeuse, bien rare dans les épreuves photographiques.

« Certaines planches rappellent Corot ou Daubigny, dont elles semblent refléter des tableaux inconnus. Cette morbidesse, cette transparence, ce flou, ne sont achetés par aucun sacrifice. Regardez de près, et vous serez surpris de la délicatesse infinie du détail, réduit a des proportions microscopiques, mais d'une netteté admirable.

« Ces belles épreuves, jointes au texte amusant, instructif et spirituel de M. Émile de La Bédollière, forment un magnifique volume, dont Janvier, le donneur d'étrennes, saura bien trouver l'emploi.

Théophile Gautier »

Le Canal Saint-Maur à Joinville par Ildefonse Rousset, 1864

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