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16 septembre 2023 6 16 /09 /septembre /2023 01:01

Dans la commune de Joinville-le-Pont, un bureau de poste aux chevaux existait en 1837. Il s’agissait d’un établissement gérant les véhicules hippomobiles reliant Paris à Joinville et à Champigny-sur-Marne. Ces voitures transportaient des personnes mais également du courrier.

La création du premier bureau de la poste aux lettres remonte probablement à 1846 ou 1847. Il est installé quai Beaubourg (actuellement quai du Barrage), à l’angle de la rue Vautier. En décembre 1872, il est équipé du télégraphe et en juillet 1893, relié au réseau téléphonique de Paris. En mars 1930, le bureau est transféré 20, rue de Paris, en face de la mairie.

Un bureau auxiliaire est ouvert dans le quartier de Polangis en décembre 1919. Il devient un bureau de plein exercice en mars 1923.

Les dirigeants du bureau de poste de Joinville-Centre

La fondatrice du bureau fut une aristocrate lorraine, devenue veuve, Gabrielle Céline de Dombasle. C’est l’arrière-arrière-arrière-grand-mère de la comédienne et actrice Arielle Dombasle. Elle résida à Joinville pendant 19 ans et y est enterrée.

Voir :

Gabrielle Céline Bertier épouse Mathieu de Dombasle (1797-1870), directrice de la poste aux lettres de Milly (1843-env. 1846) puis de celle de Joinville-le-Pont (env. 1846-1865).

La seconde titulaire du poste fut également une aristocrate, Antonine Potrolot de Grillon originaire d’Auvergne et veuve elle aussi. Elle épousa ensuite le colonel Broutta. Elle resta en fonction plus de 30 ans et mit en place le téléphone dans son bureau.

Antonine de La Chassaigne de Sereys, épouse Potrolot de Grillon puis Broutta (1835-1913), receveuse des Postes à Joinville-le-Pont (av. 1868-1896).

La troisième directrice Marie Alexandrine Girod fut sanctionnée pour la perte d’un sac de courrier, bien que sa responsabilité n’ait pas été établie. Elle est restée en fonction 7 ans.

Marie Alexandrine Troussard épouse Girod (1851-1918), receveuse des postes en région parisienne, sanctionnée sans motif notifié.

La mutation d’office de Marie Alexandrine Girod avait ému nombre d’agents des postes. Sa successeuse, Eugénie Peauger fut une militante féministe et syndicaliste. Elle mourut en fonction après deux années (1905-1907).

Voir :

Eugénie Chégu, veuve Basséras, épouse Peauger (1860-1905), receveuse des Postes à Chaulnes, Survilliers, Rosny-sous-Bois et Joinville-le-Pont, responsable associative et mutualiste, coopératrice, syndicaliste, militante féministe, décorée des Palmes académiques.

L’agrandissement du bureau de Joinville fit qu’on y nomma un homme en 1907. Régis Clavel militant politique laïque et responsable associatif, resta en poste jusqu’en 1914.

Régis Clavel (1869-1914), receveur des Postes, responsable de la Ligue des droits de l’Homme et militant radical-socialiste à Joinville-le-Pont, franc-maçon, décoré des Palmes académiques.

Après la première guerre mondiale, le bureau de Joinville est dirigé par Lismon Tamisier, un « fervent mutualiste ». Après avoir installé en 1919 un bureau auxiliaire à Polangis, Il clôture en 1923 la période où le bureau du centre était basé quai du Barrage.

Lismon Tamisier (1861-apr. 1936), receveur des Postes de L'Isle-sur-Sorgue, Saint-Just-en-Chaussée, Neufchâtel-en-Bray et Joinville-le-Pont, décoré des Palmes académiques.

Devenu directeur du nouveau bureau de Joinville-Centre en 1923, Paul Mourlam est arrêté en 1928 pour avoir détourné des fonds du bureau afin de financer son addiction aux courses de chevaux.

Paul Mourlam (1870-apr. 1929), receveur du bureau de poste de Joinville-le-Pont, arrêté en 1928 pour détournement de fonds, décoré des Palmes académiques.

Remplaçant un prédécesseur indélicat, Henri Eymas, qui dirige le bureau de Joinville-Centre de 1928 à 1934, met également en fuite des voleurs.

Pierre dit Henri Eymas (1874-1955), receveur des Postes à Joinville-le-Pont, mutualiste.

Le dernier responsable du bureau de Joinville-Centre avant la deuxième guerre mondiale fut l’auvergnat François Alphonse Renom de 1934 à 1939.

François Alphonse Renom (1881-1963), receveur des Postes à Ardes-sur-Couze, Lamastre, Dun-sur-Auron et Joinville-le-Pont.

Les dirigeants du bureau de poste de Joinville-Polangis

Fondé en décembre 1919, le bureau auxiliaire de Joinville-Polangis est installé 2, avenue du Parc.

Du fait de ce statut, Berthe Quéru, la première responsable n’a pas le titre ni les attributions d’un receveur.

Berthe Quéru épouse Pierre (1878- apr. 1922), employée des Postes, responsable d’un bureau auxiliaire de Polangis à Joinville-le-Pont.

La création officielle du bureau de Joinville-Polangis permet la nomination en 1923 de Marguerite Bonnal. Elle est toujours en fonction en 1936.

Marguerite Pagès épouse Bonnal (1877-1970), créatrice du bureau de poste de Joinville Polangis Palissy.

Le bureau de poste de Joinville vers 1900

 

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26 août 2023 6 26 /08 /août /2023 18:30

Madeleine Vinsonneau naît le 16 mai 1904 à Paris (6e arr.). Elle est la fille d’une domestique vivant rue de Verneuil à Paris, Eugénie Séraphine Vinsonneau. Elle prend le nom de son père, Jean-François Gallion, après le mariage de ses parents en juillet 1906 à Paris (7e arr.).

Le père, jusqu’ici monteur de piano, est embauché comme employé de la firme Pathé cinéma et s’installe avant 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où cette société a une usine. Ils vivent d’abord rue de Créteil (act. rue du maréchal Leclerc).

En mai 1923, Madeleine, qui est alors bijoutière, épouse à Joinville Robert Sicre, également bijoutier. Ils vivent d’abord aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue du Bois puis, au début des années 1930, s’installent à Joinville, avenue Bizet, dans le quartier de Palissy. Son mari sera conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont (1950-1959).

Le frère aîné de Madeleine, Henri Gallion (1902-1938), mécanicien à la société Télégic (optique), implantée dans le quartier de Polangis à Joinville, est militant communiste et candidat sur les listes du PCF dans cette commune lors des élections municipales de 1929 et 1935, sans être élu. Robert Sicre est en avril 1925 à Joinville témoin du mariage en d’Henri Gallion avec Louise Émilie Perrot.

En novembre 1950, le quotidien communiste L’Humanité publie le nom de Madeleine Sicre parmi une liste de personnes transmettant des vœux à Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, en vue du rétablissement de sa santé. Elle réside alors avenue Courtin, dans le quartier de Polangis.

Ce même mois, ledit journal prend exemple sur elle pour promouvoir la diffusion de son Almanach Ouvrier et Paysan pour l’année 1951. « Depuis dimanche après-midi, j’ai eu le plaisir de vendre 11 almanachs et 9 calendriers dans onze foyers. Je ne sors pas sans avoir l'un et l’autre. Certains, pour qui 100 francs est une grosse somme, prennent le calendrier ; d’autres me prennent deux almanachs afin d’en offrir un à un ami. Si chaque camarade faisait ainsi, tous les almanachs et calendriers seraient vite placés. »

Madeleine Sicre meurt le 23 septembre 1989 à Férolles-Attilly (Seine-et-Marne). Elle était âgée de 85 ans. Son fils, Georges Sicre (1925-2023), outilleur, fut un des animateurs de l’association de locataires CNL de Joinville et siégea au conseil municipal, dans le groupe PCF de 1977 à 1983. Il était candidat, sous la même étiquette, sur la liste d’Union de la gauche en 2001 mais ne fut pas élu.

L'Almanach de l'Humanité, 1950

 

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28 avril 2023 5 28 /04 /avril /2023 02:01

Suite de la biographie de Mayer List

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre, rue Chapsal en 1939 après son départ d’Espagne, Mayer List est dans une situation dangereuse après l’occupation allemande en juin 1940. Juif apatride, il ne parle pas le français à son arrivée en France ; cependant, comme il maîtrisait déjà six langues, il a sans doute une capacité à apprendre cette langue et, en 1943, il sera capable de l’écrire correctement.

Selon l’historien David Diamant (pseudonyme de David Erlich), c’est à l’automne 1941 que Mayer List apprend la formation de groupes juifs au sein de la Résistance communiste. Bien qu’il soit toujours en mauvaise santé, il intègre le 2e détachement de l'Organisation spéciale-MOI (main-d’œuvre immigrée), qui devient en 1942 les Francs-tireurs et partisans (FTP-MOI) ; il est membre du triangle de direction avec Samuel Weissberg et Léon Pakin. Il en devient le responsable politique et prend la direction opérationnelle en juin 1942, suite à l'arrestation de Léon Pakin. Dans la clandestinité, il utilise notamment le pseudonyme de Markus.

D’après Fabrice Bourrée, « Mayer List est à l’origine d’une ruse de guerre très efficace : des partisans organisent une diversion dans une rue voisine du lieu qui devait être attaqué. Les gardiens de police accourent, quittant leur poste. Pendant ce temps, un autre groupe s’approche rapidement de l’objectif et dépose les bombes à retardement. »

Selon un bilan établit par Boris Holban (pseudonyme de Baruch Bruhman, fondateur et chef militaire des FTP-MOI), entre le 8 juillet 1942 et le 31 mai 1943, le détachement de List a mené cinquante-huit actions contre les troupes d’occupation : incendies de camions, dépôts de bombes à retardement devant des hôtels occupés par des Allemands, grenadage de restaurants fréquentés par l'occupant, de détachements militaires...

Le site Paris révolutionnaire situe cinq opérations dans la capitale. En 1942, il répertorie quatre attaques à la grenade : le 2 décembre 1942, un bureau d’embauche allemand avenue de Breteuil (7e arr.) ; le 12 du même mois, un groupe de militaires allemands place de la Nation (11e arr.) ; encore le même mois, le jour de Noël, un camion allemand rue Desaix (8e arr.) ; le lendemain, 26 décembre, un restaurant fréquenté par des officiers allemands faubourg du Roule (8e arr.). Le détachement de Markus établit rue de Meaux (19e arr.), à la mi-mai 1943, une cache de matériel pour les FTPF, destinée à préparer des déraillements de trains.

Depuis fin avril 1943, des inspecteurs de la 2e brigade spéciale (BS2) de la police parisienne l’ont identifié, lui ont attribué le surnom « Lunettes », et procèdent à sa filature.

Mayer List est arrêté le 2 juillet 1943. Son arrestation a lieu, si l’on en croit le site Paris révolutionnaire, dans un bistrot de la rue aux Ours où il mangeait régulièrement. Mais Jean-Pierre Besse et Daniel Grason, qui signent sa biographie dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, l’interpellation a eu lieu vers 10h30 « alors qu’il se présentait au domicile de Régine Castellane (Ruchla Widerker), avenue Pauline à Joinville-le-Pont ». Des perquisitions infructueuses des furent faites dans les deux adresses de Joinville, rue Chapsal et avenue Pauline.

L’opération menée par la BS2 provoque 77 arrestations au sein des FTP-MOI. List est trouvé en possession d’une fausse carte d’identité française au nom d’Oscar Maguin, né à Teruel (Espagne), d’un certificat de travail et d’une feuille de démobilisation au même nom. Lors de son interrogatoire, le même jour, il donne son vrai nom et se déclare « de nationalité polonaise et de race juive », de profession tailleur d’habits, mais sans activité, domicilié rue Chapsal à Joinville-le-Pont. Il nie appartenir au parti communiste clandestin et à une organisation dite terroriste.

Mayer List est livré aux nazis et jugé par le tribunal militaire allemand du Gross-Paris rue Boissy-d'Anglas (6e arr.), avec quatre co-inculpés, le 20 septembre 1943, qualifiés comme lui d’israélites. Selon Fabrice Bourrée, « Les faits qui leur sont reprochés montrent qu’ils n’ont rien avoué si ce n’est des éléments déjà connus de la police. Mayer List ne cache rien de ses activités au sein des Brigades internationales mais reste muet quant à ses actions résistantes. »

Mayer List André Engros, Boruch Lerner et Nonnique Tuchklaper sont condamnés à mort et exécutés le 1er octobre 1943 au Mont-Valérien à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine). Le cinquième FTP, Hirsch Loberbaum, est condamné à une peine de déportation d’où il ne reviendra pas. Ruchla Widerker, déportée à Auschwitz, aurait survécu et émigré après-guerre en Argentine.

Avant d’être fusillé, Mayer List adresse une lettre à sa famille en Argentine. Elle est également destinée à sa femme. À ses parents, Mayer List indique « Ma femme s’appelle Lamba Bluss » et qu’elle réside à Riga (Union soviétique, act. Lettonie), ce qui permet de supposer qu’ils ne la connaissaient pas, et donc que, probablement, elle n’était pas avec lui en Argentine. Selon David Diamant elle s’appelait Louba Bluss Bliumas, native de Riga en 1907. Peut-être l’a-t-il connue au Brésil, si Mayer List y a séjourné ? Des personnes d’origine lituanienne portant les noms de Bluss et Bliumas y sont signalés. Il conclut à son attention « Ma chère Lamba, j’ai déjà dit que ce n’était pas de ma faute de ne pouvoir ensemble vivre et arranger notre vie heureuse, alors je te souhaite une vie félice et travaille pour pouvoir aider mon frère ». Vu le ton de ce courrier, on peut supposer qu’il l’encourage à poursuivre un engagement politique.

L’une des deux compagnies de Juifs polonais qui se constituèrent à la Libération au sein du bataillon 51/22 dit bataillon Liberté prit le nom de Markus, en souvenir de Mayer List.

La mention « Mort pour la France » lui est attribuée le 12 juillet 2007.

Fin

Communiqué FTP-MOI

 

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26 avril 2023 3 26 /04 /avril /2023 02:01

Suite de la biographie de Mayer List

Les frères List Izhak, Herschs, Mayer et Shlomo ont émigré tous les quatre de Pologne en Argentine en 1929, où ils se font désormais appeler Jacob, Marcos, Gregorio et Julio. Ils deviennent membres du parti communiste argentin (PCA) et d’organisations syndicales, poursuivant les activités dans lesquelles ils étaient engagées avant le coup d’État polonais de 1926, selon les informations de Chaja Palgon-Urlant, chroniqueur des Juifs originaires d’Ostrów Mazowiecka. Marcos (Mayer) devient éditeur d’un journal édité en yiddish.

Il est membre actif du PCA lors du coup d’État argentin de septembre 1930, qui porte au pouvoir le lieutenant-général José Félix Uriburu. Le nouveau dictateur fit interdire le PCA et voter une loi prévoyant l'expulsion des militants d'origine étrangère. Une « section spéciale de lutte contre le communisme » est chargé de la mise en œuvre de ces mesures.

D’abord arrêté, Marcos (Mayer) émigre ensuite en Uruguay, en compagnie notamment de son frère Jacob (Izhak). Ce dernier, rentré clandestinement en Argentine, organise en septembre 1931 une grève des ouvriers du bâtiment à Rosario de Santa Fe pendant laquelle il trouve la mort.

Revenu également de manière illégale à Buenos Aires, Marcos est arrêté à plusieurs reprises, incarcéré à la prison du quartier de Devoto où il est torturé, d’après le témoignage familial d’Ezequiel Goldberg. Il y conduit une grève de la faim pour y obtenir de meilleures conditions de détention.

Devenu influent au sein du PCA clandestin, Marcos List est à la tête d’un groupe de choc, qui prépare notamment une tentative révolutionnaire au Brésil. Cependant, le Bureau sud-américain de l’Internationale communiste jugera que cette opération était « mal coordonnée » et avait des « objectifs équivoques. »

En mars 1936, Marcos est expulsé d'Argentine en compagnie de plusieurs personnes, dont son frère Gregorio (Herschs) sur un bateau à destination de la ville libre de Dantzig (act. Gdansk, Pologne). Il s’évade lors d’une escale au Brésil mais est repris par la police locale et doit poursuivre son voyage. Il fuit une deuxième fois à l’occasion d’une autre escale à Vigo (Galice, Espagne). Il participe, en juillet 1936, aux manifestations organisées à Vigo pour protester contre le putsch du général Franco. Il est arrêté avec deux autres polonais. Ils obtiennent un sauf-conduit du consul polonais, sous prétexte de retourner en Pologne. Marcos List stoppe son trajet à Paris. Selon Jean-Pierre Besse et Daniel Grason, qui signent sa biographie dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français de Jean Maitron, il aurait demandé l’asile politique en France, qui lui aurait été refusé.

Il se rend au siège du parti communiste français pour s’engager dans les Brigades internationales qui viennent de se créer et luttent pour défendre le régime républicain espagnol contre les forces nationalistes. En septembre, il est envoyé à Valence.

Marcos List parlait plusieurs langues : l'hébreu, le yiddish, l'espagnol, le portugais, l'allemand et le russe. Il est recruté en tant qu’interprète au sein du Bataillon Dombrowski, constitué en octobre 1936 par 600 hommes, originaires de Pologne, placés sous le commandement de Stanislaw Ulanowski, et intégrés à la XIe Brigade Internationale puis en décembre à la XIIe.

Avec son bataillon, Marcos List combat sur les fronts de Motril (Andalousie), de Bilbao, de Santander, des Asturies, de Teruel et de Castellón. Il est blessé dans un accident à Valence et ensuite est employé au ministère de la Défense nationale.

La dissolution des Brigades internationales est décidée en septembre 1938 par le gouvernement républicain, suite à une décision de la Société des Nations. Les volontaires étrangers sont renvoyés dans leur pays. N’ayant plus de nationalité, Marcos List, qui ne peut retourner ni en Argentine, ni en Uruguay, dont il avait été expulsé auparavant, souhaite se rendre à Moscou. Cependant, le récit d’Ezequiel Goldberg assure que les cadres du parti communiste espagnol se méfiaient de lui, comme de beaucoup d'autres étrangers, considérés comme des espions ou des trotskistes. Il présentait d'excellentes références du PCA et du parti communiste d'Uruguay, mais son frère David List, qui était adhérent du parti bolchevique et membre d’un soviet de Moscou avait été, en novembre 1937, victime des purges staliniennes dans cette ville.

Marcos List entre clandestinement en France à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) au printemps 1939, réussissant à ne pas être repéré par les gardes-frontières. Selon l’historien David Diamant, il arrive sans papier et sans moyen de subsistance, dans la région de Toulouse. Il est contrôlé, couché dans un champ et à demi-évanoui, par des gendarmes, qui ne l’arrêtent pas, du fait de son état de santé, étant tuberculeux. Il gagne Paris.

À suivre

Photo Mayer List, arch. fam.

 

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24 avril 2023 1 24 /04 /avril /2023 02:01

Début de la biographie de Mayer List

Mayer List naît le 7 octobre 1907 (ou le 10 juillet) en Pologne, dans le village de Małkinia, situé à une quinzaine de kilomètres de la ville d’Ostrów Mazowiecka, en Mazovie, dans le nord-est de l’actuelle Pologne. Il est le fils de Judes Liba Aida Kavouch ou Kaczorek, originaire de la ville proche de Łomża, et de son mari Israël (ou Srul) Berl List, chauffeur. Ils auront 9 enfants, 5 garçons et 4 filles.

Cette partie de la Pologne comporte une importante proportion de Juifs. Lors du recensement de 1897, la ville comptait 10 500 habitants dont 54% étaient Juifs.

Son prénom est parfois retranscrit en tant que Meier ou Mejer ; son surnom est orthographié Markus, Marcus ou Marcos. Son lieu de naissance est parfois désigné dans certains documents comme Ostrawa, localité polonaise de Basse-Silésie, mais l’origine familiale est bien située à Ostrów Mazowiecka, dont dépend le village de Małkinia.

D’après Chaja Palgon-Urlant, chroniqueur des Juifs originaires d’Ostrów Mazowiecka, Mayer List est, à 16 ans, ouvrier fabricant de chaussures dans une usine de sa ville et un membre actif du syndicat des chausseurs d’Ostrów Mazowiecka. Selon Ezequiel Goldberg, qui fait l’histoire familiale des Lis, Mayer est, comme sa famille, adhérent au Parti socialiste polonais (PPS), engagé dans la fraction soutenant l’Internationale communiste et impliqué dans le Secours rouge.

Il s’installe ensuite à Varsovie, devenu tailleur, et il y poursuit son activité syndicale. Le coup d’État de mai 1926, voit Józef Piłsudski, aidé de l'armée, imposer une dictature ; même s’il fut, à l’origine, soutenu par le PPS, le régime autoritaire oblige les militants communistes à passer dans l’illégalité. Arrêté, Mayer List est déchu de sa citoyenneté polonaise.

La famille List était soumise à deux menaces, étant engagée dans le mouvement ouvrier et, comme les autres Juifs, sujette à des persécutions. Tous vont quitter le territoire national entre 1923 et 1935. Son frère aîné Izhak dit Jacob part pour l’Argentine en 1923 et le troisième, David, passe la même année en Union soviétique, à Minsk (URSS, act. Biélorussie).

Pour sa part, Mayer List embarque le 4 août 1928 à Brème (Allemagne) à bord d’un paquebot de la compagnie Norddeutscher Lloyd à destination de Montevideo (Uruguay) via Baltimore (États-Unis). Il voyage en troisième classe, est mentionné comme apatride et résidant à Varsovie, exerçant le métier de compagnon tailleur.

Il passe en Argentine où il obtient le statut de réfugié politique d’après Ezequiel Goldberg. Il retrouve à Buenos-Aires son frère Izhak et sa sœur Fejga (Felisa). Son père ainsi que ses deux frères Herschs et Shlomo suivront l’année suivante. Ses trois autres sœurs viendront plus tard, tandis que sa mère fera le voyage en 1932.

À suivre

Photo Mayer List, arch. fam.

 

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10 avril 2023 1 10 /04 /avril /2023 02:01

Ruchla Dwora Widnicki naît le 23 janvier 1923 à Varsovie (Pologne). Elle est la fille de Chaja Glowinska et de son mari Israël Widnicki, tailleur.

Après la naissance de sa sœur Zandla en 1924, les Widnicki quittent le pays et émigrent en France. Son frère Léon voit le jour à Paris en décembre 1928 dans le 12e arrondissement.

La famille vit ensuite en 1931 rue d’Hauteville, dans le quartier de la Porte-Saint-Denis (10e arr.). En 1936, ils logent dans le 11e arrondissement, rue Basfroi, au sein du quartier Roquette. Israël Widnicki est tailleur, dans la maison Granet.

Âgée de 17 ans, Ruchla Widnicki, qui est alors couturière, épouse en avril 1940 à Paris (10e arr.) Abraham Widerker, commerçant couvreur, également natif de Pologne et issu d’un milieu juif.

Son mari est arrêté, probablement lors de la rafle dite du Vel d'Hiv qui se déroule les 16 et 17 juillet 1942. Interné à Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis), il est déporté le 22 juillet 1942 vers le camp d’extermination d’Auschwitz, géré par l’Allemagne et situé aujourd’hui en Pologne. Il figure dans le convoi numéro 9. Sa date de décès n’est pas connue.

Le père de Ruchla, Israël Widnicki, avait été arrêté plus tôt. Il fut aussi déporté à Auschwitz où il décéda le 14 juin 1942. Sa mère Chaja et son frère Léon, pris dans la rafle du Vel d'Hiv, gardé au camp de Pithiviers (Loiret) furent eux aussi envoyés à Auschwitz où ils moururent, respectivement le 4 août et le 12 août 1942 ou le 1er avril 1943 pour Léon.

Pour sa part, Ruchla Widerker se procura une fausse pièce d’identité au nom de Régine Castellane, avec laquelle elle loua une chambre avenue Pauline à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis.

Elle s’engagea dans la résistance à l’occupation allemande aux côtés d’Anna Stockhamer et de Mayer List. Ce dernier, également né en Pologne, avait été militant communiste en Argentine puis militant au sein des Brigades internationales en Espagne avant, revenu en France, de prendre la direction d’un détachement des Francs-tireurs et partisans de la Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI), composé de parlant Yiddish venant d’Europe orientale. Il résidait également à Joinville, rue Chapsal.

C’est en se rendant à Paris chez Anna Stockhamer, rue des Petites-Écuries, le 2 juillet 1943, que, selon l’ouvrier, militant communiste et écrivain Daniel Grason, Ruchla Widerker fut arrêtée. Les policiers de la Brigade spéciale n° 2 de la préfecture de police occupaient l’appartement. Elle portait sur elle une somme de six mille francs ainsi qu’un engagement de location au nom de Lucie Casanova, fausse identité d’Anna Stockhamer.

Niant savoir l’activité de Mayer List, mais reconnaissant l’avoir rencontré, Ruchla Widerker admit être en infraction avec la législation sur les juifs car elle ne portait pas l’étoile jaune. La fouille de son domicile de Joinville ne donna rien. La chambre qu’elle occupait être peut-être la propriété d’Hermance et de Prosper Bonge, menuisier, domiciliés à cette adresse en 1936 et dont la fille, Andrée Louise, avait épousé Roger Rouvet, métreur en peinture, qui sera conseiller municipal communiste de Joinville après-guerre (1947-1950).

Ruchla Widerker fut internée au camp de Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis) sous le matricule 3204. Elle fut déportée le 31 juillet 1943 dans le convoi 58 à destination d’Auschwitz. Sur un millier de déportés, il y eut vingt-huit survivants dont dix-huit femmes. Elle-même fut considérée comme morte, et son nom figure sur le Mur des noms du Mémorial de la Shoah (dalle 50, colonne 17, rangée 2), rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (4e arr.).

Cependant, selon Daniel Grason, qui cite son fils, elle aurait survécu, serait venue en Argentine, à Buenos-Aires, vers 1948-1949 et y serait morte en 1995.

Mayer List fut fusillé le 1er octobre 1943 au Mont-Valérien à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine) avec trois autres résistants. Anna Stockhamer, déportée dans le même convoi que Ruchla Widerker, mourut à Auschwitz.

Peut-être l’idée de l’Argentine est-elle venue à Ruchla Widerker de ses échanges avec Mayer List, ou de ceux qu’elle aurait eu avec ses voisins de la rue Basfroi à Paris, Fajga et Isanas Wulfmann, originaires aussi de Pologne, mais ce dernier ayant déclaré, lors d’un recensement de 1936, venir d’Argentine. Ils furent eux aussi exterminés à Auschwitz, partis par le convoi 68 du 10 février 1944.

Abraham et Ruchla Widerker (arch. fam., Maitron)

 

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9 février 2023 4 09 /02 /février /2023 00:01

Marcel Henri Langat naît le 23 juillet 1896 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Joséphine Recher, blanchisseuse et de son mari Eugène Langat, mécanicien.

En 1906, la famille habite à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue Daumesnil. Il devient mécanicien tourneur.

Pendant la première guerre mondiale, Marcel Langat est mobilisé en avril 1915 6e régiment d’artillerie. Du fait de ses compétences techniques, il est détaché en juin la même année aux Ateliers de construction d'armements de Bourges (Allier) pour six mois avant de reprendre un service armé. Il rejoint en mai 1917 le 8e régiment d’artillerie lourde puis le 83e de la même arme en janvier 1918. Il est ensuite, en mars, transféré au 3e régiment d’artillerie coloniale et démobilisé en septembre 1919.

Après-guerre, Marcel Langat reprend d’abord son activité de mécanicien. Il épouse, en octobre 1922 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) Anaïs Antoinette Castan, commerçante, auvergnate, originaire de Lozère. Avec elle, il entreprend l’exploitation d’un commerce de vin dans cette ville, rue Pinet. Elle lui vaudra, en octobre 1926, une condamnation à 1 700 francs d’amende pour « fabrication et vente de vin falsifié et fraude aux droits de régie. »

C’est son frère ou lui qui découvrent, en juin 1924 dans la Marne, à Saint-Maur, le corps d’un habitant de Maisons-Alfort qui se serait suicidé.

Ayant repris son activité de mécanicien, il travaille pour la société Gnome-et-Rhône, qui construisait des moteurs d’avions. Il s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves), dans le quartier de Polangis.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Marcel Langat s’engage dans la résistance à l’occupation allemande. Il poursuit son activité de mécanicien après le conflit.

Marcel Langat meurt le 27 mai 1962 à Joinville. Il était âgé de 65 ans et père de six enfants. Son fils aîné, André, également résistant, tourneur sur métaux, fut adjoint au maire puis conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont (1947-1959).

Le pavillon Langat à Joinvlle-le-Pont

 

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30 janvier 2023 1 30 /01 /janvier /2023 00:01

Robert Camille Xavier Villiot naît le 8 août 1901 à Paris (3e arr.). Il est le fils d’Anastasie Flühr et de son époux Camille Armand Villiot, employé. Ils vivent rue Notre-Dame de Nazareth. Sa mère, native en 1869 de Riedseltz (Bas Rhin, act. Alsace), est certainement germanophone. C’est ce qui facilitera le fait qu’il devienne traducteur interprète d’allemand.

Robert Villiot fait son service militaire en avril 1921 au 168e régiment d’infanterie, unité de l’armée du Rhin, en Allemagne occupée. Il est musicien. Dans la réserve, il est nommé caporal en 1938.

En avril 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Robert Villiot épouse Marie George alors employée de banque et qui sera plus tard institutrice. Ils s’installent chez les beaux-parents, dans le quartier de Polangis de cette ville, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire).

En mai 1935, Robert Villiot est candidat sur la liste de l’Union des républicains, qui rassemble la droite locale, face aux radicaux-socialistes de la municipalité sortante, aux socialistes SFIO et aux communistes. Il figure en dernière position des 27 candidats. Au premier tour, la liste de droite arrive en tête avec 32,6% devant le Groupement des gauches (26,8%), les communistes (23,5%) et la SFIO (12,3%). Villiot obtient 890 voix pour 2 856 suffrages exprimés (31,2%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les communistes et la SFIO font alliance au sein d’une liste dirigée par André Blocher, responsable de la Ligue des droits de l’Homme et d’une association d’anciens combattants, les radicaux maintenant également leur candidature. Avec une courte avance, l’Union des républicains (40%) emporte 25 sièges, devançant le Front populaire (39,7%), qui a deux élus, alors que les radicaux-socialistes (19,5%) n’en ont aucun. Le score de Villiot est de 1122 voix pour 2 899 suffrages exprimés (38,7%) sur 2 924 votants. Il est un des deux seuls de sa liste à ne pas être élu. Léon Lesestre est élu maire.

En juillet 1938, Villiot est commissaire aux comptes de la Caisse des écoles de Joinville.

Robert Villiot meurt le 12 juillet 1973 à Créteil (Val-de-Marne). Il est inhumé à Joinville, où il résidait probablement toujours. Âgé de 71 ans, il était père de deux filles.

Des canots à Joinville-le-Pont

 

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24 janvier 2023 2 24 /01 /janvier /2023 00:01

Raymond Henri Augustin Baugé nait le 3 juillet 1911 à Bagneux (act. Saumur, Maine-et-Loire). Il est le fils de Raymonde Marie Joséphine Corbineau et de son mari Paul Émile Baugé, dessinateur.

Il fréquent d’abord l’École de viticulture de Saumur, où il obtient un certificat d'aptitude en juin 1924. Il suit un apprentissage comme aide-comptable avec la Chambre de métiers de l’Anjou et reçoit également un diplôme en sténographie. Inscrit à l’école Chevrollier d’Angers, il fréquente la section commerciale et obtient le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) d’employé de banque en juillet 1931. Il reçoit le deuxième prix de la Chambre d'apprentissage de l’Anjou. Lors de la fête de l'Association des anciens élèves de l'école de préparation aux banques, Raymond Baugé dirige l’orchestre.

À l’automne 1931, Raymond Baugé est inscrit à la Faculté libre de droit d’Angers. Il est secrétaire de l’Association générale des étudiants d’Angers (AGEA), affiliée à l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). Il devient, en juin 1932, directeur de la publication Angers-Étudiant. Il est nommé secrétaire honoraire de l’AGEA en novembre 1932 par l’assemblée générale de l’AGEA qui est suivi d’un « joyeux monôme » dans les rues de la ville. En février 1935, Raymond Baugé est président du Comité des fêtes du Club Universitaire Angevin (CUA) puis, en janvier 1937, il préside les supporters du CUA.

Après avoir réalisé son service militaire en 1933-1934, Raymond Baugé épouse Gisèle Mauricette Vergin en octobre 1938 à Roubaix (Nord). Il est probablement mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale.

Après le conflit, la famille Baugé vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle vit d’abord quai de Polangis, sur la rive gauche de la Marne puis rue Jean-Mermoz, dans le Centre, de l’autre côté de la rivière. Raymond Baugé travaille en tant que représentant commercial.

Lors des élections législatives de mai 1951, Raymond Baugé est candidat sur la liste du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien), dans le quatrième secteur du département de la Seine. Elle est conduite par Paul Bacon, député sortant et ministre du Travail. Il figure en sixième position et recueille 32 930 votes. Il n’est pas élu.

À l’occasion des élections municipales à Joinville-le-Pont en avril 1953, conduite par Gaston Moutenot, ancien conseiller municipal (1945-1947). Leur liste arrive en cinquième position avec 9,2% et obtient deux sièges (Moutenot et Baugé). La liste communiste, qui comprend la maire sortante, Amélie Trayaud, est en tête avec 35,6% et dix élus, devant le Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit, 22,1%, 6 sièges) et le Rassemblement du peuple français (gaulliste, 19,8%, 6 élus aussi). La SFIO obtient trois conseillers, avec 12,3%. Du fait de l’alliance entre le RGR, le RPF et le MRP, Georges Defert (RGR) est élu maire et Moutenot adjoint.

En novembre 1953, suite à la démission de Moutenot, Raymond Baugé est élu adjoint au maire. Son mandat prendra fin en mars 1959.

Une nouvelle fois, en janvier 1956, Baugé est candidat sur la liste MRP pour les élections législatives. Dans son document de candidature, il indique qu’il est chef de vente, administrateur du bureau d'aide sociale et de la caisse des écoles ainsi que vice-président de la section locale de l’association des parents d’élèves de l’école libre (APEL, établissements chrétiens). Il recueille 32 408 votes et n’est pas élu.

Sous la cinquième République, le régime électoral change, abandonnant la proportionnelle. Lors des élections municipales de mars 1959, Baugé figure en deuxième position sur une liste regroupant l’UNR (gaulliste, Pierre Calmon) et la SFIO (Depoutot). Elle obtient le troisième score avec 23,5% des suffrages exprimés au premier tour, derrière le RGR du maire sortant (41,2%) et les communistes d’Henri Bideaux (32,2%). Au second tour, qui voit la victoire de Defert avec 52,4% et les 27 sièges à pourvoir, le MRP recule à 13,1%.

Dans le canton de Saint-Maur / Joinville, le scrutin qui a lieu le même jour oppose la plupart des mêmes acteurs : Defert, Bideaux, Calmon et Baugé. Ce dernier arrive en cinquième place, avec 1 309 voix pour 14 827 suffrages exprimés (8,8%) sur 15 369 votants et 21 457 inscrits. Il se retire avant le second tour, qui est remporté par Defert.

En 1961, Raymond Baugé exerce la fonction de secrétaire général d’une fédération syndicale. Peut-être est-ce lui qui a publié, en mars 1958 un article en anglais sur L'importance croissante des métiers dans le domaine de la grande distribution, au sein de la revue syndicale internationale Trade Union Information.

Raymond Henri Augustin Baugé meurt le 3 avril 1993 à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Il était âgé de 81 ans et père de trois enfants. En avril 1961, il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur.

La mairie de Joinville-le-Pont dans les années 1960

 

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22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 00:01

Suzanne Marie Le Poder naît le 25 janvier 1907 à Vincennes. Elle est la fille de Marie Joséphine Marguerite Bouchet et de son mari Georges Marie Auguste Le Poder. Sa mère est originaire de Vendée. Son père, alors employé de commerce, deviendra chef du personnel des établissements Bourgeois ; il est en outre capitaine honoraire d’infanterie. Ils résident rue de Fontenay.

Après des études primaires complémentaires à l’école de jeunes filles de l'Ouest, à Vincennes, Suzanne Le Poder obtient son deuxième certificat d'études avec une mention pour l’anglais.

En 1926, la famille est installée dans la commune proche de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quotidien de Polangis, avenue du Château (act. avenue Foch). Suzanne Le Poder est sténodactylo à Paris.

Peut-être est-ce elle qui séjourne, pendant la deuxième guerre mondiale, en août 1940 à Baud (Morbihan).

Après le conflit, Suzanne Le Poder est secrétaire de la section de Joinville du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien) en 1949.

Elle est candidate aux élections municipales de Joinville-le-Pont en mai 1953. La liste du MRP, conduite par Gaston Moutenot, obtient 9,2% des suffrages exprimés et deux sièges (Moutenot et Bauge). La liste était devancée par le parti communiste (35,6%, 10 sièges), le Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit, 22,1%, 6 élus), le représentation proportionnelle (RPF, gaulliste, 19,8%, 6 élus également) et la SFIO (socialiste, 12,3%, 3 conseillers municipaux). L’alliance du RGR avec le RPF et le MRP permet de faire élire Georges Defert (RGR) en tant que maire de Joinville, en remplacement de la communiste Amélie Trayaud.

Arrivée troisième des candidats de sa liste, Suzanne Le Poder n’est pas élue. Elle aurait cependant dû rentrer dans l’assemblée, suite à la démission en novembre 1954 de Moutenot, qui quitte Joinville. Cependant, elle y renonce et c’est Marcel Mercier, septième sur leur liste, qui intègre le conseil municipal tandis que Bauge devient adjoint au maire.

En juillet 1958, Suzanne Le Poder épouse à Joinville André Ernest Jean Marie Bouchet, originaire de Vendée.

Suzanne Marie Le Poder meurt le 1er mai 1994 à Labenne (Landes). Elle était âgée de 87 ans.

Joinville-le-Pont vers 1960

 

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