Charles Joseph Auguste Le Goff nait le 2 septembre 1903 à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Il est le fils de Georgette Andréa Lizeray et de son mari, Joseph Marie Le Goff, chauffeur (probablement de machines agricoles). Ils vivent dans la Grande-Rue puis route de Bezons.
Devenu électricien, Charles Le Goff épouse en septembre 1925 à Paris (17e arr.) Marcelle Antoinette Raffin, comptable, dont les parents sont originaires de Savoie. Ils s’installent en 1936, avec leur fille et les beaux-parents à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Oudinot, dans le quartier de Polangis. Charles Le Goff travaille toujours comme électricien à Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine).
Au cours de la deuxième guerre mondiale, Charles Le Goff s’engage dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur.
À la Libération, il est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville-le-Pont par arrêté préfectoral du 26 septembre 1944. Il a été choisi par le comité local de Libération, après avis du comité parisien de la Libération. Il fait ainsi fonction de conseiller municipal. Le président, assurant le rôle de maire, est le communiste Robert Deloche. L’assemblée comprend aussi des socialistes SFIO, des indépendants et des radicaux-socialistes, comme le deuxième vice-président, Henri Drevet et Charles Le Goff.
Lors des premières élections municipales en mai 1945, Deloche conduit une liste d’Union résistante et démocratique. Avec une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés, elle emporte les 27 sièges à pourvoir. Le conseil comprend 7 communistes, 6 socialistes, 5 radicaux-socialistes (dont Le Goff) et 9 indépendants de gauche, souvent proches du PCF.
N’étant pas réélu lors des scrutins suivants, de 1947, 1953 et 1959, Charles Le Goff est de nouveau candidat en mars 1965. Il figure sur la liste d’Union démocratique, conduite par le communiste Henri Bideaux. Elle comprend 24 candidats communistes mais également un socialiste, un indépendant et lui-même, qui porte l’étiquette radicale-socialiste. La liste obtient au premier tour une moyenne de 29,9% des voix, derrière le maire sortant Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-droit) à 43,6% et devant les gaullistes à 26,6%. Au second tour, les candidats de Defert emportent les 27 sièges à pourvoir avec 60,4% des suffrages exprimés, les communistes se situant à 38,1% en moyenne. Charles Le Goff n’est pas élu.
Charles Le Goff meurt le 2 octobre 1973 à Joinville. Il était âgé de 70 ans et père d’un ou deux enfants.
Jules Serval naît le 2 juin 1896 à La Ricamarie (Loire). Il est le fils de Marie Françoise Alphonsine Gardes et de son mari, François Serval, ouvrier mineur.
Devenu lui-même mineur et vivant à Saint-Étienne (Loire), il est mobilisé, en avril 1915, à l’âge de 18 ans, dans le 5e régiment d’infanterie coloniale. Passant ensuite au 38e régiment d’infanterie coloniale, il est envoyé en décembre 1916 rejoindre l’armée d’Orient et débarqué à Salonique (Grèce). Il revient en France en juin 1918, et rejoint le 6e régiment d’infanterie coloniale. Son comportement lui vaut d’être, en novembre 1917, cité à l'ordre du régiment : très bon soldat, toujours volontaire pour les missions périlleuses, s'est offert spontanément dans la nuit du 21 octobre 1917 immédiatement après une tentative de coup de main de l'ennemi pour aller chercher au petit poste un camarade blessé.
Alors qu’il est caserné au fort Saint-Irénée, à Lyon, Jules Serval est accusé, en janvier 1919, du vol à l'esbroufe d’un sac de femme contenant 100 francs. Traduit en mars 1919 devant le conseil de guerre de Lyon en mars 1919, il est condamné à deux mois de prison pour vol simple avec circonstances atténuantes. Il est amnistié en avril 1921 et démobilisé en septembre 1919.
Revenu à la vie civile, Jules Serval entre à la compagnie de chemins de fer PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) et réside à Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Lecuyer. Selon l’historien Maurice Moissonnier, il adhère en 1922 au parti communiste.
Il est en 1926 affecté à la gare PLM de Lyon-Perrache et vit chemin Saint-Fiacre (5e arr.). Poursuivant son activité politique, il est, d’après Moissonnier, en 1926 membre de la cellule n° 7, en charge de la publication d’un bulletin bimensuel, L’Œil de Perrache.
Adhérent de l’Union unitaire des syndicats de cheminots du réseau PLM, syndicat affilié à la CGTU, il en était archiviste en 1926. Il fait partie des candidats unitaires au Conseil supérieur des chemins de fer en janvier 1928. Il prend la parole au nom de la confédération à la manifestation tenue à Gerland « contre le fascisme, les décrets-lois et la guerre », organisée par le PCF et le parti socialiste SFIO. Quittant le métier de roulant, il devient en 1935, pour raisons de santé, facteur aux écritures. Ses horaires de bureau lui permettent de renforcer son activité syndicale et il est secrétaire du syndicat unitaire du PLM à Lyon et membre de la commission exécutive de l’Union départementale. Après la réunification au sein de la Confédération générale du travail (CGT), Jules Serval fait partie en novembre 1937 d’une délégation de cheminots lyonnais qui se rend à Madrid auprès des combattants républicains espagnols. Serval participe au 31e congrès de la CGT à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il compte parmi les organisateurs de la grève du 30 novembre 1938 qui fut, d’après Moissonnier, un échec à Perrache.
En matière politique, est secrétaire du rayon communiste (groupement de sections) de Lyon-Ville (2e arr.). Lors des élections cantonales d’octobre 1937, Jules Serval représente le parti communiste dans le canton de Lyon-2. Il obtient 163 voix pour 2 412 suffrages exprimés soit 6,8% ; le candidat de droite est élu dès le premier tour. Il siège au comité régional du PCF depuis décembre 1937 et participe, le même mois, au 9e congrès national qui se tient à Arles (Bouches-du-Rhône).
Au cours de la deuxième guerre mondiale, Jules Serval est affecté spécial au sein de la SNCF. Après la signature, en août 1939, du Pacte germano-soviétique, comme pour de nombreux militants communistes, la situation de Serval change. Caserné au fort Lamothe à Lyon puis au 21e régiment d’infanterie coloniale à Paris-Clignancourt (18e arr.), il est réformé en février 1940 pour raisons de santé et renvoyé dans ses foyers. Il vit à Lyon avec Henriette Barbotte. Tous les deux reprennent contact avec le parti communiste, devenu une organisation clandestine, et récupèrent le matériel nécessaire à la fabrication de la presse clandestine. Déplacé à Langogne (Lozère) au premier semestre 1940, il est révoqué en octobre de la même année.
D’après Moissonnier, il quitte la Lozère début 1941 pour Saint-Étienne puis passe dans la clandestinité, logeant à Beauvallon (Drôme). Le parti communiste lui a confié la direction politique de la région Drôme-Ardèche et devient le responsable du Front national pour cette zone. Dans la résistance, il utilise le pseudonyme d’Adrien. Il est arrêté le 30 avril 1942 à Montélimar puis emprisonné à Lyon (Montluc), au camp de Mauzac (Haute-Garonne) puis à la prison militaire de Bergerac (Dordogne). Son rôle exact dans la résistance n’ayant pas été identifié, il en est libéré pour raison médicale, revient à Saint-Étienne puis est arrêté de nouveau et interné à la prison de Toulouse. Selon son témoignage dans le journal Le Réveil (1968/09/27), il aurait été condamné à mort par la Gestapo ; la Libération de Toulouse et de la prison par la Résistance le 19 août 1944 lui permet d’y échapper. Ancien membre des Francs-tireurs et partisans, il se voit reconnaître le grade de capitaine dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il siège, à ce titre, au sein de la cour martiale de Toulouse.
Henriette Raymonde Barbotte naît le 5 février 1905 à Bouilland (Côte-d'Or). Elle est la fille de Jeanne Marie Hoffner et de son mari, Pierre Barbotte, manouvrier.
Elle épouse, à Bouilland, en novembre 1923, Émile Mény, ouvrier des PTT (Postes, télégraphe et téléphone) à Dijon. Ils s’installent dans cette ville, chemin des Saules, puis dans un village proche, Marsannay-la-Côte, rue du Carré, où son mari est devenu employé des chemins de fer de la compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditerranée). Ils divorcent en 1935.
Henriette Barbotte devient alors serveuse dans un café à Lyon-Perrache ; elle réside à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, Rhône. Elle fait la rencontre de Jules Serval, ouvrier aux chemins de fer PLM, syndicaliste et militant communiste, qu’elle épousera en février 1948 à Lyon (7e arr.).
Selon l’historien Maurice Moissonnier, Henriette Barbotte adhère au Parti communiste en 1935 et participe à la grande grève des employés de café qui se déroule à ce moment à Lyon.
Pendant la deuxième guerre mondiale, toujours d’après la notice de Moissonnier dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Henriette Barbotte contribue à la récupération de matériel d'impression et de reproduction destiné au parti communiste clandestin. Elle assure ensuite les liaisons de Jules Serval, qui est devenu résistant, responsable du parti communiste et du Front national pour la Drôme et l'Ardèche. Après l’arrestation de Serval, elle se rend d’abord à Montpellier (Hérault). Moissonnier indique qu’en 1943 et 1944, elle fut l'une des responsables des organisations de la Résistance féminine à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Après le conflit, Henriette Barbotte et Jules Serval reviennent en région lyonnaise, et lui devient conseiller municipal de Lyon. Elle travaille comme ouvrière à l'usine de matériel électrique Grammont de la ville.
Ayant pris sa retraite en 1951, Jules Serval devient secrétaire de l’Union CGT des cheminots retraités. Henriette et Jules Serval s’installent alors à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis.
En 1953, Henriette Serval devient responsable du comité de l'Union des femmes françaises de Joinville, organisation proche du parti communiste. Elle conduit notamment, en 1967, une collecte en faveur du Vietnam. Elle est également membre du bureau de la cellule de Polangis et du comité de la section locale du PCF à Joinville.
Lors des élections municipales de mars 1965, Henriette Serval est candidate avec l’étiquette communiste sur la liste d'Union démocratique, conduite par Henri Bideaux, qui comprend essentiellement des communistes mais également un socialiste, un radical-socialiste et une personnalité républicaine qualifiée d’indépendante. La liste obtient au premier tour une moyenne de 29,9% des voix, derrière le maire sortant Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-droit) à 43,6% et devant les gaullistes à 26,6%. Au second tour, les candidats de Defert emportent les 27 sièges à pourvoir avec 60,4% des suffrages exprimés, les communistes se situant à 38,1% en moyenne. Henriette Serval n’est pas élue.
Jules et Henriette Serval ayant décidé de se retirer en région lyonnaise, les communistes de Joinville organisent pour eux une soirée d’adieux le 25 septembre 1968. Ils s’installent à Vénissieux (Rhône). Henriette Serval entre au bureau local de l'UFF, milite à à la section de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants patriotes (FNDIRP) et fait partie de l'Amicale rhodanienne des Vétérans du PCF.
Henriette Serval meurt le 23 octobre 1990 à Bron (Rhône). Elle était âgée de 85 ans et mère de quatre filles, issues de son premier mariage.
Édouard Georges Coutarel naît le 16 novembre 1892 à Paris (11e arr.). Il est le fils et Marie Alphonsine Marin et de Jules Saint-Ange Coutarel, papetier. Ils ne sont pas mariés à ce moment mais le deviendront en septembre 1910 à Paris (16e arr.). Georges Coutarel vit pour sa part rue Saint-Maur, dans le 11e arrondissement.
Incorporé pour son service militaire en octobre 1913 au 171e régiment d’infanterie, Georges Coutarel qui est alors employé de commerce, est toujours sous les drapeaux au début de la première guerre mondiale. Il devient caporal en avril 1915. Son comportement en juin et juillet 1916 lui vaut une citation à l’ordre de la brigade. « N’a cessé, depuis le début de la campagne, de remplir ses fonctions avec un dévouement de tous les instants, ne ménageant pas sa peine. A assuré le bon fonctionnement de son service aux heures difficiles et dans un secteur violemment bombardé ». Il sert dans le 8e régiment de génie en mars 1918 puis est démobilisé en août 1919.
Vivant à Bessancourt (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise), Georges Coutarel y épouse Suzanne Marie Pradat en mars 1922. La famille s’installe en 1930 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord dans le centre-ville, rue de Paris puis dans le quartier de Polangis, avenue du Parc. D’abord représentant de commerce, Coutarel devient, en 1937, papetier comme l’avait été son père.
Au cours de la deuxième guerre mondiale, Georges Coutarel est de nouveau mobilisé en août 1939 au sein du 401e groupe de Défense contre avions (DCA), mais il est renvoyé dans ses foyers fin octobre la même année.
Après-guerre, Georges Coutarel s’engage lors des élections municipales de novembre 1947 sur la liste conduite par Pierre Perly, qui a le soutien du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste). Elle arrive en tête avec 3 066 voix pour 6 974 suffrages exprimés (44%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits. Cependant, arrivée à égalité de nombre de sièges avec l’Union républicaine et résistante du communiste Robert Deloche, maire sortant, elle est battue pour le poste de maire quand le seul élu socialiste SFIO se prononce en faveur de Deloche.
La fin du mandat est heurtée : le maire, exclu du parti communiste, doit céder la place en février 1953 tandis que la droite, qui avait la majorité au moment du vote, avec 13 élus présents contre 12 à gauche, se déchire en deux tendances qui ne s’entendent pas. Une communiste, Amélie Trayaud, devient maire pour deux mois.
Lors du scrutin de mai 1953, Georges Coutarel reste fidèle au RPF et figure sur la liste de son responsable, Pierre Calmon. Elle arrive en troisième position, derrière les communistes et les dissidents de droite, conduits par Georges Defert (RGR, centre-droit) et Pierre Perly, qui ont le même nombre d’élus qu’eux (six). Ce sont les deux centristes démocrates-chrétiens du Mouvement républicain populaire (MRP) qui donnent la victoire à Georges Defert, qui devient maire. Coutarel avait obtenu 1 364 voix pour 6 748 suffrages exprimés (20,2%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits.
En juillet 1953, Coutarel est signataire, avec les cinq autres élus RPF, d’une motion de la section de Joinville du RPF protestant contre l’Affaire Rosenberg, un couple d’espions condamnés à morts aux États-Unis.
À plusieurs reprises, Coutarel signe des articles dans l’hebdomadaire libéral local, Nouvelle Union régionale. Il s’intéresse notamment aux jumelages de Joinville avec des villes européennes.
Démissionnaire, Coutarel est remplacé en tant que conseiller municipal en décembre 1957 par Mignon. Il avait siégé pendant dix ans dans l’assemblée locale. Il quitte probablement Joinville après avoir atteint l’âge de la retraite.
Georges Coutarel meurt le 29 mars 1986 à Louviers (Eure). Il avait été marié plus de 60 ans, jusqu’au décès de son épouse à Rouen en juillet 1982. Père de deux fils, il était décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze.
Louis René Loutellier naît le 16 juillet 1903 à Paris (15e arr.). Il est le fils de Marguerite Monturet, originaire de Corrèze et de son époux Louis Joseph Loutellier, épicier, né dans la Sarthe. Ils exploitent un commerce rue de l’Amiral-Roussin mais, après une faillite en 1905, ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue du Cimetière, dans le quartier de Polangis. La mère est employée dans la société cinématographique Pathé, dont les usines sont dans le quartier voisin de Polangis, et le père travaille comme employé dans diverses épiceries.
Ils déménageront à plusieurs reprises, à Joinville et dans la commune voisine de Champigny, boulevard de Polangis (partagé entre les deux villes), rue des Marronniers, rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens) puis rue d’Aval. Le père meurt en juillet 1912 à Maresché (Sarthe) et la mère peu après en avril 1913 à Paris (13e arr.). Il est probablement élevé par sa tante, Germaine Monturet épouse Bonge ou par son oncle, Pierre Monturet, fruitier, qui vivent alors rue du Faubourg-du-Temple à Paris (10e arr.).
Après la première guerre mondiale, devenu ouvrier cimentier, Louis René Loutellier réside de nouveau à Joinville-le-Pont. Il épouse en mai 1932 dans cette ville Thérèse Marie Françoise Mallet. Ils vivent d’abord boulevard de Polangis puis avenue du Président-Wilson, dans le quartier de Palissy.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Loutellier est résistant à l’occupation allemande.
Après la Libération de la mairie le 20 août 1944, un arrêté préfectoral du 26 septembre désigne une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune. Cependant, un de ses membres, Alexandre Legay, est démis le 31 janvier 1945. En effet, sa belle-mère, Amélie Trayaud, siège également dans la délégation spéciale, ce qui est interdit par l'article 35 de la loi du 5 avril 1884 sur l’organisation des communes. Elle sera, ultérieurement, brièvement maire communiste de Joinville en 1953.
Sur proposition du Comité local de Libération de Joinville et après l'avis du Comité parisien de la Libération Louis-René Loutellier est désigné comme membre de la délégation spéciale le 2 février 1945. Il fait ainsi fonction de conseiller municipal. Son mandat prend fin lors des élections municipales du 29 avril 1945.
Louis René Loutellier meurt le 3 février 1956 à Pleumeur-Bodou (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor). Il était âgé de 52 ans.
Alfred Bruillard naît le 8 octobre 1895 à Lavans-Quingey (Doubs). Il est le fils d’Adèle Marie Eugénie Robardet et de son époux Constant Léon Bruillard, cultivatrices. Le petit village se situe dans la vallée de la Loue. Au tournant du siècle, la famille est installée dans le village voisin de Pointvillers (act. Le Val). Comme les autres des neuf enfants du couple, Alfred aide aux cultures. Il s’oriente ensuite vers la fromagerie et travaille, toujours dans la vallée de la Loue, à Chassans, auprès de Joseph Cousin.
Un peu après le début de la première guerre mondiale, Alfred Bruillard est mobilisé en décembre 1914 au 42e régiment d’infanterie. Sa santé souffre manifestement beaucoup puisqu’il est évacué pour maladie et hospitalisé à cinq reprises (juillet 1915, janvier 1916 (deux fois), octobre 1916, avril 1918) ; il est en outre blessé par une balle à la cuisse gauche en janvier 1917 au Mont-Cornillet, en Champagne, au cours de la bataille de la Marne. Atteint d’une pleurésie, il est envoyé en convalescence pendant plusieurs mois. Il sera attributaire d’une pension de 10% en 1924.
Au cours d’une des période de repos, Alfred Bruillard épouse en septembre 1917 à Palantine (Doubs) Suzanne Marie Julie Cousin, fille du fromager chez lequel il travaille. Le couple et ses deux enfants vont beaucoup changer de domicile. Ils sont en 1922 à Osselle puis en 1925-1926 à Chenecey-Buillon (Doubs). Ils passent dans le département voisin du Jura en 1931 à Condamine.
On les trouve en 1932 d’abord à Pont-Audemer (Eure). Ils se fixent ensuite en région parisienne, d’abord toujours en 1932 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), où Alfred Bruillard est chauffeur automobile. Ils vivent rue François-Arago puis rue Saint-Louis. Après un passage à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine), rue de la Voie-Verte, en 1937, la famille s’installe en 19396 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis. Alfred Bruillard est devenu employé d’octroi pour la mairie de la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.
Au cours de la deuxième guerre mondiale, Alfred Bruillard reçoit une affectation spéciale du fait de son emploi dans les services fiscaux.
Il s’engage dans la résistance à l’occupant allemande et est reconnu comme ayant été membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Ses deux fils, Robert Bruillard (1919-1988) et André Bruillard (1920-1987) furent aussi résistants pendant la guerre.
Un commando de la résistance entre, le 20 août 1944, dans la mairie de Joinville-le-Pont qui devient ainsi une des premières à être libérée en Île-de-France. La municipalité, nommée par les autorités de Vichy avec à sa tête Léon Lesestre, est arrêtée et sera transférée, après le départ des forces allemandes, au camp de Drancy. Sur proposition du comité local de Libération et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet de la Seine nomme une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune par arrêté du 26 septembre 1944. Alfred Bruillard en fait partie et fait donc fonction de conseiller municipal. Robert Deloche est président de la délégation, faisant fonction de maire, aux côtés d’adjoints radicaux-socialistes, socialistes ou divers droite et gauche. Le mandat de la délégation prend fin après les élections municipales du 29 avril 1945.
Pour le sixième anniversaire de la Libération, célébré le 26 août 1950 à Joinville, Bruillard représente les anciens membres de la délégation spéciale avec André Lemaire, aux côtés de représentants des formations politiques ou associations locales.
Professionnellement, Alfred Bruillard est employé par la mairie de Saint-Maur où il devient, en 1946, surveillant de travaux.
Alfred Bruillard meurt le juillet octobre 1987 à Sens (Yonne), où il vivait déjà en 1979.
Barricade pendant les combats de la Libération à Joinville, août 1944
Victor Édouard Dosse naît le 12 février 1863 à Metz (Moselle). Il est le fils de Sophie Virginie Negler, couturière, et de son mari François Dosse, ébéniste. Après la création de l'Empire allemand le 18 janvier 1871 et la défaite de l’armée française, le traité de Francfort annexe le département de la Moselle le 10 mai de la même année au sein du territoire impérial d’Alsace-Lorraine. Victor Dosse devient ressortissant allemand.
En tant que tel, il doit servir dans les forces armées allemandes. Mais il s’y refuse, quitte le territoire et, en mai 1885, le ministère public impérial le convoque, avec 155 autres anciens résidents de Metz « accusés d'avoir, dans l'intention de se soustraire à l'obligation du service militaire dans l'armée active de terre ou de la marine, quitté sans autorisation le territoire de l’Empire ou d’avoir séjourné à l’étranger après avoir atteint l’âge requis pour le service militaire. »
Étant passé en France, Victor Dosse s’engage en janvier 1883 au sein du 1er régiment de la Légion étrangère. Il va y servir quinze ans avant de prendre sa retraite en décembre 1898 avec le grade de sergent. Un décret de 1887 « l’admet à jouir des droits de citoyen français » et il retrouve sa nationalité de naissance.
Après avoir quitté l’armée, Victor Dosse vit à Paris (12e arr.), avenue Daumesnil et travaille comme employé de commerce. Il épouse, en mai 1901 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Ils s’installent à Chatou (Seine-et-Oise, act. Yvelines), route de Montesson, et Victor Dosse y est comptable au sein de la société cinématographique Pathé.
Il dirige, à sa création en 1906 l’usine de tirage de films de Pathé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et s’installe dans la commune, avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis. Établis dans le quartier voisin de Palissy, les bâtiments cinématographiques sont construits par l’atelier de l’ingénieur Gustave Eiffel. L’usine emploiera plus de 500 ouvriers. Elle provoque une polémique dans la population, du fait notamment d’une grande cheminée, à laquelle on reprochait de gâcher le paysage des rives de la Marne ; toujours debout au 21e siècle, elle est désormais protégée par les documents d’urbanisme locaux.
Charles Pathé, dirigeant du groupe, constitue en décembre 1909 un comité consultatif qui rassemble les principaux directeurs et chefs de service de l’entreprise. Outre Charles Pathé, il comprend huit personnes, qui sont éligibles à une participation aux bénéfices de la société.
Lors des graves inondations de la Marne, au premier trimestre 1910, un tiers du territoire de Joinville est recouvert d’eau. L’usine Pathé est inondée jusqu’au 1er étage. Le matériel et les films sont déménagés à Vincennes, autre usine du groupe, et la production s’y organise exceptionnellement de jour et de nuit. Le conseil d’administration de Pathé félicite Dosse « car il est resté debout jour et nuit avec son personnel dont la conduite ne mérite que des éloges ». Bien que légalement elle n’y soit pas tenue, la firme Pathé indemnise ses ouvriers victimes de l’inondation et donne mandat à son architecte et à son entrepreneur pour réparer ou reconstruire leurs maisons endommagées.
Le personnel de l'usine Pathé à Joinville
Au cours de la première guerre mondiale, Dosse reste à son poste. L’usine est utilisée pour participer à l’effort de guerre : peinture pour avions, matériel de prise de vue, et même production de gaz (principalement sur le site de Vincennes). L’usine de Joinville fournit des aides aux veuves et femmes de blessés, prisonniers ou disparus. Une plaque commémorative, apposée après le conflit, porte les noms de 171 personnes victimes des combats.
Lors de la création de l’Œuvre de la maison de retraite de la mutuelle du cinéma, en janvier 1923, Dosse est désigné comme secrétaire général. Il poursuit ce mandat, mais prend sa retraite de chez Pathé en mai 1923.
Quittant l’industrie du film, Victor Dosse va reprendre l’activité du bois qui était celle de son père. Il fonde en juin 1924 à Montreuil-sous-Bois la Société d'ébénisterie et menuiserie d'art Dosse et Tricot (SEMA), qui installe son lieu de production à Joinville-le-Pont, rue Chapsal.
En mars 1927, le quotidien communiste L’Humanité en fait un exemple « Comment les pouvoirs publics travaillent à la diminution des salaires ». Le journal raconte « À la maison Dosse et Tricot, fabrique de meubles, rue [Chapsal], à Joinville-le-Pont, les ouvriers, en majorité des Russes Blancs ont déjà subi une diminution de salaire de un franc de l'heure. Dernièrement un ouvrier fut embauché au prix horaire de cinq francs, le samedi, la direction voulut payer ce camarade au prix de quatre francs, celui-ci refusa et exigea le tarif d'embauche. Se retrouvant à nouveau chômeur, il retourna se faire inscrire à la mairie, quelques jours après il recevait, une lettre de la rue des Tournelles, « fonds de chômage », l'avisant qu'il n'avait pas droit au secours de chômage, parce que, disait la lettre, il exigeait le tarif syndical ». L’organe communiste fait part de la protestation du syndicat des ébénistes.
Un grave incendie touche la fabrique de meubles en juin 1927. La société Dosse et Tricot est dissoute en juin 1928 mais Dosse poursuit son activité sous le nom des Établissements Dosse.
L’Union Amicale de Joinville-Champigny, association fondée en 1910 qui organise des concerts et des bals, a pour président Victor Dosse en 1923 et 1924. Il est également membre du Groupe de défense des riverains de la rivière de Polangis qui envoie, en janvier 1931, une lettre ouverte au maire, Georges Briolay, au sujet du curage de ce qui est, en fait, un canal. Elle reproche à l’élu radical-socialiste d’avoir manqué à un engagement électoral fait en 1928 en n’ayant pas procédé à ce nettoyage. Dosse participe, en juillet 1935, à la constitution de l’Association syndicale libre des propriétaires riverains de la rivière de Polangis.
Le 22 juin 1944, un avion américain B-17, de retour d'une mission de bombardement, est abattu par les batteries de la DCA allemande, installées dans l'hippodrome du Tremblay et dans le bois de Vincennes. Il s’écrase à Joinville et le corps d’un des aviateurs est retrouvé dans le jardin des Dosse à Joinville.
Victor Édouard Dosse meurt le 28 mai 1946 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et père de deux enfants. Son épouse et ses descendants ou neveux ont continué à assurer le fonctionnement des Établissements Dosse, toujours actifs en 1973 et contrôlés par la famille, ayant maintenu le siège à Joinville mais transféré son usine à Beaulieu, commune du Mériot (Aube). Sa fille, Reine Dosse, a été conseillère municipale puis adjointe gaulliste au maire de Joinville (1947-1959).
André Marcel Langat naît le 16 mai 1924 à Paris (13e arr.). Il est le fils d’Anaïs Antoinette Castan, originaire de Lozère, et de son mari Marcel Henri Langat, mécanicien. Ils vivent rue Domrémy puis rue du Château-des-Rentiers. Après-guerre, la famille s’installe à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Pinet, dans le quartier Schaken. En 1933, ils déménagent dans la ville voisine de Joinville-le-Pont, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves), dans le quartier de Polangis.
Exerçant la profession de mécanicien tourneur, André Langat s’engage en tant que résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Son père, Marcel Henri Langat (1896-1962), également mécanicien, fut aussi résistant.
Après la Libération en août 1944, André Langat est le secrétaire de la section de Joinville de l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF, act. Mouvement jeunes communistes de France, MJCF). À ce titre, il est membre du Comité joinvillais de la renaissance française. Le comité est présidé par Henri Drevet, adjoint radical-socialiste au maire de Joinville, le communiste Robert Deloche. Drevet est également le président du comité local de Libération.
N’ayant pas atteint l’âge de 21 ans qui lui aurait permis d’être éligible en 1945, André Langat est candidats aux élections municipales suivantes en novembre 1947. Il figure sur la liste Union républicaine et résistante, conduite par Deloche et qui regroupe les communistes avec des personnalités de gauche, notamment des radicaux-socialistes. Elle obtient un peu moins de voix, mais a 11 élus, soit autant que la liste du Rassemblement populaire français (RPF, gaulliste) ; c’est l’unique élu socialiste SFIO qui, en ralliant les communistes et les radicaux, permettra de reconduire une nouvelle fois la municipalité. Le RPF recueillait 3 066 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44%), les communistes et radicaux 3 017 (43,2%) et les socialistes 452 (6,8%).
Élu, Langat devient adjoint au maire ; les autres adjoints sont Drevet (radical-socialiste) François Decrombecque et André Blocher (divers gauche) ainsi que Léon Berthet (socialiste SFIO).
Ancien représentant du PCF, avant-guerre, auprès des communistes algériens et marocains Robert Deloche, résistant, est mis en cause par sa formation politique pour des raisons officiellement liées à son mode de vie. Il est exclu et démissionne début de son poste. C’est Langat qui, selon l’hebdomadaire Nouvelle Union régionale, en fait l’annonce au cours d’une « réunion revendicative des vieillards et des économiquement faibles » le 27 décembre 1952 à Joinville. Selon ce journal de tendance libérale, Langat prononce des « paroles sévères mettant en cause le maire. »
Deloche est remplacé, pour deux mois, en février 1953 par Amélie Trayaud, également ancienne résistante et communiste, doyenne du conseil municipal. Langat reste adjoint au maire.
Lors des élections municipales de mai 1953, Langat se présente sur la liste d'Union républicaine et résistante, qui rassemble les communistes, des radicaux-socialistes et des personnalités de gauche.
La liste communiste arrive en tête, avec une moyenne de 35,6% des votes valides et dix sièges, devant la liste divers-droite de Georges Defert (RGR, 22,1%, 6 sièges), les gaullistes de Pierre Calmon (RPF, 19,8%, 6 sièges), les socialistes de Léon Berthet (12,3%, 3 sièges) et les démocrates-chrétiens de Gaston Moutenot (MRP, 9,2%, 2 sièges). Avec 2 384 voix pour 6 748 suffrages exprimés (35,3%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits, Langat est réélu conseiller municipal. Il siège dans l’opposition, car Defert, appuyé par les élus RGR, RPF et MRP est élu maire.
Au sein des élus communistes, André Langat se fait remarquer par son activisme. Dès le lendemain du scrutin, la nouvelle municipalité décide d’expulser la section de Joinville de l’Union des vaillants et vaillantes – le mouvement d’enfants communiste – du baraquement qu’elle occupait dans le parc du dispensaire municipal, avenue du Président-Wilson, dans le quartier Palissy. Pendant le conseil municipal qui, fin mai 1953, évoque la question, Langat proteste et, avec deux autres élus communistes, Grésy-Aveline et Bideaux, ils entonnent le chant révolutionnaire La Jeune Garde pendant la séance.
Le mandat de Langat prend fin avec les élections municipales de mars 1959. La liste communiste, conduite par Henri Bideaux recueille 32,2% des suffrages exprimés au premier tour face à l’union des gaullistes de l’UNR, des démocrates-chrétiens du MRP et des socialistes SFIO (23,5%) et aux sortants de Defert (41,2%). Au second tour, ce dernier emporte avec 52,4% les 27 sièges à pourvoir, les communistes, qui étaient conduits par Henri Bideaux, ayant 34,1% et l’alliance de centre-gauche 13,1%.
La suite des activités professionnelles et politiques d’André Langat n’est pas connue.
Célébration de la Libération à Joinville-le-Pont en mai 1945
Pendant la deuxième guerre mondiale, François Decrombecque, qui n’est pas mobilisé du fait de son âge, continue d’exercer ses fonctions de syndic du conseil municipal. Il participe par exemple en décembre 1941 au « Noël du maréchal », organisé par le Secours national d’entraide du maréchal, nommé d’après le chef de l’État français, basé à Vichy, Philippe Pétain. Il poursuit également son activité de chronométreur de la Ligue de l'Ile-de-France au sein de la Fédération Française d'Athlétisme.
Lorsqu’un arrêté préfectoral, nomme, le 20 février 1942, les conseillers municipaux de Joinville, quatorze des vingt-cinq élus de l’Union républicaine sont reconduits. Mais pas Decrombecque ni le futur maire, Georges Defert.
À la Libération de la ville de l’occupation allemande en août 1944, Decrombecque devient membre du Comité local de Libération, présidé par Henri Drevet ; il y représente le mouvement Organisation civile et militaire (OCM). Il fait également partie du Comité joinvillais de la renaissance française, également présidé par Drevet.
Sur proposition du Comité local de Libération, et parès avis du Comité Parisien de la Libération, Decrombecque est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune. Le communiste Robert Deloche en est nommé président et fait fonction de maire ; en tant que vice-président, Decrombecque assume le rôle de troisième adjoint, aux côtés du communiste Malcouronne, du radical-socialiste Drevet et du socialiste SFIO Berthet.
Lors des élections municipales organisées par le gouvernement provisoire, auxquelles participent pour la première fois les femmes, en avril 1945, Decrombecque figure sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Deloche, qui l’emporte au 1er tour avec 61,7% des suffrages exprimés. Ce dernier est réélu maire et reprend comme adjoints Berthet, Drevet, Malcouronne et Decrombecque.
Au cours du scrutin suivant, Decrombecque figure toujours avec Deloche, sur sa liste d’Union républicaine et résistante. Elle arrive en seconde position, avec 3 017 voix pour 6 974 suffrages exprimés (43,3%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits. Cependant, elle obtient le même nombre de sièges, 13, que les gaullistes du Rassemblement du peuple français (RPF, 44%). Les socialistes SFIO ont un élu (6,5%) tandis que les démocrates-chrétiens du MRP n’en ont pas (5,8%). C’est le vote du socialiste Berthet qui permet la poursuite de la municipalité Deloche, dont Decrombecque est toujours l’adjoint.
En conflit avec le parti communiste, Robert Deloche démissionne et est remplacé en février 1953 par Amélie Trayaud, également communiste, qui devient brièvement maire de Joinville le 16 mars 1953 ; Decrombecque poursuit son mandat d’adjoint.
Le renouvellement complet du conseil municipal a lieu en avril 1953. Cinq listes se présentent : les gaullistes de Pierre Calmon (RPF), les dissidents de droite de Georges Defert (RGR), les centristes du MRP, les socialistes SFIO et une union communiste et radicale, comprenant notamment François Decrombecque, étiqueté divers-gauche. Avec dix sièges pour cette liste (36,3% des suffrages exprimés), contre trois SFIO (12,2%), deux MRP (9,2%) et six pour chacune des listes de droite (19,8% pour le RPF, 22% pour le RGR), la majorité au sein du conseil change de bord. Il était arrivé nettement en tête du vote populaire, avec 2 477 voix pour 6 748 suffrages exprimés (36,7%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Par comparaison, Defert n’avait eu que 1 529 votes. Cependant, il devient maire par 14 voix contre 13. François Decrombecque siège comme conseiller municipal d’opposition.
Après avoir siégé au sein du conseil municipal sous quatre régimes différents, François Decrombecque termine son mandat en mars 1959 lors du renouvellement du conseil municipal. Il aura siégé pendant 32 ans, dont 13 ans comme syndic et 9 ans en tant qu’adjoint au maire.
En 1959, il est toujours actif au sein de la Fédération Française d'Athlétisme.
François Decrombecque meurt le 7 août 1960 à Créteil (Val-de-Marne) où il était hospitalisé. Il était âgé de 75 ans et est inhumé à Joinville. Il avait obtenu de nombreuses décorations : la Médaille militaire en mars 1928 ; les Palmes académiques comme officier d’académie en février 1934 puis comme officier de l’instruction publique en décembre 1949 ; une mention honorable de la Mutualité en août 1934 ; la médaille d'or de l'Éducation physique en novembre 1936 ; le Mérite social en février 1938 ; le titre de commandeur de la Société de l‘encouragement public en octobre 1941.
Après la mort de Vel-Durand, c’est son premier adjoint, le serrurier Stephen Durande, qui est élu maire. Il prend la tête de la liste de concentration républicaine lors des élections municipales de mai 1929, faisant toujours face à des candidatures du parti communiste et du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay, tapissier. Au second tour, ce dernier emporte 22 des 27 sièges à pourvoir, en laissant cinq aux sortants, dont Decrombecque alors que Durande est battu. Decrombecque avait obtenu au premier tour 928 voix pour 2 126 suffrages exprimés (43,7%) sur 2 969 inscrits. Briolay devient maire avec une municipalité mêlant radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants.
Bien que dans l’opposition, il est désigné comme membres du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville-le-Pont lors de la constitution de cet établissement public en avril 1931. Il est également élu administrateur de la société de secours mutuels de sapeurs-pompiers de Joinville en octobre 1933 et en devient vice-président en novembre 1934.
En 1934, il associe la mairie à l’organisation du Grand prix de Joinville à la marche. Lors d’élections municipales complémentaires à Joinville en octobre 1934, une liste d’union entre les radicaux-socialistes et la droite emporte les dix sièges à pourvoir. Cette stratégie, soutenue par le député Adolphe Chéron (radical indépendant) et par certains de ses partisans comme Liou, est cependant contestée par la majorité des militants de droite dans la commune.
En mars 1935, le Comité d’union républicaine et d’action sociale, fondé en 1912, se transforme en Union des républicains de Joinville. En avril, il décide « de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Il assure qu’il a pris cette décision en « se souvenant des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons. »
En tant que conseil municipal, Decrombecque est signataire du programme de l’Union des républicains pour les élections municipales de mai 1935 : « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène ». Les candidats se présentent comme des « Hommes d’ordre et d’action. »
Le scrutin se déroule avec quatre listes présentes au premier tour : celle du maire, Briolay, associant radicaux-socialistes et socialistes indépendants, celle du parti communiste et celle du parti socialiste SFIO en plus de celle de l’Union des républicains sur laquelle se présente Decrombecque et qui compte neuf sortants.
Le résultat du premier tour place en tête l’Union des républicains avec 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines (26,8%), les communistes (23,5%) et les socialistes SFIO (12,3%). Decrombecque obtient 952 voix pour 2 856 suffrages exprimés (33,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.
Au second tour, la droite et les radicaux-socialistes maintiennent leurs listes, tandis communistes et socialistes fusionnent. Avec une assez faible avance, l’Union des républicains (40%) remporte 25 sièges pour deux communistes (39%) tandis que les radicaux-socialistes sont écartés (20%). Decrombecque est réélu avec 1 180 voix pour 2 899 suffrages exprimés (40,7%) sur 2 924 votants. Il devient syndic du conseil, une position qui le rattache à l’exécutif, et il est chargé des fêtes et sports. Léon Lesestre (droite, proche du Parti social français) est élu maire. Dans une déclaration post-électorale, les élus de droite se félicitent de ce que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »
Decrombecque est désigné comme électeur sénatorial en octobre 1935 puis de nouveau en mars 1938, toujours sur proposition du comité d’Union républicaine.
En décembre 1938, Decrombecque fait partie des personnes qui reconstituent une association, l’Espérance sportive de Joinville. H. Chabot en est le président et Decrombecque un des vice-présidents, avec un autre adjoint au maire, René Kirbühler. La nouvelle structure, qui adopte les couleurs verte et blanche pour son maillot, devient l’organisatrice du Grand-Prix international de marche, dont la 15e édition se tient en mai 1939. Il est administrateur de la société de secours mutuels la Mutualité scolaire de Joinville-le-Pont et continue d’être très engagé au sein de la Fédération française d’athlétisme. Son épouse est militante au sein de la société de l’Allaitement maternel, une des principales associations sociales laïques à Joinville.