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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Rey. (mise à jour)

Rentré en 1873 d’un service militaire marqué par la guerre contre l’Allemagne en 1870 et une expédition en Algérie l’année suivante, Louis Rey retourne en Ardèche, dans le village de ses parents, Le Cheylard. Il est cuisinier quand il épouse, en mai 1875 à Lyon (2e arr.) Marie Louise Eulalie Vénard, cafetière dans cette ville, originaire de Fay-le-Froid (act. Fay-sur-Lignon, Haute-Loire).

Rey vient à Paris cette même année 1875. En 1879, il est embauché comme secrétaire-archiviste à la Chambre syndicale des marchands de vin. Il s’inscrit la même année aux cours du soir des Arts-et-métiers. Il a pour professeur de chimie Charles Boutmy, membre de la Société des ingénieurs civils de France et M. Robinet, ce qui lui permet ensuite d’exercer le métier d’expert chimiste, toujours pour la Chambre syndicale.

Devenu un spécialiste des vins, Rey fait plus de 1 000 expertises par an selon un témoignage de 1908. À la tête de son laboratoire syndical, il oppose au laboratoire municipal parisien. En mars 1889, il demande le changement du directeur de cette institution, qu’il accuse d’incompétence, dans le quotidien La Lanterne. Deux mois plus tôt, ce même journal avait noté que de nombreux débitants de vin s’adressaient à lui après avoir voté pour le général Boulanger lors d’élections législatives partielles, en espérant qu’il allait les débarrasser du laboratoire municipal, et en ayant constaté que ce n’était pas le cas.

S’intéressant beaucoup à la législation viticole, Rey s’oppose notamment aux mesures visant à interdire le mouillage des vins avec de l’eau, une pratique courante, selon lui, mais critiquée par les viticulteurs du Midi de la France. Les marchands parisiens y voient au contraire un moyen de proposer un vin à meilleur marché avec un titrage d’alcool inférieur, pour des productions venant d’Espagne ou d’Algérie.

Sa réputation fait qu’il est nommé en 1905 par les ministres de l’agriculture et du commerce membre de la commission extra-parlementaire chargée d’examiner le règlement d’administration publique pour la répression des fraudes dans les denrées servant à l’alimentation des hommes et des animaux. Désigné également comme expert auprès du tribunal de la Seine, il refuse d’y siéger, faisant état d’un excès de travail.

Constructeur d'appareils scientifiques, Louis Rey est notamment l’inventeur d’un sulfatomètre de poche et à étagère en 1890 et, deux ans plus tard, d’un œnomètre. Il réunit instrument les deux modes les plus usités de dosage de l'alcool, alambic et ébullioscope.

Rey fut le fondateur en 1890 du Syndicat des chimistes et essayeurs de France. Il est en 1904 également le fondateur et administrateur d’une société d’assurance décès et d’achats en commun appelée Les Mille débitants et basée à son bureau du 32, quai des Célestins à Paris.

Les activités professionnelles de Louis Rey lui valent de nombreuses récompenses. Il participe à l’exposition universelle de Paris en 1889 et reçoit une médaille d'or en tant que collaborateur des syndicats. Également partie prenante de l’exposition universelle de Paris en 1900, il cumule une médaille d'argent d’économie sociale et une médaille de bronze pour publication. C’est également pour son travail dans le milieu vinicole que Rey est fait chevalier du mérite agricole en 1891 puis officier en 1904, décoré à chaque fois par les ministres en poste, Develle puis Mougeot.

À suivre.

L'œnomètre de Rey

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Caillon

Parallèlement à ses fonctions politiques, Louis Caillon exerce des fonctions dans la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il est vice-président en octobre 1933 puis, après le décès du président, Charles Provin, en mars 1934, assume lui-même cette fonction. Il est toujours en poste en novembre 1938.

La Ferme de la Faisanderie a été, le 18 avril 1929, annexée à la ville de Paris (12e arr.) avec le reste du Bois de Vincennes. Caillon se retrouve donc, à partir de cette date, âtre un résident parisien. Cependant, il conserve une adresse joinvillaise, dans le quartier de Polangis, avenue Galliéni.

En juillet 1930, le conseil municipal de Paris décide de l'affectation à l'École coloniale de l'emplacement occupé par l'École municipale et départementale d'horticulture et d'arboriculture et du transfèrement de cette dernière à la ferme de la Faisanderie. Ce qui entraîne une décision de non-renouvellement du bail dont Caillon était devenu attributaire, après cession par Gilbert Bandy de Nalèche. Caillon proteste contre cette éviction, avec le soutien d’Adolphe Chéron, député et ancien ministre (radical indépendant). Les recours n’aboutissent pas et reste en place et Caillon devra quitter son exploitation en 1935. Peu avant, un incendie détruit les écuries de la ferme de la Faisanderie, sous-louée par Caillon à un entraîneur, M. Alphonse Sourroubille, président de l'Association des jockeys de trot de France. Douze chevaux de course qui ont été brûlé vifs. L’origine criminelle de l’incendie est avancée par la police.

Au moment où il doit quitter son fermage, en février 1935, Caillon fait une nouvelle démarche juridique pour le prolonger, mais n’obtient qu’un délai de deux mois. Il tente également une action politique, s’adressant à Henri Dorgères (alias Henri-Auguste d’Halluin), en avril 1935, en même temps qu’il informe Gabriel Bureau, président de la Société des mutilés, réformés et anciens combattants de Joinville-le-Pont. Henri Dorgères, président du Front paysan, avait fondé les Chemises vertes, groupe à l’idéologie proche du fascisme italien.

Dans une lettre du 14 avril 1935, expédiée au siège du Front Paysan à Rennes (Ille-et-Vilaine), Louis Caillon explique à Dorgères qu’il est le « seul paysan dans la ville de Paris » et qu’il va être expulsé. Il assure que les clients de la Faisanderie ont adressé une pétition, jugeant le maintien de celle-ci plus utile à la santé de leurs enfants que les fleurs qui pourraient être produites par l’Ecole d’Arboriculture. Il mentionne des vœux en faveur du maintien de la ferme des maires des communes avoisinantes et du syndicat des docteurs en médecine de la région. Il se dit navré de l’attitude de la Ville de Paris et du préfet de la Seine, s’étonnant « de voir l’acharnement que mettent les hauts fonctionnaires » « à vouloir ruiner leur paysan ». Caillon souligne que sa « famille a payé son tribut à la Patrie » comme 950 000 paysans, une classe que Dorgères entendait protéger.

Après son départ forcé, Caillon s’installe dans son logement joinvillais et reprend une activité agricole dans la commune voisine de Champigny.

À suivre

La ferme de la Faisanderie

 

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 01:01

André Victor Giboin naît le 6 janvier 1876 à Paris 6e arr.). Il est le fils Léonie Louise Baron et de son époux Amédée Raimond Giboin, tapissier.

Faisant des études de médecine vétérinaire à Alfort (Seine, act. Maisons-Alfort, Val-de-Marne) il est diplômé en septembre 1897 puis est incorporé au service militaire, mais, du fait de sa profession, pour dix mois seulement. Il effectue par contre plusieurs périodes de réserve. Il s’installe en 1899 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) et y restera ensuite.

En janvier 1900 Giboin épouse à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) Jeanne Mathilde Pétillon. Il est, en 1904, directeur d’une société d'assurances mutuelles contre la mortalité des chevaux.

Vers 1904, il devient régisseur de l’ancienne ferme impériale, devenue ferme de la Faisanderie, qui se situe dans la partie du bois de Vincennes dépendant alors de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). La Ville de Paris, qui en est propriétaire, l’a mise en location et un officier de cavalerie, le comte Gilbert Bandy de Nalèche, est l’attributaire du bail selon l’historien Georges Bousquié.

En août 1906, ayant fait un pari avec son propriétaire, Giboin doit constater que la jument Lumière, une irlandaise rouanne âgée de neuf ans et appartenant au vicomte de Vaucelles, éleveur aux Genêts, à Donjeux (Haute-Marne), a été capable de franchir les 252 kilomètres qui séparent ce village de la gare de Joinville-le-Pont en 60 heures, arrêts et repos compris. Elle était en parfait état.

Il abandonne sa fonction dans la ferme de la Faisanderie, sans doute vers 1907, et Louis Caillon devient le régisseur. Giboin redevient vétérinaire à Vincennes.

Pendant la première guerre mondiale, Giboin est d’abord vétérinaire aide-major (sous-lieutenant) puis vétérinaire-major de 2e classe (lieutenant) dans des unités du train puis à l'abattoir de Dijon et ensuite à Orange. Après sa démobilisation, il devient vétérinaire honoraire, avec le grade de capitaine.

Moïse Louis Lignères, fabricant de voitures de course hippomobiles à Saint-Maurice, s’associe avec Giboin en mai 1928 pour créer une société, Lignères et Cie, qui produit des sulkys. Giboin détient 10% des parts ; il les revend à Lignères en mai 1931.

En 1941, lors de courses à Vincennes, Giboin, qui est le vétérinaire de la société du demi-sang officie au pesage des animaux.

André Victor Giboin meurt le 28 avril 1947 à Vincennes. Il était âgé de 71 ans. Il disposait de plusieurs décorations : chevalier du mérite agricole en août 1904 puis officier en janvier 1910 ; médaille de bronze de la mutualité en mars 1907 ; médaille de bronze du sauvetage pour avoir secouru un baigneur au large d'Arromanches (Calvados) en janvier 1908 ; Palmes académiques comme officier d’académie en janvier 1909.

Ferme de la Faisanderie

 

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 01:01

François Louis Gilbert Bandy de Nalèche naît le 26 décembre 1863 à Moutier-Rozeille, dans la Creuse. Il est le fils de Berthe Louise Gabrielle Lafond et de son mari, Louis Charles Léonard Bandy de Nalèche, avocat, homme de lettres, maire du Monteil-au-Vicomte et futur et député.

La famille de Nalèche, d’origine limousine et implantée dans la Creuse, connut une notoriété constante pendant près de deux siècles. François de Nalèche porte le titre de comte, obtenu par son père auprès du pape en 1861. Son frère cadet, Étienne, porte également le même titre.

Ayant rejoint la carrière militaire en 1884, comme plusieurs de ses aïeux, au 4e régiment de dragons, de Nalèche intègre en septembre 1888 l'école militaire d'application de cavalerie à Saumur, Maine-et-Loire. Il rejoint ensuite le 3e régiment de cuirassiers. En 1900, alors lieutenant, il est officier d’ordonnance du général commandant la 5e brigade de dragons. Passé par les 27e, 23e et 18e régiments de dragons, il est capitaine en 1904. Il démissionne en 1905.

Selon le professeur d'histoire Daniel Dayen, Gilbert Bandy de Nalèche était charmeur et bon vivant.

Vers 1890, Gilbert Bandy de Nalèche eut une relation avec l’actrice Sylviac, alias Marie-Thérèse Chauvin (1863-1947). Actrice de théâtre et auteur dramatique, originaire de Bordeaux et ancienne élève du Conservatoire national, Sylviac devint célèbre en 1904 pour ses aventures avec l’administration des téléphones. Ils eurent une fille, Françoise Gilberte qui devint cantatrice et actrice de cinéma célèbre sous le nom de Françoise Rosay, née en avril 1891. Gilbert de Nalèche la reconnut comme sa fille en mars 1936.

En septembre 1896, Gilbert de Nalèche avait épousé Marie-Anne Blanche Violette de Jannel de Vauréal, la sœur cadette de la femme de son frère Étienne. Ils auront deux enfants, Henri et Solange. Séparés de corps et de biens en 1916, ils divorcent en 1936.

Dès la période de son activité militaire, de Nalèche dispose de chevaux de course. Il en engage au moins sept dans des compétitions entre 1892 et fin 1912.

La ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), propriété de la Ville de Paris, est mise en location en 1904. De Nalèche en obtient le bail, selon l’historien Georges Bousquié ; il confie l’exploitation à un vétérinaire de Vincennes, André Victor Giboin.

Pendant la première guerre mondiale, Gilbert de Nalèche s’engage de nouveau malgré son âge de 51 ans. Il fut affecté au dépôt de remonte de nouveaux chevaux à Mâcon puis à celui de Fontenay-le-Comte, avant d'être envoyé comme acheteur au Haut-Commissariat de la République française aux États-Unis où il se rend, via New-York, en 1915. Il y rencontra peut-être Léon Osterrieth, attaché militaire de Belgique en 1918, comme lui officier de cavalerie, qui avait épousé en 1899 à Londres Sylviac, mère de sa fille aînée.

Après le conflit, il devient contrôleur des régions libérées de la Somme auprès de la préfecture de ce département. À ce titre, il accueille un groupe de 82 jeunes anglaises en août 1923.

Reprenant ses activités dans la remonte des chevaux, de Nalèche devient chef d'escadrons (commandant) en 1924. Il quitte l’armée en mars 1925.

Après en avoir fait la demande en avril 1919, de Nalèche obtient du préfet de la Seine, avec l’approbation du conseil de Paris, un nouveau bail de location de la ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il doit prendre en charge les fermages courus pendant la période de guerre. Il devait également engager des travaux de remise en état de l’ancienne ferme impériale. Cependant, il n’est pas certain que de Nalèche ait réellement assumé son rôle de fermier. En effet, en 1931, c’est le régisseur du domaine, Louis Caillon, qui est présenté comme le locataire, et qui proteste contre son éviction par la ville de Paris qui veut installer l’école d’horticulture sur son domaine.

La Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, en 1912

 

 

 

Pendant la deuxième guerre mondiale, il réside dans son château familial de Nalèche. Sa fille Françoise y séjourna un mois. Il épouse, en septembre 1941 à Paris (9e arr.) Andrée Léonie Louise Laillet. À la fin de la guerre, le château de Nalèche est pillé « par des résistants de la dernière heure », selon le quotidien La Montagne (2013/05/31).

Gilbert Bandy de Nalèche meurt le 26 février 1949 à Paris (18e arr.) ; il résidait ave sa seconde épouse place Adolphe-Max à Paris (9e). Son frère Étienne (1865-1947), n’eut pas de descendance. Sa fille Solange, née en 1905 était morte en 1933. Son fils Henri (1902-1979) fut le dernier à porter le titre comtal. Il n’eut semble-t-il pas d’enfant lui non plus. Seule la fille aînée de Gilbert de Nalèche, Françoise Rosay, eut trois garçons et des petits-enfants.

Gilbert Bandy de Nalèche était, depuis décembre 1918, chevalier de la Légion d’honneur.

Gilbert Bandy de Nalèche

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 00:01

Marie Victor Robin naît le 14 octobre 1784 Bard (act. Bard-lès-Époisses, Côte-d'Or). Il est le fils de Reine Martin et de son époux Jean Robin, vigneron. Présenté comme salarié, il épouse en septembre 1811 à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) Claudine Foignot, également salariée et fille de vignerons.

Peut-être faut-il le rapprocher de son homonyme, victime lors de la révolution de juillet 1830. La commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés attribue en effet en 1832 une aide à Robin (Marie Victor), après l’avoir inscrit dans la 1e classe des blessés de Paris (1er arr.)

Au moment du décès de celle-ci, en juin 1834, Marie Victor Robin et son épouse vivent à la ferme de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils sont cultivateurs. Avec son fils, Robin est également grainetier.

En février 1838, Marie Victor Robin se remarie avec Élisabeth Clémentine Guillet, fille du fermier de Polangis, Jean Simon Guillet. Lors du mariage, comme lors du décès de sa première femme, tous les témoins exercent ou vont exercer des responsabilités politiques : Pierre Ursin Marcellis, Louis Théodore Eugène Benoit, Eugène Napoléon Rozier, Jean Marie Molette et Louis Alphonse Chéret.

Marie Victor Robin devient lui-même membre du conseil municipal en août 1840. Il en démissionne en août 1843. Il est alors marchand de bois et réside rue du Pont, sur la rive droite de la Marne, ayant quitté la plaine de Polangis. Il quitte la commune, sans doute après 1848.

Marie Victor Robin meurt le 24 mai 1867 à Chelles (Seine-et-Marne) où il résidait, rue Saint-Georges, avec sa seconde épouse. Il avait 62 ans.

Il n’avait aucune parenté avec Jean Joseph Robin, qui fut maire de Joinville-le-Pont.

Vue de Polangis

 

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 01:01

Jules François Gaconnet naît le 12 août 1843 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Gravelle. Il est le fils d’Anne Célestine Cavin et de son époux Jean Alexis Gaconnet, alors jardinier puis plus tard nourrisseur (éleveur laitier).

Un décret du 2 mai 1868 rattachera une partie du quartier de Gravelle à la commune de Joinville-le-Pont. Jules Gaconnet réside cependant toujours dans la partie saint-mauricienne du quartier en juin 1870 lorsqu’il se marie, à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne), avec Élisabeth Julie Parot, cultivatrice. Il est alors épicier.

Fin 1870, la population des communes riveraines de la Marne se réfugie à Paris pendant les combats de la guerre franco-allemande. Les municipalités de Charenton-le-Pont, Maisons-Alfort, Joinville-le-Pont ou Saint-Maur s’installent provisoirement à Paris, contrairement à celle de Saint-Maurice qui, seule de son voisinage, reste sur place en septembre 1870. Le premier enfant du couple, qui en aura sept, naît le 1er mars 1871 à Paris, avant le début de la Commune de Paris (18 mars), les réfugiés rentrant alors dans les villes et villages périphériques.

Plusieurs Gaconnet sont mentionnés en 1875 comme participant aux souscriptions pour les inondés, suite aux importantes crues de la Marne, récoltées par le commissaire de police de la circonscription de Joinville (qui s’étend sur plusieurs communes, dont Saint-Maurice).

Devenu, comme son père et son frère Paul, nourrisseur, Jules Gaconnet réside à Saint-Maurice jusqu’en 1879. En 1880, il est installé rue du Canal à Joinville-le-Pont. Il va ensuite vivre rue du Pont, au centre-ville, où il est en 1886.

C’est probablement Jules Gaconnet qui va participer de manière active à la campagne des élections législatives des 4 et 18 octobre 1885. Les sources ne mentionnent que le patronyme, il pourrait donc s’agir aussi de son père, Jean Alexis Gaconnet, qui réside également rue du Pont à Joinville ; cependant, son âge (74 ans) et sa faible éducation (il sait difficilement signer de son nom) rendent cette identification peu probable. Il meut d’ailleurs peu après, le 8 janvier 1886.

Peut-être Gaconnet fait-il partie des candidats conservateurs qui ont pris part aux élections municipales de mai 1884 à Joinville ; ils ont alors obtenu une moyenne de 56 voix, contre une moyenne de 310 voix pour les candidats républicains et radicaux, élus sur la liste du maire Gabriel Pinson, soit respectivement 15 et 85% des suffrages exprimés.

En septembre 1885, Gaconnet est signataire d’un appel du Comité conservateur de la Seine, qui se présente comme « l'opposition conservatrice » et soutient une liste de candidats qui réclame « le rétablissement de la paix religieuse », s’oppose aux conquêtes coloniales et réclame l'allègement des charges publiques. Deux autres joinvillais signent ce document, diffusé dans plusieurs journaux comme Le Gaulois et la Gazette nationale, Arnoux et Costes.

Les conservateurs avaient organisé une réunion de soutien à la liste d’Édouard Hervé  et du baron Haussmann le 29 septembre 1885 au cours de laquelle un de leurs candidats, Georges Berry, conseiller municipal de Paris, a pris la parole. Gaconnet intervient également. Les radicaux et républicains, qui constituaient – selon leur journal local Voix des communes – la majorité des assistants, assurent que, malgré une infructueuse tentative de scander « vive l’empereur », c’est aux cris de « vive la République ! » que l’assemblée se sépare. L’hebdomadaire radical assure que Gaconnet « s’agite beaucoup, dès qu’il est à la tribune. »

Le scrutin législatif montre une progression, dans la commune de Joinville, des votes conservateurs, avec 130 voix au second tour (90 au premier), contre 365 aux républicains et radicaux sur 518 exprimés (soit respectivement 25 et 70%). Henry Vaudémont, dans Voix des communes assure que, au vu de ces résultats, « Gaconnet jubile de plus en plus. »

Le dernier enfant de Jules Gaconnet naît en novembre 1887, mais meurt le 9 décembre. Lui-même décède le 15 décembre 1887 à Joinville. La proximité des deux dates peut faire penser à une maladie contagieuse ou à un accident domestique. Il était âgé de 44 ans.

Son épouse continuait, en 1891, l’exploitation laitière à la même adresse de la rue du Pont à Joinville, où elle résidait avec leurs cinq enfants survivants et deux domestiques.

Vue de la rue du Pont

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 01:01

Eugène Jean Baptiste Jodelay naît le 16 février 1853 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Appoline Mottu, couturière, et de son époux, Félix Alexandre Jodelay, jardinier, originaire de l’Indre.

Devenu piqueur des ponts et chaussées pour la mairie de Paris (agent technique, surveillant de travaux), Jodelay épouse en mai 1876 à Paris (1er arr.) Marguerite Orlhac, lingère ; elle décède en janvier 1880, après avoir donné naissance à une fille. Jodelay se remarie, en avril 1881 à Paris (7e arr.) avec une cousine germaine, Alix Jeanne Charlot, couturière. Elle met au monde 12 enfants entre février 1882 et avril 1896, dont trois fois des jumeaux.

Travaillant d’abord au service de la Voie publique il passe à celui des Promenades et plantations en 1886, devient agent comptable du dépôt de matériaux de la rue des Bernardins en 1890, à la direction des services d'Architecture en 1901 et prend sa retraite en 1903 en qualité d’adjoint technique principal des Promenades et plantations.

Si son salaire est celui d’un contremaître de la fonction publique, Jodelay semble avoir des difficultés à loger sa grande famille. Il réclame et obtient plusieurs secours entre 1899 et 1901. Les Jodelay déménagent fréquemment, puisqu’on leur connaît douze adresses entre 1876 et 1902, dans les arrondissements du sud de Paris, à Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine), à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils se fixent dans la Ferme de la Faisanderie, au sein du Bois de Vincennes. Eugène Jodelay y élève ses enfants après le décès de sa femme en 1909 ; son frère, Jules Alexandre, également ancien piqueur des ponts et chaussées pour la mairie de Paris, réside avec lui.

Parallèlement à son activité d’employé, Jodelay est également un inventeur. Il est félicité et récompensé par le conseil municipal de Paris en mai 1894 pour avoir mis au point un nouveau collier de joints de tuyaux d'arrosage à la lance, invention dont il laisse le bénéfice à la Ville, ne voulant en tirer aucun profit personnel. C’est le fournisseur de la commune, Dalifol et Cie, qui prend, en son propre nom, un brevet d’invention. Il fonde en 1895 la société Laurens, Jodelay et Tournel, qui exploite un système d'arrosage antiseptique (brevet d’avril 1894) et un procédé de mélange automatique de liquides avec de l'eau sous pression (brevet de juillet 1894). Les brevets sont protégés dans de nombreux pays (États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Espagne). Ils font l’objet de commentaires favorables lors du premier congrès d’assainissement et de salubrité, tenu à Paris en 1897.

Pendant la première guerre mondiale, Jodelay devient vice-président du Comité d’action agricole, mis en place à l’initiative de Chavignot, ingénieur et propriétaire du domaine de Polangis à Joinville. Formé en avril 1917, le comité attribue des parcelles de 300 à 400 m² aux habitants de la commune souhaitant mettre en place des jardins potagers. Toutes les demandes ont pu être satisfaites et environ 200 jardins sont établis dont 198 sur les terres de Chavignot. Ils couvrent 6,16 ha, plus 5,58 ha attribués aux soldats soit au total près de 12 hectares. En juillet la même année, le ministre de l’agriculture, Fernand David, vient visiter les jardins et leur fait attribuer du fumier de l’armée.

Eugène Jodelay participe à la distribution des lots et prodigue des conseils notamment dans l’hebdomadaire la Gazette de l’Est, où il tient une rubrique régulière. Il était, depuis juillet 1911, chevalier du mérite agricole.

C’est sans doute Eugène Jodelay (mais ce peut également être son fils Paul) qui est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant conduite par Jules Beauvais, conseiller municipal. La liste s’oppose à celle d’Henri Vel-Durand, radical dissident, qui rassemble des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, et à celle de parti socialiste SFIO. Au premier tour, Jodelay a 431 voix sur 1 694 suffrages exprimés (25,4%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour, qui voit la victoire d’Henri Vel-Durand, élu maire.

Eugène Jodelay meurt le 13 février 1927 à Joinville. Il était âgé de 73 ans. Parmi ses 13 enfants les 4 garçons auront un rôle public.

L’aîné de ses fils, Paul (1884-1936), préside le club Joinville Sportif, se présente à plusieurs reprises lors d’élections municipales et est élu en 1935. Son deuxième garçon, Jean Isidore (1891-1914), comptable, meurt au début de la première guerre mondiale le 10 décembre 1914 à Zillebeke, en Flandre-Occidentale (Belgique).

Ses deux derniers fils, les jumeaux Henri Marcel (1896-1969) et Eugène André (1896-1968) seront tous deux également administrateurs de Joinville Sportif. Le premier est, comme son père, un inventeur, faisant breveter en avril 1930 un moteur à explosion à propulsion circulaire. Le second est fonctionnaire au ministère des affaires sociales, au secrétariat général de la main-d’œuvre.

La Ferme de la Faisanderie en 1912

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 01:01

Henry René Blancart naît le 24 juillet 1894 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Marie Alexandrine Neyen, tapissière de 23 ans et de Jean Baptiste Louis Joseph Blancart, tapissier également et de 30 ans son aîné.

Pendant la première guerre mondiale, Blancart sert dans la 24e section d'infirmiers militaires, à l’hôpital militaire VR 62 d’Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est décoré en mai 1916 de la médaille d’honneur des épidémies.

Devenu éleveur de chevaux de course au trot et journaliste dans la presse hippique, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue Bernier, à proximité de l’hippodrome de Vincennes. En 1923, il est un des responsables du Club athlétique de Joinville (CAJ), principale structure omnisports de la commune qui organise notamment une course célèbre, la Traversée de Joinville à la nage. Il épouse, en janvier 1926 à Paris (11e arr.) Marie Angèle Pierrot, de 14 ans son aînée.

Henry Blancart est réélu secrétaire de L’association des propriétaires-éleveurs de chevaux de course au trot en France lors d’une assemblée générale tenue à Joinville en février 1927. Il est l’un des fondateurs du syndicat d’initiative de Joinville en décembre 1930, sous l’impulsion de Georges Scornet, adjoint au maire et président du CAJ.

Lors des élections municipales de mai 1929, Blancart est candidat à Joinville sur la liste de l’Union républicaine et démocratique du maire sortant, Stephen Durande. Il obtient au premier tour 877 voix pour 2 126 suffrages exprimés (41,2%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, la liste de droite avec 41,6%, perd du terrain face au cartel des gauches de Georges Briolay, qui est en tête avec 45,9% tandis que les communistes, qui se sont maintenus, sont à 12,5%. Les gauches ont 22 élus tandis que la droite se contente de 5 et que la liste communiste n’en a pas. Blancart n’est pas élu.

Henry René Blancart meurt le 24 janvier 1996 à Saint-Maurice (Val-de-Marne). Il était âgé de 101 ans.

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 01:01

Jean Béal naît le 24 août 1883 à Riom-ès-Montagne, dans le Cantal. Il est le fils d’Élisabeth Bourgeade et de son époux Antoine Béal, vacher.

Après la mort de son père en octobre 1896, c’est le fils aîné Antoine qui gère l’exploitation familiale dans laquelle Jean est agriculteur. Une curiosité dans la fratrie : sa sœur cadette naît en décembre 1887 sous le prénom d’Antoine, étant déclarée de sexe masculin ; il faudra un jugement rendu en décembre 1924 par le tribunal civil de Mauriac (Cantal) pour que son genre soit modifié et son prénom changé en Eugénie, tel qu’il était déjà en usage dans la famille. Jean Béal restera lié à sa sœur, qui l’accompagnera en région parisienne.

Incorporé au service militaire en novembre 1904, Jean Béal est décrit comme étant d’une taille de 1,69m, portant des cheveux blonds et ayant des yeux bleus. Il est incorporé au 139e régiment d’infanterie à Aurillac, Cantal. Il devient caporal et moniteur d’escrime en septembre 1906. Il est démobilisé en juillet 1907.

Il quitte l’Auvergne pour s’installer à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1908. Comme beaucoup d’originaires du Cantal, il va travailler dans les boissons et la restauration. Il est d’abord ouvrier distillateur, puis garçon de magasin et enfin marchand de vins. En octobre de la même année, toujours à Ivry, il épouse Anne Pommarat, domestique à Paris, place des Vosges, dont les parents sont cultivateurs à Menet, village voisin de Riom. Ils s’installent en décembre 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils exploitent un café rue du Pont.

En décembre 1911, Béal est condamné à des amendes par la 8e chambre du tribunal civil de la Seine pour falsification de vins, mise en vente de vins falsifiés et fraude sur les droits de régie. Il sera ensuite réhabilité de ce délit.

Ayant déménagé en octobre 1913 dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avenue du Grand-Chêne, Jean Béal est mobilisé en août 1914, quelques jours avant la naissance de son troisième enfant. Il est fait prisonnier un mois plus tard, le 19 septembre 1914 et est interné au camp d’Erfurt (Thuringe, Allemagne). Il y restera plus de quatre ans, puisqu’il n’est libéré que le 24 décembre 1918 et rentre en France le lendemain, affecté au centre de Vincennes. Pour avoir tenté de s’évader, même sans y réussir, il sera décoré en décembre 1928 de la médaille des évadés avec citation à l’ordre du régiment. Il obtient la médaille militaire en mai 1933.

A suivre.

Jean Béal en 1943

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 00:01

Claude Marin Thierry Mathieu naît le 13 novembre 1760 à Sucy-en-Brie (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Anne Besnard et de son époux Claude Mathieu. Il est laboureur dans la plaine de La Varenne-Saint-Maur.

Le cahier de doléances des « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés », est rédigé en prévision des états généraux convoqués par le roi Louis XVI ; il est daté du 14 avril 1789.

Pour l’historien Henri Pouvereau, ce texte « formule des plaintes naïves — le roi tout puissant n'est-il pas une manière de Dieu? — à propos des inondations de la Marne qui déracinent tous les grains et transportent de la vase et du sable ; des années de sécheresse, qui sont plus redoutables encore; du terrain sablonneux qui rend les charrois trop pénibles. — Ah! Si Sa Majesté faisait construire « un pavé» comme tout irait mieux!

Par contre, le ton devient plus âpre quand se trouvent relatés les multiples dégâts occasionnés par le gibier et par « Messieurs les gentilshommes » invités du prince de Condé qui saccagent à plaisir et se rient des poursuites judiciaires. Que justice égale soit rendue aux petits comme aux grands! Que le droit de chasse soit limité!

« Enfin, et pour tant de malheurs, qu'une diminution d'impôts soit accordée à la paroisse. »

Le cinquième signataire du cahier de doléances est mentionné en tant que « Matthieu » sur le manuscrit de ce document. Il est très probable qu’il s’agisse de Claude Marin Mathieu. Si plusieurs Mathieu sont connus à la même époque dans la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur (Nicolas, Jean Claude, Nicolas Hubert, Claude Hubert), Claude Marin Mathieu qui, lui, réside à La Varenne est le seul à jouer un rôle politique dans cette période.

Les autres signataires sont Jean Charles Dessaint, blanchisseur au port de Créteil, Jean Buchot, journalier dans le même village, Jean Jacques Géant, laboureur à La Varenne, Jacques Maurice Bouillon, aubergiste au même lieu, Claude Martin Claudin, berger toujours à La Varenne et Louis-Philippe Riguet, laboureur au port de Créteil.

Le village de La Varenne est au centre d’une péninsule, en réalité presque vide, qui constitue aujourd’hui le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. La paroisse Saint-Hilaire, dont il est le siège, compte pour environ 99% du territoire de la future commune. Mais par rapport aux 560 habitants de Saint-Maur et aux 410 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont), les 80 résidents de La Varenne ne pèsent guère, même en y ajoutant les autres hameaux comme celui du Port de Créteil.

Une grande partie de la population se prononce en faveur d’une union des deux paroisses de Saint-Maur et La Varenne, au cours d’une assemblée tenue le 30 janvier 1790. Claude Marin Mathieu, figure peut-être dans les municipalités élue en 1790 et 1791 à La Varenne (dont les listes ne sont pas connues). Il est ensuite notable dans la municipalité unifiée de Saint-Maur élue en décembre 1791.

En mars 1791, il épouse Marie Marguerite Joret (ou Jorray) dans la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne. Ils auront au moins deux enfants.

Devenu charretier, Claude Marin Mathieu meurt le 11 février 1818 à La Queue-en-Brie, (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Il était veuf et âgé de 58 ans.

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