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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 00:01

Louis Achille Delobel naît le 9 septembre 1862 à Paris (17e arr.). Il est le fils de Catherine Adélaïde Léontine Bardou et de son mari, Louis Marie Achille Delobel, menuisier.

Élève de l'École normale à seize ans, il fut instituteur de la Ville de Paris depuis l'âge de dix-neuf ans. Il se marie en janvier 1885 à Paris (7e arr.) avec Emélie Constance Courtois. Ils vivent boulevard de la Tour-Maubourg.

Parallèlement à son travail d’enseignant, Delobel a une activité scientifique. Il contribue au Nouveau dictionnaire des sciences et de leurs applications, paru en quatre volumes chez Delagrave à Paris entre 1890 et 1910. Il était dirigé par Paul Poiré, Rémy et Edmond Perrier ainsi qu’Alexandre Joannis. Achille Delobel est également membre de la franc-maçonnerie.

Toujours instituteur, Delobel est nommé en banlieue. Il réside en 1896 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où son épouse s’engage dans une association humanitaire, la société de l’Allaitement maternel. Lui-même se préoccupe des ravages que fait la tuberculose chez les instituteurs et institutrices. Il sera le fondateur de la Société antituberculeuse de l'enseignement primaire dont il restera le trésorier.

Revenu à Paris, vers 1900, la famille Delobel réside boulevard Beaumarchais (11e arr.). En plus de son rôle dans la Société antituberculeuse, Achille Delobel se préoccupe de favoriser l’envoi des petits parisiens à la mer, à la montagne et à la campagne. Après avoir présenté un rapport sur ce sujet aux élus de la capitale, il constitue l’Œuvre des colonies scolaires de vacances, dont il est le fondateur et le trésorier en 1904.

Il publie en 1906 un Annuaire de l'enseignement primaire du département de la Seine, Paris 1906.

Achille Delobel meurt le 27 juin 1906 à Paris (11e arr.). Il était âgé de 43 ans et père d’une fille. Il enseignait à ce moment à l’école de la rue Popincourt.

Le jour même de sa disparition paraît un ouvrage qu’il avait écrit avec le Docteur Henri Triboulet, médecin des hôpitaux de Paris : Les Œuvres de l'enfance. Et une semaine plus tard était inauguré le dispensaire pour lequel il s’était mobilisé depuis dix ans. La Revue philanthropique lui consacre une longue notice d’hommage en septembre 1906.

Dans ses œuvres, Achille Delobel défendait une vision hygiéniste et optimiste de son métier et de la société : « À l'aurore du vingtième siècle, quand l'évolution sociale s'accentue de plus en plus dans le sens de la solidarité et de la fraternité, le médecin et l'instituteur, ces représentants autorisés de la devise : Mens sana in corpore sano, auront l'honneur d'être les premiers dans la marche en avant pour un avenir meilleur ». Le conseil municipal de Paris lui rend hommage en assurant qu’il « fut donc non seulement un excellent maitre, mais en dehors même de sa mission d'éducateur un citoyen utile à la société » et octroie un secours à sa veuve, laissée sans ressource.

Poursuivant son engagement social, son épouse recevra plusieurs médailles pendant la première guerre mondiale pour son activité d’infirmière.

Il n’y a pas de lien entre Achille et Emélie Delobel et Fénelon Delobel, qui vécut à Joinville une dizaine d’année avant leur arrivée.

 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 10:14

François Jean-Baptiste Jupille naît le 30 novembre 1869 à Port-Lesney (Jura). Il est le fils d’Adélaïde Chartron, cultivatrice, et de son époux Denis Jupille, employé de chemin de fer. Ce dernier sera ultérieurement garde-champêtre dans le village proche de Villers-Farlay, également dans le Jura. À 15 ans, Jean Baptiste Jupille est berger dans ce village.

En octobre 1885, le berger Jupille a été mordu par un chien enragé alors qu’il essayait de maîtriser une « bête furieuse » s’attaquant à des enfants à Villers-Farlay dans le Jura. Le maire du village demande alors à Louis Pasteur (1822–1895), professeur à l'École normale supérieure de Paris, de tenter le traitement anti-rabbique qu’il était en train de mettre au point sur Jupille.

Émile Mâle, historien de l’art religieux (1852–1904), raconte ainsi les évènements : « L’année [1885] s’avançait lorsqu’un grand événement bouleversa l'École. Louis Pasteur savait qu’il avait découvert le vaccin de la rage, mais il n’en avait pas encore fait l’application à un homme. On lui amena un matin dans son laboratoire de l'École un jeune berger nommé Jupille, qui venait d’être mordu par un chien enragé. La médecine ne pouvait que le laisser mourir. Pasteur, profondément ému, sentait que s’il réussissait, il apportait aux hommes un présent sans prix, le vaccin. Pendant les jours d’incubation, l'École entière fut dans l’anxiété ; mais quand nous apprîmes le succès, ce fut une joie débordante. Nous sentions que nous venions d’assister à un des événements de l’histoire du monde et nous étions fiers de notre grand ancien, dont tous les peuples allaient bientôt répéter le nom. »

Jean-Baptiste Jupille est le deuxième vacciné après l’alsacien Joseph Meister (le 8 juillet 1885). Ses injections ont été effectuées au laboratoire de Pasteur à l'École normale supérieure, rue d'Ulm à Paris, la première le 20 et la dernière le 30 octobre 1885.

Plusieurs scientifiques et historiens ont contesté la réalité des faits et l’attitude de Louis Pasteur lors des deux premières guérisons. Certains affirment que le chien qui avait mordu Jean-Baptiste Jupille n’était pas atteint de la rage. Des comptes rendus validés par l’Académie des sciences, dès 1885, ont pourtant accrédité la version de Pasteur.

Grâce à l'intervention de Pasteur devant l'Académie Française dont il est membre, Jean-Baptiste Jupille se voit décerner le Prix Monthyon (1 000 francs), destiné à « récompenser un Français pauvre qui se sera fait remarquer par une action héroïque. »

Il devient ensuite employé à l'Institut Pasteur, créé par le savant à Paris (15e arrondissement) comme laborantin puis concierge et enfin gardien-chef. Il y retrouve le premier vacciné, Joseph Meister.

En novembre 1894 à Ervy-le-Châtel (Aube) Jean Baptiste Jupille épouse Alexandrine Armandine Guerbet, dite marie, cuisinière.

Il s’installe avec son épouse en 1918 dans une maison du quartier de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il prend sa retraite en juillet 1922 et y décède le 29 septembre 1923. Il était âgé de 54 ans et père de trois enfants. Il est enterré au cimetière communal.

Le sculpteur Émile-Louis Truffot a réalisé une statue montrant sa lutte avec le chien enragé, installée d’abord à l’Institut Pasteur puis sous la voûte de la crypte mortuaire de Pasteur, installée au sein de l’Institut. La commune de Villers-Farlay a installé une fresque sur le mur de la mairie représentant Jupille. Elle a également donné son nom à une rue du village. La commune de Joinville-le-Pont avait donné en septembre 1995 le nom de Jean-Baptiste Jupille au centre municipal de santé ; il a été fermé en décembre 2003.

L'Académie Française lui avait décerné le Prix Monthyon (1 000 francs), destiné à « récompenser un Français pauvre qui se sera fait remarquer par une action héroïque ». Un billet de cinq francs a été émis le 5 mai 1966 par la Banque de France et est resté en circulation jusqu'en 1972 où Jean-Baptiste Jupille apparaît à l’avers du billet, dans la reproduction du bronze sculpté par Émile-Louis Truffot.

Jean-Baptiste Jupille

 

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