Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
7 juillet 2023 5 07 /07 /juillet /2023 01:01

Suite de la biographie de Frédéric Voinot

En février 1914, Frédéric Voinot accède à la fonction de commissaire de police des communes de la Seine. Son premier poste est celui d’Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis), qu’il connaît déjà puisqu’il y servait, en tant que secrétaire, en 1910.

Il doit gérer, en mai 1914, un conflit « Entre rouges et jaunes » selon le quotidien Le Voltaire. Un terrassier aurait roué de coups un de ses camarades parce qu’il refusait d’adhérer au syndicat.

Au cours de la première guerre mondiale, les commissaires de police sont mobilisés à leur poste. Cependant, pour des raisons administratives, la situation de Frédéric Voinot est incomprise de l’administration militaire. Elle considère que, comme il n’a pas récupéré son ordre de route en août 1914, il doit être déclaré « insoumis », ce qui est fait en novembre 1915. Il sera cependant rayé des contrôles de l’insoumission en novembre 1915, l’armée reconnaissant l’y avoir inscrit à tort. Son statut de réformé pour raisons de santé sera d’ailleurs confirmé en octobre 1919.

Pendant le conflit, il entreprend de réformer son commissariat d’Aubervilliers, en y créant, en avril 1917 un service spécial de sûreté, chargé de réprimer les vols et agressions à main armée. Il réalise des battues de nuit sous la conduite d’un sous-brigadier.

La même année, en août, Voinot est nommé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il participe à une collecte humanitaire en octobre 1917, lors des Journées joinvillaises. Il sera le dernier titulaire du poste de commissaire de police de Joinville. En effet, le commissariat, créé en 1874, comprenait une vaste circonscription, incorporant des villes nettement plus grandes, notamment deux chefs-lieux de cantons, Saint-Maur-des-Fossés et Nogent-sur-Marne, qui réclamaient d’avoir leurs propres postes.

Un arrêté de mars 1919 leur donne satisfaction, supprimant la circonscription de Joinville au profit des deux nouvelles entités. Voinot est désormais chargé de la circonscription de Saint-Maur-des-Fossés, nouvellement recrée, car elle existait déjà sous le second Empire.

Promu commissaire de police de la Ville de Paris, Voinot est affect en mai 1921 au quartier de Picpus (12e arr.). Il y reste un an, rejoignant en juin 1922 le quartier des Ternes (17e arr.). Il doit gérer en août 1929 une manifestation de cinq cents personnes, organisée par l’Association défensive des commerçants parisiens, qui protestaient contre l’expulsion, sans indemnité, d’un marchand de cycles par le propriétaire de son magasin. Un accord fut finalement trouvé par le secrétaire de l’Association et les protestataires qui avaient été arrêtés furent relâchés sans poursuites.

Voinot exerce toujours la fonction de commissaire de police du quartier des Ternes en août 1934. Il se retire sans doute en 1938 car, lorsqu’il se voit attribuer la Légion d’honneur fin août 1939, il est présenté comme retraité.

Cependant, il reprend du service au cours de la deuxième guerre mondiale. Il est, en avril 1940, commissaire de police d’Ivry. Puis, on le retrouve, en février 1942 dans son ancienne fonction à Aubervilliers, et il l’exerce toujours en décembre 1943.

Sans qu’il soit possible de faire un lien avec le commissaire Voinot, on note la nomination d’un certain Frédéric Voinot, en avril 1941, comme membre de la délégation spéciale instituée dans la commune de Lamorlaye (Oise) pour remplacer le conseil municipal dissout. Il en démissionne en septembre la même année.

Pour sa part Frédéric Théodore Voinot meurt le 4 janvier 1949 à son domicile du boulevard Saint-Germain de Paris (5e arr.). Il était âgé de 72 ans et n’avait pas eu d’enfant vivant.

L’hebdomadaire communiste, dirigé par le maire d’Aubervilliers et ancien ministre, Charles Tillon, le Journal du Canton d’Aubervilliers, publie le 15 janvier l’article suivant : « Nous apprenons que vendredi 7 janvier, à 9 h. 30, a eu lieu l’inhumation à Dugny, du sieur Voinot, commissaire de police d’Aubervilliers sous l’occupation. Il laisse le souvenir de l’activité néfaste qu’il mena contre les patriotes. Chacun se rappelle, en particulier, les menaces qu’il adressait à la population qui déposait des fleurs sur les tombes des aviateurs alliés. »

Fin

Ancien commissariat de police de Joinville-le-Pont, adjacent à la mairie

 

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2023 3 05 /07 /juillet /2023 01:01

Début de la biographie de Frédéric Voinot

Frédéric Théodore Voinot naît le 2 avril 1876 à Paris (17e arr.). Il est le fils de Lucie Brismontier, et de son époux, Frédéric Auguste Voinot, capitaine en retraite, officier de la Légion d’honneur. Ses parents, mariés en mars 1875, ont une importante différence d’âge, son père ayant 58 ans et sa mère en comptant 32. Ils vivent boulevard Pereire.

Alors que ses parents vivent à La Flèche (Sarthe) Frédéric Voinot entreprend des études ecclésiastiques au séminaire catholique du Mans, dans le même département. Il s’engage dans l’armée pour trois ans en novembre 1896 et est affecté au 117e régiment d’infanterie. Cependant, conformément aux dispositions légales eu égard à son statut d’étudiant, il est mis en congé au bout d’un an. Après avoir fait une période dans le cadre de la réserve en juillet 1898, il passe en novembre devant une commission qui le réforme, à cause de « varices noueuses remontant au jarret. »

Renonçant à sa vocation religieuse, il se réinstalle à Paris, devient employé et épouse, en décembre 1901 à Paris (9e arr.) Marie Louise Garneret. Elle accouchera, en janvier 1903, d’un enfant mort-né.

Embauché par la préfecture de police le la Seine, sans doute en 1906, Voinot est en 1908 secrétaire du commissariat de Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), c’est-à-dire adjoint du commissaire. Le quotidien Le Journal écrit en septembre « il s'est fait remarquer par son énergie et aussi son habileté à diriger les affaires. »

Pour la presse, c’est son comportement qui fait que le préfet de police Louis Lépine le propose pour remplir les fonctions de chef de la police de la concession française de Tien-Tsin (ou Tientsin, Chine, act. Tianjin). Après son agrément par le ministre des affaires étrangères, Stephen Pichon, il rejoint son poste en octobre 1908.

La grande ville chinoise, port important, accueille alors huit concessions internationales : Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie.

La France dispose de quatre concessions à l'intérieur de villes sous souveraineté chinoise à Canton, Hankéou, Shanghai et Tien-Tsin, cette dernière depuis un traité de juin 1858. Les territoires sont administrés par un conseil municipal et par un consul, qui le préside.

Le consul général de France à Tien-Tsin est, depuis 1906, le poète et écrivain Paul Claudel, à ce titre chef de la concession française dans cette cité. Il est en conflit avec le secrétaire de mairie, un anticlérical qui envoyait des lettres de dénonciation au Quai d’Orsay, lui reprochant de recevoir trop de missionnaires. Claudel a connu depuis une douzaine d’années plusieurs postes diplomatiques en Chine. Il semble ne guère aimer Tien-Tsin : « C’est vraiment de la lisière de pays, comme on dit une lisière d’étoffe toute mangée par le sable et l’eau salée. »

Il avait sollicité le préfet Lépine pour l'organisation des services de police dans la concession. Voinot reçoit pour mission « d'organiser des services sanitaires, de détectives et d'identité judiciaire ». La presse espère qu’il fera « respecter les droits des Français », selon elle « si souvent menacés par les bandits chinois ». Pendant son séjour, le consul Claudel accueille, en juin 1909, un autre poète, Victor Segalen, médecin de la Marine. La mission de Voinot se termine avec son retour en février 1910. Il est probable qu’il rencontre en mars une délégation japonaise, venue étudier à Paris l’organisation de la police française.

Réintégré dans emploi antérieur, Voinot est secrétaire au commissariat d'Aubervilliers puis promu, en août 1910, à celui du quartier de la Sorbonne à Paris (5e arr.). Il est muté en mai 1911 au commissariat du quartier de la Maison-Blanche (13e arr.). Il devient, en novembre 1913, inspecteur principal des gardiens de la paix.

À suivre

Le commissariat de la concession française de Tien-Tsin

 

Partager cet article
Repost0
3 juin 2023 6 03 /06 /juin /2023 01:01

Charles Joseph Ferdinand Léger naît le 19 octobre 1877 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il est le fils de Marie Marguerite Bague et de son époux, Eugène Auguste Léger, architecte. Ils vivent rue de Lodi. Son père meurt deux ans plus tard, en décembre 1879, à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Sa mère, institutrice à Létra (Rhône), décède en janvier 1893, alors qu’il a 15 ans. Il est alors placé sous la tutelle de Victor Eugène Joseph Droulans, agent d’assurance, résidant à Paris (15e arr.), rue de Cambronne, natif de Douai, âgé de 33 ans, qui ne semble pas lui être apparenté. Joseph Léger est placé en tant qu’apprenti jardinier dans la ferme-école du Beaufroy, à Mirecourt (Vosges), en juillet 1893. Il s’enfuit nuitamment de l’établissement en avril 1894, muni d’un faux certificat qui lui sert à se faire embaucher, en mai chez M. Breton, propriétaire à La Varenne-Saint-Hilaire, dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Denfert-Rochereau.

Le 3 juillet 1894, Joseph Léger, alors âgé de 16 ans, est arrêté par des agents et interrogé par Louis Soullière, commissaire de police à Joinville-le-Pont, siège du bureau de la circonscription. Il a été dénoncé par le propriétaire, qui se serait inquiété de l’avoir vu préparer des manipulations chimiques dans son logement.

Dans un contexte où la crainte d’attentats était forte en France, la presse s’empare du sujet. On retrouve dans les quotidiens archivés en ligne une trentaine de journaux parisiens ou de province qui consacrent des articles, souvent assez longs avec parfois des reportages sur le sujet.

Une perquisition est faite dans la chambre de Joseph Léger, qui permet d’identifier « une boîte cylindrique en fer-blanc » ainsi que « des tas de petits paquets contenant des substances explosibles », selon ce que rapporte une grande partie des journalistes. La tonalité majoritaire des papiers s’accorde pour estimer que Joseph Léger était en train de préparer une bombe.

Les titres consacrés au fait-divers parlent de « La bombe de la Varenne » ou de « Joinville-le-Pont », du « jardinier anarchiste ». Plusieurs titres assurent que Léger « avoue ses convictions anarchistes », mais sans en préciser la teneur ; L’école de Mirecourt est qualifiée de « repaire d'anarchistes » tandis que Léger aurait « dénoncé ses deux maîtres en anarchie » qui sont désignés en tant que « L. et K. (ou B.) » et que la police annonce vouloir surveiller.

Les articles mentionnent cependant les dénégations du jardinier. Ainsi La Démocratie du Cher écrit « quand on lui parle de sa bombe, il se met à rire : — C’était pour faire lever mes petits pois, dit-il goguenard, c’était une expérience d’horticulteur ». Le Soir mentionne : « Mais, se récria le jeune homme, je ne suis nullement anarchiste et je n’ai jamais eu l’intention de jeter une bombe ! Comme la fête nationale a lieu dans quelques jours et que mes ressources pécuniaires ne me permettent pas d’acheter des pétards et des feux du Bengale, j’ai voulu en fabriquer moi-même. Voilà tout le secret de mes manipulations chimiques. »

Un quotidien parisien, Le Soleil, a demandé à son correspondant particulier à Épinal (Vosges) de visiter la ferme-école. Il raconte que « Joseph Léger y entra en juillet 1893 ; il était d'abord de caractère docile, mais il fut gangrené par un autre de ses camarades, fils de juge de paix, dont son père n’avait pu rien faire et qui fut expulsé pour insultes à ses maîtres et pour différents vols ». Le reporter indique que « Au sujet de la propagande anarchiste dans l’école, l'administration n’a jamais rien vu ». Quant aux cours de chimie, il est précisé que ce qui est enseigné à l’école, ce sont « les éléments de chimie agricole ; ils ne sont pas suffisants pour permettre de fabriquer des bombes. »

Dans La Lanterne, on trouve un net rejet de ce qui apparait comme la thèse officielle : « Nous avions bien raison de nous montrer sceptique ». Le journal anticlérical rapporte : « Joseph Léger, interrogé, déclara que jamais il n'avait été anarchiste, qu'il ne se sentait aucune disposition pour le devenir, et qu'enfin il n'avait pas fabriqué de bombe. Croyant que la fête nationale aurait lieu, et comme ses, ressources pécuniaires ne lui permettaient pas d'acheter des pétards et des feux de bengale, il avait cru plus économique d'en fabriquer lui=même. Maigre ces explications, le magistrat ne fut pas convaincu et envoya le soi-disant anarchiste au Dépôt et la prétendue bombe au Laboratoire municipal. Celle-ci a été jugée inoffensive. »

La fiche anthropométrique élaborée lors de son arrestation mentionne comme motif « fabrication d’engins explosifs ». Malgré son jeune âge, il est transféré à la prison installée dans l’ancienne abbaye de Fontevraud, en Maine-et-Loire, où il reste environ 18 mois. Il ne semble pas avoir été jugé, et aucune condamnation ne figurera dans son dossier militaire.

L’hebdomadaire radical-socialiste local Voix des communes, rapportant son arrestation, avait commenté : « Chacun sait qu’on peut arrêter des anarchistes, même où il n’y en a pas. La recette est bien simple : faute de grives, on prend des merles, faute d’anarchistes, on prend des socialistes. Nous ignorons si c’est le cas cette fois. Mais que M. Soullière, le commissaire de Joinville, qui a procédé à l’arrestation se tranquillise ; s’il s’est trompé – ce que nous ne souhaitons pas – on ne lui en sera pas mauvais gré en haut lieu… peut-être bien tout au contraire. »

En 1896, Joseph Léger serait revenu en région parisienne, mais il la quitte rapidement pour s’installer aux alentours de Lyon, d’abord à La Flachère (Isère) en 1897. Appelé au service militaire en novembre 1898, Léger est mobilisé au sein du 20e régiment de chasseurs, où il reste jusqu’en septembre 1901. Un certificat de bonne conduite lui est accordé et il fait plusieurs périodes au titre de son placement dans la réserve, en 1904 et 1907.

Après sa période militaire, Léger s’installe Décines (Rhône). Il y exerce toujours en 1902 la profession de jardinier.

En 1904, Léger voyage dans le Sussex, en Angleterre, à Cranleigh. Après son retour en France, il devient imprimeur à Amplepuis (Rhône) dans l’usine du maire de la commune, Henri Flessel. Puis il reprend ses activités de jardinier à Saint-Bonnet-le-Troncy (Rhône) en 1905. Il épouse dans cette dernière ville, en décembre 1905, Marie Émilie Schuehmacher, couturière, issue d’une famille ayant quitté l’Alsace après l’occupation allemande. Ils résident chez les parents de la mariée, avant de rejoindre Lyon en 1912, avenue Berthelot puis rue Faidherbe. Ils s’installent définitivement en 1913 à Poule-les-Écharmeaux (Rhône).

Dès le début de la première guerre mondiale, Joseph Léger est mobilisé au sein du 3e escadron du train des équipages. Il meurt le 17 août 1917 des suites de ses blessures dans un hôpital militaire à Mont-Notre-Dame (Aisne). Il a été victime du bombardement par des avions allemands du parc d’engins de sa compagnie et est déclaré mort pour la France. Un secours de 150 francs est accordé, en octobre, à sa veuve. Le couple avait eu un enfant mort-né en 1911.

Photo anthropométrique de Joseph Léger par Alphonse Bertillon.

Collection Gilman. Métropolitan museum of art, New-York

Partager cet article
Repost0
1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 01:01

Jean Baptiste Duval naît en 1733 à Hocquigny (Manche). Il est le fils de Marguerite Férel (ou Jirel) et de son époux, Nicolas Duval.

Il est curé de la paroisse Saint-Hilaire à La Varenne (act. Saint-Maur-des-Fossés, Val-de-Marne) depuis 1777, prenant la succession de l’abbé Maupin. Sa paroisse couvre l’essentiel de la boucle de la Marne, mais est peu peuplée, d’autant que le village de Port-Créteil en a été détaché une douzaine d’années auparavant. La petite population de la paroisse (moins d’une centaine d’habitants) fait qu’il vit grâce à la « portion congrue » que lui alloue le conseil du prince de Condé le 3 septembre 1777. La paroisse est en grande partie occupée par des terres de la famille princière.

Pendant la Révolution, le village de La Varenne se constitue en commune en 1790 l’église Saint-Hilaire fait office de mairie. Puis, sur décision du directoire du département, les deux communes de Saint-Maur et La Varenne sont réunies fin 1791.

Le 16 janvier 1791, comme le curé de Saint-Maur et le desservant de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont), il prête le serment constitutionnel, dans son église et aux applaudissements de la population. Le serment était le suivant : « Je jure de veiller avec soin aux fidèles qui me sont confiés ; d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roy ; de maintenir de tout mon pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le Roy et notamment la constitution civile du clergé ».

Mais l’abbé Duval refuse de verser le « don patriotique » qui était exigé de lui en avril 1791. L’historien Émile Galtier relate : « Le maire et les officiers municipaux n'étaient pas reçus quand ils se présentaient chez lui ; il se contentait de passer la tête par-dessus le mur du jardin pour les éconduire. Dans le rapport où ils se plaignaient de son mauvais vouloir, nous trouvons ce reproche, sans doute exagéré par les passions du temps : ‘Mais la conduite du sieur curé a toujours été la même et les trois-quarts de ses paroissiens se privent de faire leurs Pâques, à défaut de confiance auprès de lui, lui voyant l'âme aussi noire que l'habit qu'il porte’. »

Le père Jean Baptiste Duval meurt le 4 novembre 1793 à Saint-Maur-des-Fossés, la commune de La Varenne ayant été rattachée au bourg de Saint-Maur. Les deux anciens maires de La Varenne sont les témoins qui déclarent son décès : Jean-Jacques Géant, laboureur et Jacques Maurice Bouillon, aubergiste, devenu membre du conseil général de la commune de Saint-Maur-des-Fossés et faisant office d’officier d’état-civil pour La Varenne. Le curé n’est pas remplacé et l’église sera détruite, avant que bien ultérieurement un autre lieu de culte ne soit construit à La Varenne. Son décès clôt le registre d’état-civil séparé de La Varenne.

La Boucle de la Marne

 

Partager cet article
Repost0
10 mai 2023 3 10 /05 /mai /2023 01:01

Louis Carpin naît le 27 janvier 1861 à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), au domicile de son grand-père maternel, rue des Bordeaux. Il est le fils de Julie Virginie Charlotte Boissenot et de son époux, Anthelme Carpin, négociant en vin et ancien commissaire de police dans l’Ain, la Sarthe et la Haute-Vienne. La famille de son père possède des domaines agricoles, notamment viticoles à Virignin (Ain).

La famille émigre aux États-Unis en 1876, « pour essayer de reconquérir la fortune que lui avait fait perdre la guerre de 1870 », d’abord en Floride, puis, après que différents sites ont été examinés, elle rejoint le Piedmont de Caroline du Sud, près de Greenville. Le père acquier un domaine boisé à cinq kilomètres au nord-ouest de la ville, qu’il transforme en exploitation viticole à la française tout en utilisant des cépages locaux. Louis, qui a alors 15 ans, aide son père dans la propriété, baptisée Mammoth. Cependant, Louis tombe malade de fièvre typhoïde et sa mère, qui craint pour sa vie, rentre avec lui en France. Il son hébergé par un de ses frères aînés, Charles, boulevard de Reuilly à Paris (12e arr.).

Ce dernier, comptable dans une librairie, assure la subsistance de la famille. Pour éviter que sa mère se retrouve sans ressource, Louis, après son rétablissement, s’engage en mars 1879 pour cinq ans dans l’armée, ce qui permet à son frère d’être dispensé de ses obligations militaires. Il sert dans le 123e de Ligne, à Valenciennes (Nord). Devenu caporal, puis sergent fourrier, Louis Carpin finira sa période sous les drapeaux en tant que secrétaire copiste à la préfecture du département Nord, dans le bureau chargé du recrutement. Il est démobilisé en septembre 1883.

En 1881, son frère Charles, qui avait perdu son emploi de comptable du fait de la faillite de la librairie qui le salariait, est embauché comme secrétaire de commissariat à la préfecture de police de Paris. Louis fait de même, dès sa sortie du régiment, en novembre 1883. Il est affecté à Paris, dans le quartier de la Porte Saint-Martin (10e arr.), comme secrétaire suppléant. Il est titularisé en décembre 1884 et affecté dans sa commune natale, Charenton-le-Pont. Il raconte y avoir été félicité par le secrétaire général de la préfecture pour son « attitude et initiative à l’occasion d’une manifestation organisée par Louise Michel, tombée actuellement dans l’oubli, et pour cause… ». Il mentionnait l’écrivaine, militante anarchiste et oratrice du mouvement ouvrier. Nommé, un an plus tard au commissariat du quartier Vivienne, toujours secrétaire, il est de nouveau apprécié pour son rôle au cours de l’incendie de l’Opéra-Comique, qui fit 84 morts en mai 1887.

Le mois précédent, à Anzin (Nord) en avril 1886, Louis Carpin épousait Noémie Céline Victorine Farez, fille d’un vétérinaire, dont la famille exploitait une sucrerie et avait joué un rôle significatif du côté républicain pendant la révolution française de 1789. Il avait probablement rencontré son épouse, native de Valenciennes, lors de son séjour dans le Nord à l’armée.

Promu officier de paix en août 1889, Louis Carpin sert d’abord dans le 19e puis le 12e arrondissement, où il doit surveiller les grèves des terrassiers et des conducteurs de la compagnie des Omnibus (ancêtre de la RATP).

Nommé commissaire du quartier de la Monnaie (6e arr.), en septembre 1895 ; il écrit : « je n’y suis resté que dix mois parce qu’il n’y avait rien à faire », si ce n’est la surveillance de bâtiments officiels. Il revient alors Porte-Saint-Martin, où son équipe assure la surveillance de la salle Rivoli-Vauxhall, qui accueille des rencontres de révolutionnaires, notamment espagnols. Mais il se mobilise aussi pour empêcher une manifestation royaliste en saisissant des photos du duc d’Orléans, ce que la justice considèrera comme illégal.

Son poste suivant est celui du quartier le plus chargé de France, selon ses dires, celui de Clignancourt (18e arr.), qu’il rejoint en juin 1898. Après la séparation de l’Église catholique et de l’État, en 1905, il doit procéder à l’inventaire des lieux de culte qui deviennent propriété des pouvoirs publics, notamment Notre-Dame de Clignancourt, Saint-Pierre de Montmartre et la basilique du Sacré-Cœur.

Dans le même poste, Carpin eut à procéder en 1909 à l’arrestation de Detollenaere, dit Delaunay, voleur et assassin de deux policiers. L’homme se suicida quand il entrait dans son repaire.

Après avoir assumé pendant 14 ans la responsabilité de ce commissariat, une durée inhabituellement longue, il est nommé en septembre 1912 dans le quartier du Faubourg-Montmartre (9e arr.), situé rue de la Folie-Méricourt.

Le 16 mars 1914, il procède à l’interrogatoire d’Henriette Caillaux, qui vient de tirer dans son bureau sur le directeur du Figaro, Gaston Calmette, lequel mourra ensuite de ses blessures. Elle se disait exaspérée par l’intense campagne de presse lancée par le quotidien contre son mari, Joseph Caillaux, ancien président du conseil et président du parti radical. Alors ministre des finances, il préparait l’introduction de l’impôt sur le revenu dans le droit français, et le journal, comme l’opinion de droite, contestait ce projet, y compris en attaquant Joseph Caillaux sur sa vie privée, notamment qu’il avait eues avec sa future épouse, alors qu’ils étaient encore mariés à d’autres personnes. La meurtrière avait déclaré « Il n’y a pas de justice… je la fais moi-même. »

Lors du procès de Mme Caillaux devant la Cour d'assises de la Seine, Louis Carpin fut amené à témoigner le 20 juillet 1914. Répondant à la question sur l'attitude de Mme Caillaux le soir du drame, il assura « Mme Caillaux fut d'abord très calme, elle devint nerveuse un peu plus tard ». Interrogé ensuite sur son opinion concernant la sincérité de Mme Caillaux qui avait dit qu'elle ne croyait pas avoir tué M. Calmette, il assura « Cette déclaration me parut sincère et spontanée ». La déposition de Carpin, jointe à d’autres témoignages, contribua à écarter la préméditation, ce qui permit de faire acquitter Henriette Caillaux, le jury retenant la thèse d’un crime passionnel.

Peu après le début de la première guerre mondiale, en septembre 1914, Carpin mit à disposition du sous-préfet de Senlis (Oise) une propriété qu’il avait dans cette ville pour y installer ses bureaux et accueillir des officiers et sous-officiers blessés. La sous-préfecture venait d’être détruite par les bombardements allemands lors de la première bataille de la Marne.

Louis Carpin prit sa retraite de la police en septembre 1917. Le quotidien Le Gaulois assura alors qu’il « détient le record pour le nombre des affaires traitées et plus particulièrement pour les affaires sensationnelles ». La Presse écrivit : « il sut toujours exercer avec équité ses délicates fonctions. »

Ayant quitté l’administration, Carpin devint inspecteur chargé d’enquête de la compagnie d’assurances Foncière Transport, fondée en 1879. Il résidait alors rue Baudin à Paris (9e arr.). En 1927, il s’installe à Saint-Maur-des-Fossés, boulevard des Corneilles. Il était toujours actif dans cette fonction en 1931, à ses 70 ans. Selon Police Magazine, qui lui consacre un long article en juin 1933, il était président du déjeuner trimestriel des commissaires de police en retraite de la Ville de Paris et du département de la Seine.

Louis Carpin meurt le 21 février 1941 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était veuf et âgé de 80 ans. Son fils était décédé quatre ans plus tôt, tandis que son gendre, Eugène Lucien Dupuis, fut également commissaire de police à Paris.

Titulaire de nombreuses décorations, Louis Carpin avait été fait officier de l’Ordre du Cambodge en mars 1899, officier de l’instruction publique en février 1903 et chevalier du Mérite agricole en décembre la même année pour sa « contribution à la répression des fraudes sur les denrées alimentaires ». Il était décoré de la médaille de bronze de la Mutualité en mars 1907, avait reçu celle du Courage et du dévouement en juillet 1909. Enfin, il était devenu chevalier de la Légion d’honneur en décembre 1925, après avoir multiplié les démarches pour ce faire.

Portrait de Louis Carpin, Police magazine, juin 1933

 

Partager cet article
Repost0
30 avril 2023 7 30 /04 /avril /2023 02:01

Jacques Luccioni naît le 4 juillet 1835 à Bonifacio (Corse, act. Corse-du-Sud). Il est le fils Marie de Marie Vincente Costa et de son époux François Luccioni, propriétaire. Il perd sa mère à l’âge de trois ans.

En 1862, il réside à Paris (17e arr.), rue Demours, et est employé de la préfecture de police où il est commis d'ordre. Il épouse en août cette année-là, dans le même arrondissement, Marie Pauline Uzanne, fille d'un ancien président de tribunal à Auxerre (Yonne). Ils habitent boulevard de Neuilly puis rue de L’Arc-de-Triomphe dans le même arrondissement et, en 1870 boulevard Saint-Michel toujours à Paris (5e arr.).

En 1872, Jacques Luccioni est commissaire de police de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Le commissariat de Saint-Maur a dans sa circonscription les communes de Bonneuil, Bry-sur-Marne, Champigny, Créteil, Joinville-le-Pont et Nogent-sur-Marne. Il doit faire face aux inondations qui recouvrent, en novembre et décembre, les quartiers de la boucle de la Marne. Selon le quotidien Le Figaro, « M. Luccioni est un homme énergique et bon, qui, secondé par trois agents très dévoués, a organisé le sauvetage avec beaucoup de courage et de présence d'esprit. Il nous signala la détresse de dix-neuf familles, sans asile et sans pain, chassées par l’eau de leurs maisons de la Varenne et de la Pie ». Une délégation du journal qui lui rend visite, remet pour les sinistrés de Saint-Maur « un secours fixe de trois cents francs, afin d’améliorer leur campement, et un autre secours de trois cents francs à titre de provision ». Luccioni escorte la délégation à Joinville, où elle offre une nouvelle aide dans les mains du secrétaire général de la mairie. Le débordement de la rivière avait nécessité que 11 000 personnes soient secourues, dont 3 000 dans la circonscription couverte par le commissariat. En septembre 1875, Jacques Luccioni participera à une souscription lancée en faveur des victimes d’une nouvelle inondation, plus importante encore, de la Marne.

À l’été 1874, le commissariat est déplacé dans la commune voisine de Joinville, plus petite mais plus centrale par rapport au territoire desservi. Luccioni en reste le chef jusqu’en mai 1877. Il est alors nommé à Paris au quartier Sainte-Marguerite (11e arr.), situé rue des Boulets.

En juillet 1878 Luccioni, qui devait partir dès la première heure pour une expédition, laissa sa lampe (probablement à gaz) allumée près de son lit, afin d'être prêt à l'heure. Pendant son sommeil, le prit aux rideaux et se communiqua bientôt à ses couvertures. En éteignant l'incendie, il eut les deux mains grièvement brûlées. Il fut contraint à un arrêt de travail de plusieurs semaines.

Lorsqu’il reprend son poste, il est transféré en septembre au quartier du Mail (Montmartre). Il y reste car, en octobre, il subit une suspension disciplinaire d’un mois pour avoir « procédé à une arrestation illégale » selon la presse, ayant visé une jeune fille. Suite à cette sanction, il est muté au quartier Necker (15e arr.), rue Blomet en décembre 1878.

Jacques Luccioni meurt le 22 juin 1885 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 49 ans, père de trois filles et résidait boulevard de Vaugirard. Il est inhumé au cimetière de Montparnasse Paris 14 en compagnie de sa troisième fille, morte en 1875 à Joinville-le-Pont.

Sur la tombe figure un médaillon en bronze le représentant, mentionné dans plusieurs ouvrages d’histoire de l’art, œuvre du sculpteur Léon-Alexandre Delhomme.

Vue ancienne de Bonifacio, Corse

 

Partager cet article
Repost0
31 mars 2023 5 31 /03 /mars /2023 02:01

Paul Jean Marie Bénit naît le 10 mars 1856 à Belleville (Seine, act. Paris). Il est le fils de Marguerite Charre et de son époux Alexandre Modeste Bénit, alors bronzier, plus tard marchand de journaux. Ils vivent rue des Jardins Saint-Paul à Paris (4e arr.), dans le quartier du Marais. Sa mère meurt quand il a quatre ans.

En décembre 1878 à Paris (15e arr.), Paul Jean Bénit épouse Émelie Julienne Zoé Blanchet, couturière. Ils vivent passage des Fourneaux dans cet arrondissement. Ils habitent en 1891 rue d’Angoulême (11e arr.) puis, à compter de 1896, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de Joinville.

Paul Jean Bénit travaille en tant qu’opticien. En 1878, il est employé à la Société des lunetiers (SL). La SL est l’ancêtre du groupe Essilor, fondée en tant que coopérative en 1849 avant d’évoluer progressivement vers une structure de société plus classique. Il est voisin en 1901 à Joinville d’un autre opticien de la SL, Eugène Duhamel. En 1926, Bénit est toujours mentionné comme travaillant à la Société des lunetiers.

Une dizaine de personnalités de Joinville ont été associés à la Société des lunetiers : François Blaize, une des fondateurs et conseiller municipal ; Eugène Videpied, Pierre Jules et Stéphane Albert Tireau, ainsi qu’Eugène Thybaut, militants radicaux-socialistes ; Maurice Poitevin, tué lors de la première guerre mondiale ; Émile Cornu et Eugène Duhamel. Plus tard, Bernard Maitenaz, également joinvillais, sera aussi un des piliers d’Essilor, qui héritera d’une unité industrielle dans la commune, provenant de son autre ancêtre, SILOR.

Au mois d’août 1880, Bénit souscrit avec 81 autres personnes de la Société des lunetiers pour l'érection d'une statue d’Alexandre-Auguste, avocat et républicain progressiste, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire institué lors de la révolution de février 1848, qui proclame la Deuxième République. Il fit notamment adopter le suffrage universel masculin.

La famille quitte Joinville, d’abord pour le boulevard Voltaire à Paris (11e arr.) en 1906 puis pour Saint-Maur-des-Fossés, commune limitrophe de Joinville en 1909. Ils résident avenue de Marinville et hébergent en 1926 les deux enfants de leur fils aîné, Paul Louis, devenu opticien, comme le cadet, Gaston Henri. Leur petit-fils, Roger Paul (fils de Paul Louis) le sera lui aussi.

Paul Jean Bénit meurt le 13 juin 1937 à Saint-Maur. Il était âgé de 81 ans.

 

Partager cet article
Repost0
13 février 2023 1 13 /02 /février /2023 00:01

Ernest Léon Hecquet naît le 25 juin 1919 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Joséphine Rachel Boulard, employée de commerce et de son mari Léon Hecquet, plombier. Ils résident dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes puis dans celui du Centre, rue de Paris.

L’oncle d’Ernest Hecquet, Henri Boulard, ajusteur, a été un des responsables de la section de Joinville du parti socialiste SFIO et candidat dans cette commune aux élections municipales de 1912. Son père, Léon Hecquet, (1887-1959), fut candidat communiste aux élections municipales dans la même ville en 1929 et a été décoré de la Croix de guerre.

En 1936, la famille a quitté Joinville pour la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avenue Garibaldi.

Selon des archives familiales, Léon Hecquet est mobilisé en tant que soldat pendant la deuxième guerre mondiale. Il devient ensuite résistant à l’occupation allemande au sein des Francs-tireurs et partisans, mouvement de résistance proche du parti communiste. Il est d’abord artisan plombier, poursuivant la tradition familiale puis contremaitre chez dans une entreprise de matériels roulants de chantiers, Caterpillar.

Après-guerre, Ernest Hecquet vit toujours à Saint-Maur, rue Georges-Clemenceau, dans le quartier de La Varenne Saint-Hilaire. Il épouse en juillet 1956 dans cette ville Paulette Léone Reytinat.

Ernest Hecquet meurt le 6 novembre 1998 à Saint-Maur. Il est inhumé au cimetière Rabelais 1 dans cette ville. Âgé de 79 ans, il était père d’au moins un enfant.

Tombe Hecquet à Saint-Maur-des-Fossés (Arch. familiales)

 

Partager cet article
Repost0
9 février 2023 4 09 /02 /février /2023 00:01

Marcel Henri Langat naît le 23 juillet 1896 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Joséphine Recher, blanchisseuse et de son mari Eugène Langat, mécanicien.

En 1906, la famille habite à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue Daumesnil. Il devient mécanicien tourneur.

Pendant la première guerre mondiale, Marcel Langat est mobilisé en avril 1915 6e régiment d’artillerie. Du fait de ses compétences techniques, il est détaché en juin la même année aux Ateliers de construction d'armements de Bourges (Allier) pour six mois avant de reprendre un service armé. Il rejoint en mai 1917 le 8e régiment d’artillerie lourde puis le 83e de la même arme en janvier 1918. Il est ensuite, en mars, transféré au 3e régiment d’artillerie coloniale et démobilisé en septembre 1919.

Après-guerre, Marcel Langat reprend d’abord son activité de mécanicien. Il épouse, en octobre 1922 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) Anaïs Antoinette Castan, commerçante, auvergnate, originaire de Lozère. Avec elle, il entreprend l’exploitation d’un commerce de vin dans cette ville, rue Pinet. Elle lui vaudra, en octobre 1926, une condamnation à 1 700 francs d’amende pour « fabrication et vente de vin falsifié et fraude aux droits de régie. »

C’est son frère ou lui qui découvrent, en juin 1924 dans la Marne, à Saint-Maur, le corps d’un habitant de Maisons-Alfort qui se serait suicidé.

Ayant repris son activité de mécanicien, il travaille pour la société Gnome-et-Rhône, qui construisait des moteurs d’avions. Il s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves), dans le quartier de Polangis.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Marcel Langat s’engage dans la résistance à l’occupation allemande. Il poursuit son activité de mécanicien après le conflit.

Marcel Langat meurt le 27 mai 1962 à Joinville. Il était âgé de 65 ans et père de six enfants. Son fils aîné, André, également résistant, tourneur sur métaux, fut adjoint au maire puis conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont (1947-1959).

Le pavillon Langat à Joinvlle-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 00:01

Albert Alibert naît le 17 janvier 1928 à Valigny Allier. Il est le fils de Germaine Augustine Gigot et de son mari Henri Alibert, cultivateurs.

Selon l’historienne Annie Pennetier, qui lui consacre une notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, c’est « une famille paysanne anticléricale et communiste ». Le père, militant communiste à Valigny, est aussi le secrétaire du syndicat de paysans-travailleurs constitué dans la commune et militant communiste. Sa mère sera également adhérente au parti communiste.

Fin 1936, la famille quitte Valigny pour s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, quai Beaubourg (act. quai du Barrage). Henri Alibert devient chauffeur de chaudières à vapeur à l’hospice de Bicêtre (Kremlin-Bicêtre, Seine, act. Val-de-Marne) tandis que Germaine Alibert est mouleuse de dents en porcelaine à Saint-Maur. Elle adhère à la section de Joinville du parti communiste.

Bien qu’il n’ait que 16 ans en 1944, Albert Alibert, qui est scolarisé au collège d’Arsonval de Saint-Maur, s’engage dans la Résistance à l’occupation allemande au cours de la deuxième guerre mondiale. Il est reconnu membre des Forces françaises de l’intérieur.

Après la fin du conflit, il fait des études commerciales au lycée Arago à Paris, obtient un brevet commercial, et fait un stage de comptabilité simplifiée moderne selon Annie Pennetier. Il effectue son service militaire dans le 1er régiment de tirailleurs au Maroc, alors sous protectorat français.

Résidant dans le quartier Schaken, à la limite de Joinville et de Saint-Maur, Albert Alibert adhère à la section de Joinville du parti communiste en 1948 puis milite à Saint-Maur. Toujours d’après Annie Pennetier, il suit une école élémentaire de formation communiste.

En avril 1953, il est candidat à Joinville sur la liste communiste conduite par Henri Bideaux, qui comprend la maire sortante, Amélie Trayaud, mais où ne figure plus le maire élu en 1947, Robert Deloche, exclu du parti communiste. La liste arrive en tête avec 35,6% des suffrages exprimés et 10 sièges sur 27. Albert Alibert n’est pas élu. Malgré le soutien des trois conseillers municipaux socialistes SFIO, les communistes perdent la mairie de Joinville du fait de l’alliance des 14 élus des trois groupes de droite et du centre (RGR, RPF et MRP). Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR, droite) est élu maire.

Albert Alibert travaille aux Tréfileries du Havre, à Saint-Maurice (devenues ultérieurement Pirelli). Il sera ultérieurement employé puis chez Roche ameublement, rue de Lyon à Paris (12e arr.). En avril 1951, il épouse Éliane Ségala, d’origine aveyronnaise et, comme lui, militante communiste.

Leur maison devant être détruite, les Alibert sont expulsés en 1963 et s’installent à Valenton (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Ils résident dans le quartier de la Bergerie, où Albert Alibert devient un des animateurs de l’amicale des locataires.

Le témoignage d’Albert Alibert, recueilli par Annie Pennetier, mentionne qu’il a été un actif animateur de la Confédération générale du travail (CGT, syndicat proche du parti communiste) chez Roche ameublement pendant les grèves de mai 1968, au cours desquelles l’entreprise est occupée.

À Valenton, Albert Alibert appartient à la direction de la section communiste pendant les années 1960 et 1970 ; il contribue à la reconstitution d’une cellule communiste dans la commune voisine de Villecresnes. La ville de Valenton a une municipalité communiste depuis la fondation du PCF en 1920 et, hormis la période 1940-1944, jusqu’en 2020.

Avec les élections municipales de mars 1965, Albert Alibert est élu sur la liste du maire sortant Julien Duranton et devient son deuxième adjoint, en charge des travaux. Il est renouvelé dans un poste d’adjoint au maire en juin 1971 puis en mars 1977. De nouveau élu en mars 1983, il siège alors comme conseiller municipal, toujours avec Julien Duranton en tant que maire.

Quittant le conseil municipal en mars 1989, Albert Alibert signe plusieurs pétitions en tant que maire-adjoint honoraire de Valenton : en 2005, pour la libération de Al Kubaysi, prisonnier d'opinion en Irak ; en 2006, « Pour un nouveau printemps des peuples. »

Il est un des animateurs de l'Association de recherches et d'études de Valenton (AREV).

Albert Alibert meurt le 20 novembre 2018 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 90 ans et père de deux filles.

Albert Alibert en 1995 (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français)

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens