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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Henri Martinet

À l’occasion des élections municipales de mai 1908 à Champigny, Henri Martinet est élu au second tour, comme toute la liste de concentration républicaine et socialiste, qui comprend 15 radicaux-socialistes et 8 socialistes. Parmi les nouveaux élus, qui rejoignent Albert Thomas, seul socialiste sortant dans le conseil, il y a également Joannès Allardet ; tous les trois sont désignés comme délégués sénatoriaux en décembre 1908. Thésée Paul Émile Pouillet, radical, est réélu maire.

Au sein du conseil municipal, Martinet plaide en particulier pour l’amélioration des conditions de transport, remettant en novembre une pétition au conseil général sur les lignes de tramways de l'Est-Parisien. Il propose un projet de régie directe des marchés d’approvisionnement. En 1909, il participe activement à la campagne d’Albert Thomas, qui sera élu député dans une élection législative partielle. Martinet devient en 1912 trésorier de la section SFIO de Champigny, dont Martin est secrétaire.

Réélu lors de l’élection municipale de mai 1912, il siège au côté d’Albert Thomas, qui devient maire tout en restant député, et s’occupe notamment de la Caisse des écoles et des marchés. Martinet est candidat à l’élection cantonale Nogent, canton auquel Champigny est rattaché depuis la scission de l’ancien canton de Charenton. Il fait campagne avec l’appui d’Albert Thomas ainsi que de Marcel Cachin. Malgré la présence de deux autres radicaux, Martinet est battu dès le premier tour par Brisson, radical. Il recueille 1 023 voix sur 5 971 votants, soit 17,1% ; il y avait 10 778 inscrits.

Pendant la première guerre mondiale, Martinet est mobilisé dans l’armée territoriale et reste, au moins en 1914, en région parisienne. Il participe en novembre de cette année à une réunion du comité de vigilance du canton de Nogent, structure, basée au Perreux-sur-Marne, qui supplée, au moins jusque la mi-1916, aux instances régulières de la SFIO. Promu à titre temporaire lieutenant dans le 1er régiment du génie en mars 1918, il sera confirmé dans ce grade, dans la réserve, en juin 1922.

Lors du scrutin qui suit le conflit, Martinet conduit la liste socialiste unifiée, Albert Thomas, ancien ministre, ayant quitté cette fonction en août 1919 pour devenir ensuite le premier directeur du Bureau international du travail (BIT). Au premier tour, les socialistes unifiés recueillent en moyenne 907 voix sur 2 606 suffrages exprimés (34,8%) ; au second tour, ils ont 923 voix en moyenne sur 1 885 suffrages exprimés (49,0%) et ont cinq élus, le Bloc républicain emportant les 22 autres sièges. Martinet, avec 991 votes, arrive en seconde position (52,5%). Henri Dumont est élu maire. Martinet intervient en juillet 1920 à la conférence des élus municipaux socialistes à Boulogne-Billancourt.  

À suivre.

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 00:01

Suite de la biographie d’Henri Martinet

Le domaine social est également investi par Henri Martinet qui, dès mars 1897, est secrétaire de la Fédération des abonnés à la semaine, une organisation qui revendique l’amélioration des conditions de transport des salariés. Elle plaide l’élargissement des abonnements à la semaine aux employés et le droit pour tous d’utiliser tous les omnibus et non les quelques trains qui leur étaient réservés. Une demi-douzaine de comités existent dans les communes des bords de Marne ; ils ont souvent le soutien des élus radicaux-socialistes, comme le député Jules Ferdinand Baulard. Martinet exerce toujours cette fonction fin 1899.

Martinet est en novembre 1902, avec Lucien Delanchy fondateur de l’association communiste des ouvriers menuisiers du département de la Seine, baptisée « Les Égaux, menuiserie ouvrière communiste ». La Société anonyme de production à personnel et capital variables est basée 10, rue Marcadet, à Paris (18e arr.). Elle est constituée avec 1 000 francs, portés à 5 000 francs l’année suivante, par dix menuisiers vivant à Paris pour huit d’entre eux, l’un résidant à Vincennes et Martinet demeurant à Joinville ; la qualité de syndiqué est exigée des ouvriers qui demandent à en faire partie. Par délibération du conseil d'administration en août 1903, Martinet a été nommé directeur. Ayant déménagé au 125, rue de Montreuil (Paris, 11e arr.), la coopérative est déclarée en faillite le 5 mai 1905.

Réinstallé à Champigny probablement en 1903, Henri Martinet dirige une liste du Parti socialiste de France (PSdF) lors des élections municipales de mai 1904 dans cette commune. Albert Thomas, professeur à l’université et futur ministre est lui à la tête de celle du PSF, de tendance plus modérée. Au second tour, les deux listes socialistes fusionnent mais ne présentent que six candidats, nombre correspondant aux sièges qu’ils auraient eu si le scrutin était proportionnel. La liste unifiée comporte cinq noms du PSF et un du PSdF (Martinet). Les radicaux-socialistes l’emportent et Albert Thomas est le seul élu de leur liste. Le conseil est composé de 9 radicaux-socialistes, 5 radicaux, 4 progressistes, 4 cléricaux et un socialiste.

Le même mois, Martinet affronte pour l’élection au conseil général dans le canton de Charenton Amédée Chenal, conseiller général radical-socialiste sortant, qui est réélu. Martinet a recueilli 2 612 voix (34,9%) sur 7 484 votants pour 13 264 inscrits.

Bien qu’officier de réserve, Martinet participe en décembre 1904 puis en janvier 1905 à deux réunions de l’Association internationale antimilitariste des travailleurs à Champigny ; lors de la deuxième, où Martinet représente le PSdF, des incidents sont signalés avec des nationalistes.

Après l’unification socialiste de 1905, Martinet développe la doctrine socialiste lors d’une conférence en novembre à Créteil de la 37e section du Parti socialiste SFIO. Il préside en janvier 1906 une réunion du même parti à Champigny pour commémorer les massacres du 22 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg tandis qu’Albert Thomas, rédacteur à L’Humanité et conseiller municipal, confère sur la Révolution russe. Cette même année, Martinet prend part à la fondation d’un hebdomadaire couvrant la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux (Seine), Réveil socialiste, dans lequel il écrit régulièrement. Il collaborera de la même façon à une autre publication hebdomadaire sur le même territoire, en 1909-1910, Voix socialiste.

À suivre.

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 00:01

Henri François Louis Martinet naît le 4 juillet 1865 à Paris (1er arr.). Il est le fils d’Anne Siblot, couturière et de son époux Pierre Louis Martinet, garçon de salle.

Après un service militaire à la fin des années 1880 dans l’infanterie, il est promu officier, sous-lieutenant de réserve.

Menuisier, résidant 53bis, bd St Germain à Paris (5e arr.), Henri Martinet se marie en octobre 1895 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) avec Eulalie Jeanne Burgalat. Un des témoins du mariage est Prudent-Dervillers, maitre tailleur, fondateur du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, conseiller municipal de Paris en 1889 et député de la Seine depuis 1893. Les époux vont d’abord vivre à Champigny, 68, avenue des Deux-Communes, puis à partir de 1899, 8, rue du Pont à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Son épouse est marchande de poissons.

Il s’engage publiquement en politique auprès de l’extrême-gauche, avec le  groupe socialiste internationaliste du parti ouvrier socialiste-révolutionnaire (POSR) dans la 2e circonscription législative de l’arrondissement Sceaux (Seine) dès février 1898 et dans la structure locale du POSR, l’Union socialiste révolutionnaire de Champigny et Joinville dont il est secrétaire en 1899. Il est délégué au congrès de la salle Wagram de la Fédération des travailleurs socialistes de France de 1900, par son groupe et par l’union syndicale des ouvriers menuisiers du département de la Seine.

Le 26 avril 1900, le comité électoral socialiste-révolutionnaire de Joinville tient une réunion pour l’élaboration d'une liste de candidats lors des élections municipales de mai ; Martinet y participe peut-être. Lors du scrutin, les 23 candidats de la liste du maire radical-socialiste Eugène Voisin sont élus ou réélus.

En novembre 1900, en tant que secrétaire de l’Union socialiste révolutionnaire de Champigny-sur-Marne, adhérente à la Fédération socialiste révolutionnaire internationaliste de la 2e circonscription de Sceaux, Martinet appelle les groupements qui en faisaient partie à rejoindre la Fédération socialiste révolutionnaire de la Seine, fondée le 1er avril 1900. Il devient le secrétaire de la section de la 2e circonscription de Sceaux de la nouvelle entité et préside, en décembre, une réunion plénière extraordinaire. Désigné en mars 1901 comme suppléant de Jean Longuet au comité général du Parti socialiste, où il représente la FTSF, Martinet est un des orateurs de la formation dans les réunions publiques de Champigny, Saint-Maur, Créteil, Le Perreux ou Joinville notamment. Martinet représenta la FTSF au congrès du PSF à Tours (1902).

A suivre.

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 00:01

Pierre Emmanuel Laforest naît le 31 juillet 1860 à Diou (Allier). Il est le fils de Pauline Barnabé et de son époux Joseph Laforest, forgeron.

Vivant boulevard Saint-Michel à Paris, travaillant comme employé de commerce, il épouse Léontine Augustine Guiot en août 1885 à Paris (3e arr.). Il va s’associer avec son beau-père, Jean-Baptiste Guiot, fabricant de peignes, dont il partage le domicile d’abord à Paris puis dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). La fabrique est installée dans le même quartier, mais dans la commune de Champigny-sur-Marne.

Polangis est une nouvelle zone d’habitation, apparue après le lotissement du parc du château à partir de 1883.

En septembre 1895, Laforest participe, avec plus d’une centaine de personnes du quartier de La Fourchette (à cheval sur Champigny et Joinville) à une collecte « pour les affamés de Carmaux », de solidarité avec les mineurs en grève, lancée par Henry Vaudémont et le journal radical Voix des communes.

Son beau-père siège au conseil municipal de Joinville de 1892 à 1900. Laforest se présente lui aussi sur la liste radicale-socialiste du maire Eugène Voisin en mai 1904. Face à une liste de droite, conduite par Honoré Moulinet, qui recueille 31,9% des suffrages exprimés et aura un siège, et une liste socialiste (Henri Lacroix, Émile Lebègue) qui obtient 14,9%, les radicaux-socialistes remportent 22 sièges sur 23 (50,2%). Laforest est élu dès le premier tour avec 560 voix sur 1 119 pour 1 363 inscrits.

Les colistiers d’Eugène Voisin fustigeaient l’apolitisme affiché de la « coalition réactionnaire », assurant que leur mot d’ordre « pas de politique ! » voulait dire « pas de politique républicaine ». Ils dénonçaient « le nationalisme, le cléricalisme et la réaction » se cachant derrière le programme de leurs adversaires et affichaient leurs « sentiments démocratiques » et leur fidélité au « vieux programme républicain ». L’ancien député radical Jules Ferdinand Baulard commentait le résultat de la façon suivante : « Je souhaite que nous puissions décrasser notre commune dont nous avons été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser ; c’est une satisfaction que nos efforts et nos idées ont gain de cause. »

Membre du comité radical-socialiste, Laforest est désigné comme électeur sénatorial en décembre 1904. Il ne se représente pas en 1908.

Ses beaux-parents, Jean-Baptiste et Catherine Guiot avaient cédé la fabrique de peignes de Champigny, en août 1906, à son épouse et à lui-même. Ils s’y installent vers cette date et ne semblent pas avoir eu d’enfants.

Pierre Emmanuel Laforest meurt le 9 septembre 1916 à Champigny. Il est enterré à Joinville. dans une note nécrologique, le journal radical Voix des communes le  présente comme un « homme de bien qui ne se connaissait aucun ennemi ni aucun adversaire ». Il précise qu’il était libre-penseur et membre du Cercle de Joinville, structure « autour du billard duquel les élections municipales ont la réputation de se faire ». La cérémonie funéraire, malgré la période de guerre, rassemble nombre d’anciens conseillers municipaux et industriels. Il était âgé de 56 ans.

La Loire et l'abbaye de Sept-Fons vus de Diou

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 00:01

Jean Baptiste Guiot naît le 9 octobre 1839 à Pragelas (act. Pragela), commune montagnarde et francophone de la province de Turin, dans le Piémont italien. Il est le fils de Marianne Blanc et de Jean Baptiste Guiot, dit Guiot-Bourg son mari.

Jean Baptiste Guiot, qui dispose de la nationalité française, épouse en décembre 1863 à Paris (2e arr.) Catherine Schaldenbrand, ouvrière en châles, originaire de Flaxlanden (Haut-Rhin). Il exerce alors le métier d’employé de commerce et réside 12, rue Beaurepaire à Paris (10e arr.). Dès 1865, il exerce la profession de fabricant de peignes, d’abord à Paris puis, avant 1885, à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) où il ouvre un atelier dans le quartier de Polangis, rue du Plateau. Il réside dans la partie joinvillaise du même quartier, avenue Jamin.

Son épouse, qui opte en 1872 pour la nationalité française, et lui-même auront une fille, Léontine, qui épousera en août 1885 à Joinville-le-Pont Emmanuel Laforest, lequel sera le collaborateur puis le successeur de Guiot dans l’exploitation de la fabrique de peignes.

Le quartier de Polangis, loti à partir de 1883 dans le parc du château éponyme, compte en 1891 plus de 80 habitants sur les 4 320 de la commune. Les deux listes en présence lors des élections municipales de mai 1892 vont solliciter Guiot. Il refuse de rejoindre celle, classée à droite, conduite par le Dr Jean Barborin et Albert Bocquentin. Il rejoint la liste du maire sortant, Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste. La liste conservatrice n’aura qu’un seul élu sur 23 (Honoré Moulinet), tandis les 22 autres sièges sont occupés par les radicaux. Guiot, qui est donc le premier polangeois élu au conseil municipal, est élu au second tour.

Dans le journal radical régional Voix des communes, Henry Vaudémont décrit ainsi le contexte municipal : « Le vieux Joinville [c’est-à-dire le centre-ville, sur la rive droite de la Marne] accorde au nouveau huit conseillers. Il en aura donc deux à choisir [en plus des 6 sortants qui se représentent]. Dès à présents les électeurs militants semblent avoir jeté les yeux sur MM. Guiot et Villain. (…) Quant à M. Guiot, je le connais personnellement et le tiens en grande estime. C’est un vieux et sincère républicain, car il l’était déjà sous l’empire. Il habite l’avenue Jamin et représentera Polangis, qui a pris assez d’extension, depuis un certain temps, pour avoir droit à un mandataire. Signe particulier : a refusé de faire partie de la liste Barborin. »

Après l’explosion de l'usine du Bi-Métal à Joinville en octobre 1895, Guiot organise avec François Blaize, coopérateur et lunettier, une quête en faveur des familles des ouvriers touchés par la catastrophe et rend compte, en novembre, de la gestion des fonds recueillis en faveur des victimes.

Il est désigné comme électeur sénatorial en mars 1896 et le sera e nouveau à deux reprises en 1899.

Lors des élections municipales de mai 1896, la liste Eugène Voisin est élue sans concurrence. Guiot est réélu dès le premier tour. Il n’est pas candidat en 1900.

Guiot et sa femme vendent, en août 1906 l’entreprise de peignes à leur fille et à leur gendre. Son épouse va vivre avec ces deux derniers à Champigny, tandis que Jean Baptiste Guiot va s’installer au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Sans doute attiré par les bateaux, il vit rue Frédéric-Lemaître, à quelques dizaines de mètres du port, dont il fréquente les pilotes.

Jean Baptiste Guiot meurt le 31 mars 1914 au Havre. Il était veuf depuis octobre 1911 et âgé de 74 ans.

Son gendre, Emmanuel Laforest, a siégé également au conseil municipal de Joinville (1904-1908).

Mineurs au col de Pragela vers 1900

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 00:01

René Henri Desouche naît le 25 mai à 1900 Paris (12e arr.). Il est le fils de Louise Desouche et d’Henri Alexandre Émile Graillat, comptable, qui le reconnaît à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) en juin 1903. Ses parents se marient en juin 1905 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il porte ensuite le nom de René Graillat. La famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où le père est conseiller municipal socialiste et la mère responsable d’une association humanitaire.

À 17 ans, René Graillat s’engage volontairement en juin 1917, devançant l’appel de sa classe. Mobilisé dans les chasseurs à pied, il devient caporal en juin 1918 puis sergent en juin 1919. Il participe aux forces d’occupation françaises en Allemagne entre octobre 1919 et sa démobilisation en juin 1920. Il fait l’objet de deux citations, mettant en avant son influence sur ses hommes et son entrain.

Après-guerre, il est employé et se marie en novembre 1920 à Joinville avec Antoinette Irène Schmeler, dont il divorce en juin 1926. Il se remarie le mois suivant, toujours à Joinville, avec Paule Angéla Lépine, dont il se sépare également en octobre 1929. Il célèbre sa troisième union, à Saint-Maur-des-Fossés cette fois (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1933 avec Jeanne Anaïs Gibertaud.

C’est dans le monde associatif que René Graillat, qui est également sportif, s’est impliqué. Il participe à ces compétitions de natation et est, jusque 1924 secrétaire général du club cycliste Joinville sportif. Il est également trésorier de la société de secours mutuels Caisse mutuelle Wander à Champigny. À ce titre il est décoré du mérite social en 1937.

En 1936, après s’être installé en 1933 route de Joinville, à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), il est responsable de la section des cantons de Nogent et de Saint-Maur de la Fédération des sous-officiers de réserve républicains. Une cicatrice abdominale lui vaut d’être classé en service auxiliaire dans la réserve militaire en juin 1934 ; cependant, à sa demande, il est reclassé en service armé en octobre 1938.

Rappelé en septembre 1939, il est affecté dans un bataillon d’ouvriers d’armement aux Forges de Paris puis, en janvier 1940 dans une compagnie d’instruction à Magny-en-Vexin (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Ayant rejoint l’infanterie en avril 1940, il est fait prisonnier le 22 juin 1940 et incarcéré en Allemagne. Il est rapatrié et démobilisé en novembre de la même année.

Membre du mouvement Front national, Graillat sert dans le groupe de Champigny du secteur Seine Est des Forces françaises de l’intérieur du 18 au 25 août 1944, avec le grade d’adjudant-chef. Après la Libération, il poursuit son engagement au sein du mouvement du 1er au 20 septembre.

Sur proposition du comité local de Libération de Champigny; René Graillat est nommé en septembre 1944 membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Champigny-sur-Marne. Il fait fonction de conseiller municipal.

Vivant désormais boulevard Aristide-Briand, toujours à Champigny, Graillat devient président de la mutuelle du personnel de la Fédération mutualiste de la Seine, poste qu’il occupe en 1960 et 1969.

René Graillat meurt le 30 janvier 1978 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 77 ans et décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze, ainsi que de la médaille militaire. Son grand-père, Laurent Graillat, communard, tonnelier et conseiller prud’homme avait été conseiller municipal de Saint-Maur au titre du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire.

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 00:01

Nous concluons notre série de sept articles consacrés à un personnage intellectuel du 19e siècle Ildefonse Rousset.

Le 16 décembre 1864, le romancier et critique d'art Théophile Gautier (1811-1872) publie dans le quotidien parisien Le Petit journal un article consacré au livre Le Tour de Marne que vont sortir peu après Ildefonse Rousset et Émile de La Bédollière, aux éditions Lacroix, Verboeckhoven et Cie (1865).

Ildefonse Rousset (1817-1868), ancien éditeur et journaliste, vit à Alfort, partie de la commune de Maisons-Alfort qui formera vingt ans plus tard la nouvelle municipalité d’Alfortville. Il entraîne le journaliste Émile de La Bédollière, comme lui fervent républicain et opposant au régime impérial, dans une découverte en barque de la boucle de la Marne. Rousset prend des photographies qui illustrent le livre, une grande nouveauté, tandis que La Bédollière rédige les textes à la façon d’un récit de voyage. L’ouvrage connaît un grand succès. Nous reproduisons ci-après l’article de Théophile Gautier qui, avec son talent littéraire, partage l’enthousiasme de la presse.

On peut consulter Le Tour de Marne sur le site Gallica de la BnF.

« Un livre nouveau se présente habillé d'une couverture bleue à riche gaufrure. Sur le plat, un fer de reliure dessiné comme un bois d'illustration estampe en or un grand paysage dans lequel un soleil levant épanouit sa gloire rayonnante répétée par l'eau d'une rivière. Au-dessus de ce soleil s'arrondit ce titre Le Tour de Marne. Le Tour de Marne qu'est-ce que cela? Nous connaissons le tour du monde et même le tour de France. D'intrépides navigateurs, des canotiers au cœur ceint d'un triple bronze ont donc risqué un voyage d'exploration dans ces contrées inconnues qui s'étendent de Joinville â Gravelle?

« C'est cela même, et en ouvrant le volume magnifiquement imprimé par Claye, avec ces vieux caractères françois qu'ont mis a la mode les Contes de Perrault, nous apprenons, en effet, qu'il s'agit d'un voyage au long cours de quatorze kilomètres sur la Marne, cette rivière moins explorée, à coup sûr, que l'Amazone, le fleuve Amour, le Niger ou les cours d'eau mystérieux de l'Australie.

« La nef qui porte les modernes Argonautes au pourchas, non de la Toison d'or, mais du pittoresque, s'appelle l'Hélioscaphe. Elle a pour capitaine Ildefonse Rousset; Émile de La Bédollière, une fine plume humoristique, tient le livre de bord, relève le point et note tous les incidents du voyage.

« Cette portion de la Marne, que la batellerie ne fréquente plus, trouvant plus court et plus commode de prendre le canal de Saint-Maur, est retournée doucement à l'état sauvage. On dirait une de ces rivières sans nom qui coulent dans les solitudes à travers les régions encore inexplorées. Les chemins de halage, devenus inutiles, se sont peu à peu effacés, et, n'étant plus rasées par les cordes de traction, toutes les folles herbes aquatiques s'en sont donné a cœur joie. Dans une familiarité charmante que rien ne trouble, l'eau et la rive se confondent en empiétant l'une sur l'autre l'eau creuse de petites anses, la rive pousse des promontoires mignons. Aux graminées qui descendent se mêlent les joncs qui montent.

« Les aunes, les osiers verdoient sur la berge indécise au-dessous des saules penchant leurs troncs noueux. Plus loin, le pied dans l'herbue humide, les peupliers dressent leurs fines arêtes aux feuilles toujours émues; les grands arbres versent leur ombre et leur reflet aux transparences de l'onde. Ici, dans un endroit stagnant, les roseaux, les prêles, les sagittaires à la feuille en fer de lance, forment une forêt en miniature; là, les nénufars étalent leurs larges feuilles et dresser leurs fleurs jaunes.

« Ce sont à chaque pas ou plutôt à chaque coup de rame mille accidents pittoresques à faire prendre le crayon ou le pinceau à un artiste. Tantôt c'est un mur de soutènement en planches qui font ventre sous le poids de la berge et se déjettent, forçant leurs poteaux, à travers un fouillis de ronces, de glaïeuls et de végétations sauvages tantôt c'est un arbre trop près du bord qui crispe curieusement ses racines jaunies de limon et cherche à se rattraper au sol qu'affouille le courant. A cette place l'eau profonde prend des tons de miroir noir; à cette autre elle étale une mince gaze d'argent sur le sable qui affleure, ou bien elle se diamante de points brillants au soleil comme des écailles de poisson des canots amarrés découpent leurs coques élégantes contre les mousses veloutées de la rive.

« Une masure au toit de chaume darde sa fumée blanche entre les masses de feuillage; un moulin obstrue une arche de pont ou coupe la rivière avec ses batardeaux, ses écluses, ses vannes, ses roues verdies d'où pendent des barbes d'herbes; des îles aussi désertes que celle de Robinson Crusoé divisent le courant et noient dans l'eau l'image renversée de leurs grands ; arbres des marches d'escaliers rustiques descendent au rivage ; des débarcadères abandonnés se disloquent au fil de l'eau, et leurs vieilles, charpentes composent des premiers plans à souhait pour les peintres; des lavandières agenouillées frappent le linge de leurs battoirs et dont des groupes pittoresques; un bateau de tireur de sable reçoit à propos un rayon de soleil et produit un effet charmant; dans les petits bras que forment les îles, les feuillages s’enchevêtrent d'une rive à l'autre, et il faut, pour y passer, relever les branches, au risque d'effrayer quelque bergeronnette ou quelque martin-pêcheur, qui file coupant l'eau avec son aile de saphir tout un monde de choses pures, calmes, fraîches, primitives, charmantes, épanouies dans le silence, l'abandon et la solitude et dont il semble qu'on ait la virginité.

« Ces beautés de la nature ne sont pas perdues, et il n'est pas besoin de faire « le tour de Marne » pour en jouir. Mieux instrumenté que la nef Argo, le canot l'Hélioscaphe, parti pour cette exploration lointaine, avait à sa poupe un château de forme bizarre, en un mot une cabine de photographie. Le capitaine Ildefonse Rousset, dès qu'Il apercevait un site, un point de vue, un détail remarquable, arrêtait le bateau, braquait l'objectif, s'encapuchonnait de 'noir, et bientôt la plaque, impressionnée d'un délicat reflet, était portée dans la cabine sombre. Le soleil est comme Saturne qui dévorait ses enfants, il mange les images qu'il vient de produire, si on ne les soustrait bien vite à sa gourmandise.

« Ce n'est pas une chose facile que de faire poser la nature. On ne peut lui prendre le col dans ce demi-cercle qui vous emboîte la tête, chez les photographes. Même aux moments où elle paraît le plus tranquille, elle vit, elle palpite, elle remue. L'air tremble, le rayon scintille, l'ombre tourne, l'eau coule, l'arbre frissonné, le buisson tressaille. Le sein de Cybèle s'enfle et s'abaisse par une respiration invisible pour nous, mais qui n'échappe pas aux organes précis de l'instrument. Quelle patience, quel soin, quel tact il faut à l'opérateur. Un nuage passe sur son effet de soleil, un vague souffle de brise se lève, l'eau se ride, la danse des feuilles commence, les arbres se brouillent comme si on les estompait avec le doigt et l'épreuve est perdue.

« M. Ildefonse Rousset n'est pas un photographe de profession, et on le voit bien à l’exquise finesse, à la perfection étonnante de ses planches. Il faut tout le loisir d'un amateur artiste, persévérant et passionné pour arriver à de tels résultats. Les vues du Tour de Marne sont des merveilles. M. Rousset a obtenu des effets d'une douceur et d'une poésie dont nous n'aurions pas cru le daguerréotype capable. Les premiers plans sont nets, sans dureté; les seconds et les troisièmes fuient avec une légèreté vaporeuse, bien rare dans les épreuves photographiques.

« Certaines planches rappellent Corot ou Daubigny, dont elles semblent refléter des tableaux inconnus. Cette morbidesse, cette transparence, ce flou, ne sont achetés par aucun sacrifice. Regardez de près, et vous serez surpris de la délicatesse infinie du détail, réduit a des proportions microscopiques, mais d'une netteté admirable.

« Ces belles épreuves, jointes au texte amusant, instructif et spirituel de M. Émile de La Bédollière, forment un magnifique volume, dont Janvier, le donneur d'étrennes, saura bien trouver l'emploi.

Théophile Gautier »

Le Canal Saint-Maur à Joinville par Ildefonse Rousset, 1864

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 00:01

René Neveu naît le 19 décembre 1773 à Champigny-sur-Marne. Il est le fils de Marie Catherine Caillet et de son époux, Pierre Maurice Neveu, marchand de bois.

En décembre 1795 (an 3), il épouse à Nogent-sur-Marne Marie Jeanne Foucault ; ils auront deux enfants et vivent à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont), au moins depuis l’an 10 (1802). René Neveu est d’abord coquetier (marchand d’œufs en gros) pendant la période révolutionnaire. À la fin de l’empire, il est devenu voiturier au Pont de Saint Maur.

René Neveu est nommé adjoint au maire par Chabrol, préfet de la Seine, le 30 avril 1816, en remplacement de Jean Baptiste Louis Besançon, nommé maire. Il est maintenu dans la même fonction lors de la désignation de Jean Joseph Robin comme nouveau maire, suite à la démission de Besançon, le 11 avril 1818.

Pourtant, deux mois plus tard, un fonctionnaire de la préfecture (non désigné) écrit un courrier (daté du 19 juin 1818) demandant au préfet le remplacement de deux membres du conseil municipal du fait de la « négligence avec laquelle la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur était administrée ». Il s’agit de René Neveu, adjoint en fonction et de Pierre Alexandre, ancien adjoint. Cependant, René Neveu est maintenu dans sa fonction d’adjoint. Il démissionne pendant l’été et est remplacé, le 30 août, par Claude Pierre Jacmart.

Après le décès de son épouse en octobre 1819, René Neveu va se remarier, sa deuxième femme étant prénommée Charlotte. Il quitte La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, où résident cependant sa fille et son fils. C’est dans cette commune, devenue en 1831 Joinville-le-Pont, qu’il décède le 4 avril 1843, à l’âge de 69 ans.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 00:01

En novembre 1902, dix personnes décident de former une coopérative dénommée « Les Égaux », Association communiste des ouvriers menuisiers du département de la Seine. Huit d’entre eux résidaient à Paris, un à Vincennes et le dernier et leader du groupe, Henri Martinet, à Joinville-le-Pont, Elle est constituée sous forme de société anonyme de production à personnel et capital variables, avec un petit capital de 1 000 francs à l’origine, porté à 5 000 francs dans les statuts.

Martinet est nommé directeur de la société qui commence son activité en août 1903. La qualité de syndiqué est exigée des ouvriers qui demandent à en faire partie. Le siège est d’abord situé 10, rue Marcadet et sera ensuite transféré 125, rue de Montreuil, toujours à Paris.

L’activité semble rencontrer rapidement des difficultés. En 1905, le sénat, ‎lui accorde une subvention de 1 000 francs. Ce ne sera pas suffisant. Le 5 mai de la même année, la coopérative est déclarée en faillite.

Pendant cette période, Henri Martinet continue son activité politique. Secrétaire du Comité socialiste révolutionnaire de Champigny, il siège comme suppléant de Jean Longuet au comité général de la Fédération des travailleurs socialistes de France, un des précurseurs de la SFIO. Il devient membre du parti socialiste unifié dès sa fondation, en 1905.

Élu conseiller municipal de Champigny, où il réside désormais, en 1912, il est réélu en 1919 et siège d’abord comme socialiste puis comme communiste, ayant rejoint, comme la majorité des adhérents, le nouveau parti dont il est aussi secrétaire de section.

Né à Paris en 1865, il meurt à Champigny en 1932 à l’âge de 66 ans.

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