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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 06:01

Suite de la biographie de Charles Chaussée

À son départ de l’armée active en 1925, Charles Chaussée s’installe en tant que vétérinaire, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), ville desservant deux hippodromes, ceux de Vincennes et du Tremblay. Il réside à proximité du Bois de Vincennes, rue Émile Moutier. En décembre 1927, il soutient une thèse de doctorat à l’École nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort, commune voisine de Joinville intitulée : Des injections intraveineuses d'alcool camphré chez le cheval. Disposant désormais du titre de docteur vétérinaire, il collabore régulièrement au Bulletin de l'Académie vétérinaire de France à partir de 1933.

En septembre 1934, Chaussée est sélectionné par le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville, structure fondée en 1912 qui rassemble les membres des formations libérales et conservatrices dans la commune de Joinville. Il figure sur la liste de concentration pour des élections municipales complémentaires, négociée entre le Comité et le parti radical-socialiste du maire en place, Georges Briolay (radical-socialiste). Elle comprend six candidats du comité et quatre radicaux-socialistes sous la houlette d’un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, coprésidé par Lesestre (conservateur) et Herluison radical). Le programme prévoit de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles ». Les candidats soulignent « être des hommes nouveaux, indépendants » tout en assurant ne « pas pouvoir faire de miracles en sept mois », durée de leur mandat avant les élections générales.

La liste du Comité de coordination fait face à trois concurrents : le parti communiste, le parti socialiste SFIO et une liste d’un Groupe indépendant, largement composé de commerçants et sur laquelle se retrouve également des radicaux-socialistes. La SFIO était alliée du maire en 1929 et quatre socialistes avaient été élus, dont un adjoint au maire, mais ils avaient rompu avec la SFIO ou démissionné de leur mandat depuis.

Les candidats du Comité de coordination arrivent en tête au premier tour avec 37,0% du vote populaire, devant le Groupe indépendant (25,5%), les communistes (17,8%) et la SFIO (17,6%). Chaussée arrive en deuxième position des 40 candidats avec 869 voix pour 2 295 suffrages exprimés (37,9%) sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, le Groupe indépendant et la SFIO s’étant retirés, le Comité de coordination remporte les dix sièges à pourvoir avec 59,5% des votes. Chaussée est élu avec 1 105 voix pour 1 903 suffrages exprimés (58,1%) sur 1 964 votants.

Le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville désigne en décembre 1934 Chaussée comme vice-président, à côté de Léon Lesestre président. Le comité se transforme en février 1935 en Union des républicains qui décrète l’incompatibilité entre les fonctions du bureau et du conseil municipal. René Kirbühler est nommé président et Chaussée quitte donc sa fonction. Il est par contre signataire du programme, adopté en mars, qui prévoit une » diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène. »

En avril, l’Union des républicains de Joinville décide de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour constituer une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’argument de cette rupture est le souvenir « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et [francs]-maçons. »

La liste de l’Union des républicains se présente aux élections municipales de mai 1935 comme constituée « d’hommes d’ordre et d’action », « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Elle a pour compétiteurs le groupement des gauches républicaines du maire sortant, Briolay (radicaux-socialistes et socialistes indépendants), une liste communiste derrière Robert Deloche et une liste incomplète de la SFIO, conduite par Robert Derivière.

Le premier tour voit l’Union des républicains arriver en tête, avec 32,6% des votes, devant les radicaux (26,8%), les communistes (23,5%) et les socialistes (12,3%). Chaussée obtient 950 voix pour 2 856 suffrages exprimés (33,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Après le regroupement des deux listes de gauche, l’Union des républicains l’emporte d’une courte tête au second tour avec 41% et 25 élus contre 39% aux communistes et socialistes (2 élus) et 20% (pas d’élu). Chaussée est reconduit avec 1 158 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,9%) sur 2 924 votants.

Lors de l’élection de la municipalité, Léon Lesestre est désigné comme maire, tandis que Chaussée est premier adjoint, avec à ses côtés Caillon, Béal et Kirbühler. Dans l’hebdomadaire Gazette de l’Est, Claude Noizat, membre du parti social-national (extrême-droite) se félicite du résultat : « Enfin, nous avons des hommes au conseil municipal. »

Les attributions de Chaussée portent sur la voirie, le chômage et les œuvres sociales. C’est lui ainsi qui reçoit en juin, avec le maire, une délégation de 16 membres de commission exécutive la du comité des chômeurs qi vient réclamer l’adjonction de deux chômeurs à la commission paritaire qi gère leurs indemnités, demande le prêt d’une salle municipale pour leur comité, réclame augmentation d’un franc par jour de l’allocation de chef de famille, ainsi que l’attribution de bons de charbon, de vivres, de bains-douches ou de coiffeur. Elle demande aussi une assistance médicale, avec médicaments et spéciallités gratuits. Le comité regroupe 108 sans-emploi.

En octobre 1935, Chaussée est désigné comme électeur sénatorial sur une liste de droite.

À suivre

Decrombecque, Chaussée, Lorry et Hainsselin à Joinville, 1936

 

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 06:01

Début de la biographie de Charles Chaussée

Charles Albert Vincent Chaussée naît le 19 décembre 1880 au Mans (Sarthe). Il est le fils de Louise Blot et de son mari Augustin Louis Chaussée, fabricant de fromage, installés rue des Maillets.

En 1895, la famille vit à Angers (Maine-et-Loire) où il est élève au lycée David d’Angers. Il obtient plusieurs prix, notamment en gymnastique et, en octobre 1898, il intègre l’école vétérinaire de Toulouse (Haute-Garonne). Il en ressort diplômé en 1902 et, ayant signé un engagement volontaire dans l’armée en novembre 1899, il entre comme aide vétérinaire stagiaire (aspirant) à l’école d’application de cavalerie de Saumur (Maine-et-Loire). À sa sortie de l’école, en août 1903, il devient aide-vétérinaire (sous-lieutenant) et est affecté au 10e régiment d’artillerie.

Transféré au 12e régiment de hussards en mai 1905, il y est nommé vétérinaire en second en septembre la même année (lieutenant). Il est détaché aux batteries montées de la division d’Oran (Algérie). Il participe à la vie mondaine locale, notamment à un banquet des originaires du Maine et de l’Anjou en décembre 1906 à Oran.

Propriétaires de chevaux, ’il les engage dans des courses à Oran, en les montant lui-même : Sourire-d’Avril (1907), Ajaccio (1909), Onagre (1910). Membre de la Société hippique d’Oran, il en devient le vétérinaire en janvier 1908.

En janvier 1908, Charles Chaussée part, avec son unité, au Maroc, où la France a obtenu lors de la conférence d’Algesiras en 1906 des « droits spéciaux » et s’est installée à Casablanca, avant de mettre en place le protectorat en 1912. Le territoire, soumis à des luttes internes, est considéré comme étant en guerre par l’armée française. Chaussée est en charge du service de l’artillerie et du train des postes d’Oudja, Aïn-Sfa et Taforalt.

Affecté au 3e régiment de spahis en avril 1910, Charles Chaussée retourne en Algérie en septembre la même année et  est détaché à la place de Constantine. Il est ensuite stationné à Biskra et rentre brièvement en France métropolitaine pour épouser, en octobre 1910 à Poitiers (Vienne), Louise Euphémie Désirée Aimée Moguet, fille d’un instituteur d’Haspres (Nord).

De nouveau envoyé au Maroc en mai 1911, il voyage avec son unité sous les ordres du capitaine Freyssunge à bord du paquebot à vapeur Aquitaine Il, de la Compagnie des Transports Maritimes. Il transporte d'Oran à destination de Casablanca 4 officiers, 16 sous-officiers, 221 hommes de troupe, 177 convoyeurs indigènes et 436 chevaux et mulets.

Séjournant à Rabat, Charles Chaussée, passé en janvier 1914 au 1er régiment de chasseurs d’Afrique, est nommé en mars vétérinaire major (capitaine). Malade, il rentre en France en mai puis renonce à son congé dès l’entrée en guerre en août 1914.

Au cours de la première guerre mondiale, nommé au 111e régiment d'artillerie lourde, Charles Chaussée fait l’objet de trois citations pour son activité où il est qualifié comme ayant « fait preuve dans l'exercice de ses fonctions d'un zèle et d'une activité inlassables ». Le 5 octobre 1915, il a soigné sous le feu 27 chevaux blessés par les obus. Le 28 août 1916, a fait preuve de la même conscience professionnelle pendant un bombardement d'avions qui jetait bas 66 chevaux. Il devient en 1918 vétérinaire divisionnaire de la 151e division et est remarqué en mai-juin 1918 à Soissons, puis en Champagne et sur l'Aisne en octobre-novembre. Il est félicité pour avoir « su conserver, dans de bonnes conditions, une cavalerie soumise à une très dure épreuve. »

Un nouveau pansement métallique pour les chevaux est préconisé par Chaussée, qui en précise l’emploi dans une publication de la Revue générale de médecine vétérinaire en mai 1917.

Après le conflit, Charles Chaussée est officier au sein du 61e puis du 22e régiment d’artillerie et en octobre 1920 dans le 5e groupe d’artillerie à cheval. Il rejoint pour un mois en mai 1921 l’armée française d’occupation des pays rhénans, en Allemagne. Resté en activité, il obtient en juillet 1921 une pension d’invalidité chiffrée à 10% pour emphysème pulmonaire, qui sera portée à 25% en mai 1925, même si son état général est qualifié de « très bon ». Alors en congé en demi-solde, il prend sa retraite de l’armée en février 1925

Maintenu dans la réserve militaire, Charles Chaussée assure en 1932 et 1933 le classement des chevaux de la région parisienne. Il est promu en juin cette même année vétérinaire major de 1e classe (commandant).

À suivre

Le pansement métallique pour chevaux Chaussée

 

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31 août 2022 3 31 /08 /août /2022 06:01

Antoine Mathon naît le 5 septembre 1880 à Vaux [act. Vaux-en-Beaujolais, Rhône] au lieudit La Cime des Prés. Il est le fils d’Annette Chavel et de son mari Antoine Mathon, vigneron.

Il exerce le métier de jardinier en 1900 à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) quand il est recensé pour ses obligations militaires. Il fait son service à partir de novembre 1901 au 149e régiment d’infanterie. Il est nommé caporal en septembre 1902 puis sergent un an plus tard, et libéré l’année suivante.

Retourné en région parisienne où il reprend d’abord son métier à Asnières, Antoine Mathon épouse en juin 1905 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Léonie Marie Louise Courty, brodeuse. Ils s’installent dans le centre-ville de Joinville, rue de Paris. À partir de 1906, Antoine Mathon est employé par la firme cinématographique Pathé-Cinéma, qui dispose d’usines dans la commune.

Mobilisé en août 1914 au début de la première guerre mondiale dans le 12e régiment d’infanterie, Antoine Mathon est blessé à trois reprises : en juin 1915 à Metzeral (Haut-Rhin), il est touché à la main gauche par un obus ; en décembre 1915 Hartmannswiller (Haut-Rhin), son visage est atteint par un éclat de torpille ; enfin en août 1918, il est intoxiqué par les gaz et blessé par balle à la jambe gauche par des éclats de grenade. Il est démobilisé en février 1919.

Le comportement d’Antoine Mathon lui a valu deux citations. La première en septembre 1917, à l’ordre du régiment, est sobre : « Bon sous-officier, ayant toujours accompli son devoir ». La seconde en septembre 1918, à l’ordre de la division, a plus d’emphase : « Sous-officier d’un courage à toute épreuve, quoique blessé et intoxiqué, n’a pas voulu se laisser évacuer, faisant l’admiration de ses hommes, par son mépris du danger. »

Ayant repris son activité chez Pathé-Cinéma, Antoine Mathon se spécialise dans le développement de films. Il s’intéresse aussi à la vie sociale et devient en 1923 le trésorier de la section de Joinville des Prévoyants de l’avenir, importante organisation d’épargne populaire ; il prend la succession d’un des fondateurs de cette société de secours mutuels à Joinville en 1897, Louis Castanet. Mathon exerce toujours cette fonction en 1933.

Sur le plan politique, Antoine Mathon prend part à la création de la section de Joinville du Parti social français (PSF), formation d’extrême-droite fondée en juillet 1936 par le colonel François de La Rocque. Il en est le trésorier et continue ce rôle en 1938. Le président de la section est Georges Defert, futur maire de Joinville en 1953. Le PSF rassemble régulièrement plusieurs centaines de personnes lors de ses réunions mensuelles à Joinville. Ses membres participent au regroupement local des conservateurs et libéraux, l’Union des républicains, et plusieurs des élus lors des élections municipales de mai 1935 sont membres du PSF ou proche de lui, comme le maire Lesestre, un adjoint, Chaussée ou plusieurs conseillers municipaux, tels Defert et Clerté.

Résidant antérieurement à Alger, dans le quartier de Belcourt, rue de Lyon (act. avenue Mohamed Belouizdad), Antoine Mathon retourne en métropole et vit en 1961 à Paris (14e arr.), 11, rue Delambre.

Antoine Mathon meurt le 23 novembre 1961 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 81 ans, veuf et père d’un fils. Ses obsèques ont lieu dans l’église Notre-Dame des Champs de Paris (6e arr.) et il est inhumé au cimetière parisien de Thiais.

Titulaire de nombreuses décorations, Antoine Mathon avait notamment la Croix de guerre, la Médaille militaire, la médaille interalliée, la médaille de bronze de la mutualité et la médaille d'argent du travail. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur peu avant son décès, en février 1961.

Photo familiale d’Antoine Mathon dit Tony

 

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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 00:01

François Jean Lauze naît le 31 décembre 1904 à Alger (Algérie). Ses parents sont Marie Duteil et son mari François Lauze, employé à l’hôpital civil Mustapha. Ils sont domiciliés avenue Maillat.

Ayant sans doute fait des études à l’école des Beaux-Arts d’Alger, et probablement après son service militaire, Jean Lauze fait sa première exposition en tant que peintre avec deux autres jeunes artistes, Roger Domon et Louis Bernasconi, en décembre 1927, salle Lacroix, rue des Chevaliers-de-Malte, à Alger. La presse apprécie son travail pour son originalité. La Vie algérienne commente « Son Fort l'Empereur, sujet ingrat et inattendu, montre l'effort d'un jeune peintre devant la nature. L'inévitable Jardin d'essais est représenté par un bouquet de palmiers plein de poésie, traité presqu'en grisaille. »

Vers 1930, Jean Lauze va en France métropolitaine et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, rue du Pont. Il travaille comme décorateur et épouse, en avril 1931 à Joinville, Marguerite Paule Tribondeau, secrétaire dans une société cinématographique et syndicaliste. Ils s’installent avenue Jean-Jaurès, dans le même quartier.

Comme son épouse, Jean Lauze s’engage dans l’action politique. Il se rend, en 1937, à Barcelone, en Espagne et, selon son épouse, participe à la guerre d’Espagne dans le cadre des Brigades internationales. Il se lie avec Àngel Fernández de Soto, secrétaire du Syndicat des artistes, peintres et sculpteurs Catalogne et ami de Pablo Picasso. Jean Lauze prend part, en février 1937 dans la capitale catalane, à une Exposition antifasciste intitulée No pasaran! Sa femme, Marguerite Lauze, est secrétaire du représentant du parti communiste français auprès du parti socialiste unifié de Catalogne, le mouvement communiste local.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Jean Lauze retourne à Alger où il expose, en mars 1941, à la Galerie Pompadour, rue Michelet. Ses vues du port d'Alger sont remarquées.

Le Port d’Alger, Jean Lauze

En décembre de la même année, Jean Lauze fait une seconde exposition dans le même lieu. Le journal L'Écho d'Alger comme sa Vue de Kouba : « arbres à contre-jour comme auréolés, au ciel s'épanouissant en blancheur au-dessous de la basilique : c'est un matinal moment de limpidité, d'enfance, d'élection. »

Une troisième présentation des œuvres de Jean Lauze se fait, en février 1943, cette fois à la Galerie du Minaret. Il est qualifié de « peintre populaire de la réalité » et L'Écho d'Alger luis réserve de nouveau un accueil favorable, considérant que le Séminaire de Kouba est « baigné d'une lumière véritablement spirituelle » ou que les Terrasses d'Alger sont « d'un si juste sentiment spatial. »

Après la fin de l’occupation allemande en France, Jean Lauze revient en France métropolitaine et est présenté, en juillet 1945, dans la Galerie de la Cité, quai de l’Horloge à Paris (1er arr.). Le quartier de Louis Aragon, Ce Soir, apprécie : « Les ciels clairs, une mer bleue, le toit blanc de la mosquée, tout cela est vu avec amour ». À l’insu de son mari, Marguerite Lauze écrit à Picasso pour l’inviter au vernissage, lui rappelant que Jean Lauze avait rapporté à Picasso un dessin que lui avait confié leur ami commun, Soto. Elle met en avant le fait que son époux et elle sont membre du parti communiste.

François Jean Lauze meurt le 22 janvier 1957 à Villejuif (Seine, act. Val-de-Marne). Il est exhumé et inhumé, deux mois plus tard, au cimetière de Charonne à Paris (20e arr.).

Jean Lauze

 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 00:01

Louis Jean Baptiste Marie Filleul naît le 26 juin 1871 à Bellegarde, Creuse (act. Bellegarde-en-Marche). Il est le fils d’Amélie Sémentery, institutrice communale et de son mari Étienne Filleul, plâtrier.

Il est sabotier en 1892 lorsqu’il est incorporé en novembre au 1er régiment de zouaves, dans le cadre de son service militaire. Il est envoyé immédiatement en Algérie où il est affecté, en octobre 1893, à la 19e section de commis et ouvriers de l’armée (COA). Devenu caporal en octobre 1894, puis sergent en mai 1895, il rentre d’Algérie pour être démobilisé en octobre la même année.

Exerçant désormais le métier de peintre en bâtiment et établi à son compte en 1901 à Bellegarde, Louis Filleul vit à Paris à partir de 1902, d’abord dans le 15e arrondissement, rue Vaugirard puis dans le 14e, rue de l’Ouest.

Sans être marié, il cohabite en 1907 dans le 17e arrondissement, rue Lévis, avec une blanchisseuse divorcée, Hermance Joséphine Seynnaëve. Il en a un fils, en janvier 1908, Jean, qu’il élève ensuite à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) où il est installé en 1910 avec sa sœur Louise. Louis Filleul déménage en 1914 dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où est installé son frère Henry, également peintre. Il vit rue des Marronniers (act. rue Eugène-Voisin, centre-ville).

Rappelé au cours de la première guerre mondiale en août 1914, il est affecté en mars 1915 à la 12e section de COA. Du fait de raideurs aux articulations, il est préposé à des services auxiliaires non armés par la commission de réforme de Limoges en décembre 1916 puis complètement réformé en mars 1917, dans la même ville, du fait de la présence d’un corps étranger au genou droit.

Poursuivant son métier de peintre et toujours à Joinville avec son fils, Louis Filleul fait partie du bureau de la section de Joinville du mouvement royaliste Action française lorsqu’elle est officiellement constituée en mai 1926. Il en est le trésorier, au côté de Charles Pernot, président et d’André Biscaldi et Alfred Masse, vice-présidents. Louis Filleul participe à de nombreuses souscriptions mentionnées par le quotidien Action française à partir de 1927. En 1927, son fils, alors âgé de 19 ans, souscrit lui aussi pour l’Action française.

En 1931, Louis Filleul a quitté son domicile de la rue Eugène-Voisin à Joinville. Une souscription pour l’Action française est mentionnée, en octobre 1931, comme étant versée par Louis Filleul à la section de la Creuse. Une autre est signalée, en janvier 1935, comme étant recueille par la section d’Alger de la formation royaliste de la part également de Louis Filleul. On retrouve également un donateur éponyme pour le même parti en mai 1936. C’est encore Louis Filleul qui, en compagnie d’André Morel, répond à un appel Pour l’organisation de la propagande lancé par le quotidien conservateur L’Écho de Paris en mai 1936, afin de faire barrage aux formations de gauche qui ont constitué le Front populaire.

Louis Filleul meurt le 17 septembre 1950 à Ajain (Creuse), où il était hébergé dans un hospice. Il était domicilié à Bellegarde. Âgé de 79 ans, il était père d’un fils, Jean Louis Étienne Filleul (1908-1995), peintre décorateur, également sympathisant de l’Action française à Joinville en 1927.

Joinville-le-Pont en 1907

 

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29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 00:01

Henri Joseph Gustave Alphonse Trohel naît le 11 novembre 1879 à Saint-Pierre-des-Landes (Mayenne). Il est l’aîné des huit enfants d’Angélique Renault, marchande, et de son mari Henri François Trohel, cordonnier.

En 1899, il réside à Maison-Carrée (act. El-Harrach), commune de la proche banlieue d’Alger, où se trouve le siège des Pères blancs, créés par le cardinal Lavigerie pour le développement des missions chrétiennes en Afrique. Il y est dispensé du service militaire, du fait de sa myopie importante. Il est, début 1901, élève du séminaire catholique de Carthage, dans la banlieue de Tunis. Il y est probablement ordonné prêtre en été 1903.

Il rejoint alors le noviciat de Pères blancs à Saint-Laurent-d’Olt (Aveyron). Il est envoyé en septembre 1904 à Ghardaïa, dans la région du M’zab, au cœur du Sahara algérien. Peut-être y rencontre-t-il le père Charles de Foucauld, qui est proche des Pères blancs et rejoint Tamanrasset en passant par Ghardaïa. Trois ans plus tard, Trohel est à Mombasa, au Kenya.

Revenu en France, en 1909, il séjourne d’abord à Neuilly-Plaisance puis à Noisy-le-Grand (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Le diocèse de Laval (Mayenne), dont il est originaire, le met à disposition de l’archidiocèse de Paris, qui le nomme, en novembre 1910, vicaire de l’église Saint-Charles Borromée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dont le curé est l’abbé Léon Roger. Il vit, en compagnie de sa sœur Marie Louise, au centre-ville, rue de Paris. Cette même année, son jeune frère Auguste, passé lui aussi par Alger, est ordonné prêtre à Laval.

La carrière ecclésiastique de l'abbé Henri Trohel se termine avec sa nomination, en novembre 1912, au vicariat de Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine). L’année suivante, en septembre 1913, il est professeur et vit rue Pouchet à Paris (17e arr.) et y épouse Rose Blanche Lavaud, une jeune divorcée. Tous les deux divorceront aussi, peu de temps après, en février 1917.

Au cours de la première guerre mondiale, Henri Trohel est d’abord renvoyé dans ses foyers, à cause de sa mauvaise vue, puis affecté, en août 1915 à la 22e section d’infirmiers. Il rejoint, en février 1918, le 7e régiment du génie d’Avignon avant de retourner en avril à la 15e section d’infirmiers, où il est démobilisé en février 1919.

Après-guerre, il enseigne en collège à La Seyne (Var). Il aurait été ensuite agent d’assurances.

Henri Trohel meurt le 29 avril 1964 à Solliès-Ville (Var). Il était âgé de 86 ans. À l’issue de la première guerre mondiale, il avait reçu la médaille commémorative de la Grande-Guerre.

La maison des Pères Blancs à Ghardaïa

 

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 00:01

Mohamed Lakhdar-Toumi est né le 12 avril 1914 à Tiaret (département d’Oran) en Algérie. Il milite aux Jeunesses communistes (JC). Il s’installe à Paris en 1936 et habite 11, rue Joseph de Maistre. Rectificateur de profession, il est inscrit au syndicat des métaux en 1937 et reste militant des JC. Fin 1940, il se rapproche de deux membres du PCF et en juin 1941, il intègre l’organisation spéciale du Parti chargée d’organiser des sabotages contre l’occupant. L’usine Lavalette de Saint-Ouen où il est ouvrier consacre la majorité de sa production à l’Allemagne nazie. Avec deux de ses collègues, il en détruit le transformateur. Pour éviter les représailles, il entre dans la clandestinité, puis intègre les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Paris rive droite. Le 1er août 1942, il participe au service d’ordre de la « manifestation patriotique » de la rue Daguerre.

Le 30 janvier 1943, Mohamed Lakhdar-Toumi est arrêté par la Gestapo à Joinville-le-Pont, torturé, emprisonné à Fresnes, avant d’être mais déporté, le 12 juillet de la même année, au camp de concentration de Natzweiller-Struthof (aujourd’hui en Alsace, mais alors annexé au Reich). Envoyé à Dachau, le 5 septembre 1944, il en sera l’un des rares rescapés.

À la Libération, on lui octroie le statut de sergent des Forces françaises de l’intérieur. Il repart en Algérie et participe au soulèvement du 1er novembre 1954. Arrêté par les militaires, il sera interné jusqu’en 1961. Dans l’Algérie indépendante, il devient syndicaliste au sein de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

Mohamed Lakhdar-Toumi serait décédé en Algérie le 30 août 1987, à l’âge de 73 ans.

Le souvenir de Mohamed Lakhdar Toumi est évoqué dans la série Frères d'armes réalisée par Rachid Bouchareb, pour France Télévisions et diffusée en avril 2015. Son nom est inclus dans une liste de 318 noms proposés par le comité scientifique dirigé par l’historien Pascal Blanchard, diffusée le 10 mars 2021, suite à la demande président de la République, Emmanuel Macron, en date du 4 décembre 2020 « aider notamment les maires à renouveler les noms des rues ou des bâtiments publics et qu’une plus juste représentation de l’histoire française soit visible dans l’espace public. »

 

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 00:01

Pierre Eymas naît le 25 décembre 1874 à Campugnan (Gironde) ; il se fera ensuite appeler Henri. Il est le fils Marguerite Élie et de son époux, Jean Eymas ; ses parents sont cultivateurs dans le village de Sabaron.

En 1895, Henri Eymas est recruté par l’administration des Postes comme commis surnuméraire et affecté au bureau de Blaye (Gironde).

Ajourné en 1895 pour faiblesse, il est finalement déclaré bon pour le service militaire en 1896 et part, en novembre au sein du 2e régiment de génie pour une campagne de deux ans en Algérie. À son retour en octobre 1898, il est affecté au bureau de Montargis (Loiret), où il devient commis titulaire. Peut-être est-ce lors de son séjour sur les bords de Loire qu’il rencontre Marie, originaire d’Ouzouer-sur-Loire (Loiret), présentée ensuite comme son épouse.

Rejoignant la région parisienne, Henri Eymas devient en 1903 commis à la Poste centrale de Paris. Il est probablement mobilisé pendant la première guerre mondiale avec une affectation spéciale auprès des Postes.

Après le conflit, il est nommé contrôleur à Paris en 1920 puis contrôleur principal, dans le 16e arrondissement, en 1927. C’est peut-être son expérience du contrôle qui lui vaut d’être désigné comme receveur du bureau de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En effet, le receveur titulaire, Paul Mourlam, puise depuis 1926 dans la caisse du bureau pour jouer aux courses ; il est arrêté en septembre 1928 après la découverte d’un trou de 300 000 francs dans sa comptabilité.

Le vieux bureau de Poste du quai du Barrage (anc. quai Beaubourg), jugé depuis longtemps trop petit, est remplacé en août 1930 par un nouvel hôtel des Postes situé en face de la mairie, rue de Paris. En 1931, M. Eymas est un des lauréats du concours lancé par le Touring-Club de France destiné à récompenser les receveurs « qui se sont distingués par l'excellente tenue des bureaux dont ils ont la direction. »

Des cambrioleurs s’attaquent, de nuit en novembre 1932, au nouvel établissement. Les deux coffres installés dans le bureau du receveur vont cependant résister à leurs trois heures de tentative au chalumeau et les voleurs repartent, juste avant l’arrivée de la police, avec un butin de dix-neuf sous (moins d’un franc) et quelques timbres.

Parallèlement à son activité professionnelle, Henri Eymas est percepteur de l’association Amicale des PTT, société de secours mutuels. Il prend sa retraite en juillet 1934 et est alors remplacé par François Alphonse Renom.

Pierre Eymas meurt le 24 décembre 1955 à Joinville-le-Pont, veille de ses 81 ans. il était titulaire de la médaille de bronze de la mutualité depuis septembre 1932. Peut-être a-t-il eu un fils.

 

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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 00:01

Lucien Henri Cochain naît le 16 septembre 1905 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Valérie Philippot et de son mari Fernand Cochain, boucher. La famille vit rue de Paris.

Appelé au service militaire en 1925, il en sort en novembre 1926 en tant que sous-lieutenant au 56e régiment de tirailleurs, basé à Ancenis (Loire-Inférieur, act. Loire-Atlantique). Dans la réserve, il est promu lieutenant en juin 1930, puis capitaine en juillet 1939. Il est commandant en 1954.

Lorsqu’il est démobilisé en 1926, Lucien Cochain poursuit ses études à l’université de Paris. À l’École pratique des hautes études, il a comme professeurs Marcel Cohen, Lefranc et Oscar Bloch. Il est élève de l’École coloniale et de l'Institut d'ethnologie, qui lui accorde en 1929 une subvention de 4 000 francs pour un voyage d'études au Maroc. Il est diplômé de l'École des langues orientales en berbère en 1930 puis en arabe magrébin en 1931. La famille a déménagé de Vincennes à Joinville-le-Pont, dans le même département, où les parents exploitent une boucherie rue de Paris.

Lucien Cochain revient de son voyage avec une publication sur le droit coutumier chez les Ida-ou-Tanan S’il est domicilié à Joinville, Lucien Cochain séjourne principalement en Afrique du Nord. En 1932, il étudie la création d’un musée d’ethnographie à Rabat (Maroc).

Ayant traversé le Sahara d’Alger à Gao (Soudan, act. Mali) en 1931, Lucien Cochain épouse Reine Céleste Jouve en avril 1933 Lambèse (act. Tazoult, Algérie), site archéologique romain. Au cours de ses explorations au Maroc et en Algérie, Cochain réalise une importante collection de photos, conservée au Musée du quai Branly Jacques Chirac à Paris.

En 1934, Lucien Cochain a un poste d’instituteur dans l’école musulmane de Demnate (région de Kenitra). Il exerce la même fonction à l’école de fils de notables musulmans de Meknès, toujours au Maroc, en 1937.

Après la deuxième guerre mondiale, Lucien Cochain est inspecteur de la Jeunesse et des sports au Maroc, rattaché à la Direction de l'instruction publique du royaume. Après l’indépendance en 1956, il rejoint la métropole et est nommé inspecteur principal de la même institution en octobre 1957. Il est domicilié à Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville où ses parents avaient déménagés.

Lucien Henri Cochain meurt le 19 novembre 1991 à Chinon (Indre-et-Loire). Il était âgé de 86 ans. en 1954, il avait été décoré, à titre militaire, en tant que chevalier de la Légion d’honneur. Depuis 1930, il était membre de la Société des Africanistes.

Fernand Cochain, père de Lucien, est-il la personne homonyme listée, sans plus de précision, par le Service historique de la défense dans les Dossiers administratifs de résistants (GR 16 P 134756) ? Né le 31 octobre 1874 à Lorrez-le-Bocage, il était mort le 26 novembre 1947 à Saint-Maur-des-Fossés.

Pholo de Lucien Cochain, Maroc

 

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 00:01

Jean Ferdinand Lucot naît le 9 novembre 1831 dans la commune qui venait de prendre le nom de Joinville-le-Pont. Il est le fils de Marie Félicité Neveu de son époux, Jean Louis Nicolas Lucot, alors marchand de vins et plus tard entrepreneur de maçonnerie. Il est également l’arrière-petit-fils d’un officier municipal (adjoint au maire) de la période révolutionnaire, Jean Toussaint Lucot.

Probablement vers 1850, Jean Ferdinand Lucot se voit attribuer une concession en Algérie dans le village de Hennaya (act. wilaya de Tlemcen). Il s’agit d’y développer des cultures maraîchères et des vignes. S’il y réside réellement, il semble toutefois être rapidement rentré en France.

En février 1858, Jean Ferdinand Lucot, qui est alors maçon chez son père à Joinville, épouse Louise Testel. Elle est la fille, née d’un premier lit, d’Anne Simonin, épouse, en secondes noces, de son père, Jean Louis Nicolas Lucot. Il reprend ensuite l’activité de maçonnerie de son père à Joinville. En 1864, il obtient le marché de la construction de la gendarmerie de la commune.

En septembre 1870, Jean Ferdinand Lucot est élu membre du conseil municipal que venait de quitter son père, décédé avril 1870. Le maire est Auguste Courtin et son adjoint est Louis Ferdinand Rousseau, tous deux conservateurs. La commune est violemment touchée par les combats entre les forces allemandes et françaises au cours de la bataille de Champigny, qui fait près de trois mille morts, dont une partie sur le territoire de Polangis. La population évacue Joinville, en majorité, et la municipalité s’installe à Paris pendant le siège de la capitale. L’école du Parangon a été transformée en hôpital provisoire.

Après l’arrêt des combats et le retour des joinvillais dans leurs habitations, la commune est occupée par des troupes wurtembourgeoises puis bavaroises. Le pont sur la Marne, qui relie les deux parties du territoire, a été détruit. Jean Ferdinand Lucot est réélu lors du scrutin de juillet 1871, qui reconduit également Courtin et Rousseau. Son mandat prend fin en 1874.

Le maire, Auguste Courtin, ayant démissionné, une élection partielle est organisée en septembre 1876. Lucot est élu conseiller municipal, Louis Ferdinand Rousseau devient maire avec comme adjoint.

Lors des élections municipales de janvier 1878, la liste conservatrice de Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, est battue par des républicains menés par Gabriel Pinson qui est élu maire. Lucot ne siège plus au conseil.

Un singulier procès sous l’accusation de tentative d’escroquerie est intenté à Lucot en mars 1881 devant le tribunal de la Seine. Le quotidien Le Temps relève que c’est « une de ces causes qui relèvent de la science beaucoup plus que de la loi et où se révèlent les faiblesses et les misères de l'entendement humain ». Chargé, en 1879, de la construction d'un égout à Joinville-le-Pont, Lucot se voit adresser, en avril 1880, l’avis de paiement d’une somme conséquente de 27 800 francs, qu’il se fait alors payer. En novembre 1880, affirmant avoir retrouvé ledit avis et croyant ne pas l’avoir encaissé, il se présente de nouveau pour obtenir le versement de cette somme. C’est ce qui lui vaut de comparaître en justice. La défense cite comme témoins de moralité Gabriel Pinson, maire de Joinville, qui le considère comme « au-dessus de tout soupçon » et Auguste Courtin, l’ancien maire, qui cite de lui des traits d'exquise probité. C’est la déposition de son médecin qui emporte la décision des juges : jeune, Lucot chuta d'un échafaudage, et il est resté sujet à des absences de mémoire. Pour le docteur Laurent, « Il est manifeste que son esprit n’est pas parfaitement net ». Lucot est acquitté. À cette période, l’entreprise Lucot employait régulièrement 200 à 250 ouvriers.

Après que Pinson ait rompu avec les membres les plus radicaux de son conseil, Lucot revient siéger en janvier 1881 au sein de l’assemblée communale. Il est réélu en janvier 1884, toujours avec Pinson comme maire et Eugène Voisin en tant qu’adjoint.

Jean Ferdinand Lucot, qui résidait rue de Créteil (act. boulevard du Maréchal-Leclerc) meurt le 4 février 1885 à Joinville. Il était âgé de 53 ans et père de trois enfants.

L’hebdomadaire Voix des communes, de tendance radicale, commente ainsi sa disparition : « Si M. Lucot était un simple conseiller, ayant consacré ses loisirs aux affaires de la ville, il est probable que Joinville resterait plus calme. Mais M. Lucot n’avait pas de loisirs, tant il s’occupa activement, jusque la dernière heure, de ses propres affaires. Du reste intelligent, actif, dénué des préjugés d’un autre âge, dans lesquels s’encroûtent trop de ses contemporains, il réussit à devenir plus que millionnaire. »

L’enterrement de Lucot est également évoqué longuement par Henry Vaudémont, le rédacteur du journal radical : «  Avec une touchante unanimité, j’ai entendu éreinter M. Lucot sans que jamais une seule voix s’élevât pour prendre sa défense. Le plus modérés le représentaient comme un ours, une façon de sauvage, ne se plaisant qu’à se promener, un mètre sous le bras et à engueuler (c’est le mot) ses ouvriers. Les autres insistaient sur sa ladrerie. (…) [D’aucuns] citaient des histoires de tombereaux qu’il se faisait payer pour déblayer et vendait ensuite pour remblayer. Ils contaient aussi de lamentables aventures survenues à des imprudents qui, calculant mal leur devis, empruntant pour finir leur maison, se trouvaient, en fin de compte, obligés de tout laisser à l’entrepreneur. En présence de toutes ces récriminations, je m’attendais à voir la population protester par une abstention générale. Ah bien oui ! La foule se porta aux obsèques. Le curé pardonna évangéliquement ses votes anticléricaux. (…) L’illustre Hugedé portait sur un coussin les décorations du philanthrope ad patres [sapeur-pompier volontaire et membre de la fanfare]. (…) Si M. Lucot s’est moqué du monde autant qu’on veut le dire, il a joliment bien fait. Lorsqu’un public est vil et plat à ce point, il faudrait véritablement être un saint pour résister à la tentation de le bafouer et de l’exploiter. »

Son fils, Émile Lucot, poursuivra l’entreprise familiale et tentera, sans succès, de continuer la même activité politique.

La gendarmerie de Joinville, construite par Lucot

 

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