Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 00:01

Début de la biographie d’Ernest Jouin

Ernest Jouin naît le 21 décembre 1844 à Angers (Maine-et-Loire). Il est le fils de Françoise Cousin et d’Amédée Marin Jouin, artisan ébéniste.

Après le décès de son père quand il a quatre ans, Ernest Jouin est confié à sa grand-mère, à Bierné, puis à sa tante, à Ménil, jusqu’à ses sept ans. Il fut, comme ses deux frères, inscrit au réputé collège de Combrée (Maine-et-Loire), où il souffrit cependant, du fait d’une constitution fragile, des conditions spartiates de l’internat. Négligeant quelque peu le grec et le latin, s’intéressant plus à la littérature française, Ernest Jouin affirma sa vocation religieuse dès l’adolescence : « Aujourd'hui, 28 juillet 1861, moi, Jouin Ernest, âgé de seize ans, je me suis consacré au Cœur de Jésus. (…) De plus, aujourd'hui, j'ai fait à Jésus vœu de chasteté. »

Il décida, l’année suivante, de rejoindre son frère aîné Amédée, qui venait d’entrer comme novice dans l’ordre dominicain. Le noviciat était situé à l’abbaye Saint-Pierre de Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d'Or) et Ernest Jouin y fut admis en septembre 1862. Il prit alors le nom de frère Mannès, son frère étant devenu le frère Augustin.

Pour son éducation religieuse, Ernest Jouin rejoignit ensuite le noviciat de Saint-Maximin (Bouches-du-Rhône), où il devint profès en septembre 1863, le même jour que son frère. Le régime conventuel ne lui réussissant guère en matière de santé, il séjournait l’été chez sa mère, puis revenait à Saint-Maximin avant d’être de nouveau affecté à Flavigny en 1865. Face à ses difficultés persistantes, il renonça en 1866, rentra à Angers et intégra le séminaire. Il fut ordonné prêtre en février 1868.

Toujours souffrant, il ne fut pas chargé d’un ministère plein, mais désigné comme surveillant des études du jeune François, fils du comte Roullet de la Bouillerie, dans son château de Lathan à Breil (Maine-et-Loire). Quand son élève intègre un collège jésuite, il fut nommé en juillet 1879 vicaire de Brézé, petite paroisse du Saumurois. Il retourne à Anger comme vicaire de la paroisse Saint-Joseph en avril 1871 puis, en septembre la même année, vicaire de la paroisse cathédrale Saint-Maurice. Pendant cette période, sa mère fut l’instigatrice de la création de la Congrégation des Servantes des Pauvres, vouée au service des malades indigents.

L’abbé Jouin crée un patronage pour les enfants, jouant quelques pièces de théâtre. Il a un succès limité, mais il accueille notamment Marie Joseph Sauvêtre, futur prêtre et qui restera toute sa vie le disciple et l’ami très proche de Jouin.

Selon sa correspondance, Ernest Jouin semble s’être beaucoup ennuyé pendant ces années en Anjou. Son frère Amédée était devenu prieur des dominicains à Lille, mais venait souvent à Paris pour les réunions de son ordre. Le second frère, Henry, handicapé, était entré dans l’Administration des Beaux-Arts, et sa mère l’avait rejoint à Paris. L’abbé Jouin obtint alors de son évêque d’être envoyé, lui aussi, dans la capitale. Ses deux frères furent décorés comme chevalier de la Légion d’honneur.

À suivre

 

Partager cet article
Repost0
15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 00:01

Suite de la biographie de Jacques Hollande

Après la fin de la Mission de Paris, le chanoine Jacques Hollande redevient curé de l’église de la Sainte-Trinité (Paris, 9e arr.) en novembre 1957. Lors de son installation par le cardinal Maurice Feltin le ministre de la justice Robert Lecourt est présent et l’orgue est tenu par le compositeur Olivier Messiaen.

Il sera le porte-parole du clergé parisien lors des travaux préparatoires au concile Vatican II en 1964. Après le concile, en 1965, les prêtres-ouvriers sont à nouveau autorisés.

En 1958, Hollande participe à une cérémonie du cinquantenaire de la paroisse de Sainte-Anne de Polangis, à Joinville-le-Pont, dont il avait été le curé pendant la deuxième guerre mondiale. Il avait gardé un lien avec cette paroisse, et c’est lui qui, en octobre 1953, avait installé le père Jean Lamour qui remplaçait l’abbé Bauller, lui-même successeur de Hollande.

En novembre 1953, le chanoine Hollande était le seul ecclésiastique figurant sur une liste de 50 personnes représentant « l’élément dynamique de la nation », selon l’hebdomadaire L’Express. Il figurait en compagnie du général de Gaulle, des sportifs Émile Allais et Maurice Herzog, du couturier Christian Dior, du comédien Jean-Louis Barrault, des éditeurs Gallimard et Julliard, du publicitaire Bleustein-Blanchet, de l’industriel Marcel Dassault et de deux femmes, dont l’écrivaine Simone de Beauvoir.

Les descendants d’Henri Dubois-Fournier organisaient des rencontres régulières et publiaient, dans les années 1950, un bulletin régulier, La Cordée du Patriarche. Jacques Hollande y participe régulièrement, assurant en juin 1956 « (…) Il y a un sens de l’autorité à maintenir dans la famille (…) La soumission loyale aux directives du Saint-Siège fait partie du trésor moral dont nous avons hérité. (…) Le sacrifice commence, écrivait le Patriarche [Dubois-Fournier] par « la grande loi du travail qui est celle de Dieu, celle de la nature. »

Il exerçait toujours son ministère paroissial en 1970.

Dans les nombreuses conférences et prêches qu’il avait donnés, l’abbé Hollande voulait mieux faire connaître le monde du travail au sein de l’église catholique. Devant les congrégations hospitalières et charitables, en juin 1948, il soutient « qu’un travail inhumain, à un rythme accéléré, appelle des loisirs violents et que si ce travail était plus humain, les loisirs populaires le seraient aussi ; car au fond, le régime économique actuel abrutit, animalise et tue l’esprit… » En octobre la même année, il veut ouvrir des perspectives « vers un monde nouveau » devant les Filles de Saint-François de Sales missionnaires. Pend l’avent 1949, il disserte sur « les pauvres jugent l’histoire ».

Le chanoine Jacques Hollande décède le 28 décembre 1991 à Paris (14e arr.). Il était âgé de 90 ans.

Fin

La Mission de Paris en janvier 1944 à Lisieux

 

Partager cet article
Repost0
13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 00:01

Suite de la biographie de Jacques Hollande

La Mission de Paris, dont Jacques Hollande va être le supérieur pendant 14 ans, est issue des réflexions du cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris, après sa lecture du livre de deux prêtres, Henri Godin et Yves Daniel,  La France, pays de mission ? (L’Abeille, Paris, 1943, rééd. 1962, 2014). Il fonde la Mission de France en juillet 1941 et l’installe à Lisieux ; elle implante des communautés dans les zones rurales. Le cardinal Emmanuel Suhard considère qu’« un mur sépare le monde ouvrier de l'Église, ce mur il faut l'abattre ». C’est ce qui le conduit, en juillet 1943, à décider de fonder la Mission de Paris. Selon l’historien Guillaume Cuchet, son objectif est « d’insérer un christianisme ‘très pur’ dans la culture ouvrière pour la ‘surélever’ et inciter la communauté chrétienne à purifier son propre christianisme. »

Après avoir sollicité six prêtres, qui n’acceptent pas, le cardinal Suhard nomme en novembre 1943 Jacques Hollande supérieur de la Mission de Paris. Quittant sa paroisse de Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont, il prend son poste en janvier 1944, en compagnie de six autres prêtres. Il confiera au professeur Luc Perrin, de l'Université de Strasbourg « un peu gêné et quasi en confidence, qu'il était apparenté aux princes Murat, noblesse d'Empire certes mais fort loin du prolétariat. »

La Mission de Paris sera la matrice de la naissance des prêtres-ouvriers. L’abbé Hollande va, en décembre 1946, chercher l’appui du pape Pie XII qui l’assure « d’une paternelle compréhension ». Un de ses collaborateurs immédiats précise : « devant un tel enjeu, il faut oser courir certains risques afin de n’avoir pas à se reprocher de ne pas avoir tout fait pour le salut du monde ! »

En 1947, avec l’autorisation du pape, des ecclésiastiques décident d’aller travailler en usine ou sur des chantiers. Beaucoup d’entre eux s’engagent dans l’action sociale, devenant même parfois responsables de syndicats Cgt. L’engagement militant dans le Mouvement de la paix et les organisations proches des communistes va engendrer des tensions de plus en plus fortes, tant avec les autorités française qu’au sein de l’église catholique. En janvier 1954, le pape mettra fin provisoirement à l’expérience, provoquant de douloureux troubles parmi ceux qui exerçaient cette fonction.

Beaucoup d’entre refuseront de redevenir des prêtres ordinaires, et Jacques Hollande, qui n’était pas lui-même prêtre ouvrier, les défendra en restant à son poste à la tête de la Mission de Paris. Ils sont qualifiés d’« insoumis » au sein de l’église catholique. Élevé à la dignité de chanoine en 1948, Hollande fait partie des chrétiens qui s’opposent à la bombe atomique en 1949 autour de l’appel de Stockholm.

À suivre

Jacques Hollande, janvier 1944

 

Partager cet article
Repost0
11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 00:01

Suite de la biographie de Jacques Hollande

Le premier poste paroissial l’abbé Hollande est celui de vicaire de Saint-Joseph-des-Épinettes, dans le 17e arrondissement de Paris. C’est sans doute à ce moment qu’il devient aumônier de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Du fait de ses liens familiaux et d’amitié, il est amené à célébrer plusieurs mariages mondains, comme celui en novembre 1931 de son frère cadet, Jean Hollande avec Jacqueline de Lesparda, également descendante, comme leur mère, de la noblesse d’empire.

Toujours vicaire, il rejoint Sainte-Jeanne d’Arc de Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine) en juin 1934. Il semble sensible aux thèmes politiques conservateurs, puisqu’il participe, en février 1936, dans le quotidien L’Écho de Paris, à une « souscription nationale pour l’organisation et la propagande politique. »

Au cours de la deuxième guerre mondiale, l’abbé Hollande est rappelé en août 1939 et affecté au 153e régiment d’artillerie à pied. Il est hospitalisé l’hôpital Legouest de Metz en novembre puis envoyé en convalescence. En mars 1940, il est rayé des cadres.

C’est sans doute vers ce moment qu’il est nommé premier vicaire de la paroisse parisienne de Notre-Dame-de-Lorette (9e arr.).

Après le décès en fonction du père Lucien Lachambre (1899-1942), Hollande devient en juillet 1942 curé de Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont. La paroisse est à cheval sur les communes de Champigny et Joinville, où elle dessert également le quartier de Palissy. Il rencontre probablement deux figures des mouvements d’action catholique, Henri Melchior militant à la JOC et futur dirigeant du Secours catholique, qui vit alors à Joinville ou Paul Bacon, premier secrétaire général de la JOC, qui sera résistant, député et ministre, et qui réside dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

L’abbé Hollande quitta rapidement ce premier poste de responsable paroissial car, en janvier 1944, le cardinal Suhard, archevêque de Paris l’appelle à rejoindre la Mission de Paris qu’il vient de créer et le nomme supérieur de cette institution hors-normes en mars la même année.

À suivre

Jacques Hollande en 1944

 

Partager cet article
Repost0
9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 00:01

Début de la biographie de Jacques Hollande

Jacques Hollande naît le 13 février 1901 dans le 16e arrondissement de Paris. Il est le fils de Ghislaine Berthier de Lasalle (1877-1935) et de Jules Edmond Louis Hollande (1866-1921). Par son père, il descend d’Henri Dubois-Fournier (1768-1844), commerçant du nord de la France qui mena de nombreuses missions pour le rétablissement de l’Église catholique après la Révolution française. Par sa mère, il était lié aux princes Murat. Son étoile le plaçait donc plutôt parmi les couches les plus aisées de la société française. De grande taille pour l’époque (1 mètre 85), il avait les yeux verts et les cheveux châtains.

Pendant la première guerre mondiale son père, officier, est fait prisonnier au tout début du conflit, en août 1914. Le pape Benoît XV ayant obtenu de l’Allemagne le transfert en Suisse de certains détenus malades, Jules Hollande est envoyé dans le sanatorium de Leysin (Vaud), atteint d’une pleurésie. Au nom de son frère et de ses deux sœurs plus jeunes, Jacques Hollande, âgé de 14 ans, écrit le 8 février 1916 une lettre au pape : « Nous sommes quatre enfants français très reconnaissants à Votre Sainteté de l'initiative que vous avez eu la paternelle bonté de prendre en faveur de prisonniers malades. Notre père, après dix-sept mois d'une dure captivité en Allemagne, ayant été atteint de pleurite, a été hospitalisé en Suisse. Comme il est le premier officier de l'armée française qui y ait été amené, nous considérons comme notre devoir de remercier Votre Sainteté de nous conserver la vie de notre père (…) ». Le journal du Vatican, Osservatore Romano, qui publie la lettre, estime qu’il s’agit d’« une fleur parmi les épines ». Plusieurs publications catholiques saluent un « beau geste d’enfants ». Jules Hollande, capitaine et décoré de la Croix de guerre, mourut dans le centre de convalescence de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) des suites de sa maladie en juillet 1921.

En novembre 1920, après deux ans à la Faculté des Lettres de l'Institut catholique de Paris, il entre au séminaire du diocèse catholique de Paris à Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). La circonscription diocésaine comprenait à cette époque la ville-capitale ainsi que l’essentiel des trois actuels départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).

Bien qu’éligible à un sursis pour le service militaire, Hollande y renonce et est incorporé dans le 153e régiment d’artillerie à pied en mai 1922. Il est nommé brigadier en septembre puis maréchal des logis en mai 1923. Dans la réserve, il est promu sous-lieutenant en juillet 1925 puis lieutenant quatre ans plus tard.

Après la fin de sa période à l’armée, Jacques Hollande reprend ses études au séminaire et est ordonné prêtre le 18 décembre 1926 par le cardinal Dubois, archevêque de Paris. Il célèbre le lendemain sa première messe en l'église Saint-Honoré d'Eylau à Paris (16e arr.). Hollande poursuit des études de droit canonique à l'Institut catholique de Paris et est reçu comme lecteur en décembre 1931.

À suivre

Henri Dubois-Fournier, ancêtre de Jacques Hollande

 

Partager cet article
Repost0
4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Demeestère est de nouveau élu en mai 1884 conseiller municipal de Joinville, mais seulement au second tour et avec le plus petit nombre de voix, soit 169, quand Chéret, Voisin, et Pinson en avaient recueilli respectivement 399, 393 et 387 lors du premier tour. Cependant, Demeestère devance de beaucoup la liste conservatrice, qui obtient en moyenne 56 voix soit 15%, contre 310 pour les candidats républicains,

Au sein du conseil municipal, Demeestère défend, avec notamment le futur député radical Jules Ferdinand Baulard ou avec Henri Diot, et sous l’approbation du maire, une position anticléricale, contribuant ainsi en août 1884 à la suppression de l’indemnité de logement accordée au prêtre desservant l’église communale, l’abbé Ernest Jouin, un polémiste qui attaque violemment la franc-maçonnerie.

En tant que commerçant, Demeestère soutient la suppression de l’octroi à l’entrée de la commune et s’oppose, comme un autre restaurateur, Honoré Jullien, à l’engagement d’investissements coûteux, soutenus pourtant par la presse radicale. Avec cette dernière, et contre le maire, Demeestère plaide, en novembre 1884, pour que l’on organise les séances du conseil municipal en soirée, afin d’assurer la publicité des débats, plutôt que l’après-midi.

En mars 1885, la mort d’Alphonsine Charton, libre-penseuse, est suivi d’un enterrement civil, encore rare. Parmi les assistants, son époux Gustave Charton, Baulard, Demeestère et le journaliste Henry Vaudémont plaident pour la constitution d’une société de libre-pensée. Cependant, eu égard au faible nombre de personnes recrutés, le groupe préfère rejoindre la société de la commune voisine de Saint-Maur. Ils sont rejoints par Maxe, autre restaurateur et Thime, ouvrier bottier.

Le comité électoral de Joinville que préside Demeestère élit, en juillet 1885, quatre délégués pour le représenter au sein du comité départemental radical-socialiste de la Seine, qui siège rue Cadet à Paris (9e arr.). C’est une des premières formes d’organisation pérenne d’une structure politique non révolutionnaire en France. Demeestère et Baulard en font partie, aux côtés du lieutenant-colonel Fénelon Delobel, également conseiller municipal, et Eugène Videpied, ancien ouvrier lunetier et coopérateur, devenu propriétaire de la villa Palissy, établissement de loisirs sur la rive gauche de la Marne.

En novembre 1885, Demeestère travaille à l’organisation de son mouvement politique au niveau communal. Une réunion, de dix-neuf citoyens, tenue chez lui, créent un comité de la Ligue républicaine (qui prendra en fait le nom de comité radical-socialiste de Joinville), avec Videpied en tant que président, Baulard, vice-président, Demeestère, secrétaire, Jullien, Thime et Vaudey.

Une des premières manifestations est la tenue, en décembre 1885 à Joinville, d’une réunion électorale tenue dans le préau des écoles et présidée par Demeestère, qui accueille notamment Alexandre Millerand, futur président de la République. Elle traite de la séparation de l'Église et de l'État, la réforme des impôts et la question du Tonkin, les radicaux soutenant sa colonisation, contre les conservateurs. Plus de 300 personnes sont mentionnées par la presse nationale.

À suivre.

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 00:01

L’abbé Loubier est prêtre dans le diocèse de Mende, en Lozère, en 1907. Il est probablement né au cours des années 1880.

En août 1907, l'abbé Loubier est transféré dans le diocèse de Paris et devient vicaire de Saint-Charles-Borromée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Le curé de la paroisse est alors Amédée Lassier (1853-1937).

L’année suivante, il est nommé dans la même fonction à Sainte-Marthe des Quatre-Chemins, à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est notamment chargé du patronage des jeunes gens Saint-Joseph,

Juste avant le début de la première guerre mondiale, il devient curé de Dugny (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en juin 1914.

Au lendemain de la guerre, l'abbé Loubier redevient vicaire, cette fois dans la ville de Paris. Il est nommé en octobre 1921 à Saint-Denys de la Chapelle puis en mars 1929 à Notre-Dame de Lourdes.

Au cours des années 1920 et 1930, on retrouve régulièrement l'abbé Loubier comme prédicateur de carême dans diverses églises parisiennes.

En février 1937, il célèbre, en l'église Saint-Georges, rue Bolivar, les obsèques de M. Louis Gaudel, procureur général près la cour de Paris.

Le quotidien royaliste Action française mentionne, en août 1925, l'abbé Loubier comme souscripteur en faveur de la veuve et des enfants d'Ernest Berger, trésorier de l'Action française, assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare le 26 mai 1925.

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 01:01

Fulcran Raymond Charles Costes naît probablement en 1826 à Villefranche-de-Panat (Aveyron). Il est le fils de Marie Anne Savignac et Auguste Costes.

Il épouse Zoé Chibon dite Gibon. En 1860, à la naissance de leur premier enfant, Emélie Victorine, ils vivent à Livry, Seine-et-Oise (Seine, act. Livry-Gargan, Seine-Saint-Denis). Exerçant une activité de négociant, la famille Costes réside à Saint-Pétersbourg (Russie) où leur seconde fille, Zoé Andrette, voit le jour en octobre 1865. Elle est baptisée par le curé de de la colonie française, Ange Konomavitch, en février 1866. Le dernier fils, Auguste Paul, est enregistré en décembre 1870 dans la commune d’origine du père, Villefranche-de-Panat.

Au cours de cette décennie, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle vit avenue Molette, dans le quartier central. Elle conserve cependant une adresse parisienne, où elle réside sans doute pendant la période hivernale, rue Brézin (14e arr.).

Lors des élections de mai 1881, Costes est élu conseiller municipal de Joinville. Le maire, réélu, est le républicain modéré Gabriel Pinson. La nouvelle assemblée accueille quelques personnalités radicales, ouvertement anticléricales, comme le futur député Jules Ferdinand Baulard ou Alphonse Demeestère, pilier du mouvement radical dans la région.

Peut-être Costes fait-il partie des candidats conservateurs qui ont pris part aux élections municipales de mai 1884 à Joinville ; ils ont alors obtenu une moyenne de 56 voix, contre une moyenne de 310 voix pour les candidats républicains et radicaux, élus sur la liste du maire Gabriel Pinson, soit respectivement 15 et 85% des suffrages exprimés.

En septembre 1885, Costes est signataire d’un appel du Comité conservateur de la Seine, qui se présente comme « l'opposition conservatrice » et soutient une liste de candidats qui réclame « le rétablissement de la paix religieuse », s’oppose aux conquêtes coloniales et réclame l'allègement des charges publiques. Deux autres joinvillais signent ce document, diffusé dans plusieurs journaux comme Le Gaulois et la Gazette nationale, Arnoux et Jules Gaconnet . Les conservateurs avaient organisé dans une salle de Joinville une réunion de soutien à la liste d’Édouard Hervé  et du baron Haussmann le 29 septembre 1885 au cours de laquelle un de leurs candidats, Georges Berry, conseiller municipal de Paris, a pris la parole. Les radicaux et républicains, qui constituaient – selon leur journal local Voix des communes – la majorité des assistants, assurent que, malgré une infructueuse tentative de scander « vive l’empereur », c’est aux cris de « vive la République ! » que l’assemblée se sépare. Le scrutin législatif montre une progression, dans la commune de Joinville, des votes conservateurs, avec 130 voix au second tour (90 au premier), contre 365 aux républicains et radicaux sur 518 exprimés (soit respectivement 25 et 70%).

Un conflit démarre en juillet 1884 entre la municipalité et le conseil de fabrique (administration de la paroisse catholique) à propos des sommes qui seraient indûment conservées par le curé sur les recettes des pompes funèbres. Le conseil comprend, outre le maire et le curé, deux personnes nommés par l'archevêque de Paris et deux par le Préfet du département de la Seine. Au vu des irrégularités constatées dans les comptes, le ministre de l’intérieur et des cultes avait pris en février 1885 un arrêté qui révoquait les fabriciens (membres du conseil) en exercice. Pour constituer le nouveau conseil, le préfet désigne deux conseillers municipaux de la commune, Jules Ferdinand Baulard et Honoré Jullien, tous deux notoirement anticléricaux. Mais, sous prétexte que l'archevêque n’avait pas désigné ses représentants, le curé Ernest Jouin refuse de voir les nouveaux membres siéger dans la réunion qu’il convoque le 11 avril, et tente de tenir la séance avec les quatre révoqués Albert Rogat, rédacteur au journal le Pays, Victor Durand, rentier; Costes et Pierre Deubory, ancien capitaine. Pinson protestant contre cette réunion illégale, l'un des anciens membres du Conseil, M. Durand, se précipita sur le maire, le saisit au collet et le fit rouler à terre selon le quotidien Le Petit Parisien. Il est condamné en juillet 1885 par le tribunal correctionnel de la Seine pour violences et voies de fait à six jours de prison et à des dommages-intérêts envers le maire.

Le prêtre, Ernest Jouin, essayiste réputé, est connu pour le combat qu’il mène contre la franc-maçonnerie et pour ses positions antisémites.

L’année suivante, les tribunaux ont à se prononcer sur le fond. En mars, la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Paris inflige à chacun des anciens fabriciens 25 francs d'amende pour avoir continué d'exercer leurs fonctions bien que révoqués. Dans un arrêt du 30 octobre 1886, la cour de cassation confirme définitivement la sentence.

Charles Costes meurt le 17 février 1891 à Joinville-le-Pont. Il résidait avenue Molette, dans le centre-ville, et était âgé de 64 ans.

Ernest Jouin

 

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 01:01

Formé au séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), Jean Lamour devient prêtre lors d’une cérémonie, organisée le 24 juin 1937, en l'église Saint-François-Xavier de Paris (7e arr.), organisée pour commémorer le tricentenaire de l'ordination du fondateur de la Compagnie de Jésus. Il est ordonné par le cardinal Verdier, archevêque de Paris, en compagnie de deux autres ordinands.

Il est nommé curé de Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en octobre 1953, prenant la succession de l’abbé Bauller. C’est le prédécesseur de ce dernier, le chanoine Jacques Hollande, supérieur des prêtres-ouvriers de la Mission de Paris, qui procède à son installation.

Toujours dans le diocèse de Paris, Jean Lamour est ensuite curé de l’église Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre en 1960. Il participe à la préparation du concile Vatican II en 1962. Il est toujours curé de Nanterre en 1965.

À la suite de la création du diocèse de Nanterre, qui correspond au nouveau département des Hauts-de-Seine, l’église Sainte-Geneviève devient cathédrale en 1966.

Jean Lamour revient à Joinville-le-Pont, où se situe l’évêché de Créteil, 4, rue de l’Église. Il est, en 1968-1969, vicaire général du nouveau diocèse, dont la cathédrale est alors à Choisy-le-Roi et qui épouse les limites du département du Val-de-Marne.

Ordination, 24/06/1937, Jean Lamour au 1er rang à dr.

 

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 01:01

Le maire de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont), Laurent Pinson, rend compte, le 19 prairial an 11 (8 juin 1803) au citoyen Viénot, receveur des Domaines nationaux à Vincennes de l’état de la chapelle Saint-Léonard, qui se situe sur le territoire de la commune. « Depuis l'an 1691, les habitants de notre commune jouissent de cette chapelle qu'ils ont fait bâtir. Les réparations ont toujours été à leurs frais, et la commune en paye toujours les contributions foncières. Les titres ont toujours été entre les mains du desservant, dont le dernier était connu sous le nom de l'abbé Dedieu. Il a disparu au moment de la Révolution et nous n'avons pu le découvrir. »

Selon l'Inspecteur des Domaines, le 26 prairial (15 juin), « la desservance était payée par les habitants. »

Un arrêté du 31 juillet 1792, a remis la commune en possession de la chapelle.

Le village du Pont-de-Saint-Maur, installé au débouché d’un des deux ouvrages sur la Marne en amont de Paris avec celui de Charenton, est un port de déchargement de bois flottant venant de la Haute-Marne. Dépendant jusqu’en 1693 à la paroisse de Fontenay-sous-Bois puis ensuite de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, il devient une commune en 1790 sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur avant de se renommer Joinville-le-Pont en 1831 (Seine, act. Val-de-Marne).

La chapelle accueille des bateliers et des voyageurs pour lesquels des messes sont dites. Elle est détruite en 1803.

Faut-il rapprocher ledit chapelain de Pont-de-Saint-Maur avec l’abbé Dedieu qui met en musique une ode du poète Jean-Baptiste Rousseau, représentée au cours d’un concert spirituel au château des Tuileries à Paris, le 14 mars 1788 ? Et doit-on identifier ce musicien avec le compositeur J. Dedieu, auteur en septembre 1791 d’un hymne à Mirabeau intitulé Les regrets de la France, puis d’un opéra-folie, Midas au Parnasse, représenté en janvier 1793 au théâtre du Palais à Paris sur un texte de Planterre ou Planteau ?

L'entrée de la crypte Saint-Léonard en 1944

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens