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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 01:01

Jean Baptiste Gripon naît le 21 août 1864 à Mouliherne, Maine-et-Loire. Il est le fils Louise Courtin et de son mari, Jean François Gripon.

Après des études de médecine, Gripon est reçu comme officier de santé en juillet 1888 et est enregistré en mai 1889 comme exerçant rue Oberkampf à Paris (11e arr.). Il est mentionné dans la presse comme ne réussissant pas à ranimer une mère abandonnée qui se suicide en janvier 1890 à Paris ni à sauver un jeune homme qui se noie à Nanterre en été 1892.

Il se marie en décembre 1893 à Paris (18e arr.) avec Joséphine Zélie Caron, et est alors domicilié rue Ravignan. Il s’installe ensuite à Pierrelaye (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise), où naît son premier enfant et où il est appelé en avril 1898 pour secourir deux ouvriers ensevelis dans un accident de chantier ; un des deux meurt.

Gripon s’installe à l’été 1898 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il va exercer d’abord rue Chapsal (quartier du Centre) puis, à partir de 1901, route de la Brie (quartier de Palissy). Il soutient en 1903 une thèse sur le traitement de la tuberculose pulmonaire où il souligne l’effet positif du sirop Thiocol (Roche).

Lors de l’affaire Dreyfus, Gripon signe en novembre 1898 une protestation « au nom du droit méconnu, contre les poursuites et les persécutions qui frappent le colonel Picquart, l'héroïque artisan de la révision, à l'heure même où celle-ci s'accomplit. »

En décembre 1907, le Dr Gripon est candidat au poste de médecin inspecteur des écoles de la commune, nouvellement créé. Sa candidature est présentée devant la délégation cantonale scolaire qui la retient par 9 voix contre 6 à son concurrent, le Dr Vallat, conseiller municipal. Contre la règle, le préfet nomme pourtant le candidat arrivé second après une enquête suite à ce que Gripon qualifie de « insinuations malveillantes » alors qu’il avait présenté une attestation d’honorabilité signée de 846 personnes. L’hebdomadaire radical Voix des communes considère que « le vaincu aurait dû se retirer ». Gripon fait appel à une sorte de jury d’honneur, composée de Louis Parisot, conseiller général de la Seine (Courbevoie) et de Paul Guelpa, dirigeant du parti radical. Les deux hommes concluent à l’absence de responsabilité dans les insinuations malveillantes qui auraient motivé l’enquête préfectorale. Gripon publie une lettre de Gripon dans laquelle il écrit : « Je fus dévalisé ! Je pensais qu’en m’en prenant à celui qui profitait de mes dépouilles, je découvrirais les coupables, mais je me trompais. Le Dr Vallat est bien innocent. (…) Nous chercherons ailleurs les responsabilités. »

Bien que le Dr Vallat ne se représente pas aux élections municipales de mai 1908 à Joinville, Gripon décide d’être candidat indépendant face à la liste du maire sortant, le radical-socialiste Eugène Voisin, à une liste du comité socialiste évolutionniste (anciens socialistes et libéraux) et à quelques socialistes unifiés (SFIO). Les radicaux-socialistes emportent 21 sièges, les évolutionnistes en ont un et Gripon est élu. Il a recueilli 526 voix au second tour pour 1 188 suffrages exprimés (44,3%) sur 1 319 inscrits. Il en avait obtenu 493 au premier tour.

Au conseil municipal, Gripon va adopter une position très critique vis-à-vis du maire et de Louis Rey, un des principaux animateurs du radical-socialisme dans la commune et teneur de la rubrique locale dans Voix des communes. En juillet, Gripon accuse le maire Voisin d’avoir payé ses employés avec des bons du bureau de bienfaisance ; la préfecture, saisie de l’accusation après que Gripon ait refusé de se soumettre à un jury d’honneur, lave la majorité municipale des accusations.

Tout au long de l’année 1908, la polémique est entretenue dans les journaux locaux, notamment Voix des communes, l’Écho républicain (libéral) et L’Indépendant, publié par Eugène Hainsselin, ancien syndicaliste et un des animateurs du comité évolutionniste. Louis Rey traite Gripon de misérable, petit homme, fou et morphinomane ; un autre conseiller radical, Léon Roux, qui l’avait défendu dans sa tentative de devenir médecin scolaire, estime qu’il est de ceux qu’il ne salue plus.

L’attitude agressive de Gripon lors du vote sur le compte administratif en octobre 1908 et l’agitation encouragée par Hainsselin, mais contestée dans les rangs de la droite, provoquent une bagarres entre nationalistes à la fin d’une séance du conseil municipal. À la fin du même mois, quand le bureau de bienfaisance tente de réorganiser le service médical de l’état-civil dans la commune, quatre médecins sur six refusent de collaborer avec Gripon pour « fautes graves entachant l’honneur. »

La vie privée de Gripon est également fort agitée. Gripon avait placardé des affiches pendant la campagne électorale de 1908 où il figurait en bon père de familles tenant ses enfants dans les bras en photo. Mais en avril 1909, une décision de justice lui a enlevé la garde de ses enfants, et la sentence est exécutée par le commissaire de police publiquement, un jour de marché, devant un attroupement de personnes. Le jugement faisait suite à une enquête judiciaire qui établissait que ses enfants étaient battus, mal traités et mal nourris. Gripon prétend que, s’il a perdu son procès, c’est en son absence alors qu’il procédait à un accouchement.

En juillet la même année, Gripon quitte Joinville pour s’installer rue d'Angoulême à Paris (8e arr.) et exercer dans le 11e arrondissement. Après un scrutin partiel la provoqué par la démission de cinq dissidents et qui voit la défaite de la majorité municipale, Gripon revient siéger et se solidarise des sept opposants au maire radical-socialiste. Cependant, Gripon avait mis en cause dans une réunion avant ce vote, comme faisant partie des cinq élus municipaux ayant quitté la commune. Il n’est pas réélu lors des municipales de 1912.

Cette même année, ses deux fils aînés vont être victimes d’un drame qui marque l’opinion publique. Se baignant en août dans l’anse de Piégu, près de Val-André, dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor) avec quatre de leurs parents, Jean (16 ans) et Jacques (13 ans) sont entraînés vers le large et meurent noyés sous les yeux de leur mère.

Jean Baptiste Gripon, qui continuait d’exercer comme médecin à Paris, meurt le 11 septembre 1920 à Paris (11e arr.). Il était malade et âgé de 56 ans.

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 01:01

Suite de la biographie de Pierre Vallat.

Lors des élections municipales de mai 1904, Pierre Vallat figure sur la liste du maire sortant, Eugène Voisin, qui est soutenue par les radicaux-socialistes. Elle s’oppose à une liste, dirigée par quatre élus sortants (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet) que les radicaux qualifient de nationaliste et cléricale et à une liste conduite par Henri Lacroix et Émile Lebègue membres du Parti socialiste de France - Unité socialiste révolutionnaire (PSdF-USR). La liste radicale, avec en moyenne 50,2% des suffrages exprimés obtient 15 sièges dès le premier tour et 7 au second, en concédant un à l’opposition de droite qui avait recueilli 31,9% ; les socialistes, avec 14,9%, n’ont pas d’élus. Vallat avait totalisé 420 votes sur 1 119 votants pour 1 363 inscrits, soit 37,5%.

Lors du scrutin suivant, Vallat, ne se représente pas. Par contre, son concurrent pour le poste de médecin des écoles, Gripon, se porte candidat en tant qu’indépendant et sera élu. Toujours adhérent du comité républicain radical-socialiste, il préside en février 1911 une réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal, particulièrement agitée puisqu’elle se situe dans un moment où une part importante du conseil municipal a démissionné et conteste la gestion municipale.

Toujours au sein du comité radical, Vallat plaide en avril 1911 en faveur de la Société de l’allaitement maternel. Il prend en 1912 la présidence de la mutualité scolaire après la démission de J. Breton, en conflit avec le nouveau maire, Ernest Mermet.

Au cours de la première guerre mondiale, Vallat, comme deux autres docteurs de la commune, est dans une ambulance sur le front comme aide-major dans le 38e régiment d’infanterie territorial. Son ordonnance, un militant socialiste joinvillais, Antoine Duranthon, publie dans la presse locale deux chansons qui lui sont dédiées, la première intitulée « Ah, quel fourbi ! » Il est cité à l’ordre du régiment en juin 1915. Promu en février 1917, il est blessé au début 1918, il est cité à l’ordre de la division et décoré de la croix de guerre.

Après-guerre, Vallat devient, avec son collègue le docteur Giroux, médecin conseil des réformés et mutilés au moment de la constitution de la section de Joinville-le-Pont en janvier 1919.

Le Dr Vallat continue de suivre la situation des écoles, s’adressant au conseil municipal en avril 1923 pour demander la réfection des cours d’école, proposant leur bitumage. Il s’émeut, en août 1925 lors de l’assemblée générale de la Caisse des écoles communale que des élus ne paient pas leur cotisation. Il est également en 1926 le médecin du bureau de bienfaisance. La même année, il participe au conseil d'administration du comité de Saint-Maur, Joinville, Créteil de la Société française de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge).

Si Vallat continue d’exercer de nombreuses activités publiques à Joinville jusqu’en 1932, notamment dans le domaine scolaire, il s’installe à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) où il réside et exerce en 1928.

C’est dans cette ville qu’il se marie en mars 1932 avec Lucienne Marie Louise Valez ; il a alors 59 ans.

Pierre Vallat meurt le 27 février 1960 à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne). Outre la croix de guerre, il était décoré des palmes académiques comme officier de l’instruction publique et de la médaille de bronze de l’Assistance publique.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 01:01

Pierre Armand Raphael Charles Vallat naît le 25 juillet 1872 à Montagnac (Hérault). Il est le fils d’Édith Aubrespy et de son époux, Louis Théobald Vallat. Le père, médecin, s’installe à Vincennes à la fin des années 1870 ; il deviendra inspecteur général de l'enseignement technique.

Pierre Vallat va également faire des études médicales et devient docteur à Paris en décembre 1897. Il s’installe immédiatement à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec un cabinet en centre-ville, rue de Paris. Outre son activité de médecin de quartier, Vallat intervient dans l'organisation d’évènements sportifs, comme la traversée de Paris à la nage à partir de 1906. Il est également, dès 1899, le médecin des enfants soutenus par la Société de l’allaitement maternel, importante association humanitaire laïque à Joinville.

Lors de rencontres corporatives, Vallat défend des positions en faveur de la médecine libérale. Il présente ainsi en avril 1907 au cours de l’assemblée générale des médecins de France sur le libre choix du malade dans les industries. Il fait adopter par le congrès des praticiens trois résolutions : que le libre choix du médecin soit inscrit dans les cahiers des charges imposés aux grandes compagnies, par l’État, les départements et les communes ; qu’il soit consacré par une loi ; que le service médical des grandes compagnies n’ait plus qu’un rôle de contrôle administratif.

Dans le canton de Charenton, voisin de celui de Saint-Maur dont dépend Joinville, un comité de défense contre la hausse des tarifs des médecins tient une réunion en septembre 1907 ; c’est Vallat qui est délégué par ses confrères pour défendre leur position, face à 1 500 participants selon la presse parisienne.

En décembre 1907, Vallat est nommé médecin inspecteur des écoles de la 2e circonscription du canton de Saint-Maur-des-Fossés. Cette nomination provoque une crise locale : en effet, la délégation cantonale avait émis un avis en faveur d’un autre docteur joinvillais, Jean Baptiste Gripon, par 9 voix contre 6 à Vallat. Cependant, le préfet, contrairement à l’usage habituel, avait refusé de nommer Gripon et lui avait préféré Vallat Le premier, qui s’estime « dévalisé » fait appel à des tiers, qui établissent que Vallat n’était pas à l’origine des insinuations malveillantes qui auraient motivé l’enquête préfectorale ayant conduit à la mise à l’écart de Gripon. Cependant, une partie de l’opinion y compris des amis politiques de Vallat estiment que, vaincu après le vote de la délégation cantonale, il aurait dû se retirer.

En effet, Vallat s’en engagé dans une action politique. En janvier 1899, il signe l’appel à l’Union lancé par Henri Poincaré, demandant par avance le respect de la décision de la cour de cassation, attendu alors dans l’affaire Dreyfus, avant que la grâce présidentielle n’interrompe le processus judiciaire. Vallat est membre du Comité républicain radical-socialiste de Joinville qui, après avoir soutenu la candidature d’Adolphe Maujan aux élections législatives, décide de devenir une structure permanente ; il est l’un des huit délégués de cette nouvelle organisation politique.

(à suivre)

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 01:01

Jean Barborin naît le 27 janvier 1844 à Lembeye (Basses-Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques) ; il a une sœur jumelle, Françoise. Ils sont les enfants de Claire Larroque et de son époux Pierre Barborin, négociant.

Il fait des études de médecine à Paris et devient externe en 1867. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il prend part à la création de la première ambulance volontaire internationale de la Société de secours aux blessés, la future Croix-Rouge. Il soutient sa thèse de doctorat en 1876 sur « l’immobilité par le plâtre associée à la cautérisation transcurrente dans le traitement des tumeurs blanches. »

Installé à Joinville-le-Pont, il y ouvre un cabinet rue du Pont. Outre son activité de généraliste, il est le médecin des rameurs de la Société nautique de la Marne. Il est également inspecteur médical des écoles de Joinville et d’une partie des communes de Saint-Maurice et Saint-Maur. Il épouse en avril 1877 à Joinville Antoinette Marie Julie Brillaux, fille d’un ancien adjoint au maire de la commune, Charles Alexandre Brillaux.

Sa première prise de position politique connue se situe en octobre 1877, quand il participe à une « souscription républicaine » pour les élections législatives organisée par le quotidien La Presse.

En avril 1888, il participe à une réunion publique préparatoire aux élections municipales de Joinville, organisée par les radicaux-socialistes, mais ne se présente pas. Par contre, en mai 1892, il est à la tête d’une liste d’opposition de droite au maire radical Eugène Voisin, avec deux conseillers municipaux sortants, Bocquentin et Moulinet.

Les candidats de sa liste obtiennent en moyenne 141 voix, soit 27% des 639 suffrages exprimés ; la liste radicale recueille en moyenne 360 votes, c’est-à-dire 70%. Elle a 22 élus sur 23, contre un seul aux opposants (Moulinet). Barborin lui-même glane 169 suffrages (26%) au premier tour, et est battu au second.

En janvier 1899 Barborin adhère à Ligue de la Patrie française, organisation française, nationaliste, composée d’intellectuels antidreyfusards mais refusant l’antisémitisme (François Coppée, Jules Lemaître, Paul Bourget, Maurice Barrès, Edgar Degas, Auguste Renoir, Jules Verne, José-Maria de Heredia, Pierre Louÿs, Vincent d'Indy, Caran d'Ache, Frédéric Mistral, etc.).

Pendant la première guerre mondiale, il participe à une souscription pour des soldats démunis, organisée par L’Homme enchaîné. Il continue d’exercer son activité médicale après-guerre à Joinville.

La date et le lieu de son décès ne sont pas connus ; il est postérieur à 1919, date à laquelle il avait 75 ans.

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 01:01
Alfred Stieffel, de la communauté juive d’Algérie aux bords de Marne

Alfred Isaac Stieffel naît le 4 juin 1859 à Oran (Algérie). Il est le fils de Dina Liebschütz et d'Henri Stieffel, originaires tous deux en Alsace. Henri Stieffel est une personnalité de la communauté israélite oranaise. Il dirige l'école israélite française (qui compte 130 élèves) et est secrétaire du Consistoire. Sans doute est-ce lui qui préside également la Société de bienfaisance israélite pour la propagation du travail et de l'instruction, dont il démissionnera en 1860. Henri Stieffel participe probablement aux combats de l’armée française contre les troupes prussiennes en 1870 et est fait prisonnier. Ayant perdu la nationalité française après l’annexion de l’Alsace à l’empire allemand, il la réintègre en 1878 et réside alors à demeurant Lunéville (Meurthe-et-Moselle) où il est directeur de fabrique.

Les études de médecine le conduisent à Paris, où il soutient en 1884 une thèse sur l'influence de la syphilis sur l'éclosion et sur l'évolution de la tuberculose. Il ouvre un cabinet à Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne).

En 1892, Alfred Stieffel prend part à la constitution d’une liste d’opposition à la municipalité Eugène Voisin, qui a obtenu le soutien du comité radical-socialiste. Elle est conduite par un autre médecin, le docteur Jean Barborin et par un conseiller municipal sortant, Albert Bocquentin.

Le journaliste Henry Vaudémont, lui-même candidat radical-socialiste sur la liste des sortants, apprécie cependant les qualités de Stieffel ; il commente ainsi sa participation à la toute première réunion de compte-rendu de mandat organisée dans la commune, en avril 1892 : « Deux champions furent chargés de venir nous « tomber » en champ clos lors de notre première réunion, c’étaient les docteurs Stieffel et Barborin. Dix-huit moribonds [les candidats de la municipalité sortante se représentant] contre deux médecins, la partie semblait devoir être rude. Elle le fut. Stieffel attaqua comme un lion, se défendit comme un tigre, et fut, par-dessus le marché, venimeux comme un aspic. Hâtons-nous d’ajouter que malgré toutes les comparaisons empruntées à la ménagerie Pinson, il ne passa point pour une bête. Tout au contraire, il emporta les sympathies générales, outre la veste que lui valurent l’absence de Bocquentin et le départ malencontreux de son collègue Barborin. »

La liste Barborin-Bocquentin obtient en moyenne 141 voix le 1er mai 1892, soit 22,1% des 639 suffrages exprimés, tandis que la liste radicale d’Eugène Voisin en remporte 360, soit 56,4%. Au premier tour, les partisans du maire obtiennent 16 élus, tandis que les opposants n’en ont qu’un, Honoré Moulinet, conseiller sortant. Stieffel, qui recueille 283 votes (44,3%), arrive en seconde position de sa liste. Il est cependant battu au second tour, les six sièges restant allant à la majorité municipale.

Bien que toujours actif sur le plan social et professionnel, Stieffel ne prit ensuite plus part aux activités politiques publiques dans la commune.

Après avoir annoncé en 1893 qu’il épousait une vosgienne, Lucie Gerschel, Alfred Stieffel se marie en septembre 1894 à Paris (2e arr.) avec Jeanne Strauss. Ils ont deux enfants, Henri, mort en bas âge et Marie.

L’activité professionnelle de Stieffel conjugue une pratique locale dans le quartier central (rue de Paris et avenue de Créteil) avec des publications de portées plus générales. Il apporte, avec ses collègues des Barborin et Bitterlin, les premiers soins aux blessés de l’explosion d’une chaudière à l’usine métallurgiques du Bi-Métal en février 1895. Stieffel est mêlé à un fait divers dramatique en 1901 : il ordonne l’internement d’un jardinier de 47 ans, devenu violent, mais l’épouse de celui-ci, qui s’y opposait, se suicide quand on emmène son mari vers l’asile. Après les inondations de la Marne en janvier et février 1910, le docteur Stieffel participe à l’organisation du service des désinfections. Pendant la première guerre mondiale, il contribue à plus actions humanitaires.

Étant le médecin de la société des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont et soignant gratuitement les militaires et gendarmes, le docteur Stieffel obtient plusieurs récompenses et médailles.

Collaborateur du journal Le Moniteur médical, il y tient des propos qui prêtent souvent à polémique, plaidant pour l’ouverture aux pratiques curatives traditionnelles non médicales et soutenant le renforcement des compétences des généralistes. Il participe à la rédaction d’un Traité pratique de médecine clinique et thérapeutique, dirigé par Samuel Bernheim et Émile Laurent (1895, réédité en 1900).

Alfred Isaac Stieffel, qui disposait d’un appartement rue Etienne-Marcel à Paris en plus de sa résidence joinvillaise, meurt le 27 janvier 1936. Son décès est transcris sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 77 ans.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 01:01

Charles Paul Élie Bitterlin naît le 11 mai 1893 à Saint-Maur-des-Fossés (anc. Seine, Val-de-Marne). Comme son grand-père Élie, comme son père Georges et comme son frère cadet Jean, il sera docteur en médecine et réside à Joinville-le-Pont, 5, rue Pasteur. Pendant la guerre, Charles Bitterlin est médecin auxiliaire ; en 1918, il est nommé chef de service par intérim du 5e bataillon. Il est cité à l’ordre de la division et décoré de la Croix de guerre. Il est nommé lieutenant de réserve.

À l’instar de son père et de son frère, professe des idées d’extrême-droite. En 1933, il réside rue Ledru-Rollin à Paris (12e arr.) et préside la section du groupe Action française Bercy Quinze-Vingts.

Marié en octobre 1927 à Paris (6e arr.) avec Marguerite Yvonne Marie Guilmoto, Charles Bitterlin est décédé le 26 juin 1975 à Paris (13e arr.).

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 01:01

Jean Louis Élie Bitterlin naît le 13 décembre 1894 à Saint-Maur-des-Fossés. Comme son grand-père Élie, comme son père Georges et comme son frère aîné Charles, il sera docteur en médecine et réside à Joinville-le-Pont, 5, rue Pasteur. Pendant la guerre, il sert comme médecin auxiliaire dans un groupe de brancardiers de la 77e division. Il est cité à l’ordre de l'armée en décembre 1917 pour « conduit avec un entrain et une activité admirables les équipes de brancardiers. »

Marié à Saint-Maur avec Marguerite Lamy en juillet 1919, leur sixième enfant naît en 1931. Jean Bitterlin va également suivre son père, ancien conseiller municipal de Joinville, dans son engagement politique. Il cotise à la Fédération nogentaise de l'Action française (extrême-droite) en 1920.

En 1935, il participe à la fondation par la Mutualité maternelle de Paris d’un nouveau dispensaire, rue de l’Église à Joinville-le-Pont.

Pratiquant l’escrime, il se signale chaque année dans des lieux de villégiature de la bourgeoisie (La Baule, La Bourboule, Sieck en Bretagne, etc.). C’est au cours d’un de ces séjours familiaux, à Saint-Gervais-les-Bains (Savoie), qu’il disparaît en août 1937, par suite de la rupture de la neige au cours d’une excursion en montagne avec sa femme et deux de ses enfants. Il fait une chute de 600 mètres dans un torrent. Il était âgé de 42 ans.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 01:01

Georges Paul Élie Bitterlin naît le 1er décembre 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’un médecin, Élie Laurent Bitterlin et de son épouse Julie Héloïse Chaure.

Son père, médecin à Saint-Maur, a été le fondateur en 1870 du comité local de la Société de secours aux blessés militaires (future Croix-Rouge), particulièrement actif pendant la guerre franco-prussienne notamment durant la bataille de Champigny. Il publiera un ouvrage d’hommage à l’action de son père en 1912, après sa disparition trois ans plus tôt.

Georges Bitterlin est élève au collège Stanislas à Paris. Il fait ensuite des études d’histoire et est diplômé en avril 1891, après avoir soutenu une thèse sur l’étiologie de la tuberculose chez les enfants. La même année, il épouse en mai à Coulommiers Ernestine Jeanne Marie Piat, fille d’un banquier. Il s’installe rue Pasteur à Joinville-le-Pont, rue limitrophe de la commune de Saint-Maur. Ils auront quatre enfants, dont les deux garçons (Charles et Jean) seront également médecins.

En tant que médecin, le Dr Bitterlin s’implique dans la vie locale, s’interrogeant sur la crémation en 1892, participant aux commissions municipales sur les logements insalubres ou l’enfance en bas âge et produisant un rapport sur les risques liés à un projet d’usine de vaseline en 1894. Il intervient pour porter les premiers secours avec deux confrères lors de l’explosion dramatique d’une chaudière au sein de l’usine Bi-Métal en février 1895.

Au cours de l’année 1908, il s’oppose à la municipalité lors d’un conflit entre elle et un autres médecin, le Dr Gripon et publie une lettre à ce sujet dans deux journaux l’Indépendant (organe d’un groupement d’opposants joinvillais) et l’Écho républicain (proche des milieux conservateurs à Saint-Maur). Après les graves inondations de la Marne en janvier et février 1910, le Dr Bitterlin participe à l’organisation du service de désinfection.

Georges Bitterlin s’engage au cours du scrutin municipal de Joinville en mai 1912. Il est élu au second tour sur une liste regroupant des radicaux dissidents, des socialistes unifiés (Sfio) et des libéraux, qui remporte les 23 sièges à pourvoir face à la municipalité radical-socialiste sortante. Pour ses adversaires, Bitterlin est avec Louis Gallas et Pierre Dalbavie, un des représentants du parti réactionnaire auprès du nouveau maire, Ernest Mermet.

Médecin aide-major de l’armée de terre, versé dans la réserve en été 1892, Bitterlin va reprendre une activité comparable à celle de son père lors de la guerre précédente, en étant affecté à l’hôpital militaire auxiliaire numéro 5, implanté dans la propriété du Petit Bourbon à Saint-Maur. Des incidents sont signalés dans la gestion de cet établissement en novembre 1916. Dans une lettre rendue publique en février 1917 dans un hebdomadaire régional, La Gazette de l’Est, le Dr Georges Bitterlin explique qu’il a « été débarqué de ma fonction de médecin-chef de l’hôpital auxiliaire n° 5, par la commission exécutive du comité de Saint-Maur de la Croix-Rouge 9/01, pour cause de mauvais accord avec l’administrateur, Greiss ». Selon lui, il avait subi « une pression religieuse mesquine, tracassière et puérile » qui a blessé sa « conscience de catholique sincère mais tolérant ». Il dénonce des « actes arbitraires et brutaux vis-à-vis d’infirmières » et qualifie son renvoi de « décision absolument inique. »

Du fait de la proximité géographique, Bitterlin continue de siéger au conseil municipal pendant la période de guerre. Il prend part, en soutien au maire, à la querelle qui l’oppose en février 1916 à Louis Rey, ancien conseiller municipal, et rédacteur du journal radical-socialiste Voix des communes, à propos de la gestion des fonds recueillis pour les nécessiteux. Il anime des collectes humanitaires et participe à des manifestations patriotiques.

Le Dr Bitterlin est intégré dans différents organismes de santé publiques, comme la commission du dispensaire départemental d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse (juillet 1918), le conseil de surveillance de l'Office public d'hygiène sociale (juillet 1921), le comité départemental des mutilés et réformés de guerre (de 1924 à 1939). Il participe à la Mutualité maternelle de Joinville, que préside son épouse, après avoir accompagné au début du siècle à l’œuvre de l’Allaitement maternel.

Il se rend à Lourdes en 1925 et publiera deux ouvrages ; le premier, la même année, pour observer au point de vue médical les faits qu’il a constatés lui-même. Le second, en 1929, pour discuter du cas de Mme Angault, de Craon (Mayenne) guérie en août 1926 par la disparition subite d'un fibrome utérin.

Bitterlin continue son action politique. Il est candidat lors des élections municipales de Joinville en novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant de Jules Beauvais, qui s’oppose à celle des socialistes Sfio et à une autre, regroupant radicaux dissidents, radicaux-socialistes et socialistes indépendants, qui remporte tous les sièges au second tour et désigne Henri Vel-Durand, radical dissident, comme nouveau maire.

La Ligue d'Action Française crée en avril 1920 une section de la région nogentaise dont Bitterlin est un des fondateurs. Son fils Jean Bitterlin y contribue également. Lors des élections législatives de mai 1924, Georges Bitterlin est candidat en 16e position sur la liste Action française et Union Nationale révisionniste dans le département de la Seine, conduite par Georges Valois qui préconise la suppression du parlement. Il organise le 19 avril une réunion publique à Champigny, mais l’auditoire est composé aux trois-quarts de sympathisants communistes. La formation d’extrême-droite est nettement distancée par les communistes de Paul Vaillant-Couturier (9 sièges), les républicains sociaux (droite) de Maurice Bokanowski (5 sièges) et le Cartel des gauches conduit par Pierre Laval (5 sièges également). Les candidats d’Action française, qui n’ont pas d’élus, obtiennent 3,3% des suffrages exprimés dans l’ensemble du département et 4,3% à Joinville.

Georges Bitterlin, qui n’avait plus d’action politique publique, va cependant être nommé conseiller municipal de Joinville par arrêté préfectoral du 20 février 1942, pris en exécution de la loi du 16 novembre 1940. La municipalité désignée par les autorités vichystes conserve le maire Léon Lesestre, tandis que les deux élus communistes ont été démis et que la moitié des élus de 1935 en est exclue. Elle est dissoute par le comité local de Libération en août 1944 et une délégation spéciale prend sa suite avec l’arrêté préfectoral du 26 septembre.

Georges Bitterlin, qui avait obtenu un accessit en histoire au concours général en 1884, était un des fondateurs de l’association des Amis du Vieux Saint-Maur, qui publie la revue Le Vieux Saint-Maur ; il en était vice-président à sa disparition.

Georges Bitterlin meurt accidentellement le 4 septembre 1946 à Paris (12e arr.), à l’âge de 81 ans. Il avait obtenu plusieurs récompenses, dont en 1929, une médaille d’or de la mutualité pour services rendus aux œuvres de prévoyance sociale.

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