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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 01:01

Francesco Lucchi naît en 1867 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il y épouse Louise Maraffi.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec sa femme et ses fils Jean et Jacques ainsi une partie de sa famille, comme sa sœur Jeanne ou son frère Joseph, lui aussi accompagné de sa femme et de sa fille. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler François. La famille Lucchi sera active dans la vie publique à Joinville, notamment François et Jean dans le syndicalisme, Jacques dans la vie politique et les associations sportives et Pierre dans la Résistance.

François Lucchi travaille comme manœuvre à l’usine Bi-Métal à Joinville-le-Pont.

Il s’engage, le 19 janvier 1910, dans la grève de organisée par l’Union des métallurgistes Cgt et dirigée par Gaspard Ingweiller, secrétaire du syndicat. Le mouvement, qui va durer 101 jours, est suivi par 206 des 215 ouvriers de l’usine qui demandent une augmentation des salaires.

Le conflit est violent, les grévistes s’opposant à l’embauche par la direction d’ouvriers pour entretenir les machines. Il se déroule par ailleurs en plein dans l’inondation de la rivière Marne, qui atteint cette année-là son niveau record et recouvre une grande partie du territoire de Joinville et des villes voisines.

Le 17 mars, une centaine de personnes attaquèrent les ouvriers graisseurs qui se rendaient à leur travail. Au cours de la bagarre, des coups de feu furent tirés et six des assaillants furent arrêtés, dont François Lucchi et son fils aîné Jean. Une grande effervescence règne toute la journée, avec l’intervention de métallurgistes d’autres usines, comme ceux de La Canalisation électrique à Saint-Maurice ou des ouvriers de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Pendant qu’il est en détention provisoire, de santé de sa fille Maria (17 ans) se dégrade. Malgré un certificat médical attestant de la gravité de la situation, le père et le frère n’obtiennent pas leur mise en liberté provisoire. Ils ne sont autorisés à sortir que deux heures après le décès de la jeune fille. Le quotidien socialiste L’Humanité fait sa Une de cet incident, qu’il qualifie de crime.

Les six prévenus comparaissent le 12 avril 1910 devant le tribunal correctionnel de la Seine pour « entraves à la liberté du travail, outrages aux agents, infraction à la loi sur les étrangers et port d'arme prohibée ». François Lucchi est condamné à deux mois de prison ; son fils Jean est acquitté comme « ayant agi sans discernement. »

La grève prend fin le 30 avril, les ouvriers obtenant une satisfaction partielle de leurs revendications. François Lucchi avait appel de sa condamnation, mais elle est confirmée par la cour d’appel en novembre 1910.

François Lucchi, qui avait repris son activité à l’usine Bi-Métal, meurt le 28 décembre 1918 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 51 ans et avait trois fils, qui auront tous un engagement politique ou social.

Usine du Bi-Métal

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 01:01

Giuseppe Lucchi naît le 11 juillet 1874 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il y épouse Delphine Cavalli.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec sa femme et sa fille Louise ainsi une partie de sa famille, comme sa sœur Jeanne ou son frère François, lui aussi accompagné de sa femme et de ses enfants. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler Joseph. La famille Lucchi sera active dans le mouvement syndical, dans la vie politique ainsi que dans les associations, notamment sportives.

Joseph Lucchi travaille d’abord comme ouvrier journalier à l’usine de la Canalisation électrique à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il sera ensuite tréfileur.

Marié avec Delfine Cavalli, Lucchi a au moins neuf enfants, dont sept nés en France. En novembre 1939, il obtient la nationalité française par naturalisation. Il meurt le 16 mai 1954 à Joinville, dans son domicile, la rue ayant été rebaptisée Henri-Barbusse. Il était âgé de 79 ans.

La Canalisation électroque

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 00:01

(Suite de Camille Bainville, voyageur orientaliste)

Après la soixantaine, Camille Bainville va publier plusieurs ouvrages de théâtre et de poésie, inspirés de ses voyages et de l’histoire. Ils sont tous publiés par l’imprimerie Chaix, spécialisée dans le ferroviaire. Les Captifs à Alger, drame en un acte, et Un Miracle, tragédie en un acte, paraissent en 1893.

Il publie la même année, Blanche Capello, la fille de Venise, drame historique en cinq actes, inspiré de la vie de Bianca Cappello (1548-1587), seconde épouse du duc de Florence François 1er de Médicis, empoisonnée à l'arsenic en même temps que lui :

(…) À vingt ans j'avais tout !

À trente, j'ai la haine, un trône et du dégoût.

À vingt ans, on m'aimait, j'aimais aussi moi-même

(…)

On tremble près de moi de respect ou de peur,

On me hait et je hais... est-ce là le bonheur?

L‘ouvrage a été réédité en 2014 par Hachette Livre en coopération avec la BNF, qui le propose également en téléchargement sur le site Gallica.

Encore en 1893, Bainville propose un recueil de poésies, Nuages et fumées.

Ces quatre livres vont asseoir la réputation de Camille Bainville, qualifié en 1894 par L'Année des poètes de « fin lettré trop peu connu, mais trop modeste pour se faire connaître » qui confirme en 1895 qu’il ne tient pas à faire sonner les « trompettes de la réclame ». Les ouvrages suivants auront un accueil critique plus important.

Le Dernier Jour de Léopardi, drame en un acte, paru en 1894, est décrit la même année par L'Année des poètes comme « fort bien mené, profondément émouvant, écrit dans la langue sobre d'un homme qui se rappelle les auteurs latins, et rivalise avec eux d'aisance et de précision ». Il est consacré au grand poète italien contemporain, Giacomo Leopardi :

Chantre du désespoir, poète du néant

Tu t’approches de lui, vois à pas de géant

Comme Blanche Capello, il a été réédité par Hachette Livre en 2016, en coopération avec la BNF, qui le propose aussi en téléchargement sur le site Gallica.

Isabelle de Médicis, drame en trois actes, édité en 1895, lui vaut les félicitations de l’Académie française. L'Année des poètes y voit en 1895 l’une des « rares pièces vraiment intéressantes qui aient été inspirées par l'histoire de France. »

Continuant dans la chronique théâtrale des Médicis, Bainville publie en 1896 Dianora, drame en quatre actes, inspiré de la vie de Leonora Álvarez de Tolède (1553–1576), épouse de Pierre de Médicis, qui l'étrangla par jalousie.

Paru en 1897, Le Temple de Salomon, en cinq actes, est qualifié par Le Figaro de « remarquable tragédie. »

Le même journal salue en 1898 comme « d'une très belle allure vibrante et patriotique », le dernier livre sous la signature de Camille Bainville, Beaurepaire. Il prend comme sujet un épisode dramatique de la Révolution française, avec Jacques Alexandre Reine de Beaurepaire (1754-1829), garde du corps du roi Louis XVI à Versailles lors des journées des 5 et 6 octobre 1789.

Louise Naudon avait épousé Camile Bainville en novembre 1880 à Paris (4e arr.). Ils n’auront pas d’enfants. Camile Bainville, qui restera attaché à Joinville-le-Pont pendant toute son existence, fait partie au bureau de la caisse des écoles jusqu’en 1885, même si un journal local remarque qu’on ne l’y voit guère car « étant presque toujours en voyage. »

Il siège dans l’assemblée locale, comme son arrière-grand-oncle, Edme Lheureux, premier maire en 1790 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (ancien nom de Joinville-le-Pont), son arrière-grand-père Nicolas Lheureux, troisième maire du village en 1792, son grand-père Jean Victor Bainville, conseiller municipal sous la Restauration et son père Pierre Victor Bainville, conseiller municipal et adjoint au maire sous la monarchie de Juillet, la seconde République puis le début du second Empire. Élu en 1871, alors qu’Auguste Courtin, conservateur, est maire, Camille Bainville siège à côté de son oncle, Jean Porphyre Bainville, qui prolongera la présence de la famille  au conseil municipal jusque 1884.

Camille Bainville décède le 3 novembre 1909 à Fontenay-sous-Bois. Il résidait toujours rue des Corbeaux à Joinville, où son décès est retranscrit avec la mention « sans profession ». Une demi-douzaine de journaux salue sa disparition.

La fuite de Bianca Cappello vers Florence

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