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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Le comité radical-socialiste de Joinville décide, en mai 1886 de proposer la candidature de Jules Ferdinand Baulard, ancien entrepreneur et militant républicain dès 1848, pour l’élection au conseiller général du canton de Charenton, rendu vacant par la mort de son titulaire, le docteur Decorse. Deux délégués de Joinville sont désignés pour faire partie du comité cantonal, Demeestère et Thime.

Jules Ferdinand Baulard, ancien ouvrier devenu entrepreneur, militant républicain en 1848 et sous l’empire, recueille au premier tour 39% des suffrages exprimés, face à un candidat de droite et à deux autres radicaux-socialistes. Il l’emporte au second tour avec 46%, un des deux radicaux s’étant maintenu.

Lors d’une réunion à Joinville en juin, le journaliste Henry Vaudémont plaide pour « l’alliance du parti ouvrier avec le parti radical-socialiste » afin d’assurer le succès de Baulard. En juillet, l’Union des républicains radicaux-socialistes du canton de Charenton décide d’admettre les citoyens qui déclarent adhérer à l’un des trois programmes sur lesquels se sont faites les élections de 1885 : programme de la presse radicale-socialiste, du comité central des groupes radicaux-socialistes de la Seine ou du parti ouvrier. Demeestère, devient président du comité cantonal. L’hebdomadaire Voix des communes le décrit comme « un des vieux lutteurs de la démocratie socialiste, homme modeste s’il en fut. »

En décembre 1886, toujours sous la présidence de Demeestère, l’Union cantonale lance un manifeste exposant son programme pour l’élection cantonale. Le thème central est la demande du retour à un statut de droit commun pour le département de la Seine, en séparant le conseil général départemental du conseil municipal de Paris. Mais le texte postule également « que le cumul des fonctions électives est en contradiction formelle avec les principes de la démocratie. »

En mars 1887, les commerçants pétitionnent en faveur des courses de chevaux, qui se tiennent sur les deux rives de la Marne à proximité immédiate de Joinville, dans le Bois de Vincennes et le parc du Tremblay. Le maire, Gabriel Pinson, et son premier adjoint, Eugène Voisin, démissionnent pour les soutenir (mais ils n’iront pas au bout de cette démarche). Demeestère et Diot se démarquent, soutenant que, au point de vue moral, tous les radicaux sont les adversaires jurés de ce jeu.

En décembre de la même année, l’Union des radicaux-socialistes du canton de Charenton adhère à la Fédération des groupes radicaux-socialistes de la Seine et demande à Jules Ferdinand Baulard d’être à nouveau candidat au conseil général.

Très engagé dans le mouvement de la libre-pensée et l’action anticléricale, Demeestère fait voter en mars 1888 un vœu au conseil municipal pour « que les communes puissent disposer, à leur gré, des sommes qui leur sont imposées par l’État pour le budget des cultes, soit en affectant ces sommes au service du culte ou à tout autre service de la commune qu’elles jugeront convenable ». La séparation de l’Église et de l’État interviendra 17 ans plus tard.

À suivre.

Jules Ferdinand Baulard

 

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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Demeestère est de nouveau élu en mai 1884 conseiller municipal de Joinville, mais seulement au second tour et avec le plus petit nombre de voix, soit 169, quand Chéret, Voisin, et Pinson en avaient recueilli respectivement 399, 393 et 387 lors du premier tour. Cependant, Demeestère devance de beaucoup la liste conservatrice, qui obtient en moyenne 56 voix soit 15%, contre 310 pour les candidats républicains,

Au sein du conseil municipal, Demeestère défend, avec notamment le futur député radical Jules Ferdinand Baulard ou avec Henri Diot, et sous l’approbation du maire, une position anticléricale, contribuant ainsi en août 1884 à la suppression de l’indemnité de logement accordée au prêtre desservant l’église communale, l’abbé Ernest Jouin, un polémiste qui attaque violemment la franc-maçonnerie.

En tant que commerçant, Demeestère soutient la suppression de l’octroi à l’entrée de la commune et s’oppose, comme un autre restaurateur, Honoré Jullien, à l’engagement d’investissements coûteux, soutenus pourtant par la presse radicale. Avec cette dernière, et contre le maire, Demeestère plaide, en novembre 1884, pour que l’on organise les séances du conseil municipal en soirée, afin d’assurer la publicité des débats, plutôt que l’après-midi.

En mars 1885, la mort d’Alphonsine Charton, libre-penseuse, est suivi d’un enterrement civil, encore rare. Parmi les assistants, son époux Gustave Charton, Baulard, Demeestère et le journaliste Henry Vaudémont plaident pour la constitution d’une société de libre-pensée. Cependant, eu égard au faible nombre de personnes recrutés, le groupe préfère rejoindre la société de la commune voisine de Saint-Maur. Ils sont rejoints par Maxe, autre restaurateur et Thime, ouvrier bottier.

Le comité électoral de Joinville que préside Demeestère élit, en juillet 1885, quatre délégués pour le représenter au sein du comité départemental radical-socialiste de la Seine, qui siège rue Cadet à Paris (9e arr.). C’est une des premières formes d’organisation pérenne d’une structure politique non révolutionnaire en France. Demeestère et Baulard en font partie, aux côtés du lieutenant-colonel Fénelon Delobel, également conseiller municipal, et Eugène Videpied, ancien ouvrier lunetier et coopérateur, devenu propriétaire de la villa Palissy, établissement de loisirs sur la rive gauche de la Marne.

En novembre 1885, Demeestère travaille à l’organisation de son mouvement politique au niveau communal. Une réunion, de dix-neuf citoyens, tenue chez lui, créent un comité de la Ligue républicaine (qui prendra en fait le nom de comité radical-socialiste de Joinville), avec Videpied en tant que président, Baulard, vice-président, Demeestère, secrétaire, Jullien, Thime et Vaudey.

Une des premières manifestations est la tenue, en décembre 1885 à Joinville, d’une réunion électorale tenue dans le préau des écoles et présidée par Demeestère, qui accueille notamment Alexandre Millerand, futur président de la République. Elle traite de la séparation de l'Église et de l'État, la réforme des impôts et la question du Tonkin, les radicaux soutenant sa colonisation, contre les conservateurs. Plus de 300 personnes sont mentionnées par la presse nationale.

À suivre.

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Après la guerre franco-prussienne de 1870 et la Commune de Paris de 1871, Alphonse Demeestère va s’engager de nouveau dans l’action politique. En novembre 1874, une liste républicaine est constituée pour les élections municipales de Joinville ; elle comprend sept candidats, dont trois sont élus, Benoit, Cambier et Pilté tandis que Demeestère, Moignard, Pouzet et Valéry ne le sont pas.

Le conseil municipal reste en majorité conservateur, avec à sa tête Auguste Courtin. Il démissionne en cours de mandat et est remplacé par Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste. Lors des élections municipales suivantes, en janvier 1878, la liste du maire sortant est battue, tandis que les républicains remportent la majorité dès le premier tour, avec 16 sièges pour un seul aux royalistes orléanistes. Gabriel Pinson est élu maire et Demeestère entre au conseil municipal, accompagné de deux de ses colistiers de 1874, Pilté et Benoit, ainsi que de plusieurs radicaux.

Ce sont les suites du mouvement communard qui vont amener Demeestère à devenir la figure marquante de la gauche locale. Alphonse Demeestère lance en septembre 1879 une cagnotte pour un amnistié de la Commune de Paris résidant dans la ville, Adolphe Morandy, qui sort d’une hospitalisation. Mais le maire, Gabriel Pinson, lui conteste le droit d’organiser ladite souscription. Le quotidien populaire Le Petit Parisien rend compte de la polémique, et prend clairement position en faveur de Demeestère, annonçant même qu’il souscrit à sa pétition, qui est également relayée par d’autres journaux progressistes, comme Le Rappel. Demeestère participe à la constitution d’un sous-comité d'aide aux amnistiés à Joinville, dont la présidence est confiée au député d’extrême gauche, Alfred Talandier, élu de la Seine. Un autre conseiller municipal y participe, Louis Vaudey.

Le 27 septembre 1879, une motion est présentée au conseil municipal de Joinville par le maire, dans laquelle les élus « blâment sévèrement le citoyen Demeestère ». Elle est signée de 12 élus municipaux, mais l’un d’entre eux (Mouriez) contestera publiquement avoir donné son accord. Le Petit Parisien s’inquiète d’une telle initiative : « Nous demandons jusqu'à quel point le maire d'une commune peut se permettre d’afficher l'extrait d'une délibération du conseil municipal infligeant un blâme à l'un des membres de ce conseil. Où allons-nous? »

En 1881, Demeestère quitte le conseil municipal.

À suivre.

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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 01:01

Premier article de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Joseph Alphonse Demeestère naît le 5 août 1816 à Paris (8e arr.). Il est le fils de Marie Thérèse Vandeplancke et de Joseph François Xavier Demeestère, tous deux d’origine flamande. Son père est natif de Courtrai, ville incluse depuis 1815 dans le Royaume uni des Pays-Bas (act. Belgique). Il ne dispose pas, ainsi, à la naissance de la nationalité française.

Il est le septième des neuf enfants du couple. Ses trois frères aînés furent serruriers à Paris, tandis que le cadet était tailleur.

Avant 1840, Alphonse Demeestère épouse Philiberte Jojot, fille de vignerons de Blannay (Yonne).

Selon la nécrologie publiée par l’hebdomadaire radical Voix des Communes, Demeestère était un républicain et libre-penseur depuis ses vingt ans, militant pendant la révolution française de 1848. C’est en avril de cette même année que, comme deux de ses frères au moins, il demande et obtient la nationalité française.

Peut-être est-ce à cause de son militantisme républicain qu’il va travailler en Angleterre après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851 qui réinstaure un régime impérial en France. Après son retour, sous le second empire, Il se rapproche de sa famille et fabrique des bronzes trempés à l’huile dans le quartier du Marais, à Paris. Il vit rue des Petites-Écuries (10e arr.).

Le couple et leurs deux filles s’installent en 1863 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils exploitent un hôtel-restaurant avec chambres et appartements meublés, situé quai Beaubourg (act. quai du Barrage), sur la rive droite de la Marne. Site touristique pour les parisiens, Joinville dispose d’au moins huit hôtels en 1868.

À suivre.

 

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28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 01:01

Valentin Jules Lenormand naît le 18 décembre 1862 à Mantes-la-Jolie (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Marie Geneviève Émile et de son époux Clodomir Hippolyte Lenormand, ébéniste.

En février 1888 à Paris (11e arr.), Valentin Lenormand, qui est alors quincailler, épouse Laure Deshaye (dite Louise), veuve d’Auguste Adrien Ludot. Les époux vivent boulevard Richard-Lenoir. Le couple s’installe ensuite rue de Belleville, à Paris (19e arr.) où il réside en 1891 puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils sont installés en 1908, avenue du Château, dans le quartier de Polangis, sur la rive gauche de la Marne.

Lenormand est devenu comptable. Il obtient, à ce titre, une médaille d’honneur du commerce et de l’industrie en mars 1912.

Cette même année, son épouse, Louise Lenormand, prend la présidence de la section locale de l’Allaitement maternel, principale association humanitaire dans la commune. Elle en assumera la charge jusque peu avant son décès en 1921.

En décembre 1919, Valentin Lenormand est désigné électeur sénatorial suppléant, en vue du scrutin de janvier l’année suivante, par la majorité de droite qui vient d’être élue au conseil municipal.

Après la mort de sa femme en décembre 1921, Valentin Lenormand se remarie à Passy-sur-Marne (Aisne) en avril 1923 avec Albertine Joséphine Vernier. Il est alors âgé de 60 ans.

La date et le lieu de son décès ne sont pas connus. Il ne semble pas avoir eu d’enfant.

Le château de Polangis au début du siècle

 

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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 01:01

François Jules Fraud naît le 18 avril 1864 à Die (Drôme). Il est le fils d’Élise Archinard et de son mari Pierre Fraud, horloger.

La famille s’installe ensuite à Lyon (Rhône, 1er arr.), où son père est devenu serrurier. En juin 1886, Jules Fraud, alors garçon-boucher, épouse Esprite Henriette Gapiand, repasseuse. Deux ans plus tard, toujours à Lyon, il est corroyeur au moment de la naissance de leur fils.

En 1908, on retrouve la famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils vivent dans le quartier de Polangis, avenue Oudinot puis avenue Arago. Le père fait, en 1921, commerce d’épicerie et exploite un commerce de vin et un restaurant.

Pendant la première guerre mondiale, le fils Henri, sergent-fourrier, est blessé et reçoit plusieurs décorations ainsi qu’une citation.

Après la fin du conflit, Jules Fraud participe aux élections municipales de novembre 1919 à Joinville. Il est candidat au second tour sur la liste socialiste SFIO, en 24e position sur 27, et recueille 496 voix pour 1518 suffrages exprimés (32,7%) sur 1537 votants et 2491 inscrits. La liste socialiste n’obtient aucun siège, l’union républicaine et sociale d’Henri Vel-Durand remportant les 27 postes après le retrait, suite au premier tour, de la liste libérale. En 1912, une alliance des libéraux, de radicaux-socialistes dissidents, de socialistes indépendants et des socialistes SFIO avait gagné la municipalité sur l’ancienne majorité radicale-socialiste. Sept socialistes SFIO avaient intégré le conseil municipal, dont Georges Laruelle, qui conduit la liste en 1919 et Henri Lacroix, également candidat. Par contre, Julien Périn se présentait sur la liste de Vel-Durand.

Jules Fraud résidait toujours dans la commune en 1922 ; il était alors âgé de 57 ans. La date et le lieu de son décès ne sont pas connus.

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 01:01

Isidore Francois Audureau naît le 4 juillet 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Louise Alphonsine Bonnardel, employé de commerce et de son mari Luce Audureau.

Mobilisé pour son service militaire dans le 4e régiment de chasseurs d’Afrique, à Tunis, en octobre 1910, il est affecté au service auxiliaire pour « faiblesse générale et astigmatisme ». Il est réformé en mars 1911 pour astigmatisme et hypermétropie des deux yeux toujours à Tunis et rentre en France. Son incapacité sera confirmée par le conseil de révision de la Seine en décembre 1914 puis en février 1917.

Employé de commerce comme son père, Isidore Audureau épouse en janvier 1912 à Paris (12e arr.) Mathilde Marie Huysegems, modiste. Il va se lier professionnellement et politiquement avec le beau-frère de sa femme, Frédéric Bautsch.

En 1921, tous les deux exploitent un commerce de bonneterie en gros, sous la raison sociale Audureau et Bautsch, situé rue de Montmorency à Paris (3e arr.). Ils disposent de représentants notamment dans l’ouest, le sud-ouest et ne nord de la France.

La famille Audureau, qui aura probablement six enfants, est installée en 1923 sur le quai de Polangis, dans la maison voisine de celle des Bautsch.

En mars 1935, Audureau participe à la transformation de la principale formation de droite de la commune. Le Comité d’union des républicains et d’action sociale, fondé en 1912, se transforme en Union des républicains, à vocation uniquement municipale. René Kirbuhler en est le président, tandis qu’Audureau est nommé commissaire aux comptes.

Lors des élections municipales de mai, l’Union des républicains soutient la liste conservatrice, qui l’emporte contre les radicaux-socialistes sortants et la gauche communiste et socialiste coalisée. Léon Lesestre est élu maire, Frédéric Bautsch et René Kirbuhler deviennent adjoints. En septembre 1935, Audureau est désigné comme électeur sénatorial par la majorité municipale.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Audureau contribue par des dons en 1942 au Comité d’assistance aux prisonniers, géré par la mairie. Frédéric Bautsch est arrêté par le comité local de Libération le 25 août 1944 en même temps que les autres membres du bureau municipal, Lesestre, Béal, Kirbühler et Chaussée. Ils sont transférés au camp de Drancy.

Par contre, un fils d’Audureau, Jacques René, né à Joinville en 1923, est enregistré en tant que résistant.

Isidore Audureau meurt le 9 septembre 1961 à Marigny-sur-Yonne (Nièvre). Il était âgé de 72 ans.

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 00:01

Marie Victor Robin naît le 14 octobre 1784 Bard (act. Bard-lès-Époisses, Côte-d'Or). Il est le fils de Reine Martin et de son époux Jean Robin, vigneron. Présenté comme salarié, il épouse en septembre 1811 à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) Claudine Foignot, également salariée et fille de vignerons.

Peut-être faut-il le rapprocher de son homonyme, victime lors de la révolution de juillet 1830. La commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés attribue en effet en 1832 une aide à Robin (Marie Victor), après l’avoir inscrit dans la 1e classe des blessés de Paris (1er arr.)

Au moment du décès de celle-ci, en juin 1834, Marie Victor Robin et son épouse vivent à la ferme de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils sont cultivateurs. Avec son fils, Robin est également grainetier.

En février 1838, Marie Victor Robin se remarie avec Élisabeth Clémentine Guillet, fille du fermier de Polangis, Jean Simon Guillet. Lors du mariage, comme lors du décès de sa première femme, tous les témoins exercent ou vont exercer des responsabilités politiques : Pierre Ursin Marcellis, Louis Théodore Eugène Benoit, Eugène Napoléon Rozier, Jean Marie Molette et Louis Alphonse Chéret.

Marie Victor Robin devient lui-même membre du conseil municipal en août 1840. Il en démissionne en août 1843. Il est alors marchand de bois et réside rue du Pont, sur la rive droite de la Marne, ayant quitté la plaine de Polangis. Il quitte la commune, sans doute après 1848.

Marie Victor Robin meurt le 24 mai 1867 à Chelles (Seine-et-Marne) où il résidait, rue Saint-Georges, avec sa seconde épouse. Il avait 62 ans.

Il n’avait aucune parenté avec Jean Joseph Robin, qui fut maire de Joinville-le-Pont.

Vue de Polangis

 

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 00:01

Laurent François Pinson est né le 8 avril 1755 à Lizy-sur-Ourcq (actuellement en Seine-et-Marne). Il est le onzième des douze enfants de Marie Jeanne Le Blond (1715-1760) et Laurent Pinson, marinier (né en 1707) et le dix-septième des dix-huit enfants qu’aura eu ce dernier dans ses deux mariages.

Il épouse en 1788 Jeanne Marguerite Mathieu (1764-1843) avec laquelle il aura quatre enfants : Laurent Nicolas (1788-1867), Marie Marguerite (née en 1790), Charles Hyppolite (1793-1881) et Jean François (né en 1805). Il exerce la profession de marchand de bois.

En 1790, les habitants du hameau du Pont de Saint-Maur, rattaché à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur, proclament leur commune indépendante de celle de Saint-Maur. Les 409 résidants en 1793, conduits par Edme Lheureux, marchand de bois, arguent de l'existence d'un lieu de culte, la chapelle Saint Léonard et de la nécessité de défendre le pont sur la Marne. Le maire de Saint-Maur proteste et adresse une plainte à la municipalité de Paris, le 5 mai 1791. Des démarches identiques seront renouvelées jusqu'en 1830.

S’il ne figure pas dans l’exécutif de la municipalité de facto constituée en février 1790, Laurent Pinson est le deuxième officier municipal de la commune après les élections municipales de novembre 1790, Edme Lheureux étant maire. Il est également prudhomme assesseur du juge de paix. Laurent Pinson signe le registre d’état-civil communal le 20 janvier 1993 en tant que membre du conseil général de la commune ; il ne figure pas dans la municipalité élue le 4 avril 1793.

En fonction de la loi du 28 pluviôse an 8, un conseil municipal est élu en 1800. Laurent Pinson est désigné en tant que maire par le préfet de la Seine, Nicolas Frochot. Il est à nouveau nommé en 1808 et 1813.

Le 30 mars 1814, quatre cents conscrits et huit pièces d'artillerie défendent le pont de Saint Maur contre les régiments autrichiens, wurtembourgeois et cosaques, qui l'emportent. La bataille fait 265 morts. Des cadavres sont retirés de la Marne pendant deux mois. Le pont, principale ressource de la commune, est détruit et ne sera restauré qu’à partir de 1822.

Il mourra en fonction le 27 décembre 1814 dans sa commune et aura pour successeur Jean-Mathurin Lemaire (1771–1850), épicier, qui est assure l’intérim puis est maire en mars 1815. Laurent Pinson a été décoré de la Légion d’honneur pendant le Premier empire.

Son fils aîné, Laurent-Nicolas, puis son arrière-petit-fils, Gabriel, seront également maires de la commune. Son deuxième fils, Charles Hippolyte, sera maire adjoint. Un autre arrière-petit-fils, Albert Bocquentin, sera également conseiller municipal de Joinville.

 

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 00:01

Suite de la biographie de Gabriel Pinson

C’est sous le mandat de Gabriel Pinson que la zone de Polangis sur la rive gauche de la Marne, jusqu’ici peu habitée, va devenir le principal quartier pavillonnaire de Joinville. Elle avait été, en 1870, le théâtre d’une bataille meurtrière entre les forces françaises et prussiennes. Le château de Polangis, qui appartenait aux héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire, est vendu par eux en 1881. En 1883, un lotissement est réalisé dans le parc du château, et le bâtiment du château sera démoli en 1902. En 1886, un canal, appelé également ru de Polangis (ou Petit-Bras) est creusé, pour attirer les canotiers parisiens et les inciter à acheter les parcelles mises en vente.

À partir de fin 1887, Pinson continue son activité publique, présidant les séances du conseil municipal et participant aux cérémonies publiques. Il semble cependant réduire sa présence en mairie, probablement suite à une dégradation de sa santé, puisqu’il ne signe plus les registres d’état-civil à compter du 15 décembre.

Les radicaux-socialistes critiquent la gestion du maire, un incident éclatant lors de la session du conseil de février 1888 entre Albert Bleunard et Pinson, ce dernier menaçant de se retirer parce que Bleunard lui reproche de ne pas appliquer la règlementation à propos de l’école maternelle. L’hebdomadaire radical Voix des communes lui reproche son attitude : « Quelle sensitive vous êtes, excellent M. Pinson ! C’est de l’autoritarisme cela, et du plus détestable pour vos administrés, ils ne veulent pas vous faire de la peine, et pourtant ils voudraient pouvoir vous présenter des observations comme à une personne naturelle ! »

En avril, le comité radical-socialiste convoque les élus sortants pour leur poser cinq questions : 1) vous représentez-vous ? 2) avez-vous voté les poursuites contre le curé ? 3) êtes-vous partisan d’un sénat ? 4) en cas de changement législatif, êtes-vous favorable au maintien des appointements du curé ? 5) réunions du conseil municipal le soir ou l’après-midi ? Pinson et dix autres membres de sa majorité refusent de répondre à la convocation.

Les élections de mai 1888 opposent une liste républicaine modérée, conduite par Pinson, à une liste radical-socialiste, dirigée par Alphonse Demeestère. Les premiers obtiennent 18 élus, dont 17 dès le premier tour, les seconds en ont 3. Pinson recueille 353 voix, moins que Rousseau, Voisin et Chéret, mais est reconduit dans sa fonction de maire par 17 voix sur 21.

Gabriel Charles Eugène Pinson meurt le 20 juin 1888 à Joinville, un mois et demi après sa réélection, à l’âge de 53 ans. Son ancien adjoint, Eugène Voisin, le remplace. Pinson avait été décoré en juin 1883 d’une médaille d'argent pour actes de courage et de dévouement : « s'est signalé maintes fois par sa belle conduite, notamment lors des inondations qui ont eu lieu de 1878 à 1883. »

Avec sa mort, disparaît du conseil municipal de Joinville le nom de Pinson, qui était présent – quasiment sans interruption – depuis 1791 avec trois maires (Laurent François, Laurent Nicolas puis Gabriel et un maire adjoint, détenteur du record de présence avec 47 ans de mandat (Hippolyte).

Cependant, ce n’en est pas encore fini avec la descendance de Laurent François Pinson. Un autre de ses arrière-petits-fils, cousin de Gabriel Pinson, est élu au cours d’une élection municipale partielle en mars 1890. Albert Louis Bocquentin (1842-apr. 1903), négociant et industriel, conservateur, siègera deux ans au conseil municipal jusqu’en 1892.

Fin

Vue de Polangis

 

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