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17 juin 2023 6 17 /06 /juin /2023 01:01

Suite de la biographie d’Albert Kownacki

Le professeur de biologie, publiciste et dirigeant de l’Association philotechnique, société d’éducation populaire, Albert Kownacki exprime en octobre 1907 son opinion sur l’utilité de l’enseignement philotechnique : « donner au jeune homme une éducation plus complète, plus coûteuse par conséquent. Le courage, le labeur incessant ne suffisent pas, il faut le travail aidé du savoir ». Il analyse que si, « Aux États-Unis, les fabricants disent que s'ils peuvent lutter contre l'Europe avec des salaires deux fois plus élevés, c'est que leurs ouvriers plus instruits travaillent plus vite, mieux et savent tirer meilleur parti des machines ». Il considère que cette « influence prépondérante de l'instruction sur la puissance de production apparaît partout et en tout temps ». Il prend un exemple : « dès le XVIIIe siècle, l'Écossais, naguère pauvre et ignorant, l'emportait sur l'Anglais dans toutes les carrières parce que le Parlement d'Édimbourg avait doté le pays d'un enseignement public. »

Ses conférences, en 1907, sont toujours extrêmement centrées sur Herbert Spencer et sa sociologie : la conservation de l’espèce, l’évolution de la famille, les institutions cérémonielles, la genèse des institutions politiques, la religion, la morale évolutionniste… En mai, il aborde cependant un sujet décalé : La transmission de la pensée, à partir d’un cas de télépsychie. Il ose, pour sa conférence d’ouverture des cours, en octobre, un titre provocateur : « Ici on forme des lâches. »

Le père d’Albert Kownacki, Joseph, qui était venu les rejoindre à Joinville-le-Pont, meurt à l’âge inhabituel de 101 ans en janvier 1908. Il est célébré par la communauté polonaise émigrée en France comme le dernier officier survivant de l’insurrection contre les russes en 1830. La même année, Kownacki devient président de l’association philotechnique de Joinville. Il est également fondateur et président des associations philotechnique de Vitry et de La Varenne, à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Au long de ses cours, le fils poursuit en 1908 son regard sur l’œuvre du sociologue anglais Herbert Spencer, développant l’approche morale : égoïsme, altruisme, vie individuelle. Puis, après avoir causé en mai sur L’idée de justice à travers les âges, et avoir établi en octobre que La Terre est la seule planète habitable, il entame un nouveau cycle consacré à Karl Marx et au Capital à partir de décembre. Il poursuit à partir du même matériau en 1909.

La villa des Kownacki, dans le quartier de Palissy, est inondée pendant les crues séculaires de la Marne entre janvier et mars 1910. Cependant, Kownacki refuse de demander une indemnisation. Au contraire, il participe à l’organisation d’une Loterie lancée par le docteur Chéhadé Charles Zalta en faveur des sinistrés ; il prononce une allocution lors du versement des aides aux sinistrés.

La même année 1910, Albert Kownacki publie une Histoire de douze ans (1898-1910), consacrée à l’expérience de La Coopération des idées, une université populaire implantée faubourg Saint-Antoine à Paris (11e arr.). Ses conférences de l’année, dont le rythme semble fléchir, s’intéressent à Auguste Comte et au positivisme. Mais il persiste à communiquer aussi sur la cosmologie, entretenant les auditeurs de la Coopération des Idées, qui devient le lieu principal de son enseignement, de La fin du monde d'après la science.

Il consacre un autre livre, en 1911, à Jules Ferry et l’enseignement populaire. Ses premiers cours de l’année, en automne, sont sur Le Pragmatisme, de William James, Bergson et Le régime des eaux dans le bassin de la Seine. À partir de novembre, il entame une série consacrée au corps humain. Il s’interroge en décembre que Comment on se meut.

L’approche du corps humain par Kownacki se poursuit en 1912 : travail, fatigue, repos en janvier, apport des aliments et de l’air en mars, dépuration et protection en avril, transmission des informations en mai, direction et contrôle du cerveau en juin. Mais il n’oublie pas les techniques, évoquant en mai Les grands paquebots et la sécurité des voyageurs.

Les interventions de Kownacki en 1913 se font toutes à l’université populaire du Faubourg Saint-Antoine, nouvelle appellation de la Coopération des Idées. Son programme comporte huit séances consacrées à la philosophie de Bergson : la vie consciente, déterminisme et problème de la liberté, représentation du monde et système nerveux, matière et mémoire, mémoire et cerveau, mémoire et esprit, union de l’âme au corps.

Il démarre en décembre une deuxième série de son enseignement bergsonien par l’Évolution créatrice. Elle continue en mai et juin 1914.

Albert Kownacki est hospitalisé en septembre 1914 pendant trois semaines « en vue d’une opération grave. »

À la suite de cette détérioration de son état de santé, il poursuit son activité associative, mais ne donne plus que rarement de cours ni de conférences – sauf, à une occasion, en juin 1920 sur Les maladies du langage et de la personnalité pour L'Émancipation de Vincennes.

Il vit depuis au moins 1926 et toujours en 1936 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Victor-Hugo, à l’hospice Lenoir-Jousserand, un établissement desservi par des employés laïques, ce qui était encore rare dans les organismes hospitaliers. S’il n’a plus d’activités physiques, il conserve cependant certaines responsabilités et correspond probablement avec ses interlocuteurs. Il organise ainsi en novembre 1927 les 25 ans de la société d’éducation populaire joinvillaise.

Il est présent, jusqu’en juillet 1934, aux manifestations organisées dans les écoles de Joinville. Cette année-là, Kownacki est toujours vice-président de l’Union des philotechniques, fondée en 1901, alors présidée par Paul Strauss, ancien ministre et président du sénat.

Devenu membre titulaire de la Société astronomique de France en mai 1934, Albert Kownacki, s'inscrit comme membre perpétuel de cette association en 1941. Il est alors âgé de 90 ans.

Selon les tables de succession des archives départementales du Val-de-Marne, Albert Kownacki est mort le 8 décembre 1944 à Saint Mandé. Il était âgé de 94 ans et père de trois enfants ; ses deux filles, Gabrielle et Marthe Kownacka, furent artistes peintres, comme leur mère et leur grand-père. Son fils Marcel fut deux fois blessé et fait prisonnier pendant la première guerre mondiale, où il obtint la Croix de guerre et la Médaille militaire. 

Décoré des médailles de bronze (1888), d’argent (1906) et de vermeil de l’instruction des adultes, Kownacki avait obtenu les Palmes académiques comme officier d’académie en juillet 1888 et officier de l’instruction publique en juillet 1896. Il était titulaire du Mérite agricole et avait été fait, en juillet 1914, chevalier de la Légion d’honneur.

Fin

Bulletin de l'union des associations philotechniques de 1934. Albert Kownacki en est alors vice-président

 

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15 juin 2023 4 15 /06 /juin /2023 01:01

Suite de la biographie d’Albert Kownacki

La part la plus importante de l’engagement public du professeur Albert Kownacki est son engagement dans l’éducation populaire.  

À parti de 1881, il s’implique dans l'Association Philotechnique où il assure un enseignement gratuit pour adultes comme professeur et conférencier. En novembre 1881, il cause sur « Comment on arrive » au lycée Fontanes de Paris. En janvier 1882, son thème d’intervention est l'Origine de l'homme. Il développe en mars 1883 les principes de l'éducation intégrale. Au lycée Charlemagne, en février 1888, on l’entend sur La dernière catastrophe.

Devant la section des sciences économiques et sociales du Comité des travaux historiques et scientifiques de Paris, en juin 1887, Kownacki présente une contribution sur les effets de l’enseignement professionnel et technique donné par l'Association philotechnique au point de vue de l'économie politique. Créée en 1848, l’association connait depuis 1870 un grand développement avec 10 000 auditeurs dans ses 330 cours donnés dans 22 sections. Kownacki que le programme « cherche à se plier aux besoins, aux exigences de l'industrie et du commerce contemporains ». Aux cours commerciaux qu’elle délivrait à l’origine, elle a adjoint l’horlogerie, la menuiserie, le travail des métaux, l'électricité, la reliure. Faute de professeurs, elle n'a pu établir un enseignement de pâtisserie, mais par contre elle a réussi à créer un cours d'arabe. Depuis 1870, des femmes ont été admises parmi les auditeurs et parmi les professeurs.

Au sein de l’École de sociologie de la rue Cadet, il traite, en 1888 de l'Évolution de la morale puis de la morale évolutionniste en avril, de l'Évolution organique et de la morale en mai. Le même mois, il poursuit sur les sentiments égoïstes et altruistes, En juin, il se consacre aux conceptions primitives.

En juillet 1889, Kownacki est élu au bureau de l’association, présidé par Ed. Jacques, président du Conseil général de la Seine. Il en devient secrétaire l’année suivante, sous la présidence de Jules Ferry. Avec l’ancien ministre de l’éducation Léon Bourgeois, Kownacki prononce le discours d'ouverture des cours en décembre 1893. Il devient secrétaire général en juillet 1896, Ferdinand Buisson étant devenu le président. Puis il est désigné l’année suivante comme vice-président, toujours avec le même.

On retrouve des conférences de Kownacki en octobre 1892 au lycée Charlemagne sur L'œil et la vision. Il discourt en avril 1894 à propos d’une femme poète : Simone Arnaud. En octobre 1896, à l'école communale de la rue de Belzunce (10e arr.), il parle de L'Art de prolonger la vie.

Le Féminisme est un thème qu’il traite dans une autre école, celle de la rue La Vieuville (18e arr.) en mars 1898 ; l’annonce précise que « Les dames sont invitées » à l’invitation de la Société républicaine des Conférences populaires. Kownacki examine d’abord les raisons économiques qui sont selon lui la « cause première du mouvement féministe : l'homme détenteur de tous les avantages sociaux forçant la femme à une sorte de lutte pour la concurrence sur le marché du travail ». Postulant que « Tout ce qui est juste finit par triompher », Kownacki « déduit du passé oppresseur la justesse et la justice des revendications féminines et sa déduction de l'avenir est que les deux pôles humains reposeront un jour sur l'assise de droits équivalents et d'égalité fraternelle ». Pour y arriver, il « exhorte les femmes à évoluer sans heurts, méthodiquement ». Il remarque que « Trois États de l'Amérique du Nord ont accordé aux femmes leurs droits politiques. Il y est déjà reconnu qu'elles les exercent avec un grand discernement ». Pour lui, « la femme est appelée par la force des choses à triompher sur le terrain politique, comme sur le terrain économique ». Il qualifie « d'infâme trafic » les mariages d'argent et conclut en citant le dirigeant social-démocrate allemand August Bebel « La femme jouira dans la société future des mêmes droits et des mêmes avantages que les hommes ». Il reprendra ce thème en septembre 1900, à l’occasion d’un congrès féministe, devant L'Égalité, université populaire du 7e arrondissement.

Parmi les nouveaux sujets qu’il aborde au tournant du siècle figure Matière brute et matière vivante en novembre 1900 et L'Origine des espèces un mois plus tard. Au début du 20e siècle, il évoque Les Origines de la civilisation en février 1901 puis la Civilisation primitive, morale et religieuse en mars. Il se consacre, avec des projections, à L'Homme primitif en avril. En mai, il s’intéresse à une Tournée d'inspection dans les couvents de Camaldules par un général de l'ordre, une très ancienne congrégation religieuse catholique bénédictine, disparue au 18e siècle. En octobre, Kownacki parle de La Maladie des mystiques. Il interroge, le mois suivant : Peut-on démontrer la vérité ? Puis, pour clôturer l’année, en décembre à Vincennes expose L'art d'arriver au vrai.

C’est accompagné de pièces anatomiques que, de nouveau à Vincennes, on retrouve le professeur de biologie venant parler du Squelette en janvier 1902. Il se consacre ensuite aux questions religieuses, avec Un autodafé au dix-septième siècle le même mois à Paris (11e arr.) puis L’Inquisition en février, de retour à Vincennes. Il étudie le linceul du Christ en juin. La biologie revient au premier rang avec Le cerveau et la pensée ainsi que La physiologie et la question sociale et Le mécanisme de la pensée en mai. En juin, Les maladies du langage et de la personnalité, puis en juillet Le cerveau et ses fonctions et en août Les maladies de la mémoire et du langage sont à son programme. En octobre, il examine L’inconscient et le spiritisme, un mois plus tard La folie et l’éducation. Les sciences de la Terre concernent Kownacki aussi, comme Les volcans et la constitution du globe en août.

L’association philotechnique de Joinville-le-Pont est créée en 1902. Elle inaugure ses cours le 22 novembre en présence du député radical Adolphe Maujan. Kownacki en confie la présidence à Henri Vel-Durand, conseiller d’arrondissement également radical. Kownacki a quitté sa fonction de vice-président de l’association-sœur de Paris et est devenu délégué de la Ligue de l’enseignement. Il prononce, chaque année en novembre, les discours d’ouvertures des cours, qui sont accompagnés d’une partie musicale, avec des élèves des cours de musique. Les élèves de la société d’enseignement populaire installée à Joinville participent à ces manifestations, notamment en jouant de la musique, sous la direction de Louise Allaire.

Au cours de l’année 1903, les thèmes politiques et philosophiques sont mis au premier plan. En janvier, Kownacki discute de La liberté, d’après Stuart Mill puis en mars L’individu contre l’État de Herbert Spencer. Il aborde la Question d'Alsace-Lorraine en mars et les Deux Républiques en avril puis Comment on est devenu transformiste. Démocratie et parlementarisme est à l’ordre du jour en mai puis La révolte de l’homme en septembre. L’intolérance à travers l’histoire est son sujet d’octobre. L’astronomie en images est au programme de novembre autour des Étoiles filantes. Les deux thèmes se retrouvent en décembre, encore avec des illustrations, pour Histoire du calendrier.

Pour l’an 1904, philosophie, économie et politique montrent la diversité des centres d’intérêt de Kownacki. Il organise d’abord en janvier un débat autour de Deux années d'action républicaine (1902-1903). Il discute ensuite ce même mois Les conseils d’un milliardaire, M. Andrew Carnegie. Puis il profite de son centenaire pour exposer la philosophie de Kant en février, avant d’examiner l’idéal américain d’après le président Roosevelt en mai. L’Hygiène humane l’occupe en octobre, puis il revient à la philosophie d’Herbert Spencer (l’inconnaissable) et à Darwin en novembre (les origines des espèces).

Les conférences d’Albert Kownacki en 1905 vont mélanger les questions biologiques et astronomiques. Il débute par La planète Mars en janvier, enchaîne L'air et la vie, se consacrant surtout à Herbert Spencer : philosophie, principes de biologie, développement de l’intelligence, psychologie, métaphysique, religion… L’œuvre du théoricien du darwinisme social (1820-1903) nourrit de très nombreuses séances dans les universités populaires, comme la Coopération des Idées ou l’Aube sociale.

À suivre

Joseph Kownacki, père d'Albert, officier polonais émigré et centenaire

 

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13 juin 2023 2 13 /06 /juin /2023 01:01

Début de la biographie d’Albert Kownacki

Stanislas Albert Jean Kownacki naît le 6 juin 1850 à Noyon (Oise). Il est le septième enfant d’Alexandrine Bullet et de son époux Joseph Kownacki. Son père, jeune officier polonais réfugié en France, a été un des artisans de l’insurrection polonaise contre l’occupation russe en 1830 ; il avait d’abord été ingénieur dans les chemins de fer et était devenu professeur de dessin.

Après avoir vécu à Noyon, Albert Kownacki suit un cours de rhétorique au lycée Charlemagne à Paris (4e arr.). Au cours la guerre franco-allemande de 1870, Kownacki se retrouve enfermé dans la capitale pendant le siège de Paris (20 septembre 1870 – 28 janvier 1871). Âgé de 20 ans, il décide de s’engager dans l’armée, mais le bureau de recrutement de la mairie du quatrième arrondissement refuse sa candidature à cause de sa petite taille (il fait 1 mètre 49) et de son état maladif. Il tente alors de rejoindre la garde nationale, milice supplétive, sans plus de succès. Enfin, il rejoint le Bataillon des jeunes qu’organisait Joachim Durandeau, directeur du journal Le Baccalauréat. Mais le commandant de la place de Paris, le général Louis Jules Trochu s’écria, selon le témoignage de Kownacki : « Il ne manquait plus que cela : jouer aux soldats ! ». Et il refusa l’autorisation de constituer la nouvelle unité et de lui fournir des armes.

Faute de pouvoir combattre, Albert Kownacki passe son baccalauréat à la session de novembre 1870. Il réside en 1877 rue du Petit-Musc, dans le quartier du Marais (4e arr.). L’année suivante, Kownacki devient directeur associé de l'institution Mary, une école privée de Clichy-la-Garenne (Seine, act. Hauts-de-Seine) ; il y vit, rue de Neuilly.

En mars 1877 à Paris (3e arr.), Albert Kownacki, qui vit alors rue du Petit-Musc (4e arr.), épouse Gabrielle Krahnass, artiste peintre qui expose aux salons de Paris sous le nom de Gabrielle Kownacka après l’avoir fait à Poitiers (Vienne) sous son patronyme. Elle est, comme lui, fille d’un officier polonais réfugié en France, François Krahnass, devenu comptable.

Membre de l’Association française pour l’avancement des sciences, Kownacki présente une communication sur les maîtres d’études à son congrès de Montpellier en 1879 et y constitue, l’année suivante une section pédagogique. Il est l’un des principaux orateurs et le secrétaire général du Congrès de l'Éducation et de l'Enseignement qui se tient à Paris en octobre 1879 puis en mars 1880.

Ayant déménagé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), le couple s’installe en 1883 d’abord dans le quartier de Palissy, rue de Brétigny (act. Avenue du Président-Wilson) puis sur la rive droite, avenue de la Marne. En 1891, la famille retourne à Palissy, rue du 42e de Ligne, où elle restera installée des dizaines d’années.

Kownacki enseigne la biologie en lycée et est notamment chargé du cours de morale à l’École de sociologie à Paris en 1887. Il est connu par ses idées anticléricales. Mais son activité principale est celle de publiciste. Il collabore notamment à des publications à vocation pédagogique : Bien Public, Estafette du Nord, La Science pour tous, Le Journal du lundi, Cahiers de l’Université populaire, Bulletin de l'Association philotechnique, L'Union morale (organe de la ligue française d'éducation).

Il consacre en 1889 un ouvrage au directeur d’une de ces publications, Le Journal du lundi, Émile Baras, journaliste économique, ancien responsable de La Semaine financière, un auteur dont il vantait la probité.

Dans son nouveau territoire de résidence, Albert Kownacki est délégué cantonal de l’Éducation nationale pour la circonscription de Saint-Maur et membre de la commission d’examen du certificat d’études.

Albert Kownacki est affilié à la franc-maçonnerie française. Il donne en février 1883, une Conférence intitulée « La France maçonnique et le gouvernement de la République d'après les cléricaux » pour l’installation des officiers de la loge L'École mutuelle, du Grand-Orient de France. À partir de 1884, il est orateur et surveillant de la loge L'Avant-Garde Maçonnique, dont le temple se situe au siège du Grand-Orient, rue Cadet. Il en est le vénérable en 1886. Il rejoint en 1903 la loge Les Rénovateurs de Clichy, dont le ministre de la guerre, Maurice Berteaux, a été le vénérable.

À suivre

Le premier ouvrage d'Albert Kownacki

 

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27 mars 2023 1 27 /03 /mars /2023 02:01

Paul Edmond Alexandre Mathieu naît le 12 mars 1867 à Châteauneuf-sur-Cher au château de Rousson. Il est le fils d’Edmond Mathieu, propriétaire, et de son épouse, Éléonore Quignon.

Il utilise le nom de « de Garros », affirmant ainsi une appartenance à la noblesse. L’Annuaire de la noblesse de France (1923) le classe dans cette catégorie. L’origine de la famille de Garros se situe dans le Sud-Ouest de la France (Lot-et-Garonne et Gers).

Paul de Garros épouse en avril 1903 à Vinon (Cher) Anne Clotilde Cécile Suzanne Lebrun. Elle prendra ensuite le pseudonyme de Suzanne de Garros. Ils vivent à Garches (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine) d’abord boulevard Michel-Brézin puis avenue de Lorraine et boulevard de la Station.

La collaboration de Paul de Garros avec de nombreux journaux porte principalement sur le placement de romans, contes ou nouvelles qui sont publiés en feuilleton. Il travaille notamment avec Le Soleil du Dimanche, L'Intransigeant, Le Petit Parisien, La Lanterne, La Nouvelle Revue internationale, Journal des débats, L'Estafette, L'Univers, L'Événement, Le Peuple français, La Liberté, Le Petit Moniteur, La Libre parole, Le Siècle. Les quotidiens Le Figaro et La Croix accueillent aussi ses textes. On trouve également des publications dans la presse de province ou d’outre-mer : La Dépêche coloniale, La Dépêche du Berry, Le Journal du Cher, L’Ouest éclair (Rennes), Le Centre (Montluçon), L’Express du Midi (Toulouse), Le Petit marseillais.

À partir de 1907 et au moins jusqu’en 1909, Paul de Garros est le propriétaire et le directeur de l’hebdomadaire Le Courrier du Berry, fondé en 1891 sous le titre Le Petit Saint-Amandois et publié à Saint-Amand (Cher). Le journal est présenté comme « républicain libéral ». Il se définit comme un « journal régional absolument, indépendant ». Pour cette fonction, de Garros élit domicile à Vinon, commune où réside en 1906 sa mère.

Paul de Garros publie de très nombreux romans à partir de 1892 ; on en compte une trentaine selon sa nécrologie, parmi plus de 70 titres, incluant des nouvelles courtes. Il s’agit de littérature, cultivant un genre sentimental.

La plupart de ses œuvres sont signées Paul de Garros, mais il utilise également les pseudonymes de Gilles Rosmont et R. Duclos-Brétigny. Ce dernier pseudonyme lui sert notamment pour trois ouvrages illustrés, parus pendant la première guerre mondiale, dans la collection Gauloise des éditions Prima à Paris. Elle est destinée à « distraire le poilu. »

Ses œuvres paraissent habituellement en feuilleton dans la presse. Elles sont publiées en volume dans des collections populaires à petit prix comme Le Livre de Poche et Les Romans célèbres de drame et d'amour des éditions Jules Tallandier ou Le Roman du dimanche des éditions J. Ferenczi.

Pour Dorian Bell, de l’université Stanford, La Revanche de l’honneur est un roman antisémite. Il a paru, en 1897 dans le journal La Libre Parole, dirigé par Édouard Drumont.

Si les textes de Paul de Garros n’ont pas fait l’objet de réédition au format papier au cours du XXIe siècle, plusieurs publications sous la forme de livre audio ou de livre numérique ont été réalisées. Le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France met en ligne des livres de Paul de Garros.

Paul de Garros, était membre de la Société des gens de lettres, et est élu à deux reprises à son comité de direction. Il obtient plusieurs distinctions littéraires, notamment le prix du Louvre, délivré par la Société des gens de lettres en 1897, le prix Taylor, attribué également par la même institution en 1904 ainsi que deux fois le prix Montyon décerné par l'Académie française d’abord en 1912 puis à titre posthume en 1926.

Il meurt à Garches le 14 janvier 1923 à l'âge de cinquante-cinq ans.

Son épouse, Suzanne de Garros, publiera également plusieurs romans, dont Le Fardeau du mensonge. Elle coopère à l’édition des œuvres de son époux avec l’historien, homme de presse et futur résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, Henri de Montfort. Ce dernier signe plusieurs ouvrages de son nom et de celui de Paul de Garros, ils sont publiés après la disparation de celui-ci.

 

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de Jules Vallety, dit Charles Papillon

Après le premier conflit mondial, désormais ingénieur en titre, Vallety s’occupe principalement de l’éclairage public pour la ville de Paris. En février 1928, il devient chef de la circonscription d'aménagement du Parc des expositions puis, en janvier 1930, chef de la circonscription des concessions créée à la section de l'éclairage. Il prend sa retraite en mai 1931, étant alors âgé de 55 ans.

Son activité en faveur de la version ido de l’espéranto se prolonge, toujours sous le pseudonyme de Papillon. Il diffuse ainsi en 1921, La Langue internationale, feuille trimestrielle. Il donne des cours à Emancipanta Stelo (Union Internationale des idistes d'avant-garde), rue de Bretagne à Paris (3e arr.) en 1923 et rouvre un cours à la Bourse du Travail de la capitale en octobre 1934. Il vit rue Petit à Paris (19e arr.).

Le 14e congrès international de la langue ido se tenant à Paris en août 1937, il en est un des organisateurs avec S. Lafay ; la manifestation rassemble une quarantaine de délégués venant de 12 pays. Participant activement aux échanges, il organise également une visite au mur des Fédérés du cimetière du Père-Lachaise. En 1938, C. Papillon est membre du comité directeur de « Uniono por la linguo internaciona (ido) », basé à Essex (Royaume-Uni) et dont le professeur Léau est le président d’honneur.

Après la deuxième guerre mondiale, Papillon poursuit l’animation du Grupo Libertaria Idista. Il est également un fidèle soutien de la revue syndicaliste, fondée par Pierre Monatte, La Révolution prolétarienne, ses contributions financières étant mentionné sous le double nom de Charles Papillon-Vallety.

Il collaborait à la feuille Le Vieux Travailleur (Saint-Genis-Laval, Rhône, 1951-1957) de Jules Vignes, devenue ensuite le Travailleur libertaire (1957-1958). Papillon rédigeait les deux dernières pages rédigées en Ido sous le titre La Olda Laboristo.

Jules Vallety meurt le 27 janvier 1967 à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). Il était âgé de 90 ans. Il avait eu une fille, Violette née en 1903 Paris et mariée en 1931 avec Marcel Beynet.

Plusieurs livres publiés en langue ido ont été révisés par Jules Vallety.

Fin

Les congressistes du 14e congrès de langue ido à Paris en 1937, dont Jules Vallety (n° 6)

 

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de Jules Vallety, dit Charles Papillon

À partir de 1905, toute l’activité éducative et propagandiste de Papillon est consacrée à la promotion d’une langue internationale, l’espéranto. À ce moment, il est installé dans le quartier de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue d’Hill (act. av. de la Plage). L’année suivante, il vit à Bobigny (Seine, act. Seine-Saint-Denis), avenue de l’Harmonie.

Les cours d’espéranto sont délivrés dans plusieurs permanences libertaires ou lieux éducatifs à Paris, à la bourse du travail de Saint-Denis.

Sous le nom de Jules Vallety, il participe également à des organes internationaux en espéranto à vocation scientifique, comme en 1907 Internacia scienca revuo et Esperantista dokumentaro pri la Oficialaj historiaj.

Début 1909, Papillon s’intéresse à la naissance de l’ido, langue dérivée de l'espéranto, proposée en 1907 par une commission à l'initiative du Français Léopold Leau. Il participe par exemple à une causerie contradictoire avec Danielo sur espéranto ou ido en mars et diffuse des brochures de propagande en faveur de ce nouvel idiome. Il donne, à partir de novembre de cette année, des cours d’ido, qualifiant ladite langue « d’espéranto mis au point » ou réformé par rapport à « l’espéranto primitif ». Il est l’animateur du Grupo Libertarya Idista, dont le siège est à son domicile de Bobigny.

En octobre 1911, Papillon ouvre un cours d’ido à Joinville-le-Pont.

Dans sa polémique avec les partisans de l’espéranto traditionnel, Papillon soutient, dans l’hebdomadaire syndicaliste La Vie ouvrière en 1912 que, contrairement à ce que proposent certains comme Habert, « une langue artificielle ne peut pas et ne doit pas devenir une langue vivante ». Il défend en 1914 l’idée d’une langue auxiliaire.

Convoqué au service militaire en 1896, Jules Vallety est alors classé pour des services auxiliaires et écarté de l’activité armée cause d’une importante myopie. Après le déclenchement de la première guerre mondiale, il est reversé en décembre 1914 dans les troupes combattantes par une commission de réforme à Vincennes, étant d’abord affecté au 112e régiment d’infanterie, puis de nouveau déclaré inapte en mars 1915. En mai 1915, il rejoint le 42e régiment territorial d’infanterie où il sert comme cantonnier à Lagney (Meurthe-et-Moselle). Son inaptitude visuelle est confirmée en février 1916 à Toul, et il est nommé, le mois suivant caporal. En août 1916, il passe par le 1er régiment territorial d’infanterie avant de rejoindre, le mois suivant, le 25e régiment de zouaves puis d’être détaché, en octobre, à l’entreprise Niclausse, qui fabrique des chaudières et est basée rue des Ardennes à Paris (19e arr.). Le même mois, il est transféré au dépôt des prisonniers de guerre, implanté à Solignac (Haute-Vienne). Vallety est démobilisé en août 1919.

L’historien Vivien Bouhey classe, dans sa thèse de doctorat soutenue en 2006 à l’université de la Sorbonne à Paris, Les anarchistes contre la République, Jules Vallety parmi les anarchistes insoumis ou inscrits au Carnet B, sur lequel, depuis 1909, sont répertoriés tous les Français susceptibles d'entreprendre des actions antimilitaristes pouvant troubler l'ordre public ou gêner la mobilisation. En juillet 1914, 1771 noms classés pour ce motif sont comptabilisés par le chercheur Jean-Jacques Becker.

On remarquera cependant que cette classification n’a pas fait obstacle ni la promotion militaire de Jules Vallety, ni à son évolution de carrière dans l’administration, puisqu’il est nommé conducteur de travaux principal en juin 1915 et sous-ingénieur en janvier 1917. Il obtient également en juin 1915 l’autorisation d’épouser, à Toul (Meurthe-et-Moselle) Marie Claire Appoline Boulay.

À suivre

 

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 00:01

Début de la biographie de Jules Vallety, dit Charles Papillon

Jules Vallety naît le 14 juin 1876 à Paris (1er arr.). Il est le fils de Louise Antoinette Jamet et de son époux Jean Baptiste Vallety, boulangers, qui vivent rue du Rendez-Vous. En septembre 1892 Jules Vallety est admis à l’École des Arts-et-Métiers d'Angers. Il obtient une bourse en octobre, renouvelée l’an suivant.

Reçu en juillet 1896 au concours de piqueur du service municipal des travaux de Paris, Vallety est embauché en septembre. Il est affecté à l’inspection des aqueducs.

En décembre 1898, il fait partie d’un groupe de cinq piqueurs qui pétitionnent pour demander leur inscription sur la liste d'admissibilité au grade de conducteur de travaux ; la réclamation n’aboutit pas, mais il obtiendra cependant cette fonction l’année suivante. devenant en 1917

À partir de juillet 1896, on commence de voir apparaître le pseudonyme de Jules Vallety, Charles Papillon (ou le plus souvent C. Papillon) dans le journal anarchiste, fondé en 1895 par Jean Grave, Les Temps nouveaux. Il annonce une conférence qu’il donne à la Bibliothèque d'éducation libertaire, 26, rue Titon à Paris (11e arr.) sur le livre de Charles-Albert l’Amour libre. Il donnera de nombreuses autres conférences au même endroit : en septembre 1899 sur la guerre et le militarisme, en avril 1900 sur Résurrection, de Tolstoï puis sur l'Œuvre des Bibliothèques libertaires. À partir de mai de la même année, il consacre plusieurs causeries à la colonie libertaire La Clairière de Vaux à Essômes-sur-Marne (Aisne), fondée notamment par le géographe Élisée Reclus ; il s’intéresse par exemple, en février 1902 au rôle de la femme dans cette communauté et présente cette colonie comme « une tentative pratique du communisme ». Il y séjourne en juillet 1903.

En février 1899, Papillon inaugure avec Jean Grave et de Pierre Quillard le premier « cours libertaire d’éducation supérieure » organisé par le groupe L’Éducation Libertaire dont il était le secrétaire.

Vallety-Papillon est à l’initiative de la création de la revue l'Éducation libertaire en 1900, dont le siège est à la Ligue démocratique des Écoles, 26, rue de Pontoise à Paris (5e arr.). Il est également secrétaire la Bibliothèque libertaire du 3e arrondissement. Elle fut suivie par L’Éducation Intégrale (1903-1904)

On retrouve des conférences de Papillon sur la liberté dans l'éducation en janvier 1901, les conditions d'une propagande efficace en mars 1903, Néo-Malthusianisme et Communisme en juillet, Milieu Libre et Coopérative communiste en août toujours la même année puis, le même mois sur Socialisme et Anarchie.

Participant ou organisant une grande quantité de collectes, Papillon est notamment sensible à la situation des détenus. Il revendique son statut de scientifique. C’est en tant qu’adhérent au syndicat général des employés municipaux qu’il souscrit en juin 1906 pour les familles des facteurs révoqués. Il collabore également à nombre de revues anarchistes.

À suivre

 

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