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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 01:01

Adolphe Eugène Jules Leblanc naît le 28 octobre 1863 à Paris. Il est le fils de Félicie Honorine Lecestre et de son époux, Ernest Désiré Gustave Leblanc.

En janvier 1887, probablement aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis), il épouse Louise Zéphirine Célina Huché. Ils vivent en 1891 à Paris (19e arr.), rue de Meaux. Adolphe Leblanc est caissier-comptable à la société française de fabrication de bébés et jouets. Ils eurent une fille.

À la fin du 19e siècle, ils s’installent dans le quartier en cours de développement de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils vivent avenue du Parc.

En octobre 1909, Leblanc fait partie d’un groupe de résidents du même quartier qui constituent une société de secours mutuels, l’Assurance fraternelle de Joinville-Nogent. Chéri Arnaud (1875-1931), sellier, négociant puis industriel, conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1908-1929), en est le président et Leblanc le vice-président. Le bureau complété par le trésorier Ambroise Denis (1870-1950), qui exploite un café avenue Pauline, et le secrétaire Eugène Constant Broudin (né en 1873), gardien de la paix.

Le but de l’association est de fournir un capital à la famille en cas de décès. En 1936, la société compte 300 membres et est affiliée à l’Union mutuelle nationale pour l’assurance.

Avant 1924, Leblanc devient président de l’Assurance fraternelle. Il cesse cette fonction en 1928 et est alors remplacé par Paul Louis Alfred Jouve.

Décoré de la médaille du travail en août 1924, Leblanc obtient également des récompenses au titre de son action dans la mutualité : médaille de bronze en décembre 1924 puis médaille d’argent en mars 1926.

Adolphe Leblanc meurt le 16 mai 1931 à Joinville. il était âgé de 66 ans.

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11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 01:01

Charles Auguste Ehrhardt naît le 12 septembre 1873 à Paris (11e arr.). Il est le fils de  Caroline Freivogel, passementière originaire de Bavière (Allemagne) et de Charles Ehrhardt, tourneur en bois, originaire d’Alsace.

Devenu comme son père tourneur, Charles Auguste Ehrhardt épouse en mai 1900 à Paris (11e arr.) Pauline Peynaud, cuisinière. Après la naissance d’un fils en 1901, ils vont s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident dans le quartier du centre, rue de Paris.

Après la première guerre mondiale, Ehrhardt s’engage dans l’action politique au sein du mouvement socialiste SFIO. Il est candidat en 16e position en novembre 1919 sur la liste conduite par l’ancien conseiller municipal, Georges Laruelle.

Au premier tour, la liste socialiste fait face à une liste d’alliance entre la majorité municipale sortante, des radicaux dissidents, réconciliés avec les radicaux-socialistes officiels, conduite par Henri Vel-Durand et une liste regroupant les libéraux et conservateurs, dirigée par Jules Beauvais. La SFIO recueille 500 voix pour 1695 suffrages exprimés (soit 30,1%) et 1715 votants sur 2491 inscrits. Elle reste seule en lice face aux radicaux au second tour et obtient 502 suffrages sur 1518 (34,3%) et 1537 votants ; il n’y a pas d’élu socialiste.

En février 1920, Ehrhardt est membre de la commission exécutive de la section SFIO de Joinville-le-Pont, dont André Flambard est le secrétaire ; elle comprend une dizaine de membres. C’est probablement Ehrhardt (même si le quotidien L’Humanité écrit Echardi) qui, avec dix autres adhérents joinvillais, souscrit en mai 1920 « Pour les victimes de la grève et des violences gouvernementales. »

Tous les socialistes joinvillais suivent la majorité du parti SFIO et adhèrent au nouveau parti communiste SFIC. La section compte 47 membres en 1922.

La date de décès de Charles Ehrhardt n’est pas connue. Son fils Charles Roger Ehrhardt se marie dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en 1925. Son épouse Pauline Peynaud meurt en février 1962 à Villeneuve-Saint-Denis (Seine-et-Marne).

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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 01:01

Alphonse Charles Mézin naît le 6 mai 1866 à Paris (3e arr.). Il est le fils de deux ouvriers nacriers, Alix Marie Restouble et son époux Adrien Cyprien Mézin. Ils vivent rue du Temple.

Exerçant la même activité de graveur sur nacre que ses parents, Alphonse Mézin se marie en juillet 1889 à Paris (3e arr.) avec Jeanne Eugénie Picardet, passementière. La famille, avec les parents d’Alphonse, s’installe à Joinville-le-Pont dans le nouveau quartier de Polangis, avenue Jamin. Alphonse Mézin divorce en novembre 1893 pour se remarier, en juin 1896 à Joinville avec Caroline Frédérique Reichert, modiste. Ils auront cinq filles ainsi qu’un garçon, mort en bas âge.

Proche de plusieurs radicaux-socialistes, notamment du journaliste Henry Vaudémont, Alphonse Mézin n’eut pas d’activité politique publique. Par contre, il s’engagea dans les domaines social et culturel.

Mézin participe à l’organisation des manifestations locales. Il est secrétaire adjoint de la Commission des fêtes quand elle est créée en août 1891. Il siège aussi au comité qui supervise les animations dans les quartiers de Polangis et Palissy deux ans plus tard.

Il s’implique surtout dans les divers avatars de la fanfare locale, souvent mal en point, mais toujours relancée. Il est secrétaire de l’association La Joyeuse en décembre 1893, puis régisseur de la nouvelle société l’Amicale en 1898 et jusque 1912 au moins. Il rend compte régulièrement de l’activité de la fanfare dans l’hebdomadaire radical Voix des communes.

En matière sociale, Mézin fait partie des 105 habitants de son quartier, et 260 dans toute la commune, qui répondent en septembre 1895 à une souscription du quotidien la Petite République en faveur des « affamés de Carmaux », grévistes qui constitueront ensuite la Verrerie ouvrière d’Albi. Elle est Pierre Jules Tireau, lunetier radical-socialiste, et Victoria Vaudémont, compagne du journaliste et conseiller municipal.

Pendant la première guerre mondiale, Mézin est secrétaire de la Mutualité scolaire, qui compte 165 adhérents en 1916-1917.

Alphonse Charles Mézin meurt le 13 juillet 1917 à Joinville. Il était âgé de 51 ans. Sa troisième fille, Andrée, âgée de 15 ans, meurt un mois plus tard. Sa fille aînée, Adrienne, épousa en mai 1919, Louis Georges Vité (1898-1986), assureur, grand blessé de guerre, responsable d’une association d’anciens combattants et conseiller municipal radical-socialiste de Joinville-le-Pont (1929-1935).

Un restaurant à Polangis en 1900

 

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 01:01

Alexandre Maxime Dalbavie naît le 22 octobre 1884 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre Dalbavie, tailleur pour dames. Sa mère était remariée en janvier 1880 et avait obtenu, par un décret de 1892 que les trois fils qu’elle avait d’une précédente union, prennent le patronyme de Gobin-Dalbavie ; ils se feront connaître sous le nom de Dalbavie.

Résidant avec ses parents à Joinville-le-Pont, rue Dagoty, dans le quartier de Palissy, Alexandre Dalbavie travaille en 1901 comme employé de commerce, sans doute dans l’atelier familial. Il devient ensuite tailleur comme son père, sa mère et ses trois demi-frères Eugène, Victor et Amédée. Il épouse Marcelle Parfond en octobre 1913 à Paris (18e arr.).

Pendant la première guerre mondiale, Alexandre Dalbavie est blessé début 1915. Il sera ensuite lieutenant dans la réserve de l’infanterie.

À partir de 1914, il exerce la profession de drapier. Il dirige après-guerre la société des Textiles Réunis, rue Sainte-Anne à Paris (2e arr.). La maison fait faillite en 1924, un règlement transactionnel étant trouvé en juin.

Pierre Dalbavie, adjoint au maire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) pendant la guerre, professe des opinions politiques très conservatrices. Alexandre Dalbavie semble partager son point de vue. Le quotidien royaliste Action française recommande en 1921 sa maison à ses lecteurs et fait ensuite un très large écho aux productions de la famille.

Alexandre Dalbavie rejoint sans doute l’atelier familial de la rue Ramey à Paris (18e arr.) où exerçait son demi-frère Amédée, mort en 1922.

En décembre 1929, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire. Cependant, en avril 1934, un décret suspend pendant trois ans tous les droits et prérogatives attachés à cette qualité.

Alexandre Dalbavie meurt le 13 février 1958 au Raincy (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 73 ans.

Un modèle de la maison Dalbavie en 1926

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 01:01

Suite de la biographie de Pierre Dalbavie

Le scrutin général de mai 1912 voit le retour de Dalbavie dans l’arène électorale à la tête d’une liste libérale. En février, Dalbavie réunit chez lui les candidats et sympathisants de sa liste. Un journal de droite, l’Écho de Saint-Maur, assure que près de 100 personnes y étaient, mais l’hebdomadaire radical Voix des communes conteste : « c’est impossible de faire entre 98 personnes chez Dalbavie. »

En avril, Dalbavie, Louis Gallas et Georges Bitterlin, au nom de la liste libérale, concluent un pacte avec deux autres listes, celle des socialistes unifiés (Georges Laruelle, Émile Lebègue et Constant Ricard) et celle des dissidents radicaux (Ernest Mermet, Henri Vel-Durand et Maurice Watrinet). Ils conviennent « que les organisations politiques diverses doivent être représentées au conseil municipal par eux qui sont les meilleurs militants de leurs partis respectifs ». Ils décident de faire, au second tour, une liste unique constituée proportionnellement aux résultats du premier tour.

Louis Gallas et Dalbavie, qui affichent un programme économique libéral, essaient de s’appuyer sur les commerçants de la ville.

Le premier tour de scrutin laisse une majorité relative aux radicaux-socialistes officiels, emmenés par Émile Briolay, le maire sortant Eugène Voisin ne se représentant pas. Sur la base de leurs scores respectifs, les trois opposants se regroupent sur une liste comptant 10 radicaux dissidents, 7 socialistes et 6 libéraux. Au second tour, la coalition remporte les 23 sièges à pourvoir. Ernest Mermet est élu maire, Dalbavie est accompagné par Beauvais, Gallas, Perchet, Barreau et Bitterlin. Il se voit confier le poste d’adjoint au maire, au côté de Vel-Durand.

Pour les élections législatives de mai 1914, Dalbavie appuie la candidature de son collègue du conseil, l’avocat Louis Gallas, au nom de la Fédération des républicains progressistes, libéraux et indépendants de la deuxième circonscription de Sceaux. C’est le socialiste Albert Thomas, futur ministre et premier directeur du Bureau international du travail, qui l’emportera.

Le déclenchement de la première guerre mondiale va conduire Dalbavie à jouer un rôle important. À côté du maire, Mermet, absent au début du conflit et Vel-Durand étant mobilisé, c’est Dalbavie qui est le seul adjoint en fonction. Il est le signataire de l’affiche officielle placardée le 3 août 1914 sur les murs de la ville. Après le retour de Mermet, selon Voix des communes, il « seconde de son mieux le maire, c’est à lui que vont la plupart des réclamations des citoyens recevant des secours de chômage ou pour toucher l’allocation militaire, les réclamations sont nombreuses ».

Cependant, Dalbavie est malade et régulièrement absent. Pour faire fonctionner la mairie, Mermet nomme Watrinet adjoint en remplacement de Vel-Durand.

Quand il reprend ses fonctions, il s’attire de vives critiques de certains radicaux, comme Louis Rey, qui lui reprochent s’être proclamé le président des Anciens combattants de 1870-1871, sans que les vétérans de la guerre franco-prussienne aient été consultés. Sa gestion autoritaire du personnel municipal est également contestée. Il est à la manœuvre pour empêcher une tentative d’achat de charbon par un groupe d’habitants, trop proche à son goût des radicaux-socialistes.

En novembre 1917, Dalbavie, avec Watrinet et Mermet, est signataire de l’affiche appelant à souscrire à l’emprunt de guerre lancé par l’État.

Après le conflit, Dalbavie ne se représente pas aux élections municipales organisées en novembre 1919. Il semble ne plus avoir d’activité politique publique. Il est signalé, en juin 1922, comme abonné au quotidien royaliste Action française. Si l’implantation locale du parti d’extrême-droite semble peu importante, un des anciens colistiers de Dalbavie en 1912, le docteur Georges Bitterlin, figurait sur la liste des candidats du mouvement pour les élections législatives de 1919. Au moins deux des fils du couple Dalbavie seront qualifiés d’amis par le journal de Léon Daudet et Charles Maurras.

Pierre Dalbavie meurt le 15 août 1925 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et avait été décoré, en février 1914, des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

À noter que le nom de Dalbavie est fréquemment mal orthographié, non seulement dans la presse, mais même dans des sources officielles. On trouve par exemple les formes Dalbaire, Dalbaret, Dalbacie, Dalbon ou Dalbavu.

Affiche de guerre signée Dalbavie

 

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 01:01

Pierre Dalbavie naît le 6 mai 1842 à Domme (Dordogne). Il est le fils de Marie Laurier et de son époux Jean Dalbavie, bottier. Il vient à Paris où il travaille dans la confection, en tant que tailleur d’habits en 1880. Cette année-là, il épouse une couturière, Marie Aurélie Maximilienne Deflers, originaire de Beauvais (Oise). Elle est veuve depuis l’année précédente de Pierre François Xavier Gobin, typographe. En 1892, la famille obtient que les trois enfants de ce premier mariage, Eugène, Victor et Amédée, puissent porter le nom de Dalbavie en sus de leur patronyme. Ils adopteront définitivement l’appellation de Dalbavie et travailleront tous, comme le fils de Pierre Dalbavie, Alexandre, dans la mode et les tissus.

Employé initialement rue des Filles du Calvaire à Paris (3e arr.), Pierre Dalbavie implantera un atelier rue Ramey (18e arr.), qui sera repris par les enfants du couple.

À la fin du 19e siècle, Pierre Dalbavie s’installe avec son épouse, son dernier fils et un petit-enfant avenue Dagoty, dans le quartier de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En 1901, il a cessé son activité professionnelle et vit de ses rentes.

Lors des élections municipales de mai 1900, Dalbavie est candidat sur la liste républicain conduite par le maire Eugène Voisin et soutenue par les radicaux-socialistes. Elle emporte les 23 sièges, face à la seule concurrence de quelques membres du comité électoral socialiste-révolutionnaire. Dalbavie est élu en 16e position avec 529 voix, pour 1 096 inscrits (48,3% des inscrits).

Pendant son mandat, Dalbavie va s’inscrire dans la minorité conservatrice du conseil. En mai 1911, il préside une réunion antidreyfusarde de soutien au mouvement La Patrie française d’Henri Rochefort. L’assemblée fustige « l’ignoble équipe gouvernementale, les agissements des sectaires francs-maçons, des dreyfusards et des sans-patrie » plaidant pour une « République nationale. »

Lors d’un vote en juin 1902, la majorité locale, nettement anticléricale, se prononce par 13 voix contre l’autorisation de l’activité des Sœurs enseignantes de la Providence. Dalbavie fait partie des cinq qui votent pour, avec Cosson, Moulinet, Provin et Boileau.

Lors du scrutin municipal de mai 1904, Dalbavie va rejoindre une liste beaucoup plus marquée à droite que celle de la majorité municipale. Elle rassemble quatre conseillers sortants, Moulinet, Provin, Dalbavie, Raoult face à la liste du maire, clairement soutenue par les radicaux-socialistes, et à une liste socialiste (Lacroix, Lebègue).

Le député radical-socialiste, Jules Ferdinand Baulard, analyse le résultat du premier tour comme « une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme ». Eugène Voisin fait élire 22 conseillers municipaux sur son nom, la liste de droite n’ayant qu’un élu, Moulinet. Dalbavie a recueilli  395 voix, soit 35,3% des 1119 votants pour 1363 inscrits au premier tour.

Si Dalbavie n’est pas candidat lors des élections municipales générales de 1908 ni lors du scrutin partiel de 1911, il joue cependant un rôle important dans la vie politique locale. En mars 1909, il préside une réunion de soutien à la candidature de Blondont, qui tente de remplacer le radical Adolphe Maujan, élu sénateur. C’est un autre radical, Amédée Chenal qui l’emporte, devançant le socialiste Albert Thomas dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux. Le journal radical Voix des communes qualifie Dalbavie de « réactionnaire militant. »

Sur le plan local, Dalbavie participe à une opération de contestation de la gestion du maire vieillissant de de la majorité radicale-socialiste, qui réunit les socialistes, les libéraux, des conservateurs et quelques dissidents, prenant prétexte de de l’entretien d’une voie communale de Palissy et d’un conflit entre un directeur d’école et une mère d’élève dans une école de Polangis. Elle aboutit à la victoire d’une improbable coalition d’opposants lors d’une élection partielle en octobre 1911.

A suivre

Une production de l'atelier Dalbavie en 1925

 

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 01:01

Émile Victor Moutier naît le 10 août 1891 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Adèle Gabrielle Thépin, blanchisseuse et de son époux, Victor Moutier, livreur, qui habitent rue du Pont.

Émile Moutier est orphelin de père en 1901. Il vit avec sa mère rue de Paris, dans le centre de Joinville, et devient comptable. Il fréquente la société symphonique de Joinville.

Appelé au service militaire avec la classe 1911, il est incorporé en novembre 1912. À la déclaration de guerre en août 1914, il est sergent-major au 272e régiment d’infanterie. Il devient lieutenant en avril 1916. Son comportement est salué par une citation à l’ordre de la brigade le 1er novembre 1915.

Le 28 juillet 1916, le lieutenant Moutier est tué face à l‘ennemi à Belloy-en-Santerre (Somme) ; il était âgé de 25 ans. Son supérieur, le capitaine Hénaux, témoigne dans une lettre à un de ses amis, publiée dans l’hebdomadaire Voix des communes, « Le brave Moutier a reçu un obus en pleine poitrine le 28 juillet à 23h. Moutier était un chef aimé, adoré de ses hommes, un camarade excellent, un subordonné très estimé ; il est mort en brave. Il est enterré à Assevillers (Somme). »

Il fait l’objet d’une nouvelle citation, à l’ordre l'armée cette fois, le 31 août 1916 : « officier de haute valeur morale. Le 28 juillet 1916, a été tué à la tête de sa section, en marchant à l'attaque d'un village fortement organisé ». Le futur maire de Joinville, Émile Briolay (radical-socialiste) salue « La mort d’un héros ». La société symphonique de Joinville le nomme membre d’honneur. En juin 1920, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Le décret d’attribution parle d’un « officier de haute bravoure morale. »

Une délibération du conseil municipal de Joinville, le 15 janvier 1922, a décidé d'attribuer la dénomination « Émile-Moutier » à une voie publique de la commune, l’ancienne rue des Cliquettes, dans le quartier du centre. Elle est confirmée par décret du 8 juillet 1922.

Si l'hommage public est unanime, la débaptisation de rue des Cliquettes est critiquée par l’historien Georges Bousquié. Le nom évoquait en effet le souvenir des lépreux, enfermés au 13e siècle, dans une maladrerie installée à cet endroit.

Le gymnase situé dans cette rue, détruit en 2018, portait initialement le nom « Émile-Moutier » avant d’être rebaptisé « Pierre François ».

 

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 01:01

Fréna Clémence Laridan naît le 28 février 1857 à Bergues (Nord). Elle est la fille de Louise Clémence Adeline Spilliaert et de son époux, Henri Constantin Laridan. Son prénom, peu fréquent en France, est rencontré plus souvent en Belgique.

Le père, pâtissier, est interné peu après la naissance de sa fille et meurt le 1er février 1860 à l’asile public d’aliénés d’Armentières (Nord).

Sa mère va devenir fabricante en bonneterie et s’installe à Paris où elle s’associe avec Alphonse Depasse, comptable et futur dirigeant de syndicats professionnels. Elle constitue en 1877 la société V. Laridan et Cie, installée 4, rue Elzévir (3e arr.). L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

Fréna Clémence Laridan épouse en juin 1875 à Paris (3e arr.) l’associé de sa mère, Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse, qui devient le dirigeant de la société de bonneterie et adopte alors le nom de Depasse-Laridan.

En 1892, Depasse cesse son activité de fabricant. La famille quitte la rue des Bourdonnais où elle résidait à Paris (3e arr.) et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Sa mère et son nouvel époux, Auguste Bernard, les y rejoindront avant 1911.

Fréna Depasse est membre de la section de Joinville de la Société de l’allaitement maternel. Cette association nationale, présidée par Mme Béquet de Vienne, a été fondée en 1876 sous le nom de Société de l'Allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes. La section de Saint-Maur est fondée en 1899, en même temps que celle de Joinville, présentée alors comme une sous-section. Mais la structure saint-maurienne rencontre des difficultés de fonctionnement dès l’année suivante, étant qualifiée en 1901 d’association « mondaine » par un conseiller municipal, A. Monjean. Par contre, la section joinvillaise va prospérer, regroupant en particulier les épouses ou parfois les filles des notabilités, notamment des élus municipaux.

En janvier 1901, Fréna Depasse est élue au bureau de section, présidée par Ernestine Bitterlin, femme d’un médecin. Elle exerce la fonction de visiteuse des femmes sollicitant l’association. Un des objectifs était de diminuer la mortalité infantile de la naissance à un an, dont un autre médecin, le Dr Pierre Vallat, estimait qu’elle était « effrayante » à Joinville.

Suite à un conflit avec le comité directeur de l’association en 1917, Mme Bitterlin démission de l’œuvre de l’allaitement maternel et constitue l’Union des mères avec anciennes membres du comité, dont Fréna Depasse qui devient à la fois vice-présidente, trésorière et visiteuse. En décembre 1918, l’Union des mères élargit son activité aux orphelins, veuves de guerre et réformés pour tuberculose ; elle a secourue 30 familles en 1918. Si, en 1917, l’hebdomadaire Gazette de l’Est s’inquiétait du fait que deux œuvres aux buts identiques s’ignorent, son concurrent Voix des communes se félicitait au contraire en 1923 de cette concurrence.

L’Union des mères s’est transformée en Mutualité maternelle et Mme Depasse, trésorière, en est toujours la cheville ouvrière avec Mme Bitterlin. Elle est de nouveau vice-présidente, à l’âge de 71 ans, quand Ernestine Bitterlin quitte sa fonction en avril 1928 et est remplacée à la présidence par Mme Carlier. La section élargit son champ d’action à la commune voisine de Saint-Maurice.

Fréna et Alphonse Depasse ont eu deux enfants. La fille aînée, Fréna Marie Henriette épouse en mai 1897 à Joinville Émile Hippolyte Baton, marchand de nouveautés dans la commune. Le fils, Émile Auguste Alphonse (1882-1949), chimiste mécanicien, sous-lieutenant pendant la première guerre mondiale, blessé pendant le conflit, est décoré de la croix de guerre et chevalier de la Légion d’honneur.

La date de décès de Fréna Depasse n’est pas connue.

L’asile public d’aliénés d’Armentières (Nord).

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 01:01

Fin de la biographie d'Alphonse Depasse.

Attaché au développement de l’apprentissage, Depasse-Laridan essaie, en 1886, de convaincre ses collègues de l’utilité de faire des expositions annuelles des travaux de toutes les écoles professionnelles. Si la Chambre syndicale de la bijouterie l’appuie, plusieurs autres professions sont réticentes et le Syndicat général lui-même reste dans une prudente réserve.

Suite au rapport présenté en juin 1886 d’une commission d'enquête nommée par la Chambre des députés sur « la crise commerciale et industrielle », Depasse-Laridan s'élève la « manie de la sténographie », s’inquiétant que le constat fait par les employeurs français que, à égalité de qualité, ils sont obligés de vendre plus cher que les Allemands, soit porté à la connaissance de ces derniers. Estimant que les parlementaires sont ignorants des questions économiques, Depasse-Laridan plaide pour la mise en place d’un Conseil supérieur économique.

La même année, Depasse-Laridan soutient la création d’une « marque de fabrique nationale » pour protéger des imitations les produits d’origine française, comme le cognac.

Toujours en 1886, Depasse-Laridan s’adresse à la Chambre de commerce de Troyes (Aube), haut-lieu du textile en France, pour lui proposer qu’elle crée une école nationale professionnelle de bonneterie, que la Chambre syndicale de la bonneterie parisienne financerait également, avec les organismes consulaires de Nîmes, Amiens et Roanne. Le projet aboutira trois ans plus tard.

À partir de 1888, se lance dans une propagande pour le mutualisme, dans lequel il voit le seul moyen pour défendre les « petits commerçants honnêtes » face aux grands magasins. Il prend l’initiative de fonder La Mutuelle Commerciale en avril 1888 et en devient le président ; mais ce sera un échec, et la société est dissoute dès août 1889.

Depasse-Laridan fait partie des commissions d’admission des articles de bonneterie et de lingerie pour l’exposition internationale de Melbourne en 1888 et l’exposition universelle de Paris pour le centenaire de la Révolution. Il contribue aussi à l’exposition des arts de la femme de 1892.

Lors d’une séance de la Chambre syndicale de la bonneterie qu’il préside toujours en mai 1891, Depasse-Laridan accueille avec faveur l’intervention d’un de ses collègues, M. Bernheim qui propose de créer des institutions en faveur des ouvriers. Il cite les pensions de retraite, les sociétés de secours mutuels et les assurances contre les accidents.

Ce sera pratiquement la dernière contribution d’Alphonse Depasse au débat social national puisqu’en 1892, il abandonne ses mandats syndicaux et cesse son activité de fabricant. Il quitte la rue des Bourdonnais à Paris (3e arr.) où il résidait et s’installe avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Depasse reprend sa profession de comptable et son nom patronymique. Il reste lié à la bonneterie, car il est en 1911 chef de comptabilité chez Bernheim et avait été désigné président d’honneur de la chambre syndicale.

Son activité publique est plus orientée vers le terrain local. Il participe au comité radical-socialiste qui soutient la candidature d’Adolphe Maujan, député puis sénateur radical-socialiste modéré, sous-secrétaire d’État à l'Intérieur dans le gouvernement Clemenceau en 1906. Il y discute la question de la participation des ouvriers et employés aux bénéfices des entreprises. Ce thème lui était cher, car il avait adhéré en 1890 à la Société de la participation aux bénéfices. Mais il constate en 1909 qu’il est « sans grand succès », ce qu’il attribue à la méfiance de l’ouvrier sur les déclarations de l’employeur.

Sensible aux situations humanitaires, Depasse était membre de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française) de 1886 à 1889.

Pendant la première guerre mondiale, il prend la succession du Dr Pierre Vallat, mobilisé comme ses deux vice-présidents, en tant que président de la Mutualité scolaire de Joinville. Elle compte 165 adhérents en 1916-1917 et assure, pour une cotisation de trois francs par an, des indemnités en cas maladie d’enfant. La moitié des versements, soit 10 centimes par semaine, sont conservés pour constituer un livret pour la retraite.

Depasse s’exprime à plusieurs reprises entre 1916 et 1918 dans les deux principaux journaux locaux, les hebdomadaires Gazette de l’Est et Voix des communes. Il y évoque sa mutuelle et la société de l’Allaitement maternel, dans laquelle milite son épouse.

En novembre 1919, Depasse est candidat lors des élections municipales de Joinville-le-Pont, sur la liste du Bloc indépendant, conduite par Jules Beauvais. La liste rassemble des conservateurs et des libéraux, qui s’étaient alliés au second tour en 1912 avec les radicaux dissidents et les socialistes pour battre les radicaux-socialistes sortants. Après la guerre, le maire (qui meurt le soir du deuxième tour) n’était pas candidat et son ancien adjoint, Henri Vel-Durand, reprit le flambeau, avec le soutien cette fois des radicaux-socialistes. Devancée au premier tour par la liste Vel-Durand et par les socialistes, le Bloc indépendant se retire avant le second tour et n’a pas d’élu.

Depasse avait obtenu 401 voix pour 1694 suffrages exprimés (23,7%) avec 1715 votants sur 2491 inscrits.

Décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1895, Alphonse Depasse, qui résidait à Joinville et était âgé de 74 ans en 1919, meurt à une date inconnue. Son épouse était toujours active dans des associations humanitaires de la commune en 1928. Ils avaient eu deux enfants.

Le frère d’Alphonse, Hector Depasse (1842-1911), homme de lettres, résidant à Neuilly-sur-Seine, fut conseiller municipal de Paris de 1881 à 1890, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique Eugène Spuller en 1893-1894 puis député de la Seine de 1906 à 1911. Il était membre du groupe radical-socialiste.

Hector Depasse, député de la Seine

 

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 01:01

Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse naît le 27 juin 1845 à Armentières (Nord). Il est le fils de Marie Louise Théry Lucien et de son époux, Auguste Joseph Depasse, régent du collège. En 1850, la famille vit dans la commune voisine de Tourcoing.

Devenu comptable et installé, avec ses parents, à Paris, Alphonse Depasse va s’associer avec Louise Clémence Adeline Spilliaert, originaire de Bergues (Nord), veuve d’Henri Constantin Laridan et fabricante en bonneterie. D’abord représentant en 1875, Alphonse Depasse devient associé de la société V. Laridan et Cie, fondée en 1877, en assure la direction au moins depuis 1881 puis reprend l’ensemble de l’activité à son nom en 1884. L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

En juin 1875 à Paris (3e arr.), Alphonse Depasse avait épousé Fréna Clémence Laridan, fille de sa partenaire d’affaires. À partir de 1881, il va utiliser le nom de Depasse-Laridan pour l’ensemble des activités qu’il mène en rapport avec la bonneterie.

Cette année-là, Depasse-Laridan est secrétaire de la Chambre syndicale de la bonneterie en gros de Paris. Il en devient vice-président entre 1882 et 1886, puis président de 1886 à 1892.

Parallèlement, Depasse-Laridan représente son institution dans le Syndicat général de l'Union nationale du commerce et de l’industrie. Créé en 1866, c’est l’une des plus anciennes organisations patronales en France, après le Groupe des chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment (héritier du Groupe de la Sainte-Chapelle, créé en 1821) et du Groupe des syndicats du commerce du bois (remontant à 1826). Le Syndicat général regroupe plus de 90 structures professionnelles. Siégeant au Syndicat général dès 1881, Depasse-Laridan en est secrétaire en 1886 puis vice-président de 1887 à 1891. Enfin, il participe, sans toutefois y exercer de mandat, aux activités de la Chambre syndicale des comptables.

L’activité de Depasse-Laridan dans les organismes professionnels fut très intense. S’attachant à défendre les intérêts économiques des entreprises, il a une préoccupation sociale assez élevée, qui l’amène à se heurter parfois à des patrons ayant une vision plus traditionnelle de leur fonction.

Ses premiers combats, en 1881, sont sur le terrain judiciaire. Il critique le monopole des agréés des tribunaux de commerce, puis plaide pour une refonte du droit des faillites, en faveur d’une limitation des engagements des commerçants sur leur patrimoine privé.

En 1883, il intervient auprès du ministre des postes et télégraphes afin d'obtenir que le prix des colis postaux entre la province et Paris soit le même que pour ceux expédiés en sens inverse, moins chers.

La même année, il défend l’idée qu’il y a une injustice à faire juger les différends entre patrons et employés par les tribunaux du commerce, dans lesquels siègent des représentants des chefs d’entreprises mais pas des salariés, alors que les ouvriers ont accès à des juridictions paritaires avec les prud’hommes. Il revendique donc qu’on élise des représentants des employés dans les Chambres de commerce pour assurer cette représentation. Le projet est contesté par plusieurs de ses collègues, mais Depasse-Laridan obtient leur soutien en assurant qu’il a déjà pour partisans la Chambre syndicale des comptables et le Congrès ouvrier tenu à Lille au mois d'août 1883. Plusieurs journaux, sensibles aux questions sociales, comme Le Globe et La Ville de Paris y sont également favorables. Les patrons du Syndicat général l’adoptent à l'unanimité moins deux voix. L'Union fraternelle des employés approuve encore le projet en avril 1885.

A suivre

 

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